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Full text of "Journal des savants"

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L  E 

OURN AL 

DES 

rÇAVANS 

POUR  : 

L'ANNÉE  M.  DCC.  LXXXIl. 

AVRIL. 


A    PARIS, 

Ah  Butfau  eu  Journal  de  Paris,  mecfeGtfn 
S.  Honoté,  près  celle  du  Pélican. 

M.  DCC.  LXXxn. 

AftC  VRIVILLGS  DV  ROI. 


»  "  " 


AVI! 

■ 

v/jv  s^ abonne  pour  U 
DESSçAVANS  au  But 
mal  de  Paris  y  rue  de 
Honoré  ;  &  c^ejl  à  Vac 
reSeur  de  u  Journal  q, 
yoyer  les  objets  relatifs 
Sçavans.  Le  prix  de  la 
de  P année  efide  iC  liv. 
&  de  20  liv»  4/*  pour  l 
foie  in^ix  ou  in-^^.  Le 
J>ES  SçAVANS  ejl  com 
êor^e  Cahiers  ;  il  enpa 
fue  mois ,  &  deux  en  Ju 
êembre. 


LE 

JOURNAL 

DES 

S  Ç  A  V  A  N  S. 


AVRIL.  M.  DCC.  LXXXII. 
Salho  txrii Exurgat 

Deus  efpojlo  iaîl  Ebraico  Ori^ 
ginaUy  Optra  dtl  P.  F.  Giacintm 
Hint[  dtW  Ordinc  di  Brcdicatori 
R.  Profejfon  di  S.Scriit»  cdi  Lin^ 
gue  Orientale  Cagliari pre/lo  Bcr^ 
nardo  Tirard  ,  Stampat.  dtlC  //- 
lufirïjf.  CUtk.  lySi.  in*^.  pag. 
152^  fans  la  Préface  qui  en  a  o. 

EN  parlant  de  rexplicarîon  que 
prifcntc    le  R.  K   Hintz  du 
Pfeaume  67  »  qui  a  toujours  paflc 
Avril.  B  b  il 


580  Journal  des  Sçavam ,'  ^ 
pour  UH  cîcs  plus  Jifliciles,  noui 
faifirons  IVccafioii  cîc  rappcller 
celle  de  M.  l'Abbé  Ladvocar,  Doc- 
teur, B:biiotlu'Cîiirc  Sc  Profeireut 
de  Sarboniie,  qui  parut  à  Piiriscn 
1767,  environ  deux  ans  après  la 
mort  de  l'Auteur,  d'autant  qu'après 
l'avoir  annoncée  dans  !c  tcms ,  nom 
comptons  y  revenir  pour  en  donner 
iiiie  connoiflancc  plus  dcrailice. 

La  première  diiKcuIcé  qui  le  pré- 
fente ,  Si.  à  laquelle  vrairemblablo 
nicnc  [icnt  une  bonne  partie  des  au- 
tres ,  con(ïfte  à  favoir  pourquoi ,  & 
à  quel  fujct  ce  Pfeautne  fur  com- 
pote. C'eflfur  quoi  Icî  efpritsfe  font 
parragés  ;  cependant  il  fcmblc  qu'on 
ne  peur  le  placer  avant  le  règne  de 
David  ,  puifqi.'i!  y  cft  paiic  de  Jé- 
iu'a!eiri&  de  la  montagne  de  Sion  , 
comme  ttu  réjour  ordmairc  de  ce 
Prince  &  de  l'Arche.  David  enleva 
cette  ville  aux  Jébufécnï ,  à  qui  elle 
appartenoii  auparavant,  &  deux  ans 
après  fit  tranfportcr  l'Arche  d'Al- 
liance lui  la  montagne  de  Sien.  11 


Jvril  1781.  .581 

Ïeft  auflS  parlé  àcs  Tribus  de  Za« 
ulôn  &  de  Népbtaii  9  comme  unies 
à  Juda  Se  i  Benjamin  ;  ain(t  ia  corn* 
poficion  de  cette  .pièce  facrée  a  du 
précéder  la  réparation  des  dix  Tri* 
ptrs»  qui  n'arriva  au*au  commence* 
ment  du  rèsne  de  Koboam  ^  fils  de 
Salomon.  M.  l'Abbé  Ladvocat  la 
rapporte  à  la  troifième  ou  même  à 
la  quatrième  année  de  la  guerre  que 
David  eut  à  foutenir  contre  les  Am- 
monites, dont  le  Roi  Hàmon ,  con«' 
trefi  droit  des  gçns,  avoir  fait  un 
fanglaTic  outrage  à  fes  AmbafTa- 
dêurs.  Ces  peuples  obtinrent  uu  (c« 
cours  de  vingt  mille  hommes  de  la 
Syrie  de  Rohob  au  nord  de  ia  Palcl-. 
tine ,  &  de  la  Syrie  de  Soba  en- 
de^à  de  l'Euphrate  9  près  de  la  place 
où  depuis  Paîmyte  fut  bâçie  ,  mille, 
hommes  du  Roi  de  Maacha  près  de 
la  *fourçe  du  Jourdain ,  &  douze 
mille  d'IJiob  dans  la  GaUïcide.  Da« 
vid  donna  le  commandement  de  fcs 
meilleurs  troupes  à  Joab  qui  dcB: 
les  ennemis*  L'année  fuivaiite ,  lc$ 

Bbu\ 


■*=^ 


^82     Journal  dts  Sçavams  ; 

Syriens  ayant  rafTcmblé  de  nouvc 
troupes  ,  David  les  tailU  en  picCi 
&  il  fut  arrêté,  par  un  traité  j  î 
paix  ,  qiiclcs  Syrienj  ne  donneroi  ^^  ^ 
pius  de  fecours  aux  Ammonites.  ^  ■ 
troilîèmc  atinéc ,  Joab  .  ayant  ra- 
vagé le  pays  dts  Ammonites,  alTîc- 
gea  Rahbah  kuc  capitale,  fîiu^e, 
comme  le  prouve  très  -  bien  M, 
JAbbc  Ladvocar ,  près  du  Jaboc  , 
(i]  non  versles  fautc^s  del'Arnon, 
comme  l'avoir  cru  Dora  Cabùct. 
Ce  fut  durant  ce  fiége  qu'arriva 
l'aventure  de  Berhfabcc,  &  l'Iiirct- 
prête  le  fcrt  avec  avantage  de  la  lé- 
ponfe  de  fon  mari  Urie  ,  pourprou* 
ver  que  l'Arche  d'alliance  étoit  alors 
dans  le  camp  des  Ifraclites.  Il  moo- 
tic  encore  que  cette  place  étoït  di- 
yiréc  en  demc  parties  ,  dont  l'une 

1 1]  H  prend  û  fource  daiii les  monta^et 
d'Arabie ,  dirige  d'abord  fon  cours  vêts  lé 
nord ,  enfuice  à  l'occidenc,  &  fe  jette  dans  te 
JoiiEdain ,  d  u'ois  lieacs  au  fui  de  Tjb^ 


étoîc  appollée  ville  bhjjt^  artofee 
par  Ut  eaux  tiu  Jaboc  9  ou  ville 
royale  9  &  que  Toab  s*en  étant  em*-  , 
paré  ènn^a  des  cotirrieiS  à  Da^ 
vid  pour  JTcbgÀgèr  à  Venir  iuirinêite 
achevtr*  /cette  conquête.  Le-  Roi 
raflèmbla  le  reftç  de  fes  troiipes  1  6c 
après  quelques  combats  ^  ajrant  prit 
la  capitale  des  Ammonites ,  il  châtia 
îigonreufement  Jes  chcËs  de  ces  péu^ 
pies  9  mit  dés  garnifons  dans  les  plat 
ces  conquifes  j  &  revint  triomphant 
à  Jémfalcra ,  tfaargé  dVn  butin  im- 
menfc  ,  avec  TArdie  du  Seigneur. 
Or  9  félon  M.  l'Abbé  Udvofcat,  le 
retour  duRoi  vîâorieux  »  8c  le  trant^ 
port  de  l'Arche  9  font  le  fujet  du 
Pféaume  dont  il  s'agit.  Dans  cette 
marche  9  l'armée  de  David  pairc^t 
néceiTairement  aux  pieds  des  monr 
tagnes  VdU  pays  de  Bafah , .  qui  s'é* 
tendent  depuis  le  torrent  de  Jaboc 
julqu'à  l'Antilibany  fous  les  noms 
de  montagnes  de  Galaad  ^  de  Ba^ 
Jany  à^Iiermon^  &c.  &  du  tems 
de  xt  Prince^  îcs  Ammonites  &t 

fibiv 


584  Journal  des  SçatMns  , 
les  Syriens  étoient  maîtres  é\ii 
grande  partie  du  pays  de  Ba/2g, 
donc  les  montagnes  font  nomoir 
dans  ce  Pfeaume.  L'idée  de  Vlnrer 
prête  eft  heureufe  \  &  (î  dans  le  coui 
de  (on  e?(plicarion  il  ne  s*étoir  pa 
permis  de  faire  un  peu  trop  légère* 
ment  3  dans  le  texte  reçu  9  des  cor 
Tcdions,  dont  nous  eioyons  qu'i 
auroit  incme  iouvent  pu  fè  pafl'er 
fans  noire  à  fon  interprétation  ^  01 
pourxoit  avancer  cju'il  a  furpall 
tous  ceux  qui  9  avant  lui ,  ont  tourn 
ccrre  carrière. 

Le  P.  Hintz  ne  cherche  point  ; 
dcrcrminer  à  quelle  occauon  c 
Heaume  fat  compofc  ,  quoiqu  1 
réfute  ceux  qui  ont  penfé  qu'il  fal 
loit  le  rapporter  au  traniport  d 
TArche  que  fit  faire  David  ,  de  h 
mai  fon  d*Obedcdom  au  Tabemacl 
de  Sion.  Il  convient  pourtant  9  î 
prétend  même  qu'il  ré(ultera  de  loi 
explication  ,  que  cette  pièce  facréc 
a  été  faite  à  l'occafion  de  quclqui 
iliudre  vi^oire  remportée  pat  Udi 


jivril  1781.  585 

-  vid  fur  des  peuples  voifîns  y  dais  un 
■    tems  où  rÀrchc  du  Scigncar  croie 

déjà  fiir   la   montaene   de.  Sion  : 
dalia  na/lra  txpoji^nt&jil^vtra 
:   qu^  qtufta  Salmç  ....  fufano  in 
;    cccafiont  di  qtialcht  fignalata  ,vU* 
"   toria  npponata  da  Davide  fipr4i  i 
S  fiioinemlci  circQnvicini^Wiopo  cks 
*   P.  arca  di  S  ignore  cra  gjià  ^^ÊK^^* 
^    nel  Tabcrnacoh  di  Siô^^  CéQTfup- 
^    ppfé  9  il  patolt  étrangç  <jue  T^ifceuc 
r^  n^ait  fait  aucunè.tentative  pour  dé- 
couvrir quelle  peut-être  ccctp  vic- 

-  toire  fignaléç  qui  a  occaGonné  la 
compofition  de  ce  Pfeaumct  Car 
enfin  il  cft  difficile  de  croire  gue  la 
pièce  ne  rcnfcrnie  pas  quelauc  parti? 
cularicé.3  quelque  traie  incliYi^uel\| 
relatif  à  fa  vidoirc,  aux  troupes 
vaincues  &.  à  Tarmée  triompbanre. 
Et  des  traits  de  cette  efpéçe  entrent 
néceflairement  dans  l'explication  lit- 
térale du  texte ,  dont ,  .A^ns  eui;^.  le 
vrai  feus  prioiitif,  le  fw  fonda- 
mental ne  peut  être  bien  faifî.  L^ 
peuple  hébreu  ^  délivré  dç  l'^efçla- 


5  S6    Journal  des  Sçavam 

vagc  où  il  étoir  chez  les 
introduit  &  accompagnép^^  j 
gncur  fufqucs  dans  la  Ter^-^ 
mife  ,  où  il  cft  vidloricuz  des  C 
nccns ,  voilà  i  (clon  le  P.  Hm 
l'unique  matière  traitée  dans  ro 
la  picce^£^  fait  y  eft  expofc  j  dé 
Ioppé>flpecé  fous  diverfcs  6gu 
Mai^pln  mot  qui  fe  rappon 
la  gRAflance  du  moment»  l 
vidoire  récente  de  David  qui  ai 
cchaufFé  Tatr.e  du  Chantre  fai 
Cela  cft-il  concevable  ?  Le  P«  Hi 
nous  dit  que  l'argument  princip 
ou  plutôt  unique,  eft  ]c(us*Chi 

6  ion  Eg  ile  figurée  par  la  d 
vrance  du  peuple  hébreu  »  & 
fon  introduâioD  dans  la  terre 
Canaan.  In  una  parola  j  t  or 
mtnto  principale ,  ptt  non  dire  uni 
di  quejlo  nobiU(Jjmo  falmo  i  G 
Crijio  ^  &  la  Jua  Chiefa  figuf 
ndla  liberaîionc  dcl  popolo  tl 
dalP  E^itto  ^  t  nzLla  introduit 
atta  Terra  pronic^a^  Voilà  qui 
très-juflc;^  s'il  dt  qucdion  du  i 


reit  M.  LadvocAt  ic  ^opoloit  aulli 
iffeipàïtt,  aWès  TEpitTc  de  S. 
Faàl'aïui  Epbé&DS.  Mais^'Icf  l^ns 
biftotique  tfont  i!  doit  ^agir  ici  » 
n'a  t-il  poDr  Qbiet  que  la  lottit  â^ 
4EgffKc  &*Ia  viâ^cMrt  rempoitée 
alors  fur  les  Canané^cns  ?  Oa  ne 
conteftera  pas  qtie  cet  objet  d'aic 
été  le  type  de  Jefus-Chrift  6c  de  fott 
ji^life.  Mais  la  viâotre  de  David 
poùvbit  auiE  cri  ètrrtm  autre  type  ; 
te  elle  en  eft  réellement  un,  n  H 
Poète  facré  a  célébré  quelques  par- 
ticularités de  cette  viÂoire  qui  en- 
flammoit  fôn  génie^ 'Or  ,  nous'ld 
répétons  »  eft  il  vrAlfcmblable  qQ*f f 
n'en  ait  abfolttmtift  riêti  dit,  6c 
qu'a'bandbnnant ,  pour  ainfî  dire  »  la 
matière '^qu^il  avtfit  à  traiter  ,  il  fe\ 
foit  jette  fans  retour  fur  un  licù' 
comnuin ,  bien  différent  de  celdf 
qui  lui  faifoit  prendre  la  plufibë  r 

Quoi  qu'il  en  foit ,  noos  âllo'âs 
jfapportct  en  entier  la  traduction 
Iktine  que  le  Pi  Himx  4  C«w\;^  iisi 


588      Journal  des  Sçavam 

cette  Ode  facrcc  ,  ca  afforci 
plus  qu'il  a  pu  9  (on  Ayle 
de  la  Vulgate ,  avec  les  a 
en  parenthèfc  ,  qu'il  y  a 
pour  faire  fcntir  la  liailoa 
(ces. 

Pfalm.  6j. 

Suirexir  Deus  ^  &  di(I][ 
inimici  cjus  y  fugçrunc  qui 
cum  y  a  facie  cjus  :  fîcut  de 
mus  (,fic)  dcfecerunt  :  fi 
ccra  a,  facie  ignis  (fic)c 
peccatores  a  facie  Dei  :  ^ufl 
ixtati  funt  &  exulcaverunt  i 
peau  Dei ,  ^  dcledari  fuu 
ticia.  Cantate  Deo  >  pfalmui 
Bomini  cjus;  cj^tollite  (eu 
in  cœlis  habitat  :  raagnus 
illi  (  vcl  magnum  nomen  cju 
tare  in  confpedu  ejus^Patei 
cft  etîam  )  Orphahorum  & 
vidqarum.  De^is  in  babitac 
SanÔo  (  alro^  ;  Deus  (  tami 
cft)  qui  inhabitare  facit  (blii 
domo ,  qui  cducit  vinftQspr 


\AvrU  ijti.  s^f 

Rebelles  autem  babirabunt  in  arido. 

Deus  cum  cgrederis  ance  popu- 
lum  tixum  3  cum  percranfires  in  de- 
'  ferto  (  contra  hoftes  tuos  )  terra 
jnpta  eft ,  etiam  cçeli  diftillav'erunc 
a  &cie  DeU  ((icuc)  bic  Sinai, 
i(  contrcmuir)  a  facie  Dci,  D,ei  If- 
xael  :  pluviam  (aucem)  libcralem 
tribuiAi  Deus  hereditati  tus,  8c  la- 
boribus  fraâa  crat,  tu  veto  confor- 
tadi  eam.  Picbs  (igitur)  tua  babi- 
tabit  in  bac  (  terra  ,  bic)  firmaftî 
bcneficiis  tuis  pauperem,  Deus  Do« 
niinus  dédit  verbum  Evangelizanti- 
bus  :  txtrcuus  multi^rtgcs  ^tamen^ 
exercltuum  fugtrunt ,  fugtrunt;  & 
habitatio  domus  divijit  fiHilia  :  cum 
Ttquievcritis  intra  fines  (  vefiros  ) 
(  crhisficut\  ala  côlumba  dcargcfi'- 
tatct  y  &  (^Jicut^  ptnna  y  us  in  paU 
Ion  aurî  :  cum  difptrdu  CcUcfiis  rt- 
ges  in  hac  (  terra  )  ,  candida  ^  hase  \ 
erie ,  &  grata ,  ficue  nix  in  (jhonte^ 
Sclmon» 

Mons  magne^  monsBafan'^  mons 
çxceifc  »  mons  Balan  (  ut  quiàcota-^ 


5  90  Journal  dis  Sçavans 
movcris?)  ut  quid  comnic:^^ 
rrcltqui)  nionres cxcclH  ?  Mo, 
(^Sioneft  in  quo)  beneplari^^ 
Deo  babiraie  in  co  »  îmo  Dc>yi 
habirabit  in  perpctuum.  Qom/r. 
Dci  Myriades  (Ifraclis) ,  milJia  n 
tiplicia  :  Dominus  inrcr  eos  in  (I 
monte  (icur  in  )  Sina ,  in  (  illo  C 
ledi  )  Sanâuario.  Afccndifti  in 
tum  (Sion)  ccpift)  ca|'tivuare 
accepifti  dona  (  rua>  &  dcdifti^ 
minibus  :  imo  etiam  non  credei 
(  duces  in  altum  Sion  )  ut  (  in  i 
inhabites  ,  o  San^e  Dcus.  Benei 
tus  Dominus  quotiJie  \  profp^r 
iter  fccitnobis  Dcus  laiurarium  i 
trorum.  Dcus  nobis  (  faâiis  c 
Dcus  m  lalùtem  magnam ,  &  I 
mini  Dci  (funt)  libcrationcs  a  ir 
te  :  contra  Dcus  confrcgit  capim 
tnlcorum  fuorum  ,  vcrticem  ca{ 
lorum  perainbulantium  in  deli 
fuis:  dixit  (cnim)  Dominas: 
Bafan  ^  falvos  )  rcHucam  ,  (  fici 
eduxi  ex  piofundo  rtiaris  \  ut  lût 
gatur  pes  tous  in  faoguine  ivôî 


'Avril  1781.  59t 

iïonim  ,  ti  va  eodem  (  ÎDriagstm 
etiam  )  lingua  tanum  tuonitn  :  vï- 
deiunc^domuslfraclin  mari)  in^ 
grelfus  tuos ,  Oetis  ;  ingrefliis  Drï 
tnci,  Régis ineî([nagnificj in  (fuo) 
fanâuario^alto:)  praeveanuntca»- 
tores  conjunâi  pfallentibus  ;  in  me- 
dio(autem)  erant  juvcncals  t^ni- 
panillrix  :  in  Ecclejîis  benedicia 
Dio  (  bentdicitt  )  Domino  dt  fçn- 
tibus  Ifratl,  Ibi  Benjamin  adolcf- 
ccntulus  ,  dominans  inrcr  eos  :  prin- 
cipes Juda^  duces  corum  :  principes 
Zabulon,  principes  Ncphiali. 

Manda  Deus  virruti  niae  :  con^ 
fîrma  hoc  Deiis  ^  (]ubd  operatus  es  ih 
nobis.  AA  templum  tuum  in  Hieri^ 
fàlem  J  tibi  anfeicnt  reges  muneia. 
Increpa  gregem  arundtois ,  congre- 
gationcm  cauromm  cum  vituUs  po- 
pulorum,  qui  glotiantor  in  ftag- 
miribusaigcnti  (v«/  in  fuis  divîtiis  :) 
difitpa  (quafcumquc)  gentes  qn 
belU  volunc.  Venient  Icgatt  ek 
jCgypto  :  ^thiopia  fe^inabit  (dar^ 
manus  fûas  Dco. 


592     Journal  des  Sçavans 

Régna  cerrae  cantate  Dc< 
lite  Domino  ,  qui  habitat 
cœli  lupremi  :  cccc  dcdit  \ 
vocem  virtutis.  Date  gloriar 
fupcr  Ifrael  magniiicentia 
ccelis.  Terribilis  Deus  in  fai 
fuo  (alto,)  Deus  I(rael> 
virtucem  &  tortirudixicm  pic 
benedidus  Deus. 

II  n'cft  pas  poffible  de  j; 
toutes  les  obfervations  de  . 
fur  lefquellcs  porte  cette  ini 
tion  ;  nous  nous  bornerons 
ques<^unes.  On  voit  bien  p 
le  P.  Himz  a  nndu  pa:  le  te 
le  futur  qui  fe  trouve  dans  1 
furnxit ,  au  lieu  Stxurgat , 
Grammairiens  ont  établi  d< 
pour  CMopitre  quand  le  fut? 
U  langue  hébraïque  ^  a  1( 
paflS^;  mais,  à  ion  avis^ 
certaine  de  ces  règles  sit  1 
de  toutes  les  parties  .iu  te 
dit-il,  les  verfets  8  &  9 
twT  cVèQçnjçnt  paffc,  D^u: 


Avril  1781.  593 

tgredererls  •• .  terra  contrcmuit^  &c, 
6c  cet  évcncmcnr  n'cft  autre  que  la 
fortie  d*Egypce.  M.  Ladvocat  n'en 
difconvienc  pas  *,  il  reconnolc  au 
contraire  que  le  Poëtc  facré  déve- 
loppe ici  la  comparaifon  qu'il  avoic 
inunuce  précédemment  entre  la  mar- 
che, de  TArchc  &  de  Tarmée  d'Ifiacl 
après  la  défaite  des  Ammonites,  S; 
la  marche  de  la  même  Arche  &  du 
Peuple  de  Dieu  fous  Moyfe. 

Le  tremblement   de  terre  &  la 

pluie  abondante  dont  le  Poëte  facré 

parle  aux  v.  9 ,  10  ^  ne  doivent  pas , 

tuivant  le  P.  Hinrz,  fe  prendra  pour 

les  évcnemcns  réels  &  phyfiqucs  9 

»arcc  qu'ils  ne  défignent  que  la  tcr*^ 

!ur  &  les  calamités  dont  les  enne^ 

is  du  Peuple  de  Dieu  furent  frap- 

s.  M.  l'Abbé  Ladvocat  ne  penfc 

5  tout,- à- fait  de  même,  car  il  veut 

'il  s*agifle   ici  de  la  manne  que 

îu  fit  tomber  en  forme  de- pluie 

s' le  camp  des  Ifr^élites  ,  félon 

ireffion  du  Pfeaumc  78  ,  24  , 

*-c  fuît  fuptr  \llos  manna^  Les 


,)94  Journal  des  Sça\ 
deux  Interprètes  font 
partagés  fur  le  fens  c 
ûnimalia  tua  habitabu. 
rtditatt\  Selon  M.  L. 
tcndie  des  troupeaux 
animaux  dome(lic]ucs  < 
lires  menèreni  avec  eu 
fèrc,  &  mieux  encoi 
^ont  Dieu  nourrir  l 
mais  il  faut  didinguei 
de  cz^  oifeaux  ;  le  prcn 
Sièmc  jour  du  fécond  i 
tîèmc  campement  dan 
Sin  ^  avant  l'aTrivce  « 
Sinaï/Cc  fut  par  un  ejj 
€]u*âlors  Dieu  envoya 
Voy.  Exode ,  ch.  xvi 
cond  envoi  fut  un  effet 
Voy.  Nomb.  x ,  xi , 
Hintz  prétend  au  conti 
breu  chaia  ne  (ignifie  po 
mais  y  comme  quelque 
populus^  grcXi  congrci 
s'entendre  du  peuple  h 
Pour  rintclîigence  c 
&  13.9  voicila  paraphi 


Avril  ijtù  595 

î  le  P,  Hint2  :  Dominus  fuppciitarit 
"'•  laudcm  cvangcU^i/intibus  :  txcrciiuj 
^  qnîdcm  hojtlum  maximi  ;  reges  ta^ 
-:  nten  ifiorum  txerciiuum  fugerunt  vr- 
^  ^lemtnttr  :  Ifracl  auum  divijkfpolim 
^  Il  prétend  >  comme  Dom  Calmer  » 
*  que  l'hébreu  amar  dcfigne  ici  ua 
i  Cantique  y  &  que  le  féminin  mcba»» 
-  ferot  3  qui  peut  être  neutre ,  &  pat 
i^  confèquent  commun  ,  peut  déHgi 
t  non-feulement  des  femmes  » 
ti  encore  tput  le  peuple.  M.  TAbbf 
'  prend  le  premier  mot  dans  fon  fens 
ordinaire  9  &  traduit  :  Ufouveraih 
K  Maître  nous  avoit  fait  annoncer  ^ 
5  que  des  amiées  nomhreufes  s*ajfem^ 
i  bloient  contre  nous;  mais  Us  Rois 

'   de  ces  armées  ont  pris  la  fuite 

î  &  nos  femmes  qui  font  lefiUs  dans 
'^^j^  maifon  partageront  les  dépouilltt. 
t^'  Ces  armées  font  celles  des  Ammo- 
nites &  des  Syriens  dont  les  Rois 
furent  vaincus  près  de  Medaba  pat 
Joab  &  par  Abifaï.  Ubébreu  nevat , 
fclon  le  P.  Hintz ,  fignifie  habitatio  , 
c*cft-à-dire  habitatrix  ^  ou   mêmA 


5  $6     Journal  des  Sçavmns  p 

habitator ,  8c  comme  porte  le  ç 
dccn  Congregatio  J/ratlis» 

On  a  vu  de  quelle  manidi 
m^me  explique  les  ver  fers  i. 
"i^  ^  fi  dormiatis ,  &c.  Il  pri 
que  le  àuzlfephataïm  dciigne  1 
phrare  &  le  fltuve  d*£gyprc  q 
Seigneur  avoir  aflignés  pour  /// 
de  la  (erre  promile  aux  Hébr 

Îuoiqu*iIs  n'ayent  pas  occupé  t 
ktte  étendue  de  pays.  Scmini 
dabo  urram  hanc  ^  a  jlumini  JSg 
-iifque  ûd  fiuvium  magnum  Euf 
um.  Gen.  xv.  i8. 

On  convient  que  la  racine  c 
mât  fîgnifie  ordinavït ,  difpoj 
ce  qui  a  fait  juger  à  M.  l'Àbt 
qu'il  s*agifloit  ici  d'armccs  ran 
en  bataille,  &  que  le  fens  et 
quand  vous  vous  trouvâtes  rcjj 
entre  ces  deux  armées ,  entre  Us 
de  cette  colombe  (  fup.  rditiei 
figurée  en  argent  (fur  leurs  i 
dards  )  ,  &  dont  le  plumage  de 
trémité  des  ailes  a  la  couleur  du 
pale  d*un  or  émailU  |  celui  qu'il 


a  foudre  ayant  difftpi  Us  Rois  de  ces 
trmécs  avec  leur  colombe  ,  vous  pa* 
'Utes  aujjji  iclatans  que  ta  neige  qui 
^Jt  fur  le  moneSelmon.  Pour  Tin* 
rêlligence  dé  ccd'j   il  faut  favoic 
jue  la  principale  DiYiniti' des  Sy« 
*icns  étoit  Vénus  à  qui  la  colombe 
rtoic  confacrée»  ic  qu'ainH  Venu^ 
Se  fa  colombe .  étoiçnc  figurées  en 
3r  &  en  argent  fur  leurs  drapeaux, 
c^uoique  Moloch  fut  la  Divinité 
des  Amïhonites ,  ils  adoroienc  au(fi 
Vénus  d*une  manière  particulière. 
Leur  ville  même  capitale,  Rabbah^ 
en  avoit  pris  le  nom ,  ptiifqu  avant 
de    porter  celui  de  Philadelphie^ 
elle  s'appella  d'abord  Amman  ,  en<- 
fiiite  Aparté j  comme  le  dit  Etienne 
de  Byzancc  :  or  on  fait  qu  Aftarté  £c 
Vénus  font  la  même  Divinité. 

M.  TAbbé  L.  fappofe  aoifi  qu'au 
lieu  de  la  féconde  pcribnne  migti« 
lière  du  futur  que  porte»le  texte 
d'aujourd'hui ,  il  faut  lire  thifcUe'» 
£ou  à  la  féconde  du  pluricr ,  inftar 
jtivis  dealbati  ejlis:  Ù  Autour  de  la 


5  9  s     Journal  des  Sçavans  » 

Vulgatc,  après  les  Sepranre  >  Aqi 
Thcodotion ,  femblcnt  avoii 
ifchltgou  à  la  troifième  pcrfc 
mafculinedu  pluricr  ^  dtalbabuà 
Le  P.  Hintz  s*en  tienc  \  la  le 
vulgaire 5  mais  il  fuppofc  i€rra\ 
nominatif  à  ce  verbe^  conune  oi 
vu  dans  fa  traduâion. 

Quoique  les  deux  Inrerpi 
ayenc  fouvent  des  idées  bien  dî 
rentes ,  leurs  vcrfions  aux  vexs 
17  9  18  ,  1^9  peuvent  fe  conçi! 
Voici  la  paraphrafe  de  M.  TAbU 
Montagnes  de  Ba^an  ^  montas 
élevées  &  orgueilietijes ,  pourq 
faiJîe:ç^vous  la  guerre  à  cttHjm 
montagne  de  Sion  :  ignorie:^vous 
Dieu  la  prifire  à  toutes  les  auti 

6  queuta  choijie  pour  y  fixer  Ja 
meure  àjnmais  :  ne  favie^^vous  j 
que  U  char  du  Seigneur  efi  enviroi 
de  vingt,  mille  &  des  milliers  tUj 
armée  y  que  lefouverain  Màtirt 
au  milieu  d^eux^  dans  fon  /as 
tfiairt^  comrru  il  parut  autrefois j 
l(t  Sinaû  Vous  êtes  monté  en  kéu 


Avril  ijtxm  599 

Seigneur  y  (  fur  votre  arche  pour 
rôarcher  contre  ces  Infidèles).  Vous 
èmmene^à  prefent  un  grand  nombre 
4e ^  captifs;  vous  ayt[  reçu  des  dons 
pour,  tes  ^ijk'dfher  q,uK  hoipmes  ;  & 
speme>9  Seigneur  Dieu  ^  vous  ave^^ 
fjigi^  iouj  ceux;  qui  s*é(Qieht  élevés 
contn,  vous  y  pqur  habiter  parmi  eux. 

Çepe'ndamc  il  eft  dit  au  v.  7 ,  aue 
ces  rçbellcs,  qui  s*étoient  élevés 
contre  lé  Seigneur,  habitent  des 
lieux  arides.  Ce  font,  dit  M.  l'Abbé 
LadvQcat ,  les  Ammonites  qui  s*é» 
toient  retirés  armés  dans  les  monta- 
gnes de  l'Arabie  défeite,  pour  fe 
fbuilraire  à  la  vengeance  de  David  ; 
au  lieu  qu'au  v.  1 9  il  s'agit  des  Am« 
monites  qui  reftérent  dans  leur  pays 
comme  nouveaux  iujets  de  David  » 
Sç  ceux  qui  furent  emmenés  captifs 
àJérufalem. 

Lès  deux  Interprètes  s'accordent 
aufli  au  fond  fur  le  fens  des  paroles 
que  la  Vulgate  rend  par  profperum 
iterfaçiet ,  v.  10.  Mais  le  P*  Hintz 
prétetnd  que  l'hébieu  hamas  fignifie 


^00     Joi 

ontravit  f 

(]ui  a  (lérci 

fOftabit  n 

L.  fouricit 

ce  fcns  dai 

qu'il  eft  fi 

ou  ///;  ai 

ÏWQjùfJliai 

lu  tO)  au 

rire  ce  fcns 

luccis  à  ne 

Au  vers 

ÎJomini  to< 

traduit  Dt 

W^ont  ;  le  I 

^ue'lc  text( 

cette  eiplic 

rocte  facre 

quand  Die 

M  Mort  im 

ralJI^  (es  en 

_J    —  mm 

'•^  «  obJRt 
cradiiifi 


Ce       '■«-• 


AvrU  J751.         ■    60 1 
au  traicemcnc  iguominicLix  que  les 
Ambadadeurs    de    David    avoient 
éprouvé  de   la   parc  de  Haiion,  & 
de-remar^ucr  que  David  ,  pour  faire 
fubii  au  Roi  des  Ammonites  la  peine 
du  Talion ,    ordonna    fans  douce 
qu'avant  de  lui  donner  la  mort  »  on 
lui  roupâc  la  barbe  &  les  cheveux. 
Dans  les  vcrfets  fuivans  le  Poëtc 
facté  décrit  l'ordre  de  la  marche  de 
l'armée  d'ifracl,  avec  l'Arche  d'al- 
liance. Les  Chantres  ,  pris  du  nom- 
bre des  Lévites ,   font  devant  l'Ar- 
che ,  à  la  tête  des  Miniftresiacrés; 
fuivEnt  k's  Joueurs  d'inilrumen?,  au- 
-_  1  iiir  d'eux  font  de  jeunes  Vierges 
■-   qui  frappent  en  cadence  fur  des  cym- 
bales, &  par  des   danfes  graves  Se 
~    majc&ucuics  embellilTtnc  la  marche 
■pompcufc;  les  Prêtres  5i  les  Lévi- 
r"   CCS  ,  amour  de  l'Arche,  fontparia- 
r   g^^  ^^  quatre  corps  ,  un  de  chaque 
^^  côté.  Làrmce  ctoit  aullî  divifée  en 
,—  quatre  corps,  compofcs  chacun  de' 
trois  Tribus.Bcnjamin,  avec  Ephrai  m-' 
Se  Mauafic  f  commandant,  le.  pce*  ' 
_      Avril.  Ce 


'ifoi     Journal  des  Sçavans  , 

miei  corps,  précédoic  les  Gbantrei 

&  conduifoir  la  marche.  Il  dévoie 
être>  fuivanl  l'ordre  Ae  Moyfe  «  i 
l'occident  de  l'Arche  (  Nomb.  H. 
iS.  ).  Or,  la  marche  de  Rabbah  1 
Jérufalem  éroic  dirigée  à  i'ouefl^ 
ainft  Benjamin  devoit  être  à  la  tête. 
Le  fécond  corps  écoit  commandé 
par  ia  Ttibu  de  Juda  ,  oi^  fe  rroa- 
voit  David  avec  les  Piinccs  du  Saite 
ornés  de  leur  pourpre.  La  Tribu  de 
Zabulon  commandoit  le  troiGèmi^l 
corps  au  midi ,  &  celle  de  Ncpbtat^^ 
le  quarrième  au  nord. 

L'Interprète  fran^ois  conclut 
cet  ordre,  qu'il  ne  s'agir  point 
de  la  marche  de  l'Arche  fous  la  ' 
duife  de   Moyfc,    puift^u'alc 
Tiibus  de  Juda  »  de  Ruben, 
phraïm  &  de  Dan,  commaii' 
les  quatre  corps  d^flribués  ai' 
tie  coins  de  l'Arche. 

L'cxprelEon  feras  arundln 
31  ,  préfcntelemêmc  mot 
tjut ,  comme  l'a  déjà  temaP 
Hiaiz ,  De  IjgDiâc  pas  louji 


Jvrit  1781.  603 

encore  caeus ,  grex ,  comme 
8c  parce  que  le  ro/iau  eft  lou-* 
nnplpyé  -dans  r^itare  pour 
fcérifêr  un  homme  léger  &  in* 
ant  9  il  croit  qu^  a  la  minie 
icatîoD  dans  cet  endroit.  Les 
utx^  pat  une  métaphore  ra» 
^fignifienr,  à  lùa  avis»  le  Roi 
s  Qiefs  des  ennemis  voifins'^ 
ne  leurs  Sujets  font  repréfenfés 
is  veaux» 

l-Abbé  L.  penfe  que  ces  Mus 
ffus  déiignent  les  Ammonites  , 

que  Raobah  étoit  fituée  dans 
:u  aquatique,  &  que  le  mot 
n  ne  figoifie  pas  ici  des  tau« 

9  mars  des  tK>mmcs  forts  Se 
tns  f  ce  qui  'en  eft  le  (eus  ordi- 
.  Quant  â  celui  qu*on  ret^d  par 
;  5  il  préfente  trois  expUca« 
,  dont  il  préfère  celle  de  la 
»d  fyriaque  i  fuivant  laquelle  il 

des  vêoux  iFor  &  '^rargent, 
L-dire  de  ces  idoles  que  les  peu- 
le  la  Syrie  9  de  la  rhénicie  & 
krabiç  adoxoicnt  alors  ;  mds  il 

Ccv\ 


1 


6o4    Journal  des  Sçavans  ^ 

pcnfe  que  le  (îngulier  mitraphU 
texte  eft  altéré ,  &  qu'il  Âuc 
^u  plurîer  mitraphtfim.  Coipmi 
mot  0^5 ,  qu  on  lit  enfuite^  nefij 
fie  pas  toujours  l'Ethiopie  proj 
iTient  dite ,  ou  d'Afrique,  mais  q 
quefois  TArabie  &  les  peuples 
q;oieDteqtrela  Palrftipe  &r£gyj 
M.  r  Abbc  L.  croie  qu  il  défigpi 
les  ArKbes  nommés  Cujîus.  lu 
ïlihrzy   au  contraire ,  voit  ici 
Ethiopienfi  Africains,  &  fon  \ 
d'exjplicanon  le  lui  pcrmcrt» 
'  Nous  avons  rapporté  jufqu'ic 
prinçipauic  points  d^s  deux  in  te 
tàitiôns;   mais  il  en  eft  befti; 
<f  ^ût(çs  qu'il  faut  lire  datis  \v 
vr$tge$  ipêmeSy  pour  pouvoir  / 

f^r»  après  s*eo  être  for  n 
,|Complctte.    On  rcmar 
im, .  que  l'un  &  1  autre  < 
lâ^e^Vti^ae  particulière  de  17 
Sâifi'te  %  Se  qu'ils  rapproche/ 
beaucoup  d'adrefley  ks 
pipiffages  qui  peuvent  favor 
idées» 


j4vrU  1781.  ^ÔJ 

Au  telle ,  le  P.  Hinra  fait  «fp^rcr 
un  Commenraire  fui  tous  les  Pleau- 
mes ,  n  du  moins  il  peut  venii  à  bouc 
de  publier  un  Ouvrage  qu'il  a  entre 
les  mains,  dont  il  s'occupe  depuis 
plulïcurs  années  f  Se  auquel  ii  ne 
itfte  plus  qu'à  donner  l'étendue  con- 
venable ,  t  non  mi  refia  altro  que  ^ 
Jltnd€rla(^Opera\  Quel  en  cft  l'ob- 
jet î  C'eft  ce  qu'il  n'cspliquc  pointî 
mais  il  prévient  que  cet  Ouvrage 
pourra  pafler  pour  original ,  &  faic 
pour  étonner  :  Je  non  aveffid^  ma- 
ttriali  éa  far  un  Optra  ,  the  pojfa 
crtderji  ofiginak ,  e,ft  non  ro*  tn- 
ganna  il  mio  giuJi^io  ^  daforprtn- 
aere. 

Le  frontifpicice  de  celui-ci  ell 
omi  d'une  médaille  ou  amulette, 
oïl,  d'un  côté,  paroît  le  biiftc'  de 
Jefus-Chrift ,  avec  ces  mots  hébreux , 
Dominus  Jefus^  le  premier  n'étant 
délîgné  que  par  Valepk ,  initiale  dÇt 
mot  adonai  ;  fur  le  revers  le  P. 
Hintz  lit ,  Méfias  Rex  venit  iapace , 
&  lux  de  komiaefaBa  tfivita,  Nouft 


^o6   Journal  des  Sfavétn»  >  1 

difons  que  l'Auteur  lie  ainfi  ,  patcff  ^ 
tHi'iI  y  a  daiM  la  gravure  quelquci 
caraâèics  qui  peuvenc  paroître  in- 
ceiiains.  Ce  monumcnc  a  été  trouvé 
en  Sardaîgiic  ,  &  cft  cnrrc  les  maint 
du  P.  Hiiuz; Philibert Pingon.dani 
fon  Livre  àe  Sindont  Evang. ,  en  a 
publié  en  cuivre,  celui-ci  clt  d'at- 
genr. 

[  Extrait  de  M.  Dupuy,  ] 

LETTRI.S  éJlfiantti  &  curieuft$m 
»   écrites  des    M'tfftoni     éirAng'erêMr 
Tom.   XIX,  XX,    XXI,  XXl" 
XXm&  XXlV.^Smre  des  M 
moirES  de  Ja Chine.  A  Paris,  ch 
Mérigot  le  jeune  j  Libraire,  ■ 
des  Augutlins ,   au  coin  de 
Pavée.  1781.  Avec  Approb 
&  Privilège  du  Roi.  Six  voj 


LES    troiï    volumes   pxt 
dont  nous  avons  lendîi 
fontdeftinés,  comme  nous 
dit ,  aux  Mémoites  de  la 


Avril  1781.  607 

les  fix  que  nous,  apnançons  en  Ibnc 
U  fuite  fie  font  entièrement  remplis 
de  lettres  qui  coocctncnc  le  même 
pnys.,  paicQ  que  in  Miflîonnaires 
tê  fa))t  pwrticulièrcKenc  attachés  à 
faîie  fronnoître  le  gouvcraemcnc ,  tes 
igœun,  \ts  fcieocei,  les  airs  des 
Chinois  *  tloDt  avAnc  eux  uous  étions 
peu  isftiaits..  Nous  .nous  bornerons 
aasa  cet  Extrût  aux  Mémoiresqu'on 
ne  trouve  poiuc  dans  la  première 

.  idilioD  ;  JUpC  .  aoui  ne  parlerons 
poia'c  des  tonus  19  &£  ti ,  qui  ne 
cootieiment  rien  de  nouveau. 

Dans  le  rome  lOj  on  trouve  un 
Mémoire  qui  contient  les  modfs 
qu'un  Prince  chinois,  nommé  Jean , 
a  CBS  pour  cmbraiTer  le  Cbiitllaiiif- 
mc)  ceft  le  Prince  lui-même  qui 
CD  rend  compte. 

.  A  la  luitecft  une  Notice  des  Ou- 
vrées compolis-ou  traduits  en  chi' 
Dois,  pat  les  MilBontiaircs  Jéfuiics. 
Çeac  Notice  fe»ic  très-curicufe  & 
fetoû  bcmacui  aux  Milfîonnaiies  11 

'Yoa  avoît  donné  le  catalogue  de 

C  c  iv 


6û8     Journal  des  Sçavmu  ^ 

TOUS  ces  Ouvrages ,  foic  fur 
gion  y  foit  fur  les  arts  &  les  le 
nous  ne  ferions  pas  Fâchés  c 
noître  ceux  des  Livres  europ^ 
ont  été  traduits  en  chinois 
cette  Notice ,  trop  courte 
n'cft  que  de  deux  pages  ,  n 
prend  feulement  que  diffère 
lionnaires  qu'on  nomme  ont 
Ouvrages  qui  ne  font  poir 
qucs  ;  ce  qui  rend  ce  morceau 
Dans  le  tome  ii  on  a  inl 
Lettre  du  P.  Parennin  qui 
pas  été  imprimée  ;  elle  ne  c 
que  Ictat  des  iMiffions,  Tar 
quelques  Midionnaires  à  la 
maiyians  détails  intéreiTans* 

• 

Le  tome  13  renferme  qu 
ces  qui-  n'avoient  point  en 
pub  iées  ;  la  première  ,   d' 
Gad,  contient  un  compte 
de  fa   miiCon^  la  fecont 
Benoît ,  un  détail  de  la  p 
faite  contre  les  Chrétiens 
la  troifième  concerne  enc 
fion  ;  dans  la  quatrième 


Aviîl  1781.  609 

P.  Amiot ,  il  eft  gutftion  d'une  tt~- 
volution  arrivée  en  Tartaric  ,  qui 
fiit  caufe  que  dix  mille  Tartarcs  fe 
tévoltèrcnc  contre  leur  Souverain  fc 
vinrent  le  rendre  à  Kicn-long,  Em- 
pereur de  Ja  Chine.  Ce  Piince  alla 
a  cette  occsHoD  à  Gé-hol  en-Taica- 
f ie ,  &  voulut  que  le  Frère  Attiref, 
qu'il  cccupoit  à  peindre  dans  fon 
palais  de  Pe-kîng  le  fui^îr  pouc' 
peindre  la  cérémonie  de  la  récep- 
tion de  ces  Tarrares.  Ce  FrJre  tut 
obligé  de  deflinei  >  dans  un  tems 
très  court ,  tout  le  cortège  ,  &  dé  ' 
faire  onze  portraits  paniculicrs  a' 
parce  que  l'on  veut  à  ta  Chine  ^ufr* 

■  dans  CCS  fortes  de  tableaux'Ies  prin- 
cipaux aélcurs  fbicnt  refTemblar.^ 
Les  Tanarcs ,  peu  accoutum'és  à  Te  ' 
voir  repréfentecainfi,  étoicnt  émer- 
veillés de  fc  reconnoîde  fui  une 
toile  i  ils  rioiem  les  uns  des  autres ,  " 
lorfqu'après  quelques  coups  de  pin-  * 
ceau,  ils  apperccvoient  un  peu  dc  ' 

-leflemblancc  \  mais  quand  elle  ééoic'* 
entière  ,  ils  étoicnt  comme  cxaltési  ' 


\\l 


CIO  SourtuA  its  SfMM 
Les  Seigneurs  Chinois  i 
cheous  lioienr  luflît  not 
copies ,  mail  des  origin 
mcmes ,  dont  la  figure  , 
nance  &  toutes  les  maliièn 

Îeu  de  rapport  avec  la  pc 
es  ufages  de  h  Chine  :  < 
côté  le  Peintre  eut  de  <}ti< 
fa  patience  pat  les  rablcaui 
celtbîc  de  lui  demander 
inftant.  Le  Frète  Actiret , 
anquante  jouis  en  Taii 
f  alla  quarante  i  peindre  ; 
ce  court  efpacede  tems»  il 
deux  porttaits  i  l'buile 
grands  delEns ,  tant  de  la 
hle  que  -des  autres  cxeT< 
'  qnaocité  d'autres  morceai 
ttvint-ii  i  Pe-king  ,  mai{ 
2c  méconnoiflabte.  On  vc 
con^ieoces  que  le  Frère  A 
avec  les  Giands  de  la  Ci 
ceux-ci  font  beaucoup  de 
nation  françoife.  **  Vocie 
»Royaunie,  difoient-ils 
n  Aititçt ,  efl  la  Chine  de 


Avril  i^t^.  $\i 

i¥  Tous  les  autres  Etats  fe  fonf  un 
»  devoir  &  ua  plaifir  de  fiiivrê  Vos 
n  u&gies  ^Yos  maximes  &  vos  rits.  n 
Sous  le  rè^nc  de  Kang-hi  on  t  £ii€ 
sin  Oiâionoaire  hiftorique  te  géor 
paphîque^  dans  icouel  oh  Irapporte 
M  qui  fuit»  que  le  F*  Amioc  a  tra^* 
duit.  Il  âiit  remarquer  que  ee  Dic« 
tionnaire  itant.  fiûc  par  otdrç  de 
i'Eaupcrtur  j,  U  eft  authentique  dans 
fout  rEmpire«.  La .  Fréâué^  y  eft^il 
diti  iji  au  nord  de  tEfpoffu  ;  elU 
a  de  ciraiii  U£oq  Us  (c'eft^à^diic 
cnyiron  tiao  lieues^  le  LUfquiva^ 
lanc  à*peii*près  k  ube  de  nos  lieues 
coinn^unes)  etic  êjl  dirifik  m /€i{ç 
provinces.  $  la  capUale  de  u  Rayais 
^e  s'appelû  Paris.  Caie  piÛe  efi 
témarquMe  furioue  par  am  CoUige 
ou  U  y,  a  habituelUmtM  plus  de 
quture  ouati  d^EiuSàns.  Cc*eft-à- 
dire  plus  de  quarante  jnille  »  uo 
puan  v»ut  dix  mille)  Ù  y  a  fepe 
autres  èàUigès  ou  ton  l^fpratls 
les  pauvres  Ecoliers.  Tous  eu  CoU 
Uges  font  fous^  la  ddpeniaace  da 

-     Ccvy 


£  1 1  Journal  dis  Sçavant  , 
Koi ....  Lt  Roi  dt  France  a  le  p<m- 
voir  mtrvtilUux  de  guérir  des  ierouel- 
Us  ceux  qui  en  font  aitaqités  ,  en  Us 
touchant ftuUment  de  la  main.  Il 
ptut  opérer  ce  prodige  une  fois  chaque 
année,  après  avoir/eûné  trois  jours, 
La  France  a  cinquante  Royaumet 
fous  fa  dépendance. 

Ce  qui  contribue ,  dît  le  Mtflioii-' 
naire  ,  à  donner  aux  Chinois  une  fi 
grande    idée    de  notre    Koyaumcy 
c'eft  que  la  plupart   de^  machine  , 
des  inOtumcns ,  des  bijoun  &:  des.j 
autres  chofes  curicufes  qui  font  danft  . 
les  magaiins  de  l'Eiipcrcur  ou  t^Hi'* 
cnibcltiflcnt  fcs  appattcmcus  ,  fontM 
aux  armes  de  France  ou  marquée^ 
au  nom  de  quelque  ouvrier  fiançoisafl 
Les    ilcuis  de  lys  font,  dit-il,    icî:| 
confiUcs  de  tout  le  monde  ,  elles  (e> 
trouvent  chez  les  Grands  fur  la  plu^' 
part   des   choies  ciirieufes  dont 
font  polTcfleurs  ;   elles  Tonr  chez 
Princcs  ,  &   elles   (ont  niultiplit 
dans  le  palais  de  l'Empereur  en  au 
grande  quantirc    qu'elles     peuve 
1  L'trc  au  Louvre  ou  à  Vcrfaiiles. 


'Jrrll  tjti.  ïfij 

On  trouve  enfuite  plufieurs  pe« 
tites  lettres  qui  toutes  n  ont  d'au« 
tre  objet  que  les  miflions  ,  la  more 
de  quelque  MiflSonnaire  ou  le  dé- 
tail des  perlècttttons  que  les  Man- 
darins chinois  font  naître.  Dans  une 
Lettre  du  P.  Benoît,  ce  Miflîon- 
naire ,  qui  étoic  à  la  Chine  en  1 745  ^ 
donne  une  légère  idée  des  jardins 
chinois ,  &  rend  compte  d'une 
mappemonde  qu'il  avoit  faite  pour 
l'Empereur  ,  en  fe  conformant  aux 
nouvelles  découvertes. 

Le  tome  24  renferma  aufli  plu« 
fleurs  pièces  nouvelles.  La  première 
contient  le  récit  de  la  mort  d'un 
Chrétien  chinois  nommé  Ma.  La 
féconde,  Thiftoire  du  P.  Benoit, 
un  des  Mi/fionnaires  qui  a  rendu  les 

flus  grands  fervices  a  la  Relidon. 
1  s'étoit  d'aborï  livré  à  l'étude  de 
rAftronomie*,  mais  l'Empereur  ayant 
vu ,  en  1747  9  la  peinture  d'un  jet 
d'eau  s  il  fallut  que  le  Miffioncaire 
en  fit  de  femblables  dans  le  palais; 
ce  qui  l'occupa  long-tems ,  parce 


l 


^;^è.  tt  i*^.  r  i,  dès  q>»« 

•tt««  P^*5  -  a  de*  1 


Un  autfc  Miflionoairc»  ihatime 
Letçre  ,  Aotmt  une  tclAtios  de  la 
guerre  des  Mîao-c&é  de  la^déftaitt 
de  œs  peuples  te  des  cnieb  tcm- 
mens  quel^  6f  éprouver  ileuif 
Cb  ek  uits.pxifisiDieiB.  Nous  avons 
rén  du  compte  dans  unk^aottê  Qcca«p 
fioti  de  ces  fipènfli  ONMiXi. 

On  içaic  que  les  CKinoîè  culct^r 
vent  les  Letmr;  cUei^  iboc  pout 
eux  un  snojireD  de.pai:ycntr4  la  fpr* 
ttttie^  mais  il  firacsquelesLfmés 
Ibfenr  expfêmemepc  drconôicâi 
daiu  leuffs  Ouvrages.  Le  £ûc  (ni» 
VMt  p  jNipporté  par  un  Miffipnogire  t 
en  eft  la  ineiive  &  piéTente  on  ezem* 
jie  terrible  de  la  (hétité  du  sou- 
Yernement  cfainois*  Un  Lertre  ds 
Kiang'fi^  âg^  de  fcÂxante  ans,  qui 
vivoft  dans  là  proviàce  oà  il  s'amuh 
ibit  i  écribre ,  eut  un  ennemi  ou  plu» 
eôc  un  jaloux  qui  TaccuTa  d'aypit 
ofé  toucher  an  grand  Diâionnaire 
de  Kang-hi  &  .desi  avoir  &itua 
Abrégé  dans  lequel  il  n'avoît  pas 
craint  dfe  .contredise  quelques  eo« 


6 1 6     Journal  des  Sçavans  ; 

dioirs  tie  te  Livre  ;  d'avoir  eu  l'au- 
dace d'écrire  dans  la  Préface  les  pe- 
tits noms  de  Confucius ,  ceux  des 
ancêtres  de  l'Empereur  ,  &  celui  de 
I  Empereur  lui-même  \  &  dans  d'au- 
tres Ouvrages ,  d'avoir  prétendu 
defcendre  de  Hoang-ti.  Le  Lettré 
fiit  ciré  devant  un  tribunal;  il  k 
défendit,  mais  on  ne  laiila  pas  de 
le  condamner  &  de  le  trouver  cou- 
pable de  lèze-majellé  au  premier 
chef,  parce  qu'étant  Lettré  il  étm\z 
inflruit  des  loix  &  des  coutumes, 
&  ne  pouvoit  pêcher  par  ignorance. 
Les  Juges  dirent  que  ,  félon  les  loix 
de  l'Empire,  le  criminel  devoir  être 
coupé  en  pièces,  fes  biens  confif- 
qués ,  fes  parens  au-deflus  de  feize 
ans  mis  à  mort ,  Tes  femmes ,  Tes 
concubines  &  fesenfans  au-de(Ibus 
de  feize  ans  exilés  &  donnés  pour 
efclaves  à  quelque  Grand  de  rfera- 
pire.  Cette  fentence  fut  envoyée  à 
l'Empereur  fuivant  Tufage»  Voici 
ce  que  ce  Prince  prononça  2  «  je  fais 
^  grâce  au  Lettre  fur  le  genre  de  fon- 


Avril  lygl,  ^17 

•»  fupplice*,ilncrerapascoiipécnpic« 
»»  ces;  qu'on  lui  tranche  la  têrc.  Je  tait 
>*  grâce  à  Tes  parens  ;  pour  Tes  fils , 
»  qu'on  les  réferve  pour  la  grande  cxc- 
'>  cution  deTautomne^quelàloi  fait 
**  exécutée  dans  Tes  autres  points.  >• 
Ici  ^  dit  le  Miffi-^nraircy  an  mot 
contre  le  Gouvernement  cft  puni  Je 
mort  9  &  même  avoir  lu  un  Livre 
qui  en  parle  mal ,  c'cft  un  cri  tic  ca- 
pital. On  voit  que  cette  Icvérirc  s'c- 
rend  également  fur  de  fimples  poinrs 
de  Littérature  que  lEmpereur  dé^ 
cide.  Ceft  cependant  ce  Prince  qui 
eft  adtucllemenc  occupe  à  formrr 
uneColicftion  dii^nc  des  plus  granis 
Monarques  de  l'univers.  II  veut  raf- 
femblcr  tout  ce  que  la  Chine  a  de 
mieux  en  bons  Livres ,  foit  manuf- 
crits  y  foit  imprimés,  pour  les  faire 
imprimer  fous  un  même  format  & 
dans  un  feul  corps.  Cette  CoUeâion 
doit  contenir  fix  cent  mille  volumes 
qui  feront  tous  imprimés  à  Timpri- 
merie  du  palais.  Le  MilSonoairc  f 
auteur  de  cette  Lctue  y  dic  qu'il  y 


H-  ' 


'ti  s  Jaumat  dts  Sçavans , 
rn  a  trois  faits  par  d'zncrcns  Ml| 
fîonnaircs  concernant  la  Religiol 
Chrétifnnc  ,  qui  doivent  y  cntm.  ^ 
Le  premier  cft  intitulé  Tiea-iehoa' 
che-y t  c'cftà-dirc  vraie  noiion  Jt  I 
I}iiU,  par  le  P.  Mathico  Rkc*. 
Le  fecona,  Tri-kt  (lifl-i  T/!-it) 
les  fept  Palfions.  Il  traite  de  la  vio' 
toire  des  fept  Paj^ons  de  1  hommt  \ 
il  cft  fait  par  un  Mifliomiairc,  Le 
troititmc  ,  Kiao-yao-fu-  lun  ^o'i 
Abrégé  des  vérités  fondamcncalct 
de  la  Keligion  ,  par  le  P.  Verbicft. 

Nou'i  oMîrvcTons  ici  que  les  Chi- 
rois  innt  daiu  l'iifasc  de  faire  de 
fcmblabie?  Colkaions  plus  ou 
moins  étendues  ,6£  qui  contiennent 
une  infinité  d'Ouvrages  en  diffîrens 
genres  qu'il  cft  împoUtble  de  trou- 
ver ailleurs.  En  général,  les  Ou- 
vrages qu'on  y  inl^rc  ne  font  ptf 
communément  trop  votumineuii,! 

On  a  placé  dans  ce  mêrne  *i 
lumc  un  Mémoire  fur  les  Juits  (' 
blii  en  Chine  ;  quoi  qu'il  ait  i 
cté  impiimé  dans  le  tome  31c' 


'jivril  1781.  ^19 

première  édition  >  nous  croyons  d:* 
iroir  nous  y  arrêter  un  moment.  On 
fçait  que  nos  premiers  Miflîonnaireli 
ont  trouvé  une  Synagogue  de  Juift 
à  Kai-fong*fou  dans  le  Ho-nan.  De- 
puis ce  tems  ils  ont  fait  différente 
tentatives  pour  acquérir  des  con« 
jioiflances  plus  fûrts  &  plus  exaâes 
fur lorigine  &  rétablifTemcnt de  ces 
Juifs  à  la  Chine  ,  &  fnt  leurs  Livres. 
Dans  l'idée  où  l'on  étoit  que  la 
Chine  n'avoir  jamais  eu  beaucoup 
de  communications  avec  les  nations 
occidentales ,  on p^nfoit  que  l'exem- 
plaire  de  la  Bible  de  ces  Juifs  de- 
voir être  fort  anciennement  encre 
leurs  mains  ,  &  par  cette  raifon  fore 
curieux.  Ces  Juifs  font  établis  en 
ce  pays ,  comme  ils  le  di(ent  eux- 
mêmes  9  vers  Tan  65  de  J*  C.  Ils 
comptoient  plus  de  foixante-dix  fa- 
milles des  Tribus  de  Benjamin  ,  de 
Lévi  &  de  Juda  ;  ils  étoient  établis 
en  plufieurs  endroits  de  la  Chine  » 
mais  à  pré&nt  ils  font  réduits  ï  (êpc 
familles  &  au  feul  établiiTemenc  de 


éio    Joumaldes  Sçavans , 
Ka  1-^011  g-fou.  Les  autres  ont  ent- 
brafTé  !e  Mahométifme.  Les  familles 
cjui  relient  ont  dans  leui  Synago- 
gue diffcicns  exemplaires  du  ïtf- 
King,  c'cft  ainfi  qu'ils  appellerti  le 
Pci;tati;uqiie;    ils  ont  ^rcore  plu- 
fiturs  auiTcs  Livres  tous  écrits  eu 
htbrcii.  Comme  des  incendies  ,  des 
débordcmens  de  fleuves  ont  ruiné    . 
en  diffï-rens  tcrrs  leur  Synagogue  i 
CCS  Jtiits  ont  eu  recours  aux  Juifs 
de  la  Badriane  Si.  de  ta  Petle  ,  qui 
Uur  procuroieut  de  nouveaux  exeni' 
plaircs  de  l'Ecriture.  En  1641,  leur 
Synagogue  avoic  encore  é[é  ruinée 
par  un  débocdcmenc  du  Hoang-ho  » 
qui  fît  pf  rir  plus  de  trois  cens  mille 
hommes ,  &  ils  ne  fauvèrent  qu'un 
Feiitateuquc  qu'ils  avoieiit  eu  peu 
de  tcms  auparavant  d'un  Juif  qui 
croit  venu  dans  le  Chen-(î  ;  aînfî 
leurs  diffcrens  exemplaires  de  la  Bi- 
ble n'ont  pas  une  lî  grande  aniiquiri 
qu'on  le  croyoit.   Le  MiOîoDtwire 
entre  dans  quelques  détails  fur  Ici 
Livres  qu'il  a  trouvés  dans  cette  ~ 


Avril  lyJzi  6ii 

iynagogue,  &  fur  ce  que  ces  Juifs 
lifenr  ne  leur  Religion.  Il  nous  ap- 
Kcnd  qu'on  a  placé  en  1744,  dans 
:crtc   Synagogue  ,  une  infcrîptîoti 
:hinoile  dont  1^  P.  Gaubil  a  donné 
jn  précis  ,  qui  nous  naroît  un  peu 
trop  courr.  Il  y  eft  qneflion  d  Abra- 
liani  9  de  Moyfc  &  d'Efciras.  On  y 
jir  qu'Abraham  vivoit  14^  ans  après 
le  commencement  des  Tcheou  & 
Moyfè  y  6 1 3  ans  après  ia  même  épo* 
que.  L'an  1515  on  y  érigea  une  fo- 
conde   infcription»  où   Ton   parle 
aufli  d'Adam^  d*Abraham  «  de  Moyfc* 
Ce  que  Ton  dit  ici  du  tcms  d'Abra- 
ham   &    de    Moyle   a    embarraflé 
les  Miflionnaircs.    La  Dynaftie  de 
Xcheou   n'a  commence  que  iiii 
ans  av.  J.  C. ,  &  il  n'eft  paspoffîblc 
qu'Abrahani  &   Moyfe  ayent  vécu 
après  cette  époque.   Le  P.  Gaubil 
prétend  lever  la  difficulté  en  remon- 
tant jufqu'à  l'ancêtre  des  Tcheou  &C 
au  tems  d'Yao  ,  izi6  avant  L  C; 
(  &  non,  pas   comme   on  lit  dans 
l'imprimé  ,  i  ii^  av.  J.  C.  )  &  foi 


6i  1   Journal  dts  SçaVans  ; 
tiriit  que  CCI.  Juifs  datent  de  l'an 
cêcrc  de  ces  Tcheou.    Mats  DotH 
croyons  devoir  obfeiver  que  jamais  I 
les  Chinois  n'ont  daté  de  cette  épo-  1 

3UC,  qui  n'a  rien  de  icmarquable  ' 
anî  leur  hiftoire.  Il  y  a  lieu  de  pré- 
fumcr  que  cccte  faute  vient  de  l'igno- 
lance  où  croient  ces  Juîts  de  YYàî- 
toire  de  la  Chine.  11  ferait  à  dcdrei 
que  les  MilHonnaires ,  pour  com- 
plct'et  leurs  recherches,  esaminaf- 
fcnt  dans  les  anciens  Livres  chinoit 
ce  qu'il  peut  y  avoir  fur  les  Juifs  Ac 
s'il  n'exifte  pas  même  quelques  Li- 
vres juifs  cents  en  chinois.  Pour  faire 
de  fcmblables  rcciierches  il  faut  erre 
à  la  Chine  ,  &L  fouiller  dans  les 
grandes  CoUeâions. 

Le  14,*  volume  eft  tcnnini  pat 
la  Table  générale  des  matières  des 
neuf  volumes  concernant  la  Chine  ; 
ainfi  le  Public  cil  en  érac  de  jouir  de 
cette  curicufc  Collcâioti  qui  a  été 
achevée  en  aflcz  peu  remi. 

f  Extrait  de  M.  di  Guignts.  ] 


I 


Avril  1782;  ^ij 

BiSTOIRE  umverftUe  depuis  tt 
'Commencement  du  Monde  jujqu*â 
prifint  i  cQtmùofkt  en  anglois  par 
une  Société  de  Gens  de  Lerrres  ; 
nouvellement  traduite  en  françois 
par  une  Société  de  Gens  de  Let- 
.  très  ;  enrichie  de  Figures  &  de 
Cartes.  Tomes  XXXI  &  XXXIK 
A  Paris ,  chez  Moutard  »  Impri- 
meur •  Libraire  de  la  Reine ,  de 
Madame  &  de  Madame  la  Corn* 
reilè  d'Artois ,  rue  des  Matburins» 
^  hôtel  deCluny.  1781.  Avec  Ap* 
probation  &  Privilège  du  Rou  % 
vol.  111-8^.  Le  i.^'  de  544  le  fc^ 
cond  de  ^78  pages. 

L'hisTOIBE  des  nations  de 
l'Europe  ne  fournit  pas  »  coni« 
me  celle  des  nations  dont  on  a  parlé 
précédemment,  de  grands  détails 
lorfqu'il  s^agit  des  tcms  antérieurs  à 
FErc  chrétienne.  Au  *  delà  de  la 
Gaule  tous  les  peuples  étoient  à* 
peu-près  des  barbares  auxc^uels  Tu- 


tf  14  Journal  dts  Sçavans , 
lagc  des  Le  très  a  été  iong-tems  in- 
connu, par  confcqucnc  on  ne  petit 
avoir  aucurc  notion  bien  exaâe  de 
ce  qui  les  concerne,  &  iorfqu'ilt 
ont  commencé  à  k  policée  ils  onC 
admis  des  fables  (ju'il  cd  diAîcîle 
d'expliquer. 

Les  Auteurs  anç^lois  conviennctic 
qu'on  ne  peut  dire  avec  certitude.' 
quelle  étoit  l'origine  des  peuples. 
qiu  font  au-delà  du  Rhin  &  du  Do»  , 
nube;  on  les  contondfous  le  nom 
de  Ctlrcs ,  de  Scyihcs  &  de  Cclco- 
fcytlics  ;  mais  ces  trois  noms  com4 
prcnEcnt  un  (ï  grand  nombre  de  na- 
tions ,  qu'on  n:.'  peut  fans  courir  rif« 
que  de  fc  rromper  appliquer  aui 
anciens  Germains  ce  qucn  a  d\\ 
l'hiftoirc.  On  fait delc<-nilrc  ces  Ge? 
mains,  (jomme  une  infinité  d'autre 
peuples  ,de  (iomer,  fils  de  Japbecyt 
mais  c'tft  ce  qu'on  ne  peut  prouvet 
Si  ces  peuples  u'avoicnt  point  en 
afiaire  avec  Us  Romains,  nous  U 
les  connoîtrions  pas  ;  aiillî  ce  qui 
l'on  en  fçait  fait-ll  partie  de  l'hlfe 


1  détail  ftir  leur  hiftoire;  mais 
ércod  davantage  fur  leurs  loix  , 
religion  ^  leurs  mœurs ,  leurs 
•s  &  fur  leur  pays ,  qui  étoic  en- 
couvert  de  forêts, 
biftoire  de  la  Bretagne  ou  de 
jlcterre ,  qui  n  eft  ooint  dans 
rcmièrcs  éditions  ae  cet  Ou- 
; }  occupe  une  partie  du  31.^ 
me*  La  conformité  des  coutu* 
.  du  langage  9  de  la  rcli;^ion  Se 
ouvernement  entre  les  anciens 
>ns  &  les  Gaulois,  a  fait  croire 
ufieuTS  Ecrivains  que  les  pre<* 
S'étoient  une  colonie  de  ces  der- 
•  Il  tèj;ne  ucegtaade  obfcuricé 


ft6  Journal  des  Sçava/ts^ 
gne  ,  fur  de  longs  vaifTeauX  avec 
îcfi|uels  ils  abordèrcnr  en  Irlande  , 
d'où  ils  palTèrent  en  Anglprcrrc.  On 
,  fie  fçait  îî  ces  Pidcs  font  les  ttiêmet 
que  les  Bretons.  On  prétend  que  Ici 
EcolTois  viennent  d'IrUndc.  Les  Ah- 
_  teurs  aii^lois  s'étendent  beaucoup  , 
fi'aptès  Céfar ,  fur  les  niccurs  ,  les 
coutnm.s  &  U  religion  des  Bietonst 
ils  oblcrvent  que  lïs  plus  civilifés 
d'entre  eux  liabitoicnt  le  pays  de 
Kent  &  reHlmbloicnt  davantage  aux 
Gdulois.  Les  anciens  Aur.:urï  tuius 
reprclentent  les  Hrctons  comme  une 
nation  guerrière  qui  ft  plaît  au  car- 
Jiagc.  On  prérend  que  dès  avant  U 
guerre  de  Tiovc,ks  Marchands  piié^ 
nicicns  cmportoicnt  tous  les  ans  de 
leur  ifle  beaucoup  dctain  ,  com* 
nicrce  qu'ils  tinrent  long-tcms  ca- 
çhé.  Les  Grecs  ne  le  firent  que  i6o 
ans  avant  Jules  Célar.  Lti  Autean 
-anglois  fout  l'cnumcrarion  de  roas 
les  peuples  qui  habiioient  dans  lu 
différentes  provinces  de  ce  pays. 
On  fçait  qu'Adrien,   pour  garantir 


t  élever  dans  la  fui  ce  chacun 
autre  ;  mais  il  n'en  red*!  plus 
eftiges.  Les  Romains  y  établi- 
un  nouveau  gouvcr^cmen^Tolît 
[ue  l'on  die  de  la  fii:te  de  cette 
lire  n'eft  pris  que  dans  les  Hil- 
;ns  Romains  ;  ainH  fans  ces  con- 
:ans  on  auroic  peu  connu  la 
agne. 

iftès  que  les  Romains  eurent 
idonné  ce  pays  ^  les  EcofTois  Se 
Piâes  firent  de  fréquentes  in- 
lons  dans  le  pays  des  Brcrons  ; 
c-ci  appelicrent  à  leur  fccours 
Saxons,  qui,  iuivant  Topinion 
plus   commune ,    habiroicnt  le 


Vj.8  Journal  des  Sçavans  , 
guerre  ;  l(s  derniers  imtnt  enfin  oblij 
pés  dcfc  retirer  dans  la  Principal 
de  Galles,  où  lis  défcndirenr  leta 
liberté  ;  d'aurrcs  palTèrtiit  la  mer  j 
fc  rcticcrenr  dans  l'AimoTii^uc.  C'etf 
à  cette  époque  que  les  Auteurs  rcr'-^ 
riincnt  l'hilioirc  de  ]a  Bretagne.  Lei 
Saxons,  les  Anglois  &  les  Juttei 
Tcflèïtnr  maître',  de  l'Angleterre.       

Les  Sçavans   Anglois  terminent-* 
cctre  hilloirc  ancienne  par  celle  des 
divers  peuples    ftptenrrionaux   qui 
ont  envahi  l'Empire   Romain.  On 
n'a   que  des  conjcLluies  à  propofrt  J 
l'ur  l'antiquité  de  (ous  ces  peuplcf^  ] 
<}i]i  ne  font,  pour  ainfî  ditCf  con-l 
nus  que  par  leur  irruption  dans  l'Eni' 
pire  \  de  lorre  qu'on  c(E  obligé,  pour 
en  donner  une  hifloiic  Aiivic,   de_ 
copier  uniquement  ce  que  les  Hil^ 
loticns  Romains  en  dilent. 

Les  Hun^ ,  par  lefquels  on  comi  _ 
inence  ,  habiioicnt  avant  leuririup< 
tion  un  pays  lîtué  au  nord  du  Cau- 
cafc ,    qui  s'Étend   depuis   le  Pont 
Eusin  julqu'à  la  met  Carptenne.  Q  '. 


rup- 
?ont 

^. .'.  a  1 


Avril  1782.  ^19 

yen  aToIc  une  autre  bande  qui  de- 
meuroir  fur  Jes  fronticrcs  fepten* 
trionalcs  de  la  Perfe  ,  d'où  on  doic 
conclure  que  ces  peuples  habiroienc 
autour  de  la   mer   Cafpiennc  vers 
l'cft)   &  qu'ils  font  \c%  mêmes  que 
les  Tarcares  &  les  Scythes.  Les  Au« 
reurs  anglois  propolènc  divers  fen* 
timens  (ur  leur  origine;  mais  en  fè 
bornant  aux  Ecrivains  latin}'!  il  n'eft 
pas  poiïible  de  remonter  bien  haut; 
&  comme  les  HiAoriens  anciens  ne 
font  pas  d'accord  ,  il  eft  difficile  de 
les  concilier.  Les  Sçavans   anglois 
n'en  difent  pas  davantage  fur  ce  fu- 
jcr.  Ce  fut  vers  Tan  376  d:  L  C. 
que  les  Hunss*érablirent  en  Europe  ; 
en  391  ils  pallerent  pour  U  première 
fois  le  Danube ,  &  bientôt  après  ils 
ravagèrent  les  frontières  de  TEmpirc 
&  y  pénétrèrent  9  mais  en  560  ils 
retournèrent  danslaPannonie.  Vers 
Tan   744  ils   reparurent   &    jettè- 
lent  les   fon^lcmens    du  Royaume 
de  Hongrie.  Quoique  tous  ces  cvc- 
ncmcns  fallcnc  partie  de  Ihiftoirc 

D  d  ïi) 


l3]0  Journal  dts  SfMvansi 
Komainc,  il  n'eft  pas  inutile  de 
r.i!rc'mble[  ainll  ceux  (]ui  appaitien- 
lunC  à  une  narion  paTticutièrc  8c 
dVn  torm;r  un  corps  qui  nous  pré- 
{enxc  la  fuite  de  tout  ce  qui  peut  la 
concc-rnir;  c'eft  ce  que  les  Angtois 
on  fd.c  cgaieinetit  pour  les  au[ies 
barharf-:. 

Les  (iathi ,  peuple  vaillant  Se  fa- . 
mcux  (îSlis  l'hiiloifc  Ro:naine,  (onc 
orij;in»ins  Ht  la  Scandinavie  qu'on 
appelle-  officina  f-ciitium ,  yaglna 
gtnnum.  Ce  fays  comprcnoit  la 
.Stiè'e,  la  Norvège  &  ia  Laponie. 
^îa;s  lomni  n-  un  pavs  fi  (rold'ï  (i-. 
coLiv^rt  de  forets ,  a-t  il  pii  fournir 
ta:n  de  peuj>les  qui  le  font  répandue 
cnluite  Jans  routs l'Europe?  Il  y  a 
litu  de  croire  que  ces  peuples ,  chaf^ 
l^cs  des  contrées  plus  orientales  Si 
de  la  Taitarie ,  (e  font  d'abord  éta- 
blis dans  ce  pa^s  ,  doù  enfuite  , 
pouffes  les  uns  par  les  autres ,  ils 
loin  defcendus  veis  le  midi  dan::  les 
ptovincci  de  l'Empire.  Quoi  qu'il 
en  Toit ,  les  ïîçavans  anglois  avouc&C 


n  du  Patriarche  Sarug ,  la  ^can« 
ic  ait  commence  à  ctrt*  pei:p.^!c, 
onvienc  que  ks  Goths  ^v  lis 
;  (ont  la  muiic  nation  ;  te 
tic  il  y  a  des  Gctes  dans  Ja  J'ar- 
»  on  prétend  que  c<.ux-ci  ionc 
émigration  des  Go:hs  g'j  la 
jsnavie;  il  (croit  plus  vraii-ein- 
e  de  dire  que  ceux  du  nord 
jnc  colonie  des  TartarcsGvtts. 
général,  il  c(l  dillicilej  tante 
tonumcns,  d'éclaircir  ce  point 
:oirc.  On  fuppofe  ici  que  i.s 
LS  fortis  de  la  Scandinavie  vi:-« 
en  Germanie  ,  d'où  ils  paiîv.- 
cn  Afie  ,  6c  que  de  ïAlic  ils  re- 


é jx     Jaurnal  ia  SfMvam  ^ 

foumcftre  plullsurs  pays  du  nord 
vers  la  PiuUe ,  la  Livonic  &  la  Mot- 
CDvic,  &i  péiiéira  jiifqu'en  Suéde. 
On  prétend  qu'il  apporta  avec  lot 
d'Anducaraétèfes tuniques  &qii'il 
ttifcigna  la  pocHc  à  toutes  ïa  na- 
tions fcptcnttior.aics.  Le*  Sçavans 
anglois,  en  convenant  qu'il' y  a  eu 
«n  Wodtn  ,  n'entre  pu  n»cr,t  point 
de  défendre  toutes  Iss  mervtiUe! 
qu'on  rapporte  de  lui.  Pli.deut» 
Ecrivains  luppoRnt  que  crttc  tmi- 
çration  de  woden  s'crt  faite  14 ans 
avant  la  naifl'ance  de  J.  C  ,  dans  le 
itnis  que  Pompciravagcoit  la  Syrie. 
Les  Hiftoricns  danois  reculent  cette 
époque  à  tooo  ans  auparavant. 
Après  toutes  CCS  dtfcullions  les  Sça- 
vans  anglois  donnent  une  idée  des 
r^œiirs  &  de  la  religion  de  ces  peu- 
pks.  Etablis  dans  la  Germanie  >  ils 
devintent  bientôt  les  ennemis  des 
Romains,  &  Caracalla  fut  le  premier 
qui  tut  des  dém,clés  avec  eux.  En 
X38  ils  ravagèrent  la  Moelle,  & 
continuèrent  depuis,  en  péné[rai>t 


Avril  1782  ;  63  j 

dans  TEmpire ,  au  point  qucilar.-*  I2 
fuite,  comme  on  le  fçaic,  ils  oc- 
vinrent  maîtres  de  l'Italie. 

Les  Vandales,  don:  les  Aucîcrs 
anglois  rapportent  en/iilrc  l'iiiftoire, 
font  une  branche  des  Gorhs  \  on  les 
nomme  ainfi  du  mot  gothique  y^n* 
daUn,  qui  fignific  mener  une  vie  tr*- 
rame.  Ils  s  ctablircnt  d'abord  dans 
le  Brandebourg ,  enfuite  fur  les  bords 
du  Rhin  Se  en  plufieurs  aurrcs  en- 
droits. Ils  ne  commencèrent  à  in- 
quiéter les  lloma.ns  que  vers  l'an 
îfi^loas  le  rèens  dcMarc-Aurelc; 
&  depuis  ils  ne  cédèrent  de  faire 
des  incurfions  \  ils  vinrent  jufqucs 
dans  l'Aquitaine  ,  paflcrent  les  Py- 
«nécs  &  entrèrent  en  Efpagnc  ,  où 
ilj  fc  fixèrent,   &  c'eft  deux  que 
vient  le  nom  d'AndalouGe  ;  cntîn 
l'an  418  tls  abandonnèrent  TËfpa- 
gne  &  allèrent  s'établir  en  Afrique. 
Du  tcms  de  Céfar  les  Sucvcs  tor- 
moient  dans  la  Germanie  une  gran- 
de nation  ,  fous  laquelle  on  com- 
prenoit  les  Lons^obardi ,  les  Simno-^ 

*  Ddv 


634    iournaliti  Sçavans  ^ 

72CS  y  les  RkenJigij  les  Avîones  & 
l:s  AnglL  Quelques  Auteurs  con- 
foruknt  ces  Suevcs  avec  les  Vanda* 
les.  Les  premier  démêlés  de  ces  bar- 
bares avec  les  Romains  commen* 
ccrcnc  environ  huit  ans  av.  J«  G« 
Dans  la  fuite  ils  entrèrent  dans  lèil 
Gaules  avec  les  Alains  &  les  Van- 
dales >  Se  bienrôt  après  ils  pafli^ 
rent  en  Efpagne  &  furent  maîtres 
du  Portugal, 

Les  Auteurs  angloîs  n*ont  né- 
glige aucune  des  nations  barbares 
qui  parurent  &  qui  contribuèrent  à 
la  ruine  de  l'Empire  Romain,  Les 
Francs,  les  Bourguignons ,  les  Al- 
lemands, les  Herules,  les  GepideS» 
les  Marcomans  ,  les  Sarmates ,  les 
Daces ,  les  Lombards ,  les  Bulga- 
res, Sec.  Dans  le  32.^  volume  ils 
ont  rapporté  tout  ce  que  Ton  peut 
dite  de  plus  vraifemblable  fur  1  ort« 
gine  de  ces  difFérens  peuples;  ils  y 
ont  joint  le  détail  des  évènemens 
que  les  Hiftoriens  Romains  nous 
ont  confcrvcs.  C'cft  par-là  que  les 


Aviil  17S1.  6^5 

ins  anglois  terminent  i'hi/^ 
de  tous  les  anciens  peuples 
s  depuis  leur  première  urigire 
lu  tems  où  ils  conimcncènnc 
onfondre  avec  de  nouveaux 
\ ,  ce  qui  les  con^^uic  na- 
ntnt  à  rhifloire  modezoe. 
:  avons  fait ,  difencils  ,  tous 
fForts  pour  bien  remplir  no- 
an  5  &  nous  croyons  n'avoir 
lis  que  des  fautes  que  roue 
ur  équitable  fera  porcc  à  ex* 
,  s'il  léfléchit  fur  toutes  Its 
jltés  qui  accompagnent  une 
prife  de  cette  nature.»  Us 
le  de  publier  quelques  volu« 
Supplément  à  cette  première 
,  nous  en  rendrons  compte 
mment. 
xtrait  de  M,  de  Guignes.  ] 


# 


Vày) 


6)6    Joiiraêl  des  Sçsvmu  ; 

RCTOVK  dt  Provenu^  à  CAïUtm 
de  l'Hymne  au  SoUiL 

CE  petit  Pocme  ed  un  digne  fie 
itiÂc  hommage  rendu  à  M. 
l'Abbc  de  Reyrac  par  un  homme 
idit  pour  femir  le  ptii  de  Tes  Ou* 
viages ,  &  fait  pour  fentir  comme 
lui  les  charmes  delaNa:ure.  Si  le 
ciel  de  la  Provence  l'emporte  furie 
nôtre  ,  il  n'en  eft  pas  de  même  de 
Ion  fol ,  fc  le parallèlcque  le  Poëte 
fait  de  cette  Province  avec  la  Tou* 
laine  ou  avec  les  environs  de  Paris,. 
n'cllpasà  l'avantage  de  la  première  , 
quoique  celle-ci  foie  la  patrie  de. 
l'Auteur. 

O  mon  pays, paidonl 
Te;  rochers  calcinés,  àlacime  grisjtre, 
AttriOoient  mes  regards,  effiayoieiu  fua 

Tes  moncs  font  des  volcans  antiques,  fbt- 

iniHables, 
SoUiaitii  tiefeits i  dont  Ici  échos  m^ts 


Avril  17S2.  637 

A  la  voix  des  rroupeauz  ne  r^pcodenc  ja- 
mais. 

Ces  abiines  noircis,  fonsbres,  ia!ial>itable«i 

Tous  cesrocsenrairës ,  monument  du  chaos  « 

Furent  en  proie  aui  feux  ou  crcuies  par  les 
Rois. 

Tj  ^®w  de  rOc^an  les  empreîncesdura'v?Ies, 

Ec  les  conques  des  mers  paimi  cous  les  nic^* 
taux: 

Mais  l'œil  y  cherche  en  vain  d'udies  végé- 
taux. 

Là  ,  fur  l'aride  fein  d'une  terre  durcie , 

Eft  éteint  pour  jamais  le  germe  de  la  vie  ; 

lA,  des  huiffons  fans  fève ,  &  de  foibles 
numeaux 

Sont  les  fruits  malheureux  d'un  fol  fans 
énergie  ••.••. 

Aux  flots  dévaÛaceurs  >  qui  grondent  vers 
ces  plages , 

A  ces  immen(ês  mers ,  empire  des  orages.... 

Je  préfère 

Nos  lacs  profonds  &  clairs,  ou  fur  l'azur 
des  Cieux 

Se  pcignençrcnvcrfés  les  mobiles  ombrages^ 


638  Journal  des  Sçararis  , 

£c  le  Pécheur  tranquille  j  afTis  fur  nos^ri*. 
vages , 

Aux  Kabitans  des  eaux  tendant  un  pî^ge 
heureux, 

Ec  no>  troupeuux  j  cachés  dans  de  gras  p4«^ 
turages  y 

Ec  nos  bleds  ondoyans^  Me  nos  hamean 
nombreux 

J  ai  revu  fans  plaifîr  le  fiileux  olivier , 

Qui  prêce  Ci  peu  d'ombre  à  la  Bergère  ai- 
mée, 

Le  luxe  infra£^ueux  des  palmes  d'iduméci 

Ec  les  jets  odorans  du  ilérile  laurier. 

L*amour  de  la  Campagne  s*allic 
naturellement  avec  l'amour  des  Lcc« 
trcs  &  des  Venus. 

Je  décède ,  en  pleurant ,  la  démence  des 

guerres,^ 
Ces  grands  adaffinacs  des  peuples  en  fureur. 
Long  &  cragique  deuil  pour  les  deux  hémif- 

phères  ; 
Ec  je  m'écrie  :  heureux  qui  jouit  «  loin  des 

camps  •«•«.« 


Avril  i78z.  6)9 

DeC>i->nième,  des  arcs,  &  dcsplailîrs  tou- 

cliaas , 
Des  ctflelles  plalfîrs ,  fruits  de  la  bienfai* 

(àoce  

Mes  amis ,  avec  moi,  cultivent  les  taîens  ; 
Leufs  fucces  (ont  les  miens,  &  les  (èuls  od 

j  aipire 

Ah  l  loin  des  froids  pddaus ,  artifans  de  ccn« 

fures, 
Dont  l'effet  eA  d'aigrir,  &  le  but  d*offciirv:r. 
Heureux  l'Auteur ,  qui  joint  dans  fes  doQcs 

peintures , 
Au  don  de  bien  fencir ,  au  grand  art  de 

penfer. 
Le  goût  des  voluptés  délicates  &  pures, 
Et  le  talent  exquis  de  nous  les  retracer  !..  ; 
Il  arrive  à  la  gloire  en  chantant  Tes  plai- 

firs 

Comme  il  touche  nos  coeurs  lor(qu'iI  répand 

le  fîen  ! 
L^amour  de  la  vertu  devient  fon  éloquence. 
S'il  raconte  les  jeux  de  fon  heureufe  en- 
fance I 
J'en  jouis  avec  lui ,  fon  bonheur  eft  le  mien^ 


(^40     Journal  des  Sçava/is  , 

S^i  chants,  faits  pour  charmer  i'amkié  con- 
fidente   

Ses  chants ,  pleins  des  douceurs  de  fa  vie  in- 
nocente « 

Seront  tous  entendus  de  la  Poftériré, 

Voilà  l'Auteur  aimé,  le  Sage,  l'honnête 
homme  : 

Tu  le  cherches,  Reyrac,  Se  ma  Mufe  te 
nomme. 
[  Extrait  de  M.  Gaillard.  ] 

Okaison  Funèbre  de  Mtjprc 

Pierrc"  Augufiin  -  Bernardin  de 
Rojjet  de  F  leur  y ,  Evêque  de  Char» 
tres^  Grand  Aumônier  de  la  Reine , 
Commandeur  de  P Ordre  du  Saint 
Efprit ,  &c.  &c.  Par  M.  le  Bouiq  , 
Doyen  de  TEglifc  Collégiale  de 
Saine  André  de  Chartres»  &  an- 
cien Profeflcur  de  Rhétorique  au 
CoUégcdela  même  ville.  A  Char- 
tres ,  chez  Michel  Deshaics,  Im* 
primeur  de  Monfcigneur  TEvè* 
que,  du  Clergé  &  du  Collège, 
lue  des  Changes»   à  la   ProvU 


JÊVril  \j%%.  £41 

dence  ;  &  fe  rrouvc  à  Paris  ^  chcx 
Baftien,  Libraire,  rue  du  P.cc« 
Lion  9  fauxbourg  S.  Germain  ^  6C 
Col  as  9  Libraire ,  Place  Sorbontie* 
178 1«  i>i-8^«  91  pages. 

NOUS  avons  plus  d*uiie  fois  en* 
rrercnu  nos  Liâears  ile«  pro« 
duâioiis  de  M.  TAbbé  le  Roticq  9 
Auretir  de  cerre  Oraifon  funèbre  de 
Littérateur  diftingué.  Céroic  à  lui  9 
i  rous  égards,  qu'il  convenoic  de 
jemplir  cette  trifte  fonâion;  &  nous 
oblerverons  à  ce  fujer  que  quand 
rOrareur  a  une  occaGon  narurclic 
de  s'aflbcier  au  pcrlonnagc  qu*il  te- 
Icbre  &  de  paroicre,  pour  ainfî  dire , 
en  pcrfonne  dans  le  Panégyrique 
quM  prononce  ,  c'cft  ordinairemenc 
une  des  grandes  fourccs  de  TElo* 

auence.  Un  des  plus  beaux  niorceau?c 
e  BolTuet  eft  celui  où  il  parle  de  fes 
cheveux  blancs  &  de  fa  voix  prefquc 
cceince,  en  terminant  TOraifon  hi- 
nèbre  du  grand  Condé  ;  de  même 
le  morceau  le  plus  éloquent  de  TO; 


f 


641     Journal  des  Sçavaris , 

raifoii  funèbre  de  M.  lEvêquc  de 
Chartres,  cft  celui  où  l'Orateur 
parle  de  les  liaifons  avec  ce  Prélat. 

a  Bienfaiteur  de  mes  jours ,  hélas  ! 
M  en  ces  dcrnicis  momens,  oîi,  me 
»  ferrant  avec  bonté  dans  Vos  bras, 
»vous  daignâtes  couronner  en  moi 
»>  de  ftérilcs  travaux  par' des  hon- 
»neur$  incfpérési    devois-je  m'ar- 
»  tendre  que   la  feule  manière   de 
»  Hgnalcr  ma  reconnoiflance  &  do 
»  vous  payer  la  dette  de  mon  cœur  y 
»  fcroit  de  vous  offrir  le  tribut  d'un 
»  éloge  funèbre?  Aidez  moi,  ô  mon 
»  Dieu  ,  à  remplir   ce  douloureux 
»  miniftère.  Je  veux  faire  revivre  en 
»  ce  jour  Tufage  antique,  qui  pcr- 
»  mcttoit  à  des  fils  concernés  de  pa- 
»  roîrre  fur  la  tribune  ,  d'y  faire  en- 
»  tendre  les  louanges  d'un  père  en- 
»  levé  à  leur  amour ,  &  de  jetser  fo-  ' 
»  kmnellcment  quelques  âeurs  fut 
»  les  reftcs.  >» 

Le  portrait  du  Cardinal  de  Flcurj, 
loué  principalement  par  hs  traits 
qui  le  diftingucnt  des  autres  Minif- 


Avril  \y%u  645 

tr« célèbres,  mérite  encore  pdrri- 
culièremenr  d  erre  remarqué. 

«  Ame  géncreufe  amant  cjnc  pa- 
>»cifîque,  plus  jaloufe  d'crre  unie 
>»que  d'être  vantée  ,  également  cloi- 
»gnée  &  de  la  magnificence  faC- 
i»rucure  de  d  Amboife,  &  de  Tarro- 
>^gantc  hmpliciré  de  Ximcnc^  s  ic 
wdes  hauteurs  menaçantes  de  Rchc- 
^Jieu  ,  &  des  (buplelfes  poiiric]a:s 
I»  de  Mazarin  9  • . . .  vous  jouillu^ 
^âc  la  gloire  la  plus  tojchante  &  Ja 

>  plus  pure  9  celk  d  avoir  créé ,  pour 
»ainfi  due,  à  la  France  un  Roi , 

>  d'avo!T  terme  les  plaies  Ian;:;!anfcs 

>  dci'Ecat,   éteint  le  (eu  des  Riva- 

>  lités  étrangères ,   m^é  les   d;iFi- 

>  rends  entre  les  Rois ,  acquis  fans 
>combats  une  vafte  province,  ^C 
> ramené  le  calme  après  de  lor:;? 

>  orages.  » 

La  plus  grande  gloire  de  M. 
*Abbc  de  Fkury,  neveu  du  Cardi- 
lal,  fiit  peut-être  de  confolcr  le 
Dioccfc  de  Chartres  de  la  perte  d'un 
Prélat  auÛî  vertueux  &  auffi  cliari- 


644     Journki  des  S^àvans  ^ 

table  que  M.  de  MérinvilL* ,  fon  pré- 
dècefTeur.  L'Auteur  4  dans  les  notes 
placées  à  la  fîn  de  Ion  Difcours^ 
rapporte  un  témoignage  éclatant  ^ 
rendu  à  la  fainteté  de  M  de  Mérin- 
vjlle  par  ks  Confrères.  Dans  une 
afieinblée  d'Ëvcques  ,  oh  chacun 
rapportoit  les  miracles  opérés  dans 
fon  Dioccfc,  &  où  M,  de  Mé.in- 
ville  n'avoir  encotc  nen  dit  i  pour 
M.  de  Chartres  4  dit  M.  le  Cardinal 
de  Tencin  ,  on  peut  ajfurcf  qu^il  efi 
le  miracle  de  fon  Diocife. 

M,  l'Abbé  de  Fkury  fcmbla  fc 
Terre  propolé  pour  modèle,  ou  plu- 
tôt il  n'avoir  befoin  que  de  luivrc 
les  niouvemcns  de  fon  cœur ,  ians . 
chercher  à  imiter  perlonne  pour  ré- 
pandre d  abondantes  aumônes  dans 
le  Tein  des  pauvres.  On  en  lie  dans 
\cs  notes  un  détail  attendrifTant. 
«  En  général ,  il  donnoic  annuelle- 
»  mentaux  pauvres  tour  1er  evenu  de 
»  fon  Evêché.  »  LorfqueTAbbayc  de 
Saint  Père  eut  été  unie  à  TEvêché 
de  Chartres ,  il  dit  à  fcs  Curés  \nous 


jtvril  1783t.  (J4J 

voilà  devenus  plus  riches  ;  vous  aU'» 
rei  déformais  pour  vos  pauvres  It 
double  de  ce  qui  leur  a  été  donné  juf* 
qtûà  prèfent.  En  1750  9  il  envoya  fa 
vailTelle  d'argent  à  U  Monnoic  pour 
le  foulagement  des  pauvres.  Dans 
les  défaftres  ,  dans  les  incendies ,  il 
ne  fe  réfervoic  rien,  tout  ctoit  pro- 
digué à  ceux  c}ue  le  feu  ou  les  autres 
accidcns  avoiene  ruinés.  Quand  on 
fâifoit  dans  fon  JDiocèfc  quelque 
chemin  public  par  cor/ée  ,  il  four* 
nifibit  le  pain  aux  Corvoyeurs.  Une 
femme  inconnue  ,  implorant  fcs  fe- 
cours  9   il  lui  demanda  quels  titres 
elle  avoir  pour  y  prétendre.  Quels 
titres  ,   Mon/cigneur  ?  répondit  la 
bonne  femme  9  quatre  -  vingt  ans  9 
ma  mijère ,  &  voà  bontés.  Ce<  traits 
méritoienr   certainen^nt   d'être  re- 
cueillis, aufli-bien  que  celui-ci  par 
lequel  nous  finirons  cette  notice. 

4<  Dans  le  tcmsquele  Régiment 
»de    Ficher  ctoit    en    garnifon  à 

$9  Chartres  ,  trois  Défeuteuis 

n  furcDC  condamnés  à  être  fufiilés« 


C^S  Journal  des  Sçavans , 
»  M.  rEvêijuc  fc  prékme  au  Con(cil 
Mdi;  Gucice  ,  &  obtient  grâce  pout 
»iua  dc«  nois.  Maii  ,  dit-il  Enluite^ 
»  ma  Mirt  demande  a.u£i  U  (tea, 
«Touches  de  cccrc  nouvelle  dc- 
«mandç,  Jes  Officiers  accordèrent 
»  la  grstcc  à  l'un  tia  dtux  aut/ts,  M 
Au  liïu  de  ces  dernitrs  mors  :  à 
Vua  dts  deux  auitet ,  nous  acien> 
dions  ceux  ci  ;  même  au  troi/ïimt. 
[  Extrait  dt  M.  Gaillard.  ] 

Traite  hifiorlqut  &  raifonni,  da^ 
jires  Us  Loix  ,  Kègktntns  6-  Ufa- 
gts ,  fiir  les  diffirtnits  Piocidurtt 
qui  sohjirvtnt  dans  toutes  les  Jif 
lijdiUioriS  dt  Vendus  du  Palan  k 
Paris  i  tant  en  piemilrt  inftaac» 
qu'en  cauft  d appil  ,ju. qu'a  l'Ar- 
rêt difinitij  ,  ExeiUloire,  Requélt 
civile  &  Cabanon  ;  avec  la  nia- 
niirt  de  lier  &  d'in/îrui-^^  toutes  les 

-  demandes  inzidenies  auxquelles  les 
principales  p  uvcnt  donner  lieu 
Par  iVl.  Lègitr.  Ouvrage  utile  aux 
Juges ,  Avocats,  Piocutcuis ,  Sc; 


Avril  1782,  £j^j 

crétaîrcs ,  CJe^fs,  &  à  toui  ceux 
qui  fcdeftincnrà  i'EtudcdcsLoix. 
I  vol.  in-'S^»  de  plus  de  60m  pag. 
A  Paris  ,  chez  Picrcc  -  François 
Gueffier  ,  Libraire-  Imprimeur  » 
rue  de  la  Hj^c  ,  à  Ja  Liberté, 
1781.  Avec  Approbation  Se  Pri- 
ViLgc  du  Roi. 

'Ouvrage  que  nous  an« 
.^  nonçons  aujourd'hui  »  6c  dont 
ms  allons  tâcher  de  donner  une 
ée,  eft  un  de  ces  Ouvrages  dont 
principal  mérite  cft  Tucilué  donc 
peut  être  à  tous  ceux  qui  le  liront 
rec  envie  de  s'inftruire  ,  &  aux« 
ucls  ce  defir  fera  furmonrer  l'ennui 
xiqu*inleparabie  de  la  iedlure  des 
ouvrages  didaitiques^^  qui  ne  rou^ 
:nc  prcfque  que  lur  la  l'orme.  Ce- 
li-ci  ne  traite  que  des  Juriidiâions 
e  l'enclos  du  Palais  à  Pans ,  de 
ur  compétence  &  des  procédures 
u*on  doit  y  oblerver ,  a;nlî  que  des 
irmules  de  ces  différentes  procc- 
ires.  Ce  détail  pat  lui-même  doit 


^4^     Journal  des  Sçavans  ^ 

paroîcre  très  fec  Sc  rrcs*peu  atta-" 
chant  ;  mais  il  eft  nonfeulemenc 
uûh  aux  Jugei  9  aux  Avocats,  aux 
Procureurs ,  aux  Secrétaires ,  aux 
Clercs  &  à  tous  ceux  qui  le  defti- 
ncnt  à  rérude  des  Loix  &  i  défen* 
dre  ou  juger  les  Citoyens ,  mais  en- 
core aux  Parties  elles  mêmes  ,  pour 
les  empêcher  d'entreprendre  xxop 
légèrement  des  procès ,  Se  pour  les 
éc?airer  au  moins  un  peu  fur  la  co^r 
duitc  de  ceux  auxquels  ils  confient 
leurs  intérêts. 

L*Âutcur  9  qui  efl  Procureur  au 
Parlement  9  nes'eft  pas  borné  à  ces 
détails  &  aux  formes  de  procédu« 
res  ;  il  a  remonté  aux  fources  &  i 
Toriginc  des  Tribunaux  ;  il  a  donné 
les  raifons  morales  &  politiques  de 
leur  établiiïemenr  ;  il  en  a  donné 
Jes  dates  puifées  dans  Thiftoire  ;  8c 
dans  une  Prérace  très-£{avanre  & 
très-claire  9  lans  être  prolixe  ,  il  dé- 
montre combien  les  formes  (ont  né- 
cédai  res  pour  traiter  une  affaire  fans 
confulîon  ^  &  il  prouve  >  en  homme 

très-i 


Avril  1781.  64^ 

très-inftruir,  que  loin  de  nuîrc  aux 
Parties  quand  elles  font  exaéîcmcnc 
obfcrvécs,  elles  hâren:  &  Facilircnc 
la  décidon  de  leurs  conredations , 
&  que  ce  n*eft  que  l'ignorance  ic 
Tabus  que  Ton  en  fair  quelquefois 
qui  les  embrouille  &  les  prolonge» 

Avanc  que  l'intérêc  fût  devenu  la 
bafe  &  le  principe  des  allions  des 
hommes  ,  ils  n'avoienc  befoin  ni  de 
loif  3  ni  de  Juges^  ni  de  Défenfeurs* 

Le  droit  du  plus  fort  ayant  dc- 
ouillc  le  plus  foiblc  ^  les  befoins 
^e  firent  fentir  à  celui  ci  s  il  jugea 
qu'il  falloic  fe  garder  de  la  violence  , 
conferyer  un  peu  de  terrain  &  le 
cultiver  pour  fournir  à  fa  fub(iflance. 
Voilà  l'origine  de  la  propriété. 

Pour  fe  maintenir  dans  Tune  ,  & 
prévenir  ou  repouifer  l'autre  ,al  fal- 
lut des  loix  &  des  hommes  pouc 
les  faire  oblèrver  ;  fucceffivement  il 
talluc  des  Defenfeurs^  &  ceux-ci  ne 
pouvant  lire  dans  le  cœur  de  leurs 
:lients  la  vérité  qu'ils  y  chcrchoicnt, 
incertaiiu  eux  -  mêmes  de  la  caufc 

AvrU^  Ec 


\ 


6jo  Journal  afî  SçavanSy 
dont  iUctoicnt  chaigcs,  fe  trouvé^ 
rcnt  forcés  tl'airujétir  leurs  dciciires 
à  des  règles ,  de  les  caltjuet  fur  des 
principes,  enfin  de  faire  un  art, 
peuc-êirc  dangereux,  dit  l'Auteur, 
ou  du  moins  fujer  à  de  grands  in- 
convcnicns  de  la  choie  ou  l'arc  de- 
voir avoir  le  moins  de  parr ,  pour 
lairc  triompher  la  bonne  toi. 

Mais  le  cœur  de  l'homme  n'étoit 
pas  allez  bon  pour  fc  juger  lui-mê- 
même,  ou  piMcàt  c'cft  parce  qu'il 
ne  voulut  pas  fc  rendre  jitftice  qu'il 
fut  torcé  de  la  demander.  On  nom- 
ma Juges  ou  Magiftrats  ceux  qui 
furent  chargés  de  la  rendre.  Se  l'on 
nomma  Avocats  &  ProcurcHts  ceux 
qui  furent  chargés  de  la  demander 
au  nom  de  leurs  Parties,  Après  avoir 
annoncé  dans  fa  Préface  ces  vues 
générales ,  l'Auteur ,  qui  ne  fe  pro» 
pôle  de  parler  que  des  Tribunaux 
de  Palis  &  des  Procureurs  feule- 
ment ,  ainlî  que-  de  leurs  fonâions, 
semonce  à  l'origine  de  leur  érablil^ 
fcmeut  <jui ,  dit-il  ^  fe  pcid  dans  it 


Avril  17810  6{l 

nuic  des  rems  ;  ils  croient,  félon 
Jui  j  connus  chez  les  Romains  i  on 
ne  trouve  point  dans  Thidoirc  de  la 
Nation  ^  dit  -  il ,  l'époque  de  ieuc 
érabliflement  9  &  il  y  a  lieu  de  croire 
que  dans  les  premiers  rems  de  la 
Monarchie  leur  miniftère  fut  peu 
connu  ;  Icfpèce  d'anarchie  qui  rc« 
gnoic  alors,  &  le  peu  d'autorîtc  des 
k>ix ,  en  furent  fans  dourelcscaufes« 
Lorfqu'enfin  le  calme  fut  rétabli  9 
leur  miniftère  reparut;  mais  il  n*« 
commencé  à  prendre  une  efpècc  de 
(bltdité  que  lous  François  Premier  ^ 
qui  9  par  une  Ordonnance  de  1518  ^ 
voulut  que  le  pouvoir  donné  aux 
Procureurs  fût  continué  jufqu*à  ce 
qu'il  fut  expreifément  révoqué  par 
l«s  Patries.  L* Auteur  entre  eafuite 
dans  un  détail  de  leurs  fondions 
qu'il  faut  voir  dans  la  Prétace  mê- 
me ,  &  après  ce  détail  voici  comme 
il  finie  cette  excellente  Préface. 
Nous  ciroyons  devoir  tranfcrirc  ici 
ks  propres  expreffians  de  l'Auteur , 
paxce  qa  elles  donnent  mieux  que 

Ecï) 


f  J 1     Journal  det  Sçdvans  i 

roiit  ce  que  nous  [courrions  cxcraîta 
de  fon  Livic  c]ui  cH  tout  entier  d'un 
détail  fcc  ,  quoique  iiiceiTaire  ,  une 
idcc  iuftc  de  rob)ct  de  cet  Ouvrage 
&  de  l'utilicé  dont  il  cfl:  pour  ïa  con- 
duite des  affaires  co7ite»tieu!es. 

«Chaque  art,  chaque  fcience, 
M  dit- il,  a  une  n  :icparticuhcrc, 

w  un  ordre  &  de  ;lcs  d'après  Itf- 
»  quelles  on  te  méthode  eft 

j)  plus  ou  muiijj  lac  c,  feloo  qu'ils 
M  font   plus    ou    mi  ins  iniportaos. 
w  Or ,  l'arc  de  rendre  la  jullice,  dit 
»»  M.  JoufTc  en  lal'rcfacc  de  (o^ 
«Commentaire   lur    l'OrdonnaiiCO 
i»dc   1667,  (on  peut  ajouter ceJt^* 
»  de  U    faire   rendre)   ayant  po*^* 
»  objet  la  vie ,  l'honneur  &  la  fi>*^ 
»  tune  des  hommes ,  doit  auffi  awo  " 
»  fcs  règles,  les  méthodes,  qui  pm 
»>lent  lervîr  à  diriger  ceux  qui  da 
wvent  faire  l'application  des  pr^' 
«ccptes  qu'il  cnicignc. 

»De  même,  coiitinuc-t'il,  qu- 
»  dans  les  Ouvrages  qui  lont  ia  art 
>»duâioD  de  l'ut,  la  (orr 


leur  uEuvuic  ccc  «X rangement  9 

capable  de  donner  la  propor- 
ôc  ragrémcnc  qui  leur  con- 
c,  &  confticue  en  quelque 
:  leur  eflcncc  ;  de  même  la 
ne,  quanta  la  juftice»  cR,  tel* 
?nt  eiTcntielîe  à  la  manière  Je 
niniftrer  y  que  fans  elle  la  juf- 
perd  (on  nom  6c  n'eft  plus 
m  pouvoir  arbitraire, 
^c  font  ces  différentes  règles  , 
cernant  l'inftruftion  &  Texé- 
on,  qui  forment  ce  qu'on  ap- 
e  la  procédure  judiciaire,  & 
règles  font  en  quelque  forte  U 
;  &  le  fondement  de  la  judice  > 
lefquelles  elle  ne  pourroit 
iftcr-,  rétude  &  la  con.ioif- 

/»  #4ii   Orr^if  .-l«»»riAr»/irr*ipnr  fnil* 


6j4      Journal  dis  SÇ'tvans , 

w  de  toutes  les  divcrfcs  matières  qui 
jt  peuvent  faire  le  fuicr  des  contci- 
»  tarions ,  (î  l'on  ne  favoit  encore  U 
»  manière  de  tcrminct  ces  difté- 
»  rends?  Envain  un  particulier  au- 
»rni:  le  bon  droit  de  Ton  côté  ,  s'il 
»  ne  pouvoir  fe  la  faire  rendre., 

»  C'eft  la  marche  qu'il  faut  y  te 
Mnir  qu'on  fc  ptopofc  de  traiter 
»  dans  cet  Ouvrage  ;  ce  font  les  ac- 
Mtcs,  d'après  la  loi,  dans  les  délais 
M  &  dans  le  llyle  convenabl.s ,  donc 
won  veut  donner  des  modèles;  « 
«lont  les  demandes  qu'il  ed:  nécet 
i*  taire  de  former  ,  &i.  la  manière  de 
»  les  diriger  ^u'on  veut  indiquer. 

M  Comme  dans  cet  Ouvrage  on 
M  (e  proporc  de  réunir  toutes  "Ic(! 
»  procédures  différentes  qui  s'obfcr*»* 
Mvenc  dans  les  Jurifdidtions  où  Icj 
MProcureurs  du  Parlemenr  occUr^ 
wpent,  avec  la  manière  de  les  in(?i 
w  rruire  particulière  &  progrcà  cha-i 
»  cunc  de  ces  Jurildidtions,  poQf^ 
»  rendre  l'ufage  de  ces  procéclmcW 
»  plus  intelligible  ,    on  traitera  d^ 


»  routes  CCS  Jurifdiaions,  &  dans 
»cbacunc,  de  ce  qui  concerne  la 
>•  procédure  qui  y  cft  ufitcc  ,  après 
»  avoir  donné  quelque  connoiflTance 
»  iur  rérablifTemcnc  de  ces  différens 
»  Tribunaux  &  leurs  fonâious  par<^ 
yf  riculières,afin  d'apprendre  au  Coin* 
»  mençanc  pour  quelle  raiion  l'af- 
ji  faire  qu'il  inftruir  eft  plutôt  portée 
nds^ns  un  Tribunal  que  dans  un 
>»  autre.» 

D'après  ce  que  nous  venons  de 
tranfcrire  9  on  voit ,  mieux  que  nous 
n'aurions  pu  le  faire  connoirre  9  le 
but  de  TAuteur  &  Tutihté  de  Ton 
Ouvrage.  Nous  allons  en  peu  de 
mots  donner  une  idée  de  Texécu- 
tion  \  il  eft  divifé  e^i  trois  parties  ^ 
dont  la  première  conçient  vingt-cinq 
chapitres  ,  la  féconde  vingt-trois  , 
&  la  troifièmc  &  dernière  en  con- 
tient dix  huit.  L'Auteur  ,  dans  le 
premier  chapitre  de  fa  première  pat- 
rie ,  traite  de  Toriginc  du  Parlement 
.<lc  Paris,  en  donne  la  définition, 
aaicc  des  droits  dont  jouillenc  les 

Eeiv 


6j6     Journal  diS  Sçavans  , 
Confcillers   au    Parlenienr,   &   de^ 
l'ordre   qui   s'obrerve  dans  fcs  au- 
«iiencâs ,  &  le  dcrail  qu'il  en  donne,    ; 
quoicjiic  très-fommaire ,  nous  a  para    I 
forr  fatisfaifant  &  fort  inilrudif.  Les    I 
autres  chapitres  de  cette  première 
partie   font  tous  delliiiés   à  tiaitei 
des  différentes  cfpèces  de  dcmaodcs 
&  de  procédures  ncceiraires  pour  la 
dilcuflion  des  contedations ,  &  con- 
tiennent des  modèles  de  chacune 
de  ces  procédures. 

La  croifième  partie  traite  de  l'ori- 
gine &  des  droits  de  tourcs  les  au- 
tres Jurifdidtions  qui  font  dans  l'en- 
clos du  Palais,  Sf  l'Auteur  démon- 
tre rrès  clairement  quelles  fonc  les 
caulcs  qui  font  attribuées  à  ces  dif- 
féicnrcs  Jurifdiâions ,  &  quelle  cft 
]a  procédure  que  l'on  doit  y  oblcr- 
ver.  On  conçoit  ailément,  d'après 
ce  que  nous  avons  dit ,  qu'il  eft  ira- 
poniblc  ,  dans  un  Eitrau  ,  d'entrée 
dans  tous  ces  détails  ,  &  que  peut 
«'en  inflruire  il  cft  ablolunicnt  né- 
celTaiie   de  les  étudier   dii 


.AviU  1781.  ij^. 

jjiy^  RieRK ,  où  on  les  trooven  àiC'^ 
cuiÊs  avec  beaucoup  ie  précUîon  Bt 
dcciaric. 

On  trouve  à  la  fin  de  l'Onvngs 
UD  Tableau  irès-utilc  des  iouis d*ui> 
cliencc  de  toutes  cc^  Junfdiâîoot  * 
qui  Ibnt ,  y  compris  le  Parkmeot  »■ 
aq  nombre  de  dii-rcpt;  f^aroir^Ie 
Pailemtnc,  les  deux  Chambres  des 
Enquêtes,  Id  Tournclle»  ies  Re- 
quêtes du  Palais,  la  Courdes Aides, 
û  Cour  des  Monnoieî j  ies  Requêtes 
de  l'Hôtel ,  la  Chambre.de  U  Mad- 
rée ,  les  Eaux  &  FotétSf  la  Conné- 
tablic,  l'Aniiiaucé,  le  Domaine, 
le  Bureau  des  Finance}  >  le  Baillage 
du  Palais  ,  la  Mattriie  Particulière, 
des  Eaux  &  Forêts,  la  Maçonnerie 
H  la.  fiazocbe. 

JNo|U  crojroDS  devoir  obfcrvcr  en 
uiiflîuit  qae  le  chapitre  Csièmc  de 
U.  bcoode  piitie  de  cet  Ouvrage 
dcfient  «bfolumeiit  inutile.  Ce  cha- 
ptre  uaîte  des  Renvois  de  certaines 
curfèi  devmt  im  Avocat  >  de  la  na* 
niic  dd  uolês  lufccptibles  de  ces 
£  c  V 


é  5  s  Journal  dti  Sfwant , 
Renvois ,  &  de  la  maoïire  'de  Icf 
inflruirc  jiifqa'à  l'Arrêt  définitif; 
mais  la  Cour,  par  un  Artêc  rendu 
il  y  a  peu  de  tcms ,  fans  d'ouïe  vatht 
que  l'Auteur  avoit  commencé  le 
Traité  dotir  nous  venons  de  rendre 
compte  f  a  jueé  à  propos  d'abolii 
l'utagede  ces  Renvois  &  de  les  rem- 
placer par  des  Appointemcns  fom* 
maires  devant  un  de  Meâîeuis  ler 
Gonfeillcrs. 

A  la  (in  de  ce  Traité  il  y  a  une  . 
Table  des  Matières  par  ordre  alpha- 
bétique très-utile  pour  trouver  fur  le 
champ  Tobjet  dont  on  a  bsfoin.  ' 
[  Extrait  de  M.  CoquiUy'-^ 
Chaujjipurrt.  ]  ■      -t.  . 


•M^ 


jivril  1781.  659 

Carte  générale  des  FUuves  »  da 

.   Rivières  &  des  principaux  Ruif" 

î   féaux  de  la  France  ;  avec  les  Ca^ 

naux  exijlans  ou  même  projettes  , 

a  lufdge  de  la  Aavigation  in  té-' 

.    rieure  du  Royaume.  Dédiée  i  Mcfe 

-    iîcurs  ii$  Intendant  du  Commerce 

.    Avec  Privilège  du  Rou  Par  M. 

Dupain-Triel  y  père ,  Géographe 

du  Roi,  de  Monsieur,  &  du 

Dépaîtcment  desMints,  Cloître 

•   Motre-Dame*  1781. 

CE  T  TE  Carte  eft  en  deux  gran- 
des feuilles  très- bien  gravées. 
Se  fera  en  effet  très-utile  à  tous  ceux 
qui  s'occupent  de  la  Navigation  de 
la  France.  Depuis  le  Géographe 
Sami'on,  qui  publia  en  1^41  fcs 
Recherches  fur  les  Rivières  de  France , 
aucun  autre  n'avoit  cherché  à  éten- 
dre ou  à  perfeâionner  ce  travail 
pour  le  rendre  plus  litilc.  Celui-ci 
peut  donc  être  regardé  comme  un 
Ou?rage  eotièiement  neuf  ^   &  les 

F  c.  V  j 


66o  Journal  tîes  Sçmraas  j 
matériaux  t^tâ  ont  fcrvi  à  le  dreirec 
font  aujoard'bui  alfcz.  décaîliés  -8C 
aHez  exaâs  pour  ajouter  qu-oa 
fourra  ,  dam  les  objets  relatifs  il.la 
navigation  ,  le  confultcr  evec  con- 
fiance. On  y  a  tracé  roui  les  proïcis 
de  cai>aux  c]ui  ie  Trouvent  dans  le 
grand  Traité  dtt  Canaux  publié  ea 
ly-jZ  ,  in-foilo t  à  Paris,  chez- la 
Veuve  OclaJnr. 

Mimoin  fur  U  Navigation  Jet 
Rivières  Je  France  ,  fragment  dtt 
Mimoirti  de  M.  U  Mariehal  'Ja 
yaubatij  imprimé  pour  être  joint 
à  la  Canedes  RivUrts  &des  Caaittx 
de  M*  Dupain-THcl,  père.  Edi- 
teur de  ce  Mémoire  >  auquel.  i«  ' 
Carte  eA  relative.  A  Paris,  cbe2  HL- 
Dupain-'^riel ,  parc  )  cbez  L.  CcUoC. 
Si  A.  Jombcrt,  rue  Daupbkie.  56  - 
pages  in  4".  \. 

M.  de  Fourcioy ,   Grand'Cioâfc 
de  lOrdredeS.  Louis,  ae  Conclu 
pondaiicderAcadéniiedes.Scieiweif  . 
,  a  communiqué  ce  Mémoite  i  il'Av*   ' 
leur,  pour  le  joindre  ilâ.ÇwMj«»; 


Avril  1781.  66 1 

la  Navigation  intérieure  du  Royau« 
me  9  qui  étoit  allez  exaâe  &  aflfex 
déraillee,  pour  mériter  un  frag- 
ment des  Mémoires  de  M.ide  VaiH 
bân  9  relatif  à  cet  objet  ;  &  par-U 
il  a  rendu  cette  Carte  plus  intcreC- 
ianee  &  plus  utile  au  Commerce. 

Mais  M.  de  F.  a  voulu  ,  avec  rai- 
ion  s  qu'on  laiflat  fubfîftcr  en  fon 
entier  les  réflexions  &  le  ftyle  de  M. 
de  Vauban  ,  non-feulement  à  caulc 
du  itipeâ  dû  à  tout  ce  que  les 
grands  hommes  nous  tranfmettent  j 
mais  parce  qu  en  cfiFet  il  règne  dans 
ce  Mémoire  9  indépendamment  des 
vues  fages  &  patriotiques  dont  il  eft 
jrempli  y  un  ordre  y  une  précifion  ^ 
une  clarté  9  une  naïveté  que  d'au- 
tres phrafes  &  de  prétendues  correc* 
rions  feroient  peut-être  diiparoître  : 
il  croit  même  que  quiconque  ne 
làuroit  pas  que  ce  Mémoire  eft  de 
M.  de  Vauban  ncn  concluroit  pas 
moins ,  après  l'avoir  lu  ,  que  cec 
Ouvrage  porte,  dans  fa  manière 
d*êcrc  cipofè  6c  ccxic^  l'empreinte 


f 


65i  Tournai  des  S çavàns  i 

de  la  francKife  militaire  ,&  du  (iècle 
de  Louis  XIV  >  oà  les  meilleure» 
chofes  avoient  encoire  le  mérite  d  e« 
tre  annoncées  avec  (implicite* 

Il  n'eft  pas  difficile,  dit  M.  de 

Fourcrôy ,  de  reconnoîtrc  9  au  ftyle 

de  ce   -Mémoire,  l'immortel   Ci* 

toy^n  ,  Âureur  de  la  Dinie  Royale  ^ 

donc  il  luffiroic  de  relire  la  Préface. 

On  voir  àufli,  par  le  début,  que  ce 

Mémoire  faifoit  panie  de  ces  douze 

gros  volumes  des  Oifiveiés  de^M. 

de    Vauban,    dont  parle   THifto* 

rien  de  l'Académie    des   Sciences 

(  année  1707» jpag.  171  )•  C'eft  un 

larcin  fait  à  l'ëtat,  que  dcrecclex 

de  tels  Ouvrages  dans  des  porte* 

feuilles  ou  des  bibliothèques  ptivéeté 

On  prétend  qu'ils  font  chez  >M»  Iç 

Marquis  d^Aulnay.  Parmi  les  Nq« 

tes  inrérefTantes  que  M.  de  F.  a  joiih» 

tes  au  Mémoire  de  M.  de  VauM»t . 

îl  y  en  a  une  alTex  érendue  fofiâ 

communication  du  Rhin  à  la  Mo» 

fcUe  par  la  Brufch  &  la  McimiM^y 

donc  M,  Allemand  a.pailé'daii» 


Avril  1781.  65  j 

Mémoire  que  nous  avons  annonce. 
Cette  communication  ne  paroit  pas 
facile  à  concevoir ,  furtouc  par  un 
canal  qui ,  dérivé  de  la-6ruich  vers 
Saim»  iroit  aboutir  à  la   Meurthe 
par  le  lit  de  la  Vefouze.  La  Vefouze 
monte  de  Lunéville  a  Blamont  9  ôc 
vient  direâement  deTed ,  où  le  ren« 
contre  le  fommet  &  les  contreforts 
de  ces  montagnes  ^  qui  font  naître  la 
Vefouze  y  la  rleine,  &  autres  riviè- 
res allant  à  l'oued;  la  Sarre  &  la 
Zorn  au  nord  >  la  Brufch  &  quan- 
tité de  miiTcaux  allant  à  Ted.  Cette 
croupe  des  Vofgcs,  qui  paffe  au- 
deffus  des  fources  de  la  Sarre  &  de 
la  Zorn  ^  s'étend  au  loin  du  nord 
au  fud  9  &  a  fes  contreforts  &  fes 
pendans  dirigés  vers  Tell  &  Toucft  ; 
telle  eft  la  carcalTe  de  ce  canton. 
'  Il  fuit  de-là  que  pour  faire  com- 
maoiquer  la  Brufch ,  qui   court  à 
l!eft.f  avec  toute  rivière  courant  à 
Toueft ,  il  feroic  indifpenfable  de 
traverfer  &  de  couper   la  croupe 
la.  plus  haitf c  des  Vofges. 


664   Journal  dis  Sçavans  , 

Si,  de  plus,  on  compare  ta  po- 
fition  de  la  Brufcli  dans  le  Canton 
de  Salm  ,  avec  Je  cours  &  les  fouc- 
Cfs  de  la  Vefouïe,  il  doic  paroîtrc 
inipolllblc  de  faire  communiquer 
Turc  &  l'aurrcfans  traverfcr  ,  non- 
ftulcmenc  la  croupe  générale  donc 
on  vient  de  parler ,  mais  auûî  le 
vallon  de  la  Pleine  &  plulleurs  au~ 
très  qui  s'y  rencontrent  ;  c'cft  à-dîre  , 
fans  couper  néccflairement  aufli  tous 
Jcs  contreforts  qui  féparcnc  ces  dif- 
fcrens  vallons. 

Il  paroîi  fur  nos  Cartes,  qui ,  à 
Ja  vérité  ,  font  encore  moins  ndèles 
dans  Ui  montagnes  qu'ailleurs,  que 
il  la  communication  de  la  firufch  à. 
Ja  Meurthc  cft  pofliblc  ,  ce  ne  pour- 
loic  être  que  par  le  ruiflèau  qui^'cm- 
bouche  dans  la  Brufcb  à  Schirmeck  , 
Kniontc  à  Eramont ,  dix-huit  cent 
Toifes  au  nord  de  Salm  ,  8i  s'appro- 
che très-prés  du  vallon  delà  Pleine, 
vers  le  village  de  Raon  le*-  Eaux, 
iuivant  à  peu -près  le  chc~--  ■'-" 
Raonie  à  Stratbouig.  La 


jtvril  i7Sl.  665 

^  hication  fuivroît  alors  le  cours  de  la 
PJcine  »  combanr  -dans  Ja  Meunhe 
'.'  2  Raon^rErape, jScnonpaslecours 
'  '^de  la  Vélbiize^  qui  en  eft  plns-élm» 
gaje  &  ffiparée  de  la  Bniich  par  beau» 
'    .ca«p:d'ob(hicles. 

'  Mats  la  même  Carte  ne. nouf  pr6^ 

"  '  lèoée  tjoièune  apparence  de  reiicon- 

fttt  fiir  cette  croupe  des  VofM  i 

-  '  ni  far  Tes  pendans  le  ma^afîn  aeaa- 

''  wécèltiiK  pour  alfifientcc  vers  Teft 

"  &  l^boeft  nne  navigation  fi  élevée. 

'  XaBrofcb  &  la  Pleine  »  fi  près  de 

'^  icuts  foorces  dans  de  fi  hautes  mon- 

•  lagnes  »  ne  peuvent  erre  que  des  tor- 

xens.  L*Abbé  Chappe  dit  que  Sainte 

Marie*auz-Mines  eft  d&  fepr  cenc 

pieds  phis  haute  que  Strasbourg.  U 

{>cut  y  avoir  vingt,  milles  de  Raon« 
es^Eauz  (ur  la  Pleine  à  Muczig  qui 
èft  fur  la  Brulch  au  niveau  à-peu-près 
de  Strasbourg.  Ôr ,  quand  du  mi- 
lieu de  cet  efpace  on  ne  luppofcroic 
'  que  trois  cmt  pieds  de  pence  ^c  cha- 
que côté>  ce  fcroic  encore  rrcnre 
pieds  pat  raille ,  *&  Ton  fait  qu  en 


6  Journal  dts  Sgavans  , 
Hydraulique  trois  pieds  de  p:nte 
8in  eaux  couranres  en  forment  un  ror* 
rcnt  :  en  un  mot  y  pour  peu  que  l'on 
raifonnc  fur  les  données  de  la  Carre  » 
on  cft  tenté  de  regarder  cette  im- 
portante communication  commelm* 
podîblc. 

Les  Noces  de  M.  de  Fourcrojr 
lenvoyent  au  Traité  dts  Canaux  , 
in-folio  f  &  au  Mémoire  de  M.  Al» 
Jcniand  (ur  cette  matière  ;  mais  il  j 
a  foDvent  ajoure  des  réflexions  |u> 
dicicurcs  &  intérciTanres  ,  comme 
on  en  peut  jugcr"par  celles  qu=  nous 
venons  de  rapporter;  Si  l'on. peut 
regarder  le  Mémoire  &  les  Notes 
comme  un  Ouvrage  très-urilc  tux  la 
I^avigation  df  la  France. 

[  Extrait  dt  M.  de  la  Lande.  3 


'^ 


j4vril  ijtx.  667 

Hl  STO IJIE  de  HActdimU  Roy  aie 
.  des  ScUnceSj  année  i7yS  ;  avec 
les  Mémoires  de  Machcmatique 
&  de  Phyfique  pour  ia  même  an* 
née  y  tirés  des  Kegiftres  de  cettd 
Acaiemie.  A  Paris  9  de  TlmpH 
merie  Royal;.  lySl.  voL  in*^^. 
84  pages  pour  la  partie  de  rHi(« 
roire  j  &  013  pages  pour  celle  dts 
Mémoires. 

Second  Extrait. 

PRESQUE  tous  les  Mémoires  de 
l'Académie  des  Sciences  con- 
tenant les  recherchas  les  plus  approf 
fondies  fur  des  objets  de  nos  con- 
notifanccs ,  déjà  très-ércndus  &  très- 
compliqués  ,  il  n'ed  guère  polUble 
d'en  donner  une  juftc  idée  qu'à  ceux 
qui  pofledcnt  au  moinî  une  grande 
partie  de  ces  connoiflanccs  &c  pat 
des  Extraits  aflcz  ctendiis  ;  c'eft  ce 
que  Fait  fupéricureracnt  le  fçavanc 
Ûiftorien  de  l'Académie  dans  ia  par* 


■ 

668    Journal  dts  Sçavans  ^ 

rie  que  Ton  nomme  VHifloîre.  Pour 
nous,  qui  fômmes  rcfTerrés dans  des* 
bornes  beaucoup  plus  érroites ,  nous 
ne  pouvons  entreprendre  de  îdXit 
connoitre  les  travaux  de  T Académie, 
même  à  ceux  de  nos  Leâeurs  qui 
font  au  courant  des  fçicnçes  qu'elle 
cultive,  Ccft  dans  les  Mémoires 
mêmes  des  Académiciens  qu'ils  doi•^ 
vent  prendre  Tidéc  de  leurs  décou- 
vertes ;  notre  fonâion  fe  réduit  à 
leur  en  indiquer  les  objets,  &  nous 
fuivrons  popt  cela,  quant  à  la  partie 
phyfique  dont  nous  nous  occupons 
dans  cet  article  ,  Tordre  des  matîc- 
les  tel  qu'il  eft  dans  Thiftoire  de 
TAcadémie. 

On  trouve  dans  le  volume  donc . 
nous  rendons  compte  un  Mémoire 
de  M.  Adanjon  ,  relatif  à  la  PhyiSc 
que  générale.  Il  contient  desobfèiw 
vations  de  cet  Académicien  fur  le^ 
froid  de  rannée  l767.CeMémoirçy 
déjà  ancien  ,  parce  que  l'Auteur  le- 
réiervoit  pour  un  Ouvrage  fort  cten-.; 
du  iurks  variaùons  dclatmofphère  ij: 


auquel  iltravaiUe  depuis  long'tem^  ^ 
renferme  diS  obfervations  £$  tffêis 
diê,  f^tand froid  fur  Us  ammattXj  Jur 
t&  plahus  9  &  pariicuUènmêm.fur 
ttÊkj^  du  gùnrt  des  blisr;  il  en  r£fulre 
qrffc'^la  pratique  ufitée  de  femer*  les 
blés'il'hiv^'danslemots  d'Oâobre 
eftjft  {diis  ayanaigeoiè. 

'  Ce  toDt  lu  travaux  que  les  Phy* 
ficieys  ,  âc  furrouf  ceux  de  TAcadé- 
mie ,'  ont  &its  fur  les  efiets  du  grand 
fitoid  \  Toccafion  de  celui  de  Tannce 
'  ^776  9^  q^i  ont  engagé  M.  Adanfon 
à  publier  les  recherches  qu'il  avoic 
£ittcs  bien  antérieurement  fut  des 
objer^  analogues. 

Malgré  tous  les  travaux  qu*on 

a  foits  iiic  le  méchanifmc  de  U  refî> 

piration  9  un  Mémoire  de  M.  Bot'* 

dinayi  fur  U  mow/cmtnt  des  côtes  ^ 

Ce  bn  de  M.  SatatUrfur  U  même 

fuju  &fur  taSion  des  mufcles  in^ 

pirtofiàux    dans  cette    importante 

feoâiion  9  prouvent  que  dan5  réco* 

nomîc  animale  ,  on  peut  acquérir 

de  nottveUts  connoiflances  prefque 


€71  Journal  def  Sçavanti 
]c  courage  qu'il  a  d'frxpofer  ia  vie 
pour  dépoict  ces  œufs  dam  d« 
eaux  où  les  petits  Têtuds  qui  en  doi- 
vent naître  ,  puIfTent  éclore  ,  croî- 
tre &  fe  mètamoTphofer.  Quel  plai- 
fiT  cet  animal ,  d'ailleurs  fi  itotd  Sc 
fi  (lupidc,  peut-il  trouver  à  prendre 
des  foins  fi  pénibles  8c  Ci  dangereux  I 
Doit-on  le  regarder  comme  Te  meil- 
leur des  maris  Se  diS  pères ,  ou  n'cd* 
ce  qu'une  efpèce  d'automate  obélG 
fant ,  fans  le  favoir ,  il  des  relTorts. 
difpofés  pour  lui  faire  faire  des  opé- 
rations routes  pleines  d'intelligence  * 
de  prévoyance  &  de  combinaifoos  ? 
Les  autres  Mémoires  relati&  à 
rhifloire  naturelle  contenus  dans  ce- 
volume, font  un  deuxième  Mémoire 
de  M.  jiJanJbnJur  le  gommiir  U^me 
appelle  Uitk  ou  Sénégal  ;  fur  la  au,' 
nièrc  dont  on  fait  la  récolu  de  _/i 
gomme  &  dt  celle  des  acias» 

Un  Mémoire  fur  une  t/fict  M 

Jiéatite  blancht  quife  convertit  finie 

au  feu  in  un  beau  bij'cuit  de  foret» 

laine  ^  expérience  ciiée  de  la  idadon 

d'un 


jivrîl  1782;  "  671 

*iin  voyage  tait  dans  les  Vofgcs  , 
kf  MM.  Gutttari  Se  Lavoijicr;  8c 
mç  jytfcription  des  mines  de  charbon 
h  *ttrT€SfiiuUs  au  pied  des  montai 
j^i«*'<S5  Vof^es,  par  les  mêinct 
Aii^déttiicjenr^    ' 

't)fs  Obfeiyations  fur  la  mine 
roitj^  di  cuivre  ^  par  M.  Sage.  L* Au- 
teur peiilé  qhe  ce  minéral  eft  une 
dbpùx  de  cuivre* 

'  VAkàlyfc  de  Peau  du  tac  AffhaU 
àdis  ,  par  MM.  Macquer ,  Lavoifier 
&^Sage. 

t:*eft  au  z21<f  de  M.  le  Chevalier 
ToUSi  qui  avoit  fait  parvenir  à  M. 
'^  cttâfd  deux  boiitcillcs  de  cette 


catt'9  qb^on  eft  redevable  de  Tocca* 
fion  qui  $*cftprlf entée  pour  la  pre- 
nuète  fois  »"  d'examiner  cette  élu 
vraiment  fingulière  &  probablemenc 
unique  eh  (on  genre*  Il  réfulte  de 
rânalyiè  que  ces  rrois  Académiciens 
ont  été  chargés  d'en'  faire ,  que  c*e(l 
iÂe  eipèce  d'eaù-mère  beaucoup 
pKif  pefante'  qu  aucune  eau  talée 
çOiinoe  ;  qijfun  quintal  de  cette  eàu 


c]  hvtef. 


6/4  Journal  des  Sçavaas 
con'icnt  pris  de<juarantc-cinc] 
f\i  ftl ,  fionr  fix  livres  &  ilcmie  dç 
f.  l  inaTiii  oïdiiiaîre  ,  feJze  iivrcs  Sc 
(ii;mie  Ht  Ici  matin  calcaire  &  vitigi" 
deux  de  fcL  marin  i  l-a'c  de  Kri*.' 
niagnéfiennc  ;  que  c'cll  à  fcs  fels  4; 
haie  teinufe  que  cette  même  eaK 
doit  fon  acrctc  &  Ton  amcrrutncp 
&  non ,  comme  on  pourtoit  le. 
croire  ,  au  bitume  qui  nage  fur  l'eatl 
i!u  tac  ,  &  qui  fiiit  de  les  bords  oo- 
du  tond  :  ces  Acadéiriticns  n'ont, 
[rouvé  aucune  qualité;  bi  ummcutc  a 
celle  donc  ils  onc  tait  1  examen. 

Les  Mémoires  de  Chimie  que 
rcnietme  ce  volume,  roulent  pre(- 
que  lotis  fur  des  objets  fort  intérêt- 
fans  ;  tels  font  des  ConJïJéraùont 
fur  lu-  nature  des  acides  6"  fur  lis 
principes  dont  Us  font  conipofis  ^ 
par  M.  Lavoifîir. 

A  l'occafion  des  découvertes  fui 
hsgas^  auxquelles  M.  Lavoîficr  ■ 
beaucoup  contribue  ,  par  Je  grand 
nombre  de  belles  expériences  qu'fi 
a  fauci  lui  cet  objets ,  U  a  conçu 


Jtiftit  1782. 


m  il  bbltaxitiii  à  s'occii|>éi 
Mtnt  de;  IkgkiMé  ^né  âe  ^ 
U.  Vn  p*Mé  tf Mibrfe  tfi 
boVfeUèlnetit  tonttus  ,  .  maii 
ddlfàtèi  i  Itïi  6àt'  (àh  entrée 
bwr  fftiVK  ^ldt{nir  »  iit^wt 
W^'j^i  éiAtrct»Hf  la  èoiri* 
itiltiMfbii^non,  â^ft  point 
Ut^de  lifarple  ;  qu'ri  Ù  6ii- 
.ftf  dahik  .tiif  g^tffid  ndthbré 

^SUi  émt  il  lèlibUe  des  aci- 
pi'éei'ati^  fù'di  (>r6dairi 
a-ôbéfitkÀM  tiithiië!; ,  f^àr  une 
Ife'i&hbriraHbnr  d'une  dés  pir- 
i&^ihÊbxà  de  Mt,  que  Itf j 
ièlt  tidmthe  à- éâtffé  d&  la 
H  àtMitti ,  livéÈ  là  tùMiiiCs 
ittàè,  éttaiboiihfeUre  dli  fùlfu. 
:'-8f  Mths  niatlèfes  cdilibuf- 
.'-1Sl«q«^a<fi.  éprbu^èàt  h' 
llÛir  «li  fâé^<»i  dei  acidei/ 

Ffij 


V 7  6    Journal  des  Sçavans  ; 

qui  pro^uiicnt  des  tfftts  analogues 
à  Cfux  de  la  combuflion. 

Quoique  cette  opinion  foi:  déjà 
appuyée  iur  beaucoup  d'expériences 
dont  les  travaux  de  M.  Lavoilier 
augmentent  encore  ic  nombre  de 
jour  en  jour,  &  la  tirent  d'une 
nianicre  rrès-di/lingiiéc  de  la  ctalTe 
de  cesfyftêmcs,  tjui. ne  ibnr  qu'un 
jeu  de  l'imagination  ,  ce  f^avaot 
Cliimifte  a  trop  de  juflciïe  &  de  pé- 
ncrration  dans  l'ciprit ,  pour  rtgarr, 
der  fon  opinion  comme  revêtue  dès 
à  préfent  du  fccau  de  la  démonfr- 
Trarioni&  cette  circonftancc  l'en- 
gagera certainement  à  continuer, 
avec  le  mcnic  zèle,  fcs  recherches 
fur  ces  objets  de  haute  Chimie  ,  ai^ 
grand  avantage  de  ctttcfcitnce. 

Le  phénomène  important  de  Iq 
dccompofition  du  tartre  viiriîlé  Sç 
du  fel  (If    Glaubcr  par  l'acide  in- 
ircus,  obfervc  it  y  a  pluf.^ 
nées  par  M.  Baume,         "' 
manquer   d'cxcJtM   ] 


■  ^       .     •  '  ft 

•    'Ami  liSx:  ^77 

Chimîftcs,  M.  MargrafF  a  fait  plu- 
fîcurs  belles  expériences  en  ce  genre. 
M.  CorncUCy  furrouc^  a  entrepris 
de  fuiVx<  toutes  les  branches  de  ce 
feir  {>ri6dpâl  relativement  à  Paâion 
(trs  aiit^c^  acides  ;  il  à  déjà  publij£' 
up  Mémoire  plein  de  recherches  ef- 
{tnnt\\ç& /kr\l^a3ion  comparée  dt 
Tacidcnitnux  &  ié  C acide  marin 
fiéjlcs  fus  vitrioÛques  a  baft  urreufe. 
On  trdUve  dans  ce  volume  un  fe- 
çond  Mémoire  de  ce  Chimifte  Tue 
le  ikiême  objet. 

\'Lt  (èr  étant  une  des  matières  mé- 
talliques dont  on  tire  les  prépara- 
tions les  plus  efficaces  pour  Tufage , 
de  ia  Médecine  dans  les  maladies' 
dironiques  prefque  toutes  facheufes  ' 
&  opiïiiâtres  ,  M.  dcLaJfonc^  dans 
ligr' Mémoire  intitulé  Obfervanon< 
fkr*  quelques   comHnaifoni  falines 
dmfer^9L  fatisfait,    comme  dans 
ptcfaae  tous  fes  autres  Mémoires  y' 
çnôivme-^tems  à  fon  ièle  pour  Ta- 
lùçement  de  la  Médecine  qui  lui 
r^aéià  tant  dobKgations,  &  au' 

Fini 


^7^     Journal  dts  Sçavans  , 

goût  naturel  qui  le  porte  aux  recher- 
ches cliimiqucs  les  plus  inrcrelTanres. 
L'art  des  ellais  des  matières  d'pt 
&  d'argent ,  fondé  fur  celles  de  tou- 
tes les  opérations  de  ia  Chimie  , 
donc  les  réfultats  ont  i'cxadicude  U 

f'ius  rigoureufe,  paroilToit  percé  à 
a  plus  grande  peifcâion  quon  pâc 
cfpérer;  cependant  M.  Tillct,qui 
depuis  long-tems  s'ell  occupé  jpc- 
ciallemeut  de  cet  objet ,  cil  parvenu  , 
en  mulcipiiaQt  les  expériences  &  les 
obfcrvatioDS ,  à  y  ajouter  encore  un 
df-rnier  degré  de  juftelfe  ,  comme  on 
peut  s'en  convaincre  par  la  lefturc 
de  plufieurs  Mémoires  lur  cette  ma- 
tière qu'il  a  publiés  ruccelTivemeni 
dans  le  Recueil  de  l'Acadcmie.  On 
en  croûyc  un  de  cet  Académicien 
dans  le  volume  de  i-jy%  ,  Jur  un 
moyen  nouveau  dtfuirt  avec  exuHi- 
tude  le  départ  d'un  grand  norabr\ 
^effals  iTor  à  diferens  titres.  Ci 
moyen  confifte  à  enfermer  cbaqtu 
cornet  d'elTai  dans  un  petit  Étui 
d'une  matîÈïe  fur  laqu 


Avril  1782.  679 

n'a  aucune  prife ,  &  <]ui  nVft  pas 
aâez  cxav^menr  tenné  pour  que  le 
diflolvane  ne  puifTe  pénétrer  <)ans 
fyiti  intérieur  èc  e^etcer  toute  fon 
adfi^on.fqjr  le  cprnet  ifeflài  c^fh 
fbnnenr.;Par  cet  exp^di^inc  »  en. nui* 
iiti(n|caiit  chac|ue  étui  ^  on  peut  (àtie 
ii-iiHppi$,6^  dans  un  même  matras  It 
(iè(»art  d\in  gran^  notnbre  At  co{* 
JMcJI  \  tr  qyi  4>tége  &  &c11jte  beaifr- 

'^-'/ÉH^ernieT.. article  àtÇïAttû^ik 
in  Tolume  rft  le  rapport  faijt  à  ffAc^m 
')iMâ  par  là  CU^  4t  Cli^/pk^  fut 
iùf  qu'on  peur  retirer  des  terres  ^ 
'4t<  cendre^  végétales. 
;*  M*  Sage  avôit  lu  à  TAcadémie, 
jttrnKxis  de  M4i  17784  un  Mémoire 
]npr  lequel  il.annonç6ît  ûu'il  avoit 
ikité du  qumral  déterre  v^é:alc  de 

t&D  calcinée  »  1  onces^  giains 
r  ^  &  upe  moindre  quantité ,  mais 
iburttot  très-fcn(iUe  ot  encore  con« 
(  liaétaible  du  même  métal ,  du  ter- 
iàm  cakiné  &  des  cendres  de  far- 
liieQt  de  vigne  j  Se  concluoit  de  ces 

F  fi? 


6So     Journal  des  Sçavans  i  _ 

léfultati  que  l'or  ^roit  une  des  par^J 
tits  confthiianrcs  des  végétaux.  J 

Kil.  U  Comte  de  Lauragua'n  ayanÇ.1 
téïtcré  peu  de  tcms  aptes,  avec  le  J 
pluï  grand  foin,  les  procédés  intlii  1 
qué>  [lar  M.  Sage  ,  &  les  ayant  tait- J 
icpéttravcc  le  même  foin  &  beau-  ! 
coup  plus  jar  M.  cTArcet  • 

$!  par  M.  (ans  avoir  rieo 

apj  ctçu  ïc  des  produits 

de  M.  i  è  à  l'Académie 

qu'il  cro'  nie  nommâtdcs 

.Coinm]ff-..C'i  [/„„r  vérifier  ces  faits 
con;radi6toiies.  Toute  la  claiTc  de 
Chimie  a  été  chargée  de  certc  vérU 
ficaticn  ;  tile  a  varié  &  multiplié 
Ics.sj-éiicnces  tie  toutes  les  manicies 
pofiibies ,  &  enfin  n'a  irouvc  ,  foit 
par  les.  procédés  de  M.  Sage,  foie 
par  loties  auacs  qui  ont  été  rc- 
Lonrus  julqu'à  préii-ntles  plus  effi- 
cace'; pour  txtrairc  lulqu'aux  moin- 
dto  a  ôniis  d'or,  quelque  part  qu'il 
foit ,  que  des  atomes  Je  ce  métal  de 
(juelques  tiaiSions  de  grain  d'or  pat 
quintal ,  &<.  par  coofcqt'v: 


^     lÂvril  1781;  6St 

tîrf Infiniment  petite  &  inapprécia- 
ble y  encore  eft-ellc  fondée ,  a  après  ' 
fcs  expériences  ,  à  regarder  ces  arô-' 
mes  comme   provenant  plutôt  dii 
plomb  qu'il  faut  néceflairement  em- 
ployer dans  de  pareils  procédés  que 
des  renés  végétales.  Mais  en  fuppo- 
fant  que  ces  infiniment  petites  par- 
telles  d'or  fuiTent  fournies  par  les 
terres  végétales  ,  il  n'en  rcfultcroic 
qae  ce  qui  avoir  déjà  été  vu  &  die 
ar  pluneurs  Chimiftes  du  dernier 
ècle  ;  favoir  ^  que  la  plupart  des 
tenres ,  &  même  les  végétaux  ,  con- 
tiennent quelques  vertiges  dot ,  phé- 
nomène afTez  rcniarquablc  &  donc 
il  eft  bon  d'avoir  connoifTance  j   à 
caufe  des  erreurs  dangereufes  dans 
lefquelles   il  peut  induire   furrouc 
dans  des  travaux  de  pierre  philofo- 
phale  -,  ratais  qui  eft  une  fuite  fore 
naturelle  de  rmdéftruaibilité  ôc  de 
la  prodigieulc    divifibilitc    de    ce 
jnétaL 

A  la  fuite  des  différens  articles 
que  nous  venons  d'indiquer,   on 


î 


^S2  Journal  des  Sçavdnsp 
trouve  dans  l'hiltoire  de  ce  volume  l 
âc  1778  ,  les  titres  d'un  afTez  grand 
nombre  de  Mémoires  qui  ont  été 
prçfcntés  à  l'Acacféniic,  &  qu'elle  a 
-ocftinésà  i'impieffion.  Ces  Mémoi- 
res font  prefquc  tous  fur  des  objets 
de  Chimie  i  voici  les  titres  de  ccuï 
de  Phyfiquc: 

Sur  la  formation  du  foufri;  par  1:^ 
voie  humide,  par  M.  le  f^Uillard. 

Sur  l'acide  fulEureux ,  pat  M* 
BerthoUt. 

Surl'aâion  des  acides  vitrîoliqnc 
2f  marin,  fut  les  huiles,  par  M, 
Cornette. 

Sur  l'huîte  de  vitriol  glaciale,  pu 
le  même. 

Sut  le  paftel ,  par  M.  Quaiftmire, 

Sur  les  précipitations  pat  les  al- 
calis cauÛiques  ou  non  caufttqucs. 
par  M.  djc  FourcToy. 

Sur  le  m,çtcurc  <loi« ,  paj  M.  Ço^^ 
mut. 

Sur  l'aji  lul^ieux  >  pat  M.  ^sr- 
iboUu 


Avril  lyiu  éti 

Sur  Tor  fulminant ,  par  le  mC-aic« 

Sur  la  combinaifon  des  huiles 
avec  di£Férences  fubftanccs»  par  le 
mcme. 

Sur  la  décompofîtion  de  Tacidc 
nitreux ,  par  le  même. 

Sur  la  décompontion  du  fcl  am- 
moniac par  les  intermèdes  alka- 
lins  ,  par  M.  Cornette. 

Sur  les  volcans  éceiots  de  ^rif- 
.  gau  ;  par  M.  le  Baron  Diétnck , 
Corretpondant  de  l'Académie. 

Sur  les  fofliles  trouvés  dans  lef 
Pyrénées;  par  M.  le  Baron  de  la 
Peyroujiy  Corrcfpondant  de  TAca- 
décnie« 

M.  Cornette  Se  M.  Bertheloe , 
ayant  été  reçus  à  l'Académie  de- 
puis la  leâur^  de  ces  Mémoirres  ^ 
ceux  qui  leur  appartiennent  kroac 
îdipnmés  dans  les  prochains  volu-- 
mes  de  TAcadcmic ,  &  les  a.utrLS 
d^DS  ks  volumes  des  Sçavans  Erran- 
gcrs  qui  s'impriment  lous  k  puvi^ 
lége  de  TAcadémie. 

tcvokmc  dont  nous  venons  de 

Ffvj 


é84  Journal  dts  Sçavans  ^ 
rendre  compte  cil  terminé  par  un 
Mémoire  de  Minéralogie  ,  par  M. 
Monttt ,  At  Ja  Société  Royale  de 
Mor.tpcllicr.  On  y  tio'jvc  aufll  les 
Eloges  de  M.  Malouin  &  de  M,  de 
Linné,  Ils  fiicnc  lus  avec  tout  l'in- 
térêt auquel  M.  le  Marquis  de  Con- 
dorcet  a  delà  fl  bien  aLCouiumc  le 
Public. 

[  Extrait  de  M.  Macqmr.  } 

Ko  N  e,  Veunskaps  ÂcàdtmUns 
Handlingar,  c-à-d.  Mémoires  de 
r Académie  des  Sciences  de  Stoc 
kholmpour  lySo.-^i}  pag.,in-8' 
avec  iigurcs. 

LE  premier  Trimeflre  contient 
huit  Mémoires  dont  nous  al-'.- 
Ions  rapporter  les  titres ,  d'après  la 
traduction  que  M.  Bacr  tn  a  remilè 
à  l'Académie  des  Sciences,  en  lui 
préfentant  un  exemplaire  de  ces  Mé-  ' 
moires.       ■  ' 

1.  Eflai   d'une   explication   cîcs 


} 


j4vril  ijti.  68j 

tourbillons  de  l'air  &  des  trombes  \ 
par  M.  \f^ilckc. 

2.  Remarqués  fur  les  fpath-  fluor  ^ 
par  M.  Schecle. 

3*  EiTai  fur  la  manière  de  condeiv: 
fer  \qs^  bois  de  plu/ieurs  arbres  pat 
la  cbaleur  du  charbon  ;  par  M. 
Hielm. 

4*  Dcfcription  d'une  (îngujière 
efpèce  de  vers  qui  refTembienc  à  des 
fiphons  3  &  fe  trouvent  dans  les  en- 
trailles d'un  poifTon  appelle  norftn 
ou  ofmtTUS  ;  (  efpècc  de  faumon  ) 
par  M.  RolandiTon. 

5«  Remarques  fur  les  mêmes  vers, 
par  M.  Âcharius. 

6.  Remarques  fur  la  canelle,  faites 
Ceylan  ;  par  M,  Thunberg. 
'    7.  Expériences  faites  fur  la  mala- 
die appellée  angina  pecloris ,  pat 
M.  de  Berger. 

8.  Continuation  des  obfervations 
fur  la  fituation   géographique    des 
principaux  points  des  côtes  de  Sca- 
DÎe,  du  Halland  &  de  Bohuflan;' 
pat  M.  Sch^nmark* 


«8f      Journal  des  Sçtvaas , 

Le  fécond  Tiimcllre  contient 
huit  Mémoires. 

I.  S;:co>id  Mémoire  fur  les  cour- 
MM'^ns  &  les  nodibcs  \  pat  M. 
.Vilcke. 

1.  Dcfcription  des  effets  de  deux 
coups  de  tonnerre  tombes  dans  les 
Indes  oricniales  fut  le  v^iflcau  fué- 
dois  le  Château  de  Stockholm ,  dans 
l'année  1777  ;  par  M.  Bladh. 

3.  Mémcix  fur  le  lait  &  iur  foî» 
acide  ;  par  M.  Schcele. 

4.  Defcription  d'une  cfpècc  de 
bière  faire  avec  des  branches  de 
pin  ;  par  M.  Faxe. 

J.  Almanach  des  fleurs  pour  \\ 
province  de  Wefter-Goibic  ;  pat 
M.  Uierkander. 

6.  Defcription  de  la  Weigcla 
Japonica  ;  ptanrc  Ongtiliète  du  ^v* 
pon  ;  par  M.  T  hunberg, 

7.  Queftions  pour  les  babitans 
des  montagnes  de  la  Suède,  relati» 
ycmenc  à  la  cnltuye  convenable  à 
CCS  diilridts;  par  M.  Gadd. 

%.  Obfervacioa  Im  les  GHiiis  de 


'4vrU  17JÏ,  .  «87 
fi)iite>  de  l'iuio  &  du  plqmb;  pat 
fil:  Ber^ffienu. 

Lp  tTôjfi^me  Ttûbeftie  oMuieat 

i.  Wfflipire  fut  une  c«alcuc  Tcne 
il'4te*^Pc<i>n^>  riiéeduC<H 
^tf^^i  M.  Rinmto. 

V  Robinet,  1  feaçt  pour  les  ton* 
imuxyWentépatfèuMnfoUienu. 
ïlicrftMt  M.  Wlcke,  - 

3.  DcïcnpdoD  d'un  «aapyeme  4 
la  poitrine  avec  fiQule  &  çvie  àt 

-|bs9  pv  Uiiiite  d'uoe  contuâeq 
fei^  trente  un  aup^avaoc  à  ane 
cocc  ;  pat  M.' w  atlin. 

4.  Defctiprion-dç  dcuicfpèfie» 
devers  jufqu'ici  inconnues .  &qui 
ont  été  trouvées  ftir  le  rotkal;  (  c&. 
pèce  de  choux  )  par  M.  Bierkanden. 

5.  Defcription  d'une  nouvelle  cP- 
pècc  d'antilope  (Antiloptfylyatia^ 
de  la  fami  Lie  des  gazelles ,  Sc  qui  A 
trouve  au  Cap  de  Bonne-ËfpiËEance  \ 
EW  ftj.  Snarrinao.  ' 

$.,  ÇeKriçtipn  d'une  nouvelle 
■  ^ï«ilM*!?ff.  «wdiïit  çoui  Kvêd,r  ««. 


688     Journaîàes  Sçayans^ 
recrépir  de  vieilles  maîfons  de  bois; 
afin  de  les  mcrtre  à  l'abri  des  injures 
de  l'air  &  de  la  pluie  ;  par  MM. 
Riickcrfchold,  Bungc  &  Wrcde. 

7.  Obfcrvarions  furies  précédens 
Mémoires  ,qvccuiic  inflruâionpour 
prévenir  les  champignons  dans  les 
maironi:,  fanrde  pierre  i^uedcbois) 
par  M.  Wasftrom. 

S.  Oblervàtioos  zoblogiques  fiic 
le  Mtreus  albellus ;  par  M.  Odman. 

9.  Mémoire  fur  la  manièr^de  dé- 
truire les  mitesj  (^acarus  reduviusy 
par  le  moyen  de  ]'eau-de-vie  j  va' 
M.ZcKell. 

Le  quatrième  Triraeftre  renférine 
les  dix  Mémoires  fuivans. 

I ,  Recherches  fur  les  émigrations 
des  peuples  ;  par  M.  "Wargcncin. 

1.  Dcfciipcion  d'une  machine  i 
cOaycr  la  poudre;  par  M.  Mcijcr. 

3.  Mémoire  furie  fucrc  délaie, 
par  M.  Schcele." 

4.  Dcfcription  de  la  gazelle,  ap^ 
pcllée/«u«ar;  par  M.  Sparrman. 

;•  EfTai  fur  les  piécipités  de  pU- 


.  Avril  \y% il  éS^ 

tine  ,  et  nickel ,  de  cobolt  &  ^de 
ftiang^anèfe  \  (  magntjîum  y  magnera 
\vp'àyil  yitranorum  )  par  M.  Bcrg« 
BiaiD. 

'    \Sr.  'Méiiioirê  iur  Ici  ardoiles  de 
Blàléide  ;  par  M.  Gadd. 
'  "fm  Méoioire  fur  une*(raâure  de 
l^ciÂttr ,  guSrie  par  le  trépan  ;  pat 
l*:Nàthatft. 

:«^«  Oblcrv^tions  fur.  le  rav£ci{Iê« 
ààox  éèi  mâifpn$  de  bois  ;  par  M« 
Tl^âfitr^m. 

'  J^*  Obfer  varions  méréorotbgiques 
ftikcs  dans  les  ifles  &  fur  its  cotes 
in  "Warnido*,  par  M.  Odman. 
'  ^  ip.  Mémoire  fur  une  hémoirha-^ 
^e  je  rûterus  \  par  M.  Blom. 
X^ÉxtridtdtM.dclaLandt.^ 


^ 


6^0     Journal  dis  Sçavams  ^ 
Corps  d* Extraits  dé  Romans 

ds  Chcvaitrit,  Par  M.  U  Comt^ 
deTrtJfan^  de  fAcadcroie  I  ran- 
çoifc.  A  Paris  ^  cfiez  Piiïb*^ ,  père 
&  (ils ,  Libraires  ^  quai  des  Au^ 
guftins.  1782.  Avec  Approba- 
tion &  Privilège  du  Roi.  4  voi, 
in  12  d'environ  5O0  pag.  chacuQ^ 

CE  S  Extraits  font  »  à  qi|elqfiç)| 
cfaangemens  près ,  ceux  qu  Qa 
a  déjà  lus  avec  tant  de  plaifix  d^hs 
la  Biblioithiquc  des  Romans  ^  Sj^  cm 
ont  le  pliis  comribiié  au  fuçe^  ^t 
cerce  BibUotkiquej  les  chapgenieos 
font  alTez  cooÇdérabies  ppuf  mfbi» 
xcr  feûls  Iç  défit  de  felire  Cttf  ^à^ 
traits ,  qui  d'ailleurs,  comme  ~o6 
fait  9  joignent  à  l'agrément  d'un 
livre  amufant  le  mérite  folide  d*ai& 
livre  utile;  en.efie^t,  ils  peignent 
avec  fidélité  les  nKVurs  &  les  cou- 
tumes de  la  Chevalerie  ;  &  pat*U 
ils  rentrent  dans  l'hiftoire  de  nos 
Antiquités  9  dont  TAutéur  (e  moâ- 


Avril  1781  •  691 

tre  fort  indruit  :  il  ne  perd  pas  une 
occafion  d'ajouter  l'inflruâion   au 

Îlaifir  de  fes  [  cdleurs  >  foie  dan^  des 
)ifcour|  préliminaires  ,  tels  que 
celui  qu'on  trouve  à  la  tête  du  pre- 
mier volume  ,  &  qui  roule yî^  la 
Romans  François  j  &  un  autre  placé 
iia  tcce  du  quatrième  volume,  ibus 
çc  titre  :  Recherches  Jur  l'origine  des 
Romans  inventés  avant  CEre  Chré^ 
titane  &  avant  que  C Europe  fut  po^ 
^«;foitdans  les  Préambules  des 
idivcrs  Extraits  >  foit  enfin  dans  les 
|M)tes  qui  les  accompagnent  quel- 
^(ois. 

On  retrouve  dans  le  premier  vo- 
lume, Trifian  de  Lionois^  Artus 
de  Bretagne^  Flores  &  Blanche" 
fieur^  Cicomades  &  Claremonde , 
tExtrait  du  Roman  de  la  Rofe  , 
Piern  de  Provence  &  la  Belle  Ma* 
guelone. 

Dans  le  fécond ,  les  Romans  réu- 
nis fous  ce  titre  :  la  Fleur  des  Ba^ 
tailles ,  Huon  de  Bordeaux ,  Guenu 
de  Montglave. 


'  1 

€^  1    Journal  du  Sçavans. , 

Le  troifièmc  contient  Dom  Vr* 
Jino  U  Nava rin  &  Donà  Inis  d^OvU*^ 
do  y  U  Petit  Jihdn  de  Sàintri  ^  Us 
Apparcncts  trompcufcs  ou  Gérard  Jk 
Nevers^^  i^Luriant  dé  Dammartîn 
fa  Mie. 

M.  le  Comte  de  Trcflan  reftitue 
aux  Editeurs  de  la  BibliorBèqûc  à^i 
Romans^  les  embelliflémém  &  1^ 
chaneetnens  divers  outils  àvàiêqt 
jugé  a  propos  de  faire  a  Tes  Extraits^ 
changemens  dont  il  parle  avec  ait- 
tant  d'éloge  qu'il  parle  avec  môdèf* 
tie  delui*même«  Il  reprend  (on  bien 
tel  qu*il  ravoir  fourni  ,  ou  ,  ?*iïy 
fait  des  additions  &  des  change*- 
mens,  c*eft  dVprès  fes  propres  idées  » 
en  un  mot  tout  eft.à  lui.  Chacttn.cle 
ces  Extraits  a  fon  agrément  particu-' 
lier  ,  indépendamment  de  futilité 
générale  dont  nous  avons  parlé* 
Celui  que  nous  trouvons  le  plusj)i-^ 
quant  parmi,  ceux  qui  rcmpliflenc 
les  trois  premiers  volumes,  e% A 
Petit  Jehan  de  Salntri  ;  on  fe  fou-. 
vient  encore  de  tout  le  plaifîrqa^qpc'' 


Avril  1781.  65  j 

^ans  la  Bibliothèque  des  Ro- 
5 ,  la  Dame  des  bdlcs  Coujînts 
^amp-Abbi,  On  trouve  à  la  tctc 
:  Roman  une  anecdote  qui  peuc 
icr  lieu  à  quelques  rcfléxions.  ' 
[Jn  homme  illuftre,  qui  fut  di« 
ic  de  l'eftime  &  de  la  rcconnoit 
Kçde  tous  les  gens  qui  penfcnt , 
ndant  uu  fiècle  de  vie,  dit  un 
ity  chez  une  femme  d'un  cfpric 
périeur  ^  en  ma  préfence ,  &  de« 
ut  une  des  amies  de  la  maifon 
)ue  les  Mufes  &  les  Amours  ont 
îurée  &  pleurent  encore  )  \jt  mê 
uvitns  ,  dit-il ,  Savoir  écrit  qutU 
ip4ri  y  &  jt  ne  rrien  repenspas  , 
't  U  naïf  nefl  qiCunt  nuance  du 
5...,.  (cependant  cet  homme 
oit  été  le  contemporain  &  Tami 
la  Fontamc  !  )  La  maîrrefle  de 
maifon  &  moi,  nous  baillâmes 

yeux  ,  &  n'ofâmes  rien  répon- 
c  à  ce  vieillard  aimé,  (1  digne 

nos  rtipeds  ;  mais  fa  jeune 
lie ,  quoique  pénétrée  des  mê- 
:s  fentimcns ,  ne  put  tenir  à  foa 


tf  9^S  Journal  des  Sçavans  , 
Pliédrc?  Il  ill  cldir  ,  par  le  récit 
même  de  M.  le  CoJiue  de  TreUart, 
que  M.  de  Fontcncile  alloit  dcve- 
Jo[-per  fa  pciilée  fut  le  ftyl':  naïf. 
Se  qu'il  en  a  cié  empêché  par  l'in- 
carradc  àz  la  jeune  îiniie  &i  par  l'in- 
dilcrète  djlcrétion  du  relie  de  l'af- 
fcmblée.  11  ne  i'eft  pas  expliqué, 
mais  nous  avouons  qu^nous  croyons 
trouver  un  (ens  trcs-iai lonnablc  à  fa 
fropoiïiion  ,  quoique  ce  lensne  loic 
pas  alltz  développé.  Ceci  tient  à 
quelques  idées  qu'il  faut  reprendre 
de  plus  haut. 

Les  Rhéteurs  diftinguenr,  avec 
raifon  ,  le  fublime  &  le  ftylc  fubli- 
meî  le  fublime  eft  ce  qu'il  y  a  de 
plus  noble  8i  de  plus  parfait  dans 
l'éJoqucncc  de  l'anie  ;  c'eft  le  tju'il 
mourût  &  d'autres  traits  lemblablcs"' 
qui  étonnent  &  tranfpottcnt  :  le 
lublimc  ,  au  contraire  ,  peur  quel- 
quefois ennuyer  par  la  pompe  mê- 
me &  par  la  monotonie.  11  faut  din> 
tinguet  de  même  le  naïf  &  le  ftylc 
païf  ;  riçn  de  plus 


Avril  1782.  697 

beau  trait  de  naïverc ,  qu'un  fcnri- 
ment  naïf  cjui  s'échappe  A\m  cœuc 
trop  plein  &  qui  prévient  roiircs  les 
icHcxions  ou  qui  contrarie  rous  les 
projets;  fans  parler  ici  d;:  tant  de 
naïvetés  d'Agnès  dans  ï Ecole  des 
Femmes ,  qui  font  toutes  ou  piquan- 
tes ou  touchantes  \  fans  parler  de 
toutes  les  naïvetés  qui  appartien- 
nent à  la  Comédie ,  à  la  Fabie  ,  au 
Conte  &  aux  autres  genres  plaifans  ^ 
le  naïf  fait  quelquefois  d':  grands 
effets  dans  la  Tragédie  même  ;  & 
cette  réponle  admirable  d'Her-, 
xnione  : 

Ah  !  fiUoic-il  en  aoire  une  Amance  in(êa- 
fée? 

n*cft  peut-être  qu'une  naïveté  fubli- 
me.  C'en  eft  une  au  moins  bien  ai- 
mable 6c  bien  placée  que  cette  ré« 
ponfc  de  Zaïre  à  Orofmane  : 

Me  trabit-OB ,  parlez.  — Çh!  peut-on  vous 

[  trahit  \ 

t        AyriL  G  g 


(îçS     Journal  dts  Sfjvans , 

Un  Hybernois ,  nourri  de  fyllo- 
gUnics,  &  Tant  aucune  idée  Ju  lan> 
gage  des  padlons  &  du  fcntiment , 
pourroit  trouver  que  Zaïre  ne  rai- 
fonnc  pas  félon  les  loix  (hi&es  de 
la  Logique  ;  qu'elle  conclud  du  par* 
liculicr  au  général  ,  &  que,  de  ce 
qu'elle  ne  fc  fcnt  aucune  dirpolîtioa 
à  rrahir  OrofiTiane ,  il  ne  s'enfuit 
pai  que  d'autres  ne puilTenr  le  trahir  ^ 
mais  un  homme  ac  goût ,  Se  qui 
connoit  le  cœur  humain,  fcnt  que 
Zaïre,  remplie  de  fon  amour  «  ne 
peut  pas  feulement  concevoir  Tidcc 
que  d'autres  puiflenthaïr  fon  Amant, 
&  qu'en  un  mot  le  en  de  fon  cœuc 
don  être:  Ek  !  peut-on  vous  trahir  f 
Lotli^ue  Joas  dit  à  Atbalic  : 

2ud  Père 
Je  ^uiiieroii  : 

At  H  /        I  E. 


J 


M 


jtvrîl  l-jZu  699' 

Tindignacion  fiirpcndiie  un  mo- 
c  qui  éclate  rour-à-coup  par  un 
naïf  dont  TefFct  cft  tcTriblc. 
orfque  Métope  veut  perHiaderl 
fonte  qu'Egifte  eft  lui-même  là 
irtf ier  cf  Egifte  9  &  lorfqu'au  pre» 
r  empottcmcnt  du  Tyran  contré 
!une  homme  qui  le  orave  »  elle 

Seigoear,  excufei  Ta  jeunefiê  impro* 

■èe^ 

£  loin  fies  Conrs,  &  nourri  dans  les 

»>, 

zÙlm  pas  eoeor  ce  qu'on  doit  1  des       ^ 
ois. 

oubli  de  fon  ftra^agême ,  ce  be« 
I  d'excufcr  fon  fiU,  cet  élan  de 
rendrcflè  maternelle  qui  oublip 
t  &  (ê  précipite  dans  le  danger 
rllc  veut  fuir,  cit  un  chcf-d*œu- 
de  (ituatioii  dramatique  &  un 
gnifique  exemple  des  effets  d*UD 
uvement  naïf  dans  la  Tragédie. 
Le  Côotcdei^  Mauvaift  Mkre  ^ 


.  V 


730     Journal  des  Sçavans , 

de  M.  Marmonrcl ,  [leitc  psiTcr  pont 
une  [icnte  TraL^L-uic  moiaii;.  JdC- 
qunt  (c'eft  le  rils  malcraité)  cactc 
dans  la  chambre  de  fa  Mère  malade  ; 
celle-ci,  rouiov:rs  occupée  du  filt 
préféré  qui  la  néglige,  mL'me  dai)| 
fa  maladie  ,  fe  flatte  de  l'elpérancc 
guc  c'cft  lui  que  la  rcndrciïc  C*:  le  de- 
voir raniènenr  auprès  d'elle.  Eft-ce 
vous ,  mon  fils  ?  dic-cUc  d'une  voJi 
foiiile.  La  ic'ponfe  :  non  ,  Maman, 
c'ejl  Jûcquot  ^  cil  un  rrait  auJîi  pro- 
fond (jiic  naît  qui  perce  Je  cccut  de 
cette  Mère  injufle. 

Encore  un  coup  ,  croit-on  que 
M.  de  Fontcnclle  ne  fcntît  paî  ou 
r'cût  pas  fenii  le  mcrire  de  parciis 
trgirs  ?  Croit  -  on  qu'il  y  [rouvàc 
quelque  nuance  du  bas  ? 

De  quoi  a  til  donc  parlé  ?  Du 
flylc  naiTi  de  ce  ftyle  qui  étoir  cduî 
de  tous  les  anciens  livres  jndjAinc-< 
renient ,  lors  même  qu'ih  trairoicE|d 
des  objets  les  plus  contraires  à  M 
naïveté  ,  (lyie  qui ,  par  le  contrafl 
du  ton  &  d<:s  CQores ,  devcooic  Tom 


ns  nous  lavons  que  nous  ne 
)ns  pas  noLi<:  arrêrcr  aux  idées 
les  &  peu  élevées  que  norrc 
Ir  s*cii  fait  fîuvcnt  maliirc 
s,  &  nous  remettons  ces  ob- 

dans  une  incomprchcnfibilté 
cftueufe,  plus  digne  d'eux  que 
:ls  nos  idées.  Mais  les  lUclcs 
2os  Pères,  plonges  dans  une 
(Te  ignorance,   mdruits  feule- 

r  par  des  Moines  Mcndians  , 
oient  garde  de  prendre  fur  la 
igion  des  idées  nobles  &  con« 
ibles.  Jettez  l'œil  fur  les  Ima« 
&  les  Peintures  de  leurs  Egli-- 

tout  cela  a  quelque  chofc  de 

R^    flf»  mpinnin    mit    rf*r\Tf»ff»r\r/* 


7oi  Journal  des  Sçavans  ^ 

»'  fen<î ,  beaucoup  de  naïveté ,  paru 
99  que  U  naïfeft  uru  nuance  du  bas  f 
•»  prcfquc  jamais  d'élcvation.  Pcin* 
•9  tures,  livres,  bâtimcns,  tout  ft 
•'  rcfrcmble.  ■• 

Quand  cette  propoficion  eft  ainfi 
dans  Ton  cadre  ,  non  feulement  elle 
ne  révolte  pas,  mais  elle  nous  pa- 
roîr  énoncer  une  vérité  manifcftc 
Avant  que  l*Acadcmie  Françoifetcr 
été  indituée  pour  veiller  fur  le  dé 
pot  de  la  Langue  *,  avant  que  tan 
de  grands  Ecrivains  du  (îècle  d 
Louis  XIV , .  au  concours  defquel 
cet  établidement  n*a  pas  peu  con 
tribué  ,  cuffent  donné  à  la  Langu 
l'cmpreinre  de  leurs  divers  génies 
cette  Langue  n'avoit  qn[un  ieul  ca 
laûère,  la  naïvtté  ;  cette  naïvet 
s'appliquoit  à  tout,  elle  embellil 
ioir  ks  (ujets  adortis  à  fan  ton;  ell 
dégradoit  les  fujets  nobles. 

Lorfqu  un  vieux  Poëte  traduifar 
les  Pfeaumes  &  faifant  parler  le  Se 
gneur  qui  enrroit  en  colère  conn 
les  Juifs ,  lui  faifoit  dire  : 


>  :C«pMccRtopktiiian 
.  vjtjwicfd  i»w  CtmYttt%  vimx. 

(Turécncnt  la  nuance  4a  b«  halk 
n  peu  forte. 
L^la  Satyre    MlfHfpéf  .  On- 

lit  révc|uiion  dans  Icf  iiitl  pol^ 
(jucs.Albus  trouverez  dtw  les  meit* 
iirs  morceaux ,  de  l'efpflF  *  <1|1  l*V* 
lime,  une  gaieté  piftiuff  de  «ne 
iïvcté  bailc. 

L'extmple  f:ul  d'AmjW  fiiQc 
9UT  judilier  cette  ihéarict  Voyc*  fil 
"raduâion  de  Dapkùs  &  CktofS 
syez  le  charme  de  (c  vieux  Ajle 
9ns  un  Ouvrage  cflèDticUenKnC 
tlT,  c'cd  la  langue  ^topfc  du  fii* 
F,  &  cette  Trajuiftipo  ptroft  un 
ciginal.  Voyez  la  TnduAion  des 
fommts  illujlrts  de  Plutaïque  Çàt 

même  Auteur ,  vous  croyn  lire 
ic  parodie,  la  naïveté  devient  ba(« 
fie  1  la  langue  ne  componoit  poini 
irnre  une  Icmblable  tradu^ion; 
1  uaics  badins  &  tncfquins  dli 
"  :    .  Gsif 


y04    Jeunial'des  Sçavàhs , 
vilux  jargon  n'étoknt  pas  faits  pout 
peindre  les  H^ros  de  k  GrècciSc  de 

Ceci  peut  fçrtir  âc  principiè'poiic 
l'emploi  du    ftvle  maiotiqaei- ■  Mfe 
l'cmpJoyez  îa'ni&ij  que  dans  des- fu- 
jets   efTcntidlemept  naïfti -Si  «)Cfs 
avez  à  dire  des  chofes  {levées  ou 
fetilfmenr  raifonnables ,  fnvcz-voïÀ 
d'iiiiL  languc^itc  ,  fervez- vous'ifc  ■ 
votre   langue.  Xe  Ityle   maroïi<jtft 
ftmblc  parodier  la  raîfon  en  la  ptd- 
diiKant  fous  titi  habillement  grocef-  - 
que  ,  qui  ■  d^etnèrc  même  {ouvnd 
en  grofiîcreté  Durlcfque.  Voyct  dans 
les  Con/eils  à  in  Journalifie  la  eoftï»  - 
paraifon  que  fair  M.  de  Voltfaiffr'Jt  ' 
quatre' vêts  de  Boileau  avee  desvett 
de  RuulTeau ,  qui  difcnt  la  m^it^  ' 
chofe  endylc   marorîque*    Voyft" 
toute  la  doârinc  d&M.  deVolwe 
iur  cet  article.  En  "général,,  iift^ 
inarotiquc  défiguré  &  déstiott^iSh,; 
Epitrcs  &  les  Allégorîps  dfr  K^Â*- 
feau  ,  parce  qu'il  y  eft  empId^lHl" '■ 
contre-icns.  U  embcilK^  pn'la  m>  ' 


{bmltootnité,. la. Contes  de  .la 

Fontainr  ;  il  dotinc  à  (es  vers  une  ' 
gaieté  plus  (rancHc  ,  ua  badioage 
plus  pi()Liani:,  une  naïveté  pfus  ori- 
ginale. Quand  ,  dans  ie  DiaUt-  d$ 
Pûpefiguière^  Conte  dorttJc  mcHte 
confirte  pririci]'alcnicnr  dans  l'em- 
ploi très-heureux  des  evprclGont  tC 
&  des  Iou^s  marotiques  .  le  Diable 
Te  fâchant  contre  le  Manant  qui  l'a 

V(JBi>oid;di>K,PM^hboiuieb^l.  >' 
l^j-^;  galftm^Iè.cn'itDfiuH 4r bonliht.... 
'  .  A  T0«  je  revicadiai , 

l^iftK  FUipvc ,  tt  nitt  vous  gaknù 
Qilt'M.jaaetn  Ces  loiitï  de  vwie  rà  > . , .  ' 
tï  iimc  joius  d'IiDj  je  foii  iroui;PUi-' 

_^U,cCcHcniaionaime. 

^^<top"cft'«fiiué'ment  tiès-naïf^ 
Lrrâah^&b^t*y-fàit  fentir,  6c 
H^i  glle  rtCD  :  tout  Eft  ilToiti ,  1» 
i^Bëkna ,  te/  pcifoâHjiges  9t  1» 
dwft».  - 


foô      Jouratt  du  Sçjvans ,  V 

Loifqu'auconrraireRoufreaujdMlt  • 

Soucis  cuiâns  au  paitir  de  CaliUe 
Ji  co  mm  envoient  i  me  fup;  licier , 
Quand  CopiJon  qui  roc  «It  pâle  &  trifte  , 
Me  dit  :  Ami ,  pourquoi  te  Coucier? 
Lors  m'envoya ,  pour  me  folactcr , 
Tout  fon  cortège  8c  celui  de  fa  Mire  * 
Songes  plalfnns  Se  joyeufe  chimère  • .  •  • 

Arrêtons  -  nous  ici  à  confiJéret 
quel  eft  l'effet  du  jargon  inaioTi(|uc 
dans  ce  commence n;enc  d'Epi^ram- 
me  ;  c'eft  d'abord  de  bien  perfuadct 
que  le  Poète  ne  fc  foucie  nullement 
de  Califtc  ,  &  n'a  point  eu  Azfouùs 
cuifans  à  fon  partir.  S'il  ctoit  véri- 
rablcmenc  affligé  du  départ  de  Ca- 
liUe ,  il  pourroit  vouloir  foulaget 
fa  douleur  en  la  chantant  y  cavâfo- 
lans  agrum  ttfladine  amortra  ,  maïs 
il  n'employeïoit  pas  un  jargon  d'em* 
piunt  ;  un  fcmiment  vrai  eût  cxig£ 
un  langage  vrai.  Repicnans  la  fuite 
de  l'EpigTammc. 


Avril  1781.  707 

Qui  m'enfèignanc  i  rapprocher  Ic^  ccms  » 
Me  feoc  jouir ,  malgré  l'absence  amèrc  » 
DesbicBS  paiGfs ,  ft  de  ceoi  que  j'attends. 

Voyez  comme  TAureur ,  ayant  à 
£nîr  par  un  trait  aflez  raifonnable  , 
quitte  touc-i«coup  (on  jargon  ma- 
Torique  &  reprend  le  langage  de  la 
laifom 

De  tout  ce  qui  vient  d  être  dit , 
il  réfulte  que  M.  le  Comte  de  Tref- 
fan  n'eft  point  du  tout  intcrelTc  ^ 
Ja  propoficion  de  M.  de  Fontenelle; 
que  le  langage  naïf  dont  il  a  fu  C 
biiD  cpnfeiver  le  caraâère  dans  un 
langage  plus  moderne  »  convcnoic 
très- fort  a  fon PuuJthandcSaintri. 

Le  quatrième  volume  ^  outre  le 
Difcours  fur  TOiigine  des  Romans  » 
dont  nous  avons  parlé  9  te  une  hii- 
loire  aiTez  courte  de  Rigda  &  de 
Rt^gner  Lodbrog,  Roi  de  Danc* 
maick  9  corftemporaîn  de  Cbaclc^- 
Martel  &  de  Pépin,  contient  un 
Ouvrage  aiTcz  confidérable  &  cuâè- 

Ggvj 


7o8    Journal  dtsSgwans , 

rcrncnt  nouveau  ,  qui  a  pour  tiàre, 
Zll'u  ou  i^Ingimie ,  &  qui  trft  dèâté 
.à  Madame  la  Comtcfle  de  Gchlis. 
C'eft  lin  jufte  hommage  rendu  au 
charmant  Auteur  .des  Théâtres  d'E^^ 
ducation  6'  dt  Sociiti ,  avant  même 
que  cetce  femme  >;pour  jamais  illus- 
tre >  eut  itiis  U  comble  àfagloi^ 
par  ce  Traite  d'EduCanon ,  où  un 
mêlaiigc  heureux  de  principes  tévè- 
res ,  dc' rentifricns  téndrcs-y  de  ta» 
blcaux  rouchans ,  d'adions-vermru- 
fes ,  nourrit  le  çteur  de  vertu  i&  de 
tendreffè  ,  -&îauqik*l  ,•  après  fcs-pircr- 
pos  è\x  'jôUl^-6e  W^  )^tim  drajgef 'dft 
moitîràtV  U  ne  refléta  "^é<fcf»Pà!L 
nég;fYmes  &  Vie^^AdmiifafieiirJ; -l^ 
nortibreofc^Eîditîon  vient  detîc^ctf- 
levée  en  quinze- jours  ;  oir en  pré- 
pare deux  autres,  l'une  ml 8.4.  & 
Tauf re in-,  1  x,  Nou&reniirQns'OCjmpJlc 
inceiTafJiniênt  de  ceti^ujrrageJimQ 
par  excellence  \  pçp  pas  pôus  Ittjl^ttÉfe 
connoicre  au  Public ,  jqui  Si'dLccÉta 
pr^flèdele  dévoreir^.majs  pipmrJÎ' 
piaifir  de  payer  auflî  à  rAuctttrJfc 


tribfit  iPeftime  &  4l*«daiitrariDO  qui 

lui  tft'dÛ.'    '  '  î'T    ■    'I  '■  ■     .        !•.;/« 

•  ■         _ 

ftS{)bgéttitox  )  tétr  qaTAInie  fie  ceux^ 
ifc^M^f  Miittmmtel^  >plufi^r»  Ro« 

•oëi^^èricmem'.  aiitériffitrs  k  i  aâion 
^  k^'ièMi^^iincaf  <fui  ncione 
f'ff&df^liés  ôCiC^uc  4'iniaginatiou 
d'une' màùtère; vague  &  ru& 
ifèiêtilàpiem  pour  rinrciltgeocr 
dd'ia  Pièce.  Ce  font  ces  évènemens 
me  M.  le  Comte  de  TrefTan  fapplée 
a^oetnanière  plus-pcéci(e.;.en  en* 
-  trant  dans  l'efpric de  la- Pidce Se  en 
7  âflortiiTant  9^  autant  qu'il  eft  pof- 
flUe  yies  Btits  &  les  couleurs  ^  c'eft, 
Mr«K«9iple  V  uo,  trait  bienvAiTortl 
irtij-fulet  de  Z«&^  que  celui  où  Do- 
fjNâÙiâf  Ai  6eittfne  recommandent  cet 
'  Ijîifiucit:^  lèux  ami<  Samvillo,  au  mo^ 
fiÉeoJ  oà  il  Véliiçiie  d^ux.'ir  -  cetm 
«•ftpcractoniut  pien  doulour^fe) 


710  Joufnat  Jtt  Sçàvan$t 
••malgré  toute  la  fermeté  (Je  Ddii- 
•>  Va!  >  fcs  ycus  fc  remplireai  de  lar- 
•>  mes,  SoQ  ipoufc  ,  par  un  raouvc- 
»  ment  involontaire  ,  élève  Zélie 
••  dans  fci  bras ,  la  remet  dunt  ceux 
••  de  Sainville.  Quelque  événement 
-qui  puiflc aiiivcr ,  cher  Saaviitc, 
,u  lui  dit  elle  avec  véhémence  &  Icf 
xyciix  pleins  (l'une  clpèce  de  few 
»  qui  ne  les  avoir  jamais  cnSammési 
»  louvenez-vous  que  cette  cnlani  eft 
•■  votre  fille  ,  &  que  vous  l'avei 
"  adoptée.  SainvJlc  en  ce  moinentt 
"  ie  Icntit  le  cœur  ferré  par  le»  petits 
■'  bras  de  cette  entant.  •■ 

Cette  image  toujours  attendrit* 
iântc ,  ell  la  même  que  Jotabet  pri» 
fente  dans  Athalie  : 

Et  ruii  frayeur  encore ,  ou  poar  me  catcflêt^ 
De  tei  bras  ionocem  ie  uie  feotis  picflcr.    . 


Ces  cvèncmens  antérieurs  forr 
ment  la  première  Partie  du  Roma« 
de  M.  de  Trcffan.  La  féconde  eft 
compoliéc  des  fccnes  mêmes  de  Z£> 


Avtil  1781.  711 

lie,  lices  feulement  par  le  récir. 
La  majiière  infiniment  obligeance 
dont  M.  le  Comce.de  TreiTan  a  bien 
voulu  parler  du  compte  que  nous 
avons  rendu  de  la  Comédie  de  Z/- 
liê  ,  ainH  que  des  autres  Pièces  du 
Théâtre  de  Société  ^  dans  notre  Joue- 
oal  de  Dec.  1 78 1  j  i/"^  vol. ,  ne  nous 
fera  point  illufion  &  ne  nous  cmpê^» 
cbeia  pas  de  réclamer  févèremenc 
contre  une  propofîtion  que  nous  trou* 
Vonsaux  pages  216  &  117;  nous  ne 
(aurions  penier  comme  TAuteur  que 
ce  foie  un  bien  de  ravager  la  terre  , 
d'infefter  les  mers  &  de  vetfer  des 
6ots  de  iang  ^  parce  qu  il  en  réfulte 
1^  petit  avatuage  d'occuper  la  No- 
blefle  s  c  eft  à  elle  de  favoir  fe  fairç 
des  occupations  moins  funeftes  au 
geure-humain  &  à  elle-même.  Il  eft 
vrai  queTÀuteur  tient  fi  peu  ï  cette 
idée,  qu'il  femble  faire  un  mérite  au 
Pbilofopbe  Arifte.  d'une  averfion 
pour  Ija  guerre  »  qui  Tcogage  à  quit* 
ter  lé  Service  ;  mais  c'eft  un  autre 
excès  ;  jamais  un  Gentilhomme  ne 


71 1  Journal  des  Sçavans  , 
doir  quitcci  le  Service,  tant  qu'll- 
reu[  eue  utile  à  l'Etat,  Défendre  la 
Patrie  &  fervir  Ic-Prince,  fcia  tou- 
jours le  prcnlicr  9i  le  plus  noble  des 
emplois  ;  ce  ne  fonr  pas  ceux  qui 
foin  la  guerre  qui  ont  rort  ,  ce  font 
ceux  qui  la  commandent. 

Au  refie,  ces  nouvelles  produc- 
tions de  M..dc  Trcilàn  juftifiem  tou- 
jours  de  plus  en  plus  ce  que  le  Poète 
hrillant-'&  aimable  qui  l'a  reçu  à 
l'Académie  Françoife,  lui  diloic 
alors  dans  une  pio!c  aullî  aimable 
que  fes  vers  :  ' 

<■  Le  lalênrle  plus  jeune  vous  en- 
BvicToit  la  fécondité  de  votre  plu-  . 
"  me  élégante  ,  &  ce  que  vous  ap- 
î>  peliez  votre  vieilleflc,  car  ce  moc 
•>  ffmble  ne  devoir  jamais  être  fait 
"pour  vous,  rcfîèmbic  à  ces  beaux 
*■  jours  d'hiver  fi  ians ,  mais  fî 
K  rares  ,  dont  la  pius  belle  faîroa 
"fcroit  jaloufe,  ■■ 
'       [  Extrait  de  M.  Gaillard,  ] 

■    -,        * 


Prospectus  Open<  eut  titulus 

Acla  SanSorum  BelgH  SeLSà 
qua  ex  Monumeneis  Jînceris  & 
Bolhndiano  opcre  dtprompfît , 
Chtonologico  orH'uit  digeffit  àc  no* 
lis  illuflraxit  J.  Ghifquitm  PrtSm 
byttr  &  B^uxelUnfis  Scientiarum 
Acudimia  Sucius,  BruxtUis.  Ty* 
pis  Matheœi  Lemaire»  in-â^.  7 
pag. 

DES  Membres  de  TAcadémic 
des  Sciences  de  Bruxclles^nt 
entrepris  de  publier  une  Recueil  des 
Monumcns  Bcîgiques  ,  ou  des.  dix- 
fcpt  Provinces  des  Pays-Bas  ,  tant 
faciès  que  profanes.  Cet  Ouvrage 
Icra  divifé  en  plusieurs  parties ,  com- 
me on  en  fera  dans  le  tems  averti 
par  M.  le  Marquis  du  Chaftelier, 
Aflbcié  &  Dircd  ur  de  la  même 
Académie  ,  par  un  Ptogramme  pu- 
blic. En  attendant  ,  fon  Confrère 
M.  Ghefquierrc  ,  chargé  de  donner 
la  fuite  chronologique  des  Saints 


714  Journal  dts  Sçavans , 
des  Pays-Bas,  luivant  une  méihodç 
nouvelle,  &  quelijucfois  un  ubrégé 
ctes  ÂHts  ,  rend  c<  mprc  de  Ion  ira< 
vail.  C'ift  une  qucllion  de  favoir  s'il 
fuffiroic,  pour  les  Amateurs  de  l'hil- 
'toirc,  d'extraire  (^uclquts  fiallagcs 
choifis  des  ^Hes  aes  Saints  Be/gi- 
fucj,  ou  s'il  lauc  publier  en  enciec 
les  Aâts  mêmes  avec  des  Conimen- 
taires;  ks  opmions  éiatic  parragées. 
M,  i'Ahbc  Ghcfquierre  a  pris  un 
parti  moyen.  Il  a  remarqué  que  , 
dans  l'Ouvrage  imptiiDé  des  Bol- 
Jardiftes ,  &  dans  leur  Colle^ioa 
qm  n'a  pas  vu  le  jour,  on  voit  îjuel»  . 
<^ues  Ailles  dts  Suinrs,  tels  que  ceux 
deS.  Eloi,S.Sigebert,S.  Vaft,  S. 
Amand  ,  &c.  où  l'on  ne  pourroic 
fuppnmer  une  période  fans  méricer 
de  jullés  reproches  de  la  part  dc( 
Sçavans  j  mais  qu'il  s'en  trouve  bcau> 
coup  d'autres  aufli  qu'on  ptuc  abré- 
ger lans  fciupulc  ,  &  fans  perte  pout 
l'hilloirc.  Il  a  donc  pris  le  parti  de 
faire  tin  choix  des  j43es  des  Saints 
des  P^ys-Bas,  2c  de  les  pubiici  <.a 


Avrii  1781.  715 

encier  ,  ou  d*après  TOuvrage  des 
Bollandidcs ,  ou  fur  des  manufcrir^  ^ 
furtout  lor(c]u'il  s*agit  de  plulieurs 
Saints  dont  les  Bollandifles  n'one 

J^as  encore  pu  s'occuper  ,  en  fuivanc 
c  plan  de  leur  travail  ^  qui  eft  celui 
du  Martyrologe  Romain  ;  mais  aufli 
de  ne  publier  que  Textrait  d'un  grand 
nombre  d'autres ,  fans  s'écarter  ja* 
tnai>  de  l'ordre  cbronologii!|ue ,  ni  de 
la  forme  qu  ont  ordina  rcjnent  des 
Annales  (acrées  ou  profanes. 

Au  refle  il  fe  gardera  bien  d'ac* 
çompagner  d'amples  Commentai* 
i?s  9  ou  les  Aétes  mêines  ^  ou  l'A- 
brégé de  ces  Aébes  :  c'ed  une  cache 
qu'il  laiflc  aux  Bollandides  à  venir. 
De  courtes  obfervations  lui  fudîronc 
pour  jetter  du  jour  lur  l'ancienne 
biftoirc  8jC  topograpliique  ^  tant  des 
liix-fèpt  Provinces  >  que  des  Diocè- 
iès  de  Licge  &  de  Cambrai.  Ain(i 
rOuvragé  n'aura  pas  plus  de  (ix 
volumes ,  d'environ  fept  cens  pages 
chacun,  avec  deux  Tables,  Tune 
biftpricjuc  ,  Taiurc  copo^rapbiqu 


/a 


7  i  6  Journal  t/ei  Sçavans  , 
l.e  caraftcre  fera  le  intme  tjue  crliii 
èw' Profpctîiis ,  qui  cl!  beau  ,  &  Je 
format  pareil ,  tiii  in-^.  On  en  verra 
cliaquc  année  im  voliimi;,  fi  la  dili- 
t;tncc  des  Imprimeurs  répond  à  celle 
tic  l'Auteur ,  &  on  n  en  riiera  que 
cenr  Exemplaires  au-dflà  du  ti!„m- 
brc  des  Soul'crîpteurs  qui  auront 
donne  Icuri  noms  d'ici  au  pK-mict 
Avril  lySU.  Cfiîx  qui  n'auionr  pas 
loiiicrir  avant  e«rte  époque  paye- 
ront cliaquc  volume  ncul- florins  du 
Brabant ,  monnaie  courante;  les 
Sou'cnpreurs  le  payeronrfept  florins. 
Il  paroîr  qu'on  ne  donne  pusb.-au- 
coup  dt  tems  aux  Soultr.'pteurs  , 
puifque  ce  Profptclus  qui  nous  cft 
parvenu  à  la  fin  de  Février ,  cil  de 
cette  année.  Quoiqu'il  en  foie,  voici 
la  formule  de  fouler ipti on. 

Recannoiffancc  qui  eioh  être  envoyée 
à  l'Auitur  à  Bruxelits. 

'•  Je  (ouftîgné  m'engage   à  r''""- 
••  drc  .  ,v>£$cniplaire    coin. 


Avril  1781.  •  717 

wTOuvrage, ayant  pour  ritre  j43éê 
f>  SanSorum  Bclgii  Se/eSa ,    &  à 
v  payer  à  M.  l'Abbé  Ghefquierc  » 
^^  cKdcvan^  Vun  de;  BoUandiftcs ,  la 
jM  fi>mh^  dq  fcpc  florins  argent  cou* 
a>TaQr.dc  Brabant: pour  chaque  vo^ 
tsjiuiie  dudit  Ouvrage ,  qu  il  mode- 
»>|iWersi  ou  qu'il  remettra  à.  mon 
l«.Çommiifliofinàirc;  promettant  de 
jrfj^ri^  paryénif  audit  Abbé  ,  avaoc 
>  j^  ^t*'*^  :  À'wl  1781 ,  fa  préfcntc 
'  «i  f çcpnpoiffiince  affranchie  de  pprr , 
.p^ff)fi  que  ladite  fomme  de  fcpt 
P  florins  ,  à  h.  livraifon  de  chaque 
»  vokmei  En  foi  de  quoi  )*ai  figne 
9»  là  pTéfeute  â  .  •  •  >  ce  •  •  •  •  >» 
^    Les  Soufcfipreurs  (ont  priés  de 
ni^rquècdiftinâen^erit  leurs  noms, 
furnoms  ,   titres  9   domiciles  ^   afin 
qu'on  puiflelcs  inférer  (s'ils  le  pcr- 
jnaettent  )  dans  la  lifte  publiée  avec 
le.  premier  volume. 
;     Une  forpe  de  lettre   circulaire 
adre0ee  aux  Amateurs  de  l'hiftoire 
.Çelgique  acpmpagiie  ce  ProfpeSus  , 
jkj  renvoyé  y  pour  ce  qui  concerne 


7 1 8  Journal  dis  Sçavans  , 
le  plan  &  l'utiliic  de  l'Ouvrage  que 
l'Auteur  cnfreprcnd  de  publier  à  fes 
frais;  il  les  pnc  en  même  tcms  de 
lui  faire  paOct ,  finon  les  nianuf* 
ciitsmcmcs  qui  fonc  confcivés  dans 
leurs  archives,  n'ayant  jamais  été 
imprimés,  du  moins  une  courte 
nonce  de  ces  maaufcrits.  Il  avertit 
,  qu'il  s'occupe  de  ce  travail  depuis 
'  piès  de  quinze  ans.  Se  que  d'abord 
rimmorrcUc  Marie  -  Thérèfc  ,  en-* 
fuire  l'EmpcTcuT  aujourd'hui  fur  le 
trône ,  l'ont  chargé  de  donner  au 
Public  la  luice  chronologique  des 
Saints  des  Puvs-Bas. 

[  Extrait  dû  M.  Dupuy.  "] 

M  B.  "M.  Lcroi,  Aureur  du 
«  }  ""^  Eloge  de  Monraufier,  dont 
n  nous  avons  rendu  compte  dans  le 
■  mois  de  Mars  ,  page  139  &  fui- 
»  vantts  de  l'Edirion  in-4**.  nous  a 
"lui-même  avertis  que  nous  avions 
»  eu  fort  de  lui  Faire  honneur  de  la 
l'pbralc  ,  où  il  ed  dit,  en  Darlanc 
*>àci  Rois  :  f  (M  Us  Courtifan 


Jvril  1781.  yi^ 

^ftttt  de  leurs  grâces  ,  &  le  PempU 
*4  de  leurs  refus.  Cette  phrafc  utile 
»»  (  &  nous  aurions  dû  nous  en  (ou- 
3»  venir  )  çft  de  M.  de  Montefqaieoi 
^«  cUe  eft  digne  de  lui ,  &  M.  Lerot 
•'feroic  digne  de  Tavôir  faite,  » 


NOVrEUES  LITTÉRAIRES. 
ANGLETERRE, 

X>£     LONOUBS. 

yé  RsGiSTER  ùfthe  fpnn^  of 
«/x  M.  Mud^s  fcrjl  Tîme^Keepit 
from  Aprdthei%  ,  '7^0,  to  May 
y ,  *y8i  y  wuh  two  other  Rtgtfiers 
cfihcfame  eime^pieceé 

Ces  Tables  d'Obferyarions  onc 
été  publiées  par  M.  le  Comte  de 
Brubl  j  Miniure  de  Saxe  à  Londres. 
On  y  .voit  9  avec  furpiîfe»  que  U 
Ifouvelle  Montre  marine  de  M« 
Mudge,  dans  cinq  iatervaleMc  64 
jùtm  chacun j  ut  poiuc  varié  4o 


710     JûUTm.1  des  Sçavuiti  , 

plus  d'une  féconde  j-ar  (our  en  pics 
ou  en  moins  ,  par  rapport  à  fa  mar- 
che moyenne  d'une  année  entière. 
Ce  quimomrc  à  qucJ  degré  de  per- 
fciilion  l'horlogerie  a  porte  la  (citiicc 
eiT  mer.  M.  Kendalî  Londres,  M. 
Beichoud  &  M.  LiToy  en  France, 
continuent  auflî  de  s'en  occuper , 
fu;  les  traces  de  Harrifon,  dont  les 
inventions  peuvent  fe  (ïniplificr  & 
fe  pcrfedionner. 

Phihfopkical  TranfaS'tons  pf  the 
Royal-Society  of  London.  vol.  6'i  , 
for  theyear  lySi  part,  i,  A  fpeeck 
dtlivered  lo  ikt  Royal  Society  ,  on 
Wedntjday  Novembtr  jo  j  '/So  , 
being  their  annivtrfa'y.  By  jofeph, 
Banks  ,  efq.  Prejideni.  116  pages 
in- If",  avec  figures. 

On  trouve  à  la  e  de  ce  volume 
àe  l'Académie  de  jndtes  un  Dif- 
cours  de  M.  Banks  au  fujet  de  l'éta- 
bliffcment  de  la  Société  Royale 
dans  un  nouvel  appartement  (]iiele 
Gauvernement  vient  de  '■-  -" 


jIviU  1782.  711 

On  y  voit  auflî  la  lifte  de  tous  les 
M^  -  Hcs  de  la  Société  Royale» 
parmi  lefquels  il  y  en  a  crois  d'é-^ 
trangers.  Le  volume  contient  enfiitre 

Suinze  Mémoires  ou  Oblervations 
*hiftpire  naturelle  de  Phyfique  &C 
d'Aftronomie. 

pE  Birmingham. 

Exptrînunts  and  Obfcrvations  ff 
lating  to  various  tranches  ofnatural 
Philofophy  with  a  continuation  of 
thc  Ohjcrvation  on  air  ^  the  fccond 
volume.  By  Jofcph  PritjlUy.  LL. 
D,  F.  R.  S.  Honorary  Mcmb&r  of 
the  ^çademy  of  Sciences  at  Peters* 
bourg  ,  and  ofthe  Royal  Acadtmy 
of  Medicine  at  Paris. 

Vires  acquir il  tundo.    Virg. 

408  pag. 

•    On  y    trouve  le  Catalogue  de 

Juarantc  -  quatre  Ou/rages   de  M, 
titOàty  ,  en   Théologie  ,  Gram- 
AvriU  H  h     , 


711    Joufnal  des  Sçavans ,' 
maiTC  ,  Enidinon  ,  Politique  &  Phf- 
ficjiie  ;  mais  fcs  cxf.iérienccs  fur  l'air 
fixe   fuflîtoient   ftules   pour  établir 
&  perpétuer  la  répuracion. 

ITALIE. 


C  E 

M 

I  L  A   W. 

Efhiv 

'onoiiicœ   anni 

'7*J'.  ' 

m  MedioLmin- 

fimfip- 

1  \gelo  dt  Cefaris. 

^ccedit 

1  'tm  Obfirvjiio- 

nibus   & 

J,    &c.    &c.   &c. 

Medioiani.  lyifi.  ^pud  Jofeph  Ga~ 
haiium  Diegiiim  Typographum.  xGy 
pag.  in  8°. 

Nous  avons  reçu  à-Ia-fois  les  vo- 
lumes huit  &  neuf  de  ces  favances 
Ephémcrides ,  dans  lelquelles  on 
trouve  plufieiirs  Mémoires  iniéreC* 
fans  de  MM.  Reggi  )>  Oriani  ,  Al- 
lodio  &  de  CcJaris  ;  des  Oppofi- 
lions  de  routes  les  Planètes ,  dei 
Oblcrvations  de  Mercure  ,  des  Co- 
mètes de  1773  ,  1780  &  1781  ,  Se 
fpéàaicmcnt  de  la  Planète  Ùl  ." 


Avril  1782.  715 

cheî  ,  depuis  le  12  Mai  jufqu'au  25 
Ovîlobrc  ;  un  Examen  géomcrriqus 
&  prati.;uc  des  inftrumcns  de  TOb- 
fcrvaroire  de  Milan  ,  vérifies  &  dif- 
cucés  avec  le  plus  grand  foin  ;  enfin 
tour  annonce  dans  cet  Ouvrage  le 
2èle  des  Agronomes  de  Milan  qui 
ont  fuccédé  au  P;  Bofcovicb  &  au 
P.  la  Grange,  &  qui  continurnc 
a  rendre  cet  Obfervatoire  un  des 
plus  utiles  qu'il  y  ait  en  Europe  ^ 
comme  il  eft  un  des  mieux  conl- 
truits. 

L'article  des  Obfervations  méréo-. 
rologiques  eft  très  -  détaillé.  On  y 
trouve  la  hauteur  du  baromètre ,  du 
thermomètre  tous  les  jours  matin  &c 
foir ,  la  quantité  de  pluie  &  la  quan^ 
tité  d*évaporation.  Il  y  a  peu  d'en« 
droits  où  les  Obfervations  de  route 
efpècc  foient  faites  avec  autant  d*af- 
fiduité  5  &  d'une  manière  aufli  com- 
plète j  qu*à  rOblccvatoire  de  Milan, 


Hhi; 


714    Journal  des  Sçavans  , 
HOLLANDE. 
d'Utrecht. 

Tahlcau  dt  l^hrjîoirt  générale  du 
ProvinceS'Vnies  ;  par  fA.  Ctnfier. 
A  Uriccbr,   chez  B.  Wild.  17S1. 

■  Nous  avons  annoncé  fucccflivc- 
mcnr  les  volumes  préccdcnsde  cette 
hilloirc  inrcrtiranie ,  pleine  d'cru' 
dition  5c  d'impartialité.  Ce  y.'  vo- 
lume commeocf  à  i'anncc  j66j  ,  & 
finit  à  la  paix  di;  Nimegiie  en  1 678 
On  y  voit  furroiic  la  conquête  ta 
mcijfc  de  la  Hollande  en  i6yi  ,  1( 
maiî'ûcrc  desFrcrcs  de  Witt,  leStS' 
thouderar  de  Guillaume  III ,  déclaré 
héréditaire  en   1674.    L'Auteur  Ce 

fpiopofc  de  donner  encore  deux  VO' 
urnes  pour  terminer  cette  hifloire, 

FRANCE. 

DE      P    A.    K    I   S. 

le  Produit  $•  ie  Droit  des  Com^' 


-  AvrU  ijiil  725 

mvnes ,  ik  Us  intérêts  de  l'Agricul- 
ture ,  Population  ,  Arts  ,  Corn-, 
merce^  Marine ,  Finances  &  Milî* 
taire  ^  ï  concilier  pour  le  iàlut  des 
Iftdividus  &  propriétés  ,  l'aniéliora- 
tion  des  domaines  &  autres  parties» 
la  xicbeÀc  &  profpériré  de  TEtat  5c 
d:$  Citoyens.  Traité  d'Économie^ 
polfti<|ué ,  ou  le  Patriotifme ,  em-> 
bradant  toutes  fes.  branches ,  eifaie 

Êrinâpaiement  4^  tendre  i  la-fois 
\  Soùveçain  plus  fatisfaic  &  pui& 
l^Ac,  les. Provinces  p^us rapprochée^  ■ 
&  commerçantes  >  &  moins  affligées  ' 
d'cpizoocies,  les Jîabi tans  plus  iains 
&  forturïés  y  les  Armées  mieux  pour- 
vues ,  &  leurs  divers  corfvois  nioins 
f ardiB  t^  difpendieux ,  par  les  dé- 
frichçmcns  &  de(ï&chcmcns ,  avec 
canaux  indiqués  de  navigation  ain(î 

3ue:d*arr0iage  ou  d'aflechemenc , 
tgoes  &  réparations  aux  courans  s 
toutes  opérations  donc  la  pratique 
cft  ehlcignérc ,  pour  parvenir  à  ces 
fins  y  (pecialémenc  convertit  en 
c))junps,  bois  ^  prés  artificiels  >  &c. 

H  h  iij 


yitf  Journal  des  Sçxvuns  , 
nos  landes  inutiles,  &  marais  pcfii- 
■icncicls  ;  en  ni£nie-tems  qu'on  ap- 
prend de  nouvelles  cultures ,  ie  pcr- 
fedionnement  de  celles  ufi:éfS,  ic 
tes  moyens  généraux ,  relatifs  au 
fol ,  aux  mŒurj ,  à  i'induflriC)  pour 
porter  les  relTourccs  &  les  fcrccs  de 
la  France  au  dernier  degré.  Com- 
prenant le  Tableau  le  plus  étendu 
<ies  Loix  uiiivcrfcUcs  &  locales  fur 
les  Communes  &  Terres  vagues, 
&  les  droits  de   Parcours,  Vauies 

EiturcSj  Ufages ,  &c.  dans  tout  ic 
Royaume  ,  &  particulicremcnt  en 
Normandie  &  Brcragnc  ,  afin  ,  en 
les  rapprochant ,  de  faciliter  les  ju- 
gemcns  qui  précéderont  la  mife  en 
valeur ,  Sa  les  réclama'jons  d'un 
chacun  fur  objet  i  en  outre  un 

plan,   tant  r,- rtag:  au   profit 

des  Communal.        laques  aiuirar.C 
la  coniervano  Icms  Commu- 

naux ,  que  d'une       éodacion  parte 
Roi   &  les:  s  aux  iujtts  Si 

Vuflaux  ,  t  fans  incunv^- 

01CI1S  les  i  I 


Avril  1781.  717 

{-andcs  conccffioos  ont  en  vain 
tendu  l'jfciii'à  préicnr.  Dédié  à  la 
Monarchie  l^rancotlè  ^  par  on  Ho» 
horaiirdcs  Aatdémies  om  Scieocci 
d'Amiens ,  Arras  y  &c.  de  criles  dé 
Lyon  &  Mccz  ;  &  des  Socifréi 
Royales  d*/^ricalture  de  Parts  » 
Tours  »  SoMtons  y  Rouen  ^  Caën  ^ 
'A  ienf  on  y  Lyon ,  i&c. 

O  F^mnstas  mmitm^  fuafibona  norint  ! 

ViRG.  Georg.  L.  II. 

A  Paris  5  cbeai'Aureur  9  Cul  de*làc 
Saint  Dominique ,  près  le  Luxem- 
bourgi  la  Veuve  Duchefne  ,  Tuc  S. 
Jacques^  Ccllot ,  à  Pâques ,  rue  & 
#ii-4rvis  les  grands  Auguihns  ;  Joni* 
hcfc  ftères  >  rue  ^Dauphinc  ;  Eiprir  ^ 
4U  '  Palais  Royal  )  Mérigoc  l'ainé  > 
Inmlevard  de  l'Opéra;  Onfroy  âc 
Lamy,  lun  &  Taiitre  quai  des  Au« 
guft  ns  ;  les  Libraires  du  Palais  Se 
du  quai  de  Gêvres.  Ëc  en  Province  ^ 
.%bez  .ceux  Gbs  Villes  -principales, 
gniAd-zA  8^^de  600  pag.  pcti'r  ca- 
Vttâèft.iybi.  Pxix^  6  hv.  broché. 

Hhiv 


7i8     Journal  des  Sçavans  i 

On  le  recevra  par  la  Porte ,  franc     - 
de  porr,   dans  toui:  ie  Royaume, 
tn  adrtlTant ,  trancs  de  port ,  à  M. 
Bachmann  ,  chez  l'Auteur,  la  lettre     < 
de  demande  &  l'argÊHr. 

Caimîna  D.  Caroli  Ltheau,  in  . 
Coikgio  olim  Grajjinxo  Eloqueni'tce  , 
necnon  in  Rcgio  Frofi£arii ,  Regiet 
Liiurarum  &  Infcripiion.  j4i:ûJî- 
miiz  à  Suniis.  Adjt3is  qmbufdam 
aliis ,  quorum  tanrùm  maitriai  die* 
tarie  illt ,  aut  ipfii  pro  foUmnihus 
pTtzmiis  Univerjitai  qux  mûurix  ab 
Ediiorc  ad  txtmplnm  &  utilieaKm 
adchfiinùum  tracliUiZ  funt.  Parif. 
Typis  Btnad.  Morin  ,  yià  Jaco- 
bœa.  17K1.  Cum  Pnvikgio  Régis, 
in-  S°.  pag,  278.  fans  Ja  Ptcfacc  ; 
une  Nodçc  fur  M.  Lcbcau  ;  un  Avis 
&  une  Pièce  de  vers  de  M,  Ctiivot , 
ProfelTeur  au  Collège  de  iMonta;gu  > 
li;r  cette  Ëdicion,  qui  tn  ont  14. 

Ce  Recueil  des  vers  d'un  Sçavanc 
dont  la  mémoire  eft  fi  chère  à  l'Uni- 
verfitc  de  Paris  &  au%  Le 


^vrîl  1781.  719 

peut  qu'être  accueilli  favorablcîii:n: 
&  faire  honneur  au  Dilbipl;.  recon- 
noiflant  qui  en  eft  rEJircur.  Les 
Pièces  contenues  dans  ce  volume 
(ont  difiribuées  en  cinq  parties.  La 
première  comprcn"cl  des  traies  de 
rbiftoirc  Sacrée  en  vers  hexamètres  ; 
lalcconde,  des  traits  de  rbiftoirc 
Profane ,  traités  de  même  ;  la  trot- 
ficmç,  des  Fables;  la  quatrième , 
de  Pièces  fugitives  ;  la  cinquième  , 
les  matières  qu'avoir  diétccs  M.  Le-, 
beau  à  fes  Ecoliers,  quarun  vcrfus 
&  txcmplaria  nunquam  innotuerc  » 
dit  l'Editeur',  illas dupUci  conjilio 
traSavi  :  adultcrini  ijli  fœtus  i  u* 
mbris  fortajjc  {quod  utinam  fiât) 
veros  elicunt ,  &  adoUJcentibus  dif* 
ficultatum  cluctandarum  tationcrtt 
exbibzre  pourunt.  On  voit  que  la 
mtKlcttie  eft  une  des  vertus  du  Dif- 
ciplc  tomme  c  le  Tétoit  du  Maître , 
qui ,  avant  ia  mort,  brûla  un  grand 
nombre  de  Pièces  que  celles  qu'on 
pubhe  feront  regretter.  L'Editeur  a 
reçu  pour  fon  entreprifc  tous  les  fc- 

H  h  v 


ï 


730  Journal  des  Sç.ivans  , 
cours  qu'il  pouvoir  atrcndre  de  M. 
Chuppiii  de  Gerniigiiy  ,  Ecuycr , 
Coni'eiller  do  Roi  au  Châtciet ,  l'im 
des  Admiriflratcurs  du  CoUéce  de 
Loiiii-lc  Grand  ,  &  gendre  de  M. 
Lebcau  ,  à  ijai  on  doit  la  S^olict  fuc 
fon  bcju  pète,  qui  jiatoîc  à  la  té:c 
de  ce  volujiie.  C'eJl  une  desperfoii- 
nes  de  nitr.te  &  de  goût  qui  ont  en- 
couragé l'Ediccut  à  ne  fc  pa-s  borner 
à  la  publication  des  vers  de  M  Le- 
Brau  ,  ainfî  qu'il  l'avoir  d'abord 
projctré,  mais  à  mettre  au  jourl^s 
autres  Ouvrages  Utins  du  même 
Ecrivain.  ••  Je  donnciai  donc  ,  dit- 
"il,  un  fécond  volume  d'Amplifi- 
"  cations ,  qui  ne  plaira  pas  moins 
«que  le  premier  ;  le  fécond  fera 
"  luivi  d'un  troifiéme  ,  con:cnaii: 
"les  Difcouis  publics,  au  nombre 
•'  de  dix  ,  précédés  de  la  Vie  de 
"Virgile,  Se  terminés  par  beau* 
"  coup  d'autres  petits ,  pour  des  ou* 
»>ver[urrs  d'exercice  ,  &c.  Ce  dcr- 
'■■  nier  volume  mettra  le  comble  à  la 
"'gloire  5f  à  la  répu:acion  de  l'Au- 
"  tcur.  ••  _ 


Jrril  1781.  731 

tmàiriS  corittrhànt  Fhifloire  p 
bs  Jtiences  ,  les  drts  ;  l^  mcéurSp 
U$^»fkgès  i  6*v/i/cff  Chinois.  9kr  Ihi 
Miffiônnaires  de  Pelcîh.  Tomes  Vil 
*  YIU.  A  Paris ,  ch«  Nyon  ,  Li- 
hrAiNr  »  me  da  Jardiner ,  vis-'f-vU 
k  fuc  Mignoir.j(  ptès  de  llm^iSJ 
m/àit  du  Patiehienr.  iVSi.'AVcd 


A^èbërion  fi^Privilége'du'  Kôu 
*'  4<fl.  fV4^.  atéc  figures.  Prix",. 
%jflif.  ttliés  8c  %i  broc,  en  carton. 
-  ^Shhî  le  fetond  volume  on  trouve 
An  Ai|>{(i€fhent  i  l'Art  militaire  des 
Gbâhèitt^i  imprimé  il  7  a  quelques 
«niiées.  Ge^upplément  fe  vendauffi 
C^paxémrnc.  Prix  ^  4  liv.  broché. 

'  '  Iki&et  '^ùn  MîJp.onnain  à  Fdiin  ; 
ccmeeiiatit  diverfes  queftions  fur  la 
Cttinc*,  pour  firvir ,  de  fuppiémenc 
Ékix'Mémoires  conctinant  vbiftotre  > 
Ib-fiHénceSy  les  arts ,  les  mœurs» 
Icraféges  dts  Chinois  i  pat  les  Mif* 
'fibmtatrès  de  Pckiti,'  A  Purts  ^  chez 
le'^Mtfnè  Ubraire.  1781.  1  voh 
«t-r'.Prix,  J  liv.  relié. 

HhYJ 


7JX     J»unialJ$sSfà»aas, 

Ceft  une  nouvelle  Edition -des 
Lettres  du  P.  paiconin  &  <ie  celles 
de  M.  de  NJoiveau  ,  avec  dîffitiens 
morceaux  de  ce  deiQÎet. 

Nouveaux  Êjfaisfiir  Parts ,  pour 
feivii  de  fuite.  Se  dc.itippUmeqt  i 
ceux  de  lêu  M.  ..dp.  S«inte  Fisib. 
Tome  III.  A  Par»,  chez  Débute, 
Libraire ,  rue  S.  Jacqucs..Piix ,  i  liv# 
broché.  ^ 

Ce  nouveau  volume  contient , 
comme  les  précédens.  .ua  giand- 
nombre  de  faits  plus  ou  mofos  ^a-i 
gulicrs ,  plus  ou  moins  incéietlâiif  »• 
mais  peu  Tu^ceptiblcs  d'cxnait. .,  ,,\\ 

RoUad Furieux ^iPoëmc  Àe  Ï^A- 
riode  en  46  Cbantï.  Nouvelle' Tra-, 
duâion,  par  M.  Z7«^<r«x.  AParij,;-  - 
chez  Lapone,  .Libraire,  tu^4vh 
Noyers}  Lamy^ouai  d^  4ugâ(ït 
tins  ;  &  Ponc<;*  Qnveur,  iWu^t 
Hyacinthe  ,  !&  nouj  1^  RrinfWfjWlï 
Libraires  deiBcoviacçsIt  Pa]r«|Mfiu,i 


Avril  1781.  733 

Les  Libraires  qui ,  par  la  morr  ciu 
(leur  Brunec  ont  acquis  cette  grande 
cntreprife  ^  pcomcttent  de  mettra  à 
foo  exécution  les  plus  grands  foins 
xéunis  à  la  plus  grande  célérité  ;  &: 
elle  nefouffrira  d  autre  changement 
en  paflant  dans  leurs  mains  ,  qu'un 
avantage  très-fenfible  pour  les  Souf- 
cripceurs. 

Formt  de  t* Ouvrage  &  arrangement 
de  la  Soufcription. 

L'Edition  s'imprime  en  deux  fof-, 
mats  ;  l'un  in-J^^.  l'autre  en  grand 
i/2-8®.  fur  très  -  beau  papier  d'An- 
goulême  ^  &  un  caraâèip  choifi. 

L'Ouvrage  entier  contient  46 
Chants;  chaque  Chant  eft  enrichi - 
de  deux  Gravures ,  fupérieuremenc 
exécutées  par  les  premiers  Graveurs 
de  l'Europe  ,  &  d'après  les  Dcflfms 
dfs  plus  habiles  Ârtiftes. 

A  la  tête  du  premier  Chant  eft 
placé  le  Portrait  de  l'Ariofte,  gravt. 


734    Journal  des  Sçavans ,' 

far  le  célèbre  FJquct  ;  enforte  que 
Ouvrage  fcta  enrichi  de  jij  Gra- 
vurei. 

On  délivre  aducUeinsnc  les  19 
premiers  Chants  ,  chacun  à  raifon 
de  4  liv  rin-4''.  &  de  1  liv.  lo  f. 
l'/a-S*.  broché. 

Nous  ofirons  à  tous  ceux  qui  ont 
déjà  ruiré les  premiers  Chants  de  cet' 
Ouvrage,  de  leur  Tcmetirc  la  fuire  ■ 
au  fufdic  prix  ;  mêm!;  de  fournir 
gratis,  en  fe  complcrranr,  la  (e- 
condc  Planche  qu'on  a  ajourée  à 
chaque  Chanc ,  Ôr,  qui  peut  man* 
<juer  à  pjulîciirs  des  Souicripteurs 
de  feu  M.  Brunet. 

Et  pour  farilier  l'acqui/îtion  d'un 
Ouviagc  aufïî  intéieffant,  nous  dé- 
livrerons aux  nouveaux  Soulcrtpteurr 
tel  nombre  de  Cttancs  qu'ils  defire- 
ronc ,  inÈmc  un  feul ,  en  s'obligcant 
toutefois  d'en  retirer  un  auire  tous 
les  huit  jouis,  &  ce  au  fufdit  Prix, 
A  la  fin  du  dcrnKr  Chant ,  on 
délivieta  >  gratis  ^   à 


AvrUiytx.  735 

Soiifcripteurs  ,  le  Porrrait  du  Tra- 
dudcur ,  auffi-bien  exécuté  que  les 
ancres  Gravures. 

Le  (îeuT  Laporti ,  Libraire  »  vient 
4'acquèrir  de  Meilleurs  les  Frirez 
EtUnnt  9  les  Conférences  de  Paris 
lur  le  Mariage  &  TUfurc ,  en  9  gros 
vplumes,  qui  fe  font  tou)Qurs  vendus 
3  liv,  Tîlics.  Les  Conférences  de  Pa- 
ris fur  le  Décaloguj  &  fur  la  Mo-* 
raie,  en  dix  volumes,  font  la  fuite 
de  cet  important  Ouvrage.  Le  Li* 
braire  eft  jnftruic  que  ces  deux 
Traités  manquent  à  pluiieurs  Ecclé- 
fiaftiqUes  qui  ont  toujours  eu  beau- 
coup de  peine  à  fe  les  procurer  en 
Province.  Il  offre  de  les  cjonner  (épa- 
rément  \  tous  ceux  qui  voudront  fc 
complercer,  &  ce ,  au  prix  de  40  fols 
le  volume  broché ,  &  50  fols  relié  ; 
mais  le  Libraire  prévient  que  ce  prix 
n'aura  lieu  que  iufq'i'au  i.*'  Mai 
prochain  ;  paffé  lequel  tcms ,  TOu* 
vrage  fera  nxé  au  prix  de  50  fols  le 
YoiuoK  broché,  &  3  liv.  relié. 


73  s      JauTital  dis  Sgavans  , 

Satires  de  Javinal ,  trcLduitcs  par* 
f^\.  Dufaiilx ,  ancitn  Commiflali-s 
delà  GETidarmcic  ,  de  l'Académie 
Royale  des  Infctiptions  &  Bciies- 
Leccres  &  de  ceUe  de  Nancy. 

ViJUa  res  agiiar. 

A  Paris ,  chez  M.  Lambert  &  F.  J. 
fiaudomn  ,  Imp-l  .ibtaires ,  rue  de  la 
Harpe  ,  près  S.  Cômc.  1782.  /«■!S°, 
Î7Ï  P^g-  Seconde  Ediuon. 

MancO'Capjc ^  premier  Ynca  da 
Pérou,  Tragédie,  tt-prcfentée  poui 
la  première  foispar  les  Comédicnï 
François  Ordinaires  du  Roi  j  le  11 
Juin  176J  .  Par  M.  Leblanc. 

Genus  humanum,  dtfejfem  vi  coleré  ) 


Ex  inlmieitiis  hngueiai  ;  jbo  mjgh  ipfunt 
Spome  fuâ  cecidh  fuh  Ugi;  a-Hjguijui 

fc«:RtT.  L.  V.  V.  I 
A  Patis,  chez  BcUn-i  Libraire  ,  ru(  * 


jévril  1781.  737 

S»  Jacques  ;  &  autres  Libraires  qui 
vendent  des  Nouveautés.  ijSx» 
iffS**.  9ipag. 

£ffàis  M  Sermons  prêches  à  tlTâé 
td^Ditudd  Faris.  Par  M.,  if^***  ,* 
Doâéur  en  Théologie  de  la  Faculté 
L  de  Paris,  C  R.  &  B,  de  S.  V. 
A  Paris ,  chez  Cbarics-Picrrs  Ber- 
cpD  ,  Libraire  ^  ruç  5.  Vfdor ,  vis-à- 
vis  S.,  Nicolas  dû  Chardonnet  ^  au, 
Solcif-Lcvarit,  1781.  Avec  Appro-^ 
batjon  &  Privilège  du  Roi.  in  ii. 
148  pages  y  Se  les  PfélimjD^ires  6. 
Prix,  I  ïiv.  4f. 

El^re^  Tragédie  en  cinq  acfles  , 
imitée  de  Sophocle.  Par  M.  de  Ro'» 
chefort^  de  TAcadémie  Royale  des 
Tniêriptions  &  Belles- Lettres. 

Solatia  luBus* 

A.Puîis ,  chex  M*  Lambert  Sç  F.  J*. 
Baudouin  ,  Imp.-Libraires  »  rue  de 
Ja  Harpe.  ij%x.in%^.  9}  pages, 
Ce  les  rrélixninaircs  24. 


73!      Journal  des  Sçavans, 

Ariane  ,  Scène  Ivricjuc.  Pat  M. 
Manineau.  Prix,  n  f. 

Pyrame  &  Thhbé,  Scène  lyrique. 
Pat  le  même.  Prix,  11  l  A  AmlUr- 
dam  i  &  ft  trouvent  à  Paris ,  chzt. 
Defcnne,  Libraire,  au  Palais  Royal. 
paiTage  de  Richelieu  ^  BLuct ,  Lî- 
braire,  quai  de  Gî-vrc ,  à  l'image 
Notre  Dame;  &  chez  les  Libraires 
qui  vcnttent  les  Nouveautés.  1781. 
i/i-5*.  36  pages. 

SuppUmtnt  à  la  Btblioihïqiu  des 
Plitlofophts  chimifiei{Alchimijîes  )  ; 
contenant  la  véiiEé  loiranr  du  puits 
hcrincnquc  ,  ou  la  vraie  quin:el]ence 
folaire  &  lunaire  ,  badmi;  radical  de 
rour  erre  &;  origine  de  toute  virj 
confed;on  de  la  Médecine  univer- 
,  felie  ;  Je  grand  'ciaicciiTeni^nt  de  la 
Pierre  philoioplialc  pour  la  tranf- 
mutanon  des  métaux.  Par  Nicolas 
Flamd.  l.a  Vit  de  Micolas  F.'imîl. 
A  l'ai  is  ,  chez  Lami ,  Libr-iiri? .  iVnii 
des  AuguAiiw,    17S2.  l 


r  ■   ■ 

JyfU  178a.  7J9 

rburts  in  ix.  La  première  de  ijo 
pages  ;  la  féconde  de  €6. 
La  Vie  de  NfcoUs  Flamel  ne  le 

:  trpëw.  poiat  "dans  ces  deux  petitêi 

'  hrochures,  qaoiqa*annoncéedaiiste 
ticrt  de  la  première  ;  appartmmeor 
iLk  paroîtra  dans  là  fuite  »  avec  un 

'  «lire  Ouvrage  oue  le  Libraire  pro^ 
tner  en  le .  quaiinant  de  manolcric 
très  finguiier  non  encore  imprimi 
du  mètne  Nicolas  Flamel  ^  intitulé , 
ia  Jùu  parfaiit  it  moi  Nnolas  FUi" 
Éul-&  de  PèrnèlU  ma  Jtmme.  ' 
U  eft  bien  étonnant  qoc  dans^le 
fièck  où  nous  fommes ,  il  le  trouve 
im.  Libraire  qui  ait  le  courage  dlm" 

.  prinaer^ces  galimatias  ^Ichtmrqucs  ^ 
Jk  à^iiaremment  quelques  particu- 
liers àflèz  peii  judicieux  pour  les 
•ctieter  ^-  pont  les  lire  8c  s'imagtnec 
t^iSss^  jK^teod^  quelque  choie* 


■« 


Supplinunt  ûjftntîtl  à  TOuvrage 
niriràlé  :  U  Guide  deteux  qui  veu'i 
ieàt  édtir-  féiativtnUnt  aiix  nou'^ 
.ttaux  droits  établis.  '  Par  'M*  tt  Cà'i 


74*  Jonr/fol  des  Sçavatis , 
mtts  de  Mt^tieres  f  Archkeùt.  A 
Paris,  chez  l'Auteur,  rue  du  Foin 
S.  Jacques  ;  Benot:  Morin  >  Impri- 
mcur-Libraire,  rue  S.  Jacques,  i 
la  Vérité.  Z2  pag*  in-8''. 

Lorlqtie  .nous  eûmes  annoncé 
l'Ouvrage  de  M.  le  Camus  ,  it  pa- 
rue un  £dit  du  20  Aoiit  i7t:(i, 
portant  ctabiiflcmcnt  de  quclqu:'s 
impurs  fûf  les  diiFérens  matériaux 
qui  entrent  dans  la  conftrudion  des 
bàtiniens,  pierres ,  bois  &  fers,  l-es 
détails  que  l'Auttur  avoir  donn^j 
ceflcrcnt  alors  d'être  auffi  exads  Se 
auiii  complets  qu'il  avoit  tâché  dft 
les  rendre.  U  ne  pouvoir  prévoir  ce 
qui  eft  arrivé  ;  mais  il  a  cru  qu'il 
étoit  de  Ton  devoir  d'cxpofer  lej 
moyens  convenables  pour  y  obvier. 
Il  a  faic  encoaréquencc  tous  les  ce- 
levés  nccellaircs  &  ks  coniparaifoQS  ' 
des  prix  anciens  avec  les  nouveaux  ; 
&  iîcn'iélbltc  qnc.  l'augmcotattoh 
e(l  un  dixième  dé  Valeur  delà  {ot8> 
lité  des  ouvHgcs  qu'on  exécute^ac- 
tuellemcor. 


*^ 


""*"■  « 


Avril  1781.  741 

Avis  aux  bcfnncs  Ménagères  des 
vîlUs  &  des  campagnes  ^Jur  la  meil'^ 
Unrc  manière  de  foire  leur  pain^" 
Nouvelle  Edition  revue  &  corrigée  t 
par  Al*  Parmenti^r ,  Cenfeur  Royal , 
'éic.  A  Londrcsî  &  fe  rrouvea  Paris^ 
chez  Barrois  Taîtié,  Libraire,  quai 
des'AugtiftiDS.  1781  Brochure  i/MX 

Ce  petit  Ouvrage,  fort  bien  fait 
£c  înfininEient  utile»    eft  TAbrégé 
àuTraiféççmplee  de  la  Boulangerie  ^ 
àotrc  Ouvrage  bien  plus  coniîdéra- 
Islcdu  même  Auteur,  &  non  moins 
utile  dans  (on  genre. 
•  Quelque  concentrés  que  foient  les 
préceptes  les  plus  effenrieis  de  l'arc 
de  faire  le  meilleur  pain  dans  VAvis 
aux  bonnes   Ménagères ,   M.  Par-' 
mentiçr^  qui  aicrrti  très  judicieufe- 
ment  que  pour  les  Ledeurs  auxquels 
if  dçftinoit  fon  Abrégé,  il  ne  falloît 
.  être  ni  fçavant  ni  raifonncirr ,  mais 
m  ^contraire  en  venir  au  fait  de  la 
iluÂtère  la  plus  ptccife  &  la  plus 
daire»  a  tcrmiftc  la  Brochure  dant^ 


74^-  Journal  des  Sçavjfis  , 
uous  annonçons  une  nouvelle  Edi- 
tion ,  par  une  rccapirulation  trèî- 
courcc  aux  [rcncc-trwis  Pcéccprss  ou 
AphorifmeSj  qui  font  un  térumé 
ciceUent  de  tout  ce  que  fes  longnes 
recherches  Un  la  Boulangerie  lui  onc 
fait  rcconnoîtrc  de  plus  important 
&  de  mieux  conftatè.  Nous  avons 
été  tentés  àc  tranfcrirc  ici  en  entier 
cetre  rccapiiulation  extrêmement 
commode  aux  bonnrs  Ménagères, 
bien  à  leur  portée,  ^  à  laquelle  le 
plus  grand  nombre  s'en  litndra  pro- 
bablement ;  mais  nous  nous  bornc- 
lonsau  j3.'&  dernier,  parce  que  , 
dans  un  fcns ,  ildifpenfc  de  tous  les 
autres ,  &  qu'il  eft  le  réfumé  des  ré- 
fnmés ,  le  lélultat  défininf  &  le  plus 
général. 

Enfuppnfantta  meillean méthode 
de  moudre  &  de  boulanger ,  Inexpé- 
rience prouve  quart  aura  moins  d'em- 
barras &  plus  Je  profit  en  vendant 
Jon  grain  pour  acheter  de  la  farine  à  J 
laplace ;  &  que  ce  double  avantage  'M 
feia  encart  plus  marqué^  en  p 


.     Avril  1781.  743. 

joa  paim  chc^  ic  Boulanger ,  qui  U 
fabriquera ,  toujours  mieux  &  â 
moins  de  frais  qui  U  Ménagire  la 
pùuiàémomt  &  la  plus  adroiiê^ 


'  TraîU  complu  ^tAriihmiiiquê  ^  i 
fiif^ge  de  J'Ecole  Milictire^  de  la 
Compagnie  des  Chevaux-Légers  de 
la.  Garde  ordinaire  du  Rqî  »  des  Pa- 
gesdè  la  Cbanibre  ^Sa  Majefté» 
de  ceux  de  la  Reine,  deMovsixuR  » 
fie  4le  ceux  de  Monfeignrur  le  Comte 
&  Madame  la  Cbmtéflè  d*Arcois« 
Par  M.  Trincano^  Ingénieur  excraoc- 
dinaire  de  Sa  Majefte  pour  les  Prin-< 
CCS  Etrangers  ,  Protefleur  de  Mathé-* 
inatt€{ues  &  de  Fortification  des 
Cbevaux- Légers  de  la  Garde  ordi* 
naire  du  Roi  »  des  Pages  de  la  Cham  • 
bre  de  Sa  Ma^cfté  ^  de  ceux  de  la 
Reine ,  de  Monsieur  »  de  ceux  de 
Monfeigneur  le  Comte  d*Ârtois  9c 
&  de  Madame  la  ComcelTe  d'Ar- 
-toisi  Aflbcié  Etranger  de  TAcadé- 
mie  d*Aneeu«  A  Paris ,  chez  L« 
Ccibcy   Libraire*Imprimeur  pour 


744     Journal  des  Sçavans  » 

les  iMathématiques  y  le  Génie  & 
l'Artillerie,  rue  Dauphine  ;  chez 
Mufier  y  Libraire  y  quai  des  Auguf- 
tins  ;  &  à  Verfaiiles  ,  chez  Blaifor» 
Libraire  du  Roi  &  de  la  Reine , 
rue  Satory.  j}6  pages  i/?-8^»  avec 
figures. 

Mémoire  fur  les  Logarithmes  des 
Quantités  négatives  JPsiT  L.C.f^,Trin^, 
cano ,  Doâeur  Aggrégé  de  la  Fa- 
culré  de  Droit  à  Paris,  Penfionnairc 
du  Roi ,  Maître  de  Mathématiques 
en  furvivance  èiZ%  Pages  delà  Cham- 
bre du  Roi ,  &  de  ceux  de  la  Reine. 
Ce  Mémoire  qui  occupe  24  pages  , 
peut  fe  trouver  féparémenc.  Prix  , 
15  fols, 

L'Auteur  paroît  fe  déclarer  con- 
tre Texiftcncc  des  logarithmes  des 
quantités  négatives  dans  le  fyftêmc 
ordinaire  ,  contre  M.  Bernoulli  ^ 
M.  d'Aiembcrt,  c*eft-à-dire  pour  le 
femiment  de  Léibnirz  &  M.  Euler. 

Quant  au  Traité cC Arithmétique.^ 
une  expéiiehce  de  quarante  ans  a 

mis 


li 


MtU  1782.  745 

mis  M,  Trincano  ic  père  en  érac  de 
traiter  cette  fciencc  avec  autant  de 
clarté  que  de  méthode.  La  plupart 
des  Auteurs  n'ont  fait  en  quelque 
ibrte  que  paflcr  par  rAnthmérique 
pour  arriver  aux  coonoiflances  plus 
élevées  qu'ils  avoient  à  développer. 
Il  leur  a  fufH  d'établir  les  principes 
.  &  les  règles  néccfTaires  pour  l'intet^ 
lîgence  des  propcfitions  contenues 
dans  leurs  .Cours  ;  iis  n'en  ont  parlé 
que  comme  forcés  par  Tenchainc- 
xnent  des  matières  ;  mais  M.  Tric- 
cano  a  eu  un  objet  tout  différent  :  il 
fiait  un  Traité  pour  y  c-^pofcr  toutes 
les  diffcrcnres  parties  derArithmcti» 
que  ;  pour  examiner  toutes  les  ap- 
plications qu'on  peut  en  laire  dans 
les  difiérens  états  de  la  vie  ;  pour  y 
parler  même  de  ce  qu'elle  peut  avoir 
de    purement  curieux  ;   enfin  il    a 
voulu  la  traiter ,  nonj  pas  comme 
fervant  d'introdudlion    aux  autres 
parties    de    Mathématiques  ,    rrrais 
^ommc  étant  elle-même  fciencc   à 
parr. 

Avril.  I  i 


746     Journal  dtt  S^avans  t 

Il  donne  ,  par  exemple  ,  tes  com- 
binaifons  des  nombres  canc  com- 
plets que  fimplcs  ,  &  pat  occafion 
il  enfeigne  à  crouvct  qu'il  y  a  40OÇ 
ambes,  1  i7,4Sotcrncs>  2,555,19a 
quatcrnes,  &  4], 949,268  quincs 
dans  la  Loterie  Royale  de  France.  11 
rraite  des  nombres  figurés  ou  ordi- 
naux ;  des  nombres  polygones  &  de 
leurs  ptoprictés  ;  de  la  fuite  de» 
carres  &  des  cubes ,  &  de  la  ma» 
iiicrc  de  trouver  leurs  lommes  i  dei 
carres  magiques  &  de  leur  forma- 
tion; des  nombres  premiers  &  de 
la  manière  de  les  déterminer  ;  des 
nombres  parfaits  &  des  nombres 
amiables;  du  calcul  des  cxpofans, 
bi  enfin  de  l'arithmétique  des  infi- 
nis,  qu'il  développe  d'une  manière 
limple,  &  dont  il  indique  les  prln^ 
cJpaux  ufages.  Ce  Traité  finit  pat 
lin  grand  nombre  de  problèmes  eu» 
lieux  &  utiles ,  qui  le  rcnden;. 
dcsOurrages  les  plus  complcc?  qu' 
■Jt  donné  lui  l'Aiicbmécique, 


jivrU  1782.  747 

Jiilas  nouveau.  Pàt  M.  AitnulU. 
Propoié  par  foufcrfption.  La  pre- 
mière Partie  préfeniera  «  dans  une 
fittcè  de  cent 'trente- huit  Cartes ,  la. 
Okffii^phie  phyfiquf ,  ancienne  jBt" 
OKMcnie  de  cbaque  état  du  Monde 
eotamu*  Cette  Partie  (êra  terminée 
par  uae  Table  alphabétique  de  tout 
Wiioms  deslieut  »  des  rivières ,  && 
pfacéi  fur  les  Cartes ,  avec  llndica'- 
(km  dn  numéro  de  la  Carte  où  ib 
fifl^ôwreDc»  &  des  degré»  de  lati« 
tdé^  fie  de  longitude  »  qui.  donne 
leW'  juftr  po0tion  s  la  féconde  ren« 
fierme  les  Plans  des  principales  villes 
èiC  l^mivers  ^  rapportés  a  une  nié- 
19e  échelle*  Ptopôft'  pat  foufcrip- 
ticûk  ' 

Noitt  avons  relidu  compte  plu- 
ficuffs  fois  de  la  nouvelle  Giogra" 
ptit  de  M.  Mentelie  s  il  écoit  natu- 
rel qtfelle  fut  accompagnée  d*un 
Atlas;  Leprixierarde  tioliv.  pour 
les  cent  trente- huit  Cartes^  On^  payera 

xAÏVi.  d  aviince.  On  foufcrit  à  PariS) 

»  •  •  • 

Il  ij 


74?     Journal  des  Sçàvans 

chez  rAuieurf  me  de  Seine,  hôtel 

de  MayencC'     -*  , 

.  Uyaura.auSî  lO  Plans  pour  les- 
quels on  donnera  .9  lÎT.  en  foufciî- 
vanr.  Le  mciite&Ia  céicbriié  de 
cette  nouvelle  Géographie  doit  faiTc 
defircr  des.. Cartes. faites  par  celui 
qui  connoù  fî  bien  cette  fciencc. 

■  On;'tTouve  autn  chezi'Aurcurdbt 
Cartes  bien  ^ravcctder  quatre  Par- 
ties du  Monde  &.  de  la.  France, 
ayant  les  poUtions des  fUtes  fans  les 
noms ,  pour  exerccT'lc  mémoire  des 
cnfaiiSj  chacune  au  prix  dr  4  fols. 

Expir'uncts  &  Obfervations  fur 
différentes  branches  de  la  Pkyjiqut; 
avtc  une  conrinuation  des  Oblctva- 
doiis  fur  l'air  ;  Ouvrage  traduit  de 
l'Anglois ,  de  M.  /.  Prkftley  ,  Doc- 
teur en  Droit,  M>;mbre  de  la  Société 
Koyale  de  Londrcî.  Par  M.  Gibelin , 
Dodeur  enMtdccine,  M;;mbre  de 
l«t  Société  Médicale  de  Londres.  A  : 
Paris,  chez  Nyon  l'aîné  ,  Libraire  - 


Avril  1781.  741^ 

rue  du  Jardiner,  quarricr  Sr.-André- 
dcs-Arcs ,  1781,  1  vol.  in-ii:  Le 
premier,  lîe  188  pages  ;  le  fécond  , 
de  )  tz.  Ptix^  6  liv.  les  deux  volâ- 
mes reliés. 

Nous  nous  propofons  de  rendre^ 
compte  de  ce  nouvel  Ouvrage  d'un 
Phyficicn  qui  s'eft  illulhé  par  les 
plus  nombieufes  &  les  plus  impor- 
cames  découveitcs, 

SlippUmtni  à  [Art  du  Serruritr  , 
ou  EÎTài  lur  les  Combinaifons  uié- 
chaiiiquEï,  employées  particulièrc- 
meiic  pour  produire  l'effet  des  meil- 
leures lerrurci  ordinaires  \  par  Jofepli 
Botierman  ,  de  Tilbnurg  ,  au  pays 
d'Ofteivich ,  Traduit  du  Hollandor, 
&  uiiles  à  tous  les  ferruricts  incclli- 
gensi  public  par  M.  Fcuirv -,  de  la 
Société  de  !  liilofophîe  de  Philadel- 
phie ;  (  Méfiance  tfi  mire  de  Jùrtté  ). 
A  Paris ,  clicz  Lamy  ,  Libraire  , 
quai  des  Au;;u!lins.  1781.  67  paj;. 
in-fol.  avec  (ix  Planthtrs.  Prix  ,  9  liv. 

en  grand  papier  ,  comme  les  Arts 
Ji  iij 


7  5 1     Joufittl  its  Sgévâits  i 

dcdiées  à  Monleigneui  le  Comte 
d'Artois,  Par  M,  l'Abbé  Roiier  ,  de 
.plufiqnrs  Académies;  Sfpar  M.J,  A. 
Mongez  le  fcure  ,  Chanoine  Régu- 
lier de  Saintc-Gïiicviève;  des  Aca- 
démies Royales  dts  Sciences  de 
Rouen ,  de  Dijon  ,  de  Lyon,  Scc.  &'c. 
Tom,  XIX,  A  Paris,  a»  Bureau  du 
Journal  de  Phylii^uc  ,  luc  &  hôtel 
.  Serpente. 
.  Les  Savans  Voient  avec  plaifir  ce 
Recueil  imporrant  pour  !a  Phy(ï- 
quc,  Je  continuer  Si.  s'c:cndrc  avec 
fuucès. 

Ce  premier  Cahier,  de  l'anncc 
îiySz,  contient  des  Mémoires  de 
M.  Ducarla  j  fur  les  vents  Cecs  & 
fur  les  vents  pluvieux  ;  de  M.  de 
Lainanon ,  fut  la  manière  de  déter- 
ininer  les  hatireurs  des  montagnes  , 
par  ie  moyen  du  baromètre;  de  M4 
delà  Mcthcric,  iiir  l'air  inflammable 
des  métaux,  fur  laquanrisé  d'air  put 
qui  fc  trouve  dans  ratmofphère  j 
par  le  céièbre  Scheele  ;  fur  la  rerrc 
Calcaire,  pat  M<  Berniard.  La  d 


Mril  1782:  75  J 

crîption  d*un  zoophite  fîngulier  cjç 
la  mer  Baltique  ,  &  l'Extrait  d  un 
Ouvrage  fur  la  Phyfiquc  animale  , 

Ear  M»  Spallanzaui  y  où  il  cft  fpécia* 
;ment  qucftion  de  la  digîftion  ;, 
rAutcur  prouve  contre  M.  de  Rcau- 
mur 9  que  la  trituration  dans  rcfto<» 
ïtizç  des  oifeaux  gallinacés  ,  n*e(l  pat 
la  feule  caufs  de  la  digcflion.  Dans 
les  ferpens  il  n'y  a  point  de  tritura* 
tion ,  tout  s'y  digère  par  dillolu-ion, 
mais  avec  une  lenteur  (ingulière.  M« 
Spallanzani  a  fait  fur  lui-même  des 
expériences  (ingulières ,  qui  prou- 
vent que  la  digedion  fe  fait  par  l'ac- 
tion des  fucs  gaftriques ,  fans  que  la 
Trituration  y  contribue;  &  que  les 
fucs  gadriques  font  anti-(cpriqucs  , 
&  peuvent  même  rétablir  des  viandes 
gâtées. 

Mélanges  tirés  (Fune  grande  Bi^ 
bliotjiique;  Lettre  X  ,  contenant  les 
Livres  de  Phyhque  du  feizièmc  fià- 
clc;,lettre  Y,  contenant  les  Pvomans 
du  fcîzièmc  fiècle ,  Seûion  quinziè- 

I  i  V 


'^Î4  youTitaî  du  Sçavan$  t 
ms  ;  lertrc  Z ,  contenant  les  Livres 
de  Phyfique  du  leizièmc  (\hc\c  ;  let- 
tre &  ^  conrcnant  les  Romans  du 
feizièmc  (îèclc  ,  Serions  dix-fcp' 
ticme  &  dix  buitténie.  Enfin ,  lettre  ' 
Aa,  contenant  1rs  Li vies  de  Méde- 
cine du  fcizicmc  fîècle. 

Cer  Ouvrage  continue  d'être,  «lus 
que  jamais , une  Cource  fôconded'înf- 
trudtion  dans  tous  les  genres, 

Œu  vus  de  M.  £  Arnaud.  Epreuvts 
Jufintimtnt. 

Cet  Ouv»agc  formera  douze  vol. 
in- 1 1 ,  de  la  groffeur  de  ceux  de  li 
Biblif  thèquc  des  Romans  i  ils  fcronC 
imprimés  dans  un  an  ,  8c  diftiibués 
ks  uns  après  les  autres ,  &:  mois  par 
mois,  à  dater  du  premier  Sepremore 
17^1.  Chaque  volume  fera  payé  j  O. 
fols  broché.  Ceux  qui  voudront  les 
payer  en  une  feule  &:  même  fois  , 
feront  parvenir  iS  liv.  par  lettre 
affranchie  ,  à  M.  Moutard  ,  Impri- 
inçur-Libraire  de  la  Reine,  rue  "*-- 
^athurîtis.  Chaque  volume  parvis 


-éta  aux  Soufcrîpteurs  de  Province  , 
par  k  poftc ,  &  port  franc.  Ccft  par 
erreur  <ïuc  ,  danrun  petit  AvcrtilTc- 
metit  placé  dans  chaque  partie ,  ali 
"Tcrfo  du  frontifpice,  &  d'où  font 
tirées  les  inftrudiolis  précédentes*, 
il  eft  dit  qu'on  délivre  aftucllcmatt 
les  fix  premiers  Tolumey  de  cet  Ou- 
vrage 5  on  n'en  délivre  que  quatre  , 
formant  huit  patries,  chaque  volume 
ayant  deux  parties.  Le  mérite  des 
Ouvrages  de  M.  d'Arnaud  eft  connu. 

Mémoire  Jur  le  Nouveau  Clavecin 
chromatique  de  M.  de  la  Borde  ;  par 
M.  TAbbé  RouJJier.  Suite  du  Sup- 
pJérhent  à  ^Efjaifur  la  Mufique. 

Falfitati  Jupiter  curfum  brevem 
Dits  ai  omnes  vtritati  prajlitif» 
G  R  A  V I  M  A. 

A  Paris,  de  l'Imprimerie  de  Philip- 
pe Dcnys  Pierres^  Imprirticur  Ordt- 
nai.rc  du  Roi,  8cc,  &c.  1781.  24 
pages  i/2-4*^. 

V    M.  de  la  Borde ,  dont  nous  avons 

liv'j 


7;6  Journal  JtsSçavattsi 
annoncé  un  grand  Ouvrage  fur  la 
Mufiqiit,  a  fait  exécuter  un  Clavecin 
à  toucbts  brifces  ,  dans  lequel  les 
dièlcs  {ont  dillingué.s  des  bcmoh. 
Les  divers  inretvailcs  <]uc  fait  enten- 
dre ce  Clavecin ,  étant  tous  le  réiul- 
tat  d'une  fuite  de  quintes  juives  ,  il 
ne  faudra  que  de  i'oreîilc  pour  juga 
de  la  perteâion  du  ryftéme  des  quin- 
res  ;iiftes ,  que  M.  l'Abbé  Roujjitr 
icgarde  comme  le  principe  des  Grecs, 
&  qu'il  a  cxpolé  dans  fon  favanr 
Mémoire  fur  la  Mufique  des  Anciens. 
C'en  cet  Ouvrage  qiiî  a  fait  naître 
l'idée  de  rranfporter  c(.-s  mêmes  prin^ 
Cipes  fur  le  Clavecin  ,  &:  qui  lui  at-' 
furoit  d'avance  la  réuiiirc. 

L'explication  de  ce  Clavecin  eft 
l'ohiet  du  nouveau  Mémoire  de  M, 
l'Abbé  RouJJîer  i  où  il  donne  auIÏÏ 
la  comparai  Ion  de  Ion  fyJlémcavcc 
celui  qu'on  admet  communément 
d'après  Zatlin  &  beaucoup  d'autres. 
»  li  faut  c[ie  bien  imbu,  dit'il,  des 
w  principes  de  Zarlin  ,  &  n'y  avoir 
»  ja.ïiais  apperçu  de  connadiâîon  , 


jtvrll  1781.  7^7 

H  pour  s'accoutumer  à  l'idcc  qu'un 
>>  ion  comme  la  y  par  exemple  ^  ac- 
*»  corde  à  la  quinte- jufte  de  re,  ne 
H  puifle  fervir  de  tierce  z  fa  y  àt 
.>»  nzte  à  tt/  9  &c.  comme  l'ont  écrip 
»  6c  ont  dû  récrire  les  Théoriciens 
»  modernes,  mêmeavaotRAneau^ 
>»  en  fe  bornant  à  commenter  ces 
>»  principes,  (ans  examiner  le  fond; 
>^  car  le  moindre  cxameç  à  cet  égard 
>»  leur. eue  fait  découvrir  rabfurdité 
>»  des  deux  fortes  de  proportions 
n  primitives ,  dans  un  même  fyftê- 
j>p  me ,  incompatibles  Tune  avecTau» 
»  tre,  Se  qui  s'excluent  &  fe  détrui- 
^^fent  ainu  mutuellement  *>• 

Nous  ne  prononcerons  point  fur 
une  queftion  aufli  difficile;  il  faut 
avoir  la  théorie  8c  la  pratique  au 
plus  haut  degré ,  pour  pouvoir  pren- 
dre un  parti  ;  &  même  aâuellemenr, 
des  gens  très-habilcs  ne  font  point 
4*accordavec  M.  l'Abbé  Roufficr  ; 
ils  ont  peine  à  admettre  que  le.rap-i 
port  de  1  à  3  fafle  une  quinrc-jufte'; 
(clui  de  }  à  quatre  une  quarte  juftc; 


7  f  S  JounaS  du  Sçévaas  , 
&  celui  de  4  à  5  ne  faffe  pas  la 
tierce  jufte.  Il  leur  paroîc  que  c'eft 
rcnvcrfer  l'ordre  (impie  &  uniforme 
de  la  nature  ,  que  d'admettre  lel 
premicrî  nombtcs  pour  les  premiers 
accords ,  &  de  les  rejetcer  pour  les 
accords  luivans, 

Dtfcripiion  particulière  dt  la 
France.  DépartCJiient  du  Rhône  i 
Gouvernement  du  Dauphiné.  Doib 
ïicnic  livraifcm.  On  y  nciuvc  une  vue 
de  Montelimart ,  une  de  Die  ,  deux 
du  lac  de  Luc  ,  deux  de  la  Grandc- 
CharttcurCjUnc  du  Canal  dcBredaj 
&  une  du  Rocher  de  la  poric  d* 
France  à  Grenoble. 

Les  eaux  qui  s'écoulent  du  Jat 
quarte  Je  Ceflaux ,  après  aVoir  par- 
couru un  beau  canal  percé  dans  un 
locher  rrès-dur ,  &  erre  dcIccnJueS 
afltz  rapideincnr  en  taifant  divcries 
finuolî[és  fur  ic  penchant  de  c« 
monragies ,  viennent  faire  un  laiiï 
de  plus  de  foivantc  pieds  d—n  '- 
Conibc- Madame,  3c  reçoive 


environ  cent  pas  de  leur  chûre ,  le 
luidèaudccecrevalIcc.Ceseauxainli 
réunies  ^  forment  ce  qu'on  appelle  le 
torrent  de  Breda.  Elles  font  aflcz 
confidcrables  à  cet  endroit  :  elles 
dnt  (ervi  autrefois  à  un  fourneau  de 
fonte  de  fer,  &  à  un  martinet  qui  ai 
•xifté  long -terni  à  la  Martinelle, 
petit  hameau  peu  éloigné  de.  la  çaf*. 
cade ,  &  qui  a  pris  fon  nom  du  mar* 


tmet  même. 


Cette  cafcade  eft  à-peu-ptès  au 
nàxd  9  ce  qu'eft  vers  le  midi  la  caf- 
cade de  Maupas ,  repréfentée  dans 
la  livraifon  précédente ,  &  qui  peut 
lui  fervir  de  pendant  :  Tune  &  l'autre 
font  également  produites  par  l'écou- 
lement des  lacs  de  Ceflaux. 

C  eft  ainfi  que  les  Auteurs  de  cet 
Ouvrage  le  rendent  de  plus  en  plu$ 
intéreuant  par  des  objets  fingulieis  f 
par  des  vues  pittorcfques ,  par  dc| 
graviïres  très-bien  faites  ,  Se  par  àc& 
notices  intércflances^  auxquelles  fucy 
cédera  une  ample  dcfcription  du 
Oaupbioé* 


760'    Journal  det  Sf^fans  , 

Principes  ^Sloqiunct  pour  la 
Chain  &  U  Btntau ,  oh  l'on  tiouve 
des  difcours,  i'.  fur  ks  moyens  de 
convaincre  une  -grande  AdembUe  } 
1°.  la  manière  de  picparcf  les  corn- 
positions ^oratdirci ï  3'.  des  cxcm- 
'  pics  rires  de  Ciciron ,  Démoftbètie  f 
Boifuet,  Bourdaloue  >  SauTÎn,  Til- 
locfon ,  &  quelques  Onteurf  An- 
glois  Si.  Italiens  ;  4S  de  la  chaleur 
du  ftylc  ;  5*^.  des  moFS  heureux  ; 
6".  de  lanoblelTe,  de  r|^aTmonie& 
la  clarté  du  ftyle  ;  7°.  -de  Tonâibn  ; 
8".  de  la  m^motra  ;  9'.  de  J'aftion 
oraioire-,  ^c.  Par  M.  Maury,  Abbé 
Cominandatiûic  de  la  Frenade  , 
VueircG^nérdl  &  Offidal  dv  Lom. 
bcz ,  &  Prédicateur  Ordinaire  du 
Roi.  A  Paris,  chez  l.aniy ,  Libraire» 
quai  des  Auguftins.  Avec  Approba- 
tion &  Privilège  du  Roi.  1781. 
Prix,  4S  fols  relié,  S:  ^ôi".  brocha. 
On  lit  à  ta  tête  du  Livre  «  un  Avis 
du  Libraire ,  que  voici  : 

•'  L'Ouvtage  de  M-  i'AbhcMauryf 
»  Piédicatcur  du  Roi ,  doit  être  utile 


Avril  1781;  j6i 

»  à  toutes  les  perfonnes  qui  tiennent 
>f  un-rang  diflîngué  dans  Je  mondes 
M'Sc  particttlièremffnt  à'  ceux* qui 
if  doivent  octuor  les  Quiirescfarfr» 
n  ticnbes  ou  k  Barreau* 

'  i#  Mci&euts  les  Profefleurs  8c  Mai- 
H  ite%  de  Pcnfion  ,  ne  peuvent  faire 
9f  un  «meilleur  choix  pour  réconir 
n  penfer  ou  donner  des  prix  à  leuf5 
4>  Elèves-»  c-eften  leur  £iveur  que 
»)*ai  ttabli  ce  volume  à  un  ^it 
•»  modique v*  • 

>  Le  mènie  Libraire  vend  à  part 
VEiogc^dc:  Français  Je  Salignac^ 
la  MothfFéndon  ^  Archevêque  Duc 
de  Cambrai ,  Prcccpccur  des  Enfans 
de  France  ;.  Difcours  qui  a  obtenu 
Xautffit  p  au  jugement  de  TAcadc-. 
xnie  Françoifc  ,  en  1 771. 

jinùqud  home  yirtute'ac  fide. 

Ter.  Adeiph.  Ade  3  ,  Se.  4; 

Par  le  même  ,  M.  l'Abbé  Maury. 

'  Refidxlons  philofophiqués  Jhr  to^ 
rifipt  de  la  Civït^ation  ,  &  fur  Us 
moyens  4è  nmedUr  aux  abus  quelle 


y/i     Journal  du  Sçavans , 
intràmci-A  Amderdam  ;  &  fc  trouve 
ji  Paris  ^  chez  Bel  in  ,  Libraire,  tu: 
S,  Jacques,    près    celle   du  Plâtre< 
1781.  I  vol.  in-H^.àe-^yS  pag. 

Nous  en  donnerons  inteffamnienc 
une  idée.  L'Aurtur  avoic  d'abord 
proporéunefourcription  &  donnoit 
cet  Ouviage  pat  Cahiers  ;  mais  le 
Libraire ,  danî  un  court  Avcttillc'- 
ment  qui  fc  trouve  à  la  fin  du  vo* 
lome ,  prie  les  perfonncs  qui  ont 
foufcritpour  le  recevoir  par  Cahiers 
"de  retirer  kuri;  touicripcions.  On 
trouve  aufTÎ  chez  k-  même  Libraire 
des  Exemplaires  de  la  nouvelle  Edi- 
tion du  SptSateur  François  ,  lotis 
]c  titre  de  Peinturt  dti  Maurs  Jk 
fiidt ,  ou  Uufes  &  Difcoursfur  dif 
férensjujets  ;  par  M.  de  la  Croix.  ■ 
Moutard,  Libraire  ,   Imprimeur  dt 

la   Rei/it,  rue  des  Maihurins  , 
,  vient  d^acquérir  lef  Articles  fui- 

vani  : 

I«s  fermons  de  Bourdalôue  ,  ij 
vol.  in- 11,  reliés,  4j  liv. 


-rfmV  1781;  7^1 

I.^  volumes  de  irer  Ouvrage  (è 
vendcnc  toujours  ftpurémenr  9  &  ft 
rrouvent  égalcincnr  chez  lut  ;  cbet 
«ladame  veuve  DeiTainc  9  &  chcfc 
M.  Manin. 

Xable  dès  Sermons  de  B^urdâ^ 
loue,  in^iXnf  chez  madame  veuvfc 
Peffaint ,  Se  chez  Moutard*  Cette 
Table  eft  indifpenrable  pour  les  per- 
iôhn::s  qui  ont  la  GMlcâion  deS 
Sentions* 

R^chines  &. inventions  approu* 
vées  par  MM.  de  l'Académie  des 
Sciences^  7  vol.  i/1-4^,  fig.  116  liv* 

Cet  Ouvrage  fait  luire  à  la  Co'- 
leâion  des  Mémoires  de  rAcadémie 
des  Sciences,  dont  l'année  1778  a 
paru. 

Les  nfiémcs ,  4  vol.  in-foL  On  à 
tiré  quelques  exemplaires  de  ce  for* 
tnat,  pour  faire  fuite  à  la  Collée^ 
Jtion  des  Arts  &  Métiers.  » 

Onviençde  faire  paroître  chez  le 
même  Libraire ,  le  cahier  fuivant  di 
ccue  intérclTantc  Cbllcdion  9  qui  fe 


7^4     Journal  des  Sçavans , 
continue  avec  une  très-grândc  exâc- 
tirudê. 

L'Art  delà  voiIure,par M.  Romnie, 
in-fol.  fig.  8  liv. 

I-cs  peilonncî  qui  font  curieiifcs 
d'avoir  de  bonnes  épreuves,  font; 
pri'cs  de  ne  pas  larder  à  faire  retirer 
ce  Cdhicr. 

Uiâionnairc  Economitjue  ;  pat 
Chomci  ,  conierant  l'arc  de  faire 
valoir  les  ferres,  &z  de  mettre  à  pror 
fît  il  s  endroits  les  plus  ftériles ,  5  vol. 
in  fui.  iîg.  72  liv. 

Livres  nouveaux  qui  vitnncnt  à^ctrt 
mis  tn  vente  chai  'le  mime  Lihraiie,  ' 

<Eavres  de  M.  l'Abbé  de  Voife- 
non ,  ^  vol.  iS-8",  avcl  le  poitTaic, 
de  l'Auteur,  18  liv. 

MM.  les  Soufcripteurs  font  priés 
de  faire  retirer  leur  exemplaire,^ 
(l'envoyer  kur  quittance  dfcloafcrip- 
tion  &  fj  liv.  -: 

Hiftoire  des  Volcans  d'Italie.  P«t 


^vrii   1781.  76  j 

M.  le  Comte  Hamilton  ^    i   voL 
i/2-8°.,  avec  tarte,  relié.  6  liv. 
On  fait  que  les  excinplai|res  An* 

§iois  &  François  de  cet  Ouvrage  en 
eux  volumes  in  -folio  ,  font  fort 
rares,  &  que  leur  valeur  efl  très  con« 
ildcrablc.  M.  TAbbé  Soulavie  ,*Na» 
turalide  déjà  connu  par  Ton  Hidoire 
Naturelle  de  la  France  cqqinoxiale» 
a  cru  rendre  fervice  au  Public ,  en 
lui  procurant  à  un  prix  très-modi* 
que,  un  exemplaire  François  de  cet 
hitclreiranc  Ouvrage ,   auquel  il   a 
ajouté  des  notes  ,  îc  qu  il  a  accom- 
pagné d'une  Carte;  nous  en  ren- 
dions compte  inceflammcnr. 

Hiftoîrc  de  la  dernière  Révolu- 
tion de  Suède,  I  vol.  in- 11.  relié, 
a  liv.  io  f. 

Ecole  des  Mœurs ,  ou  Réflexions 
fhorales  &  hiftonques,  fur  les  leçons 
de  la  fagefle^  3  vol.  i/2-ix.  relié. 
9  liv. 


y66  . 


T  A  BLE 

DES    ARTICLES    CONTENUS 

dans  le  JournsI  du  ^ois'de 

d'AviU  rySi. 

O  Deux  tfpofio  dalC  Ebrako 
Originaltf  &c  -    579 

Ltitres  idijtanui  £*  curieufts  des 
MiJJlons  éirangerts,  60S 

Hijloire  univerJtUt  depuis  le  cem^ 
nuncemtnt  du  Monde  jufqu'à  prè- 
fent.  fci| 

Raour  dt  Prevtnce ,  à  t  Auteur  de 
CHymne  au  Solti/.-   '  '   6jâ 

Oraijon  Funètre  de  Meff.re  Ptemi 
Attgttjîi/t' Bernardin  de -Rojf'et  dt 
Fteury.  Par  M.  le  Boucq.  ^         640 

Trnué  hifiarique  &  raijonni ,  6* 
c.  Par  M.  légier.  646 

Carte  ginérale  des  Fleuvts  f  des 


'  7«7 

Rivières  &  dus  principaux  RucffiJux 
de  la  France.  Par  M.  Dupain- 
Triel.  659 

mjîoire  de  C Académie  Royale  dis 
Sciences.  é6j 

Kong,  vetenskaps  jlcade  mitas 
Handlingar,  684 

Corps  d'Extraits  de  Romans  dé 
Chevalerie.  Par  M.  le  Comte  de  Trefi 
fan.  6fa 

ProfpeBus  Operis  cui  timlus  ,  ô*e. 

Nouvelles  Littéraires.  7I9 

Fin  de  la  Table. 


L,. 


',  V 


V  ' 


■A 


^  > 


■s 


r  »- 


LE 

JOURNAL 

DES 

SÇAVANS, 

POUR 
V^NÈE  M,  DCC.  LXXXIU 

•  ^  MAI. 


A    PARIS, 

kl  Bureau  du  Journal  de  Paris,  rue  Je  Grenelle 
S.  Honoré,  prés  celle  du  Pélican. 


M.  DCC.  LXXXII. 
AViC  PRIVILEGE  DU  ROI. 


AVIS. 

\J  N  s*abonne  pour  le  JouRNAt  \ 
DES  SçAV ANS  aie  Bureau  du  Jour-  ' 
nal  de  Paris ,   rut  de   Grenelle   S. 
ITonorè  ;  &   i^ejl  à  Cadn^t  du  Di- 
reHiur  dt  et  Joumml  qi^il  faut  en- 
voyer le*  objtts  relatifs  à  celui  dts 
Sçavans,  Le  jirix  de  la  Soufcription 
de  l'unnie  efiéi  i6  liv.  pour  Paris\  ■ 
&  dt  20  liv.  4/)  pour  la  Province  ,  1 
foit'm-\x  CK  in-4°.   LeJovRtfAt 
DES  SçAVANSeficompofc  de  qua- 
torze Cahiers  î  il  en  paraît  un  cha-  > 
f  ue  moii  ,  &  deux  en  Juin  &  en  Dé- 
teinkre. 


au«  X*  X*  x#  ^r^  #v  #x  #x  Kr* 


LE 

JOURNAL 

DES 

SÇ  A  VANS. 

MAI.  M.  DCC.  LXXXII. 

GODOFREDT  PlOUC(I^ET\  A. 
X.  Magijîri  &  Philofophiœ  Doc- 
ioris  Lagùes  &  Mttaphyfictx  in', 
Univtrfitai%  TuUngcnJi  P.  P,  O, 
Acadtmidt  Regia  Scientiarum  Be» 
rolin.  ColUga.  Commentationes 
Philofophica  ScUdions  antta 
fcoTsim  cdiice  ^  nunc  ab  ipfo  AuC" 
iorè  rccognita  &  pajfim  emendata 
Traj.  ai  Rhtn.  Apud  BarthoL 
Wiid.  1781.  i/1-4^.  p.  591.  On 
tvi  trouve  dçs  Exemplaires  chez 
Méù.  K  k  i/ 


77^  -  Journal  det  Sfdvans  i 

■  Gogué  &  Née  de  la  Rochelle^ 

■  Libraires^  quai    des  Augaftîos, 
piès  le  Poat  S.  Michel. 

LES  Cens  de  Lecti»  qui  fonc » 
ôuaffcÔcnt  de  faire  peu  "de  cas 
de  la  Méta^hy{iquc ,  paroiflent  ou- 
biier  quelle  elt  l'érenduc  dé  Ton  em- 
pire ,  ou  ne,. pas  fentip- qu'il 'n'e'fi? 
aucune  fcicnce' qui  ne  reubrtiflc  i 
fqn  tribunal.  Si  pat  unjibus  qu'elle 
condamne,  on  a  vu  fouvenc  des  ef- 
piirste  peidre  dans  de  valncifubti» 
litcs,  s'abîmer  dans  des  chimères 
Sr  de*  fiiftibnï  ablurdes',  il  n'en  «ft" 
pas  Àiotn's'V^i'que  toutes  leslcien- 
Cti  butnaines  font  aflufetties  it  Af 
loix:  elle  dirige  leur  march( ,'  pofe 
leurs  limitet,  celles  même  de  Vcf- 
nrit  humain  ,  détermine  avec  ptéci- 
lion  leur  objet,  découvre  &  relève  ' 
ks  etreitrs  de  ceux  qoi  les  cultivent, 
enSn  foumet  ^  fon'  examen  JulquÛ 
leurs  principes  (bndamemaux ,'  8c 
les  appréàie.  Il  àt  (UffitpaCd'eo  avWE 
laie  une  étude  fupetficielle'»  il  tKac 


Mal  lySi,  773 

au  contraire  en  avoir  acquis  une 
connoifTance  peu  commune  ,  pour 
être  en  état  de  fuivre  l'habile  Au* 
teùr ,  déjà  connu  par  pludcurs  pro* 
dgâions ,  dans  celles  que  contient 
ce  volume  ^  &  qui  avoient  déjà 
patu  (éparcment  dans  l'intervalle  de 
vingt-un  ans ,  la  plus  ancienne  ayant 
été  publiée  en  17^5  >  &  la  plus  ré« 
cçnte  en  1779.  Comme  le  célèbre 
Auteui  les  a  revaes  &  corrigées  ,  oh 
les  lira  avec  plus .  de  fruit  dans  ce 
Recueil ,  où  nous  avons  lemarqué  > 
-avec  regret  9  des  fautes  d'impreuîoni 
capables  d'arrêter  &  de  fatiguer  le 
Ledeurr. 

Nous  fatiguerions  (ans  daute  la 
plupart  des  nôtres ,  Ci  nous  préfcn*  . 
rions  l'analjfe  de  chacune  de  ces 
Pièces  j  ce  qui  exigcroit  un  égal 
nombre  d'extraits  ;  il  fuffira  j-  pour 
Tufage  de  ceux  qui  fc  livrent  à  ce 
genre  d*é?udc,  de  leur  indiquer  les 
matières  traitées  dans  ce  volume» 
Les  deux  premières  ont  pour  objet 
la  Cofmogonic    d'Epirnre  ,  &.  ica 

Kkiîj 


:y 


7  -^4    Journal  des  Sçavans  ^ 

idées  de  Pyrhagore.  Il  s'agit  dans  la 
Troifièmc  de  ÏÉpoque  de  Pyrrhon, 
Ce  Philofophe  convenait  qu'il  y  a 
des  vérités  ,  mais  en  foutcnant  que 
vous  ne  pouvons  {)as  les  connoirrc. 
11  ne  nioit  pas   les  apparences  des 
chofcs,    mais  en  affirmant  que  la 
réalité  des  cbofes  éroit  incompré- 
henHble  pour  nous.  Ainfi  il  refufoic 
de  donner  fon  confentement  à  aucun 
dogme  ,  &  ce  refus  s'-appclloit  épo^ 
que  en  grec.  La  Diffcrtation  fui- 
vante  roule  fur  la  folution.  du  pro- 
blème ,  fi  de  rhypotbèfe  qu'il  txi/ie 
quelque  choji  ^    on    doit  conclure 
l'cxiftence  de  Véire  par  excellence  , 
cntis  realijjîmi  fonds  &  originis  om* 
nis  cxijlentiœ,  M.  Plouquct  établit 
Taffirmarive,  &  finit   par   montrer 
que  Ja  définition ,  que  Spinofa  donne 
de  la   fubjlance  ,  fuffit  feule  pour 
rcnverfer  de  tond  en  comble  fon  fyC- 
terne.  Il  difcutc  enfuitc  les  principe* 
cxpofés  pair  M.  Helvétius  fur  la  na- 
ture de  lefprit  humain.  Cet  examen 
lui  fournit   Toccafion   de  prouver 


Jdai  ijSim  775 

contre  Locke  qu'il  eft  impo/nble 
^ue  Dieu  donne  à  la  matière  ia  fa- 
culté de  penfer  ^  &  cela  ,  furrour  ^ 
pat  la  raifon  que  dans  la  matière 
<|ue  Doas  concevons ,  il  y  a  plura* 
liU ,  &  que  la  lubftance  douée  de 
la  Êiculté  de  penfer  eft  nèceflàire* 
ment  individuelle ,  lans  èttc  fu& 
ccptible  d  aucune  diviGou.  II  mon* 
tre  plusaifément  encore ,  que  pour 
l'ordinaire  les  raifons  produires  par 
J' Auteur  même  de  VEjprit ,  mènent 
-à  des  conféquenccs  abrolumenc  op- 
pbfèes  à  celles  qu'il  en  veut  déduire» 
comme  lorfqu'il  eiTaye  de  prouver, 
ijuc  concevoir  ccA Jintir. 

Le  raifonnemenc^  donc  nous  ve« 
cons  de  dire  que  l'Auteur  a  fait 
ofage  contre  Locke ,  lui  fert.  en- 
core pour  rcâificr  ce  que  le  Philo* 
fophe  anglois  a  écrit  fur  ÏSLperfo" 
nalité.  Suivent  des  Obfervations  fur 
la  loi  de  continuité  ou  de  gradation 
propcfée  ^ar  Léibnitz.  L'Auteur 
donne  l'hiftoîre  de  cette  opinion  » 
avant  de   Texaminer  y    Se  montre 

Kkiv 


1 


-• 


77^    Journal  au  Sçàvaris, 

que   les.  bbjeâions-  aa*opj|>ore  M» 
Prcinonval  ne  Jour  pas  bien  fondées  ; 
jk  àprèà  avoir  ra^paccé  if sidéel  (de 
plufieurs  Phiidiophps  ',  pour  jexpli- 
^uer  rocigine  &  iiJcDincnuQdcatioB 
du  mouvement  j  Al  Seeonnoit ,  leur 
infuflfîrance. .  Elles  lui  donnent  lien 
d^examiner  fi   iVxifténce   du  pUin 
parfait  dans  le  monde  nfuttériei  xft 
une  con£éqttence  de  lalôi.de  CQQti- 
nuire  ^  û  on  peut  piaçei!  des  efpèc^s 
moyennes  énçrc  celles  i(]iii  ^ciiftenr  » 
&  Cl  toutes  les  /ubftanc^is  ou  ks  eir 
pèces  de  fubftances  exiftenc  dans  ce^ 
inonde  j  on  conçoit  quis  toutes  ces 
qucftions  amènent  beaucoup  de  rai- 
fcnnemens  très  -  abSiaîts,    Maii  ce 
qui  ne  l'çft  pàS^  c*cft  la  conféquenci:  ' 
que  tiré  rAutcujf^'  queTéchelle  de 
là  gradationdes  êtres  ne  peut  s'étcn*-' 
dre  depuis  la  mjiiiéte.  jusqu'aux  eir 
prirs.,  parce  que  ces  deux  lubtlanc^s 
i\t  font  point  homogènes.  Maisju(** 
qu  où  s'étendîçlle  î  Ccft ,  dirt-il ,  cp 
que  rbonimc j  ne  p^ut  détermi  npu 
Qwant  aux  9^eç$.qu'i^c  f^mbr^Af , 


Mai  i78i..  777 

ce  font,  a}outenc  ils ,  des  cjuanrircs 
qu'il  appelle  interminables  ,  quipeu- 
vc.nt  /c  prolonger  à  l'infini,  ÎJans  ja- 
mais y  parvenir  :  /cala  hac pertinci 
ad  eas  quantitatis  ,  quas  intermina'-» 
biles  voco  ,  &  infinitum  non  nci^ 
fiunt  y  lictt  proundi  pojjintin  infis 
nitum.  j        ■ 

M.  Emmanuel  K^nç  «publia  ea 
17^3  une  Plflcrration  pour  prouvée 
que  de  la ,  podibiliré  feule  d'une 
chofe  fuie  néccflairemenc  l'exlilence 
de  Vétre  par  excellence.  Dans  Texa- 
mcn  de  cet  Ouvrage ,  M.  Ploucqucc 
s'accorde  avec  M.  Kant  fur  pluiieurs 
conféquences ,  fans  convenir  avec 
lui  des  principes  d'où  il  veut  Us 
cirer. 

11  examine  cnfuite  quelles  ont  cfc 
les  idées  de  Thaïes  &  d'Anaxagore 
fur  la  Cofmogonic  ,  &  cette  difcuf- 
fion  lui  fait  conclure  que  les  objec- 
tions propofcespar  Ariftoce,  Cicc- 
ron  &  Lucrèce  ne  porroient  pas  Tou- 
jours fur  un  fondement  bien  folidc. 

M.  Robinet ,  dans  fon  Traité  de 

Kv 


77^,    Jàwnàl  des  Sçavans , 

la  Nature  ,  avoine  avancé  que  AmU 
ct'tniiiAt  ii^^ânticé  du  mal  9  tanc 
phyfiqueqbe  mural  ^  cft  égale  à  celle 
du  bieti  éé  Kijne  &  Taucre  efpèce. 
M.  Ploucquec  difcute  lesraifons  fur 
lefquelles  ^ôite  ce  paradoxe  9  &  les 
trouve  tr^-ipeu  folides.  Il  finie  en 
difanc  qu'il  a  lu  dans  ce  Traité  tanc 
de  choies  «eiëêlltntes,  &'avec  tanc 
de  fatis^aétitin'^  *qu*il  a  éprouvé  par 
lui-même  que 'le  plàiHr  neft  pas  tou- 
jours accompagné  de  Tennui  ni  de 
la  douleuté'  ^ 

le  Prbfeflcur  àeTubingc  ne  dil^ 
cutcpasiafttc  moins  de  fagàcité  ce 
querberivatnfrançois  a  die  dans  le 
même  Traité  ^ui  ïmcomprehenjiii^ 
lue  de  Dieu  >  pour  en  conclure  que 
Dieu  n*e(l  point  un  être  intelligent  ; 
qu  il  n^ighpre  rien  Se-  ne  fait  rien  ; 
qu'il  cft  phji  qu'intelligent;  qu'il 
ncft  ni  1>ofa  ni  firint^  fans  être  ni 
mauvarstil  màlfaifant  ;  qu'il  n*agit 
point  pour  une  fin  ni  par  des  moyens  f 
qu'il  n'cft  ni  libre  ni  nécefiité  ;  enfin 
que  l'être  neft  point  univoque  entre 


Mal  1782.  779 

'£)içu  &la  crcaturc.  La  théorie  du 
Tiicmie  Aurcur  fur  la  phyfqr:  des  ef- 

Îrits  j  &  fuTtouc  ce  ly(>ên7î  dos  h- 
rcs  ftnjitivis  ,  innlU3uilic5  ,  v<7- 
liîivts  y  quM  fuppcfc  dans  le  c?r- 
Vcau-,  mîritoicnc  un  exa;rcn  parti- 
culier  qu'on  trouvera  ici.  Nous  en 
dtlons  autant  des  idées  du  mcme 
"Ecrivain  fur  lorigme  de  la  nature  , 
d'où  il  prétend  conclure  que  Dieu 
éréc  par  la  néceffité  de  fon  efTence  , 
"udc  caufe  cffcntiellement  énergique 
ne  pouvant  pas  être  fans  effet. 

Dans  l'examen  que  fait  enfuifc 
M.  Ploucquet  du  fyftcmc  de  Dérno- 
ctitç  9  d'après  ce  que  nous  ont  tranl- 
mis  les  Anciens,  il  traite  pour  & 
contre  la. qucftion  fi  réterniré  du 
inonde  &  du  mouvement  eft  poflî- 
ble,  &  paroîc  incliner  pour  1  affir- 
mative ,  quoiqu'à  Ion  avis  ,  on  ne 
puiile  pas  en  inférer  que  ce  monde 
c«rftc  de  towtc  éternité.  Comme  il 
convient  que  le  mouvement  cft  de 
lariature-&  effcntieilemcnt/z/cc^^, 
.  reijpace  quelconque  A  étant  «écef* 

Kkvj 


yÎ9    Journal  des  Sçavans  i 

faircmcnt  parcouru  avant  feïpaçe 
B,  on  peut  den^andcr  s*^  eft  podi- 
blc  dt  concevoir  une  fuitç  acfuc'- 
ce  (fions  ,  qui  n'ait  point  de  co^i*^ 
niencemenr.On  conçoit  bien  qu'elle 
peut  être  fans  fin,  pu  qu'elle  peut 
n'être  jamais  terminée;  mais  s'en- 
fuit-il  qu'elle  puilTe  n'avoir  jamais 
commencé?  C cftpeut  être,  auçoxv- 
traire,  parce  qu'on  la  conçoit  lans 
lin,  qu'on  ne  peur  la  concevoir  fan^ 
commencemenyr*  L'Auteur  çonyionç 
que  le  plus  fort  argument  que  Ton 
puifle  oppofer  ,  cft  réîcrncllç  &  in- 
finie aSuù/ùé  de  Dieu ,  d'où  l'on 
conclue  que  lexiftençe  de  la»piatièfe 
&  du  mouvement  peut  êcre  auflî 
éternelle.  Mais  au  fond  ce  raifoo^ 
ncmenr  ne  prouve  rien ,  parce  qu'il 
prouve  trop.£ar 9  de  ce. que lapuif- 
•  lance  aélive  de  Dieu  eft  fans  boc^ 
nés  &  éternelle  ,  s'enfuit  »  il  qu'^e  ' 
puiife  créer,  des  êtres-gui  n^ipknt  - 
l^diS  fims  ?  Si  donc  on^œnçoi^q^ç 
le  mouvement  fucceflSf  aune  chofo 
peut  exifier  (kns.fin  ;,  à  '^^^pfifii  : 


Mai  1781.  781 

•il  paroîc  impoiliblc  qu'il  exiile  ians 
£n»  à  paru  anu  ^  c'ell  à  dire  fans 
commencement. 

L'Auteur  traite  encore  ce  (ujet 
ailleurs  •  liirrout  dans  une  Diflcrta- 
xion  qui  a  pour  titre  ^  de  rtrum  anu  ^ 
durçtione  ,  alierationc  .6*  interitu  , 
&  fait  valoir  lui-même  le  raifonne-? 
ment  qu'on  vient  de  voir.  11  obkrve 
que  reflence  de  la  matière  n  étanc 
point  identifiée  avec  fon  exigence , 
on  ne  peut  intérer  de  fa  nature 
qu  elle  loit  infinie ,  &  qu  ainfi  la 
quantité  de  la  mafTe  dépendant  de 
la  volonté  de  Dieu  ,  qui  la  pro- 
duite &  la  conferve  ;  &  cette  vo- 
lonté étant  conforme  à  la  Tuprême 
fageffe,  que  Tefprit  humain  ne  peut 
mefurer ,  on  ne  peut  démontrer  pat 
le  principe  de  convenance ,  ni  que 
rétendue  de  la  matière  loit  finie  9 
ni  qu'elle  foit  fans  bprnes.  Autre- 
fois il  avoir  penché  vers  l'opinion 
de  ceux  qui  croient  cet  univers  infini 
eu  dprcc  &  en  étendue  ;  mais  il  a 
xecjqpnu  que  leurs  taifonncmcns  ne 


font  pas  air»  folides  :  Jam 
uittriut  ptn/îtaùt  rmionibùs  . 
Jem  nonjalis  Jtimda  tffi  "înt 
Dans  UDc  Di^Tf rtaiiotr'  -fài 
^ine  du  tatigdge ,  après  avoi: 
miné  «ii'â^ient'es- -idées  qui  oi 
prcfcntécs  ftr  cette  matière  » 
qu'en  comparinr  les  raifoDS  di 
^ui  iegaTdt;nt  ile4gn^ge  tomn 
invention  tiumaioe,  avêclesi 
■de  ceux  qui  en  attiifauênt 'l'o 
au  Cicateuf,  ontreonnoîtrs 
■  jours  que  l'opinion  des  demie 
rite  la  prf>férencc:  Jh/omines 
primttvos  immeHiaii  emanièt 
prod'ijft ,  eo/que'  lingaam  ,  fi 
Jim  conaminih'ui  molejiijjimi 
currtntt  ttmporefkt  iângtt  ir, 
qaidem  potuiffi  ;  aSu'xtn  ipj 
dem  e^e  primas  tingutt  i/ivzn, 
rjcionibus  prxpohdefantibus  $ 
dum  eJffvÙeéi         '     ■   ' 

pans  une  aûrré  DiffcT^tii 

la  naiureif  tatticfiiretkiquiti 

^  r Auteur ,  -après    avoir   doni 

.  principes  'iléatentwtes  -  dé  ï 


Mai  1782,  78} 

ntétique  &  de  la  Géométrie  >  patiè 
à  la  Dynamique  >  8c  diicure  la 
queftion  qui  partage  les  Cartésiens 
éc  les  Leibnictens  ,  fur  la  détermi- 
nation de  la  quantité  des  forces  mo- 
trices ,  les  premiers  Teftimant  par  le 
produit  de  la  ma(Ie  multipliée  par 
la  vîtcilè ,  les  féconds  exigeant  le 

Î produit  de  la  malle  par  le  quarré  de 
a  virefle.  Il  montre  que  Lcibnitz 
n'a  point  levé  les  principalei  diffi- 
cultés que  lui  oppofoit  BernouUi. 
On  ne  regardera  pas  comme  une 
des  moindres  Pièces  de  ce  Recueil 
celle  qui  a  pour  titre ,  iie  Pracipuis 
animahumanafymptomatibuSy  non 
plus  que  celle  qui  ^traite  de  Hylo- 
[oifmo  vcterum  &  rectntiorum  ,  c'eft- 
à*dite  de  l'opinion  des  Philofophes 
qui  penfent  que  la  matière  eft  ani- 
mée 9  mattria  vitam  imjfe.  On  voit 
que  dans  celle  ci  y  le  lyftême  des 
atomes,  celui  des  monavies  imagi- 
nées par  Leibnitz  »  enfin  les  idées 
que  M.  Robinet  a  expofécs  dans  Ton 
4/  vol.  de  la  Nature ,  doivent  natvv^ 


784  Journal  dt*  Sçavans  , 
lellcnient  avoir  une  place.  To 
matière  e(l  orgaaifcc  &  pleim 
niiiiaux ,  félon  Lribnicz  ,  &  ci 
pcgE  eue  autiemcncdans  l'hypc 
de  Tes  monades.  M.  Ploucquei 
tÎT  qu'en  1748  il  publia  à  fier] 
Ouvrage,  pour  piouyci  que 
corpi;  cil  oiganifi^  quoiqu'il 
vienne  que  le  lyftcn]e  des  mo 
dcLcibnicz,  ïpuc  ^igt!niçuz 
cft ,  cmbraQq  blcp  des  cbprc 
n'ont  aucun  fpndcmcnt  dans  I 
turc  M.  Robinet  a  louccou  i 
macictc  eft  effiatielUmtnt  oiga 
&  anitnaje  ;  c'eft.d'-abord  ce  qi 
Floucquet  ne  peur  pas  lui  p; 
non  plus  que  beaucoup  d'^utic! 
ùs  qui  entrent  dan»  le  dé  veloppi 
dc^ce  lyftémc  ;  il  y  en  a  même 
ques-unes  qu'il  avoue  n'avoir 
cccc  pas  bien  comprimes.  Pou£ 
fe  borne  à  dire  qu'il  y  a  dans  1 
ticic  des  fo/cts  qui  dérivent  H< 
tuofité  infinit  de  i'Êiic  fupi 
mamfejium  e£ejudico ,  materia 
pîrtt,  idfuttomanififiius&.t 


Mai  1782.  78  J 

p/e  ctnfto  ,    quo   minus  admiuerç, 
wjfum  ,  tficlus  acluofitatis  infinitx 
yiribus  dcriyativis  tjje  dcflitutos. 

Il  traite  cnfuirc.dans  une  Diffefr- 
ration  particulière  des  forces  primi^ 
tives.  11  entend  ^d^x  force  ce  qui  en- 
gendre la  quantité  dans  la  qualité  » 
iquod. gênerai  quantitatem  in  quali* 
iaee.  Si  dans  un  fujet  fe  trouve  une 
raîfon  fuffiianre  pour  que  la  quantité 
d'une  qualité  puifTe  augmenter  ou 
diminuer ,  oti  dit  qu'il  y  a  une  force 
.dans  ce  fujet.  Par  primitif  on  en- 
tend ce  qui  ne  fe  conçoit  pas  par  un 
autre  qui  Toit  antérieur.  Âiod  9  C\  la 
inaticrc  éioit  néceflaire  &  éternelle, 
.elle   feroit    un    principe    primitif. 
L'Auteur  explique  bientôt  après  la 
nature  du  bien  &  du  mal^  examine 
il  l'un  6c.  Taurre  font  quelque  cbo(c 
d^abfolu  ou  de  relatif*)  H,  fuivanc 
l'opinion  de  Cudworth  ,  Dieu  eft 
le  fondement  de  route  moralité ,  & 
dic-Xjue  Dieu  en  eft  efFedivemcnr  la 
pi-emière  règle  ,  mais  que  le  dpi ,  par 
exemple,  n'cft  pa^smal  ^  parce  que 


ytS     JourmH  Jks  Sfkvasts  ^ 

L>ieu  le  haie  te  le  défend,  mais  que 
Dieu  le  haie  &  le  détend^  parce  que, 
cefi  un  mat.  Dieu  n'étant  pas  la 
caufe  efficiente  &  libre  de  Teflènce 
des  cbofes.  Il  établit  enfuite  l'exif^ 
f  ence  de  la  première  caufe ,  6c  ré* 
fute  Je  fyflême  de  ZofoaAte  ,  &  de 
ceux  qui  ont  admis. deux  ou  yln^ 
ùcuis  principes.  Mais  il  traite  àe  la 
narure  du  -bien  &  du  mal  daiis  une 
DiiTertation  particiiliàrc  ,6c  en  parlé 
eneore  dans  une  autre  où  il  tnontrè 
rinfluence  de  la  p[tilofô})fajetonrem- 
plarive  fur  la  |>ra<:4qne  :'  denitmienns 
philofophim  cenumplativa  in  prac^ 
licis.  Comme  il  commence  pat  rcxrt 
tence  de  Dieu ,  il; parle  de  la  preuve 
ue  Pefcartes  a  fondée  ïîir  l'idée 
c  Tinfini ,  fir  que  Mâiçbranche  a 
développée.  Ceux  <{ùi  lent  atta* 
quéc,  comme  Leîbnitz,  Huet ,  tc 
d  autres ,  «ne  lui  paroiilètlt  pas  avoir 
iaiii  le  poin't  }ufl:e  que  Malebrànchê 
avoit  marqué.  Ei^fuite  ^  a^rès  civoir 
montré  le  cihemiti  quMl  fùge  le' plus 
fiipple  pQur  aniveri  celte  véritéV  U 


1 


Mai  1781.  7S7 

conclut  que  la  fociécé  a  bien  des 
maux  à  craindre  de  la  part  des  Athées 
oui 'nient  Texiftcnce  ae  la  Divinité  , 
'  &  qui ,  même  cnfuppofant  la  vérité 
de  leur  afTertion  ,  ne  peuvent  ctre 
afiranchis  de  toute  crainte  ^  puif- 
•  qu'il  leur  eft  impoflible  de  démon- 
-trer  qu'il  n'y  ait  pas  d'autn^s  erres 
•ibpérieurs  à   l'homme.  II   faudroic 
-qu'ils  fufTent  bien  convaincus   de 
plus^  que  leur  ame  ne  iubfiilera  pas 
après  (a  mort.  C'tft  nne  certitude 
qu'il  ne  leur  eft  pas  pofllble  d*ac<- 
qucrijrjcar  i*immatérialiré,  ou  Tin- 
cortuptibiiiré   de   Tame  étant  dé* 
montrée  i  fi  on  examine  férieufement 
le^  raifons  alléguées  pour  &  contre 
l'immortalité  ^  on   reconnoitra  du 
-moins  la  fupériorité  de  celles  qui 
font  pour    raflfîrmativc,    L*Auteut 
coniacre  à  Texamen  de  ces  raifons 
une    Diflertation   particulière  inti- 
tulée I    Difquifitio    rationum    qucs 
tant   ad  jlabilUndam  quant  ai  in* 
fringtndam  animi  humani  immorta^ 
litatcm  affi^rri  pejjunt.' 


i 

78S      Journal  des  Sfavans , 

La  dernière  Pièce  de  ce  Recueil 
eft  intitulée ,  Commentatio  de  ArU 
CkaraSeriJKca  ;  fui/îcitur  Metkodu^ 
calculandî  in  Logicis  ab  AuElore 
inventa  lyô^»  On  fait  que  Lcibnitz 
ne  perdit  jamais  de  vue  le  deffein  de 
trouver  &  depcrfçdionner cette  ca^ 
raclêrijliqut  univcrfellc  qui  lui  pa- 
roifToit^néceiTaire  pour  ce  qu'il  ap- 
pelloit  {^Jpécieu/i  générale.  Il  coh'- 
vient  que,  loriqa'il  parla  de  cette 
fpécjeufc  au  Marquis  de  l'Hôpital  & 
à  d'autres ,  ils  n'y:  donnèrent  pas  plus 
d'attention  que  s'il  leur  avoir  conté 
un  fonge.  M,  Btdiffingcr  n'a  pas  dé- 
fefpérc  de  l'invention  de  Ja  fciéncc 
caradériftique..  En  .1714,  Jean 
Chriftophe  Lçingius^. Proielfeur.de 
Philorophie,  publia  Invcntum  nor* 
vum  QuadraiiLogici  univerfiilis^iStï 
Ton  veut  avoir  une  idée  de  ces  ten* 
tatives  >  & .  de  quelques  autres  y,n 
faut  voir ,.  dans  cet  Ouvrage»  ce 
qu'en  dit  M.  Ploucquet  ;  &  il  eft>né« 
cefiairc  d'y  aYpirrç.cours,.pourcoii-i 
noîcre  fa  méikodc  de.caUulir^té^ntU,  . 


t  « 


Mal   1782.  78^ 

li  faudroic  que  l'Extrait  fuffilanc 
pour  en  donner  rintelligcncc  tûc 
à*pcii-près  auflj  long  que  l'Ouvrage 
même. 

[  Extraie  de  M*  Dupuy.  ] 

■ 

S'I  s  TOI  RE    univerfel/c  ;   Sup- 

'  ptémens   de   rHiftdirs  ancienne 

.  tirés  des  nouvelles  Edifions  an- 

gloifcs.  Tomes  XXXIII,  XXXIV 

6c  XXXV.  A  Paris,  chez  Mou-' 

raid.  Imprimeur- Libraire  de  la 

-  Reine  »  de  Madame  &  de  Mada* 

me  la  Comteflc  d'Artois ,  rue  des 

Mathurins,  hôtel  de  Cluny.  lySi» 

Avec  Approbation  &  Privilège 

du  Roi, 

CE  grand  Ouvrage  n'a. pu  être 
porté  tout-d'un-  coup  au  degré 
de  pcrfcâion  dont  il  pouvoir  être 
folceptible.  Dans  les  différentes  Edi- 
tions^qu'on  en  adonnées,  les  Sça- 
vans  ont  fait  ou  des  corrections  ou 
des  additions  importantes  que  les 
nouveaux  Editeurs  n  ont  pas  cru  de- 


7^0    Journal  des  S^avans  j 

yoiT  négliger  \  &  comm?  le  corps 
de  l'hiftoke  ancienne  eft  terminé  , 
ils  ont  deftinf  quelques  volumes  à 
CCS  additions  &  correâions.  Il  eue 
peut-être  été  plus  utile  de  \zs  placer 
chacune  à  la  fin  des  articles  aux- 
quelles ellei  ont  rapport  >  ou  3  lorf^ 
qu'elles  font  très*  courtes ,  de  les  met? 
tre  en  notes  au  b#s  des  P«gcs  ;  pamU 
le  ledeur  aurpic  eu  fous  les  yeux 
tout  ce  qui  concerne  le.  même  lujet. 
Parmi  ces  additions,. plufieurs  font 
des  ouvrages  confidérabies  >  d'au- 
tres ne  font  -  que  de  fimples  notes. 
.  Les  Editeuts  ont  placé  dans  le 
premiçr  des. volumes,  que  nous  an* 
nonçons,  des  notions  piélimînaires 
qui  croient  nécefTaires  pour  Tintelli- 
gcnce  des  cartes  géographiques  % 
elles  préfcntent  une  efquifle  générale^ 
des  premières  cAtmaUf^nçcs  dç  la 
Géographie ,  avec  la  di  vifion  du  glo* 
bc>  qui  doit  être  milieu  commence» 
ment  de  tout  rOuvrage.  Vient  en- 
fuite  un  fupplémenràl'hiftoired'fi» 
gypte  y  qui  itsijktm^  i'éDumératioi) 


^ 


deplttficurs  yilics  de  certe  conttéc  ^ 
clone  oa  n'avoir  poinr  parlé ,  ou  fur 
l$%iieUe&  oq,  ac  s  «toit  ms.  aflès 
ymà^t  fie  lia^  inarccaq  ^iiet  coniî- 
cÙnOOé;  Jte^riOftoiftt  des  luib,  de- 
puis ;Imc  ibreic  de  J'Erre.  Ce 
juaorçfêÊh  9Wcrc.  une  ample  deC* 
^1^14»»^  la/Tçrre  promit  8c  Iç. 
poffflgiS'ilc^  Tribud  ;  il  ed  t f  mpli  de 
lioduirGlips:  «urte^ib  <  fut  la^  ferrai  té 
4ii<M|iht.iur.  tes  ricbeilès  de  fan  (ol 
^:  lès-  dtflSijeotes  produâlonx.  On 
-^^CQ^.  p«?  Moyle  que  ce  pays  produis 
{^ïxi  M'  abondance  le  h  ornent  8C 
lV>rge  9  des  vignes  ^  des  figues ,  des 

S*  nades  »  de  1  huile  d  olive  »  du 
^:  du  Cttivrç  4  ^  qu'il  furpaflToic 
i'Cei;  égard  TEgf  pte.  Plu6eurs  cir- 
CDnfttoçes  ofit  contribué  à  lui  don- 
ner cette  étonnante  fécondité  ;  l'ex* 
Cjpllefitc  température  de  lait  qui 
ft*éprPUiVî0  ni.aes  cb^^ursexceflives  ^ 
ni  des  fioi.ds  tigoureiix  ^i  la  régula*-; 
rîfé.;dc3^i«ifon$ ,  un  fol  naturelle* 
s«ent  ffifi^ic  fertile  ^  qui  ne  de-« 
mandoic  ni  labourage  ni  engrais^ 


79 1     Journal  Jes  Sçavans , 

Lorfqu'dh    lit  daiii  rEcrfturc  I« 

defcripciotis  qu'elle  en  -  donne  ,  il 

faut  le  (bui^cnlr  qucs?  cette  cont  éc 

étoit  aloir^  habita  par  un  peuple 

indudrieux  qui  èh^loyoît*  jufqu  au 

dernier  pouce  de  terre  «  6c  qui  a  voit 

forcé  les  lieux  les  {jluir  ftériles  ^  &, 

jùfqu  aUx  défcrtjf^    à  donner  One 

produâion  à'forcê  de  culture;^  Voilà 

Un  ràbieaii  birènr  di^rnit  de^  celui 

que  quelques'  Êôrivatn*  hiodtfrnéS' 

tbnt  de  ce  pays ,  qu'ils  Veulent  faire 

regarder  comme  pauvre  &  miféra- 

ble.  La  fécondité  -de  la  Paleftihe  a 

été  vantée  pat  Ju:ien  rA{>6ftàt;  mais 

l'opprèffion  oh  U  «tient  aujourd'hui 

le  joug  Ottornan'i  les /guerres  ^«î 

ont  précédé  9  font  des  ^ciiufes  pkur 

que  luflfiianres  pour  r«voir  réduic 

en  déiert  ;  &  fi  notU  en  jugeons  par 

rafpeâ  qu'il  pré4^te  aujourd'hui  »^ 

il  lemblc  ^uelainatûre  elle-même" 

Tait  rendu  incapable  de  culture. 

^  Ce  'morceab  ta  fiiivi  de  difi%retis^ 

autres;  Tun  cft  Un  fuépléitienft  "è^ 

Fhifloi^rt  des  Cultes  ;  k  feeoiîd  à  ' 


r 

Mai  17  Ji,  79  j 

celle  de  la  Grèce;  le  troidème  eft 
une  hifioire  de  Thèbes  >  depuis  le 
tems  où  elle  fe  forma  en  irpuolique 
)a(qu*à  celui  où  elle  fiic  hib}uguèe 
pat  Philippe  de  Macédoine.  On  y 
trouve  la  continuation  de  la  guerre 
des  Phocéens  9  &  celle  de  Thiftoire 
des  Ârcadiens ,  des  Corinthiens  , 
des  Argiens ,  des  Theflaliens  5  des 
Eléens  &  autres  petits  Etats  de  la 
Grèce»  Les  Auteurs  entrent  enfuite 
dans  un  grand  détail  fur  la  Retraite 
des  Dix* Mille.  Un  morceau  fore 
étendu  qui  contient  fhiftoire  des 
EtTufques ,  termine  le  volume  }  3  ^« 
On  doniie  une  defcription  de  l'E- 
trurie ,  &  on  recherche  l'origine 
des  noms  de  fes  villes  dans  les  lan- 
gues orientales.  On  examine  quelles 
font  les  anciennes  lettres  étrufques 
qui  paroiflent  alfez  fembiables  à 
celles  que  Cadmus  porta  en  Grèce. 
Tout  ce  morceau  eft  curieux  &  tem- 
pli  d'érudition  otientale. 

A  la  tête  du  34.^  volume,  dans 
un  avertilTemem  »  on  rend  compte 

Mai.  Ll 


7ÇI4    Somnulia  Sçavâtts^ 

Àc  plulîeUTS additions  &  correâions 

3UC  les  nouveaux  Editmrs  ont  cm 
evoit  infcrcf  daos  ctrtce  Edition 
françoifc.  Elles  Joot  tirccs  de  la 
ttaduâtoD  aUcm^ndc  taue  par  M. 
Baumgartcm  &  par  plufîeurs  S^a- 
vans  qui  s'ctoicnt  alfoocs  à  lui 
dans  ce  tiavail.  Ils  ont  d'abord  rec 
tîBc  pluncuTScrrurs»  cnfuiccajOLité 
(les  ccIaircilTemcns  utile»  a  tous  les 
Ledcurs.  Csipcndant ,  pour  éviter 
le  repiochc  d'une  minuticuf:  pTO- 
lixicé,  les  Editeurs  ^aocoisontlup- 
primé  ou  réduit  ur.e  toule  de  ic- 
nurques  qui  ne  leur  ont  point  patu 
il  une  certaine  im|.-oTtance.  Ces  lup- 
p'cmens  conticiiiicnc  des  trairés 
co  itts  &  lumineux  fur  la  cbronolo- 
eie,  fur  d  ffércns  peuples  »  &  ten- 
dent à  cclaircic  tout  ce  qui  concerne 
l'ancenne  hilloiie.  Ces  lupplcmcns , 
qui  n'cxcédttont  pas  le  nombre  de 
quatre  volumes ,  tciminerout  Se 
complet  te  root  l'hiAoïre  ancienne.  Il 
ne  reliera  plus  que  lâ^'table  des  ma- 
licics  ic   U  table  cbxonoli;-'-  - 


Mai  lyitm  79 J- 

pour  cette  partie  s  comme  elits  fe- 
f  ont  fort  étendues  ^  on  les  publiera 
concufjcmment  avec  les  premiers  to- 
mçs.  de  Thiftoire  modsrne  ,  afin  de 
ce  pâi  Interrompre  le>  cours  &  la 
icâore  de  Thiftoire.  Le  Libraire  pro- 
met de  donner  grads  aux  foufcrip- 
tCMKf  ^  aa  mois  de  Janvier  1783  f 
i]a  iupesbe  deffin  fait  par  M.  Co- 
cfam  ic  gravé  par  M.  de  S«  Aubm  9 
qiit  fervira  de  ^ontilpice  à  cette 
*hiftoire* 

Le  premier  de  ces  morceaux  ren- 
fermés dans  ce  volume ,  eft  une  hif- 
taire  des  Ombriens  &  des  Sabins, 
avec  un  détail  abrégé  fur  quelques 
assures  peuples  anciens  de  riralie» 
pour  (ervir  de  fupplémenr  à  ce  qui 
en  eft  dit-  dans  le  tome  18^.  On  y 
recherche  lorigine  des  Ombriens; 
en  donne  la  ddcription  de  leur  pays 
&  une  idée  deleurs  loix  &c  de  leurs 
ufages  ;  après  quoi  ott  p^e  à  lear 
hiftoirc  ;  on  iuic  ic  même  plan  pour 
les  Sabins  ;  viennent  entuite  oiâFé* 
xcBS  aiorceaux  ai&z  cou  rts ,  qui  1er- 

Liij 


79(5  Journal  des  Sçavans  , 
vtnt  de  corrcflions  à  ce  qui  a  été  dit 
dans  les  voKimcs  prtcédcns  ;  une 
hiftoire  d'Egypte  ,  par  Chriftophe- 
Guillaume  Bayer ,  dans  laqucUt 
l'Auteur  fc  propolc  d'applanii  les 
difficultés  de  la  chronologie  égyp- 
tienne t  fur  laquelle  on  eft  fi  fort 
parcage.  M.  Bayer  prétend  que  ce 
ne  font  point  les  planètes  ou  les  élé* 
mens  auxquels  les  Egyptiens  ren- 
doient  déshonneurs  divins,  qui 
peuvent  iervir  à  expliquer  les  tems 
des  Dieus  :  ce  font ,  dic-îl ,  les  hom- 
iTiES ,  puifque  les  Dieux  de  ces  cems- 
là  croient  nés  en  Egypce.  Le  règne 
des  Dieux  commença  loi  ans  après 
le  Déluge.  Cham  h  retira  en  Ethio- 
pie avec  fes  tnfans  ,  &  delà  vint 
en  Egypte  ;  car  l'Auteur  veut  que 
l'Ethiopie  ait  été  plutôt  habitée  que 
l'Egypte  ,  qui ,  félon  lui ,  en  cit  une 
Colonie.  Le  règne  des  Dieux  dura 
331  ans ,  &  finit  à  la  i/=  année  de 
Menés,  4J1  ans  après  le  Déluge. 
Pour  développer  toures  ces  idées 
lui  rhiUoiiCj  i'Auccui  coRimenc 


Mai  lySir  757 

par  examiner  les  fources  dans  ief- 
quelles  on  peut  la  puifer.  D  après 
cet  examen ,  il  propofe  des  règles 
générales  fur  Tufage  que  l'on  peut 
fiiire  des  diâFérens  Auteurs  ,  pour 
fixer  la  chronologie  égyptienne  6c 
diftioguer  les  Dynafiies  qui  ont  ré* 
gné  fucceflivement  d'avec  celles  qui 
lont  collatérales;  Il  eft  difficile  de  ie 
fuivre  dans  ces  difcuffions  épineufes  , 
qui ,  pour  être  bien  faifîes  ^  doivent 
être  développées  ;  ce  qui  nous  en- 

fagcroit  dans  des  détails  trop  longs. 
l'Auteur  nous  paroît  marcher  rapi- 
dement &  peur«-êrre  admettre  ,  dans 
]e  rapprochement  qu  il  tait  de  plu- 
fîeurs  Princes  pour  n'en  former 
qu'un  feul ,  un  peu  trop  de  conjec- 
tures qui  ne  font  pas  afTez  folidc"- 
ment  appuyées.  Suivant  M.  Bayer  , 
Séfoftris  eft  le  même  que  Selac ,  que 
Siilofichermès  &  que  Cadmiis  qui 
vint  en  Grèce.  A  cette  occalîon  il 
fait  quelques  réflexions  fur  la  chro« 
nologie  des  Grecs  ;  ce  qui  le  con- 
duit à  examiner  l'époque  du  iiégc 

L  1  ii  j 


79'  Journtt  des  Sçavant  i 
Se  Troye  S:  même  l'hiftoirc  de  ce 
Royaume.  I!  (ait  aller  S. f.fltis  dans 
Je  nord  ,  &'  le  .confoiiii  tncote  avec 
Vodin  ou  Odin.  A  la  morrfon  vafVc 
Empire  hir  paTtagé  cniif  fcs  fil;..  On 
'  tiiiuvc  ici  dts  Kccs  ion  eirraordi' 
naire?.  Les  Au'cufs  Adj^Iois  ,  en 
traitant  rh.ïloire  HEs^iprc  ,  ù  font 
conrcnrés  d'cxpofer  fimplcmcnt  les  . 
faits  (juft^es  ariciciis  H.ft  r;cns  nous 
en  oi.c  coii'.civés  ;  ki  l'Autturs'tn- 
gage  dans  une  ^cn'e  de  cuii,ciSijrcfe 
hardies.  Partxcmp'e,  il  don  ru;  au 
Koyaume  de  1  royc  i;ne  étendue 
inirnailt  qu!  a  Iri  in:oiiinic  |uU]u'à 
ptcfcnc.  Ce  Royauriie,  d't  il,  i*C- 
tcndoit  dc(iQ;s!aniicr  M^d  terrannée 
juk^ii'eii  Norvège,  Si  depuis  les. 
louîccs  de  J'Indi)S  j'.ifqn'au  iltiin.  Il 
examine  tnluiie  comment  ce  puif- 
jant  &  vafle  Emiire  a  (té  icrvtrlé; 
il  [;tn(c  que  ce  ne  lonc  point  les 
G:  ces ,  mais  les  Egy P  icns ,  qui  ont 
pus  Troye  ;  c'cft  Mœiis ,  fils  de  Se-  , 
lollris  :  voilà  des  idtts  bien  nou- 
velles. L'Auteur  termine  ces  rccher- 


ches  par  une  table  chronologique 
qui  préfenre  fous  up  coup«d'œil 
tout  (on  ryficme.  On  y  voie  Séfof^ 
Cri$  contemporain  de  Sal<0non,  Mci« 
fî$  ou  RaiHtcs  Ton  fils  ,  qui  lui  luQ» 
cède  »  pôtte  la  guerre  dans  Flnde^ 
&  i  ion  fclour ,  en  896 ,  il  prend 
Troye.  Mémnon  là  prend  encore  en 
iSçx.  Nous  craignon*'  beaucoup  que 
rÂureur  »  dans  tout  ce  morceau  9 
De  fe  Coic  un  peu  trop  livré  à  fon 
sniagiliâtidn  &:  n'ait  abulé  de  lès 
Vaftcs  coûnoiflànccs. 

Ce  volume  cft  terminé  par  une 
ibite  4?  notes  plus  ou  moins  éten» 
(dues  fur  rOuvrage  cptier  ,  &  on  les 
continue  dans  le  le  volume  fuivant  ^ 
en  indiquant  le  tome ,  la  page  &  la 
ligne  ou  cltlss  doivent  être  placées* 

Après  ces  notes  viennent  difi'eren* 
'tes  obfervations  Se  diflertations  ;  la 

{première  a  pour  objet  l'hiftoire  de 
"Egypte  9  par  Jean  Salomon  Scm- 
ier.  L'Auteur  examine  d'abord  1^ 
fources  dé  rhiidoire,  &  enfui^ 
putk  aux  Dynafties  égyptiennes  y  jl 

Lliy 


Soi     Journal  dts  SçaysnSf 

i/LT  s  s  E,  TragéJU  en  cinq  actes". 
Par  M.  di  Rockefort ,  de  l'Aca- 
dcmic  des  Infctiptîons  &  Belies-  | 
Lcrtrts.  A  Paris,  cher.  Michel 
Lambert  &  F.  T.  Baudouin ,  Impr.- 
Libraires  ,  me  delà  Harpe,  près 
S,  Côme.  1871.  m'I**.  104  pa^. 
es,  &  les  Préiimiiuirès  16. 

C'est  fans  doiire  au  Tràdnci 
tciir  en  vers  de  l'Iliade  &  de 
1*0 dv fiée  ,  qu'il  apparncnt  de  trai- 
ter k'  fiijet  d'Ulyire  ,  &  la  Pénélope 
de  l'Abbé  Gcneit ,  matgié  quelque 
foible  (uccès  qu'elle  a  eu  dans  le 
tems,  ne  devoit  pas  empêcher  utl 
Auteur  aufïï  nourri  dtioraère  que 
M.  dt  Rochefort ,  de  traiter  de  nou- 
veau le  même  fujer.  On  pourra  tfou- 
ver  que  c'cft  avoir  attendu  un  peu 
tard  à  encrer  i  carrière  Dia- 
matiquc  ;  on   '  :  craind/e  qlicî 

ce  q'.i'on  apj  ige  du   Thtâirt 


ne  nianc" 
vtaoe  à 


cVft  i  I 


Mai  1781.  80} 

vagues  &  à  CCS  confidérations  étran- 
gères. 

Ce  n*eft  pas  qu'on  ne  puiflc  tou- 
jours dirpurcr  fur  quelque  partie 
do  plan  le  mieux  conçu  :  nous  ne 
connoifTons  >  ni  dans  le  Théârre  des 
Grecs  >  ni  dans  le  Théârre  François ^ 
les  deuxThéârres  vrair-mblab  emctic 
les  plus  approchans  de  la  pertedion  , 
aucune  Pièce  contre  la  table  de  la- 
quelle il  ne  s*élève  des  objeâions  au 
iraifonnabies  ou  fpccieuics.  Ce  ne 
fera  donc  pas  beaucoup  diminuer  le 
mérite  de  Ja  Tragédie  d*l/lyjfc  que 
d'en  cenlurer  le  plan  à  quelques 
égatdsr  Les  taures  ne  font  prefque 
rien  ,  Û  elles  amènent  des  beautés.' 

Les  Amans  de  Pénélope ,  qui  côti- 
fument  eh  tcftins  les  tréfors  d'Uiyffc', 
qui  font  la  loi  dans  fon  palais  ,  qui 
menacent  les  jours  de  Ion  liis  &c  qui 
Veulent  obliger  Pénélope  à  époulec 
l'un  d  entr'eux ,  quoiqUw  ce  mariagç 
doive  mcrrre  fin  à  la  tiranniedc  tous, 
«ccpté  d*un  lèul  ,  font  uii  point 
ct>niacfé  par  la  Fable  &  auquel  oa 


S04     Jourmal  des  Sçavans  i 

ne  peut  jrien  changer  ^  c'eft  au  Lec«- 
.teur  à  fe  conformer  aux  mœurs  & 
aux  idées  du  tcms  donc  il  s  agit  ;  c*eft 
à  lui  à  fe  laifTer  doucement  entraînée 
par  Homère  s  &  peut-être  M»  de  Rô- 
cheforr  »  toujours  û  fidèle  à  ce  Prince 
des  ÎPoëtes^  eût-il  dû  ne  pas  s'en 
écarter  dans  un  endroit  que  nous 
allons  indimièr  Se  qui  concerne  le 
nœud  de  la  rièce. 

Ce  nœud  coniîfte  principalement 
dans  la  nèceffitél  laquelle  Pénélope 
eft  réduite  >  de  faire  cKoix  d*ua 
Epoux  parifni  fes  Amans.  Pénélope  9 
dans  le  ii.^  Livre  de  l'Odyffée, 
déclare  à  fes  Amans  qu'elle  prendra 
pour  Epoux  ^  tdui  .a  entt'eux  qui 
pourra  tendrclW'd'Ulyfle  ,  ic  lan^ 
cer  cdinme  lui  une  fieche.qui  tia* 
verfe  douze 'àhneàùx'  alignés  fur  line 
même  file  'y  cette  çonduion  exigée . 
par  Pénélope  efl  un  bonimage  pouf: 
UlyfTe  >  hommage  naturel  &  qui  n'a  | 
point  Tait  d'une  défaite  ;  perfonne  , 
ne  peut  trouver  mauvais  qu'^nç 
Epoufe  fi  tindrè  &  fi  fidèiley  forcée 


Mai  I7S2.*  S05 

de  (è  remarier ,   veuille  retrouver 
dans  fon  fécond  mari  les  qualités 
qui  ont  diftinguc  le  premier ,  &  qui 
peuvent  le  lui  rappeller  :  M.  de  Ro- 
cheferc  a  cru  devoir  imaginer  quel- 
que chofe  de  plus  frappant  ^  de  plus 
tragique  «  &  qui  format  un  coup  de 
^  théâtre  plus  décidé.  Il  fait  dire  i 
Pénélope  9  dans  une  alTemblée  fo- 
lemnelle  ,  en  préfence  des  Prêtres  » 
à  la  face  des  Tyrans  »  devant  Télc- 
znaque  &  Eumée  >  Se  même  devant 
Ulyflfe  qu'elle  ne  connoit  point  en- 
core &  qui  jouit  de  fa  fidélité  : 

Pour  mon  nouvel  Epoux  je  reconnois  enfin 
Celui  de  qui  la  main ,  méritant  ma  coo^ 

quéic. 
De  l'un  de  Ces  rivaux  m'apportera  la  téce»  ) 

Lorique  dans  Rodogunt^  Cleo- 
pâtre  demande  à  fes  fils  la  tête  de 
cette  Princeflc ,  &  qus  Rodogunc 

5ar  repréfailles  leur  demande  la  tête 
e  leur  mère  ^  nous  n'examinons  pas 
quel  peut  être  le  mérite  de  cette 


So6    Journal  dis  Sçavans , 

afFreufe  fiâion  \  mars  enfin  on  en« 
tend  bien  ce  <qUé  demandem  8t 
Clcoparre  &  Rodogune,  Que  de- 
mande Pénélope  &  que  faur-il  faire 
pour  la  mériter }  lui  apporter  la  fêté' 
d*un  de  Tes  Amans.  Duquel?  Si  dcut 
d'entre  eux  lui  apportent  chacun 
une  tête ,  Ici  épouferâ-t'clle  tous  les 
deux  ?  Si  tous  s  cmprcffent  d'obtenir 
fa  main  ^  ils  sVntrctueroftt  donc  tons 
&  elle  cpoufcra  le  dernier  qui  réC- 
tera ,  s'il  en  fêûc  un.  Qai  ne  voip 
que  la  proportion  de  Pénélope  eft 
une  défaite  &  une  dérifion  aitîèrc  ? 
Mais  fi  elle  peut  fe  débarraifcr  ainft 
de  fes  Amans  par  une  défaire,  tWt 
li'eft  donc  pas  dans  leur  dépttîdatice  \ 
elle  croit  donc  n'avoir  rien  à  tedouter 
de  leurs"  attentats  nî'pouif  elle!  nt 
pour  fon  fik  ;  elle  n  eft  donc  point 
néceffitéeà  faire  un  choix  entre  eux  , 
&  dès-lors  que  devient  rihtérct  dd 
fa  fituation  2  D'un  âiitre  côté ,  ce 
coup  de  théâtre  a  le  rriérite  dé  pfôV 
duire  de  î*effct.ïur  les  pcrfoiinages 
pré/cns    &    iiitèttflGîs  \  il    raflurt 


Mal  1781 ."  807 

UlyfTc  ;  il  encourage  Télémaquc  ; 
il  conlole  Eumée  ;  il  lème  la  divi- 
(ion  &  Ja  défiance  parmi  les  Amans 
de  Pénélope  ;  &  9  comme  nous  l'a- 
Tons  dit,  les  fautes  tachcrées  pat 
des  beautés ,  font  au  moins  excufees« 

Les  gens  d'un  goût  (evère ,  ou  les 
Rivaux  que  M.  de  Rochefoa  vient 
d'acquérir  par  cette  excurfion  dans 
la  carrière  du  Théâtre ,  Se  par  celles 
qu'il  annonce  encore  ^  ne  manqua- 
Tônt  pas  de  prétexte  pour  trouver  les 
différentes  reconnoiffances  dont  ce 
fujet  abonde ,  tantôt  brufquées,  tan- 
tôt traînantes.  Des  juges  plus  indiiK 
gens  ou  plus  juftes  jugeront  que.l'Au* 
teur^  du  varier  la  forme  de  ce^  re* 
connoilfances ,  &  que  ce  n'étq^t:aas 
une  cbofe  facile. 

On  pourra  encore  trouv'cr  que  la 
jaloufie  qu'infpire  Circc  à  Pénélope  , 
quoique  naturelle  ^  eft  celle  d'une 
Bergère,  d'une  jeune  Amante,  &  n'a 
pas  toute  la  dignité  qui  convient  aa 
caraâcre  de  Pénélope. 

Mais  quelque  jogemeht   cjol'ow 


8o8  Journal  iis  SçavaxSf 
porte  du  plan  &  de  la  ftrUifiurc  g^- 
nciale  de  Ja  Pièce  ,  on  ne  pourra 
s'empêcher  d'en  aimer  beaucoup  plu- 
fieurs  décails,  d'y  reconnoînc  une 
vcriification  douce  &  facile  ,  un  flyle 
pur ,  formé  fur  les  principes  &  les 
exemples  de  la  faine  Antiquité',  qui , 
aumeiite  du  naturel)  joint  quelque- 
fois  le  mérite  du  fcniîraent  &  l'uti- 
lité d'une  phîlofophie  aimable.  Il 
eft  beaud'L'QiendreUlyirc  parler ainfî 
de  lui-même  à  la  tav>.ui  de  fon  dé- 
guifcmenc  : 

Les  ccEurs  infortunés  aifémcHt  s'atiendriC- 

JeipUinsccRolfamcuijqni,  de  la  gloire 

Pour  luivreuac  ombre  vaine,  a  ^uîtl^  fou 
paysi 

Qui ,  pour  UQC  querelle  à  (on  peuple  éttan- 

gère, 
L'abandonne  j  des  maoi  plus  cruels  que  U 

Jeic  plains  de  l'cricur  qui  l'avoic  égaii , 


V 


Mcu  17S2.  809 

Quand  y  parmi  les  âacceurs  dont  11  fut  ea- 
couré  y 

n  crur  voir  des  amis ,  qui,  durant  Ibn  ab<- 

fence , 
Soaciendroienc  de  l'Etat  la  gloire  &  la  puK- 

fâacej 
Sans  (ônger  que  les  Rois  (ont  bientât  on* 

bliés  y 
Ec^ue  l'EtcIave  ingrat  qui  rampoit  à  leurs 

pieds. 
N'aime  point  la  vertu  qu'il  ne  fauroit  coa« 

noitre, 
Ec  ne*&it  aucun  bien  loin  des  regards  du 

Maître* 

L'entrée  d'Ulyflc  fur  la  (cène  ^ 
entrée  qui  fait  auffi  Touverture  de  la 
Pièce,  développe  dans  ce  Héros  une 
fenfibiliré  intércflante  ,  jointe  à  U 
prudence  qui  le  caradérife  : 

Je  puis  enfin  d'Ithaque  embraflèr  le  rivage. 
Ah  X  je  les  reconnois  ces  rochers ,  ce  bo- 
cage > 
Cet  antre  obfcur  &  faînr,  où  ma  main  tant 

de  fois 


8 10     Jouriut  ies  Sfavans  f 
ftiieatA  fÔD  oâiaiule  aux  Nymphes  <Ie  ctt 

bois .  • .  • 
Pénélope  en  Ton  CEcur  conferve- t'elle  cn> 

COrC 

Le  tendre  fouvenir  d'un  Héros  qui  l'adore  | 
AuioJc-elle  oublie  nos  latines ,  nos  adùux,     | 
Ncis  ferniens  èe  tendreiïe  entendus  pai  Ici     * 

Dieui  î 
Et  ce;ie  armure  enfin  de  feipleiîrs  humeftée, 
Far  romains  enrichie  &.  du  cempiierpe^ée. 
Qu'elle  -  même  en  tremblant  aiuclia  fat 

moiiccBur!. ... 
Saclions  fouffiir  en  hanmne  Si  tiiompher  en 

Roi. 
Péncitons  en  fecret  dans  Ic.^  remparts  d'I- 

ConnoiHons  nos  amis:,  épiouvoDs  Tél£- 

niaque, 
Obicrvons  Pénélope  y  &  fans  nous  tîécou- 

Voyi'ns  quels  feniittieus  Ton  cœui  a  pa 

lïup  malheureux  mottels  1  la  fombie  dé- 
fiance 
£il  (iouc  le  triCle  fruti  Je  votre  t 


Mai  1782.  811 

Après  lies  jours  remis  de  peiaes,  ie  tra* 

vaux, 
Le  (bopçon  douloareoz  Wenc  aggraver  ?O0 

niaaz. 

VoiU  de  quelle  manière  la  philofb^ 
phie  doit  fe  fondre  dans  le  fenrimenr« 
Homère  ayant  fervi  de  modèle  8C 
à  Racine  &  à  M.  de  Rocheforr ,  on 
ne  doit  point  erre  étonné  de  voir  ces 
fleux  Poètes  fe  rencontrer ,  &  ce  n'eft 
»as  un  petit  éloge  pour  M.  de  Roche* 
'  itt  que  Tes  vers  puilTent  être  lus  en«> 
core  avec  plaidr  après  ceux  de  Raci* 
ne  y  quand  ils'  roulent  fur  le  même 
fujer. 

Difcours  d'Heâx>r  à  Andromaquc 
•  dans  Racine: 

«  Chère  Epoufe  ^  êkAl  ,  en  eflîi'yaat  mes 

»  larmes , , 
»  J'ignore  quel  fuccès  le  fort  garde  â  mes 

»  armes  : 
»  Je  te  laifle  mon  fils  pour  gage  de  ma  foi; 
ii  S'il  me  perd,  je  prétends  qu^il  me  rctrouyc 

»  en  toi  ^ 


f; 


8 1 2      Journal  dts  Sçayaas ,  I 

>  Si  •Tuit  kctueui  iiyiiica  la  mémoire  l'eS  1 

•  chètc,  i 
•  Monne  aa  fils  i  qael  point  to  chédlTais 

•  lepérc 

Difcours  dlJIyflè  à  PéDclopedani 
M.  de  Rocbcfon: 

»  Cl.ère   Epoufe ,  je  Tole   où    m'appeUe 

-J-bonneur; 
B  Je  lépoads  de  ma  gkûie ,  Se  noD  ie  moa 

ft  Tignoie  R  janiait  U  Farnine  jaisufè 

»  Ooic  me  laiïïëi  revoir  mon  fili  &  mon 

V  époulé. 
»Ve:'ie£  fui  Ton  jeune  âge,  élevez  cet  ck- 

»  Il  foutiEDdra  l'éclat  lîe  mon  nom  iriomr 

»  Infiruifez  -  le  à  pocwr  le  fceptre  que  je 

»  bîfTe; 
«  E[  quand  les  aas  aurooc  atFeimi  fa  jea- 

»  nelTe, 
»  Kendei-lui  le  dépÔ!  que  j'e  mets  en  ïo» 


r 

Mai  1781;  gij 

M.  de  Rochefort  doit  beaucoup 
Homère,  &  Homère  pourroit  lui 
;voir  beaucoup.  O  fi  1  intérêc  des 
sttres  ;•  &►  rcftimc  pour  l'Auteur  ; 
Tamitié  même  autorifbienr  à  touc 
re  !  • . .  nous  dirions  à  M.  de  Ro- 
leforr  :  c«  aucun  Poète ,   Ci  vous 
vouliez  9  n  auroic  un  plus  beau  ti- 
tre de  gloire  que  vous.  Vous  avez 
eu  le  courage  &  le  talent  de  don* 
ner  à  la  Nation  une  Tradu<5^ion 
completre  en  vers  des  deux  grands 
Poëmcs  d'Homère  ;  refpcâ:ez  aflcz 
votre  Ouvrage  pour  vouloir  lui 

>  donner  toute  la  perfe(5);ion  donc  il 
»  eft  fufçeptible  >  Sç  pour  le  rappro* 

>  cher  de  l'original  autant  que  la 

>  différence  des  langues  ,  des  pays 
»  &  des  tems  peut  le  permettre  ^  les 
^  Sçavans  jugent  votrç  Traduâion 
•  fidèle  quoiqu'en  vers;  les  Gens 
1^  de  goût  y  trouvent  des  beautés  de 
m  plu5  d*un  genre  :  mais  vous  qui 
>•  connoilTez  (l  bien  Hoinère  »  êtes^^ 
^  vous  content  ?  Tous  les  caraâères 
t»  du  génie  de  ce  Poëce  divin  |  fei 


1 


8 1 4  Journal  des  Sçavans , 
•1  niouvcmcns,  fcs  couleurs,  fa  ri- 
"  chcfTc  ,  fou  éloquence ,  roue  cft-il 
»  rendu?  Avons  -  nous  Homère  en 
»un  mot,  Homère  tout  entier? 
"Avons- nous  même  fon  Traduc- 
»  tcur  tout  enricr  ?  Avt;z  .  vous  été 
»  jul'quaux  bornes  de  voire  talent  ? 
«  Vous  rendez-vous  le  témoignage 
«que  vous  n'avez  plus  rien  à  faire 
•»pour  Homère  Ci.  pour  vous-mê- 
»imc  ?  Revoyez  votre  ouvrage  avec 
»  un  œil  févère  ;  conlultcz  &  rî- 
"vauXjSi  amis ,  i^  ennemis,  fur- 
w  tout  confulrez  vous  vous-même  ; 
«ne  vous  permettez  pas  un  hémif- 
»  tichc  qui  ne  foit  la  plus  fidèle  ci- 
M  prellion  du  grec  dans  le  plus  beau 
••  langage  frunçois  ;  ce  n'e/l  pas  trop 
»»  peut  être  de  [oute  ia  vie  pour  un 
•'  patcil  travail  ;  ma.s  auHl  quel  titre 
■•  à  laiflbr  à  la  Poftéti'é  iju'une  Tra- 
»  duâion  digne  d'Homère  en  vent 
»  dignes  de  Racine!  « 

[  Extrait  di  M,  Gaillard.  ] 


Mai  ijSu  815 

* 

JÊ^jLBCTRMj  Tragédie  en  cinqaSes^ 
imi$u4e  Sophocle.  Par  M.  de  R^ 

cAy&rr ,  de  rAcadémie  Royale  de»' 
/'  .  iDicriptions  &  Belles  Leccces» 

.   .    ,  SoiatialuSûsm 

'  i 

'  AP^aris,  chez  Michel  Lambert  ic 
*  F.  J*  Baudouin^  loip^-Libraires». 
'  rue  de  la.  Harpe.  I75x«  1/2-8^.  9| 
,  pagesi  &  les  Préliminaires  14. 

eBÉBiLLOK,dansfoDi?i;i^ 
ire ,  nVoic  point  imité  So» 
phocle  »  &  avoit  même  déclaré  y 
avec  une  légèreté  plus  digne  de  fon 
6k  que  de  lui ,  que  s'il  avoit  quel* 
que  tbo(è  à  imiter  de  Sophocle  ^  ce 
se  fçroit  pas  fon  EUBre  ;  il  s  eft  fait 
pardonner  cette  décifion  bizarre  pat 
là  belle  (cène  de  la  reconnoilTance 
,  d'Orefte  &  d'Eleâre»  &  par  le  beaa 
tbU  de  Palamède.  M.  de  Voltaire  , 

Et  des  ifiiirations  heurcufes  de  plu* 
urs  endroits  de  ÏEUàre  de  Sopho- 


ft6  Journal  "des  S çavansl 

cle»  a  prouvé  coure  l'injuftice  des 
dédains  de  Crébillon  :  Tcxcufe  de 
M.  de  Bocheforc  pour  donner  une 
EleSre  après  celles  de  M*  de  Cré- 
billon &  de  M.  de  Voltaire ,  eft  le 
dcHr  de  venger  plus  pleinement  So- 
phocle ^  en  le  fuivant  encore  de 
plus  près  Qc  en  donnant  de  fon 
EUSre  une  imitation  plus  ezaâe. 
Quand  il  s*eft  écarté  de  Sophocle  j 
il  s'cft  rapproché  d'Efchyle  &  d'Eu- 
ripide. Il  s'eflf  pourtant  écarté  de 
tous  les  Auteurs  cVEleSns  tant  an- 
ciens que  modernes  dans  la  manière 
dont  il  fait  périr  Clytemneftre  de  la 
main  de  Ton  fils.  Ocefte  qui  vient  de 
tuer  Egyftbe  ^  apperçoit  Qytenmef- 
tre  qui  accoure  pour  défendre  ou 
venger  fon  maii  : 

Il  détourne  la  Tue^  &  veac  cacher  iês  lu» 
'  mes* 
Clytemneftre  &lQt  cet  isftant  malheiiteaz  ; 
»  Quoi  !  (iic*clle ,  es-tu  fàh  pour  éise  ver* 
irtueui^ 

•  Soif 


Mai  1782.  817 

9  Sois  ce  que  eu  dois  ê;re,  un  monflre  (an- 
1»  guinaîre, 

»  Accomplis  tes  xieflins,  &  poignarde  ta 

»  mère^ 
Elle  dit ,  &  d*Ore(le  elle  attire  le  bras,    . 
Et  conduit  dans  Ton  (èin  le  fer  &  le  trépas* 

ce Od  jugera,  dit  M.  de  Roche- 
•»  fort  9  Cl  cette  cataftrophe  eft  pro« 
»  pre  au  caraâèrc  de  Clytemncftre  , 
»»  a  la  (îtuation  où  elle  (e  trouve ,  &c 
M  (î  elle  achève  convenablement  un 
•>  fujet  Cl  terrible.  » 

Nous  nous  garderons  bien  de  pro- 
noncer entre  toutes  ces  divcrfcj 
£Uclr€S ,  tant  grecques  que  fran- 

Îoifes;  nous  mettrons  feulement  nos 
vCAcurs  à  portée  de  comparer  la 
manière  dont  certains  morceaux  re- 
marquables de  Sophocle  ont  été 
traduits  ou  imités  par  MM.  de  Vol- 
taire y  de  la  Harpe  6^  de  Rocheforté 
Ekâre,dans  M,  de  Rochefort  s'é- 
crie; 

Viens ,  fils  d*Âgamemnon ,  viens  des  champs 

dePhocidc,  ' 

Mai.  M  m 


€  1 8     Journal  des  Sçavans , 

-fuir  ton  bras  au  mien  contre  un  montre 

liomicide. 
Les  Dieux ,  les  juftes  Dieux ,  et  leur  gloice 

jab»<, 
Son:  tous  iatércfies  i  fetvit  ton  coutroux. 
Si  le  crime  iiiomphe&  brave  le  fupplice, 
PéiitTcnc  la  pudeur  ,  la  pitié ,  la  juftice  ! 
PétilTenc  tout  ces  nomt  adorés  dct  morieU! 
PériHc  CDËa  l'encens  fumant  fur  les  auielsl 

Voici  dansl'OtcftcdcM.  de  Vol- 
taire le  morceau  corrcfpondant  : 

Qui  puurtaic  de  ces  Dieux  encen&i  les  au>  \ 

tels, 
S'ils  voyoienc  fans  piiié  les  malheuts  éa 

mottels,  1 

Si  le  ciime  infolentilans  Ton  heureufe  ivrefift 
Ectafoii  à  loifir  l'inaocente  foibleflc  l 
Dieut ,  vous  reodrez  OrcAe  aux  larmes  de 

fa  fœur  ; 
.  Votre  bras  furpeiulu  frappera  l'opprelTeut  ! 
Otcfie,  entend  ma  voix,  celledelaPattib,  I 
Celle  du  fang  verfé  qui  l'appelle  &  qui  ctle  :  | 
Viens  du  foad  des  délêits  oïl  (U  fa* 


.guerre,  ""'"■tr^ôét.i,^ 


«Btperq». 


^Î^'S  de  Clytcmacar.    f/"'^'  «"r 
*icoa„  da  Jm?Ï;?- ^oici  fo^ 

o«n,  loin  de  «-  r^^L 

Mmii 


s  lo   Journal  des  Sçavans ,  ' 

Des  coupables  ptéCens  d'une  main  fanguî- 
naite  î 

Det  pr^fens  qu'onc  fouillés  !e  meurtre  k 

l'dJuhère  î 
Yoyei  ces  raonumens  :  c'eft  î  nous  d'em- 

Quc  jamais  rien  d'impur  ne  piiilTe  en  appro- 
■      cher  ; 

Jeuez,  jeîtei,  ma  faur,  cette  urne  funé- 
raire , 

Ou  bien,  luîo,  de  ces  lieux  cachez- la  fous  U 
terre, 

El  pont  l'en  retirer ,  attendez  que  la  more 

Ce  Clytemnelïte  un  jour  ait  termina  le 
fort; 

Alors  reporte!  la  fur  (à  cendre  infidèle  j 

Allez ,  de  tcU  préfens  ne  font  faits  que  pouc 
cllo; 

Ci'oveï-vous ,  s'il  rcftoii  dans  le  foqd  de  fon 

Aprèî  Tes  attentais  une  ombre  de  pudeur". 
Croyez-vous  qu'aujourd'Lui  la  fureur  qui 

yiiit  jufques  dans  la  tombe  outragci  f;-  "=^- 
timc, 


Mai  1782;  811 

înfulter  à  ce  point  les  mânes  d'un  Héros, 
Là  majefl^  des  morts  &  les  Dieux  des  tom-; 
beaux  ? 

Et  de  quel  a^,  à  Qtll  pen&t-voos 
àioQ  père 

P&HIè  voir  ce$  préfens  que  Poo  o(ê  lui  faire } 

,    Ali!n'éft-ccpasain(i,quandilfatmaflacré« 

V   Qu'on  plongea  dans  les  eaux  fim  corps  défi- 

guré. 

Comme  fi  Ton  edi  pu,  i^t  le  (èin  des  eaux 

pores  y 
Lam  en  méme^ems  le  crime  9c  les  hltCr. 

fures  ?  , 
Les  fof  faits  i  ce  piix  (èroient-ils  effacés  ? 
Né  le  permettez  pas,  Dieux ,  qui  les  pu- 

niflTés! 
Et  vous,  ma  (œur ,  &  vous ,  n'en  commet«- 
'  tez  point  d^auires  ; 
*  Prenez  de  mes  cheveux ,  prenez  au/H  des  v A- 
•trcs. 
Le  défordre  des  miens  actede  mes  douleurs , 
Souvent  ils  ont  ièrvi  pour  efluyer  mes  pleurs; 
.    n  m'en  refle  bien  peu  ;  mais  prenez ,  il  n'imr 
î  porte  j 
n  aimera  ces  dons  que  notre  amour  lui  porte. 

Mmiij 


8i4    Jonraal^i  SfOfMSt 

Cher  Oreûe  !  eù'-ce  toi  -^uc  je  [tens  àun 
mes  mains!  -  i        -  ; 

O  ;r)i ,  iJoni  mes  kcoun  om  protégé  l'en- 
fance! 

.Toi ,  (jue  j' ivois  fauïé  dat»  une  autre  ef- 

Eft-ce  aiiifi  i^ac  pur  moi  depuis  long-tems 

pErdu  , 
Mon  ft  ire  ,  à  nies  regards  defoii  être  rendu! 
JcdevoiidoiicdetoinercuMrgueiacendre' 
AH  !  qu'il  tât  mieux  valu  dans  l'âge  le  pins 

Périr  avec  ton  pfce  ,  Iiélas  !  Si  du  berceau 
Defccndrc  à  (es  côtés  dans  le  même  tonî-: 

Et  mdinienanc  tu  meurs ,  6  viâime  shétie  [ . 
Sous  un  ciel  étranger ,  &  loin  de  ta  PatHe  I 
Loindeiafceutl...  Et  moi,  Je  n'ai  pa  fui 

ton  corps 
Prodiguer  les  par&ms,  les  oinsmens  d» 

D'autres  ont  prb{iou[  toi  les  Tenus  qdej'xi 

dû  prendre}  .   ■'■■ 

D'autres  furie  bûcher  ont  recueilli  ta  cemliÇi, 

Ces  débiis  prédeui: ,  on  les  porte  à  U  (œ 


M4  i78i."~         8»j 

t  urne  vulgaire  eofeim^s  fàos  Iwa- 

!ui«ilê  Eleâre!  d  fti?olci  reo- 

avauzA:  trompeulëi  careflat 
»  premiers  ans  fut  mon  plu  dgctx 

propres  maini  f aimais  j  te  nooirir. 
Qt.^  toi  &a\,  f aj  rempli  pijt  d'na 

c  de  noiunce  Se  «felHare  fc  Je 

s  ces  beauz  joa»,  ce^  jonti  fi  fbc- 

«t  avec  toi  les  s  dooc  moiflôon^s  I 
I  n'es  plus,  tt  je  n'ai  pli»  de  père! 
lêuleau  monde,  8t  ma  baibate 

eaaemis  jouit  de  ma  doulcutl 
iLi  met  maux  tu  promis  an  ven> 

dans  la  toD^  cmpgn^  mon  sa.~ 

li^QUid'ltui?  riciv(jtt''uae  ombre 
lote.  *. 

Mmv 


8i6     Journal  Jes  Sçé»aas  , 

Que  fais-je ,  hélas  1  moï-iiièiiie  après  t^aroi» 

perdu, 
Qu'une  ombre,  qu'un  phaniômc  aux  enféw 

delcendu  ? 
Mon  frère ,  tejois-moi  dans  cette  urne  fu- 

neftc, 
D'Eleftre  auptès  de  toi  reçois  le  ttifle  rcfle. 
Le;  mênies  feniiiBeiis  unifToient  notre  Tort , 
Soyons  cncor  tous  deux  réunit  dans  laïuorr. 
La  mort  eft  fecourabic,  &  la  tombe  elï 

traatjuille; 
Ah!  coniie  le  raalheur  il  n'efi  point  d'aune 


Voici  cercc  mcmc  plainte  dans  M, 
de  Rocbefort  : 

ftefte;  chéi:s  &  dçtis  de  tout  ce  que  j'ai- 

Dépouilles  d'un  H^ros  que  je  perds  pout 

Efoit-ce  donc  aïufï  que  dans  des  jours  ptofr 

pères 
J'efpétoiï  te  revoit  au  palais  de  tes  pètes? 
Voiii  donc  ce  rcioui  C.  loi)g>te 


Mai  lySu  817 

Doux  e(poir  qui  trompas  mon  amour  éperdu  i 
Eh  !  quel  amour  eocorJ  quelle  auffi  tcmJize 

Ch^ic  aa;an(  Com  £ls  que  fai  chén  mon 

J&ére;... 
Ton  cœur  dès  mon  enfance  écoit  fait  pour 
"    le  ihien  •  •  • . 

Ctueis  i^cSbufènirs  où  mmeiprit  s'égare  ! 
Je  crois  te  voir  encor,  quand  des  mains 

d*un  l>arbare 
Je  courus  te  (àurer ,  te  cacher  dans  m^a 

Ccin. 
Tu  con(êr?ois  encore  un  vifage  (èrcin  ; 
Tranquille,    ta  femblois  n'afoir  aucimt 

crainte , 
Et  rimoiQCtalbé  dans  tes  yeux  étoit  peinte» 
Préfàge  féduâeur  que  j'ai  mal  entendu  \ 
Cher  Ortfte ,  eft^ce  ainfi  que  tu  m'es  donc 

rendue . 
Sur  des  bords  étrangers ,  loin  d'une  fccuc 

chérie. 
Un  deftin  déplorable  a  terminé  ta  vie  •  •  •  • 

.«••••••  Ma  main  n'a  pu  te  rendre 

Les  trop  juftês.  honneurs  que  je  dois  à  ta 

ceadre  •  «  •  • 


8i8    Journal  dts  Sçmanî  ;  \ 

Je  a'ai  point  alluma 
La  Rimtsis  ia  bucber  o4  tu  fus  coafumé. 
De  quelques  incontiui  la  pitié  fecoitrable  ' 

A  lenipliles  ilevoi[s<ie  tïfceui  déplorable;      \ 
Et  par  cemoiiumeni  peu  di^ne  de  ton  nom. 
Ils  ctuietit  hoQorei  le  fils  d'Agamemnon,.» 

Je  fuisprâceà  tcfuivre.        , 
Mon  fière ,  tu  n'es  plus ,  )e  oe  faucois  plus 

Quel  triomplie  éclaiaoc   pcac  cei  lyraus 

Dont  tu  devois  punir  les  complots  crimi-    j 

Le  Ciel  qui  les  prat^  ,  &  Te  rit  de  mu'    j 
plaintes  ,  .  ^ 

M'envoie  une  ombie  v^ae  &  des  seadtei 
étantes  •  •  •  • 

OteCte ,  leçDÎs-iDoï 

Dans  le  fiSjoar  dci  moits ,  eatre  mon  pire 
&  toi^ 

Le  roci  qui  t'a  &^pé  commande  que  je 

Nous  iiousréunirons  dans  la  même  demeure  j 
Je  a'ai  pu  partager  ion  exil  rigoureux' 

"  "^  «itc  utueeuficinousial 


Mal  1782.  829 

M.  de  Rocbcfort  dans  fa  Pré- 
fitcc  préfcntc  diflFcrcntcs  idées  fur 
quelques  autres  Tragédies  grec* 
ques  9  fiogulièremenc  fur  VOtdipt 
de  Sophocle;  M.  de  Rochefôrc» 
plus  eftimable  encore  par  fon  ca* 
taâère  que  par  fes  Ouvrages  9  fait 
pour  honorer  les  Lettres  à  tous 
égards  ,  cft  l'homme  du  monde 
dont  il  (croit  le  plus  doux  d  adop- 
ter toujours  les  opinions  comme 
d'escalter  toujours  les  talens  ;  c'eft 
donc  avec  un  véritable  regret  que 
nous  ne  ppuvons  être  de  fon  avis  , 
lorfqu*il  Veut  qu  (Edipe  foie  coupa- 
ble ,  parce  qu'il  loupc^onne  Créon 
d'ambition  &  qu'il  accufe  Tiréfîas 
d'impofture  \  mais  ce  Tiréfias  ,  qui 
paroit  d'accord  avec  Créon ,  accufe 
(Bdipe  d  être  le  meurtrier  de  Laïus! 
Or,  comment  (Bdipe,  qui  fe  croie 
bien  fur  de  n'avoir  jamais  vu  Laïus  ^ 
&  qui  eft  bien  fur  de  ne  Tavoir  pas 
connu  j  peur  il  ne  pas  regarder  Ti- 
séfias  comme  un  impoAeur  &  ne  pas 
le  traiter  comme  tel }  Et  ccumneot 


Sjo  Journal  des  S  gavais , 
peut-on  faire  létultcr  d'un  femimcnt 
d'indignation  d  narurcl  Si  C\  néccC- 
faire,  je  ne  dis  pa;  un  crime,  ma» 
feulement  un  tore  ?  On  a  beau  faite  ^ 
k  feul  tort  tl'CSdipc,  tort  que  Jo- 
caflc  partage  ,  c'cft  qu'apiçs  l'oracle 
(]ui  leur  avoit  été  rendu  a  tous  dcjx  , 
Œdipe  ne  dcvoic  jamais  ni  combat- 
tre contre  pcilonnc ,  ni  fe  marier, 
fiirtout  à  une  pcrionne  plus  âgé© 
que  lui ,  &  que  Jocafte  ne  dcvoic 
pointfe  remarier,  furtoutà  un  hom- 
me moins  âgé  qu'elle  :  mais  la  fa- 
talité n'éclate  pas  moins  dans  les 
conjonûures  qui  les  forcent  à  cette 
imprudence ,  que  dans  le  relie  do 
leur  deflinÉci  c'efl  la  fatalité  fcuit 
qui  explique  tout  ic  fujct  d'CSdipe^ 
&  quand  on  parviendroil  il  trouves 
à  cet  infortuné  quelque  léger  tort , 
comme  d'Êltc  trop  prompt  à  s'irri- 
tei  &  à  (bupçonner ,  on  n'en  Icroic 
pas  plus  avancé  ;  quelle  proportion 
y  auioic-il  entre  ce  tort  qui  à  peine 
en  feroit  un ,  &  l'épouventable  dcfl  ' 
née  d'(Bdipe  Se  de  Joca^ei 


rrv 


Mtâ  17S1;  831 

fiftoos  poîttt  à  révidcQce  &  ne  cher** 
choaspas  avec  efiprc  à  nous  remplir 
4e:|»éîiigéa  içavans  que  nous  n'a-» 
voat  i»s.  ka  gloire  de  ^{rfiocle  o*a 
iiç|i  A  9i|bef  ni  à  perdre  i  ^cecte 
^  M.  JjLde  Voltaire  a  luivi  So- 
»  dm  remponenmt  qu'il 
â  <Bdîpe  contre  le  Grand* 
Paètie  :qiii  f accnfe  d*airoit  tué  LiMus, 
&  il:  n'tn  a  pas  flioint  jagé  iShi 
ddipe     .         .  ^ 

locèSé  lé  pan3ci4e ,  &  p<mrdu^  yertiit^ 

.  lits  idées,  que  M.  de  Rocheforc 
propo&  pour  continuer  raâionpen-! 
dwt  Usintermèdcs  ^  foi  t  dans  Uiyffe^ 
£6kiduA  Mi^^p  nous  paroi(!ent 
4c  bon  goûc  &  propres  à  produire 

L.    IfimrédidcM.GaiUêrd.'}. 


s^Ik 


% 


<  i^^^  .«...i 


83 1     Journal  des  Sçâvans , 

TxAlTÉ  disEvicliom  &  dila  Ga- 
rantit formtiU  ;  (iâiisliqucl  lont 
traduites  &  difcufécs  les  Lois  Rc- 
maincs  du  Digcftc  &;  du  Ccde 
fur  cette  maiièrcj  avec  la  Con- 
férence des  Coiiium^,  des  Or- 
dorranccs,  des  Aitefï  rjo:ab'es 
deF'.ance  &  les  Syitcmcs  fouce- 
nus  à  ce  iujet,  par  les  plus  fa- 
An  U'.  Inccrprcres  du  DioïC  Ru- 
main  &Fraiiçois.  Dédié  â  Mon- 
fcigneurHii;  deMiroiiunil,  Ga  -  . 
de  des  Sceaux  de  France.  Pai  M. 
Hdrtketoc,  Avocat  au  Parlement, 

■  &  DoiScur  A  grégé  de  la  Faculté 
desDioitsdePi)ri&.  A  Paris,  ch  z 
Lotcin  ic  jeune ,  Libraire ,  rue  S. 
3ac(jues,  vis-à-vis  celle  de  U  Pat- 
chemineiic.  17S1.  Avec  Apjiro- 
bation  &  Piivilcge  du  Roi.  1  vo- 
lumes in-ii  de  près  de  50a  pag. 
chacun.  Prix,  6  iiv.  reliés. 


I 


L  s'agit  principalement  dans  ce 
Traité  de  la  manière  de  fe  con- 


duire ijuand  on  cft  ™cn«^  de 


Mai   1781;  835 

drc  quelque  chofe  pour  laquelle  on 
a  droit  d'exercer  un  recours  de  ga- 
rantie ;  cette  privation  de  la  cho(e 
qui  doit  être  maintenue  à  l'Âcquér 
xeur  s'appelle  EviSiorté 

La  définition*  grammaticale  de 
ce  mot  s  jijt  l'Auteur ,  eft  la  racine 
compofèe  de  deux  mots  latins ,  exp 
vinccr€y  qui  fignifient  vaincrt  en 
privant  un  autre.  Ce  mot ,  quant 
au  fens  9  doit  être  défini  exadement» 
d'autant  plus  que  cette  idée  a  des 
cfpèces  très-différentes  que  les  Au» 
teurs  ne  lui  femblent  pas  avoir  ra(« 
femblées.  En  général  y  continue-t*il, 
réviftion  cft  rempêchemcnt  ou  la 
perte  de  la  poflcffion  ou  de  la  pro- 
priétés La  perte  fignifie  la  privation 
des  chofes  acquifes  ;  Icmpêchcmcnt 
veut  dire  Tooftacle  à  les  acquérir-, 
mais  comme  l'Auteur  approfondit 
fa  matière ,  &  ne  laifle  rien  à  defî- 
ter  ,  il  fait  voir  dans  une  des  fub- 
divjfions  qu'il  donne ,  que  cet  obf- 
tacle  cft  une  véritable  évidion. 
Cet  excellent  Traité  cft  précède. 


8^4    Jwrnal  dâs  Sçapdns , 

d'une  PréËicc  profondéfiKQC  raifon- 
née  &  qui  donne  une  idée  trè»-nocce 
du  travail  de  rAuceiir^  de  tous  fesx 
principes  fondés  fur  les  loix  romai- 
nes &  fur  les  déctfions  de  la  Cour,: 
&  par  conféquenc  de  TutUtié  ^  & 
nous  ofons  dire  de  la  néceflicé  do 
fon  Livre.  11  y  apprécie  ,  avec  beaur- 
coup  de  juftcfTe  &  d'imparrblité  y 
les  Ouvrages  de  Jurifconfultes  latins 
qui  ont  traite ,  quoique  fans  Tap-. 
profondir  i  de  la  matière  qui  fait 
Tobjec  de  fon  Livre  ;  tels  que  JuA. 
tinien  ,  Callet  Profefrcur  de  Droit 
à  Poitiers ,  Maiigélius ,  Franztkius  , 
ProtcflVur  de  Strasbourg  &  Cban-. 
cclier  de  Saxe-Gocba,.Burgttndus  » 
Hautcfcrrc,   Profefleur  de.Droit  à 
Touloufe  ,  Cujas  Se  Dumoulin.  Le* 
feul  Traité  iur   les  Evitions  qui' 
foie  écrit  en  trançpis  y  eft  de  Po* 
thier  ;  encore ,  dit  TÂiiteur ,  eft-îL 
très-court  &  préfenté  éomme  acceC-i 
foire  du  contrat  de  vente.  U  ne  parle 
point  des  Coutumes  de  France  Se 
dit  à  peitie  un  mçt  des  Ordoonan* 


Mai  1781.  83  j 

ces  de  nos  Rois.  Mais^  malgré  cela  , 
notre  Auteur  y  trouve  Je  jugement  , 
la  netteté  &  la  fcience  qui  caraâé- 
rifcnt  Pbthier. 

Après  Tes  réflexions  fur  le  travail 
'&  ks  Ouvrages  de  ceux  qui  ont 
écrie  avant'  lui  fur  la  même  ma- 
tière 9  notre  Auteur  s'excufe  de  Ta-» 
Voir  trahée  en  François  ;  nou^  al- 
lons tranfcrirc  ce  qu'il  dit  à  cet 
égard. 

i<  Nous  avons  entrepris  de  déve^ 
nlopper  cette  matière  en  François 
f»(uivant  le  Droit  civil  &  celui  de 
»la  France.  Pour  être  plus  utiles  , 
»nous  nous  fommes  fervls  de  la 
»  langue  de  notre  pays.  Peu  de  gens 
n  font  allez  familiers  avec  la  langue 
nlatine  pour  étudier,  dans  un  idiô- 
»mc  difficile,  une  matière  difficile. 
»  C'cft  une  des  caûfcs  les  plus  funeC» 
»te$  de  l'abandon  des  études  de 
»  Droit.  On  lit  avidement  des  Dic- 
>»tionnaires  de  Jurifprudence  ;  oa 
»  n'ofe  toucher  aux  Ecrit*?  latins  de 
»  Dumoulin  ,  Bcnkcrfock  Se  Papir 


836  JoKrnalJes Sçavans , 
wnien.»  Peut-être  quclijues  Lec- 
teurs, dit-il  encore  ,  croiront  d'a- 
bord que  l'on  a  chercbé  à  éviter  I2 
difficulté  de  compofer  dans  une 
langue  étrangère  ;  mais  j  ils  y  réflc- 
chillcnt,  ils  verront  qu'il  cfl:  plus 
enibarrairaiit  d'écrire  fur  le  Droit 
Romain  en  irançois  qu'en  laiin. 
Malgré  ces  difficuJtc-s,  il  a  elTayé  de 
traduire  dans  fon  Ouvrage  les  Loix 
Romaines,  qui  lont  au  nombre  de 
Ccnticpr,  ce  que  pctlonne  n'avoit 
entrepris  avant  lai  :,  car  il  ne  faut 
pas  conij.ftcr  la  Tradudion  de  tovit 
Je  Cntps  de  Droit  qu'avoit  Tauc  ttu 
M.  Huilot,  Aggiéi;c  de  la  Faculté 
des  Droits  à  Par;s ,  dont  M.  Joly  de  ' 
Flcury  père  empcclia  l'imprcnîon, 
fur  les  reprcfcntations  du  Ccnicur  , 
qui  fit  voir  le  danger  d'une  Tiaduc- 
tion  peu  hdelle ,  qui  pouvoir  aliéier 
le  texte  &  donner  lieu  à  des  Defen- 
feurs  avides  ou  peu  déltcarsde  grof- 
fiT  les  écritures ,  de  multiplier  les 
frais  &  de  s'appuyer  fur  de  faux 
principes;  Se  encore  d'après  les  rc- 

1 


Mai  1781:  837 

flexions  d'un  Magiftrac  éclairé ,  qui 
propv?,    dans    une  brochure   fça- 
vante ,  que  ce  Traduftcqr  avoir  des 
connoiflances  trop  fuperficielles  du 
Droit  Romain.  Notre  Aureut  n*a 
traduit  que  celles  dei  Loix  Romai* 
ncs  qui  (ont  fous  le  titre  dçs  Evic- 
tions; il  a  mis  à  fa  Traduâioa 
Tapplication  la  plus  fçrupuleufc  à 
'les  traduire  littéralement;  chaque 
mot  eft  dans  fa  verfion  »  quand  cela 
eft  poflible  ;  le  finonyme  du  mot 
latin  ;  fî  la  correfpondance  n'eft  pas 
exaâe^  il  fubftitue  Téquivalenc  Sc 
ajoute  une  note  pour  détailler  les 
idées  quep^éfente  le  mot  à  traduire  ; 
chaque  mot ,  chaque  membre  de 
phrafe  occupe ,  quand  cela  eft  pof- 
fible  ,  (  &  rarement  la  langue  s'y 
icfufe  )  la  mêmç  place  que  dans  le 
latin  :  les  idées,  leurs  acce{Ioires> 
leurs  dépendances,    leur  diftribu- 
tion  ,    leur  développement ,    leur 
progrcllîon ,    font  abfolument    les 
mêmes  que  dans lorigmal.  La  Tr/i- 
éluciion  ,    dit  l'Auteur   lui  -  même 


S'^2   J&urnai  éies.  Sçavans  i  — 

dans  fa  Préface ,../e5  peint  comme  k 
jkroitun  miroir j  Nous  ofbns  dire  que 
la  Icâure  réfléchie  de  la  T]:aduâion 
nous  a  juftifîé  la  vérué  de  cette  aifer- 
tion.  Au  relie  il&Uoitpour  y  réuffir.^ 
comme  il  nous  fembie  qu'il  l'a  fait  ^ 
une  coiiuioiATiince  étendue  &  xaifon- 
née  du  Drpit  Romain  ;  &  nous 
croyons  que  iceux  qui  liront  avec  at« 
tention  &  difcernemem  fonOuvrage» 
en  feront  fatisfaits  comme  on  peut 
l'augurer  par  ia  réputation  que  l'Au-* 
teur  s'eft  acquife  dans  les  difputes 
de  Dfoit  à  ia  Faculté  de  P^ris.  Il  a 
encore  eu  foin  de  joindre  à  ia  Tra* 
dudtion  des  Loix  Romaines  \^  reC> 
triâions  ou  les  ampUations  que  Ton 
trouve  dans  les  Ordonnances  de  nos 
Rois  &  dans  toutes  les  Coutumes 
du  Royaume. 

On  fent  bien ,  d'après  l'idée  géné- 
rale que  nous  croyons  avoir  donnée 
de  cet  Ouvrage  y  que  ce  feroit  le 
mutiler  que  de  tenter  d'en  donner 
un  extraits  qui,  en  iéparàntles 
parties  qui  fe  tiennent  toutes  pat 


'Mai  17S1;  ^}9 

«me  ctiaîne  néceflTaire  ^  ne  préfènco 
-foienc  à  refprit  que  des  membres 
épârs  &  qui  oteroient  le  mérite  Se 
i'MtÎQê  -A'ufi  4enfenible  qui  n*eft 
Mîie  oqu^n  ce  que  chaque  partie 
icft  à  r«DC«Uigefice  d'une  autre  ^  8e 
•ibriiie  on  tout-confêquentj  utile  8c 
«éoeflaiffe  k  rtnteUigcQce  de  la  ma- 
tière- que  l'Autour  s  eft  ptopoft  de 
Jtraîf  et. 

Nbuc  flous  contenterons  donc  i 

•vaat«cie  finir ,  de  dire  que  ce  Traité 

nous  a'  paru  le  plus  complet  &  le 

plus  utile  qui  ait  paru  juiqu'à  nos 

■jours  fur  cette  matière  »  8c  qu'il  eft 

'le  feul  fuivant  le  Droit  de  toute  la 

France.  Il  a  beaucoup  de  méthode  , 

une  logique  (évère  9  des  méditations 

luivies ,  pour  arriver  à  des  vérités 

qu'on  auroit  peine  à  découvrir  fans 

cela.  L'Auteur  s'eft  attaché  à  la  di& 

oiffiôn  d<s  principes  &  des  con(é« 

-quences  fur  des  matières  inconnues^ 

8c  jugées  très-difficiles  mêmes  par 

^  ies  Jurifconfulces  les  plus  habiles. 

Cet  Ouvrage  annonce  ^  de  la  part 


$^0     Journal  sti  Sçavjnif  . 

de  J'Aureiir,  beaucoup  de  notions 
abftraitcs  &  une  intelligence  exer- 
cée fur  les  combinaifons.  Les  der- 
nières conléqiicnccs ,  piiies  comme 
règles  de  conduire  «Uns  les  alFaires, 
y  font  à  Ja  porrce  de  tout  It  monde 
&  de  première  u'ilité  pour  tous 
ceux  <jui  s'appliquent  à  la  Jurilpru- 
dcncc. 

Nous  croyons  encore,  &  celaefl 
bien  à  dcluer,  que  cec  Ouvrage 
pourra  opérer  un  aiirr:  bien,  celui 
de  rétablir  dans  reftinic  publique 
leiudc  du  Droit  Romaui,  trop  né- 
gligée de  nos  jours.  On  le  contente 
de  le  louer;  on  penlc  qu'avec  un 
cfpnc  ordinaire  &  de  la  patience  on 
peut  devenir  rrès-habile  en  ces  ma- 
tières j  mais  il  eft  aifé  de  fc  con- 
Taincre  en  lifant  avec  foin  le  Traité 
de  M-  Bcrthcloc  ;  que  pour  y  réuflîc 
il  faut  Joindre  à  beaucoup  de  cou- 
noiilanccs  un  raifonncment  fuivi  & 
un  efpnt  pénétrant.  j 

[  Exiraii  .de   M.   CoqutUy    de^  m 

On 
I 


Mai  ijSii  J4T 

O  PIN  10 If  tCun  Citoyen  fur  U 
Mariait  &  la  Dot.  A  Vienne  ; 
&  fe  trouve  à  Par  s  ,  chez  Bar« 
fois,  Ltbraire^  quai  des  Au« 
guftins.  1781.  Brochure  i/9-8^. 
d'environ  joo  pages. 

L^OuvRAGE  dont  on  vient 
de  lire  le  titre  ,  nous  a  par^  9 
quoique  très  court  9  plein  d*cfprit'8c 
de  raifon ,  &  par-là  mériter  d'être 
connu.  U  préfente  des  idées  fages  ^ 
des  réflexions  profondes  ;  &  h  le 
luxe  qui  règne  aâuellement  parmi 
nous  révolte  quelques  Lecteurs  con- 
tre le  plan  que  1  Auteur  propofcj 
un  peut  leur  répondre  que  ce.  n'eft 
qu'une  Opinion  qu'on  peut  adopter 
ou  rejetter  ^  mais  qui ,  quelque  fore 
qu'elle  éprouve ,  ne  peut  partir  que 
a  un  homme  vertueux  &  qui  deurc 
vivement  le  bonheur  de  fcs  fcmbla- 
blcs.  Son  Oavrage  nous,  a  paru  fa* 
gement  &  platement  écrit  ;  nous  en 
allons  donner  une  idée  fommaire  Se 
Mai.  Nu 


Ï4i     Journal  dis  Sçavans  ^ 

r.i[i;ioi[cr  quelquîS  pafTagcs  del'Au- 
teiit ,  pour  mctrre  nos  Leflcurs  à 
pûitte  de  jii:;er  de  fon  tirre. 

On  lir  en  térc  de  la  prem;èrt;  page 
CCS  mots  qui  donnent  un;idée  dairc 
de  l'objet  &  de  !.i  divifion  de  l'Ou- 
vrage. «  Inconvétiiens  &  abus  du 
«M^riagi  che?.  ks  Peuples  n>oder- 
M  nés  clc  l'Europe  &  fut  -  tout  en 
M  France.  Nccellîté  dt-  reformer  ces 
«abus,  La  fource  cil  dans  notre 
»)  Légiflation,  S;ut  moyen  de  réfor- 
y>  itier  ces  abus.  »  On  voit  par-là  que 
l'Ouvrage  eft  divifil-  en  quatre  Pat- 
ries Dans  la  i.''^  ,  l'Auicut  fait  un 
labL'au  fort  touchant  des  inconvé- 
tiiens &  das  malheurs  qui  (uivent 
trop  fouvent  un  gtand  nombre  de 
ntariagcsi  il  indique  dans  la  lecondâ 
Partie  l'origine  &  la  caufc  de  ces 
maux,  Sf  il  croit  cti  trouver  la 
fouice  dans  nos  loix"  actuelles.  La 
dot  qu'apportent  les  femmes  à  leurs 
maris  ,  &;  les  droits  qu'elles  exercent 
concurremment  avec  les  mal"  ''""^ 
les  fucceflions  de  icurs  paie 


Mai  Ï781.  84J 

dit-il  9  la  fburCf  (aralc  de  cous  les 

inconvçniens    dU    mariage;   voilà 

cucl  éft  f  écueil  où  vienr  .&  briler  la 

téiicîté  des  Dtbyeos  qui  embrafleric 

fcc  état  ;  voilà  ce  qui  arrête  éc  def« 

'lèche  là  population.  «  Une  fille  def* 

'»  tinie  à  être  iricbe  ^  reçoit  la  plus 

M.maav^fi:  éducation  i  on  lui  per« 

n  fuade  que  la  jeaneflè ,  les  agr£- 

»  miîns  de  là  figure ,  i<  Tor  furtour  ^ 

)»  tout' les  (ieiules  chpfes  importantes 

i*&  tiiainènc  lieu  de  tout,  &c.h  II 

continue  le  portrait  d  une  fille  ri- 

t:^'e  fiâal  élevée  &  gâtée  par  rèxem* 

-  pie  dé  plufieurs  autres  &  par  le  luxe 

^  la  futiliré  ;  mais 'il  a  (oin  de  le 

xeftreindre  &  de  le  modifier  par  une 

iiôté  dans  laquelle  il  dit  :   «  l'en 

W  voudra  bien  fe  rappeller  que  je 

I»  parle  du  général  ;  »  il  fuffit  que  le 

grand  nombre  foit   ékvé  dans  cet 
cfprit  9  pour  que  mapropoution  loic 

•  *         »  »  •     - 

vraie. 

Après  avoir  fait  le  tableau  du  mal 
qui  réfiitè  d'une  mauvaifé  éduca- 
tion Se  de  l'inditutibn  de  doter  les 

Nnij 


^44  Journal  des  Sçavans ,' 
filks  que  l'on  marie,  il  jiropofc 
d'trablir  une  loi  en  vertu  de  Jaquellc 
les  filles  à  l'avenir  ne  pourront  ap- 
porter de  tloE  fous  aucune  cféno- 
Diina[ioii  ;  qu'elles  ne  pourront  par- 
tager avec  les  miics  dans  les  fucccl- 
lîoiis  de  leurs  parens,  &  qu'elles  ne 
feront  (i  '  oril-'  i  d'aucuns  legs, 
d'iii^cuncs  du  moment  où 

elles  fcroni         m!    ;    Ci  con;mc  il 
craint  fans  'r     ue  cette  propo- 

lltion  ne  n  «  la  première 


tout  le  (èxe  ,  ne  lui  paroifTc  trop 
dure,  il  la  terr  rc  par  un  difcoiirs 
flairent  au  beau  itxc.  «  Loin  demoî 
»  la  coupable  idée  de  vouloir  aftli. 
.»  qcr  la  plus  inrételTante  portion  de 
«l'Humanité.  Oh  femmes,  ditil, 
»]'eii  jure  par  la  Nature  dont  vous 
itÉtes  le  plus  bel  ouvrage  ;  je  me 
N  rcgarderois  comme  un  monftrc  (i 
nj'avois  formé  un  G  noir  projet: 
j*  jamais  pctfonne  ne  vous  refpcift^ 
»  plus  que  moi  \  mais  daignez  m'en- 
•  tcndcc*  »>  Aprds  ce  dîfcours  plus 
^teadif    dans  l'Ouvrage, 


'  Mai  lyti.  S45 

nne  les  raifbns  de  la  loi  qu'il 
>pô(e  ;  il  en  trace  le  plan  ,  en 
^K>fte  le$  difpofitions»  &  fait 
bf  ienfiiife  9  pat  des  rajfons  très- 
^bahleii  9  ntais  qu'il  faut  voir  dans 
^iliMge  nnême,  tous  les  avantages 
i  en  refultcroient  pour  les  maris  , 
lie  les  femmes  ^  pour  les  nàœurs  ^ 
fùitmit  pour  la  population^ 
par  conféquenc  pour  tout  le 
jannie* 

pf  TcUe  feroit,  dir-il  en  finifTant; 
I ''tévoKirion  qu'èprouveroit  la 
ouyelle  loi  ;  &  les  hommes ,  té- 
loins  des  avantages  de  l'hymen  ^ 
sdoitotoient  autant  le  célibac 
a*Us  redoutent  aujourd'hui  le  ma*' 
ibge. 

»  Je  n'étendrai  pa<;  plus  loin  mes 
■flexions  ;  c'eft  au  Monarque  qui 
ous  gouverne  à  pçfer  dans  fa  ia« 
;fle  &  dans  fes  conleils ,  C\ ,  in- 
6pendamment  du  mérite  ou  du 
6mérite  de  ce  Traité  ,  la  loi  peut 
:re  utile  ou  non.  CeO:  à  lui  à 
loifir,  dans  le  cas  où  il  la  trou» 

Nniij 


846     Journal  des  Sçavans  , 

»  veroit  utile  ,  Tinflant  où  il  jugera 
»  convenable  de  la  promulguer.  Un 
»  Souverain  qui  s'eft  occuf>c  avec 
»  tant  de  fuccês  &  de  zèle  du  fou- 
M  lagemcnt  derhumanicé  fouffrante  , 
»  &  qui  a  c  tendu  fa  bienfaifance  juf- 
»  qucs  fur  les  coupables  abancîon- 
»  nés  au  glaive  de  la  jufticc  ,-s'ûc- 
»  cupcfa  fans  doute  du  bonheur  de 
»la  partie  la  plus  nombreufe  de  Us 
»fujets,  &  du  moyen  le  plus  puif-- 
»fant  de  reftaurer  les  mœurs.  >» 

Il  y  a  à  cet  endroit  une  note  très- 
étendue  &  pleine  de  dignité  fur  Us 
bienfaits  de  notre  Monarque  ,  com- 
me l'abolition  de  la  QuelHon  Se  de 
la  Servitude  ,  &  fur  le  projet  d'éta- 
blir fuffifamment  des  lies  à  rHôrel- 
Dieu  &  dans  d'autres  liolpiçes,  pour 
que  les  malades  fôient   (euls   dans  ^ 
chaque  ht,    &-fur  tous  les  autres, 
bienfaits  qu'on  doit  attendre  de  Ta*  , 
niour&  du  zèle  d'un  auflî  bon  Mo-  ^ 
narque  pour  fon  Peuple. 

Il  y  a  auflî  beaucoup  d'autres  no- 
tes dans  le  cours  de  l'Ouvrage ,  qui  ^ 


Mai  ij8i.  847. 

quelqu'effet  qu'il  produite  9  ne  peut 
partir  que  du  cœur  d  un  bon  Citoyen 
Se  d*un  ami  de  Thumanité. 
[Ex.  JeM.CoqueUyde  ChauffipUm.l 

Le  Produit   &  U  Droit  des  Corn* 
mmus\  &  les  intérêts  de  TÂgri- 
cùlture ,  Population  »  Art^ ,  Corn* 
mercc'y  Marine ,  Finances  9c  Mi- 
litaire ,  à  concilier  pour  le  falut 
•  '  des  individus  81 , propriétés  »  Ta* 
snéHoration  des  Domaines  &  au- 
tres parties ,  la  richefle  &  prof* 
'  petite  de  i'Etat  flt  des  Citoyens. 
1782.  5)a  pag.  /«*8*.  périt  ca« 
xaâèrer  A  Paris ,  chez  Jombrrc; 
'  Efprit  Se  Métigot ,  boulevard  de 
:  rOpérA;  au  Palais  &  quai  deGâ« 
▼rcs^  On  peut  l'avoir  franc  de  port 
par  la  pofte  dans  tous  lc$  Royau- 
*ines ,  en  adredant,  firanc  d^  porr,. 
k  M.  Bachmann ,  la  lettre  ck-  de- 
stiande.^ 

CE  T  Ouvrage  eft  dédie  à  la  Mo- 
narchie  Françoiic  par  M.   le 
Vicomte  de  la  Maillard icre,  Chc- 

N  n  iv 


4 


848     Jeitrnal  des  Sçavans  , 

valitr  d'honneur  de  la  Chambre  drs 
Comptes  de  Bourgogne ,  Honoraire 
des  Académies  des  Scienpes  d'A- 
miens,  Atras ,  S;c,  de  celles  de 
Lyon  Si  Mttz  ,  Sec.  l.c  titre ,  c]ui 
cft  très  étendu,  nous  annonce  que 
c'efl  un  Traité  d'tconomie  -  poli- 
tique ,  où  le  Pacnocifmc  j  ern- 
bralTaiu  tomes  f:s  liranchcs ,  eHaic 
principalement  de  reniire  à  la-tois  le 
Souverain  plus  puilTant  &  plus  hcu- 
Teiix,  les  Provinces  plus  rapprochées 
&  commerçantes}  &  moins  lujeties 
aux  épizooiies ,  les  Habitans  plus 
fains  &  plus  fortunes ,  les  Armôcs 
mieux  pourvues,  &  leurs  divers  con- 
vois moins  tardifs  &c  moins  difpen- 
dicux,  parles  défrichemens  &  def^ 
féchcmens;  qu'on  y  trouve  des  pro- 
jets de  canaux  de  navigation  ainfi  que 
d'atrolage  ou  d'aflechement ,  de  di- 
gaes  &  réparations  aux  courans  } 
des  opérations  pour  convertir  en 
champs,  bois ,  prés  ârdBciels  ,  nos 
landes  inutiles  6c  nos  marais  pefti- 
Icncicls  ;  en  nicnie-tcms  qu'on  ; 


Mai   1782.  846 

prend  de  ioiivcUcs  fortes  de  ciiim- 
res ,  la  manière  de  pcrfcdtionner 
celles  qui  foncuiirées,  &les  moyens 
généraux ,  relatifs  au  fol ,  aux  mœurs^ 
a  rinduftrie>  pour  porter  les  reffour* 
c6s  &  les  forces  de  la  France  au  Her« 
nier  degré  de  fupérioricé. 

On  y  trouve  »  ajoute  l'Auteur  dans 
le  même  Ërontifpice  «  un  Tableau  le 

filus  étendu  des  Loix  univerfellcs  &C 
ocales  fur  Ics-Communes  de  Terres 
vagues  y  &  les  droits  de  Parcours^ 
Vaines  pâtures  ,  Ufages  ,  dans  tout 
le  Royaume ,  &  particulièrement  en 
Normandie  &  en  Bretagne  ;  en  les 
rapprochant ,  on  facilite  les  juger 
mens  qui  doivent  précéder  la  mife  en 
valeur ,  &  les  réclamations  de  cha* 
cun  fur  fon  objet  *>  le  plan  d'un  par- 
tage au  prc^t  des  Communautés  laï« 
ques,  amirantla  confervation  d  leurs 
Communi^ux",  celui  d'une  infcoda- 
tibii  par  le  Roi  &  les  Seigneurs  aux 
S'ufcts  &  Vaffaux  ,  qui  réunit  fans 
inconvéniens  les  avantages  à  quoi 

Nnv 


8  î  CT   Journal  des  Sçavans  , 

de  trop  grandes  conceflîons  ont  ca 

vain  tendu  jufquà  ^téienr. 

En  préicntant  des  détails  qui  pa-  , 
roîrtonrà  ccrtainfs  grns  peu  dignes 
d'im  horwmc  dei^ualiié,  l'Aurcuc 
ft  juftific  par  des  exemples  célèbres.  _ 
J'ai  été  précédé  ,  dit-il,  par  le  Gé-  , 
ncral  des  Carthaginois ,  Magon  , 
lequel  avoîc  fait  vingt-  huit  Livres  _ 
fur  l'Agriculture  ;  pat  Caroii  ;  par 
Végcce,  Comte  de  Conflantinoplc , 
Auteur  Militaire  &  Vétérinaire  ;  Se 
de  nos  jours,  par  M.  de  Secondai, 
qui  lut,  il  y  a  quelques  années ,  à 
l'Académie  de  Bordeaux ,  un  Dif- 
CDurs  fur  les  Epizooties,  fujet  qui 
ne  parut  point  indigne  de  la  plume, 
au  di(;ne  fils  de  l'illultre  Piélident 
de  Montcfquitu  ;  par  le  Comte d'EG 
fuilc  ,  ancien  QiEciet ,  Neveu  de 
Licuienans  -  Géncrauï  d'Armées  , 
Auteur  d'un  Traité  des  Communes  , 
en  1770,  alors  autorifé  du  Mmif- 
tèrc  à  diriger  leur  partage  en  diffé- 
icns  lieux  i  cn6n  pat  le  Baron  Scar. 


Mai  ijHé  I5I 

d*unc  Maifon  dîftinguéfc  cî*Écoflc  & 
Capitaine  de  Dragons,  lequel ,  en 
1777 j  a  donné,  fur  rinutiliré  des 
Cômmiinaux,  un  Ouvrage  infpiré 
p^r  les  mêmes  vues  >  qui ,  fur  la  par- 
tie économique  ^  ont  méritf  le  titre 
d'ami  des  hommes  ^  au  Marquis  de 
Miral^eatt. 

.M,  le  Vicomte  de  la  Malliar- 
dicre  pf  end  pour  épigraphe  ces  vers 
de  Voltaire  dans  ion  Epitre  fur 
l'Agriculture*: 

•  '••.•  •  •  •  PenCbs-toqueredré'chtztQi, 
Ponr  les  tiens;  poar  TEtat  to  n'as  plus  rien 
-     ââjre? 

LâNarârei^appelle»  apprends  1  robrenrer.' 
Là  France  a  des  défères,  o(è  les  calciver. 
EUe  a  des  mallieureux;  un  travail  néceflàire  j 
Ge  parcage  de  l'honime  »  &  Ton  confQlate^r  , 
En  chaflant  Tindigence ,  amène  le  bQiiLeûr  ;  . 
Change  en  épis  dorés  |  change  en  gras  par 

tarages, 
Ces.rpnces ,  ces  rofèauz ,  ces  afireqx  mué^ 

cages. 

N  0  V  j 


S51    Jûumal  dis  Sçévêms  j 

Tes  Vaiïkax  laagiiîSâns  ^  pleuxoicnr  «Tè* 

tre  nés» 
Qci  recioatoîciit  fiutoat  de   fimnct  leius 

(embiabie». 
Vont  fe  lier  gùemeot  par  des  nœads  défi- 

râbles  ! 
D'an  caoron  dé&olé  lliabirant  s'emichh  ,  &c. 

CTcft  en  cflcc  le  principal  objet 
de  l^Aureur  ;  il  conGdcre  qu'il  y  a 
un  (ixième  des  fonds  du  Royaume 
en  terres  Tagues  &  communes.  La 
Bretagne  feule  a  près  des  deux  tiers 
de  Ion  rerrein  (ans  culture ,  &  \t% 
communes  en  (ont  la  principale  par- 
tie. Cependant ,  par  le  mêiçe  efprit 
qui  a  rait  établir  la  licitation  entre 
co- propriétaires  ,  on  auroit  dû  per- 
mettre aux  communautés  un  partage 
entre  elles  ,  (ans  lequel  leur  )ouii- 
fancc  eft  auffi  peu  paisible  ,  auffi  ptu 
frudueufe  ;  on  trouvera  les  autori- 
tés dans  Je  Diâionnaire  des  Fif»fs  , 
&  cette  opinion  eft  commuite  à  tout 
ce  qu  il  y  a  d'hommes  éclairés  j  la 


Mai  1781.  85} 

propriété  n'cft  point  Crulcmcnc 
:tilc  en  pareil  cas ,  elle  eft  aufH 
germe  a  abus  deftruâifs  ,  tandis 
;  la  propriété  divifée  eft  le  germe 
rinduftrie. 

Appliquant  cette  maxime  aux  p^U 
es  &  prairies  en  commun ,  on  I9 
uvera  juftifiée  plus  que  jamais 
ns  cet  Ouvrage  où  leur  jouiifancc 

mife  en  oppofition  avec  celle  ' 
;  paris  &  prés  particuliers.  Dans 
re  dernière  on  admirera  tous  les 
Fércns  (oins  qu'infpire  au  Colon 
propriété  i  cette  lorte  d*empire 
*on  partage  à  regret ,  qu'on  exerce 
:c  plaiGr  &  qui  devient  comme  le 
amp  de  la  Uberté  civile. 
Auîlî  Texpénenee  eft-elle  favora- 
:  à  ce  fyfteme.  Le  Comte  d'Effuile» 
iteur  du  Traité  des  Communes^ 
mprimé  en  1778  9  afin  de  prou- 
•  9  par  des  faits  &  par  des  exem- 
:s,  Tinutiliré  des  communes, 
nne  un  état  de  corriparaifon  de 
arantc  villages  de  l'Eledion  de 
Içrmont  en  Beauvoi(îs;  favoir^i 


854  Journal  des  Sçttvans  i 

de  vingt  Paroitrcs  Îùv.s  communaux, 
&  de  vingt  aucrts  avcccomniL'iiaus. 
Dans  les  vingr  comiminmitci  avec 
co  nmunaax  ;  ouvriers  ou  arcifdns, 
I S 1 1  ;  laboureurs ,  67  ;  nombre  de 
charrues,  I  }9  >  [oial  des  habicans, 
1S78  î  arpcns  de  culture  ,  10480; 
afpcns  d  ;s,    3015 1    va- 

clifs  aux  ft  coiy,  aux  pai- 

t  cuUcis , 

Dans  le.  imunauiés  fans 

communaux;  .  lers  &  artifans, 
2i4j  ;  laboureurs,  9g;  ch^r^ucs, 
205  ,  rotai  de!;  habicans,  1344  \  ar- 
pcns de  culture,  15411;  nombre 
dt  vaches aus  fermiers,  i  i84;ii/<:/R, 
aux  artifans  {<.  journaliers,  501; 
moutons  aux  fermiers ,  1 308 1  ; 
idem  ,  aux  pariiciUiers ,  2017.  Cette 
comparaifon  eit  \\nz  preuve  pofirive 
du  défavantagc  des  communaux, 
L'Auteur  fait  voir  (jue  l'AdminiC- 
iration  feule  peut  mc;tre  ces  terres 
en  valeur  en  obligeant  leshabitansà 
défricher  ou  à  dclailTtr  la  pojrcdîoa 
des  communaux  ^  <^ui  ne  p 


Mai  1781.  855 

pa«;  la  fixième  partie  de  ce  qu'ils 
produifoienc  s'ils  écoicnt  mis  en  va- 
leur. 

Nous  fommes  forcés  d'abréger  la 
.  notice  de  cet  Ouvrage  intcreUant  , 
dont  les  dérails  &  retendue  font  fi 
confidérabl^s ,  que  nous  ne  pour- 
rions en  donner  qu'une  idée  crès-im- 
parfaice. 

[  Extrait  de  M.  de  la  Lande.  3 


856     Journal  dts  Sçuva/zs  , 

L'Art  dt  la  Vollttre.  Par  M. 
Romme,  Protelfeur  Royal  de  Ma- 
thématiques de  MM.  les  GaitJes 
de  la  Marine  à  Rochetorr ,  9C 
Corrcfponcfaiit  cic  rAi^at^éoiie 
RoTaie  des  Sciences.  A  Paris ,  de 
riin[)riiTitrie  de  Moi  tnd  ,  Ii'.ipri-  " 
nieur-Libiairc  de  la  Remc ,  de 
Madame  &  de  Madame  ia  Com- 
telic  d'Aitois,  &:  t'c  l'Aïad.mie 
Hoyale  des  Sciences ,  rue  des  \îa- 
tlnirins ,  hôtel  de  Cluni.  68  j.  ag  • 
in-foLo  ,  avtj  9  piarches  en  ta;U.- 

dOHCC. 

Nous  avons  rendu  compre  de 
l'An  lie  la  Mâture  publié  par 
W.  Ronime  :  celui-ci  en  tll  unr  fuirc 
&  forme  de  incmc  une  puftic  de 
l'Art  de  la  confîruSioa  dts  faijftaux 
4ont  M,  Rommc  continue  de  s'oc- 
cuper. 

Comme  chacjue  rnâc  dans  un  J 
VBiflcau  porte  une  vergue  ,  de  mê-  J 
me  aulS  chaque  YCigue  touiicac 


•  > 

Mai  17S1.  857 

Yoilc.  La  voile  qui  cft  lacée  avec  la 
grande  vergue  cft  nommée  grande 
voile  ,  &  les  voiles  portée*,  par  les 
vergues  plus  élevées  &  par  le  grand 
mât  font  nommées  voiUs  du  grand 
hunier  &  de  grand  perroquet  ;  de-- 
forre  que  chaque  voile  ainfi  que  cha- 
que vergue  ,  emprunte  fon  nom  du 
mât  auquel  elle  eft  unie  immédiate* 
inenr. 

Le  mât  de  mifaine  porte  aufli  trois 
voiles  principales;  le  mât  darrimon 
en  a  deux  ou  trois  \  8c  le  mât  de 
beaupré^  ain(i  que  Ton  boute-hors  , 
foutiennenc  enfèmble  &  deux  ver- 
gues ic  deux  voiles.  Ces  deux  dcr* 
nièies  ne  reçoivent  pas  leurs  noms  du 
mât  auquel  elles  font  attachées.  La 
voile  de  beaupré  eft  nommée  civa-^ 
dière  ;  &  celle  du  boute*hors  contre^ 
civadière. 

Le  nombre  Ats  voiles  d'un  vaif- 
féaux  ne  fe  borne  cependant  pas  à 
celui  des  mâts  &  des  vergues  que 
nous  venons  de  nommer  :  il  y  en  a 
encore  d'aunes  qui  font  établies  en« 


s  J  3     Journal  dts  Sçavtms  > 

tie  les  macs,  &  donc  le  plan  c(l 
placé  à-peu-près  dans  le  fcns  de  la 
longueur  du  vaifleau.  Les  noms  fous 
Icicjuels  CCS  voiles  font  connues , 
foiu  ceux  de  focs  &  de  voiles  d'cra:  ; 
elles  ne  font  pas  lacées  avec  des  ver- 
gues comme  les  premièrcrdonc  nous 
avons  parlé,  mais  elles  font  -dé- 
ployées par  le  moyen  de  manœuvres 
&  de  poulies  placées  convcnaKk- 
ment  Dans  leur  développenienr  elles 
fiiivcnt  à-peu-près  la  direftion  des 
étais  qui  fervent  à  maintenir  les 
mars.  Enfin  dans  un  beau  lenis  Ton 
employé  encore  les  bonneces  &  les 
perroquets  volans. 

M.  Rommc  confidèrc  toores  cet 
voiles  féparément ,  leiirs  dimcnfions, 
la  manière  de  les  coudre ,  de  les  traj- 
vailler  &  de  les  attacher  aux  ver- 
gues ,  de  les  manœuvrer  ou  de  les 
difpofer  fuivant  les  circonlbnc^s. 
On  trouve  cnrfuite  des  Tables,  très- 
étendues  des  dimenfions  de  toutes 
les  manœuvres  ou  cordages  qui. font 
partie  du  grécmcnt  du  vaiiieaui  il 


Mai  1782.  8^9 

donne  auffi  une  idée  de  rufa^c  des 
voiles  pour  mttrre  le  vailL-au  en 
mouvement  &  pour  chang.r  fa  di- 
leâion. 

L'Ouvrage  eft  termine  par  une 
Table  de  ix  pages,  qui  conrirnt 
rcxplication  de  tous  les  rermcs  dont 
il  a  fait  ufage  dans  le  rcfte  de  fcs 
cxplicarions, 
'  Comme  Tufage  des  ancres  accom- 
pagne fouvcnt  les  opcrarions  des 
voiles,  l'Auteur  en  donne  une  no« 
tice  avec  une  table  de  leurs  dimen- 
fions.,  Un  vaifTcau  de  guerr?  armé 
convenablement,  eft  pourvu  de  fit 
ancres ,  c'e(l-à-dire  de  quatre  grofTes 
ancres  &  de  deux  pentes  à  jers.  La 
force  de  ces  ancres  eft  proportionnée 
à  celle  du  vaifTeau.  Les  «rolTes  an- 
cres  doivent  pefer  autant  de  fois 
cent- vingt  livres  qu'il  y  a  de  pieds 
dans  la  laraeur  de  ce  vaifTeau  ;  Se 
les  ancres  à  jets  (ont  d'un  poid>  un 
peu  moindre  que  la  moiric  d^s  poids 
des  premières.  Deux  de  ces  ancres 
font  ctabiics  chacune  ious  cha<^uc 


S6o  Jeuraaldts  Sçavans, 
boffoir  ,  grofTts  pièces  en  faiRic 
fur  l'avant  du  vaiffeau,  iorfqu'il  cftà 
la  mer  \  la  troifièmc ,  nommée  an- 
c/e  de  viUte  ,  tft  placée  le  long  de 
borci ,  de  façon  que  la  [latte  fuit  en 
arriore  des  porrcs  -  h;iubiin:>  de  mi- 
fainc;  &,la  L]ua(iK;me  eft  dans  la 
rak  au  grand  pantiLau.  Les  ancres  à 
jcis  Éorc  éqtiilibiÊ  avec  l'ancre  d& 
veille,  étanr  placées  fur  le  bordop- 
pofé. 

Lorfqu'on  veut  retenir  un  vaif- 
ftiric  ilottanr  S^-immobile  iur  le  mê- 
me I  oint  de  la  mer ,  on  aitach:  le 
bour  d'un  cabie  à  l'organeau  ou  bou- 
cle de  l'ancre,  on  laillc  tomber  l'an- 
cre 'ur  le  fond  de  la  mer;  on  file  du 
Cable  autant  que  l'exigent  les  cit* 
confiances ,  &  le  cable  eft  enluite 
amarre  autour  des  bittes  ou  piliers 
antérieurs  du  VciilTcau  ;  la  patte  de 
l'ancre  s'engage  nécelTairemtnt  dans 
le  fond  de  la  mer,  &  la  rèUltance 
plus  ou  moins  grande  qu'elle  trouve' 
dans  la  qualité  du  tond ,  l'air  que  le  ; 
vaiflcau  cft  retenu  plus  ou  moiiii 


Mai  1781.  S5t 

renient  dans  Ja  même  place.  Les  ca-; 
blés  ^cl^inés  1  unir  pour  ainfî  dire 
le  vailHrao  avec  fon  ancrr  ^  ont  cpus 
cent' vingt  braiTès  de  longueur ,  ic 
lent  dcconfircnçe  proportionnée  à  U 
force  du  vâilTeau  ,  a  autant  de  fois 
Gx  lignes  qu'il  y  a  de  pieds  dans  le 

'  maître  beau.  Cependant  M.  Rommè 
POits  Appfjênd  que  ,  cetrç  grofTeuc 
adoptée  pr^cédemqienc  vient  d'être 
d/minué  d'un  fixième  ^  patcc  qu*oQ 
à  tirpuyé  que,  dapr^  cette  règle gé* 
pénile  j  les  cables  étoient  trop  yo* 
lun^inçux  &  qu^ils  tendoientavec 
tjrpp  4e   force  à  foulçver  Tancro 

'  mouillée» 

Afjt^  avoir  parlé  de  la  voilure 
id'un  vaîflTeaa  de    ligne  »  TAuteuc 

earle  des  différences  qu'exigent  les 
atiniens  rnoindres  de  toute  efpèce  ; 
mais  çomnie  il  n'y  a  aucune  pièce 
dans  un  petit  navire  qui  ne  falTe  pat* 
tie  ^a  grcemcnt  d'un  vaiiTes^u  de 
guerre  9  la  dcfcription  de  celui-ci 
eft  le  fondement  de  tous  les  aurres. 
JL'cxaâitude  Se  Téteodae  de  cet 


I 


■I 

864  J&Brnal  dis  Sçxvam , 
dan4  la  focicic ,  &  cetre  (ccondc  b&xt-' 
cation  cft  coujoiirs  ennemie  de  la 
première.  Le  Ipeùtacle  de  la  (bcicté 
dcmcnr  continu::] icmcnc  les  Icçoni 
doiii;:(Vi(]ucs;  on  y  voit  le  lidjcule 
répandu  fut  k  vertu,  l'indulgence, 
les  égards  mêmes  &L  •quelquefois 
J'adniiTarioD  prollitués  aux  viccS 
biiilans  i  sinlt  l'cxeinplc  des  Lacé- 
dcmcnicns,  qui  prouve  que  rien  ne 
lélidc  à  l'éducanon  nationale,  pour- 
roir  erre  allégué  pour  prouver  i'inti- 
tilitéde  l'éducation  domeftique  & 
particulière,  qui  vitndra  toujours 
iiitaillibicinent  éi'iiouer  contre  l'édu- 
cation  de  la  focicté ,  feule  éducation 
jiationalc  qui  cxifte  parmi  nous. 

Il  peut  y  avoir  quelque  choie  de 
fpccieux  dans  cette  objedionj  mais 
qu'en  doît-on  conclure  ?  (Inon  qu'il   , 
laut  que  la  première  éducation  pré-  . , 
munifle  contre  les  dangers  de  la  fé- 
conde; qu'elle  fourniuc  le   fil  qui 
doit  guider  dans  le  labyrinthe  du 
inonde  ;  qu'elle  mette  les  Elèves  en   ■ 
érat  de  fc  donner  à  eux-mc 


Mai  1781.  865 

féconde  éducation  au  milieu  des  er- 
reurs  ,  des  travers,  des  inconfcquen- 
ces  de  la  fociéré  ;  qu'elle  les  mette 
en  état  de  favoir  excufcr  les  torts  8c 
ne  les  point  partager ,  plaindre  les  ' 
vices  &  ne  les  point  flatter.  VoiU 
Ibbjet  qui  nous  paroîc  parfàitemenc 
rempli  dans  le  nouveau  Traité  d*E- 
ducation*  Quelle  que.  foir  Tinfluence 
de  cette  éducation  dangereuFe^que 
donne  le  monde ,  on  ne  la  redoute' 
point  pour  Adèle  &  pour- Théo-' 
dore.  Leur  railon  eft  trop  {otmht  y 
leur  cœur  a  été  trop  nourri  de  prin- 
cTpcsf  Se  d'exempies  vertueux  ,  pour 
que  des  exemples  contraires  puiflenc  ' 
les  entraîner  &  les  corrompre. 

«  Songez ,  dit  l'Auteur  ,  à  la  pro- 
w  fondeur  des  traces  que  lailFenr  clans 
«notre  imagination  les  imprefîîons* 
«  que  nous  recevons  dans  notre  en- 
99  fancc  &  dans  norrc  première  jeu- 
ci  neflfe  :  H  la  raifon  &c  le  dévelop*  ' 
1»  pemcnt  entier  de  l'efprit  ne  peu- 
>>  vent ,  par  la  fuite  9  détruire  par« 
•>'faitcmencles  préjugés  les  plus  ab- 

Mai.  O  0 


866     Journal  des  Sçavans , 

•^furdes  donnes  par  Icducarion  , 
t?  combien  icronr  lolides  des  prin- 
•)  cipes  fondes  fut  la  vérité  ^  &  c]iie 
«^chaque  réflexion  doit. affermir  eo- 
*>  core  !  M 

Comment  peut  -  on  (érieulèment 
douter  de  l'utilicé  de  l'Eclucation  , 
&  quelle  partie  de  fon  pouvoir  lui 
contelfacra-t'on  i  Sera^çc^  rinftriic* 
tion  î.Pcut-oD  s*aveugler'fur  \ts  avan- . 
tages  qu*elle  procuie  ,  ilu  la  Tupé» 
riorité  qu'elle  donne  .à  des  efprits 
même  médiocres  fur.. tant  de  geqs 
que  la  nature  avoir  mieux  traites  & 
auxquels  il^'a  manqué  qtie  la  cul-r 
turc?  .    .    ^ 

Oui ,  dit-on ,  Téduçarion  a  unf 
influence  certaine  fur  l'elprit  ;  ç'c(l 
contrç  le  ç^raâcre  que  tous  fes  çf- 
fprc^  viennent  çchouer* 

Chaffez  le  naturel  >  il  revient  au  galop» 
JSaturam  txptUas  furcâ  ^  tamcn  ufquert^ 

curret* 

j^  Mais,  x^.  Ccft  de  la  nature  en . 


Mai  17J2.  867 

générai ,  &  non  du  naturel  en  par« 
nculier ,  cju'Horace  ,  modèle  d^ 
lioileau  9  a  parlé.  Il  die  qu  on  en 
revient  toujours  à  la  nature  »  malgré 
les  inftitutions  humaines  qui  nous 
en  écartent.  On  va  ,  dit-il ,  s'cnfe- 
vpiir  dans  les  villes  ;  mais  le  (buve- 
ri'nr  des  champs  &  des  bois  conferve 
toujours  Ton  empire.  Nos  amruble- 
mens  nous  rçpreientçnt  des  forêts  ; 
dans  la  ville  même  ,  on  aime  une 
nuu(bnqtti.a  vue  fur  la  campagne. 

Ncmpt  inur  varias  nutritur  fylva  coium- 

nas  y 
Idudaturque  domus  longoi  qua  profpîcit 

Nàturanféxpcllas  furcâ ,  tamem  ufquc  rt-* 

curret , 
Et  malapirrumpct  furtimfaftîdia  viêirix. 

j.^,  Horace. ,.  donc  on  voudroic 
citer  i'aurorité  contre  le  pouvoir  de 
rèducation ,  eft  TEcrivain  qui  a  le 
plus  rendu  hommage  à  ce  pouvoir , 
qui  a  le  plus  recontiu  que  ,  comme 
le  die  2^aïre  ; 

Opij 


s  ^8    Journal  des  Sçavans  i 

L'inilruâion  fair  tout ,  &  !a  main  de  nos 

pères  \  .^ 

Grave  ea  tios  fbtbles  cœurs  ces  preiniers  C4* 

radlères 
Qût  l'exemple  H  lé  ceqas  Tiçnnçnc  nous  rç« 

tracer , 
Ef  <]ue  peat-êuç  ^  noii^  Pieu  ùfoi  pçac  e^ 

facer.  . 


/ ^  .  .... 


Ccft  Horace  aui  a  ait  c    /  ' 

//n^i/  equuifk  tffurâ  docil€rn,câr^(;t  Aia* 

§iftsr 
Ire  viam  quam  monftrat  eques»  VenaticHS 

Temp'orc  cervinampelUm  latravUin  anla. 

Militât  în  fylyis  Cfltulâs.  Nmc  adbib^ 

puro^ 

Pe flore  yerba  puer  ^  f!^  $^  n^çlioribu^ 

of^r. 
Quo  femel  efl  imbuts  j  ucins  »  firvabi$ 

odorem 
Tcjla   diù. 

c'eil  lui  qui  a  die  : 

â 

Stnjere  quidmens  rîic  i  quîd  indeUs     ' 


Mêù  i78i«  S69 

^Mtrlta  faufiu  Jub  penetraUbus 
Poffit. 

pafTfige  fait  pout  fêrvir  d'épiçrapfae 
au  Livre  ^e  Madame  la  C.  ^e  G. 

Horace  eft  li  çloigné  de  croire  ifti 
bon  Livre  d'éducation ,  inutile  & 
fans  effet ,  qu'il  n'eft  point  9  félon 
lui  y  de  caraâère  qui  ne  puifle  £tre 
calmé  pat  de  fagès  maximes  &  pat 
la  Jcâure  d'un  bon  Livre. 

Fervit  avarîiîa  miferoque  eupîJim  pe&us  ? 
'Sunt  vtrba  &  vocts  y  quibus  hune  lenirê 

doknm 
PoJJis  ,  &  mat^nam  morbi  dtpontrt  partem» 
Laudî^  amore  tumts  ?  funi  ccrta  piacula  , 

qum  te 
Ter  pure  leêlo  poterunt  recreare  libeîlo. 
Invidus  9  îracundus  y  inersj  vinofusy  ama^ 

ton 
Nemo  adeo  férus  efl  ut  non  mîtefcere pojjity 
Si  modb  eultura  patientent  commodet  au* 

rem. 

Ces  vers  fcmblent  encore  avoir 

Ooiij 


tyo    JotrUal  des  Sçavans  , 

été  faits  pour  le  Livre  de  Mada- 
me  de  G.  li  ny  a  point  en  'effet  de 
pa(Tion  ,  point  de  mauvaire  difpofv* 
cioD  de  ianir»  point  de  préjugé  Bi- 
ncHe  qui  puiiTe  tenir  contre  la  raifon 
aimable  qui  préfide  à  tout  l'Ou- 
vrage ,  contre  ce  goût  pur  de  vertu 
qu'on  refpire  à  chaque  page.  C'etllà 
que  l'ani?  s'épure  en  s  attend rifl^nt 
&  en  s*éclairant  y  c'eft  là  que  la  per- 
fonne  la  plus  vertueufc  eft  toujours 
la  plus  aimable  &  la  plus  beureufe  ; 
c'eil-là  que  la  fàgeflea  rartçrait  de  I9 
volupté.  Mais  pourfuivonsTexames. 
de  notre  queftion. 

Pafcal  a  dit  :  «.qn  n'apprend  pas 
•»  aux  hommes  à  être  honftêres  gens  , 
*î  Se  ou  leur  apprend  tout  le  refte  ; 
*>  &  cependant  ils  ne  fc  piquent  de 
•>  favoir  que  la  feule  chofe  qu'ils  n'ap- 
9>  prennent  point.  »' 

Voiri  ce  que  lui  répond  M.  de 
'Voltaire:  - 

««  On  apprend  aux  hommesà  être 
=»- honnêtes  gens,  &  .fans  cela  peu 
'^  parviendroient  à  rêffe/Liiflcz  vo- 


Mai  1781.  871 

«»  tre  fils  dan$  Ton  enfance  prendre 
99  roue  ce  qu'il  trouvera  fou^  fa  main  , 
>3  à  quinze  ans  il  volera  fur  le  grand 
*>  chemin.  Loucz-le  d'avoir  die  un 
««nicnfonge,  il  deviendra  faux  té- 
M  moin.  Flattez  fa  concupifcence  p 
9»  il  fera  fûrcment  débauché.  On  ap« 
»  prend  tout  aux  hommes ,  la  vertu , 
nia  Religion!  « 

"^  On  voit  que  M.  de  Voltaire  étoîc 
bien  éloigné  de  aoire  qu'il  fallût 
abandonner  les  hommes  à  la  Nature  > 
parce  qu'une  éducation  imparfaite  a 
quelquefois  manqué  fur  eux  une  par- 
tie de  fon  effet.  On  dit  toujours  :  ia 
Nature  !  la  Nature!  C*eft  une  chofc 
bien  reconnue.^  qu'au  moral  ainfi 

3u*au  phyfîque ,  la  Nature  a  befoin 
eTart^  comme  Tare  a  befoin  d*cllc  > 

Altertusfic 
'Altéra  pofcît  opem  tes ,  6»  conjurât  amicc. 
Le  champ  le  plus  fertile  a  befoio  de  culture. 

Des  Ameuts  anciens  ont  attribué 

tant  ci j  j^oiivoir  à  rccUication  ,  qu'ils 

*  ont  dit  ou;:  les  parnis  d'cnfuns  vi* 

O  o  iv 


iji     Journal  des  Sçavans  ^ 

cieux  &  criminels  n*avoient  point 
d'cxcufe  légitime»  &  ne  pouvoicnt 

'.  imputer  qu'à  leur  négligence  les  cri- 
mes de  ces  enBins  coupables*  Nous 
trouvons  même  quelaues  traces  de 

^^cçrte  opinion  dans  TuUgequi ,  pour 
de  certains  crimes  ,  fait  porter  aux 
parens  une  partie  de  la  peine  encou- 
rue par  teuis  enfans  ril  cft  vrai  que 
comme  cet  tifagc  9  botné  à  de  cet* 
tains  crimes ,  eft  une  exception  à  la 
lègle  génjérale  qui  a  établi  que  les 
crimes  font  perionnels  >  on  doit  le 
regarder  comme  didé  par  la  politi- 

"  que  plus  que  par  la  judice;  mais 
enfin  la  raifon  politique  ^  qui  dé« 
termine  dans  cts  cas  ,  ne  peiir  avoic 
d'autre  principe  que  l'opinion  qu*on 
s'cll  faite  des  effets  de  1  éducation  » 
Iclon  ,qu*elle  a  été  ou  foîgnéc  oa 
négligée  ;  &  qui  peur  douter  deja 
différence  de  ces  effets?  quoi  de 
plus  fenfible  &  de  plus  palpable!  - 
Mais,  dit  on,ilfaudroit  unecdu- 
cation  particulière  pour  chaque  ca- 
raderc ,    pour   chaque    individu  % 


/" 


Mai  1783.  87J 

cornme  un  tailleur  fait  un  habic 
pour  chaque  taille-,  ce  qui  convienc 
aTun  ,  ne  fàuroic  convenir  à  Tautre. 
Ces  HifFérens  Elèves  font  les  convi- 
vcs  d'Horace  : 

Trtsmîhi  (onvivapropè  dijfentirt  vîdenrur, 
Pofcences  varia  tnultàm  dlverfa  palatOm 
Quid  dem  ?  quid  non  dtm  ?  renuis  tu  quoi 

jabci  aiur; 
Qtiod  petisg  idfanb  efiimûfiim  acîdumqut 
-    daolfus. 

Détratfleurs  de  l'éducation ,  ac« 
corder- vous  !  Tantôt  vous  voulez 
abandonner  les  enfans  à  la  Nature^ 
parce  que  vous  jugez  que  l'arc  ne 

Î^euc  rien  pour  eux  ;  tantôt  vous  vou- 
ez  qu'on  poulTe  les  foins  de  l'arc 
jufqu  a  les  varice  félon  chaque  indi* 
vidu. 

£b  bien  !  il  faudroic  donc ,  félon 
vous ,  une  éducation  particulière 
pour  chaque  ame  ';  oui ,  comme  il 
faudroic  peyc-ctre  une  nourriture 
particulière  pour  chaque  corps  ,  un 
degré  particulier  d'adion  &  de  rc'- 

Oov 


s 74      Journal  des  Sçavans  ^ 

pos,  de  veille  &  de  fommeil  pour 
chaque  homme ,  afin  dé  cirer  de 
l'efpccc  ham&ine  en  général  &  de 
chaque  individu  en  particulier  cour 
le  parti  podible^  mais  en  atcendanc 
que  les  foins  de  la  culture  puifFcnc 
être  portés  au  phylique  de  au  moral 
jufqu*à  ce  degré  de  recherche  &  de 
précifîon ,  6iut-il  ne  prendre  aucuns 
alimens,  parccque  chaque  individu 
ne  rencontrera  pas  peut-être  ceux 
qui  conyicnixent  le.plus  à  Ion  çout  ^ 
à  foti  tempérament ,  à  la  conforma- 
tion &  à  la  corifticurion  parnculièfc 
de  (on  eftomâch  ?  Avant  que  Tare 
du  tailleur  eût  adapté  chaque  habic 
à  chaque  taille ,  uniquemeht  6c  ex«- 
clufiveménr,  falloir -il  fc  refufcr 
toute  efpèce  de  vêtement  &  aller 
tout  nud>  Faut- il  priver  lame  de 
toute  inftrudion ,  de  peur  de  ne  pas 
rencontrer  celle  qui  con^^ient  à  cha- 
que Elève  prcique  uniquement  -fie 
préférablemeht  à  toute  autre?  Ny 
a-c'il  donc  pas  des  principes  de  mo-  , 
aie  ^ui  conviennent  à  tous  les  ca* 


Mai  1781.  $75 

raftcres  ,  comme  des  alimens  cui 
conviennent  à  tous  les  edomachs  &: 
des  habits  qui  vont  à  prefque  routes 
les  tailles  ?  Défcndoiis  notre  cfpric 
'  de  routes  ces  fubtilitcs.  Il  cft  dans 
l'éducation  ,  comme  dans  tous  les 
arts  9  un  degré  de  perfection  où  l'on 
peut  le  flatter,  de  parvenir  ^  &  donc 
il  faut  favoir  fe  contenter ,  &  pour 
citer  encore  Horace  (car  Horace  a 
dit  topt  ce  qui  èft  raifonnable  ,  & 
le  citer  n'cfc  que  parler  rai(on  de  la 
manière  la  plus  agréable.  ) 

Non  pojjis  oculo  quantum  contendcre  Lyn^ 

ceus 
Non  tamen  îdcircb  coniemnas  lippus  inUQgi  p 
Nec  ,  quia  defperes  invi&i  menthra  Glyco^ 

conis 
Nodofâ  corpus  noîts  prohïbcrc  chîragrd* 
£ft  quoddm  prodire  tenàs ,  fi  non  datur  ut- 

trà. 

Au  reftc  ,  en  renfermant  dans  de 
joftcs  bornes  &  en  rédiiifanr  à  ce  qui 
cft  raifonnable-  ce  vacru  :  que  Tédu- 

Oov\ 


8 7<î     Journal  des  Sçavans  , 

cation  foir  variée  fclon  le  caradlète 
des  difFcrcns  Elèves,  on  le  trouvera 
parfaitement  rempli  dans  le  -tîvrc 
de  Madanfic  de  G.  Adèle ,  Théo- 
dore, le  Prince,  Porphire  même; 
oii'on  ptu:  regarder  comme  l'Elève 
ae  M.  de  la  Garaye  ,  &  qui  cfl  un 
exemple  d'éducation  pour  ïes  Gens 
de  Lettres ,  font  élf  vcs  fur  dts  plans 
&  dans  des  principes  difFcrens  ;  au- 
cunes de  ces  éducations  ne  fe  ref- 
icmMcnr ,  &  d'ailleurs  nVncre  t*jl 
pas  évidemment  dans  les  principes 
de  l*Au^eur  de  varier  Teducation 
félon  lis  caractères  6t  les  dilpoij- 
tions,  de  veiller  fans  ccfTef.  r  chaque 
lujet  y  pour  appliquer  à  propos  les 
fecours  ^  les  reinèdes  convenables, 
en  un  mot  de  faire  fur  ce  point  tout 
ce  que  la  critique  a  paru  de(irer. 

Mais  on  fait  une  autre  ohjeâion* 
Ces  éducations  font  différentes , 
dit-on,  &  elles  font  cependarw  mê- 
lées dans  le  cours  de  TOuvrage.  On 
pafle  tour-àtour  d'^Adèle  à  Théo- 
dore, a  Porphire ,  au  Piince  Eljèvc 


Mai   1781,  877 

du  Comrc  de  Roféviilc,  tout  cft 
interrompu  ,  tout  cil  coupé  N'y 
auroit-il  pas  eu  plus  d*orcIrc  à  fépa« 
rer  chaque  éducation  &  à  la  traiter 
à  paie?  Cette  objeâion  étoic  trop 
facile  pour  échapper  à  la  critique, 
&  ou  peut  croire  au(fi  qu'elle  nV 
voit  pas  échappé  à  TAuteur.  L'Au- 
teur l'avoir  prévus  &  s'y  eft  expoice 
par  choix  &  à  deHein.  Elle  a  voulu 
faire  des  Lettres  &  non  pas  des 
Traités  ;  or  des  Lettres  fe  croifent 
Se  s'interrompent  comme  dans  fou 
Ouvrage  ;  elle  a  choi^  cette  mc^ 
thode  }  parce  qu'elle  connoîc  les 
Leâeurs  François,  les  Ledcurs  gens 
du  monde  >  grands  ennemis  d?s 
Traités  &  qui  ne  foufFrent  Tindruc- 
tion  que  fous  la  forme  à  laquelle  ils 
font  accoutumés 9  c'eit  à-dire  fous 
la  forme  la  plus  facile  Se  qui  appro- 
che le  plus  de  la  converfacion.  Au 
refte  il  en  réfultc  certainement  plus 
de  variété  ;  en  rcfulte-t'il  delà  con*» 
fuHon?  nous  ne  croyons  pas  qu'on 
puirtcit^ire  juftcment. 


tjS    Journal  dit  Sçaians  ^ 

Il  cft  vrai  que  chaque  interrupj» 
tion  9  chaque  paîTage  d'une  èducav 
tion  à  ^nc  autre ,  ptodutc  à»peu-£rès 
TefFcc  d'un  éprfode  dans  .-un  Ro^ 
man  intéreiTanc.  On  regrette  un  in<> 
ment  l'int^rcc  dé]st  formé  qu'on 
quitte  pour  un  autre  qui  ne  Te ft  paé 
lencore;  nnais  ce  moment  cft  cou«r  ;  . 
TAuteuç  a  une  {eileiàcilité  àinté^ 
rcfler  ,  à  toucher,  que  le  nouvel  ii> 
térêr  cft  bien  promptcmcnt  formé. 
D'aillçur5 ,  chaque  iriterruption 
vous  ramène  des  objets  que  vous. 
connoilTez^  que  vous  aimez ,  qui  • 
vous  ont  déjà  touché  & .  pour  IcP» 
quels  Tintéret  fe  ranime  aifémenr.*  . 

Enfin,  a*t*on  dit  encore»  lei- 
hieilleurs'Traitës  d'Education  n^ïrit 
pas  formé  vn  bon  Maîrre  ni  un  lAyA 
Elève,  comme  les  meill[eqrs'"p(ii'.- 
Vragcs  fur  rArt  Militaire  n'otltjpHik'' 
produit  un   bon 'Général ,  irtî  lÀ 
meilleures  Rhétoriques  un;  OrâtîetMf|;|^^j 
ni  les  meilleures  Pbëtrque^h  Pd^HbÊi 
'    Eh  1  pourquoi  dénic</aivifi^'> 
Livras  totttr  ij^iftHittvct  6c  toâirr^ii 


^^ 


Mal  ijii^  Ij-) 

litc  ?  Pourquoi  fi  de  ccrrajiiS  Livres 
font   Tcpuccs    dangereux  ,  d  aurres 
ne  Jeront  -  ils  pas   rrputcs  unies  ? 
Quelle    raifbn  Tuffifante  rcdc  -  cM 
dVcrtrs,  li  aucun  Livre  ne  doit  p:o* 
.    duixe  aocun  cfFec  }  Les  ennemis  des 
Lettres  rendent  plus  de  jnftice  aux 
Livres  \  ils  ne  les  jugent  que  trop 
utiles.    £r  comment  les  gL-ns  du 
métier  en  tout  genre ,  révélant  Ici 
fecrets  de  leur  arr ,  rendant  compte 
de  leurs  ob&rvarions  &   commu- 
niquant  leur  expérience  9    n'éten- 
droient-ils  pas  les  lumières  &  ne  fe- 
conderoient-ils  pas  le  talent  ?   Les 
Livres  ne   donnent  pas  le  génie  , 
fans  doute ,  mais   ils  donnent    le 
goût  dans  les  arts  agréables  >  &  la 
méthode  dans  les   arts  utiles  *,  ils 
donnent  les  connoifTances ,  aliment 
nécelTaire  du  génie  \    ils  donnent 
les  principes   qui  le   dirigent  ;  ils 
produift-nt   mille   autres  avantages 
ou  généraux  ou  particulitrs.  Dira- 
t'on  que  TEmile  de  RoufTeau  n'ait 
produit  4ucun  effet  ?  Compaici  V^ 


S8o     Journal  des  S  gavant , 

liberté  y  le  bonheur  aduel  de  ren- 
fonce ,  avec  la  triftcfle ,  la  concrainrc , 
la  fervitudc  qui  préiidoicnt  ancre* 
fois  à  la  prerriièic  éducation  ;  voyez 
la  plupart  des  mères  s^empielier  dq 
le  devenir  doublement  en  nourrit' 
iknt  9  en  élevant  elles- mêmes  leurs 
en  fans. 

il  readic  aux  en&ns^a  cenJrcfle  it%  mères. 

L'cloge^renfçriîiê  dans  ce  vers , 
cju'on  trouve  parmi  les  Infcriptions 
d'Ermenonville,  liiffiroit  pour  im- 
moiTalifer  cet  Ecrivain  que  l'Elo- 
quence a  rendu  ii  utile. 

I/Eloquence  de  Madame  la  C. 
de  G.  plus  douce ,  plu$  pénérrante  , 
plus  j'crfuafive  ,  ne  icra  pas  moins 
unie  pour  Téducafion  morah  quç 
celle  de  RouiTcau  Ta  ccé  pourledu: 
cation  phyfique.  Un  Livre  qui  pcmt 
partout  la  raifon  il  aimablç  >  la 
vertp  fi  touchante,  la  bienfaifancc 
fi  déliciculc,  qui  montK:  le  bonheur 
toujours  aiucùé  à  raccompl^flcnient 

4 


Mai  1781.  881 

de  tous  les  devoirs ,  qui  rend  (1  icn- 
fible  Tinrérct  de  Faire  le  bien ,  qui 
fait  (i  fouvenc  verfer  de  (i  douces 
lannes  aux  âmes  fenfibles-  8c  ver- 
tueuIcSy  pourroit-il  ne  pas  rendre 
les  homines  meilleurs ,  ce  pas  per^ 
feâionner  la  grande  éducation  gé* 
nérale  de  la  fociécé  } 

En  parcourant  ainfi  les  principi- 
les  objeâions  baxardées  contre  le 
Livre  de  Madame  de  G.»  nous  jot« 

fnoos  à  celles  qui  n'ont  été  qi^ 
ites,  une  partie  de  celles  qui  ont 
été  éaites  &  auxquelles  d'autres  ont 
déjà  répondu  ',  nous  en  avons  puifé 
quelques-unes  dans  un  Ouvrage  [il 

3ui-n'a  point  été  dirigé  contre  M."" 
e  G.  L'Auteur  Ta  déclaré  ^  &  il 
mérite  d'en  ciire  cru  (ur  fon  nom  Se 
fut  (a  parole  ;  jamais  le  defir  de  di- 
minuer la  gloire  d'autrui  ne  lui. a 
mis  la  plume  à  la  main  ;  il  ne  con<- 
©oît  rcnvic  que  de  nom  ;  il  cft  à  cet 

[i]  Réfiéxioni  détachtcs  fur  le4  TraiUs 
d'£ducanGn.  '' 


cgard  do  petit  nombie  des  EcrivajAi 
îrréprocbabks  qui  pcufcdc  dite  :;  / 


Examîfic^aiA  nt.  Se  6mgfz  <|iKi.  je  fiii^ 


i  .-      3  •      ,;,'';,:;« 


Son  Qnvn^  eft  tiès  -^  iog£iiiciiii# 
très  agrciÀle  ;  il  a*^  fort  bien  réuÇu.. 
&  nous  applaMdtiIbi|Bà'ioilfttccéBV 
-nous  le  combattouccpendanr  ^  jbÎo|B%  \ 
qui  avons  toufonts  pris  plaifiri.firiiiB 
valoir  fà  pierfbnnp  &  fi»l>ovti^gcs4  .. 
nous  le  combations  »  &  n^iis  ^  ; 
femmes  poinr  -aggiefleurs',  c  eft  qfte  : 
fes  opinions  (fi  cependant- cet  fioïC^  ' 
eft  autre  cbotè  qu  un  badinage  tb*  ' 
génieuz)  ont  rencontra  chez  iioâs 
des  opinions  contraires  tout   èta» 
blies  t  que  nous  n'avons pias  cru  éb^'  ' 
voir  abandonner ,  Se  que  nous  d^^ 
rutons  ici  par  occafion ,  icoimM' 
nous  ie^  examinerions  avec  ïiii  dâfli<; 
un  entretien  familier  &  dsp^UËfi$é^ 
Tintimité  defamitié  :  ce  n*e(l:Dtfi 
même  la  première  fois  que  nous  dffr  !; 
putons  ainii  en  public  contre  JuS^^; 
lans  porter  la  moindre  acccince  À fieûÉHï: 


Mai  1781.  883 

tmitîé  éprouvée  par  le  rems.  Il  nous 
permettra  liTrcmcnr  d'avouer  quc^ 
ielon  rcxprclîîon  de  TAurcur  ou  du 
Libraire ,  qui  lui  a  répondu  dans  h 
Mercure  du  16  Mars,  ïl  nous  pa* 
rote  n*avair  éré  que  nouveau ,  Se 
que  fon  advcrfairc,  que  nous  ne 
connoiflfons  point ,  nous  a  parj  [  1  ] 
vrai. 

Revenons  au  Livre  de  Madame 
de  G.  8^  ofotis  examiner  un  repro- 
che plus  grave  qu  on  fait  à  cet  Au« 
teur.  On  lui  impute  des  portraits  , 
des  portraits  fatyriques  ,  faits  avec 
intention ,  avec  malignité}  d'ailleurs 
fi  reflcmblans ,  dit-on ,  qu'ils  ne  peu- 
vent être  ni  méconnus,  ni  dcfavoucs. 

En  fuppofant  ce  reproche  fonde  , 
dans  toute  Ion  étendue ,  nous  ne 

fourrions  que  dire  à  Timitation  de 
léchier  : 
■  «  Si  TAuteur  SAdiU  avoit  voulu 

{  f  ]  Nous  avons  apprîs  Jcpuîs  que  c  cil 
en  cfict  un  Libraire  de  P^ris  (  M.  PaûC- 
koukc }, 


>:v* 


9  te  &  iIb  Js  BflycR  î  mB  "Mt 
«bafakm  à  JawJigiif  k 4m 
'^dhfommalmmaSKgfiÊéi  ftfia^lf 
»  parlions  ^  fil  gjbke  A  A: 
»  IcDs,  ce  Qt  laoïf  qpc  jpoof  4t|i#K 
«=  rer  k  BiiHitiH  ^  clk  w 
»--  d'en  afaulcr  [i]^* 

Abus  qa  oo  noB  pcnnctie  iqpâf 


-  *.i--«  ] 


[i]  Vaîd  h  plnA  dk  FUdtes 


> 


•  deffusdctvcfnsknnâBes^  fifirvakvft 
»&  moJeace  n'avcSeoi  été  aiiidiées  A^* 
9e(pntdeM&  déduite,  jefeqMVtrail 

•  sui  rang  de»  Sdpioos  &  des  Fabiù^  fb<^ 
9  laiflcrob  z  la  Tanicé  k  loin  dTlioBoicr  Jt . 
9  vanicé  ••••••&  fi  je  parUù  de  ikigloiiey  ' 

•  ce  ne  (eton  <pit  pour  déflocer  iba  aidf 

•  beur*»  .      .'4 


Mai  tjSi.  88 J 

]ues  réflexions  générales  (ur  cet  ar- 

r  «Nous  ne  dirons  rien  des  Saryri- 
îècs  de  pfofcfljon,  Horaéb  &  Juv6- 
iiftl  Dommoienc  fans  ménagement 
de»  perfonnages  auxquels  ils  inten- 
toienc  des  accufations  fort  graves  ; 
Poilerà ,  à  leur  exemple  »  appelloit 
mMJchat  un'  chai ,  &  RolUt  un  fri* 
fam*'Ct%  ^rsmdes  kurori tés  n*im* 
Mfènt  plus  aujoordliui';  la  Philo- 
ïbpbie  n'en  a  pas  moins  condamné 
la  làtyre  qui  nomme  ou  qui  défigUe 
comme  û  elle  nommoit. 
*   Les  Mofaliftes ,  les  Âureurs  Dra* 
SDanqi^,  liir  tout  les  Auteurs  de 
Comédies  ^    ne  nomment   point , 
Biais  ils  peignent^  &  il  faut  que 
kurs  portraits ,  pour  être  utiles  ^ 
(oient  reflen^lans. 

A  qui  reiTemblans  ?  A  tout  le 
monde  6t  àperfonne;  rcfTemblani 
«oz  -mœurs ,  aux  ufages  aâuels  ,  aux 
ridicules.,  aux  torts*  qu*on  a  fous  les 
yeux»  car  on  ne  peut  peindre ^ 
&  il  n'imp~orte  de  peindre  que  ce 
qu*onvoit« 


$86:    JonnuU'des  Sfmans  , 

Queiç^u'im  le  trouvera  donç{ie|[^;< 
riéctllaircmenc  \  Sans  douce  %  &  Jjp^h 
que  çer  row,  OQifnal^  c'cft  nol^i  \ 

il  fa^c.qMirfef  jtr^vçfs  qtt*Of|MM; 
<;ornge^  fpîjencVfels.;  il  £mc  qa^lK M 
foiem  Tçndus  feiQiies  8(  que  tçtt^ 
nibndc  paille  le^  reçonnoicrc»    , 

.'  Mais  oj^c,  s*As*e€^mf4Xrte  liiieji^ 
£:  ,qu1fiteniî||-ii;^n  j^<l«  égank^:flN|i 
ixicqr4irM  uiic«^uiil(lft>«ie  rrliiici  .i]|f^ 
^.'^pplrqyçreii  ^Tpkci^lMff^^ 
cluuvemcnt.  fig 


telxfir  tel  objet  ;.  qqaii^  auxjpot tsUtf 
mixtes ,  c'(eft*i  dire  fonriésîdeinm  ; 
prif  de .  rourp.  part  ^  ^ijb^  ne.  pêigu^nc  ~ 
que  lesmcjeuiçs  &/Eioii  ptf  krpçrfÎKMH 
nejs^  >  £;:  nui  p  a  te  droic  dç  s'fiA  pNjâ 
cire  \  toys  çpus  q^  k  trjQttvctt  intéii 
rcHcs  aux.  jtqrts  ou  tk)Xt  itwtct^  dinâ 
cts  portraits  avertiront ».otitUiië!lNé6 
iourcc  qui^  tfe  fcUt  leur  inaM|ifer^ 
aeft  de  fe  cfirjri^rA  .Mous  fi^pbioM 
que  ÇQOt  çç<|i,^^^t«c^9miaw^^ 
k  fcns  de  cesJb$a«W<V!eil4e,ficiHoÉiiia 

Chacun  ^ûtf  av^Wc  dai»  cç^aonviiaii^ii^ 
roir,  ...  ;  i,j;  >^j 


«     »  < 


.      Mai  1782.  887 

■  vit  avec  plaiiîr ,  ou  crue  ne  s*y  point 
iroir»  '  ■  i 

Avare  des  preailers  rit  du  tableau  fiJcIe 
ton  Avare 'fiii  vent  tracé  fur  fon  modèle; 
ToîUe  fois,  un  Fat  finenaent  exprime  , 
.'iéèonnDt  le  portrait  fiir  lui-même  formé. 

Il  fcroic  difficile  de  fixer  d'une 
tanière  plus  précife  ce  qu'exigent 
un.  côté  Tintcxêc  de  U  Tociété  au  il 
igit  de  rçfQrmer ,  Scia  liberté  donc 
s  Auteurs  ont  bcfoiji  pour. opérer 
:€te  réferjçne  j  de  l'autre  ,  les  mé« 
agennens  que  chaque  particulier  ^ 
roit  d'attendre. 

,  Racine  9  même  çn  pcii^nanc;  les 
^ec9.  y  les  Rpmains ,  les  Turcs ,  les 
uiB  9  pcignqit  prçfque  toujours  la 
lout  de  Louis  XIV  )  &  (ans  parler 
'^fiher  t  où  l'allégorie  eft  fi  mat- 
lUée  jufques  dans  les  moindres  dé* 
BÎls^  dans  les  (ujcts  même  thrés  de 
a  Fabje ,  il  ramenoit  ces  ventés  fen- 
ible«  j  ces  tableaux  vivans  qu'il 
voit  fous  les  yeux» 
Les  originaux  des  Comédies  de 


Mr.::?;  ssoistir  pour  la  plcpart  à  h 
Cj  jr .  &:  on  ta:tqac  LoaisXIV  lai 
es  :c:ciciia  Joi^iiiêiiK  qoclqucf-mis. 
J-j:'aucs-iâ  Moiicrc  ccoic  inéprocha* 
h.z ,  parce  que  Ces  ponraics  éroiâlt 
miircsj  ccft*à-ciiie  compoics  de 
tTâirs  tocinis  par  plnficars  perlbn- 
pagc5  ;  il  n'cft  rcprchciifiblc  que  daos 
cubiques  Pièces  ,  où  i!  s'cft  peimis 
àc  nommer  Bour&ulc  &  de  dc&^ 
gner  l'Abbé  Corin  comme  s'il  Teûc 
nommé. 

Pcrfoone  ne  douce  que  la  Bruyère 
n'ait  pris  à  Paris  &  à  la  Cour  l'idée 
de  les  caraâèrcs.  La  Bruvère  eut  rai- 
fon  ;  on  donna  une  cicf  de  la 
Bruyère,  &  on  eut  tort*,  on  ne  fie 
peut-être  que  calomnier  l'Auteur  & 
une  foule  de  citoyens. 

Quand Télémaque  parut  9  que  oe 
dit-on  pas?  Le  conquérant  Séfof-» 
tris ,  l'imprudent  Idoménée  qui ,  par 
une  conduite  altière  &  injuftc,  lou» 
lève  contre  lui  tous  les  Rois  de 
rHefpcrie,  qui  protégc'les  arts  de 
luxe  èi  néglige  rAgriculturCy  cétoic 

Louis 


Mai  17S2.  88^ 

Louis  XIV  i  Proréfilas  croit  M.  de 
Lôiivois  ;  Philoclès  étoic  M.  de 
Pompone.  LaifTons  l'ailégoric  des 
Miaiftres  ;  maison  ne  peut  nier  que 
le  Télémaq'ie ,  compote  pour  l'édu* 
cation  de  M,  le  Duc  de  Bourgogne, 
ne  fût  la  condamnation  du  règne  de 
fon  ayeul ,  de  la  guerre  qu'il  avoic 
trop  faite  9  du  fade  qu'il  avoit  trop 
aimé. 

Cependant  l'ame  tendre  &  ver- 
tueufe  de  M.  de  Fénelon  j  pouvoit* 
elie  abjurer  la  reconnoilTance  quMl 
devoit  à  un  grand  Roi  9  auteur  de 
fa  fortune,  &  qui  Tavoit  honoré  de 
la  confiance  la  plus  flatteufe  en  lui 
donnant  fes  petits-fils  à  élever  ? 

Non  ;  mais  il  comprit  les  grands 
intérêts  qui  lui  croient  confiés ,  les 
devoirs  facrés  qui  lui  étoient  impo- 
fés  'y  il  comprit  que  le  premier  de 
ces  devoirs  étoit  d'élever  le  Duc  de 
Bourgogne  pour  le  peuple  qu'il  étoic 
appelle  à  gouverner*  pour  l'Europe 
dont  il  pouvoit  un  jour  faire  le  def- 
tin;  il  comprit  que  la  reconnoi^ 

Mai.  F  p 


::-j:  -  ...  i.v?::;  Le:.  <  XIV  croît 

-  "  "  ~  ■  ■•  :  •  • 

-»        •--■•^         -1,"       "■*»"       •««•■»■•«      >«'...      |r«^   ^,   ,   I   B|«^ 

1     .      m  ^        «      ^-»      Al.--'     ».&-«    ••  — ^    ««••    •ta^im«^KtL 
•:'^  '      •         'S    *       '  '  I 

^%  -  f  •  I 

^«^.    .    ...^«^    4.  .j.       .  ^ -■     ■••..^«J.alJ     «    IL 

p::l>r..f;  ii  tiljoit  le  ;-r5-!îunir 
j?r.Tr  r^  iar:^rr  ;  il  faîlo-t  décrier 
]z  r-:r:r  S:  lî  fiflc  ,  cr?  S.cu'x  gran- 
û':?  ;r:îJ-$  dr  Lojis  XIV  ,  car  il 
:::  ::.-:  rr'.n:  ft  fairr  illuîion  fur 
j:*  c:::s  2r::c!c5  ;  jamais  un  Roi 
^ji::i:r  S:  fifrjraTC  nr  fera  un  bcn 
Kc^' ,  C'jclqurs  verra?  qu'il  ait  d  ail- 
!:..:?•  pjhq-Jiî  jamais  il  ne  rendra 

M^.:a:r.c  de  G.  avaêr  récefTaîrc- 

:-:7x:  rcii-ccjp  de  portraits  à  faire; 
:1  :-..c!:  ^ue  îcs  travers  ,  les  ridi- 
v-L?  ,  !:s  vices  qu'on  rencontre 
Jar.N  !c  mor.de,  taiT^n:  mis  d'a- 
vârcr  r^js  i:s  yrax  de  fes  Elèves  ; 
il  Î2ilc:r  q'je  les  exemples  leur  fcr- 
v:^:nr  G':::!îruct:on  ;c*ell  la  manière 
djn:  Horace  loue  ce  remercie  fon' 

I 


^■«»- 


Cûm  me  haruntur  pané  j  jhtgaliur  ,-  at- 

tionm'inder,  Aîbt  lit  mafè  vlPai  fiîus*^ 

B'érflk  itpofsf  mépium'dùctimenium  /  jiç 

;l\^Z  ^^0f%.  î .;.  -'v     ■■.»        .-.■      i' 


{5amr  r«  judwipmfikôkeijldfi^i^: 
Sipd  nfxtabaii  an  àoc  hAÀnefiuM  if  inutile 

51^  iwèrdj  ^hîÀçs  Hit^a  opprpbrîa  fapt   '' 
Jifiîiftàvitiis. 


.  « 


Sji    Journal  du  Sçavans, 

VoJU  1  éloge  dii  plan  d'éducation 
de  Madame  de  G.  &  l'excufc  de  (es 
portraits ,  s'iis  en  ont  befoin. 

On  dira  peut  -  être  <]ue  le  père 
d'Horace ,  en  lui  indi({aani  les  hoio' 
mes  dont  il  devoir  éviter  les  exem- 
fJcs,  ne  l'avoir  pas  chargé  de  les 
ronimerj  &  qu'Horacç  ne  les  a 
peut  -  être  nommés  t^u'aprcs  leur 
mort  ;  mais  Madame  de  G.  ne  nom- 
me pas  les  originaux  de  fês  portraits 
Èi  paroît  les  prendre  dans  les  mœurs 
générales  ;  ce  qui  n'entraîne  aucune 
défignation  particulière,  au  moins 
pour  le  commun  des  leélcurs. 

}l  faiir  l'avouer}  ces allufîons  dont 
on  parle  fi  fouvenc ,  four  moins 
l'ouvrage  des  Au  teursqucdf  la  vanirê 
de  quelques  Leûeurs  ,  qui  veulent 
paroitrc  plus  infttuirs  que  Icî  autres, 
&  montrer  plusd'cfprit  &  de  péné-». 
tration  ,  &  toujours  en  proportion 
qu'ils  en  ont  moins.  Les  fots,  ily 
a  lon^-tcms  qu'on  l'a  remarqué, 
entendent  bêtement  fineflc  '   

pu  oQi  fuici?ut  la  manie  de» 


Mai  1781.  893 

&  de^  allégories,  L'Auteur  n'cft  pas 
rcfponfablc  de  leur  focrifc  &  de  leur 
témérité.  Un  Ledtur  judicieux  con** 
(îdère  les  droits  d'un  Ecrivain  ,  fur- 
touc  d'un  Ecrivain  Moralifle  ,  la  ii* 
berté  qui  lui  êft  due,  riKiliré  de 
cette  liberté,  la  nature  de  l'ouvrage, 
la  nature  des  traits  qui  y  font  em- 
ployés ;  il  ne  recbcrciie  point  avec 
une  malignité  curieufe  Se  imbécili<: 
à-  qui  quelques-uns  de  ces  traies  peu- 
vent être  appliqués  ;  il  obfervc  s'ils 
ne  peuvent  pas  lui  être  appliques  à 
lui-même  ,  8c  dans  ce  cas  il  fe  cor- 
rige. 

Julqu'à  préfent  nous  fommcs  ref- 
tés  )  pour  ainfi  dire ,  autour  de  i'Ou- 
vracre»  entrons  dans  l'Ouvrage  mc- 
roc  3  non  pour  le  faire  connoîcrc, 
de  qui  n'c'ft-il  pas  connu  }  mais  pour 
en  confidércr  plus  particulièrement 
certaines  beaurcs. 

Madame  d'Almane  efl:  un  modèle 
de  fageiîe  &  de  vertu.  Elle  a  tou- 
jotirs  raifon  ;  auflî  les  gens  du  monde 
difcnt  •  ils  qu'elle  e(t  pédante  ;  Se 

Ppiij 


,tf,  \ 


S94  Journal  des  S^Ovans  ,' 
comme  ceft  clic  i^ui  eft  principale* 
jiien:  chargée  de  l'itiltruilion,  le 
prétexte  eft  tout  trouve  ;  mais  cora? 
■  bif:n  cll^e  mêle  de  douceur  &C  qucU 
queiois  d'adrelTe  3  fps  leçons  !  coài" 
bien  elle  eft  tendre î'  quelle  mère  ! 
Voyez ia  10,^  Lettre  du  premier  vo-- 
Jiinie,;  voyez  comme  au  milieu  d'un- 
accident  menaçant ,  au  milieu  d'un 
tiangcr.quî  liîi;,ell  propre ,  elle  n'cil 
ticcupçfi-^ue  dçs  «^Uarm^sde  les  ent 
t.ins';    cniendes  Ce    cri   matctjolj 

Jkotirir/  Voyez, toutes  les  tcodref 
&  utilcî  leçons  qu'on  fait  forrir  dq 
ce  petit  évènemenc!  Voyez  (  Lettre 
i6-^i  tt»i:-ryÉme  volume  )■  J»  chaiH 
mante  Ii_vllç  (car  c'en  cft  une)  do 
roiftauinisen  literré,  \'  avccquciJe 
lendrcilc.  la  ç.ceuf  àe  Madame  d'Al^ 
manc  récompenlc  Adèle  de  la  boni>e 
adïion  qu'elle  fait  en  cette  occatton  !i 
Voyez  ftitioiir  (tome  1.'' Lettre  38.^) 
ta  Icene  toiichanK  de  J'iiolpitalett» 
&  les  r^l^ixions  pleines  d'humanité 
^u'iiiipttc  à  Madamci  d'Al 


Mai   1781,  895 

tcncîreflc  n'atcrnclîe  à  la  vue  du 
premier  bcfoin  ,  btî'oin  paiTiic;cr  ^ 
prefque  volontaire  que  Ils  encans 
épiouvenr. 

-/  Autant  les  fenrîmcr.s  de  Madame 
d'Almanc  font  tendres,  autant  les 
principes  font  fcvères ,  &  c'cll  ce  qui 
M  leplusindifpofé  les  gens  du  uioncic. 
Premièrement  elle  fuit  ce  monde  9 
elle  quitte  J^arris  pour  aller  ckvcr 
fes  énfans  ,  au  fond  d  une  terre  é!oi* 

F  née  9  dans  le  fcjour  de  la  paix  ,  de 
iûsocencc  &  de  la  (implicite  >  loiai 
des  mauvais  exemples  qui  troublc- 
roicnt  fes  leçons  &  corromproicnc 
leurs  cœurs.  1  remitrprincioc  d  édu- 
cation qui  n'cil  pas  iiuîiîFcicni  t 
•  Alad.ame  d'Alrnanc  profcnr  rii'ou- 
icufemcnt  toute  coquetterie  ,  &*par 
roît  à  peine  croire  à  J'ainour  ;  cVft , 
félon  cUc  ,  &  fclon  MaJanie  d'Ol- 
talis,  la  plus  formée  de  fês  Elèves  ôc 
la  plus  Icmblabic  -à  elle  ,  une  exal- 
'  ration  ,  une  eifervclcencc  de  1  ima- 
gination  ;  les  idées  fur. ce  point  pcii* 
jrent  être  combattues ,   mais    çUwS 

PpiY 


ggS  Journal  ^rs  Sçàvans  ; 
vol.  &  l*tiifl.ûire.îi«  la  f^eUla  Jells; 
QiiaMnct.Si.  dcia  Bambolina  FrarK 
ccfi,  (  Lîttre  ^9."  da  i/  volume-).. 
Vov.cz  aufli  daiiî  la  Lettre  lO."^  Àw 
i.^'  volume,  comment  on  prévient' 
(ians  les  enfans  les  préjugés,  les  vai- 
ncs terreurs,  &£  comnienc  awtc  uii' 
ïlîo: ,  un  regard  ,  une  carelfc  faite  a. 
propos,  on  étouffe- le  germe  des 
vices inême,  prêta  cclorcdans  leutsi 
jtLincs  aines.' 

M.  d'Almanc ,  dans  cet  Ouvrage  , 
a  moins  d'éclat  peui-êçre  que  Ma- 
dame d'Almanc,  &  femble  lui  cé- 
der le  premier  rang;  mais  on  re- 
trouve en  lui ,  avec  pfaifit  j  l'efprity 
la  dcitérité,  la  terdrclle  éclairéfi  ôC' 
vigilanre  du  père  de  Théodore  dans 
la  Comediq  du  BalSEtifans. 

Leut  amie  Madame  de  LimoOrs 
léuffit  mieu^  que  Madame  d'Almatie 
auprès  des  gens  du  monde  ;  il  eft  plus 
aifé  d'atteindre  jufqu'àf  elle  ;  c'eft  upe 
femme  aimable,  faire  pour  icmondj^ 
mi'elle  n'aime  ni  n'eltimc  &  donlfl 
elle  ne  peut  le  pitflcf  J  aimjii 


Mai  x^tté  899 

&ni  ic  ne  pouvant  fe  réfoudre  aux 
ijacrifices  que  leur  éducation  exige- 
foit  ;  atmaDt ,  admirant  fon  amie  8c 
ae  ^fDovanc  it  réfoadre  à  rimstcr  i 
«ûèîe: -intéreflante  par  fa  tcndreflcf 
^ÉDgQfcorc  par  fou  indifcrétion  ;  dt« 
gnè  p^  rcxccllence  de  fon  cœut 
d'une  amie  commir  Madame  d'Al* 
'  Qianc  ,  &  la  forçant  par  li  légéret& 
'  de  loD  efprit  \  mettre  des  bornes  à 
la  confiance  &  aux  effîidons  de  l'a*^ 
niiciéj  caraâère  extrême  &  plein 
d'inconféquenccs ,  mais  caraâère 
foûcenu  dans  fes  écarts  &:  fur  lequel 
Madame  d'Almane  a  une  influenco^ 
continuelle  fans  jamais  Taltérer  un 
moment. 

:vla  première  Lettre  de  Madame 
de  Limours  fufi^t  pour  la  faire  ai-^* 
ts^ty  Se  par  un  art  ou  plutôt  par  un 
talent  particulier  à  Madame  de  G/ , 
quatre  lignes  de  cetie  Lettre  fu({ifcnc« 
pour  faire  venir  les  larmes  aux  yeux  j 
dans  un  Ouvrage  à  peinecommencé^ 
donc  4m  »e  conneît  pas  encore  les  ^ 

PpVj 


çoa    Journal  des  Sçai/ans  , 
pcrfoiinagcs ,  S:  don:  l'intéri-t  n'eft 
pas  encore  forme. 

Madame  de  Lîmours  ,  mccon- 
tenrc  du  dcpart  de  Madame  d'Al- 
manc  ,  &  bitlTée  du  fccrcc  qu'elle 
lui  en  a  Hit,  lui  écrit  une  Jercre  de 
plaintes.  A  un  ion  d'aliotd  un  peu 
aigre ,  à  une  ironie  un  peu  amèrc 
fuccèdri  t  les  mots  fuivans  ; 

«Adieu ce  n'cll  pas  aJieu 

»  jufqu'à  ce  ioir  ,  julqu'à  dcmaio  , 
«  c'eiî  adieu  pour  quatre  ans  ,  pour 
"  ma  vie  peut-être  1 . . . ,  Voilà  une 

K  pEhfct  qui  n":ii   pai;  gaie  ! 

«  Coinmcnr  une  feule  idce  mélan- 
»  colique  peut-elis  ainfi  touc-âcoup 
"amollir  le  cœur?....  Mes  yeux  . 
ï=  fe  lemplilTent  de  larmes... .  Je  ne 
«  fuis  prt fque  plus  en  colère  contre 
»  vous  i  mais  je  fuis  triftc  à  mourir, 
ai  Ecrivez  moi ,  écrivez  moi  piomp-  . 
«  lement  &  avec  détail.  Vous  voyez 
■■=  de  quelle  rancune  je  fuis  capable." 

Madame   de  Limours  peut  après     î 
cela  faite  toutes  les  fautes  qiiVlIs-a 


Mai  lySi,  901 

voudra  ;  il  ne  fera  plus  poflîblc  de 
DC  la  pas  aimer.  Aiidî  Madame  d'Aï- 
xnaiJbC  répond-elle  :  «^  A  préfenr  que 
«^us  m'avez  pardonne  avec  tant 
9?  àt  grâces  &  de  générolîrc  ,  je  me 
»»  trot^ve  moins  fûre  de  n'avoir  point 
«»  de  torts  avec  vous.  «> 

L'Auteur  a  ce  talent  des  grands 
Peinrres  de  varier  &  de  nuancer  les 
tableaux  &  les  caraâcrcs  du  même 
genre.  Madame  d*AImane,  Madame 
d*OftaIis  &  Madame  de  Valmont, 
font  trois  perfonnes  alTcz  fcmbla- 
blcs  9  toutes  trois  honnêtes  ,  fenfi- 
bles  8c  raifonnables  ;  mais  il  y  a 
entre  Madame  d'Almanc  &  Ma- 
lfamé d'Odalis  la  différence  de  la 
Maîtrcfle  à  TEcolière  ,  de  la  Gou- 
vernante à  l'Elève,  &  Madame  d'Of^ 
talis  paife  par  des  épreuves  qui  la 
niodifienr  d'une  manière  particu- 
lière ;  Madame  de  Valmont  a  audî 
une  épreuve  continuelle  qui  fuflic 
pour  la  diftinguer  ,  c'cft  la  fottife 
de  fon  mari ,  qui  ne  peut  lui  échap- 
per ,  mais  donc  elle  ne  paroîc  jamais 


^  I   Journal  it$  SçaYans  9 

s'appcrccvôir  &  dont  pcrfonnc  ri'ofe- 
paroîcre  s'appercevoir  devant  elle. 
Les  ridicules,  donnés  à  ce  mari , 
font  (îns,  de  bon  goût  &  reflem* 
blans  j  audi  bien  que  la  peinture  de 
t(XMS  les  autres  travers  &  de  tous  ie» 
autres  ridicules  qu'offre  la  foticré. 

Les  deux  jeunes  amis  pterqu'cle- 
vcs  enferable,  Théodore  &  le  Chc-^ 
vûiicr  de  Valmont,  font  pareille* 
ment  femblables  &  différens. 

Ji  en  cft  de  même  de  Confiance  , 
d*Adèle  &  d'Hermine  ,  & ,  dans  utf 
gjcnre  entièrement  oppofe  ,  de  Ma- 
dame de  Valcé  &  de  Madame  de 
G^crmeuil. 

/  On  trouve  Madame  d*Almane 
pédante  à  l'égard  de  Madame  d'Of- 
talis ,  parce  qu'elle  lui  fait  une  pe- 
tite réprimande  d'avoir  joué' Ja  mau- 
vaife  joucule  au  Reverfi  par  corn- 
plaifance  &-par  gàûé  ;  cependant  » 
il  n'y  a  guèrts  de  réplique  à  ce  que 
dit  Madame  d'Âlmane  :  ctEtiez- 
»*  vous  réellement  au  défcfpoir  d'a- 
voir un  quinola  forcé?  c'efl  un  ^ 


w 

f 


Mai  1781.  90}^ 

«* vicç  honteux.  Ne  Tcciez-vous  pas? 

•I  c*cfl:  nnc  afFeétar ion^  « 
•  .Ma^.  ccft  une  bagatelle!  $sO[\% 
Jotlcc  r  &  on  ftç  peut  avoir  que  ^c^ 
biganrties  à  ifepvendre  clans  Madame 
«l'Oftaiis;  elle  c(l  (\  voifine  de  lai, 
perfleâion  »  qu'il  faut  ïj  conduire 
&;'«Ghtver  rouvrage,. 

-  -1  On  trouve  auffi  Madame  d*Ofta^ 

'  Hs  pédant-e.,  par^e  qu'ayant  verié  1» 
patt  dans  la  rue  &  s'étant  blcilec , 
elle  rcfufe  de  fe  laifTcr  reconduire 
par  us  homme  qui.  fortoit  de  la'  me* 
me  maifon  qu'elle.  Mais  elle  éroi( 
^?hi  porte' d'uiic -femme  de  fes  amiçi  ; 
il  fc  trouve  d'ailleurs  que  Tiiommc 
dôtit  elle  refufe  les  fccouis  ,  a  fc- 
cretcmeut  pour  elle  dç>  fcntiorens 
qu'elle  dc^pit  craindr.» ,  Se  qu'elle 
pouvoir  avoir  loupconncs  ;  enfin  >  (î 
ec  n'ed  pas  une  profanation  de  fap* 
pioUçr  î;ci  Ips  Romans  de  Ciébillon, 

.  on  !pcu]t  fe  fouvienir  de  la  plaifante^. 
sîci  du  cocher  qui  iait  vivre. 

Madame  d'Almane  établit  à-peuf 
près  pour  principe >  quune  femme 


904     Journal  des  Sçavans ,'  * 

n'infpirc  point  de  paHion,  (î  fa  C0-' 
(]iic(terie  n'a  donne  des  efpcrancesj- 
conforincment  à  ce  principe  ,  Ma- 
dame d'Oftalis ,  jeune  &  belle ,  s'ap- 
plaudit de  ne  tourrar  la  tète  à  pcr- 
Ibnne  ;  &  dans  la  même  Lettre  cHc 
s'éronrc  ^ue  Madame  de  Valcé, 
pai*  fcs  coquetteries  &  fcs  minaude- 
ries,  efpère  tourner  laiéie  à  quel- 
qu'un. On  croie  apperccvoirlà  une 
pLtite  contraditftion  ;  car ,  dit-on. 
Il  le  défaut  de  coquettciie  tloi- 
gne  tes  Amans  ,  la  coquetterie  doit 
Jes  attirer. 
Oui,unccoqu£ttertc  fin:  &  adroite, 

Qui  ne  promené  ricD  Se' quipoHirant  engage, 

fi.'lon  l'cxpreiïion  de  M.  de  Fontc- 
neile  ;  mais  une  coquetterie  avide  , 
groilîère  ,  minaudièie ,  qui  fe  jette  à 
]a  tête  Sr  ptodiiue  les  avances ,  peut 
faire  pîtis  que  d'éloigner ,  elle  pcuc 
icbuter.  Madame  d'Oftalis  prend  un 
un  bon  moyen  pour  éloigner  les  '< 
Amans  :  la  fagcfle.  Madame  Ar^  J 
Valcé  en  picod  un  mauvais  poi     , 


Mai  1782.  ^oj 

attirer  :  l'excès  de  la  coq;?ettcrie  ; 
entre  ces  deux   moyens ,  ell  celui 

Îui  les  attire  :  une  coqiictreiie  adroite. 
1  o*y  a  point  là  de  contradiâion. 
Mais  la  grande  pbjeâion  qu'on 
♦ait  prcfqûe  généralement ,  &  qui 
le  nous  en  paroît  pas  plus  fondée  ^ 
eft' celle  qui  Tuit. 

Madame  la  Comteflc  de  G.  ; 
après  avoir  établi  qu'il  ne  faut  point 
tromper  les  cnfans  ,  &  que  le  men- 
fonge  ,  en  général ,  n'cfl:  bon  à  rien  , 
admet  des  exceptions  à  cette  règle, 
ce  fonr  les  cas  où  le  mcnfonge  eft 
néccflaire,  Se  où  la  vérité  nuiroit 
ou  violcrôit  d'autres  devoirs ,  tels  que 
celui  de  garder  inviolablemcnt  un  fe- 
crct,  &c.  Ce  ncd  pas  la  doiflrine  de 
M."^*  de  G.  fur  ce  point  qu'on  atta- 
que ,  du  moins  ce  n  eft  pas  là  ce  que 
nous  examinons  \  mais  on  trouve 
cette  dodrine  en  contradidtionavec 
un  exemple  où  Adèle  Se  Théodore 
font  trompés  par  une  faufle  confi-^ 
dence  ïi\ttfans  néccffité. 

Nous,  ne  trouvons  point  quelle 


9o6  Journal  du  Sçavjnt , 
loic  faite  fans  nfccflité  ;  car  il  s'agît 
d'une  des  plus  impoii^incc^  Ic^or.s 
qu'ils  puillcal  recevoir ,  S;  d'une  d^s 
choies  les  plus  délicates  Se  les  plus 
diIGcilcs  qu'il  y  ait  dans  l'éduca- 
tion ,  celle  d'apprendre  aux  enfant 
à  diftingjîr  leurs  différons  de^ioirs , 
lotlqu'iis  lont  ou  paroilTent  être  en 
oppolîtion,  Si.  à.  préiércr  alors  le 
plus  facté.Cet'e  leçon  Tore  de  touccs 
les  circonflances  de  cet  incident  , 
a-:  y  cft  développée  avec  tout  rcfprit 
éz  toute  la  fagacité  poflîbles.  Le 
â  .ngcr  &  les  inconvcniriis  de  la  cti- 
li  ilité  ne  pouvoicnt  è'tc  mis  dars  un 
pi  is  bfo'ti  jour.  Oii  rcccnnoîc  dans 
ccTe49.*  l.ciitc  duiomc  i,*'' l'Ai- 
le.ir  de  la  Coinîdic  h  inrcie'lTantc 
&  fi  nio;alc  de  lu  Curuufc.  C'eft  une 
irès-belle  idée  que  celle  du  coitn  tie 
vertu  cxphimeniaû,  &  qac  ce  lyflê- 
me  de  faire  palier  les  Elèves ,  à  pro- 
portion des  progrès  de  leur  railoii, 
par  toutiS  les  cpreuvL;s  qui  pourront 
former  leur  cafadijre  &L  fortifier 
kms  principes.   Dans  ce  Tyf  " 


tt— .-r.- 


'    ^       M^  1781.  907 

Ij^fanfle  confidence  éroir  au  rang  des 
inenfonges  nccclTaircs. 

Il  y  a  quelques  idées  ,  mais  en 
^èç'f^ petit  nombre,  fur  Icrquelles 
^UMis  «prendrions  la  liberté  de  pro- 
l^fcr  qiiçlques  doutes  à  TAuteujc^ 
«MÎ^/fQ  reconnoiiTant  qu^ayant  plus 
léâ^hi  que  nous  fur  ces  maricres  ^ 
rlle  doit  être  plus  fûre  de  Ton  opt« 
pion  que  nous  de  la  n'ocre, 
r  Par  excmpfc,  elle  réfcrve  les, 
fneiileyts'livres  &  ce  qu'on  appelle 
les  livres  claflîques ,  Tclémaquc  , 
Racine,  la  Fontaine,  Voltaire, 
pour  les  derniers,  afin  qu'en  les  lir 
lanç  Adçle  Toit  en  état  d'en  fenrif 
tputes  lesbeaurcs,  &  eu  arcendanr, 
<;lie.ii^i.  fait  lire  des  livres  moins 
b,OQS  dans  le  même  genre ,  livres 
j]oQ.t  Adèle  n'cft  pa5  en  ctar  de  fen^^r 
les  dcfau<s  &c  qu  elle  croit  les  meil- 
ileurs  en  ce  genre.  Ne  peut  on  pas 
dire  en  faveur  de  l'ancien  ufage  que, 
quoique  les  enfans  foienc  incapablcsr 
de  (entir  toutes  les  beauccs  de  nos 
ç>fiill?urs  livres^,!  il  importe  pepçn-» 


9o8     Journal  des  Sçavans , 

<lanr  de  leur  former  de  bonne  heure 
Je  goût  fur  les  meilleurs  modèles? 
€?c  qu'on  rifqueroit  de  Fégarer  par 
la  méthode  contraire  ?  Rappel- 
ions-nous la  force  des  premières 
impreflîons,  le  charme  arraché  au 
louvenir  des  premiers  plaifirs  de 
rentance  ,  &  nous  trouverons  peuc^ 
être  qu'il  importe  que  ces  premiè- 
res impreflîons,  que  ces  premiers 
plaifirs  aycnt  été  produits  par  ce 
qu'il  y  a  de  plus  parfait  &  qui  doit 
Icnvir  à  jamais  de  modèle.  Nous 
voyons  qu'Adèle  ayant  [xxTïriJate^ 
&  ne  connoiffant  ni  Corneille  ,  ni 
Racine  ,  ni  Voltaire,  ne  peut  fe  per- 
fuader  qu'il  y  ait  des  Pièces  plus  in* 
tcreflantes.  que  Tiridate  ;  c'cft  donc 
Tiridatt  qui  lui  a  donné  d'abord 
l'idée  de  Tinrérêt  (uprême  &  de  la 
perfedion  Dramatique-,  fi  Adèle 
n'étoit  pa?  une  pcrfonnerapérîcurc, 
ne  Yeroit-il  pas  à  craindre  que  Tiri- 
date &  ce  qui  en  approcheroit  le 
plus ,  ne  fût  pour  elle  le  modèle  du 
beau  &  du  parfait  par  le  Ibuvenic 


Mai  1781.  909 

mèrnc.de  cette  première  imprcffion  ? 
Au  rcfte,  ce  n*cft  qu'un  douter  mais 
ce  qui  n'eft  pas  douteux  ,  c  cft  que 
voici  up  livre  claflique  de  plus  à 
mettre  déformais  entre  Us  mains  de 
tous  les  enf^QS  &  de  tous  les  infti- 
tu|cqrs. 

-  Madame  d'Almane  paroît  atta* 
quer  la  maxime  de  regarder  les  do" 
mefiiques  comme  des  amis  malhcU'^ 
ftux.  ce  Nous  ne  pouvons ,  dit-elle  » 
»  regarder  une  perfonne ,  fans  au- 
9)  pine  éducatiop  9  comme  notre 
M  an^ie.  »  Sans  doute ,  &  TAuteuc 
de. la  maxime  le  (avoit  bien  :  le  (ens 
4e  I4  maxime  ell  donc  :  regardons- 
les  conime  des  amis  dont  le  mal* 
heur  eft  tel  ^  que ,  par  leur  défaut 
d*édqcation  ,  ils  ne  peuvent  être  ad« 
mis  ni  à  notre  confidence  ni  à  notre 
fi^miliàrité ,  &  dédommageons-les 
p^  de  l'indulgence  &  de  la  bonté. 
Madame  de  G.  trouve  bien 
étrange  cette  note  de  M.  de  Voltairç 
fut  cç  vers  de  Rodogune  : 


«ÏIO     Journal  Jts  Sçava/iSt 

Tombe  fur  moi  le  Ciel ,  pourvu  que  fe  me 


On  fait  bien  que  le  Ciel  ne  lomhpasi 

Elle  fak  voir  avec  goût  combien 
le  fcnciment  exprimé  dans  ce  vers, 
ain/î  que  la  belle  lécicence  de  ce 
vers  d'Orofmane: 

Je  ne  fuis  point  jaloux  ;  Ij  je  rétois  jamaîi  !.  i; 

peignent  ftirtemcnr*  le  caradlère,  & 
piéparenc  &  mocivenc  les  aflions 
qui  fuivront.  Cependant  il  nous 
Icniblc  que  ]a  critique  de  M.  de' 
Voltaire,  qui  d'ailleurs  n'eft  qu'un' 
trait  lance  en  courant,  a  de  la  fb-; 
lidirc.  Pourquoi  peindre  un  efFct 
qui  n'a  rien  de  rcel,  qui  n'exiftc 
[ioint  dans  la  nature  ?  Parmi  tous' 
les  traits  employés  dans  les  impréca-' 
taons  de  Camille ,  il  n'y  en  a  pas  an; 
Ibul  qui  ne  foit  dans  l'ordre  com- 
mun, qui  ne  puilTc  arriver,  qui  ne' 
foit  arrivé  j  la  foudre  qui         sr 


/ 


Mai  1781.  911 

les  maifons  en  cendre,  les  lauriers 
en  poudre ,  les  alliances  ennemies , 
les:  difcordes  civiles  ,  &c.  mais  le 
Ciel  ne  combe  point.  Agrippine  a 
dit  :  occidat  modo  imperet  ;  le  fcn:i- 
rnem  eft  auQi  fore  y  &c  le  craie  eft 
rceL 

Mais  nous  nous  arrcrons  à  des 
dérails,  à  des  minuties;  il  faut 
finir  9  &  nous  n'avons  encore  rien 
dit  de  la  plupart  des  grands  objets, 
de  CCS  tableaux  de  bienfaifance , 
tous  fi  touchans  ôc  fi  variés ,  parmi 
lefquels  il  eft  impoflible  de  ne  pas 
dzdinguer  ce  moment  fuperbe  ou 
Madame  de  la  Garaye  femble  des- 
cendre du  Ciel  comme  un  An^c  li-' 
béjrateur  dans  le  trifte  réduit  où  le 
malheureux  Saint  André  &  fa  fem- 
me expiroient  de  milère',  le  tableau 
âç£  établifiemens  &  de  la  mort  de 
M.  de  la  Garaye  ,  l'homme  le  piusf 
lemblable  à  la  Divinité  pat  fa  bien- 
faifancc,  &  qu'il  étoit  le  plus  né** 
pcfliTre  de  faire  connoître  à  des  en- 
fans  donc  on  vouloic  nourrir  la  fçn^ 


çil  Journal  des  SçavanF, 
lïbilité  i  celui  de  la  vifitc  du  Prince  « 
Elève  du  Comte  de  Rolcvilie  ,  chez 
Alexis  Stezen  &  fa  famille.  Nous 
n'avons  rien  dir  de  tant  d'Epifodcs 
iî  aitaclians  en  eux  mcmes  ,  fi  nam- 
rctlemtiit  liés  au  fujet  ;  de  i'hiftoirç 
de  Cécile  &  du  Chevalier  de  Mur- 
villc  i  de  1"  ■"  lir   de  la  Duchcflc 

de ;   aeux  "I     gédies  terribles 

fans  horreur  &  breJ  fans  bizar- 
rerie j  la  :  très-morale  ôc 
d'une  mo.-jic  ap  tenante  au  fujct 
qui  n'cd  pas  moiti  le  catéchîfme 
moral  des  Pères  Si,  des  Inllicureurs 
que  des  Enfans  &  des  Elèves;  il 
failoit  montrer  aux  Pères  de  quel 
crime  ils  le  rendent  coupables ,  & 
quelles  torcurcs  le  remords  leur  pré- 
pare, quand  ils  facrifienr  leurs  filles 
à  des  vues  d'ambition  &:  d'intérêt: 
c'eft  un  coup  de  Maître  &  un  trait 
de  génie  d'avoir  fait  trouvera  Cé- 
cile le  coup  de  la  mort  dans  le  fpec-. 
tacle  du  bonheur  que  l'Amout  Se  la 
Mariage  peuvent  procurer  dans  une 
cabane  &  au  fein  de  la  pau 


^      Mai  lyti*  913 

nibcdeiit  où  M.  d'Aimery  iroyageanc 
'  trouve  ^a  fond  du  nord  ^  fous  Je 

it6mcIeM.d*Ânglure9  le  Chevalier 
"*  jàf  Murville  »  eft  on  coup  de  thiirre 
'  ^ic  .fiôî|>pâm  ;  mais^  olerons*noiie 

Ul*'iStt}  nous  croyons  qall  feroie 
'  idiii  impoiant  encore  »  fi  le  Cbevt* 
'  mf  de  Murville  ne  paroiilbit  potnc 
'ji^fèîtfA.'étA\merY,  s'il  le  conseil* 
^wh  Ûé  fiiirç  expofer  à  fes  yeux  let 

jponpmens  qui.i'eftem  de  Cécile  «  fa 
'  Vhe^hire  9  fa  lettre  ^  &c.  &c  <}u'il 
'  rdNindonnât  à  f es  remords ,  fans  le 

*  voir  8l  fins  lui  parler  \  cette  abfence  » 
ce  fîknce  rèpandroient  fur  fa  con* 

;  Huicé  une  forte  de  mvftère  fombre 
'  Se  tragique  »  qui  peihdroicnt  plus 
jbttêment  &  pliis  noblement  que 
{^  teproches  la  profondeur  de  ion 
reUèntimcnt  &  cfe  fon  amour  ^  de 
rinnpoflSbilité  que  jamais  le  Clicva* 

-  lier  de  Murville  pardonne  au  tyran 

*  ""^ç  Cécile.  L*idée  delà  reffemblance 

-  du  Chevialier  de  Valmonc  Se  de  Cé- 
àje  fa  tante ,  eft  très-tïaturellé ,  Sc 

'    rÂoreur  en  tirt'on  grand  parti,    * 
Âtai.  Qq 


I 


I     [-  iiakre  tous  les  malheurs  de  . 

I  tp  chcffc  ,  'âc  l'imprudence  qt 

fi -lit  eue  de   s'engager   trop  légè 

||a[^  dans  une  painon  funefte  &  d< 

quer  de  confiance  pour  un< 
tendre. 

On  prétend  qu'à  la  fin,  i 
cHefle  ne  devroit  avoir  rien  c 
i?;  prcflc  que  de  for  tir  de  fon  c 

ij  ôc  qu'elle  ne  devroit  pas  ai 

que  fes  parens  vin(fent  l'er 
Comme  on  voudra;  fa  cond 
la  plus  régulière.  D'ailleurs  c 
l  èV  que  peu  ;  elle  a  les  clefs  ;  il  r 

yî  qu'à  elle  de  fortir.  Quant 

qui  ont  remarqué  que  ,  refu: 


y- 


Mai  178  2f  ^1.5. 

Lcnumérarion  des  beautés,  mè^ 
ms  diftinguces ,  de  cet  Ouvrage,  ne 
finiroir  pas ,  c'cft  pourquoi  nous  la 
i  finiflfons  \  mais  qu'il  nous  foie  pcr- 
I  .mis  encore  d^ndiqucr  du  moins  ce 
nioment  où  Hermine  paroîc  pour  la 
première  fois  devant  Madatiic  d'AU 
^ane  &  Adèle  >  de  dire  que  ce  mot  : 
/<  /icn  ai  plus  !  a  dans  la  bouche 
<le  cet  enfant  un  charme  attendrif- 
'àntqui  fait  qu'on  revient  fans  ccfTe 
«^  cette  page  >  &  que  tout  Le(5tcur  , 
t  lexemple  de  Madame  d'Almane 
&  d'Adèle ,  adopte  Hermine  &  ne 
?eut  plus  s'en  féparer, 

Snr  la  foi  de  (es  pleurs  je  Taurois  aJopcée. 

Il  nous  eft  impoffiblc  de  délîgncr 
cette  foule  de  mots  aimables  ,  de 
traits  touchans ,  qui  coulent  fans 
ccfTe  de  la  plume  de  Madame  la 
Comtelïc  de  G.  ,  qui  partent  du 
cœur,  qui  vont  droit  au  cœur,  Se 
qui ,  prélentés  dans  un  ftylc  tou- 
jours pur  ,  èlégatït ,  noble  y  rendre 
&  duo  goût  exquis,  rempliflcnc 

Q  q  ij 


A 


9 1 6    Journal  des  Sçavans , 

fans  cefle  les   yetix  du  Lcéleur  des 
plus  douces  larmes. 

Madame  d'ÂImane  eft  dévote  ou 
plutôt  picure>  &  c*eil  Qd  derniet 
trait  qui  caraélérife  &  pcrfeâionne 
une  ame  jufte  &  tendre.  L'Ange  ra- 
télaire ,  aux  ailes  brillantes  Se  aux 
fleurs  immortelles 9  eft  peut-être  4in 
luxe  dans  ce  genre  \  mais  rapellons^ 
nous  ce  qu'un  homme  »  qui  n'eft 
pas  fufpeâ  fur  cet  article  ,  a  dit  de 
la  dévotion  de  Clàrice  dans  Téloge 
de  Ricbardfbn. 

Madame  de  G.  a  donné  à  la  (in 
du  dernier  volume  une  Table  cties 
l^ettrcs  relatives  à  l'éducation  des 
Princes.  Ces  Lettres  ,  lues  ain(î  de 
fuite  y  forment  un  Traité  d  où  pour- 
xoit  naître  un  jour  le  bonheur  des 
nations. 

Enfin  aucun  fiècle  ^  aucun  pays  » 
ne  nous  montre  dans  une  femme  un 
raient  littéraire  fupérieur  à  celui  de 
Madame  la  Comteile  de  G,  Nous 
ne  nous  rappelions  même  aucun 
Ouvrage  qui  renferme    autant  de 


Mai  lySi.        '    917 

beauté  utiles  &  accendriflàntes  que 
ctlui-ci ,  &  qui  grave  aufli  profon- 
décnenr  la  ver  ru  dans  les  âmes; 
nous  devons  ofer  le  dire,  puifqut  : 
c*jeft.  notre  opinion  ^  qu'elle  ne  bleflfe 
perionne  9  &  que  nous  fommes  dif- 
poiés  à  donner  les  mêmes  éloges  à 
Quiconque  les  méritera  »  homme  ou 
^mme ,  ami  ou  ennemi ,  Tros  Bm^ 
tûlufvt. 

N.  B.  Depuis  ce  compte  ou  plu- 
tôt cet  hommage  rendu ,  les  criti- 
ques ê^Adekit  (ont  multipliées  »  & 
ouclques-uiies  de  ces  cririqucs  ne 
font  ni  (ans  malignité  ni  fans  amer- . 
tqme.  Si  cette  efpèce  d'acharnement 
eft  TcfFct  dts  Portraits  ^  8c  Ci  Us  Por-- 
traits  Totit  mcrité,  nous  n*âvons 
tien  à  dire,  il  faut  que/ujliccfefajfi- 
invers   &   contre  tous  ;  mais  après 
tout ,   ces  critiques  ne  lont  cil  s« 
mêmes  qu'un  hommage  ;  c*e(l  alTez 
notte  manière  d'accueillir  les  nou-  , 
yeaurés  heureufes  &  les  réputations, 
nai(r4ntes  ou  croiiTantcs  qu  on  peut 

Qqiij 


r 


9^  8     Journal  dé^  Sçavans , 

cAcbre    fc    dilpeli(cr    de    regardw'T 
comme  çonfacrécs.  Tel  fait  profef- 
(îèn  d'admker  M«  de  Voltaire^  qui 
r^ût  décrié  il  y  a  cinquante  ans  ;  tel 
v^nt  d'a[$plaudir  If-hnt ,  qui  eût  mis. 
en  pièces  (Rdipe.  On  cite  TéUmaqut 
c6mmc    un  chef-d'œuvre  à    tous 
égards;   à  (a  nailTance  ilfut  enlevé 
dr  critiqué  eomme^^#7l^  Pour  ren-> 
dre  pleinement  juftice  ,  il  Faut  que- 
nous  loyons  entraînés  par  le  tems  &C 
iob) ligués  par  raurorité.  Nous    ne 
fammcs  ni«  a(&z  fermes  dan^  nos' 
principes*  de  goûf  ^  ni  allez  (urement 
guides   par'' la  fenfibihcé,  pouf  re- 
connoicFe  d'abord  le  beau  partout 
ou  il  ie  préreni?e  de  poucen  meiurer 
pTompteirtent   ie  degré.   D^ailleurs- 
oîi  croie  montrer  plus  de  fagacicéen 
cèn(uraut  qu'en  approuvant  ;  graiidt^ 
erreur  très  -  commune  ,  qui  donne 
Irtu  en  général  à-  bien  des  critiques 
iildircrètes.  11  n'eft  peut-être  pas  en*- 
cote  rems  d^appréciet  Adèle,  Atten- 
dons %'\[  le  faut  ;  mais  en  attendant , 
ndus:dirons  que  ù  ces  critiques  ooc* 


r 


Mai  1781^  919 

quelque  cliofc  d'urilc  ,  Madame  de 
G*  faura  bien  en  profiter.  Nous  di« 
rpnsj  en  général,  aux  Auteurs  dç 
ces  ctitiques ,  quoique  quelques-uns 
montrent  cercaipemcnc  beaucoup 
d'écrit  &  de  goût  : 

Tenez,  tous  vos  di^ours  ne  me  toucbcnc 

poimraaie;     *.  ' 

Adèle-  avec  deux  mots  en  fetoir  plus  que 

Nou,^  obferveroDS  qq^  le  plus  grand 
charme  de  ces  critiques  eft  dan^.Ie^ 
citations  SAdiU;  que  j^  quapd  la 
meilleure  de  ces  critiques^  vaudroit 
celle  du  Cid ^  le  C^/W-v^uc  encore 
mieux  que  fa  cridquçi,  ^  qu'^tiifin  . 


.  •  »  » 


Eaclépit  cl!An(larquç  ^4"  ÇcAfcur  auftèrq 
Tout  Paris  pour  Adj^le  a  le  cxciir  de  fa  mèn^ 

[  Extrait  de  M.  Gaillard.  ] 


.    ^ 


Qqîv 


910     Journal  its  Sçdvans  , 

mUFELLMS  LITTÈKAIKES^ 
F  R  A^  C  E. 

DE    Lyon. 
Progkamkb. 

LA  Société  Royale  d'Agriculture 
de  Lyon  propore  pour  lujct  du 
Prix  de  l'année  17S3  ,  les  Queilions 
fuivantcs: 

Que//*  tfl  la  vraie  tkèoiit  du  Rouif^ 
fagt  du.  clmnvre  ?  Quels  /ont  les 
mtilliurs  moytm  dtn  ptrfeSioantr 
la  pratique  ,  fait  que  l'opiration  fe 
fa^t  dans  [eau  ,  J'oie  qiidle  fe  fajft 
en  plein  air  *  Quels  font  les  cas  oà 
l'une  de  ces  opérations  ejt  préférable 
à  l'autre  }  Y  aurait  •  il  quelque  ma- 
nière de  prévenir  l'odeur  défagréable 
&  les  effets  nuijibles  du  Rouijfàge 
dans  l'eau  ? 

Le  Prix  fera  d'une  Médaille  d'n' 
de  30oiiV|     , 


r 

.•    Mai  1781,  >j^ 

Les  Agt^urs  ne  fe  feront  cormoH, 
ttcm  dUcékcmcnt^ni  indireâemcnçr 
antais^Usiinfîterqnc,  dans  jua  billet 
cachjBf0^  leur  120m  &  le  li^it  de  Içut, 
téfideDce ,  avec  la  m.4^e,iJe?rire  ou 
ifMgsraphe   q^ie  porcerouc  les.  M6* 

.  ;  ïk  fea>nc  adrefles ,  francs  da 
porc  ^  à  -  M.  rAU>é  de  Vitry  i  Se- 
çfé^u  Petpéituel  de  la,  ^ocl^jté;. 
JRoyaJb^d' Agriculture ,  rae  S*  Dq^ 
ipinii}ue  ,  ài4yQI^  »  pu  envoyés  fouà 
Tenvelope  de  M.  de  FlefleÛes  ^  Ia«^ 
ie6dftiiidQiCç|c<!'VUlle.  - 
(- Afléun  Méipoire  ne  fera  reçu  pafIS 
icu.%Mars  iyS}  ;  &  le  P*ix  fcim 
fiéumé  dans  Jie.poiiraiic  du  mois  de 
Miîdi  kaoême  année, 
-:■'•]        .     '    '    ■      - 

.    P  E     N  A  N  C  T* 


*.:  I 


-PrmJpii^pofi  par  le  Collège  R(^yaf^ 
yj  ^  Midcçin$  de  Nanty^  fur  Us 
:  .  Baux  pQtajklm.  :  _ 

■'  Dans  l'ordre  des  agcnsphyfiq  les  ^ 


521    Journal  dis  Sçavans  ^ 

généraux  ou  communs  ^  autinfluent 
fur  la  fancc  des  hommes,  les  eaux 
douces  potables  ,  onc  mérité ,  de 
tout  Ttms,  une  attention  paiTticu* 
fière  de  la  part  des  Médecine. -Ijes 
Modernes  ont  ajouté  peu  dcchofe 
à  ce  qu*en  avoient  dit  its  Anciens  , 
prefquc  tous,  depuis  Htpp^crate  , 
fc  font  copiés  fur  cet  objet  j  foie 
dans  feu rs  Ouvrages  diététiques.^ 
fbit  dans  (eues  Traités ,  aujourdHiuî 
très^multipliésy  Je  air€  ^  lùw  & 
étquis. 

On  fcnt  bien  qu'une  telle  tfadn 
tion  £ucce(Ifve  de  contloifianècs, 
prcfque  puremeat  xationellei  ^  xfuc 
les  qtièlirés'généfiques  des  caui^ 
ne  luffir  pas  ^  non  plus  que*  l'obier» 
vation  purement  empirique  &  fou- 
vent  ifolée  ',  de  leurs  effets  particu- 
liers y  pour  former  cette  partie  de 
l'art  ;  il  faut  encore  une  étude  pra« 
tique  ,  éclairée  pour  la  Chimie ,  & 
fpecialement  fondée,  à  ces  dieux 
égards ,  iur  la  comparaifon  faite  en 
grand  ^  des  différentes  eaux-pota^ 


¥4  lySxi        9*î 

Ue»-3  dans  les  difFcrens  pays ,  &  rc- 
Jftcivement  aux  divers  foyers  de  leur 
filtration  y  de  lepr  écoulement  ,  de 
leur  ftagnacioD ,  &c. 

Cette  étude  pourroit  fournir  une 
i3cs  branches  les  plus  importantes 
^le  la  Chimie  diététique.  Il  exifte 
dé)fi  qpe^ucs'  xecherchef  faites  fe* 
ion  cette  double  vue.  On  trouve 

■  •  • 

^dwi  le  fécond  volume  de  la  Société 
Royale  de  Médecine ,  un  Mémoire 
iqui  contient  des  obfervacions  &  des 
expériences  nouvelles  fur  les  eaux 
potables  ,en  général  «  &.qui  trace 
;rn  qyelcjvie  forte  le  pl^n  des  recher- 
ches ultérieures  à  faire  fur  cet  oh* 
jet  9  pour  établir  de  plus  en  plus  j(a 
diftinâion  eflentieli;  des  eaux  pota- 
bles^ faines  &  mal- faines.  C'eft 
J^'Autcgr  de  ce  Mémoire  [ijj  qui  a 
ton^4?V;Cv%c.  tloy al.,^  /c  fi^jçt 

;    [i]  M.  TRôuWnet,.  Aggfégé'-Hbuo- 

ndre  4a  Collège'  dé  Mëdecirie  'dé'MâQirj^  » 

êc  AATocié-Régnicole  de  la  Société  de  Mér; 

4çOTC  de  Paris.      .,     . . 

•     Qqvj 


924     Journal  des  Sçavdns  ^ 

du  Concours  qu'il  propofc^  &  !c 
Prix  qui  y  cft  arraché.  Il  s'agit  de 
rcfoudrc  les  Qucflions  fuîvanres. 

Première  Clâjfe.  Quelles  iont^ 
dans  les  eaux  de  neiges  &  de  glaces  » 
dans  celles  des  fols  crayeux  &  gyp* 
feux,  les  qualiré^  qui  conftftuent 
cfTenrieHement  leur  infalubrîté  ? 
Quels  rapports  &  quelles  difFérenccs 
y  a  r-il  enrre  ces  quarre  forces  d*caux 
douces,  relarivemcnt  à  leur  coni- 
pofirion  chimiques  &  à  Iciirs  cfFers 
diéretrques  ?  Pourquoi  roàrea  *  les 
eaux  qui  contiennent  de'la' craie  oâ 
du  gypfe;  pourquoi  toutes  celles 
'qui  proviennent  des  neiges  &  des 
glaces  fondues ,  ne  font-elles  pas 
mal- faines?^  Pourquoi  les  deux  orc- 
niicres ,  fi  différentes  ,  à  pluncurs 
égards  9  des  deux  ;autre$  ^  produis 
lent-ellcs"dck' effets  (v  anmogue^f 

Seconde  Claffe.  QueUft  le  degré 
de  leur  influence  y  ou  çommunèou 
relative  ,  dansla  pîoduâion  de  cer- 
taines maladiéspopulaires ou  cndé- 
iniques  ^  ^  ^  qptamme'àt  des  gooé* 


.-* 


Mal  I7?i«  9^5 

trcufes  ,  ceroutllwufcs  &  rachiri- 
qucs?  Cette  inSucnce  cxifte-t-cllc 
auffi  pour  la  clafTe  des  afFcâions 
calcukures  &  goutrculies?  Pcut-pn 
découvrir  par-là  queiqu'analogie , 
quelque  dépendance,  tncre  les  altc* 
rations  du  lyftême  glanduleux ,  lyn> 

fibatique  ,  &  celles  du  fyftême  of- 
eux  &  articulaire  ?  L'imprclTion 
malfaifamc  de  ces  différentes  eaux 
potables  >  s'excrcc-t-elie  dan^?  le  tra- 
vail de  la  chilifîcation  ,  ou  bien 
dans  celui  des  fécrétions ,  loit  mu* 
queufes  &  nutritives  ,  foit  terrculçs 
'  &  cxcrémentiticUes  ?  ' 

Comme  il  cft  difficile  que  les 
Sçavans  ,  qui  voudront  s'appliquer 
à  ce  Concours  incérefTant ,  le  trou* 
vent  à  portée  d'examiner  les  d\jfFc- 
tcntes  c(pèces  d'eaux  défignées ,  &c 
'd'en  obferver  les  effets  fur  le  peuple  , 
on  admettra  les  Mémoires  qui  ne 
^trâitelront  que  d'iuïe  feule  cfpècfc 
^d'eau  ,  ou  de  phifieurs  dans  le  ni&- 
inc  continent.  On  diftribuera  au- 
tant de  Médailles ,  de  la  ^cur  de 


9i6i     Journal  des  Sçû/yans , 

cent  ccus  chacune  »  ouM  y  agra, 
d'ouvrages  dignes  de  les  obtenir  ^ 
9U  jugement  des  Commiffaircs 
nommes  par  le  ColJége  Royal.  Ces 
Mémoires  (èront  adreiles  >  francs  de 
pcrt,  fuivai;it  les  ufagcs  ordinaires 
(des  Concours  académiagjes ,  à  M* 
Harmant  ,  Préfidenr  au  Collcgç 
Royal  de»  Médecins ,  a  Nancy.  On 
demande  ^uik  foient  rendus  pour 
le  ly  de  Mai  1784  ;  &  le  Prix 
fera  proclamé  à  ia  rentrée  de  la  Si. 
Martin  fuivante. 

Le  but  de  çc  Concours  rçnçrç 
dans  le  plan  gi^néral  àts  travaux  4^ 
la  Société  Royale  do  ^Médecinei  de 
Paris,  dont  le  Collège  de  N^ncy 
s'cmprelTera  toujours  de  fecçi^der  le 
zèle.  Le  fujet  proppfc  pouvant  in- 
ft^refler  tous  les.p^5,  Uicra  Lbçc^ 
to|^ui  Us  Sç^y^nsifl  envpven  ^  ^Iç- 
hioires*,  pourvu >qu*ils.  {pi.cpt  écrits 
^  fraiîjsois  o.a''etj  latLp^,,Qu  bica 

Îlfief  les  Auteiirs  -Xe  chargent  *^c  les 
aire  traduire  idaas  l'une  de  ces' (deux 


DE    Rouen* 

Séance  putlique  de  ÏAcadimit  éia^ 
.  ilu  a  Rouen  fous  le  titre  de  lUtn^ 
.  maculée  Conception» 
■  *  .  ■.  ■ 
1  Après  un  Difcours  de  M.  Hamcl^^ 
Secrétaire,  de  TAcadémie,  fur  je; 
avantages  de  la  Critique ,  &  TE* 
loge  de  M.  le  Gros,  Curé  de  Saintç- 
Croix*  Saint- Ouen  ,  de  Rouen  9 
moit  en.  1781  >  on  a  annoncé  la 
diltribution  des  Prix.  Celui  donc 
le  fujet  écoit  ,*  la  réunion  de  la  Nor^» 
wandie  à  ta  Couronne  de  France^ 
faits  Philippe  Augufte  ,  &  la  i^onfr 
tante  fidélité  de  cette  Province  à  fis 
Rois  comme  àfes  Ducs ,  a  été  rem- 

Îorté  par  Mi^  Formage  ,  Régent  de 
>oifiènie  au  Collège  Royal  de  ^ 
^ille  de  Rouen* 

Le  Prix  de  Poé^e  Initie  a  été 
donné  à  un  Poënje  intitulé  :  Scho{te 
Çallica  tabularun^  ad  Luparam  exz 
pofuio.     _  . 


91 8      Journal  dis  Sedvans , 

Un  Prix  de  Po£  (îc  tiançoifc  a  été 
donné  à  un  Pocme  intirùlé":  l  Sy 
viT  à  mes  Livres.  L'Autetii  tlt  M. 
Bércnger ,  Profcfl'cur  d'Eloquence 
au  Collège  Royal  d'Orléuns,  des 
Acadcmies  de  Marfcille  &  d'Arras.  ' 

Dans  la  Séance  publiqae  du  mois 
de  Décembre  1781,  l'Académie 
doit  diflnbuer  cinq  Prix.  '. 

i".  M.  l'Abbé  Teriirc  ,  Prince 
aâiiel  de  rAcadémie ,  offre  un  Pris 
eiittaordinairc ,  confiftant  en  une 
Médaille  d'or.  II  demande  un  Dil- 
couriv  Académique  ,  dans  lequel  les 
Orateurs  développent  cette  ptopo- 
fition  que  le  patriotifmc  lui  a  fug- 
géré  :  Combien  il  ejl  imérejjam  pour 
la.  gloire  6  le  bonheur  des  François  -, 
de  conferver  le  caraBire  national  ! 

i".  Une  alîertion  éga'cmenc  iti- 
lérc(]'ante6c  patriotique  eftpropofitc 
pour  fujet  du  Prix  d'Eloquence ,  ro^ 
mis  au  Concours  :  X'amour  dt  la 
Patrie  s'accroît  che^  lis  Peuples  à 
proportion  de  la  confiance  qui  i'""^ 
infpirît  par  (eux  yûi  Us  gouvcr, 


Mai  17  Si;  ÇX(^ 

3^.  Le  Prix  de  Pocfic  latine  cft 
deftinc  à  une  Alligorit  ou  Poëme 
d'environ  cent-cinquante  vers. 

4^.  Des  Stances  &  une  IdylU 
font  la  macicre  d'un  double  Pris 
Je  Poéilie  françoife. 

On  laifTc  aux  Poètes  la  liberté 
de  choi(if  les  iujéts  qu'ils  voudront 
traiter.  On  .les  engage  à  u'adppcec 
que  des  matières  piquantes  par  Tin- 
terêt delà  nouveauté,  relatives  aux 
Arts  &  aux  Sciences ,  choifîes  par- 
ihi  les  évènemçns  glorieux  que  la 
valeur  de  nos  Guerriers  nous  four* 
Jiit  chaque  année.  Toute  compofi* 
tion  fatyriquc ,  ou  tirée  de  la  My- 
thologie 9  fera  rejcttéc  du  Con- 
cours. Les  ouvrages  feront  envoyés 
doubles  &  francs  de  port  nu  R.  P. 
Prieur  des  Carmes,  Tréforler  de 
TAcadémie.  Les  Auteurs  font  priés 
d'écrire  lifiblenient  &  correâennenc 
chacune  des  deux  copies ,  &  de 
renfermer  leur  nom  ,  avec  une  feii* 
tcnce  ou  dcvifc  ,  dans  un  billet  ca- 
cheté/ Cette  Icuîcnce  fera  répétée 


$  JO.  Journal  dfii  Sçavans ,' 

au  bas  de  Id  pièce  di  i\it  ra4r«flre  4« 
billet. 

DE     P  A  K  J  S.J 

Prix  littéraire  fondé  dans  [Académièi 
Royale  d^s  Jnfcnptions  &.BclUsi 
.  Lettres  en  Cannée  ly^i^ 

•  •  •  •■ 

L'AcaJémic  Rpyalcdçs.InfcripH 
tLons  &  B  elles- Lettres  »  s'cranrçrpu-. 
vée  réduite,  par  la  djlctcc  des,  Me- 
ii)oires  réponaanji  fcs  vues,  dc.re-. 
nonccr  au  Prix,  double  qu'elle  de-, 
voit  diftribuer  à  Pâques  1781,  &. 
qui  confîftoij^  ï.  Détermi/ntr  ce  ^u^^ 
Us  Monumens  hi/ÎQriques  nous  ap^^^ 
prennent  des  changemxns  arrivés  fyr. 
la  furface  au  globe ,  par  le  dtplace^^ 
ment  des  eaux  de  la  mer^  proppfc  », 
pour  fuict  û*nn  Prix  exrraorditîairC; 
qu'elle  proclamera  à  Pâques  17X4» 
de  Comparer  enfemble,  la  Ligue  d&s. 
Achéens.^  deux  cens  quatre    vingts^ 
ans  avarie  Jefus  ^  Chrijl  ;  celle  des^ 
Suijfes  en  i^oy  detEre  Chréii^ru ;^ 


Mai  Alîl.  931. 

la    Ligue   des  Provinces  -  Unies  eu 
ii57p  9  &  de  développer  Us  caufts  ^^ 
tori^ne ,.  la  nature  &  l'objet  de  ces 
^Jfociations  politiques. 
-  Le  Prix,  fera  deux  Médailles  d'or, 
chacune  4e  400  livres. 

Toutes  perfonncs.,  de  quelque, 
pays  &  condition  qu'elles  ibiet^t  ^ 
excepté  celles  qui  compcfent  TA-^. 
x^déniie  y  feront  adaiifes  à  concouric^ 
pour  ce  Prix ,  &  leurs  Ouvrages^ 
pourron;,ecre  écrits  en  françois  ou. 
en  latin ,  à  leur  choix 

Les  Autçurs  mettront  amplement 
unedeyifç  à  leurs  Ouvrages*,  mais,., 
pouf  fc  faire  çonnpîrrc  ,  ils  y  join^^; 
<liçnt».dans  un  papier  cacheté  \  SC\ 
écrit  de  hur  propre  main  ^  Icut^ 
nom ,  deiTwure  &  qualités ,  Se  ce  * 
papier  ne.  fera  ouvert  qu  après  Tad*^^ 
judication  du  Prix. 

Les  Pièces ,  affranchies  de  tout 
porc  jufqu  a  Paris ,  (eroçt  remîtes 
entre  les  mains  du  Secrétaire  pcrpé-i. 
tuel  de  l'Académie,  avant  le  i,^\ 
Décembre  1783  ,  &  ce  terme  eft  de, 
ligueur. 


93  ^    Journal  du  Sfavans , 

Prix  propojc  par  P  Académit  Roy  ait 
des  Scitnees  ^  pour  bannie  iy82.   • 

L'Académie  avoir  propofé  pour 
fujct  du  Prix  de  1781  ^   les  Qutf-^ 
tions  fuivanres  : 

I  ^.  Virifitr  &  riduirt  aux  difiàm*- 
ces  véritables ^ -les  dijiances  apparent- 
ées de  la  Comité  ^e  1 66 1  aux  ÈîoiltSy 
en  ne  négligeant  pas  mime  df-enenr 
dans  la,  critique  des  pojîtions  de  ces 
Etoiles  donne  :s  par  les  Catalogues»  "  . 

2^.   Vérifier  &  difcuter^  autant 

^u  il  fera  pojfible ,  les  différentes  pé» 

f iodes  anciennes  des  retours  de  cette 

Comète ,  dont  les  Hifio riens  ont  pu 

faire  mention. 

3°.  Corriger  par  f  effet  connu  des 
réfractions  0^,  des  parallaxes  les  ob^ 
fcrvations  relatives  à  cette  Comité  y 
faites  par  Appian  £/i  i  ^  3 1. 

4°.  Examiner  ^influence  que  Us, 
mouvemtns  propres  des  Etoiles  fixes 
&  lapréceffton  des  EquinOxesont  dû 
avoir  fur  ces  différentes  çbfervaiionsi, 

L'Académie  ai  dkwuc  ce  Prix  à 


Mai  lySi.  933 

.la  Piccc ,  n^.  I,  ayant  pour  dcvifc  : 
Altiora  mundl  jccat  ^  &  twn  dcmurn 
apparu  càm  in  imum  curfusfui  vinit. 

•  L'Aurcur  cft  M.  Mcchain  ,  Aftro- 
nome  Hydrographe  de  la  Marine  , 
des  Académies  de  Harlem  &  de 
Fleffingue. 

L*Aufcur  de  la  Pièce  couronnée , 
auê  rAcadçmie  publiera  incedam* 
nient ,  ayant  trouvé  par  Tes  calculs 
des  différences  a(|ez  confîdérables 
entre  les  Elémens  de  roibice  de  la 
Coiiicte  qui  a  paru  en  i  ^  3  x ,  &  de 
celte  qui  a  paru  çw  1661^  l'Aca* 
démie  propofe  pour  fujet  d'un 
nouveau  Prix  les  Queftiotis  fuivan« 

*  CCS  : 

s  ^,  Dittrmintr  U  plus  éxaclémcnt 

qu^il  fcn^  poïïibUy    &  d*aprh  Ut 

mcilhuns  obfirvations  différemment 

.  combinées ,  les  Elémens  de  C orbite  de 

la  Comhte  qui  a  paru  en  \C6\. 

2^.  Dans  le  cas  ou  ces  Elémens 

dijjlereroient  a£ii  encre  eux  pour  laip 

.  fer  du  doute  fur  C identité  des  deux 

Comités^  exarpirierJL ,  en  fupgofoM 


•93'4  Journal  àiS  Sçavans , 
que  ces  deux  Comités  foUm  la  mèmty 
Vaclion  dt  Jupiter  &  celle  de  Saturne 
'fur  la  Comète  de  1532»  depuis  cette 
année  jufquen  1 661  ,  ont  pu  pro^^ 
duire  ces  différences» 

Cette  (econde  Queftion  cft  l'ob- 
jet principal  du  Prix. 

Ce  Prix  dcvroit  être  donné,  fui- 
l  vant  Tufagc,  à  Pâques  1784;  mais 
rAcadémic  qui  connoît  toute  Tim- 
portance  de  la  matière,  craignant 
que  Tefpace  d'environ  18  mois  3 
qu  elle  a  coutume  de  donner  aux 
auteurs  pour  traiter  Us  fujcts  qu'elle 
propofè,  ne  fuâife  pas  pour  traiter 
celui-ci ,  &  voulant  leur  laiflcr  tout 
le  tems  nécedaire  pour  ce  travail , 
annonce  qu'elle  n'adjugera  le  Prix 
propofc  qu  a  Pâques  1 78 ^  ,  &  qu'en 
conféquence  ce  Prix  fera  double  , 
c'eft-à-dirc  de  quatre  mille  livres. 

Les  Sçavans  de  toutes  les  Nations 
font  invités  à  travailler  fur  ce  fujct, 
&  même  les  Adbciés  étrangers  de 
l'Académie,  Elle  s'eft  fait  la  loi 
d'exclure  les  Académiciens  regiiico^ 
les  de  prétcudxc  w  Ptix»; 


Mal  178»^  9J5 

■'     'Ceux  qui  cômpoferonr,  font  in- 

,Vités'a  écrire  en  françois  ou  en 
'  latin  9  mais  fans  aucune  obligation. 

Us  pourront  étrirre  eh  telle  langue 
*^t]Vi*îls^r6iiieIront ,  8c  l'Académie  fera 
V  Mdtiire  leurs  .Ouvrages. 

On  les  prie  que  leurs  Ecrits  (bienc 
•  fort  lifiblcs,  ^ui^éuc  quand  il  7  aura 
-  des  calculs  d'AJf^re.      '    . 
^     .jls  ne.  itiectroDt  point  leur  nom  à 

Jeurs  Ouvrages  j  mais  feulcmeivc  une 
.  icmence  ou*  devife*  Ils  pourront, 
,  s'ils  vculeftt  i  attacher  à  leur  Ecrit 
\^  un  billet  ieparc  £c  cacheté  par  eux , 
i.. où  feront,  avec* cette  même  fen- 
!,  tence  j  Ji:ur  nom  ,  Iç^urs  qualités ,  Sc 
'  leur  adï'c.flc  ;  &  ce  billet  ne  fera 

ôuvcrt'par  rAcadémîe  ,   qu'au  cas 
'  que  la  Pièce  ait  rcitiporté  le  Prix. 
'  Ceux  qui  tfâvailleront  pour  le 

Prix  ,  adrcflcront  leurs  Ouvrages  à 
'    Pa:rïs ,  au  Secrétaire  perpétuel  de 
TAcadémie ,  ou  les  lui  feront  re- 
mettre  entre   les  mains.  Dans  ce 
*Vfccohd  cas ,  le  Secrétaire  en  donnera 
;:  ea  même-tcms  à  cîelui  qui  les- lui 


i». 


4j6      Jouraai  acs-  Siavdiu  , 
aura  remis,  fon  rccépifle  ,   où  fera 
marq  ce  la  fenicnce  de  lOuviagv 
&  fo    numéro,  leioii  i'oidrc  ouïe 

.  tems  wans  lequel  il  aura  été  rc;,u. 
Les   Ouvrages    ne   feront    rcçui 
(]ue  jufqu'au  i,''  Septembre  178  j  , 

.  cxciulîvemcnt. 

j  L'Aca»"  ni  '  "  1  afTembléc  pu- 
blique d  es  178a,  pro- 
clamera ni  aura  mÉiiié 
ce  Prix. 

S'il  y  a  le  du  Secrétaire 

noui  la  1  -irta  Tcmporté  Je 

Prix,  le  de  i'Acadcmic 

délivrera  la  ii  le  dj  Prix  i  celui 
qui  lui  rapponerace  récépiffé.  Il  n'y 
aura  à  cela  uuiJe  aurrc  tormalité. 

S'il  n'y  a  pa^  de  récépilTé  du  Se- 
crétaire, le  Iréforier  ne  délivrera 
le  Prix  qu'à  i'Aurcur  même ,  ou 
au  porteur  d'une  procuration  de  fa 
part. 

Hifloire  univerjillt  depuis  It  eam» 
\ent  du  Mande  ji  "    " 


,    Mai   lyix.  937 

fint  ;  comporée  en  anglois  par  une 
^.ociéré  dc^  Gens  dé  Lettres;  non- 
veUemcnt  .fraduire  en  fc^tiçois  par 
une  Socictc  de  Gens  de  Lettres; 
enfichic<.d,ç  Figu^^  &  de  Caftes* 
"Tomes  3ÇXXV4  6c  XLL  A  Paris , 
chez  !Mou;ard ,  ImprUneur-Libuirc 
jdç^ Reine',  dcM^danK  &  dcMa« 
,daine  if(Cpnuene  d'Artois  )  rue  des 
Mathurins,  hocel  de  Cl^ny•  178^. 
'Avec  Approbation  .&  Privilège  du 
Hovi  vol.  i>i-8^.  i 

Lç  XXXVi/  Tolumc  cftle  âct- 
""met  à^s  $upptémens  &  la  fia  de 
1  Hiftpife,  ancienne.  Il  doit  être  fuivi 
,<ïe  quatre  volumes,  favoir ,  XXXVII, 
JfXXYm,  X^XIX  &  XL,  qui  con- 
tiendront  la.  T^ble  chronologique 
&  celle  dès  Matières.  On  les  impri- 
me aâuellemenr  ;   mais    pout   ne 
point  arrêter  le  cours  de  cette  hif- 
toire,  ni  faire  attendre  le  Public, 
on  vient  de  donner  le  XLI/ volume 
ou  le  prçqiier  de  THiftoire  oioderiy^, 
&on  continuera  de  publiai  les  fui«- 
vansà  rordmaire. 

Mai.  R  r 


Q  ï  8     Journal  dts  Sc'avans , 

■Avmh^ment'^ far  le  Ptoffekai'^ 
-    Afla  Sanaônim  liel^H  Selciftai   '  , 

En  rcm'antcompre  ,aiimoisd'A- 
vt\i  (kmicr ,  <fc  ce  P'roJpeBus ,  nous 
avions  éré  •cronnés  du  peu  de  tctns 
■accordé  àus  Soafcrîpteurs,  d'atltaOt 
■qu'il  étoit  fixé  ati  premier  du  mcfnt 
-rtjofs.  'Depuis  cette  annonce  ,  M- 
'Dupuy  a  rc^-u  uhe  lettre  da[t6c  ^e 
Bruxelles  15  Avril,  par  laqijclfc 
l'Auteur  ,  W.  l'Abbé  Ghcft^ùiére  , 
l'outorile  à  déclarer  pubhffucmenc, 
(Je  fa  part ,  ïju'il  accorde  deux  mois 
de  plus&ux  Soufcripteiirs  domicilié^ 
cîiT-raiicc,  promettant  de  tccevoîr 
coures  les  Ibafcriprions  qui  y  {cioiit 
faites  avant  le  premier  Juin,  comme 
fi  elles  avoient  été  faites  avant  îc 
premier  Avril. 

Catalogue  4fS  %ivns  nhbvéa^. 
A'Paris,  chez  Pierres,  Impiîmetfr 
ordinaire  du  fioi. 

Ce    Recueil  périodique  ,  com> 


^  Mai  lySié  9)9 

mencc  en  1763,  paroîc  colîs  les  Sa- 
medis ;  il  porte  auilî  le  nom  de 
Journal  de  la  Librairie  •  ou  Caulo- 

Îue  hebdomadaire.  On  7  trouve  les 
.ivres  tatit  nationaux  qu'étrangers; 
.Cartes  ^  Eftampes ,  Edits.&  Arrêts. 
Les  ventes  des  Bibliothèques  ,  les 
Livces  qu'on  a  envie  de  icompletccc 
..ou  d'échanger.  Le  prix  de  la  fouf- 
.cripcioD  eft -de  7  liv*  4^1: 

CoUtSioa  de  Sin^€%  ^  in-folio  % 
papier :d -Hollande.  Par  M.  Bucho^. 
Premier  Cahier.  A  Paris  ^  chez  l'Au* 
teur  ,  tue  de  la  Hai^pe  ,  prefque  vjs- 
à-vis  la  Sorbonne.  Prix,  18  liv. 

Voici  pne  noi4vcUc   Colleâiion 

donc  les  Amateurs  d*Hiftoirc- na- 

(urdie^uroac   l'obligation    à  M.^ 

Boclioz.  Ils  doivent  déjà  à  ce  zélé 

Natura:liâe   des  luîtes  noaibrcules 

Hc  iatér^ai^te^.  L^  réunion  de  ct:s 

afférentes  Imites  de  fij^ures  deffinées 

ÔC  coloriées  d'^tprès  nature,  corn- 

.  xnençe  ^  devenir  alfez  canfidérable 

pour  fermer  m  Cabinet  d  Hiftoire- 


,0  >"'«»' ''"'f!;;^,u«*f. 

,„et<l«lX,„„„d=-ceS'"";    - 


Mai  I78l«  941 

fs^ncc  qui  cft  au  premier  fcuilli^c  du 
Catalogue,  vis-à-vis  le  fronrilpicc, 
laiis  quoi  elle  ne  leur  ferou  pas 
fournie. 

La  famille  ayanr  vendu  cette  Bi- 
bliothèque en  un  (cul  article  à  M. 
le  Marquis  de  Louvois,  le  Libraire 
ne  peut  plus  remplir  rcngagcnituc 
qu  il  avoit  conrradé  de  donner  l'érac 
imprimé  du  prix  de  la  vente  dech.4* 
cun  de  ces  articles  :  il  ofFire  en  con- 
icquence  aux  pcrfonncs  qui  auruieuc 
regret  d'avoir  acheté  le  Catalogue  , 
de  le  lui  renvoyer  au  plus  tard  dans 
le  mois  de  Mai  prochain  ^  5c  il  rc«^ 
mettra  l'argent  au  porteur. 

Il  faut  cependant  avouer  que  ce 
Catalogue  êft  précieux  ,  non-lculc- 
ment  par  les  différens  Livres  qui  Ij 
compolènr,  mais  encore  parce  qu'il 
renferme  une  CôUeAion  trcs-bcil- 
d'Hiftoire-  naturelle,  &  qu*il  pcuc 
être  regardé  comme  une  Bibliogra- 
phie complctte  des  Voyages. 

jiilas  dt  Géographie  ancienne  en 

Rriij   . 


»^  1  JoiirTml  des  Sfjvans  , 
vingt  -  cinq  Cartes  ,  pour  Jctvîr  A 
fuite  à  L^  Atlas  di  M.  Robert  de  y  au- 
gondy  en  cinqua^K  ~  dtux  Carits. 
M,  torrin,  Ingénicur-Mccbani-' 
cien  du  Roi  pour  ]js  globes  &  rphè-. 
les  ,  ayant  allocic  à  Ion  commerce 
&  à  fcs  travaux  M.  de  la  Maichc  , 
ccliii-cî  s'tft  occiip^  à  compléter  le 
fi;nds  des  S^niion  &dc  M.  Roberc 
de  Vaugondy  ,  en  travaillant  fur  la 
Géographie  ancienne.  Le  prix  fira 
de  1 8  liv.  On  l'annonce  nout  la  fin 
de  i  annÉc. 

On  trouve  chez  MM.  Fortin  Se 
de  la  Marche  des  globes  &  des 
I"phi?fcs  He  fouies  grandeurs  ,  drpui*  ■ 
trois  jurqii'à  dix-huir  pouces  dédia- 
mêire;  Us  nouveaux  i^lobes ,  ce- 
lelif  &  rcrreftre  ,  cle  douze  pouces  ;■ 
le  céleftc,  dcM.  Mcflîer,  Aftrono- 
nie  de  In  Marine  ,  &'c.  contenant 
routes  les  nouvelles  conftcllacions 
6c  toutes  les  ncbulcnfcs  obfcrvées 
par  lui  &:  par  M.  Mcchain ,;  le  globe 
lerreftre  ,  fair  par  M-  Toicin  ,  con- 
tîfi7t  coûtes  les  noitvellci  cîccon 


en  GéiQgraphiey  vcAmz  le  troUiéTie 
voyage  du  célèbre  Capiraioe  Cook* 
Qn  y  trouve  des  Canes  collées  fur 
hoï\  &  découpées,  pour  mftmirs 
&  amufer  les  en&ns  \  chacune  ei| 
de  1 1  l}v. 

Oq  trouve  chez  les  mêmes  Ae% 
atlas  çélçftes  &  cerreftres.cie  di&- 
rentes  grandeurs  ^  des  canes  géogra^ 
p^iques  fur  toutci  les  parties  du 
globe  y  en  une  >  deux  &  q  jarr« 
TçujUes  ;  le  tableau  des  S^Iacbêoiaci^ 
ques  avec  (on  explicanoa ,  des  plar 
niiplièfcs,  HOC  nouvelle  édition  des 
deux  hémifphères  céleftes  de  Ro- 
bert de  Vaugondy,  des  lotos  géo- 
graphiques avec  une  inflruâion  pour 
ce  jcui  j  •  des  planétaires  ou  fphcr.i<; 
de  Cppeinic  mouvantes,  la  nou-jelic 
maciiine  géocyclique  cirée  dini  1  A,  - 
tronom'u  de  M.  de  la  Lande  te  rv- 
pliquée  dans  la  CofmograpkU  Je  M. 
McnreJlç  ^  des  globes  céleftes  à  pô- 
les mot>iles  pour  changer  la  poir^-a 
des  équinpxes  &  pour  l*snreilig»ic^ 

R  t  IV 


$44     Journal  ^ei  S'Çavans  » 

île    rOuvragc   de    M.   Dupuis    iai 

lonç^inedes  coiifteilation;. 

On  trouve  chez  eux  un   no.iiveaii 
Ca'-alogné  ,  luc  de  Ja  Harpe  j  près     ■ 
la  me  du  Foin.  ' 

'  Manuddu  jeune  Ofîcler,  ou  EfTii 
fur  !a  Théorie  miliraire.  Par  M.  lé  ' 
Comtt  de  Bacon ,  ci-devant  Licure- 
l!am  Colonel  des  Dragrin'i  au  firr- 
vice  de  rimptratri'cc  df  Kuflic.  A 
Paris ,  rire  Dauphine  ,  près  le  Ponc- 
Nuif  ;  chez  Alexandre  Jonibcrt, 
jrune,  fucceflciir  de  Charles -An- 
roine  Jombcrtfoi  père.  Libraire da 
Poi  pour  rAttrlIcrie  5^"  le  Génie, 
iyS  I.  256  pag.  in  8°. 

Cet  Ouvrage ,  dédi6à  M.  lePrincii 
de  Ccrdé  ,  eft  le  réfuliac  des  ex- 
périences d'un  ancien  Officier  qui 
cite  pluficurs  l^airs  réctns  pour  ap- 
puyer les  principes  Sr  les  maximes. 
Si  le  Pub'ic,  dit  l'Aureur ,  goCrc 
cec  Efiai ,  je  pourrai  dans  la  fuite 
y  joindre  les  Mémoires  fut  A'v- 


Mai  1781;  945 

Bey  ,  fcs  projets,  (es  luccès  Se  ics 
Tjevcrs,  Ce  Héros  ,  qui  a  fi  Korc  in- 
quiété la  Turquie  &  fixé  les  re- 
gards de  l'Europe  ,  eft  peu  connu  ; 
l*Aurcur  ayant  (èrvi  fous  lui  pcuc 
nous  donner  à  ce  fujec  des  Mémoi- 
res curieux.  La  comnaraifon  qu'il 
pourra  faire  de^  la  T adlique  des 
Turcs  avec  la  nôtre  ,  fera  un  nou- 
vel objet  dé  curiofité  dans  fon  Ou* 
vrage. 

Prospectus. 

m 

EffiUS  hîfloriqucs  &  polin<jUcs  fur 
Us  Ànglo  AmérUains.  Par  M  Hil* 
liard  dAuhtruuiL  Deux  volunicv 
//2-b°«  grand  papier,  avec  Carrer, 
Eftampcs  &  Portraits.  Il  y  a  aiifiî 
une  Edition  in  4^.  papier  d'Hol- 
lande. 

M.  Hilliard  d'Aubertcuil»  qw>  * 
ofé  le  premier  travailler  à  cette  hif- 
toire  importante,  a  étudié  &  connu 
lur  les  iicux  les  mœurs  &  le  carac- 
tère des  Anelo  ^  Américains  ;  il  d 

lltv 


94^  JoUirtal  JtS  Sçavaris  , 
vu  &  calculé  leur  Coiinnercc  ,  &  ,' 
pour  amlî  dire ,  (c  former  kurs 
nouveaux  Etacî.  Depuis  plufieura 
années  il  avoit  cumniencé  à  écrire 
les  i^HexioJis  l'iir  ce  qui  le  pafTuiC 
entre  tux.  ia  Colitdion  s'efl  enri- 
chie par  le  courage  ,  par  le  bonheur 
de  CCS  Képuiilicains  laboiieux  &  fa- 
ges ,  pat  les  Mvnioircs  kfl  pIu";  éten-, 
dus  qui  lui  ont  Lié  envoyés  depuis 
quarrc  ans,  (oir  des  Jflcs  de  l'/iniê-. 
lique  ,  où  il  a  conlervé  fcs  Corref- 
|.!ondanS  depuis  fcn  retour  en  Eu- 
rope,  foie  de  la  NouvïlIe.Angle- 
terrc  mcme,  &  qui  ont  été  réil:géï  ■• 
lur  les  lieux  par  des  hommes  int 
trui;s  &  ttdèlss  obicrvatcurs. 

Certc  Colleftion  cil  le  récit  coni- 
piec  &  très-imj'artialde  tout  ce  qui 
peut  intcrencruuï  fiiccès  des  Amé- 
.  ricains  &  ctu:(  qui  ont  part  au  Gou- 
vernement des  N.atJo  .s ,  &  ceux 
qui  étudient dansl'Hiftoiielcs  hoin- 
mes  &  la  lorrunc, 

1  es  d;ux  volumes  que  l'on  pr 
pofe  pat  VouUx'.çvvoti ,  on  que  1 


Mai   1751»  r^7 

x^iurijULT^  fcparéiu.r.-,  c^r  :.  :- 
cironr  rout  çc  qui  s*t.:  p%.i:  :  tj.; 
la  naidance  des  croubi»  m  L  >!to  , 
jufcjuà  la  préicnration  C\\  D.  j.-m 
Franklin  à  la  Cour  de  Prôner.  Oi 
y  trouvera  des  tâbiCa.ix  ;r:i-r:.i-t-4 
de  la  (ituation  poicique  d:;A'i:- 
terre  à  difFcrcnccs  cpoq  j^ i ,  w':  u3 
rccic  hiftorique  &:  po.CîTur  :t  .ai 
formacîon  &  des  progrès  dr:  Co.o- 
nies  AméricaÎDcs  9  qu:  r*r.!-::3i  c: 
nouveaux  points  de  v  je. 

Chaque  volume  fera  ornt  et  Voz- 
traits  9  d'Eftampcs  de.Unces  &  |"»- 
vées  par  de  bons  Ma::r£S  ;  i/^t.  rr- 
pré(enteronc  les  AStm.,xv.  ;.î'i>- 
palesy  &  les  pi;ccipaux  ts^.'j  d; 
rHilloirc. 

Il  y  aura  au.Tî  dt:  Car:::  -:':> 
cxadtes  des  différenres  cor.tnts  c  Ji 
cpmporenc  les  Ecât^Unis  dr  *  A:«  - 
lique,  &  quelques  Cartes  p^rr.cj- 
licrcs  des  lieux  qui  or.:  é:*:  .;  p^-i 
expofcs  à  la  gu;:r:- ,  fur  r;  j:  -'»c 
Cïjcellentc  CarVj  dc:  fro-.ricr:,   ùi 

Il  :  V) 


948     Journal  aes  Sçavans , 
Canada  &  de  l'Albanie,   compre- 
nant la  toute  des  Lacs. 

Les  Poriraics  des  Hommes  qui  fe. 
iont  diftingués  en  Amérique,  folt 
dans  les  Confcils  ,  ou  à  la  lête  des 
Armées,  feronr  gravés  avec  loin, 
&  d'après  bs  meilleurs  dcllins  que 
l'on  aie  pu  fc  procurer. 

Conditions  de  la  Soufcription  ,   & 
-    prix  du  Livre  en  le  vendant  jéfO- 


Le  prix  de  la  foiifcriprioii  fera  de 
41  liv.  pour  l'EdirJon  in-4°.  &  de 
II  liv.  pour  l'Edition  in-8°,  remis 
chez  les  Soufcripteurs  de  Paris  ,  à 
nicfure  qu'il  patoîira  une  partie 
compofée  de  iiois  Livres ,  &  rendu 
franc  de  potr  aux  Soufcripreurs  de 
Provinces,  ou  de  l'étranger  juf- 
qu'aux  frontièret. 

Il  n'y  aura  pas  de  diminution  fur 
le  prix  pour  les  Soulcripccurs ,  mais 
ils  auront  l'avaiiîagc  de  lie  pas  cty- 


4      Mai  ijîu  919 

voyer  chercher  l'Ouvrage ,  qui  fera 

remis  chez  eUx ,  &   ils  auront  les 

premières  Epreuves  des  Eftampes» 

Gravures ,  Porrrairs  &  Carres  pac 

dares  dèièurs  foufctipcions» 

•     j'  •  '        * 

.  Prix.pour  ceux  qui  payeront  en  ^ 

prenant  f  Ouvrage. 

"'  Edition  i/i«4^.  7  liv.  10  f.  pour 

chaque  Partie 9  &  ii.liv.  pour  le 

volumes  de  Planches* 

/   Edition  //s^S  ''. }  liv.  pour  chaque 

Panie,  Se  9  IW.  en   recevant  les 

Planches.^  ^ 

,    Les  Pianches  &  les  Cartes  pour* 

ront  être  reliées  ftparément , .  & 

formeront  un  volume  in\/\é  de  la 

grandeur  de  TEdirion. 

:  Celles  de  l'Edition  in  8°^  pour- 
tout  aufH  être  brochées,  ou  reliées 
coopipccment  ou  féparémenc. 

£pùques  des  Livraifons. 

•      •«■.• 

îjts  trois  prcmici;s  Livres  des  deux 
Editions  paroilTcnt  adhielleqie&c  ^ 


9jO  Journxt  Jcs  SçaVatis  , 
&  feronr  débvTcs  aux  SdulcriptciirS  i 
ou  3  CctHt  (^ui  ïzi  uoudrotn  fcparct 
ment ,  5c  it  en  fera  d'itvcc  troi^ 
au!ri;s  Livres  to'.is  les  nlois,  à  conij^ 
ter  de  la  bii  du  mois  de  Mars* . 

LlS  Planclics,  les  Portrairs  &  les 
Cartes,  feront  délivrés  aiifÏÏ  -  tôt 
après  Ituf  perfciSion. 

On  doit  prÉvcnir  f^iie  la  lenteur 
&  les  dilHcliltés  des  Gravures,  no 
permctcent  pas  d'annoncer  Its  ter- 
mes aufli  précis  que  ceiix  que  Ion  a 
fîxtspourilniprellion,  mais  on  peut 
compter  avec  d'autant  plus  de  rait 
ion  lur  la  beauté  de  l'cxrciitijn  ^ 
tant  de  l'imprcffion  que  d;s  Pla3- 
clies,  qu'iodépendamnicnc  des  fouf^ 
criptions ,'  l'Âurcur  a  fait  l'avance 
d  une  fommc  conlidérablc. 
.  On  (oufcnt  à  Paris  chez  l'Auteur  ^ 
rue  de  Bons-Eiitans  Saiat-Honoié, 
où  l'on  trouvera  l'Ouvrage. 

Sermon  pourl'j^jfinibUs  exiraor' 
dinaitcde  Charité,  qui  s'eft  tenue  à 
faris ,  à  L'otcafion  de  l'éublillc 


Mai  178(2.  9^1 

ment  d'une  Maijon  Royale  de  Santé  j 
en  faveur  des  Ecclcfiaftiqucs  &  des 
Militaires  malades  ;  prononcé  dans 
rEglife  des  Religieux  de  la  Gharicé , 
le  13  Mars  1782,  par  M.  TAbbc 
de  Boifmont  y  Abbé  Co:nmenda- 
tàirc  de  Grcftain  ,.  l'un  des  Qaa- 
fante  de  l'Académie  Françoife,  & 
Prédicateur  ordinaire  du  Roi.  A 
Paris  ,  de*  l'Imprimerie  Royale* 
i78i///2-4^.  51  pageSé 

Lettre  P  a  florale  de  S.  A.  R,  Mort* 
feigneur  r  Archtvli^uede  Trêves ,  Evi» 
que  d^Ausbourg ,  Prince  d^Euwan^ 
gen  ^àfon  Eolijc  dAusbourg*  Tra- 
duire de  l'alkmand.  A  Paris ,  chez 
Laportc  &  Bclin,  Libraire.  Avec 
Approbation  &  Privilège  du  Roi« 
17^2.  inixi 

Nous  en  rendrons  compte. 

Êffai  fur  S  Architecture  théâtrale^ 
ou  de  rOrdonnanre  la  plus  avanra- 
gettfe  à  une  Salle  de  Spediacle^)  rc* 


9 1 1  Journal  des  Sçavans  , 
lativeiJcnt  aiiA  pr^nciprs  de  l'Opti-, 
que  &  de  i'Acoufti-qite  :  avec  un 
Examen  des  principaux  Théâtres  de 
l'Europe  ,  &  une  Analyn.'  des  Ecritî 
Its  plus  importaiis  liir  cette  inafiiTS. 
Par  M.  Faut,  Architcdte  de  S.  A.  S. 
Monfeigneur  le  Pr—c  Palatin  ,  Duc 
régnani  de  D;i  ints.  A  Paris, 
chez  Moiirard,  lire-Imprimear 

de  ia  Rciij-  :s   Maihurins  , 

.  hôre!  de  C  Si.  Avep  Ap- 

prubytioii     i.  ,cgc    du     Rai. 

ia-S*^.  io8  pa;^.  Si  deux  Pianchcf, 

Lt  Duel ,  Comédie  en-un  aile  Si 
en  pro(c.  Biochure  in-%°.  3  5  pages. 

"    Pièces  Fagiiives  de  M.  le  Mitrrt , 

'  t'a  l'Académie  Francoifi.'.  A  Paris, 
chez  P.  F.G'Jcfficr, 'libraire  hnpri' 
nieur ,  au  ba^  de  laïuc  de  la  Harpe  j 
à  !a  Liberté,  Avec  ApprobaiiotiÔ; 
Privilège  du  Roi,  i  vol.  in  ï,°.  de 
près  de  3  00  pag. 


Hijloire  de  CAn  de  VAn. 


-u 


'Mai  1781;  ■     '      9if 

Par  Mè  JFinhelmdnn  y  tracluitc  de 
Tallemanct  9  par  M..Huber,  A  Léip* 
(ig,  chez  rÂureuf,  &  chez  Jean 
Gotci.  Imman.  Breitkope.  1781. 
3  volumes  ih  4^.  Er  fc  trouve  à 
Paris  5  cheziNyon  r«iiné  ^  Libraire» 
tac  du  Jardiner. 

•    Traité  des  Connoiffances  néceffai» 

ns  à  un,  Notàin  ;  contenant  des 

principes  furs   pour'  rédiger  ,  avec 

intelligence^  routes  iorees  d'aites  ic 

de^  contrats; i^ec  des  formules drtf- 

lées  Tur  ces  mêmes  principes. 

1 

In  nuHo^ptecétre^dlvinHatîs  magis  ifuam 
morulitatis  tft.  Le^e  tança  2  a.  Cod.  de 
vecerJ  Jure  Eiiucleando* 

Nouvelle  Edition,  5  vol.  grand 
i/2-i2.  A  Paris,  chez  Nyon  Taîné  , 
rue  du  Jardinet.  1781.  Avec  Appro- 
bation &  "PrivUegc  du  Roi.  Prix , 
15  liv.  les  5  vol.  reliés. 
On  travatilie  aâuvllemenc  à    la 


954     JoutTiAL  des  Sçavans , 
continuation  de  cec  Ouvrage  donCt 
nous    nous    piopofont   de    donner, 
bientôt  un  Esccaît. 

Code  de  Snvoye,  ou  l-oix  8^ 
Couftitutlipns  de  Sa  Maj<:W  le-I^ov 
de  Satdaign; ,  publiées  en  177P^ 
Deux  volumes ,  grand  in- 12  de  5  os 
pages  au  moins  chacun.  A  Paris  , 
chez  Nyon  t'aîiié ,  Libïçire  ,  lUic  d^ 
Jardinet,  quartier  S.  Andté-deiii 
Arcs-  178 1.  Prix  ,  6  Uv.  rcJiç.  | 

Nous  dorujeroHS ,  le  plutôt  p^f-. 
lîbk,   lin  txciaic  de  cet  Ouvrage  ,i 
.  qui  nous  a  paru  très  intér^iiTant  & 
plein  de  ûigcilj  S£  d'équité. 

Hi poire  de  l'£mpire  Affynen  ^ 
ou  dts  irois  Monarchies  cîc  Niiiîve-, 
de  Bab)"lo.ie  &  d'Ecbataiic.  Ou- 
vrage enrichi  de  Cartes  &  de  Gra- 
vure?. Nouvelle  Edition.  Deii»  vol, 
in-%°.  Pri?,  brochés,  10  Jiv.  Ou, 
2  vol.  ifl-ii.  PriXjbrqché,  jliv» 
A  Pari?,,  qhczHardouinjl^tbr^içc, 


Mai  1782;  955 

rue   des    Prêtres  Saint- Germai n- 
l'Auxcrrois. 


jivîs  à  la  Nobleffi.  " 

Le  fîcur  de  !a  Chcnaye  Desboiî  ^ 
Aiireur  du  Di&iô/inaire  de*  la  No** 
bUJfe  ^avertit  ique  le  premier  volume 
des  Supplémens  audit  Ouvrage,  eft" 
aciuellcmeqr  fôu';-pre(re.(  Cette  hiv 
prelfion  a  été' retardée  par  des  évc- 
nemens  imprévus.)  Lafoufcription, 
qui  cft  de  1  j  !iv.  pour  chaque  vo- 
lume ,  &  de  1 1  fols  pour  la  reliurs 
en  carton  ,  fe  reçoit  aduellcmnit ,  ' 
pour  le  premier  volume  defdits  Sup- 
plémens ,  chez    la    Dame    Veuve 
Thibouft^  Imprimeur  -  Libraire  ,  à 
Paris ,  Place  Cambrai ,  qui  en  don- 
nera reconnoiffance ,  fignée  de  TAu-' 
teur  j  av;rc  laquelle  on  recevra  ce 
premier  voltunc    qui   patoîtra    au* 
commencement  d'Août   1782  ,   &* 
lés  vautres,  de    furrc.   On    prie   les 
SoufciipC'urs  dg  faiiv  ha  Ibufcrip*' 


9  î  6  Journal  dts  Sçavans , 
TÎpn  Aw  fccoiid  volume  en  icriranï 
le  premier ,  &  ain^  de  luitc.  Les 
pcrlbnnes  qui  n'auronr  pas  de  re- 
connoiilancc  de  foiilcription  ,  paye- 
ronf  chacun  de  ces  \olunie5  18  iiv., 
aitifi  que  chacun  des  douze  premiers 
volumes  qui  fe  vendent  chez  ic  fieut 
Boiidf  [ ,  Libraîce  ,  tue  S.  Ja^que', 

Piocidc  nouveau  poitr  l'Etamage  du 
Cuivie  &  du  Fer,  avic  Argent^ 
&  étaira  de  Métach. 

MM  Majaiilt,  Sallin,  Datcet , 
&  t!c  la  Planche  ,  ayant  été  charges 
par  ia  Tacuhc  de  Médecine  d'exa- 
miner ce  nouveau  procédé  propofc 
par  la  Damo  Dumazis,  &  après" 
plulîeurs  expériences  ayant  fait  titl 
rappoïc  favorable ,  la  Faculté  adopta 
d'une  voix  unanime  ,  le  2  Août 
1779  ,  les  conduirons  de  fes  Com- 
miiiaires ,  &  approuva  le  nouvel 
Etamagc  comme  plus  avantageux 
que  ceux  qu'on  avoit  employés  juf- 
qu'à  ce  jour. 


Mal   178 1.  9J7 

En  conféqucncc  le  Roi ,  par  un 
Arrêt  de  fon  Confcil  d'Erat  du   14 
'  Janviefr  1781  ,  permit  à  la  Dame 
-Dùmàzis'dc  fabriquer,  vendre  8c 
.  diftribucr  dans  toute  1  étendue  du 
Royaume  foo  Etamage,  dont  le 
titre  doit  çtre  de  /rois  deniers  de  fin  ^ 
conftaté  par  le  poinçon  du  fîeur  Ra- 
cle ,  Efîaysur  particulier  de  la  Mon- 
noie  de  Paris  >  ou  par  celui  à\x  pre- 
'  mler  Eflayenr  de  la  Monnoie  de 
chaque  ville,  où  la  Dame  Dumazis 
auTdit  établi  des  entrepôts.  Cet  At- 

*  rct  fut  confirma  par  des  Lettres  Pa- 
tentes du  premier  Août  17S  1  /en* 
regiftrécs  au  Parlement  le  7  Septem- 
bre ,  &  en  la  Cour  des  Monnoies  le 

•  11  Décembre  fuivant. 

Cet  Etamage  reyient  à  fix  deniers 
le  pouce  de  furface^  âc  on  aifure 
qu'il  ne  réuflît  pas  moins  bien  fur 
le  fer  que  fur  le  cuivre.  La  Dame 
Dumaz  s ,  qui  leroit  condamné  i 
30b  livres  d'amende  applicables  à 
rHôpiral-Généial  de  Paris  >  fi  elle 
délivroit  des  uftenfiies  non  marc^ués 


pjS  Journ.  dts  Sçav.  Mai  17S2. 

du  poinçon  de  l'Eflayeur ,  vient 
cTÎ-taMiT  ia  Mapiifaâuie  rue  de 
Btilly  ,  maifon  de  M.  J'Aclicnay  ,  U 
"porcc  cochère  à  côté  du  Griffon 
"d\jr,  fainbourg5.  Germain. 

Le  Syfèiiie  di  LeSun ,  connu  déjà 
, 'focs  le  nom  de  Quadrille  des  En- 
Jaus ,  quanème  Jidition  ,  imprimé 
pour  Tufage  des  Ptinccs  &  Prin- 
çcfllsEnfansdeMonreigneurJc  Duc 
l'dc  Chartres ,  (c  vend  chez  i'Aiitcut, 
à'Pari'i,  à  la  Pcti(:on  Académique, 
'luc  du   fauxbourg  S.  Honoré  ,  11*^, 

Suivant  ce  Syftême  ,  un  Enfant , 
auffi-iôr  (ju'il  fait  parler  1  apprend 
à  lire  avec  beaucoup  de  faciliré.  Les 
fuccès   ciabliffcnt  la   bonté    de   la 

llîîcihocie  ptopoféc, 

iir'.  tn-'ti  ■ 

,;  .t'rhri: 
'.  îi'.      . 


I  '■■•». 

...    ,        ,.,...    95^ 

'    l~  •         l  ..  ..•  .  .  •    .  ^  .    ...  .         ^         »w    , 

I 

è?'inn     A     O  "  T     .1J....A. 

de5  articles  contenus 

dans  lejJgTirç-^l.^iijfois  de 
Mai  17^81. 

/^  o vùFRSp I P/ouc^uee A. 
\jr  L^MagiJln&  Philo fophicc  Doc* 
$Qlis  Logices  &  Metàphijîccs  in  Uni'» 
verjitate  Tubingtnjî  ^  &c.  771 

Hijloin  univcrJïUc.  789 

Vlyjfty  Tragédie  en  cinq  actes. 
Par  M.  de  fiûchcfort.  8ox 

M leBre  n  Tragédie  en  cin^  acies, 
imitée  de  Sophocle.  Par  M:  4e  Ro^ 
chefore»  815 

Traité  des  Evitions  &  de  la  Cad- 
ran tie  formelle.  Par  M,  Benheloe. 

83X 

Opinion  d*itn  Citoyen  fur  leMu'* 
riage  &  la  Dot.  84 1 


j6o            '              ^''^ 

wta^m 

Lt  Produit  6-  U  Droit 

lUi  Corn- 

•nanti. 

-     8r> 

LArt    de    la   FoUurt. 

.   Par    M. 

Romtitt.                -  J        / 
ArtiU  a-  ThéMore.     - 

-      8i< 
-   861 

Kouyellei  LitUrains. 

.       >^? 

ratir. 


!i 


-4.     -^tAi  ^  «..    . 
rr!!' 


E  E 


JOURNAL 


D  ES 


SGAVANS, 

PO  U.R 
L'ANNÉE  M.  DCC.  LXXXII, 

r    I 

JUIN.  Premier  Volume. 


4    PARIS, 

Au  Bateau  dn  Journal  de  Pans,  rue  de  Greneîlt 
S.  Honoré»  prés  celle  du  Pélican. 


M.  DCC.  LXXXII. 
AVEC  PRIVILEGE   DU  ROI. 


9^4     Journal  des  Sçavans , 

demie  Royale  des  Infcriptions  8c 
-  Belles-Lettres. 

Gcrmani  iata  Mio  g(ns^**  •  pericu- 
lorum  avida. 

Tacite.  Hift.L.4&  f. 

A  Paris ,  de  TJniprixnerie  de  Mon- 
sieur, 178 1.  Et  fe  vend  chez 
Duifand  JNeveu,  Ubrafre^  tue 
'  Galânde;  Mérîgot  jeune;  Bar* 
rois  aîné  ;  Barrois  jeune ,  Librai- 
res^ quai  des  Âuguftins.  Prix,  3 
liv,  broché  Papier  fin  ,  4  liv.  4  f. 

Un  vol.  in- IX  de  45 1  pag. 

»     ■  ■  ■ 

MDE  SiGKAis,  dans  un 
•  Ouvrage  qa*il  a  publié  pré- 
cédemment ,  a  trjiité  de  Tefprit  mi- 
litaire des  Gaulois  ;  il  aurôit  difiré 
de  pouvoir  y  mener  de  front  Thif- 
toire  a  le  carad^ère  belliqueux  des 
Germains  >  mais  rembarrai  des  corn- 
paraifons  &  dc$  ^  difpariiés  multi- 
pliées ^  8c  la  nécçffité  gênante  4'în« 
terronipre  &  de  reprendre  alternati*. 


Juin  17S1;  965 

vcmcnt  tantôt  le  portrait  de  Tune 
des  deux  nations ,  tantôt  celui  de 
Tautre  ,  Tont  déterminé  à  traiter  fé*. 
parement  ces  deux  fujets.  Son  bur^' 
dans  ces  recherches  ^  eft  d'en  vcnix 
aux  François  »  qui  tirent  leur  origine 
de  ces  deux  nations.  Il  a  fuivi  dans 
Tun  &  Tautre  Ouvrage  Tordre  chro- 
nologique» non-feulement  comme 
le  plus  umple  ,  mais  parce  qu'il  s  a- 
git^  dans  une  fuite  d'environ  600 
ans ,  de  marquer ,  autant  qu'il  e(l 
poffible,  les  variations  fenfibles  qu'é- 
prouvèrent de  (iècle  en  (lècle  ou  pat 
intervalles  plus  courts,  le  caraâère 
&  les  mœurs  des  Germains  ;  ce 
qu*on  ne  peut  Faire  quVn  didinguanc 
le  tems  par  époques.  11  ne  faut  point 
perdre  de  vue  que  M,  de  Sigrais  fe 
renterrae  uniquement  dans  ce  qui 
concerne  Telpric  militaire ,  c'cft-à* 
dire  à  rechercher  quelles  pafHons , 
quels  principes  ou  quels  piéjugès , 
quelle  efpèce  de  courage  ou  de  fu« 
reur  ,  quelles  forces  phyfiqucs  ou 
quel  tempéramment  l^%  Germains 

S  {\\\ 


^64    Journal  des  Sçavans , 

portoicnt  à  la  guerre.  Les  deux  Ou- 
vrages ,  le  premier  fur  les  Gautois 
&  celui-ci  fur  les  Germains^  ne  doi- 
vent être  confidérés  que  comme  des 
Mémoires  préliminaires  &  une  In- 
troduAion  au  Traité  plus  étendu  & 
plus  considérable  qui  aura  pour  ob*- 
jet  les  Francs. 

Dans  le  Difcours  préliminaire  t 
M.  de  Sigrais  combat  le  fentimenc 
de  ceux  qui  pcnfenr  que  les  gens  de 
guerre  ne  peuvent  prétendre  aucune 
part  à  la  gloire,  parce  que,  félon 
eux  ,  elle  ne  peut  réfulter  que  des 
adlions  de  bienfaifance  5  c'eft  pour- 
quoi ils  voudrojenc  que,  dansTédu- 
cation ,  on  prévînt  les  jeunes  gens 
contre  la  gloire  des  armes,  en  leur 
cnfcignant  que  c'cft  une  paflîon  fa- 
neftc  qui  n'a  ceffé  de  ravager  la  terre 
&  n'a  peut-être  jamais  fait  de  bien; 
fyftême  auffi  imprud-nc  que  nou- 
veau, dit  M.  de  Sigrais ,  Se  qui  ne 
tendroit  à  rien  moins  ,  s*il  pouvoie 
s'accréditer  ,  qu*à  renvcrfer  tous  les 
principes    de    l'honneur    nacionalt 


Juin  1782.  967 

«  Eft*ce  donc  chez  les  dtlce  ndan< 
>^des  Gaulois  &  des  Germains  > 
»  chez  une  nation  que  (a  valeur 
» fiiaîndcBC  depuis'plus  de  tteize 
>»  cens,  ans  en  pcfleflion  de  frs  con^ 
f»  qQiècei&  qui  ne  peut  s'y  maintenir 
H  autrement  «  qu'on  ofe  déprimer  la 
»  gloire  des  armes  ?  Sont  *  ce  des 
>»  Quakers  enthoufiaftes ,  ou  des  Si^ 
nbarites  timides,  ou  des  Sages  def- 
#cendus  d'une  autre  planète  pour 
H  réformer  la  nôrre  ^  qui  déclament 
I» aujourd'hui  contre  la  guerre;  qui 
n  voudroient  la  bannir  de  Thiftoire  ^ 
H  de  notre  littérature,  de  nos  con- 
»  verlations  9  comme  un  fujet  faf- 
•>  tidicux  ou  comme  un  g^nre  trop 
H  dominant  ;  qui  refufent  leurs  oreii- 
>»les  dédaigneufes  aux  récits  des 
»  combats ,  comme  Ulyflc  les  bou- 
H  choit  aux  chants  feduâeurs  des  Sy- 
>»  renés ,  qui  fe  permettent  de  froi- 
ndes  plailanteries  fur  des  combinai- 
n  fons  aufli  férieuics  que  le  font  celles 
»  de  là  Taâique  9  &  fur  les  fcènes 
M  fanglantes  ou  fe  décide  le  fort  des 

S  IW 


6  8      Journal  des  SçaPans  i 

M  Empires  j  qui  afFcâcnc  d'appcHet 

»  les  viâoires ,  des  crimes  heureux  ^ 

M  des  meurtres,  éclarans  ;.  les  corn- 

»battans9  des  aflaflins,  dés  harri- 

»  ci  des  ;  de.  rabaifTer  l'hérotTine  9  les 

»  travaux  9  les  fciences  militaires  9 

•3  pour  élever  au  premier  rang  je  ne 

f>  fais    quelle   inertie    épicurienne , 

»  Tadmiration  des  arts  les  plus  fri« 

»  voles  ,   la  démence  du  luxe  fc  la 

»  fureur  des  plaifirs  ,  plus  cruelle  & 

»  plus  funeftc  que  celle  des  armes  ; 

»qui  voyent,  non-leulement  fans 

»  rcconnôiffancc  &  prefque  fans  at- 

»  cenrion  de  nombreufes  légions  de 

»  citoyens,  veiller  jour  &  nuit  lur 

»  la  frontière  de  l'Etat  pour  les  fiîiirc 

»  jouir  de  leur  oifiveté  ,   mais  qui 

»  oient  écrire  que  la  partie  du  genrC' 

»  humain  conjacrée  à  Chéioïfme  tfi  ce 

»  qitiL  y  a  de  plus  affreux  dans  la 

»  nature .  •.  •  qui  contondcntla  force 

»  cutélaire.  des   Etats  avec  la  vio^ 

vlcnce  deftruâivc  ,  le  courage   du 

»  dévouement  avec  Ja  brutal  ité>l*o- 

^bligation   facrée  .de  détendre   la 


Juin   178*1.  969 

»  Patrie  avec  lambicieufe  frcnéfie 
»  de  conquérir  ou  de  dévafter  î  Q«ii 
»  doute,  ajoute  plus  bas  M.  de  Si- 
>>.g*'*is  j  qui  peut  ignorer  que  la  paix 
»  ne  loic  préférable  à  la  guerre  y 
»  comme  le  plaiHr  l'eft  à  la  douleur^ 
»]a  fanté  à  la  maladie,  le  calme  à 
»la  tempère?  Mais  enfin  cette  vérité 
»  avouée  dans  tous  les  tems  ,  n*a  ja« 
»  mais  pu  &  ne  pourra  jamais  em- 
>»  pêcher  les  nations  d'avoir  des  ri« 
»  valirés ,  des  jalouiies,  des  întérccs 
»  oppofés ,  des  haines  invétérées  , 
H  des  emportemens  tubits  &  de  vui- 
» der  leurs  querelles  par  le  fer,  puif- 
if  qu'elles  n'ont  pas  d'autres  juges; 
^  ni  les  plus  prudentes  ,  d*in(lituec 
t>&  d'entretenir  une  brave  milice  & 
»  d'étudier  fcrieufement  le  grand  arc 
»de  fc  défendre  ;  ni  l'opinion  pu- 
>»bliquc  d'attacher  judicieufcmcnc 
»  une- véritable  gloire  aux  plus  rudes 
»  travaux  ,  aux  vertus  les  plus  âpres 
f}  &  les  plus  néceff.i  tes ,  &c  » 

Dans  le  premier  de  ces  Mémoires 
furies  Gnmains;  M.  dcS\^'ce,\s.tc- 


97^  Journal  des  Sçavans  i 

cherche  quels  hommes  de  guerre  ils 
écoient  avant  Jules  Cëfar  &  de  fon 
tems.  Dans  les  huit  autres  il  expofe 
les  variations  fucceffives  de  leur  ef» 
l^ric  belliqueux  & ,  par  occafîon ,  de 
leur  fortune ,  jufqu  aux  grands  &  fo- 
lides  établifTemens  que  les  Bourgui- 
gnons ,  les  Francs  &  les' Allemands 
Formèrent  enfin  dans  la  Xjaule  i  ce 
qui  le  conduit  prefque  au  commen- 
cement du  règne  de  Clovis ,  c*eft- 
à-dire  que  ces  obfervations  fur  les 
Germains  feront  terminées  à-peu- 
près  comme  les  recherches  fur  les 
Gaulois  à  1  époque  de  la  ruine  de  • 
FEmpire  Romain  en  occilent.  M* 
de  Sigrais  n'avance  rien  qui  ne  foit 
appuyé  fur  les  Auteurs  anciens  ;  il  a 
taché  de  tenir  un  juftç  milieu  entre 
la  brièveté  parcimonieufe  qui  fouf- 
trait  des  choies  nécefTaires  par  la 
crainte  d*en  dire  d'inutiles ,  &  la 
fuperfluité  qui  s*étend  trop  pair  l'en- 
vie de  ne  rien  omettre;  il  a  écrie, 
pour  ceux  q^u\)  e\l^eant  des  pièce» 
^  jrobantcs,  fe  coîa<^wx«cyx.  \^  Ssûs.\ 


Juin  1782,  971 

t(îentieU  &  biea  établis ,  de  vérités 
'tapprocbées,  rie  réfulrats  ddèlcs  ,  &C 
i[\xi ,  plus  curitux  du  fotid  des  cbo« 
les  qu?  de  belles  paroles ,  n*auroienr , 
idic-il  i  ni  le  loiHr ,  ni  la  patience  de 
lire  des  Diflercarions  trop  favann- 
ment  volumineufcs  :  tel  eft  le  plan 
de  l'Auteur. 

Le  premier  Mémoire  renferme  un 
intervalle  de  foixante-dix  ans.  M. 
de  Sigrais  y  donne  une  idée  de  l'an- 
cien  pays  des  Germains  >  donc  le 
véritable  nom  étoit  celui  de  Theu- 
tons»  Cette  grande  nation  étoit  di- 
vifée  en  un  nombre  prodigieux  de 
peuples  plus  ou  moins  puifTans ,  tou- 
jours ennemis  les  uns  des  autres^ 
leur  pays  étoit  naturellement  dé* 
fendu  contre  les  hoftilités  du  dehors 
par  fa  pauvreté  même  autant  que 
pat  la  férocité  de  fes  habitans ,  par 
le  trifte  alpeâ:  d'un  fol  inculte  ôc 
pat  la  rigueur  du  climat  beaucoup 

Ï^lus  hroid  alors  qu'il  ne  l'eft  à  pré- 
cnt^&qui  ne  dévoie  guèrcs  tenter 
àc$  ètTMgets.  Cependant  \e%  Qi^v3^-. 


97^     Journal  dés  Sçavans  i 

lois  y  ont  conduit,  quelques  colch* 
nies  ;  mais  dansj^  fuite  &  vers  l^a 
I  f  3  avancTEre  cbrccienney  les  Ges- 
niains  à  leiir  tour  fe  jettèrent  fur  le$ 
Gaules  ;  voilà  le  premier  exploit  des 
Germains  qui  dit  mérité  l'attention 
des  Hiftoricns.  On  croit  qu'ils  fu« 
rent  contraints  d'abandonner  leur 
pays  pg^r  une  violence  inondatioo  de 
î'Ocean  qui  couvrit,  le  Jutland  â( 
une  partie  du  Daneniarck.  Quoir 
qu'il  en  (oit,  ils  ravagèrent  les  Gau« 
les  pendant  douze  ans,  &  détruifi- 
lenc  cinq  armées  confulaircs.  en- 
voyceÀ'  par  les  Romains  au  fècours 
de  la  Province  Narbonoife%  La  va- 
leur des  Germains ,  félon  tous  les 
Ecrivains,  étoic  un  courage  de  bê- 
tes farouches  plutôt  que  d'hommes 
de  guerre,  une  colère  indomptable  , 
una  rage  afFreufe;  mais  leurs  feni- 
mes  les  furpaflbient  peut-être  en  fu- 
reur &  en  cruauté  j  on  les  voit  im- 
moler des  prifonniers  ayant  la  ba- 
taille >  pour  en  deviner  révà^çaient  ^ 
dans  de  grands  \a.fc^iTO\^V;v%4>3kCw:i^ 


Juin  1781.  97  j 

des  viâimcs  »  combattre  fur  les  cba« 
riots  qui  fermoienc  le  camp ,  fe  jetter 
dans,  la  mêlée  pour  ranimer  leurs 
gens  ,  frapper  &  percer  \t^  fuyards , 
égorger  leurs  propres  enfans  après  la 
défaite  f  les  faire  écrafer  fous  les 
roues  des  chariots  ou  fous  les  pieds 
■des  chevaux  ^  s*étrangler  elles  mê* 
mes  pour  fe  fouftraire  à  la  captivité 
ou  fe  détruire  par  d'autres  genres  de 
mort  encore  plus  affreux. 

Quoique  ees  peuples  barbares  fif* 
fent  plus  de  cas  de  la  force  &  de 
l'audace  que  de  la  prudence ,  une 
pratique  continuelle  de  la  guerre 
leur  avoir  appris  à  fuppléer  aux  rè- 
gles de  Tart.  Ils  fe  retranchoient 
dans  un  camp  avec  leurs  chariots; 
ils  y  appuy oient ,  dans  les  adions , 
les  derrières  ou  les  flancs  de  leur 
armée;  &  ces  longues  chaînes  dont 
ils  fe  fcrvirent  à  la  bataille  des 
Champs  Raudienspour  aligner  leurs 
troupes  &  empêcher  les  rangs  de  fe 
xompre  ,  prouvent  au  moins  qu'ils 
avoient  de^  ïàiz%  de  taâic\u^%  u^  ^^- 


974    Jof*rn(d  du  Sçâîfans  i 

foiilent  auffi  s*ètre  exercés  aux  coim 
bats  finguliexs.  Leur  iûfiinceri«  avoit 
des  épées  longuet  &'lourdef  »- 4es 
efpèces  de  maflues  de  bois  dur  Bc 
pefanc  v  leurs  cavaliers  portoîent  des 
haches  à  deux  trancbans  ^  des  cuÎp 
rafles  de  fer ,  des  boucliers  oméa  de 
peinturés;  tel  étoit  celui  que  Marias 
emporta  i  Rome  &  fur  lequel  éwic 
lepréfenté  un  coq.  Quatirà  laSgore 
de  CCS  barbares  ,l 'iùftoire  leur  dootic 
des  chevinix  blonds  ^  des  ycui  bleus  ^ 
un  regard  farouche ,  une  yoix  e& 
irayante,  une  ftature  piodigieufe^ 
qu'ils  augmcntoicnt  encore  en  mec^ 
tant  fur  leurs  cafqucs  de$  aigréftct 
de  plumes ,  des  allés  d'oifeaux  Un* 
guliersy  des  têtes  ou  d'aucrei  dè^ 
pouilles  d  animaux  fauvages.  Voili 
à-peu<près  le  portrait  pnyâqiie  9t 
moral  que  M.  de  Sigrais  lious  tracr 
de  ces  Germains  ;  mais ,  ajoutent*!]  i 
ce  qui  t:acaâérife  plus  parâculiice» 
Ttïcm  CCS' penses ,  c*fA  un  e(ptit4e  1 
guette  pttpétuellt ,  l'babitudcJMW*  J 
Tjgible  y  U  IwaSie  ^jcÀx^  èx  Tcn«4i  I 


Juin  1782;  57  J 

brigandage  \  ce  qui  donna  lieu  i 
des  Ecrivains  de  les  regarder  comme 
des  voleurs  atrroupés  plutôt  que 
comme,  des  guerriers  :  c'eft  cette  hu- 
meur vagabonde  qui  les  fit  errer  fi 
long-rems,  peut-être  plus  d'un  fiè- 
cle ,  dans  tant  de  pays  différens^ 
(ans  prendre  de  repos ,  fans  en  laif- 
fer  aux  autres  9  &  fans  penfer  à  fe 
fixer  nulle  part  :  quand  il  entrèrent 
dans  les  Gaules  ils  montoient  à  plus 
de  trois  cens  mille  hommes. 

Sous  Céfar  on  les  vit  combattre 
les  armées  des  Romains  avec  des 
pl^alanges  impénétrables  i  leur  ca- 
valerie avoir  une  compofîtion  8c  des 
manoeuvres'  (ingulières  »  inconnues 
à  la  tadique  romaine;  les  gens  de 
cheval  étoient  fuivis  ,  chacun  pour 
leur  propre  défcnfe  ,  d'un  fantaflin 
qu'ils  avoient  choi(î  parmi  les  plus 
braver  &  les  plus  légers  d'entre  eux  : 
ceux-ci  chargeoient  au  befoin  m 
troupe  réparée  ,  mais  de  concert , 
avec  les  cavaliers  dont  ils  fecov\« 
doicntlcs  cffotts ,  ou  protfcgiOVcmV^ 


97$    Journal  des  Sça^ans  f 

ralliement  ;  &  s*il  &lloic  hâter  une 
marche  en  avant ,  ou  fe  retirer  dili- 
gemment ,  ils  avoient  acquis  ,  à 
force  d'exercice  ,  une  (i  grande  lé- 
gèreté y  qu'en  s'didant  de  la  crinière 
des  chevaux  ,  ils  les  égaloicnt  à  la 
courfe  Ces  cavaliers  faifoient  aulfi 
lefervice  de  l'infanterie  i  ils  avoient 
accoutumé  leurs  chevaux  à  refter  en 
place,  de  vcnoicnt  les  reprendre 
après  avoir  combattu  à  pied.  Leurs 
fantaflins  combatcoient  également  à 
cheval. 

On  aura  encore  une  plus  haute 
idée  du  courage  naturel  &c  de  la  vi» 
gucur  des  Germains,  fi  Ton  confi'- 
dère  que  ,  ne  fâchant  pas  travailler 
le  fer ,  ils  avoient  très-peu  de  cui- 
lafles  ,  prefquc  point  de  cafques,  & 
que  les  cpées  ou  les  fabrcs  étoicnc 
également  rares  dans  leur  infanterie  ; 
qu'ils  étoiwnt  prefque  nuds  ;.  que 
leurs  cavaliers  n'étoient  défendus 
que  par  de  petits  boucliers  ,  &  les 
gen3  de  pied  par  des^bettcUers  énor- 
mes faits  tf  uuûû\x^«>t\^t^>^i^^Uta-. 


Juin  1781,  977 

chcs  minces  ;  qu'ils  n'avoîcnt  d*au- 
trcs  lances  qu'une  framic  ,  efpccc  de 
demi- pique. armée  cVun  fer  coure  & 
très*aigU9  ou  même  d'un  caillou 
tranchant  &  aiguifé»  des  javelots 
&  des  bacons  pointus  &  durcis  au 
feu.    , 

Ces  peuples  éroienc  epcore  loin 
delà  civiliiation  :  préférant  au  tra« 
vail  pénible  de  la  terre  y  la  vie  libre 
&  fainéante  des  pâtres  ic  des  chaf- 
feurs  y  recueillant  très-peu  de  grains  ^ 
vivant  principalement  de  leur  chaiTe, 
de  la  chair  de  leur  bétail  &  de  lai« 
rage  ,  endurcis  au  froid  dès  Ten* 
far.ce,  couverts  de  peaux  étroites 
qui  leur  laidoient  le  corps  à  demi- 
nu  ,  ils  ont  fait. trembler  les  Ro- 
mains &  défait  en  pliifieurs  rencon- 
tres leurs  armées.  Narurellemcnc 
guerriers  par  jeur  genre  de  vie ,  6c 
forcés  en  quelque  forte  de  Tétre  par 
leur  pauvreté  ^  par  leur  pareile  , 
avides  de  gloire  6c  de  butin,  ils 
s'armoienr  également  pour  combat- 
tre avec  le  ?cle  patriotique  fous  les 


97  '      Journal  des  Sçavans , 

enfcignes  de  leurs  Cites ,  ou  pout 
aller  fervir  hors  de  chez  eux  en  qua* 
lité  de  mercenaires  ^  ou  pour  for- 
mer dans  leur  propre  pays  des  at* 
troupemens  de  volontaires  &c  piller 
les  frontières  des  Etats  voifins  ^  ce 
qui  étoic  regardé  comme  un  moyen 
honnêre  d'exercer  la  îeuncffe.  T<>us 
les  ans  les  Magiftrats  publics  diftri** 
buoient  aux  ramilles  des  portions 
de  terre  qui  changeoterre  de  maître 
Tannée  luivante  5  Jfe  peujr  que  ie  goûc 
de  l'Agriculture  ne  remplaçât  la 
paflion  des  armes  ^&  q^ue  le  défit 
d'agrandir  des  propriétés  hérédirai'- 
les  ne  décruisîr  l'égalité  des  fortu- 
nes ;  ils  n'en  étoici;^  pas  moins  ja* 
loux  d'étendre  les  limites  de  leurs 
Cités  &c  de  dominer  les  unes  iur  les 
autres. 

Dans  les  fept  Mémoires  fuivans  , 
M.  de  Sigrais  fait  en  peu  de  mots 
rhiftoire  des  grandes  expéditions 
des  Germains  &  celle  de  leurs  guer« 
Tes  avec  les  Romains ,  &  termitie  à 
chaque  époque  ces  détails  par  des 


Juin  1781.  57^ 

réflwcîons  fur  les  changemcns  arrives 
dans  les  mœurs  de  ces  barbares.  A 
la  more  de  Marc-Aurèle ,  ils  confer* 
voient  encore  la  même  valeur  ,  le 
même  caraâère  militaire;  mais  ils 
fentoienc  mieux  leurs  forces  &  re- 
douroient  moins  cellei  de  l'Empire* 
Sous  Caracalia  les  Allemands ,  na- 
tion germanique ,  furent  connus 
pour  la  première  fois,  &  ^refqiie 
auffitot  les  Goths  qui  furent  dans  la 
fuite  (i  redoutables  aux  Romains  : 
on  ignore  l'origine  de  ces  derniers; 
niais  comme  ils  ont  habité  long- 
tjms  dans  la  Germanie  ,  &  qu'ils  fb 
(ont  irclcs  &  incorporés  avec  des 
nations  germaniques  ,  M.  deSigrais 
les  fait  entrer. dans  le  plan  de  foii 
Ouvrage. 

Sous  Galiien  les  Gevnains  corn* 
mençoient  à  s*apperccvoir  que  l'in- 
térêt particulier  des  Cités  devoit  être 
fuboxdonné  au  bien  général  de  la 
nation  •,  qu'il  falloit  former  des  maf- 
Jes  principales,  plus  capables,  dans 
le  danger  commun  ^  de  réfiftancc  Sc 


9S0    Journal  da  Sçavans  ^ 

de  réunion.  Ils  s*étoiencperfeâidn- 
nés  dans  Tart  de  la  guerre;  &  s'il 
ne  cultivoienc  pas  les  arcs ,  ils  pol 
fédoient  dans  leurs  prifonniers  de 
artifans.  Ils  formèrent  des  entrepri 
fcs  plus  hardies,  fouvent  malbei 
xeuies  ,  quoique  mieux  concertée 
Dans  la  fuite  les  Francs  fe  diflingu< 
rent  parmi  les  nations  germanique 
&  entrèrent  dans  les  Gaules'.  M.  d 
Sigrais  fuit  l'hiftoire  de  tous  ç( 
barbares  jufqu'à  l'an  482  de  TEi 
chrétienne. 

Ces  Mémoires ,  remplis  d'un 
érudition  fagemcnt  ménagée,  cou 
tiennent,  comme  on  le  voit ,  l'hil 
toire  des  nations  germaniques,  o 
prefque  celle  de  toute  TEurope  {ef 
tcntrionale,  autant  qu'il  cft  poffib. 
de  la  connoître ,  d'après  des  moni 
mens  très- imparfaits  à  la  vérité 
parce  que  ces  peuples  n'ont  poil 
écrit  y  &  que  nous  ne  les  connoi 
ions  que  par  leurs  ennemis.  Les  fai 
y  font  préfentés  avec  ordre  &  écri 
avec   beaucoup   de  clarté«   11  fai 


Juin  1781.  981 

convenir  que  ^  d'après  le  tableau 
que  l'Auteur  fait  de  cts  peuples ,  ou 
pourroit  les  comparer  j  pour  les 
premiers  tems^  aux  nations  fauvagcs 
de  TAmérique.  Cette  partie  de  TEu*- 
lope  n^avoitpas  encore  fait  de  grands 
progrès  dans  la  civilifation  ;  &  fi 
hs  pays  du  nord  ont  été  le  premiers 
policés  9  comme  quelques  -  uns  le' 
prétendent 3  ce  n'cft  certainement 
point  TEurope. 

M.  de  Sigrais  (è  prôpofe  mainte- 
nant d'examiner  dans  un  autre  Ou- 
vrage beaucoup  plus  confîdérable  , 
comme  nous  l'avons  déjà  annoncé  » 
ce  qui  dut  réiulrer  de  l'aggrégation 
des  Gaulois  &  des  Francs  lorfque  , 
fous  le  règne  de  Clovis,  ceux-ci  do- 
minèrent  dans  la  Gaule  &  lui  don« 
nèrent  le  nom  de  France  ;  combien 
il  falut  de  tems  pour  communiquée 
aux  vainqueurs  &  aux  vaincus  un 
caraâèrè  mixte  ;  combien  de  fiècles 
&C  comment  fubfîfta  ce  mélange  \  iC 
pourquoi  nous  confervons   encore 
aujourd'hui  beaucoup  de  relies  de 


çSx     hurnal  des  Sçavans  , 

l'ancien  alliage,  quoiqu'il  y  ait  treize 
fiècles  prcfquc  complets  entre  le 
couronnement  de  Clovis  &  celui  de 
Louis  XVL 

«Il  m^a  toujours  pani>  dit- il  » 
»  qu'on  ne  pouToit  (e  flatter  de  per« 
H  feâionner  notre  légiflatioo  miii- 
»>  raire^  de  rétablir  fur  une  bafè  jfo- 
>^  lidc  &  fur  des  principes  certains  j 
ff  qu'en  la  conformant  9  en  raffimi- 
»  lant  exââement  au  véritable  efpric 
H  de  la  nation  >  à  fon  caraâère  dif* 
»  tinâif  5  indélébile  y  territorial,  (i 
H  Ton  peut  s'exprimer  ainH  ^  &  qui 
client  phyfîquement  au  fol  &  au 
H  climat.  Mais  il  n'efl;  pas  moins  évi- 
»dent  que  3  ni  les  méditations  les. 
>>plus  profondes  fur  notre  milice 
»  aâuelle ,  ni  la  plus  longue  babi- 
n  tude  des  camps  &  des  affaires  de 
»Ia  guerre,  ne  fcroi  nt  fufHfantes 
>>  par  elles  -  mêmes  pour  conftater 
^^lûrement  &  complettement  ce  ca- 
jiradère  national ,  cfpèce  de. Prêtée 
»  multiforme^  dont  on  ne  peut  trop 
»>  étudier  les  cbangemcns,  par  con* 


Juin    ij^x.  98) 

»  fcquenc  qu'il  (alloicpréalablcnienc 
omettre  à  contribution  les  (iccics 
>^  antérieurs  &  recueillir  avec  loin 
»  les  ohTerv^cioas  de  cous  les  âges. 
»  C*eft  fous  ce  point  de  vue  que  j!ai  eu 
M  là  confiance  de  diriger  me$(f  pcher* 
id^çhes,  avec  l'efpérance  ou  rilluûoa 
1^.  cnçouragieancc  d'une  i\cihté  publia 
j|f  gu9  «  nifi  ui^fi.  efi  quod  facimus  , 
nfiuUa  €0  ghria^  Phèdre*  fab.  1* 
^ExÊ/aùde  M.  de  Guignes^  ] 

ASECDOTA  Graca  eMegia  Pari» 

fienji  j^  €  f^eneta  ^anai  Marci 

^  Bitlfàf,'j4^roinpfa  9  ididUJçan, 

f  £0ft.-id^j\si(ïçjàç  Villoifon,  Ri^ 

;  giarjfi/[cr!puéfmj4^adcm. •  .^ .Sa* 

<:«»jf  ,,.^f..  17811.  i  vol.  /«-4^. 

,    .  r.  .1 

Second  Ex  trait. 

I     '    • 

Ap  f^Jl.  s  pvoic  rendu  compte  des 
Piççcs  que  M,  de  Villoifon pu- 
blie, poupla  ptenr)ière  foi^s,  ii  noii( 
xefte,  aânfi  que  nous  l'avons  promis^ 
à,  cntr  et  dans  quelque  détaU  fur  leji 


1 


984     Journal  des  Sçavans  i 

notes  dont  cft  parfcmcc  la  Diflctta- 
tion  de  TÂureur  ;  &  nous  commen- 
cerons par  expofer  fes  idées,  fur  la 
queftion  tant  agitée  9  dont  l'objec 
eft  la  vraie  prononciation  grecque. 
Il  obferve  d*abord  que  les  Grecs 
mo'dernes  changèrent  la  prononcia-. 
tion  de  l'ancienne  langue  relative- 
ment aux  accens,  puilqu'ils  les  pla- 
çoient  ibuvent  avant  l'antépénùltiè- 
me  fyllabe  ^  au  lieu  que  les  Anciens 
ne  les  avoienr  jamais  rejettes  au-delà 
de  ratVtépcnultièmc.  Ils  n'altérèrent 
pas  moins  le  fon  de  la  lettre  H,  en 
lui  donnant  à*peâ-près  celui  de  la 
lettre  J  ^  au  Jeu  que  les  Anciens  la 
prononçoient  prefque  comme-  r£ 
long.  Auflî  avant  invention  del'H, 
ils  mettoient  un  tiret  fur  Ye  pour 
marquer  la  longueur  de  la  fyllabe  > 
ou  i  Is  employoienr  un  double  epfilon 
(fs).  Par  conféqucnt  le  fon  qu*Us 
dttachoientà  l'H  approchoit  de  celui 
de  W  long.  Ce  qui  eft  encore  con- 
firmé par  cette  acclamation  ufitée 
dans  les  feftins  romains  pie  [tfis , 

(  bibas  ^ 


Juin  1781.  585 

{éihas  9  yivas  )  &  au  plurier  pictt 
[tfutj  qui  paroîc  (ur  les  anciens 
verres  à  boire  que  Buonarroti  a  fait 
conaoîcrc  :  car  fi  Th  des  Grecs  a  voie 
eu  le  fon  de  Yiota  ,  il  auroit  fallu 
prononcer  [ijis  6c  [ifue.  Cependant  » 
ajoute  M.  de  V. ,  il  y  a  lieu  de 
croire  que  lancienne  prononciation 
de  Th  j  n*^toic  exaâement  ni  celle 
de  !'£  9  ni  celle  de  Ti.  Platon  »  dans 
fon  Craiylus  9  témoigne  que  le  mot 
]î/Ltjp«'étoit  prononcé  par  les  Anciens 
ou  c/xf'ptc  ou  i/A»'p(t  ;  ce  qui  prouve 
laffiniré  des  Ions  de  Te  &  de  i'i ,  & 
celle  du  (on  de  l'H  avec  celui  de  ces 
deux  autres  lettres.  Nous  ne  dou« 
tons.  pas  que  de  pareilles  variétés  ne 
fc  trouvent  dans  toutes  les  langues. 
Quelle  différence  9  par  exemp:e, 
n'y  a-t-il  pas  entre  les  Tons  de  nos 
trois  fortes  d'e ,  muet ,  fermé ,  ou* 
vert  \  La  manière  dont  nous  pro« 
nonçons .  l'i  dans  immenfc  ,  impar^ 
fait ,  eft  différente  de  celle  donc 
nous  le  prononçons  dans  Lïn ,  mufi^ 
qut%  &  peut  approcher  de  celle 
Juin.  Prtm.  Vol.  T  V 


9  s  6      Journal  des  Sçavans  ^ 

donc  les  anciens  Grecs  arriculoiciH' 
ijjiifet  9  t/jiip«  OU  ifMfA»  Une  légère 
nuance  xn  faifoic  vraifemblablemcnc 
toute  la  différence.  Ne  fuffit-il  pas 
de  faire  une  lettre  longue  pout  en 
changer  Ip  fon?  La  prononciation 
dé  notre  a  long,  comme  dans  ame, 
cft  elle  la  même  que  celle  de  ïa 
brct ,  comme  dans  apôtre  ?  On  peut 
faire  la  même  remarque  (ur  la  pro- 
nonciation de  1*0  long  danscompc/é^ 
comparée  avec  celle  de  Vo  btct  dans 
compojïu  ht  kamcts  chez  les  Hé- 
breux efl  un  mélange  de  Va  &  de 
Vo  ;  ajuffi  quand  ïts  Chaldéens  pro« 
poncent^  >  les  Syriens  prononcent  o. 
Citil  par  ce  moyen  que  M.  de  V.  et 
faye  de  concilier  les  différentes  opi- 
nions fur  la  prononciation  de  TH 
grec.  En  général  il  hut  avoir  en« 
tendu  prononcer  une  langus  pour 
pouvoic  décider  quel  eft  exaâemenc 
le  vrai  fon  de  chaque  lettre. 

Les  Grecs  confondirent  auflî  les 
ions  de.  Kl  &  0  9  de  «1  &  v*  Un  Gram- 
qiairien  nommé  Theognofte  dédia 


*  1  Empereur /éon, M      ,       '^7 
^"^'jgc/uria   °"-j^''"^n'cnun 

«  ».  40  autres  détermJl  •  ^""^  *« 
P^oi  de  ./  &  „  r!l  ""'"«enc  j'en,, 

«•"t  *»«  6ate,Teft  £"*"  ^«^  f«rc 
y<i'«ren,i„e„ r^^^M»'  ^crivofeft 

*«'»*  de  i  aJpi.ri'J^"';:'  routes  ie, 

"'f^.  On  attribue  f^rr^^"» 
'a<aercs  grecs.  Dans  i.  ^^'''î^^^^ 

"««ontconferv/   'L'^^^ie* 


^8  8     Journal  des  SçavMns , 

pic ,  Kpor.ç  pour  ^ifoçtcmpus  ;  qu 
cnfuite  on  eut  inventé  le  (igné  ci 
piracion  H^  on  écrivit  khpon< 
te  même  on  employa  une  partii 
cette  lettre  cotipée  en  deux  per| 
diculairement ,  Torfquon  eut  < 
tiné  la  portion  de  la  gauche  à  1 
cent  grave  ^  &  Ja  portion  de  la  dr 
à  Tacccnt  aigu.  On  en  ùfa  de  mi 
à  regard  du  ^  :  c'eft-à  dire  que  < 
bord  len  fe  prononça  tantôt  afp 
tantôt  fans  afpiration  ,  jufqu'à 
qu'enfin  on  y  joignît  l^afpiration 
amîî  on  écrivoit  AriHPOi  pour  ce 
fpuma  :  car  il  ne  faut  point  oufa 
que  la  Itttre  H  ne  fervit  jamai: 
voyelle  daAs  1  alphabet  ancien  a 
que ,  &  ne  fut  employée  que  con 
afpiration.  Rien  ne  confirme  mi 
Topinion  de  M.  Dvpuy^  q^  a  ( 
tenu  ,  dans  une  Diflertatlon ,  7< 
j  Gits  Mimoins  dt  CAcadcmit  5 
ic  ht  des  Hébreux  n  avoit  jan 
fait  chez  eux  les  fondions  d'une 
îitablê  voyelle,  don  pla<i  que  les 
f  rcs  Hgnes  d'^ipiration.  Car  ceux 


Juin  17S2;  989 

penfent  autrement  ,  réconnoiflenc 
que  le  H  des  Grecs  a  été  rire  du  lu 
des  Hébreux.  Quoique  M.  de  V.  » 
qui  cite  cette  Diflercatton  ,  aflfocie 
TAuteur  \  Meffieurs  Scfaultens  6c 
Adler,  dont  le  dernier  a  publié  en 
1780  la  defcription  de  queloues 
manuscrits  cuûques  confervés  dans 
la  Bibliothèque  de  Copenhague  , 
&  contenant  quelques  parties  de 
TAicoran  9  il  ne  fiiut  pas  en  infètet 
que  leur  opinion  foit  la  même.  Oa 
fait  quelle  a  été  celle  ditfcélèbre  M. 
Schultens  j  M.  Adlcr  penfe  que  dans 
lancicn  fyriaque  Eflran^clo »  d  oii 
le  cufique  a  été  tiré  3  un  point  placé 
au^deiTus  ou  au-deflbus  d*un  carac- 
tère dédgnoit  différentes  voyelles. 
Au  lieu  que  M.  Dupuy  prouve  qu*il 
y  avoit  ancienncniient  dans  le  texte 
hébreu  des  marques  particulières  ^ 
qui  n'étoient  pas  des  voyelles ,  mais 
qui  fervoient  à  déterminer  la  pro* 
nonciation  &  le  fens  de  pluheurs 
mots  qui  9  compofés  des  mêmes 
confonnes  »  pouvoient  avoir  des  fî<«. 

Ttaj 


990  JoumatdisSçAvansi 

gnificacions  très-différentes  ,  &  que 
plusieurs  de  ces  marques  ou  (îgnes 
exiftoient  encore  dans  les  manufcrits 
que  lifoir  S.  Jérôme.  Ainfi  ce  fyftc- 
me  d'écriture  éroit  fymboliquc  en 
partie,  comme  M.  Dupuy  Ta  fait 
particulièrement  remarquer  dans 
une  Lettre  où  il  a  été  obligé  d'ex- 
pofer  de  nouveau  (on  fentiment 
contre  la  ccnfute  d'un  Moderne  qui 
ne  l'avoir  pas  compris.  (  Journal 
des  Sçavans ,  Stpt.  1 777.  j 

Quant  #  ces  points  de  couleur 
rouge  ou  jaune  ,  que  M.  Adler  croit 
aulFi  anciens  que  le  manufcrjt  même 
cufique,  où  ils  font  ks  fonâions  de 
voyelles ,  M.  de  V.  eft  porté  à  pcn- 
1er  qu'ils  Ibnc^d'unc  main  plus  ré- 
cente ,  &  ne  remontent  pa^î  plus  haut 
que  le  tems  où  il  tut  détendu  de  lire 
d'autres  exemplaires  de  TAIcoran 
que  ceux  qui  étoient  munis  des 
points  voyelles.  Cefl  ainfi  que  dans 
plulicurs  anciens  manulcrits  grec! 
on  voiries  fignes  critiques  imaginée 
par  les  Grammairiens^  tracés  après 


l  *^«'    * 


^COQp  pàrtme  main  plo^féteviteqae 
celle  au  Copifte.  M.  Adler  eft  forcé 
lin-même  ae  reconnolrre  que  ces 
pointt  •  vojreUes  ne  paroiflèoc  fu 
«dans  les  plos  imcièniitii  inCbripcibiis 
'cufiqutt^: 
^  Lorfipie  fe  H  ffcétÈ^itùitftâ  en- 
Mre  eo^loyé  comme  une  voyelle 
longue,  on  fè  fetvoit  de  Tf  qu*on 
doublott  quelquefois  \  ce  qui  ùÀt 
qu-on  trouve  dasH  Homère  /«Aèr 
pour  /«xof  ;  ou^bîdfi  6ft  tnef toit  un 
< tiret  au*de({us  i^àt^  qtiand-îl  étoîc 
-Hu-deflbus^  il  annonçM;  Tf  bref. 
On  fui  voit  la  même  méthode  i,  Vé^ 
gard  de  To  avant  l'invention  dé  Vo^ 
mega.  La'  forme  même  de  celui  ci 
vient  fans  doute  de  ïomkrùn  double. 
Les  ancienjf  Rômaitis  fuivirent  un 
'  pareil  ufage  pour  marquéir  les  voyel- 
'les'longues;  on  trouve  fer  des  mé- 
dailles &  dans  des  inicrîptions  an* 
tiques  vaa/a ,  paaftores ,  faato  ,  U* 
bmiis ,  pourvâ/a  ^pafion$\  faio ,  k* 
bttùs  Quelquefois-  «ufli  les  anciens 
Grecs  employèrent  Tô  au  lièU  de 

T  t  iv 


991    JottnnUéUsSfÊrÊm$i 

de  r Y  :  AMOMâM  p0ar  ^-kfjtvpmf  ;  ce 

^ui  revient  à  rjmdeone  écriture  des 
rLacinSf»  na^ckos^fuom  pour  .JMvt- 
.  tus  ^^um^  Ge  jqu*il  y  a  mênie,^a& 
,fez  fingulicjE  ^  jcVft  ciuc  récriture  <lc 
ce  dcroier  root  répond  piécifikaeot 
•  ^  la noabièf c; dpBt lepCDiioocciit *à^ 
joucd'httî:  les  François.  Car  ^  qùoW^ 
€]Qe  le  fop  de  leur  u  foft  trèfr-diffé-  • 
xenc  de  celui  de  Yo ,  c*cft  ce  dératct 
qu'ils  font  emepdre  en  pronovçaàt  ' 
i  €um ,  l>omùiu9:%  .6*^  tandis  que  le 
vrai  itoin  dejçur  »  revient  dauf  la 
;f)iofnopâatio&  die  Dominu$^  fi^ 
tus  »  &c.  tant  il  règne  de  bifarrerle 
dans  Us  ufagcs.  Que  les  Italiens  ne 
s'imaginent  pas  en  avoir  été  exempts; 
,  car  9  ^  comme  le  remarque  Horace 
.  Marrini  daps  Tes  notes  fur  le  Roïme 
intitulé ,  il  lamemodi  cecco  da  Vat* 
.  Uingo  '4i  Frii^^ifco  BaldovinL  Bit» 
.gamo»  1/62(9  ii  y  a  tant  d  affinité  . 
.entré  leur  o  &  leur  ii^  que  leurs 
Foëces  ont  fouvent  fait  rimer J'im 
;  avec  i'jautre^  On  tfoiivc  dans  le  Dante 
omorcp  lomc i^owt  umon ^ium€^  6n^ 


Juin  lySi.  99} 

Quanta  la  forme  de  rhonibe^  don* 
née  à  Vomicron ,  &  rftcnic  au  thcttz 
&.à  ï oméga ,  M,  de  V.  prouve ,  par 
des  médailles  &  des  infcripcions  » 
qu  clic  eft  bien  plus  ancienne  que  ne 
Ta  penfe  le  P.  MoncFancon. 

Il  paroîc  que  les  Grecs  ont  aufli 
donné  à  \t\xi  y pJiLon  la  forme  du  V 
latin»  puifqueîur  une  médaille  pu- 
bliée par  Haym  on  voit  xeaevkov 
Em^ÂNOys»  QÙ  Ion  peut  encore 
remarquer  \tjigma  avec  la  forme  de 
l'S  des  Latins.  Mais  ce  fignia  fc 
trouve  encore  figuré  comme  notre 
M  majufcule  dans  plufieurs  infcrip- 
tions  ;  de-là  Terreur  de  pluHeurs 
Sçavans  qui,  voyant  fur  une  mé- 
daille Y  M ,  ont  cru  qu'elle  appar- 
tenoit  aux  Ombriens,  au  lieu  que 
ces  lettres  défignent  les  Sybarites, 
On  trouve  de  même  fur  des  mon- 
noies  des  Pofidoniates  Mori  y  Se 
l3Mon,  c'eft-à-dire  ri02  noiiu. 
Ccft  à  quoi  le  fçavant  Mazocchi 
n'avoit  pas  fait  attention. 

Ccft  une  queftion  agitée  parmi 

TtM 


994     Journal  des  Sçavans  ; 

les  Antiquaires  9  en  quel  rems  on  a 
commencé  à  donner  dXiJîgma  &  à 
Vepfîlon  ïa  forme  d*uh  .  croiflantr 
Môhtfaucori  a  cru  que  cet  ufâge 
remonte  à  Augufte  ;  Spanheim  le 
place  au  fièclc  deDomitien;  d'au* 
très  à  celui  des  Ptolemées  en  Egypte» 
Le  P.  Paciaudi  lui  donne  une  ori- 
gine plus  ancietine ,  &  (on  opioion 
eft  confirmée  par  les  obfervations  du 
fcavant  Prince  de  Torremuzza  (  Ga* 
britl  Lanccllotus  CaJltUoy  dans  fon^ 
Recueil  d'anciennes  Infcriptions 
de  Palerme  ,  où  il  prouve  que  lesf 
médailles  où  paroilTent  ces  for- 
mes font  antérieures  à  la  premièfc 
guerre  punique.  M,  de  V.  ajoute 
qu'on  les  voitauili,  de  même  que 
Y  oméga  curfif  (&>)  dans  les  Infcrip- 
tions publiées  par  Chandler,  ftîr- 
rout  dans  une  Lettre  d'Antiochus  , 
Roi  de  Syrie,  àans  un  pjcphifmc 
adreflee  à  Augufte,  &  dans  d*autretf 
monumens.  On  les  trouve  fréquem- 
ment auflî  dans  les  Antiquités  d'Her- 
cuianum ,  entt'autres  Vepjilon  dans 


Juin    1781.  99J 

le  nom  âiHermarchus ,  riicriticr  &  le 
fuccclTcur  d'Epicurc  ,  qui  cft  nom- 
mé Htrmachus  dans  les  éditions  de 
Diogène  Laerce  ^  de  Cîcéron  8c  de 
Sénèque.  Mais  fon  vrai  nom  efl: 
Hcrmarchus  y  comme  le  prouve  en« 
core  rOuvragc  dp  Philodème  fur  la 
Rhétorique  ,  trouvé  «Uns  les  fouilles 
d'Herculanum.  Les  Sçavahs  ne  peu- 
vent qu'être  affligés  de  voir  que  raiic 
d'autres  volumes  découverts  dans 
ces  fouilles  n'aytnt  pas  encore  eu  le 
même  fort  que  celui  de  Philodème. 
Que  fcroit-ce  donc,  fi  un  trcfor 
peut-être  inappréciable  étoit  à  ja- 
mais perdu  pour  la  poftéricé ,  &: 
que  notre  fiècle  fût  condamné  à  un 
opprobre  éternel  >  que  méritent  les 
-(îècles  feuls  dignorance  &  de  bar- 
barie. Revenons. 

Pline  &  Tacite  ont  romarq'ié 
que  les  anciennes  lettres  î:;rcci,  i'J's 
différoient  péu.des  romaines  ;  iufîi 
voit-on  le  C  dss'Larins  fur  des  n!C* 
dailles  de  Gela  &  àAgrUjcmc ,  nbci  i 
la  vérité  avec  le  fon  du  fi^^ma  ,  wr^is 

T  i  1^ 


99^     Journal  des  Sçavans  ^ 

avec  celui  du  gamma ,  comme  Air  la 
colonne  de  Duillius  érigée  à  Rome  ^ 
après  la  première  guerre  punique  ^ 
on  l\t leciones ,  macijîratas  »  pour  le* 
giones  y  magijlratus.  Mazoccbi  avoïc 
déjà  pbiervé  que  les  letrres  latines  D  , 
L  9  R  9  S ,  fc  trouvent  dans  des  inl- 
criptions  attiques^  &  que*ces  peu- 
ples donnoient  à  leur  koppaz'iptW'- 
près  la  figure  du  Q  latin,  en  diri- 
geant la  queue  de  cctrc  lettre  per- 
pendiculairement :  la  forme  du  P 
éroit  auili  commune  aux  anciens 
Grecs  &  Latins, 

Spanheim  avoit  cru  que  \ç  /igm£ 
de  forme  quarrée  ^  femblabie  au  ' 
beth  hébreu  retourné  3  n*avoic  corn* 
mencé  à  être  en  ufage  que. fous  les 
Antonins  ^  &  Monctaucon  fous  Au- 
gure ;  mais  Paciaudi ,  dans  Tes  Mo^ 
numenta  PeUpon,  ^  a  prouvé  qu'on 
le  trouve  lur  beaucoup  de  monu- 
xnens  antérieurs  de  pluûeurs  fiècles 
au  règne  de  ce  Prince. 

Les   anciens    Grammairiens  8'é* 
roicnt  attachés  çarticulièremenc  i 


Juin  1781.  997 

fixer  la  prononciation  ,  la  profodii- , 
&  par  conféquenc  la  Icânre.  On 
attribue  à  Ariftophane  de  Byfance  , 
qui  vivoic  du  tems  de  Proiemce 
Philadelpbe  j  Tinventi on  des  accent , 
des  efprits  &  de  la  pondluacion.  Mais  • 
il  y  a  lieu  de  croire  qu'il  ne  iîr  que 
déterminer  la  forme  de  ces  (îgnes  , 
laquelle  n'étoic  pas  confiante  ni  uni- 
forme avant  lui.  Quelques  perfonnes 
-ont  avancé  que  les  Anciens  n'avoient 
point  ces  fîgnes  9  parce  qu'on  ne  les 
voir  pas  tracés  fur  les  infcriptions  ni 
fur  les  m  dailles.  Elles  ignoroient 
apparemment  quon  en  voit  dans 
plufieurs  infcriptions  rapportées  par 
Gruter^  &  que  peut  être  les  Co- 
piftcs  les  ont  fouvent  oiiis ,  quoi- 
ue  les  originaux  n'en  lulDnt  pas 
épourvns.  Manuce  a  obfcrvé  qu*on 
voyoit  des  accens  dans  Tépiraphc  de 
Teléphe,  quoiqu'il  n'en  paroiiTcau-. 
çun  dans  U  même  épitapbe  p'.ibliée 
par  Gruter.  Le  Cardinal  Noris, 
dans  fa  quatrième  DiiTertacion  fur- 
ies Cénotapbes  PilknSy  avoit  prouva 


3 


Ç9^  Journal  des  Sçai/ans  , 

que  i'ufagc  des  acc^ns  croit  ancien 
chez  les  Romains  ,  puilqii'on  en 
voit  fur  des  monumi.-ns  du  tems 
d'Auguftc.  MafFci ,  dans  fon  Mufeum 
Vtion. ,  prodi)ir  une  infcripcion  où 
les  accens  lont  tracés.  Le  fçavanf  Za- 
charias ,  dans  fon  IJliiu^iont  Âni'i' 
quaria  Lapidarla  ,  &£.  Kom.  *jyo, 
obferve  qu'on  en  voit  fur  plulicur^ 
autres  monumtns  ,  &  renvoyé  à 
Fabrecti  qui  en  fournit  beaucoup 
d'cxcmpics.  Il  remarque  auffi  que 
s'ils  manquiint  dans  uiie  in!ciipticin 
d'Agrigeure  rapportée  par  Grutcr  , 
c'ell  par  la  négligence  des  Copiiîcs, 
puisqu'ils  font  marques  fur  ce  mo- 
jiuinent.  Ils  paroifTcnt  auliî  dans  plu- 
ficurs  dfS  anciennes  iiifciipEiôns  que 
Gori  a  recueillies  des  villes  d'Etfu- 
lie.  Sur  quoi  on  peur  aulîi  coniulrcr 
-  le  Recueil  des  antiennes  inlbriptiom 
de  Paiermc  publiées  par  M.  le  Prince 
de  Torreniuzza.  Quintilicn  donne 
4  ce  fignc  le  nom  cîaptx ^  c'eit  par- 
la qu'on  diftinguoic  les  lyllabe 
gucs  des  btèvw  1  Comme  le 


Juin  1781.  fT^ 

fuhftantif  d'un  arbre  malus ,  ilc  1  ai- 
jcâif,  &  Tablacif  en  a  du  nomi- 
natif. Quant  à  la  ponâuacion»  M. 
de  V.  cite  Arifiorc  poar  en  prouvée 
ranciennecé.  Mats  il  n*en  eft  pas 
moins  vrai  que  longtems  après  Aris- 
tophane de  Byzance  ^  elle  t-'ut  négli- 
gée par  les  Copiftes  ;  deferte  que  lei 
Critiques  ,  comparant  les  nouveaux 
manuicrits  avec  ics  anciens ,  Furent 
oblieés  de  rappeller  &  les  accens  & 
les  Mgnes  de  ponâuation.  C'eft  une 
fondion  que  remplit  Valcrius  P^- 
bus  au  rapport  de  Suétone ,  &  Tur« 
cius  Rufus  Aftérius  Apronianus  à 
l'égard  du  Virgile  de  la  Bibliothè- 
que de  Medicis ,  publié  par  M«  Fog- 
gini.  C'eft  ai n(i  qu'en  ufa  Cométas 
en  revoyant  les  écrits  d'Homère  & 
un  Grammairien  nommé  Nicanor, 
qui  vivoit  du  tems  d  Hadrien  »  & 
oui  fit  même  un  Traité  en  fix  Livres 
Kir  la  pondhiation.  On  verra  une 
bonne  partie  du  travail  de  ce  Gram^ 
mairien  dans  l'édition  d'Homère 
que  promci  M*  de  V.  d'après  dcux 


looo  Journal  d€$  Sçavans; 

manufcrits  de  S»  Marc  >  qui  con« 
tiensent  des  vatiaotes  tirées  desdif-: 
férentes  éditions  de  ce  Poète ,  (  cat 
on  en  diâinguoit  pluificurs ,  comme 
celles  de  Cbio  ,  de  Crète ,  de  Chy- 
pre ^  de  Sinope ,  &c. .)  &  une.  foule 
de  fcholies  tirées  d'une  mukitade  de 
critiques.  A  la  tète  de  cette  édition, 
paroitra  un  Ouvrage  grec ,  conferRé 
dans  la  même  bibliothèque ,  oàfonc 
expliqués  les  difietens  fignesfdepigbo^ 
tuation.  Nicanor  en  çomproit  liuic 
efpèces,  ainfi  que  les  Romaînt^ 
comme  Ta  remarqué  le  P.  Mabillon. 
La  plupart  n'en  comptoient  que 
trois  9  l'un  marquoit  que  le  fçjis 
étoit  âni ,.  &.  fe  plaçoit  au  haut  de 
la  dernière  lettre ,  l'autre  aii  bas^ 
&  le  dernier  vers  le  milieu  de  cette. 
lettre.  On  peut  voir  ici  des  frag^f, 
mens  grecs  où  cette  théorie  eft  ex* 
pliquéc.  .   .1  .  :.';    . 

On  trouvé,  d'ancieanes  infeript: 
tions ,'  où  non-^feulcment.  t^tts.rfet 
nipts  >  mais  encore  toutes'les  iottiïet 
^ont  lèpat^es  çax  des  pointsi*  Daos  ^ 


Juin  lySx.  looi 

quelques- unes,  chaque  mot  eft  fuivi 
d'un  phi  ,  d'un  p/I y  ou  d'un  dci:::  , 
d\in Jigma  ,  d'an  y p filon  ,  du  d'an 
omicron ,  quelquefois  du  mono- 
gramme de  J.  C.  Si  dans  les  manuf- 
crîrs  CD  voie  fi  fouvenc  tou5  i^%  m  Jts 
unis  fans  aucun  inrervalc  cncr't.ix  , 
il  ne  Ëiuc  pas  croire  que  cet  ui^i^e 
fût  obfervé  dans  récriture  Pamilicrc 
des  Grecs  &  des  Romains.  On  vote 
au  Tome  II  des  Peintures  an:i;]ues 
d'Herctilanum  une  înfcriprion  i;r=c- 
que  au  moins  du  tems  de  rEnips- 
xeur  Titus  ,  où  non-feulemen:  pa- 
roiifent  dîç  cfprics  &  des  acccns, 
mais  encore  où  les  mors  fonr  i'rpdrés. 
Cène  inicription,  qui  écoir  pla- 
cée fur  un  mur  au  coin  d'unt;  ni-:  , 
prouve  encore  que  l'ccriturt  curiiv-.* , 
rout-à-fait  diffcrenrc  de  tc^i:  o'.u 
n*eft  compofcc  que  dr  ic^trvs  rua- 
jufcules  9  &  partaircmen:  fcînbîa- 
ble  à  la  nûcre  >  étoir  audi  alors  en 
ufage  ebcz  les  Grecs ,  6c  (uffi:  pour 
réfuter  l'opinion  de  la  plupart  des 
Sçavans  qui  ont  cru  q-iç  iwS  Anciens 


I 


1001  Sournsi  des  Sçévans  i 

n'ont  connu  ni  employé  dans  ledt 
écriture  que  les  lettres  majufcules. 
Sur  quoi  les  fçavans  Editeurs  des 
monumens  d'Herculanum  ne  man* 
quent  pas  d'avertir  combicnK>n  doit 
peu  compter  fur  des  argumcns  né- 
gatifs pour  établir'  un  fyftème, 
quand  il  eft  queftiod  de  hrits  ;  & 
comme  ils  ont  auffi  lemarqué  les 
minufculcs  latines  ^^  r\  s^u  dans 
d*autrc!i  monumens  y  n*ont  ^  ils  pas 
raifon  de  conclure  que  vrtfHembla- 
blement  les  Anciens  avoifnt  y  com* 
me  nous ,  denr  lortes  d'écriture  ^ 
Tune  en  ktcrés  capiraies  >  l'autre  en 
lettres  curfîvcs  ?  Cette  conféquencc 
eft  avouée  &  confirmée  par  lePrhice 
de  Torremuzza  dans  fon  Recueil 
cité  des  anciennes  infcriptions  de 
Palcrme.  C'cft  de  Tanciennc  écH- 
turc  curfîve  des  Romains  que  font 
nés  ces  caraâères  qu'on  .nomme 
Gothiques  9  Lombards  j  Mérovi/i'- 
giens  9  Carolins  ,  &€.  ôc  qui  ayant 
tous  la  même  origine  lie  préfentent 
que  des  différences  accidentelles  ^ 


f 


Juin  ijZx.  i»0) 

celles  quVn  produit  ordinaircnisnc 

la  diverfité  des  mains.  C*c(l  de-là 

■ 

encore ,  comme  le  penfe  M.  de  V.  » 
que  .font  venus  ces  caradères  arich* 
métiques  ou  chiffres  ^  dont  nous 
nous  icrvonis  »  &  qu'on  nomme  ara^ 
biques,  L*opinion  commune  e(l  qu'ils 
ont  paflfé  aes  Perfes  ou  des  Indiens 
aux  Arabes  qui  les  ont  communi- 
qués aux  Maures  d'Afrique  par  qui 
ils  ont  été  portés  en  Efpagne ,  d'oà 
ils  fe  fon*-  répandus  dans  route  l'Eu- 
rope. Mabiilon  afTure  qu'on  trouve 
rarement  ces  chiffres  arabes  em« 
ployés  avant  le  14,®  fiècle  ,  fi  l*on 
excepte  quelques  Ouvrages  d*Arirh- 
niétique&  deGéomctrie.M.Ward, 
dans  les  TranfaS.  Philof.  iy^5  , 
affirme  que  peribnne  avant  Jean  de 
Sacro-obfco,  en  1x^69  n*d  tait 
uiage  de  notes  arithmétiques,  ÔC 
qu'il  fut  fuîvi  par  Maxime  Pianudcj> 
<iont  larithmétique eft  en  manufcrit 
au  Vatican ,  &  qui  vi voit  encore ,  ci\ 
1353  ,  à  Vcnifc  ,  où  il  fut  relégué. 
L'opinion  qu'adopte  fjr  ce  point 


X004  Journal  dis  Sçavans  ^ 

M.  de  V.  eft  cdle  de  TAuteur  ano* 
nyme    d'une   DiiTçTtation    inférée 
dans  le  tome  48  ^  Raccolta  éCOpuf- 
coli  fcUntifici   e  filolo^ci.   ycn€[. 
'7^3  9   S"^  pcnfe  que  ces  noces  ^ 
qu  on  a  cort  de  nommer  arabes  ^  (e 
trouvent  dans  celles  de  Tiron  &  de 
Scnèque  9  &  mêmç.  dans  des  in& 
cripcions  anciennes  ^  non  à  la  vérité 
pour  déHgner  des  nombres,  mais 
des  mots  ou  des  fyllabes ,  quelque* 
fois  (les  poids  &  mefures,  qui  ont 
tant  de  rapport  aux  nombre*^.  Il  pro- 
duit même  quelques  inicriprions., 
où  elles  fervent  de  notes  numéri- 
ques. D'oii  il  conclut  qu  elles  font 
tiès-ancieunes   chez  hs    Romains  » 
&  qu'après  avoir  déiigné  des  mots 
ou  des  iyllabes  9  des  mefures  ou  des 
poids  ,  elles  furent  employées  pour 
les  nombres ,  introduites  dans  Tarith- 
xnétique ,  &  en£n  adoptées  par  les 
particuliers  pour    Tufagc  doniefti-- 
que  ,  mais  rarement  mifes  en  ufage 
pour  les  monumens  publics*    De 
l'Italie  elles  pafTèrenc  dans  toute 


Jûîn  1782.  iroj 

TEurope  &  dans   les  contrées  de 
rOricnc;  mais  leur  ufage  ayant  dif> 
pam  aTç£  les  arcs  8c  les  fciencesi  s'y 
récdUiràfrecr  dte^  »  lorfque  les  Ara« 
bcsy'apporrèreni;  \t%  Ouvragés  greoi 
de  Boâi^que  9  d'Aftronomie  8c  de 
Mafhéinaciquès  »  qa*ils  avoient  cra« 
àùXtè  en  leur  langue;  &  les  Arabes  ; 
comme  le  remarque  Huec  ^  facbanc 
bien  qaTils  n'ien  ftotcnt  pas  les  in« 
feoceufSi  mai«  ignqranr^ou  ne  vour 
iant  pas  avouer  de  qui  ils  les  ce« 
BOtcnCf  dirent  qu*dies  leur  Tenoienc 
de  rinde.  Le  (^avanr  Evêquè  d*A*: 
VfancbeS  crojoit  très- ancien  l'ufage 
de  cet  chifives  ^  qui  n'étoienc  9  à  fon 
avis  9  que  des  caraâères  grecs  défi- 
genres  par  le  firéquenr  ufage  des  cal« 
cuiateurs*  Ega  vcrà  non  antiquiorcs 
jalum  tffi  éùù  Uuraiura  Arabica  i 
fid  meros  tffe  charaSeres  gracos  fn^ 
yunti  calcutorum  ufu  dcpravatosi 
Ce  lont  fes  termes  dans  une  lettre  i 
(jiSDvius  y  RtduU  de  TiUadee  ^iom. 
2:*j^gi'3fSé  Cette  opinion  peut£tre 
pcii^fferente  de  celle  de  l'anonyme  i 


ioo6  Journal  its  S  gavons  ^ 

cependant  celui- ci  obiervequc,  com- 
me les  Copiftes  do&^ciens  manuf- 
crirs  empioyoienc  fouvent  le  [Ha 
des  Grecs  pour  défîgner  plus  facile- 
nicnc  &  plus  promptement  le  II  des 
Romains  ^.  ils  ont  donné  naifTance 
à  la  forme  du  ch  ffre  2  ;  au  lieu  que^ 
félon  M.  Huec  ^  cette  figure  eft  ve« 
nue  du  bttha  gr^. 

Parmi  les  morceaux  que  Macaire 
Chryiocéphale  a  recueillis  dans  (a 
Rhodonit  ou  SpUiUgc  ,  dont  nous 
avons  parlé  dans  le  premier  Extrait  ^ 
on  en  remarque  piuHeurs  de  Thifto- 
rien  Jofephe  >  encr*autres  le  célèbre 
pàflage  qui  regarde  J.  C. ,  &  fur  le- 
quel M.  de  V,  porte  fon  jugement. 
Il  croit  que  le  texte  de  Jofephe  a  été 
interpolé  par  un  Copifte  chrétien; 
&   d'abord  celui»ci  avoir  mis    en 
marge ,  &c  peut-  être  innocemment , 
czs  mots ,  fi  tamcn  cum  homincm  dU 
ccrc  oportu ,  qui   enfuite  ont  pafle 
dans  le  texte.  Au  lieu  de  rù  ùxnOil^ 
ou  veritaum  txcipientium  ^  il  juge 
^u'il  faut  lire  tù  ùvli  ^  i.  e*  doSri^ 


Juin  1781.  1007  * 

nam  ipfius  ampUclantium.  Les  mots 

fuivans  hic  trat  Chfijlus  intcrrom- 

penc  le  fil  de  la  narration  ,  &  pat 

conféqucnc  ne  ibnt  pas  de  rhifto* 

rien  -,  il  en  faur  dire  autant  de  ceux« 

ci ,  nam  ténia  du  iterum  vivens  eis 

apparuit ,  cum  hoc  &  alla  multa  mi' 

rabilia  dt  co  divini  Prophétie  prm^ 

dixijjcnt»   Après  ces  correâions  & 

ces  mutilations  ,-M.  de  V.  juge  que 

le  padage  dont  il  s'agit  n'offre  rien 

qui   n'ait  pu  fortir  de  la  main  de 

Jofcphe ,  6c   nous  ne  croyons  pas 

que  perfonne  le  lui  puifTe  contefter* 

Mais  il  n'eft  rien  qu'à  force  de  chan- 

gemens  6c  de  coireâionson  ne  puiffe 

faire  pafTcr. 

Cb  n*cft  pas  que  nous  prétendions 
înfinuer  que  nous  regardons  comme 
fuppofé  ou  interpolé  le  pailage  donc 
il  s'agit.  Mais ,  (ans  vouloir  ici  trai« 
ter  ce  fujet  y  nous  pouvons  dire  que 
nous  fommes  peu  afFeâés  de  la  lai- 
fon  qui  paroît  Faire  beaucoup  d'im- 
prcflion  lur  refprit  de  M.  de  V.  Si 
ce  pailage  cft  lorti  de  la  main  de 


ioo8  Journal  dês  SçépoMê  ^    . 

Jofcphe»  qa*on  m^cxpiique  y  dit-il , 
pourquoi  il  n'rmbniua  pas  lo  Cbri£» 
tianifmc*  Les  paidles  du  Pbarilicn  ». 
du  Sénateur  Nicodème  ^  qui  porte 
dans  le  texte  le  titre  de  Ffincêdês 
Juifs ,  ne  font-*elles  pas  plot  fortes. 
&  plus  favorables  \  3.  C.  que  odlct 
de  Jo&phe  ?  Or ,  voit-oh  quel^oe. 
part  que  Nicodème  aie  renoncr  4- 
ladminidration  de  TEtat  &  .em-: 
bialTé  la  Doâtîne  cbrétiennc  I  Les 
Juifs  le  regardent  encore  aujoow 
d*hui  comme  un  des  leurs  &  s\n 
glorifient.  ;-     ' 

Y  û'i^il  quelqu^un  dts  Sihatmrs 
ou  des  Phanjiens  qui  ait  cru  eniui^ 
difenr  les  PhariHens  eilx  -  mêmes. 
(Jean.  viii.  48.)  Eft  il daiUràrs 
plus  difficile  d'expliquer  pourquoi 
les  Pharifiens,  &  en  genérial  le$ 
Juifs  y  qui  et  oient  témoins  des  mi% 
racles  de  J.  C.  >  qui  ne  doutoicjit 
pas  de  leur  vérité ,  ne  dcvinrroit  pas 
tous  fes  Difcïplesi  Ne  fait'Onpas 
de  plus  que  plufieurs .  Pharifiens  ^ 
pour  avoir  embrailè  la  foi  »  n'ei| 

étoieat 


Juin   1782.  i«09 

croient  pas  moins  attaches  à  Tobrer- 
vation  ide  la  loi  de  Moyfe  (  A  A.  x  v. 
5.)  ;  &  que  la  croyance  qui  avoic 
pour  objet  la  néceflicé  de  joindre  le 
ChriftiaDifme  au  judaïfme  fubfifta 
aflfez  iongcems  ? 

C*eft  encore  aflez  légèrement ,  i 

iiorre  avis ,  qu'on  a  fondé  le  foup« 

^on  de  lûppofition  ou  d*interpota* 

tioa  fur  ces  mots  hic  trat  Chrifias^ 

Us  fignîBent  fimpiemenc ,  que  ce 

Jefus  donc  parle  1  Hiftorien  eft  celui 

•qu'on  nomme  U  Chrijl ,  nom  plus 

lépandu  que  le  premier,  comme 

celui  d'oà  les  'ChréticBs  ont  tiré  le 

kuo  C'eft  comme  s'il  eue  die  :  ce 

Jcfus  étoit  le  pcrlonnage  connu  fous 

le  nom  de  Chrifi.  Pilatc  Tavoic  qua« 

lific  Roi  des  Jui/sj  le  croyoir-il  ? 

D  ailleurs  les  Juifs  n*écoienc*ils  pas 

alors  dans  Tattente  de  deux  Meflics  ; 

6c  £  cecte  opinion  fub(iftoic  déjà  » 

qui  nous  prouvera  que  Jofephe  ne 

Ji^eûc  pas  adoptée  }  Enfin  il  eft  aiTez 

probable  que,  lorfque  Jofephe  acheva 

ipn  biiloirp ,  la  treizième  année  du 

Juin.  Pnm.  Fol.  V  v 


loio  Journal  des  s çavans ^ 

règne  de  bomitien,  il  avoir  des 
raif bns  pour  parler  avantagcufemenc 
des  Chrétiens. 

Mais  revenons,  &  n'oublions  pas 
ce  que  dit  M.  de  V.  des  funeftes 
efFecs  qu'a  produits ,  &  la  négligence 
des  Gopifte$&  la  hardiefle  des  Edi- 
tcurs.Strabon  nous  apprend  que  les 
Livres  deThéophraile  Sçd^Ariftotc 
avoient  i  beaucoup  foufFert  de  Tin- 
curie  des  Copides.  Cicéron  avertit 
que  les  Livres  latins  que  lui  de- 
mande fon  firère  Quintus  ,  font 
pleins  de  fautes.  Nec  fola  ,  dit  à 
cette  occanon  Mé  de  V, ,  lihrariorum 
incuria  ^fcd  Aiam  emcndatortim  aU" 
daciay  Hcrodotiy  Thucydidis  ^  Phi* 
lijli  ^  aliornmqiu  egrcgiorum  auSo^ 
rum  ^  ac  prajer/irn  Poctarum  ,  & 
Horneri  opéra  depravata  ejfcjîc  ob* 
firvat  PhiUmon^  ctlcberrimus  cri-- 
ticuS:  qui  Altxandro  coavus  fuit , 
apudPorphyriumQuafiir.  Homme. 
Oh  a  reproché  à  Cynaethus ,  qui 
recueillit  le  premier  les  vers  d'Ho- 
mère ^  d'y  avok  inféré   &  altéré 


Juin  lySl.  10 II 

bien  des  chofes ,  muUa  în  ils  cor-' 
Tupit  y  ntc  pauca  de  fuo  intrufit. 
Galien  a  taie  le  même  reproche  aux 
Editeurs  d'Hippocrate.  M.  de  V. 
n'épargne  pas  davantage  \^  nou* 
ireaux  Editeurs  qu  il  accufe  de  haD- 
die/Te  ,  aliorum  reccnilorum  EditO'* 
rum  audacia  9  qui  fapc  pro  Mrbitrio 
immuiohant ,  addcbant ,  dttraht^ 
bani;  quod  ipjorum  confiffîonc  & 
muliis  €xemplis  compr^batur^ 

Il  conclut  pourtant,  première- 
ment »  qu  U  y  a  dans  les  Ouvrages 
de  rÀntiquité  des  fautes  plus  an- 
ciennes que  tous  les  manu(crits  que 
nous  en  avons  ;  fccondement  j  qu'on 
ne  doit  pas  taxer  de  hardi efle  ceux 
qui  )  contre  l'autorité  de  tous  les 
nianufcrits,  attaquent  une  leçon  ié« 
gitiinement  fufpcâe  ,  &  refondent 
le  texte*  l/ndt  pattt  in  vtttrum 
fcriptis  plurima  mtnda  omnibus  qu(t 
fwHrfunt  cûdicibus  longe  antiquiora 
q/i^  ncc  proinde  audacia  in^mun 
landos  ,  qui  cunSis  libris  manufcripm 
lis  repugnanùbus  ,  UBiontm  mérita 

Vvij 


•loil  Joumdl  iês  Sçêfans  y 
fufpmam  foUidtant  ^^  me  te^ 

.  Ne  confonddi»  rien.' S*agit-i 
•Gritiqucs  qui  ^ptabllênc  iîpa(i<érti 
6c  bon  d*(iii  ancieh  texte  j  ^es 
•ledKons  V  de  nourdles  *leçodi 
lieu  ^es  «ndenDès  <)ui  leur  pai 
'lent-  fu(pcfftei4  Oti .-  leur  •  ace 
tooee  Ulilàmté^tii  pcutJeiit  ap 
tenir;  Sr  fi  la  niani,e  ^  con 
fait  qu'éfeafi  tbufeot ,  on  les  d 
ou  M  en  rîr;  Mai»  c*eft  à  TEdi 
qu'il  ne  doit  pas  être  pcmus  de 
fondre  le  texre  reçu ,  en  y  fui 
tuant ,  contre  raurorité  de  tow 
manuicritf  ^  de  nouvelles  leçons 
anciennes  ,  Ibus  prétexte  que  cel 
ci  font  vicîeufes*  Sans  cela  f 
reprochés  a-t-on  eu  droit 
aux  anciens  Editeurs^  Aflurénu 
s'ils  ont  pris  la  liberté  d'inférer  c 
ks  textes  qu'ils  publfoient  de  q 
veiks  leçon^-î  c'eft-parcequ'Uf 
cru  que  lesprtsnièrem'étpientflj 
gitimes  ni  admiffibler;  fls  fy^é. 
gré  la  comiéiilàace  qii'ils.jk^pi 


del 


Juin  1781;  10  ij 

de  leur  langue  ,  cette  liberté  a  en- 
fante des  erreurs  ,  &  nou5  a  tranl- 
mis  des  écrits  fautifs  &  corrompus  ^ 
qui  nous  répondra  »  que  celle  des 
nouveaux  Editeurs ,  avec  moins  de 
connoiflance  delà lan;;ue originale , 
ne  fera  pas  plus  funefle  encore  à  la 
Littérature  ancienne»  &  ne  leurat* 
tirera  pas  de  plas  (angians  reproches 
de  la  parc  de  nos  neveux^ 

Nous  n'avons  pu  jafqu'ici  extraire 
de  la  Didercation  de  M.  de  V. 
qu'une  partie  des  obfèrvations  qu'elle 
contient.  On  y  remarquera  une  éru- 
dition peu  commune  ,  une  Icâure 
immenie,  qui  pourtant  auroit  peur* 
être  pu  erre  difpofée  dans  un  meilleur 
ordre.  On  ne  fera  furtout  pas  fâché 
d'y  voir  cites  une  multitude  d'Au- 
teurs italiens  9  donc  les  Ouvrages 
font  ici  rares  &  peu  connue?.  Une 
ample  Table  de  Matières  met  le 
Leéleur  à  portée  de  chercher  dans 
rOuvrage  ce  qu'il  délire  ,  &  remé- 
die en  partie  à  la  confufion  dont  il 
pourroic  fc  plaindre.  On  y  trouve 

V  V  iij 


iOi4  Journal  du  Sçanmns , 

même  (oovcnt  des  obfcrvadonf  ptf^ 
ticultdres  qui  tendent  à  confirmer 
ou  à  écUiicK  celkf  que-prifctiterle 
corps  de  rOufirage;'      s      '^ 
[  Exiraii  d€  M.  Diipu^»  J 

Lb  Produk  &  U  Droii  dts  Com^ 
munes^  &  left^intérérs  de  TAgri*» 
cuIcof^C)  Population ,,  Art  JT,  Conl* 
xnercey  Maânsy^Finaticis^-^  Mî« 
liraire  ,^  1= concilier  |»oûif  le'fkïuc 
desindiiriciùs  &  propriétés,-  fa-^ 
mèlsoraribn  des  Domaines  AT  iai»-^ 
très  parties ,  la  richeflc  &t  proA> 
périré  de  TErac  &  des  Citoyens. 
-  jTrairé  d'Economie  -  politique  , 
où  le  Pacriodfme:  ontbraflfant  toii« 
tes  fes  Vranchei  >  eflaie  prmci{>»* 
lement  de  rendrcàJa^fois  leSbu-r* 
verain  plus:  fatislaic  &  puiilEi^t» 
les  Provinces  plus  xapprochées  fie 
commerçantes  ,  &  moins  affligées 
d'épizooties  9  les  Habitans  plus'^ 
fains  £c  plus  fortunes  jjes  Ar- 
mées mieut*  pourvues^,  &  leurs 
divers  convois  .moins  tardi&  ^ 


> 


Juin  Ï784;  10 15: 

*  difpendicux ,  pat  les  défrichemens 
&  deflcchemens  ;  avec  canaux  in- 
diqués de  navigation  >  ain(i  que 
darroiage   ou  aiTéchemcnc ,  di« 

^ues  &  réparations  aux  courans; 
toutes  opérations  dont  la  prari« 
que  eft  enfeignée ,  pour  parvenir  i 
les  fins ,  fpécialemcnr  convenir  en 
champs  >  bois  9  prés  artificiefe  ic 
nos  landes  inutiles  >  &  matais 
peftilencicls  ;  en  mêxne-tems  qu'on 
apprend  .de  nouvelles  cultures; 
le  perfeâionaement  de  celles  ufi- 
tées»  &  les  moyens  généraux ,  re« 
latifs  au  fol  >  aux  mœurs ,  à  Tin* 

,  duftricy  pour  porter  les  reiTour- 
ces  &  les  forces  de  la 'France  au 
-dernier  degré  de  fupériorité.  Con- 
tenant le  Tableau  le  plus  étendu 
des  Loix  univerfelles  &  locales 
fur  les  Communes  &  Terres  va- 
gues,  &  les  droits  de  Parcours, 
Vaines  pâtures ,  Ufages  ,  dans 
tout  le  Royaume  >  &  particuliè- 
rement en  Normandie  &  en  Bre- 
tagne ;  afin  >  en  les  rapprochant , 

V  V  iv 


ioi6  Journal  des  Sçapéns^ 

de  ficilitc  les  jugemens  qui  pré* 
céderont  la  mife  en  valeur  ,  & 
les  réclamations  de  chacun  fur  fon 
objet)  outre  un  plan 9  tant  <Fun 
partage  au  profit  des  Communau- 
tés laïques ,  afliirant  la  conferva- 
tion  de  leurs  Communaux  ,  celui 
d'une  inféodacion  par  le  Roi  & 
les  Seigneurs  aux  Sujets  Se  Vaf- 
faux  9  qui   réunit  fans  inconvé* 
niens    les  avantages  à  quoi   i.s 
trop  grandes  conceflions  ont  en- 
vain  rendu  jufqu'à   préfcnt.  Dé- 
dié à  la  Monarchie  Françoiic  pat 
un  Honoraire  des  Académies  des 
Sciences  d'Amiens  »  Arras  ,  &c> 
de  celle,  de  Metz  ,  &    des   So- 
ciétés Royales  d'Agriculture  de 
Paris ,  Tours ,  Soiffons ,  Rouen  , 
Cacn ,  Alençoni  Lyon  ,   &c.  ' 

O  foTtunatos  nïmîum ,  fua  fi  hona  nO' 
vin. 

Virgile  y  Georgique,  Liv.  II* 

A  Paris  ,  chez  l'Auteur ,  cul-dc^ 


Juin  1782.  1017 

facS.Dom  nique  ,près  le  L'-x:!!:^ 
bourg.  Chez  la  Veuve  Duch.fne  , 
rue  S.  Jacques;  chex  Cciiet»  rue 
&  vis-à-vis  les  Grands-Auguftins  ; 
chez  JomberC)  frères ,  rue  Dau* 
pbine  >  Efprlt  y  au  Palais  Royal  ; 
chez  Valadc ,  rue  des  Noyct s  ; 
iç  chez  Outroy  &  Lamy ,  l'un 
&  Taucicquai  des  Auguftins  Ec 
en  Province  :  à  Âuxerre,  chez 
Fournicr.  A  Bordeaux ,  chez  les 
Frères  la  Botciere.  A  Caen  ,  ch:z 
Leroy.  A  Lille ,  chez  Jaquer.  A 
Lyon,  chez  RofTet.  A  Marfeille, 
chez  MofTy.  A  Nancy  ,  chez  La« 
mort.  A  Poitiers ,  chez  Faucon. 
A  Rennes ,  chc;z  Tcmelm.  Et  à 
Rouen/  chez  la  Veuve  Machucl. 
1782.  Avec  Approbation  &  Pri- 
vilège du  Roi.  Un  voli/2-8''.  de 
plus  de  600  pag.  petit  cataâere. 


L* ÉTENDUE  que   T Auteur  , 
qui   eft  M.  le  Vicomte  de  la 
Mdillardxrc  ,    Licutenjînr  -  Gér.c- 

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a  donné  au  titre  de  Ion  L 
bleroit  difperifer  d*en  donr 
trait,  puifqu'il  contient  J 
en  très-grand  détail  de  toi 
jets  qu'il  Te  propofc  de  trai 
l'Ouvrage  nous  a  paru  (i  lo 
fon  motif  &  par  ion  util 
bien  détaillé  dans  fon  en 
que  nous  avons  cru  devoir 
ner  au  moins  une  idée  cap; 
gager  nosLe(5tturs  à  le  hr 
tention ,  perfuadés  que^  le 
f  éfuheroit  de  l'exécution  de 
pour  le  Royaume  en  générs 
les  Sujecs  en  particulier^ 
feul  motif  qui  a  excité  1 


Juin  1782.  1019 

ui  dok  en  rcfultcr ,  des  voyages 
]U\l  a  taie  dans  tout  le  Royaume  » 
c  des  loix  qui  regardent  les  com« 
nuncs  &ies  biens  communaux ,  deP 
^uels  ,  pour  l'avantage  général ,  il 
)ropofe  la  fuppreflion ,  dont  il  pré- 
cBie  les  moyens  9  fans  nuire  aux 
»ropriétaires ,  qu'il  nouve  Ta  ma* 
lière  de  dédommager. 

Son  Ouvrage  cft  dédié  à  la  Mo- 
xarchie  Françoife.  a  C'eft  ,  dit- il 
^  au  commencement  de  ce  Difcours 
> préliminaire  ,  le  dédier  tout  àla« 

>  fois  au  Souverain  qui  en  tft  Tange 

>  tutélaite  ,  aux  Minières  occupés 

>  comme  lui  de  fa  plus  parfaite  ad-* 

>  miniftration  ;  aux  Citoyens  dont 

>  clic  cft  la  mère ,  &  dont  l'intérct  fc 
-»  confond  le  plus  généralement  avec 
t  le  (îen.  Le  plan  que  nous  mettons 

>  fous  les  yeux  du  Gouvernement , 

♦  pour  faire  tirer  le  parti  le  plus 
»  avantageux   de  Tuniverialicé  des 

♦  fonds  du  Royaume ,  auffi-rôt  que 
►>lâ  paix  pcrmcttroic  ceux  des  tra- 
>y  vaux   relatifs  qui  feroienc    à    la 

y  V  vj 


1010  Journai  dit  SfOPMns  i 

»  charge  de  TErat >  ne  powoit  être 
^  préfcDcé  foiu  un  tèfjpc  «di&vo* 
>f  table. )l  (où  exécution  *  qne  ctloi 
>»  qui  retraite  en  COHC  le  .tègne  î  j»* 
»  irais  mémorable;  àfi  bon  &  gmid 
M  Henri ,  ce  Roi  qui  le'  promier 
»  donna  Texemple  à  Ces  fucceflcots 
>»  d'excicer  :1e»  peuple^  À  det:  défri* 
»  chemcns  &  deflicfacAieiirittixqucls 
n  ils  devroienc  IVifthce  &  1»  fiioté.>» 
••  La  ntcdùté,  d  aflicbcv  ifcs.frianiis 
&  de  cultiver  les  terres  inaders  ,  eft 
donc  lobjet  principal  de  couc  ce 
Traité  ;  iH  a  vu  de  (èf  yeus,  dans 
Tes  yojages  j  là  quantité  énotniie  de 
niarais  que  l'on,  ne  dc/Téchc  point  ^ 
&  les  maux  qui  en.  réfuicent  ;<&  voici 
un  fait  trèsrintéreiTant  qu'il  rapporte 
dans  ce  même  Difcoun  ptélimt» 
naire,  d'après  un  Obrervateuc  pi«^ 
caid. qu'il  iie  nomme. pas.  A  Ja  & 
Michel  17S0 ,  plus  ^es  làtaz  tka» 
des  habitansdu  Marquentefreéltoîcac 
attaqués  d'une  forte  de  £év«  .^ap-^ 
pellée  Sue(u ,  occa6onnanc  j  desi 
iueurs  çonfîdétabks ,  &  fuivic  li'unç: 


Juin  1781*  loii 

te' le  mortalité  ,  qu'on  Ta  legardce 
comme  une  branche  de  pefîe.  En 
Cotentin  les  fièvres  malignes  ont  été 
plus  concagteufes  &  plus  opiniâtres 
encore  que  les  autres  années.  Trifte 
effet  »  dit  TAuceur ,  d'une  {echereHe 
&  chaleur  plus  continue.  On  fait 
an)our(l'hui  que  Tair  inflammable 
des  marais  joint  un  levain  morbific 
extrêmement  aâif  à  celui  que  l'at- 
mofphère  voifin  a  reçu  de  Thumi- 
dité  dont  il  eft  chargé.. Dam  un  été 
plus  léç  9  la  tene  ayant  été  deflé* 
chée  plus  avant  9  a  porté  dans  1  ait 
une  maiTe  plus  étendue  de  vapeurs 
fétides  9  auflfi  contraires  à  la  vie  que 
les  vapeurs  méphitiques ,  dont  les' 
papiers  publics  annoncent  de  tems 
en  tems  les  terribles  effets.  «  N'cft- 
>»  ce  donc  pas  afTcz ,  dit  TAuteur  à 
»  cette  occafion ,  de  la  quantité  de 
»fujets  qu'une  nation  fe  voit  enle* 
>»  ver  par  les  guerres  y  &  faut  -  il 
»  quelle  en  perde  encore  plus  pat 
•*  cet  autre  &  continuel  fléau  !  Té- 
»  moin  hélas  !  trop  fréquent ,  dans 


JOil  Journal  des  Sça¥9ns^ 

>»  une  terre  à  nous  »  de  U  <lépopiiIa«-^ 
>»  tion  des  environs  »  &  de  la  mi- 
>»  (cre  aggravée  de  la  veuve  &  de 
»rorpheliii  qai  ont  furvécu  »  le 
Mtottt  par  une  fuire  avérée  de  la 
>»  proximité  des  malais ,  nous  cHcr^ 
>»  cbons  à  convaincre  en  ce  Traité  » 
»  combien  îl  eft  ;  urgjcn^  dans  une 
Mpareillepofoion.de  mettre  cnSn 
s»  les  intérefles  en  écat  d-alTécber» 
>»  comme  étant  le  Teul  remède  à 
9»  cette  calamité  pour  le  Gouverne» 
»  ment  &  les  particuliers,  i* 

Les  difficultés  qui  naiiTcnt  très-» 
fouvent  entre  les  propriéraires  des 
di£FéreDS  terrains  ,  ont  donné  àTAu*' 
teur  ^  jaloux  d*cn  faciliter  la  folu- 
tton>  l'idée  dap|reUer,  camme  il  le 
clir^la  Jurifpfudenceà  (onfecours  ;  8e 
pour  y  parvenir  ,  il  a  rapporté  à  la 
tîn  de  ion  Traité  toutes  les  Loix  tc 

m 

les  Arrêts  des  Cours  fouveraincs  fus 
ces.  matières.  Il  a  fait  auili  des  ob<* 
fervations  très-împortantes  (ur  les 
Epidémies;  &  enfuite^  pour nerieo 
ifler  à  defirer  ^  il  en  joint  à  ^  celles- 


Juin  1782.  1015 

là  j  comme  un  autre  Bourgelat  y  ce 
font  Tes  teimes ,  beaucoup  d'autres 
fur  les  maladies  &  les  alimens  du 
bétail. 

Il:  femble  que  l'Auteur  ait  prévu 
quelques  reproches  que  l'on  pour- 
roit  lui  taire  ,  & ,  en  effet ,  ils  nous 
ont  nous*nnêines  frappés  en  litant  (on 
Ouvrage.  Le  premier ,  dont  il  con- 
vient lui-même  ,  cft  fur  fon  ftylc , 
&  nous  conviendront  qu'il  eft  aiîcz 
fouvent  prolixe  &  quelquefois  diffi- 
cile à  entendre  à  caufe  de  la  lon- 
gueur des  phrafes  &  des  fréquentes 
parenthèfes  qui  en  coupent  la  i'uite  , 
quelquefois  mêmes  des  motsimpro^ 
près  ou  peu  françois  ;  au  refle  ,  la 
modeftie  de  TAuteiHr ,  en  prévoyant 
ces  reproches  .&  en  convenant  en 
quelque  façon  de  leur  juftefle ,  ne 
peut  que  lui  faire  infiniment  d'hon- 
neur. Voici  comme  il  répond  à  ce*- 
lui-ci  :  w  Vainement  on  chercheroie 
>'  dans  cet'  Ouvrage  une  élocution 
»  qu'il  ne  comporte  point ,  ornari 
•^res  ipfa  negac  ,   contenta  doceri% 


1 024  J<^^^f^^  ^^  St^ans  9 
y^  D'ailleurs ,  plus  occupé  des  pen- 
M  fées  que  des  paroles ,  &4i*ayaQC  à 
»>  donner  quun  .ccois*plus.  borné 
»  qu'elle  ne  demandoit  à  cetce  coqs-' 
»  pofirion ,  on  lui  piflcra  ce  vidiù 
»  meliorapraboqué,  écuri^raftquor  ^ 
.  •'  à  quoi  la  foibleife  bufnaiq^  eft  trop 
•>  fujeue  &  dans  descM plpsgsaves» 
»  &  l'on  prendra  nooinigarde  i  cette 
>»  irrégularité  ^  dans  .fon  cQ^emblc»  «• 
Le  fécond  reproche  que  TAuceut 
fe  fait  à  lui-même  ^  c'ell  de  n'avoir 
pas  mis  des  fubdîvîfions  dans  (on 
Ouvrage,  donc  il  refaire ,  fqrtQuc 
vers  la  fin  ,  une  condifion  qu'il  au^- 
roir  fallu  tâcher  d'éviter.  Voici  dans 
ies  propres  termes  la  manière,  donc 
il  y  répond:  «C'eft  une  confiifion 
•»pour  laquelle  éviter  chaque  foi| 
••qu'il  puifoir  dans  de  nouvelles 
M  fources  au  fujet  de  matières  déjà 
»  traitées  9,  il  auroit  fallu  qu'il  n^ 
^^fondt  entièrement. celle*cu^  Au 
furplus ,  ce  défaut  d*ordre  eft  fop* 
plée  par  la  Table  des  matières ,.  où  ^ 
ious  le  même  mot  9  fotit  indiqués 


Juin  I78X.  ïolf 

les  (Jivcrs  éclairciflemcns  fur  les  mê- 
mes objets,  &  qui  n'cft  pas  moins 
urile  à  confalter  que  la  Table  des 
chapitres,  afin  cie  trouver  tout- 
d'un-coup  les  jifFérenres  parties  de 
rOnvrage  auxquelles  on  prendroic 
plus  d'intérêt. 

Le  troifièmç  reproche  tombe  fur 
\^  ténuité,  À\x  caraâère.  Mais  l'Au- 
teur a  voulu  que  fon  Ouvrage  fût 
à-la- fois  portatif  &  facile  à  le  pfo* 
curer.  D'ailleurs  il  promet  un  autre 
Traité ,  dont  celui  ci  y  félon  lui  9 
fait  la  première  partie,  &  que  Ton 
imprime  ailleurs,  &que  l'on  pourra 
fe  procurer  (éparément,  fi  Ton  veut , 
ce  qui  par  conféquent  en  facilitera 
Tacquifition  aux  gens  qui  ne  font 
pas  en  état  de  dépenfer  beaucoup. 

A  ces  défauts  près ,  dont  l'Au- 
teur convient  &dont  il  rend  raifoii 
de  lui-même ,  ainfi  qu'on  vient  de  le 
voir,  fon  Ouvrage  nous  paroît  très- 
utile  &  fes  vues  très-louables ,  & 
qui  ne  peuvent  naître  que  dans  l'eC» 
plie  d'un  homme  très  -  Uonnêtc  & 


Description  &  txplid 

la  Fhilopatrii  y  pcifoun 

nologique  ^  rcpréientanc 

ri  de  la  Patrie  ;  imaginé 

'     .  Métal  ^  deflîué  par  M, 

Cheval  cr  de  l'Ordre  du  1 

ciité  en  rallie- douce  par  i 

rent^   Graveur  de  la  Gi 

dédié  aux  vrais  Patriotes 

j      î ,  venteux  :  enfcmbJc  des  Ex 

[      \  vers  &  en  profe ,  lelacifs  à 

[  veau  pcrlonnage. 


!      ,;  Omnia  qua  a  nohis  gerunti 

^     .'.  noflrum  utilitaum  &  commod 

'f-  ■    .  Patria faluttmcon ferre  debcm 

vî  Cicero  atl  Onirirf  «  noft  i 


Juin  lySx.  1017 

]78i«  Brochure  inrn^^.  de  34 
pages. 

LA  figure  à  roccaHon  de  laquelle 
a  éré  faite  la  brochure  que  nous 
annonçons ,  eft  telle  qu'on  dévoie 
^'attendre  des  deux  célèbres  Arciftcs 
]ui  l'ont  dellinée  &  gravée  d*àprès 
ics  idées  de  M.  Métal.  Un  port  no« 
:>le  ,  animé  ,  plein  de  dignité  &  de 
grâces ,  une  phylionomie  dans  la« 
quelle  la  beauté  eft  encore  embellie 
par  TcxpreASon  des  fenrimens  géné- 
reux qu*on  y  voit  briller  \  des  attri^ 
Duts  hc'  des  acceflToirs  qui  rendcnc 
parfaitement  l'idée  qu'on  doit  fc  for* 
mer  de  l'amour  de  la  Patrie ,  comme 
d'une  vertu  héroïque  perfonnifiée, 
x)rment  de  cette  belle  ficjurc  une 
Eftampe  très-propre  à  orner  les  ca- 
3iners  de  ceux  qui  rcunifTent  ^  la 
|ualicé  d'hommes  de  goût  celle  de 
>ons  citoyens. 

L'Auteur  déclare  que  voulant  rc- 
îrefenter  par  une  (lîule  figure ,  Ta- 
iiour  de  Ja  Patrie ,  il  a  conlulté  tous 


toiS  JoutnaldcsSçavans  y 
les  livres  iconologiques  ,  fans  y  l'icn 
tiouvci  qui  pût  remplit  fon  objet; 
il  a  htk  pat  confeqncnt  dan$  le  cas 
de  créer  hiimêmc  fon  pcrfonnage. 
Il  efl  {bus  la  figiue  d'une  jeune  ^ni- 
me  qui  a  tout  11-  mérite  donc  nous 
avons  parle.  Elle  z&.  vécue  d'une 
lobeà  la  grecque  d'écofFc;  blan>:hc, 

Çufçniée  de  flammes  couleur  de  feu- 
ar-âelTiu  cetcerobe  eltun  manccau 
d'écarUte  qui  a  pouc  bordure  des 
6ammcs  bipdées  en  blarc  ,  &  qui 
tombe  de  rëpuule  gauche  fur  lecôci 
droit.  Elle  tient  de  la  main  gauche 
un  boucticc  en  forme  de  ctrur,  fur, 
lequel  cft  en  grandes  lErtrcs  à'.çi  le  ~ 
mot  Pairie^  enfermé  dans  .Untf  bor> 
dure  aufll  d'or,  parreriiée  de  flvn-- 
mes  couleur  de  feu.  HLlC  «  le  bna. 
droic  nud  ,  &  elle  tient  de  la  nMÏQ 
droite  une  épée  nue.  Du  milieu  det 
cpaulcs  une  chaîne  d'or  lai  tooidw. 
fur  la  poitriDc,  &  ï  cette  chaîne  èft 
fufpendu  un  petit  médatllQa  oMl , 
toimé  d'une  pierre  antique,  fuF-le-: 
quel  cH  gravé  'le  mot  giec  ftUfUi 


>e£i|ç  àt  cette  figure  atiégori* 
eft  un  câfque  4)  or  couronné 
Coq  blanc  que  furmonte  un 
çhe  de  coaleur  ponccau  :  fon 
BMi  eft  natté  &  retrouflé  avec 
œpd  de  ruban  du  moitié  ton 
l(l»jidÉiicIik  «:  les  boucles  de  fts 
niAcioDt!  flothuites  fur  ion  col  y 
d  n*a'  d^aîttrsf  ornement  .que  la 
p  &  le  blanc  de  h  nature.  Ën« 
ife«jJour  chauflbre  des  brode* 
I  y  doù  fbrtent  plufieurs-  flanw 
)  del^uëllcs  une  principale  porte 
lé  milieu  de  la  jamoc.  C^ette 
Qffuûrrîe  Ibec  de  :droite»i  gauche 
D  tente  au-devant  de  laquelle 
a  autel  V  dont  le  defltts  eft  cou* 
d*unc  couronne  d^  chêne  Su 
t  branche  de  laurier.  Dans  le 
«tli  eft  un  niur  de  ville  ou  de 
ireilê  ,  fur  lequel  on  voit  un  ca*  | 

dont  la'  bouche  çft  touriiée  vers  '  j 

ice.^  .] 

es  omemens ,  attributs  &  accef- 
de 'cette  belle*  isgorc  s*entèn» 
^ftcUetkienc  8c  n*ont  pas  ' 


I  -1 


tajo  Joanudéu  SfénuÊSi 

d'ciplicsrioD  ;  nous  oMcwcmrôfaril 
lemcnc  que  ce  où.  Çom  que  cent 
d'une  Phitopaifiegiiefiiigc^dg  qiilëé 
coolcquenoe  la  ûguc  a  an  gnnd 
lappon  avec  celle  de  Mînecve  ba 
dePallas.  . 

.  Ce  qui  iocéreflêra  lepïaf  dans  la 
Brochiiie  de  hlL  Métal  «  Ce  font  lies 
diâeitns  morccauz  relatifs  2  Faoïooc 
de  la  Patrie  ,  dont  îLuqiIs  a  donni 
des  extraits  ou  dès  firagiucnSy  & 
qui  qous  paroillênt  bien  cbbifis.  > 
^  *  Le  premier  confifte  en  des  fiEig* 
mens  de  la  Mercuriale  prononcée 
par  Tillaftre  &  l^avantM.  d'AgtieC- 
lèau ,  en  qualfté  de  PrQC0ceur*G6»' 
néral  du  Parlement  de»  Paris  ^  à  la 
S.  Martin  17 1 5  »  deux  annies  avant 
qu'il  devint  Chancelier.  Ce:fomdè 
ces  morceaux  toucbaos ,  philoib* 
phiques  »  éloquens  »  qu  on  ne  fào« 
roit  trop  citer,  SC  que  tout  citoyen 
devroit  même  graver  dans  la  mhf 
moitew   '.'■':*  •  ?••  T 

•    On  trouve  enfiiice  des  fragment 
d^un  Pipbne  itadtulé  ic  Ciioymp 


Juin  lySii  1031 

par  M.  de  Vallier,  Colonel  d'In« 
fanterie  ;  il  y  a  dans  ce  Poëme  & 
At  très -beaux  vers  &  de  très-beaux 
{eotimens* 

Vient  après  cela  un  Extrait  de  la 
DKTertation  de  M.  TAbbé  Coyer, 
iur  le  vieux  mot  Patrie.  Tous  les 
Ecrits  de  cet  ingénieux  Auteur  font 
audi  connus  queftimés  à  jufte  titre. 

Notts  ne  parlerons  pas  d'un  afTca 
grand  nombre  de  palfagcs  relatifs 
au  Patriotifme ,  que  M.  Métal  a 
tirés  de  difFércns  Ouvrages  tant  en 
vers  quen^  profe  9  plus  ou  moins 
connus  9  mais  qui ,  en  général  >  mé' 
ritoient  d*ctre  cirés  ,  èc  qui  ont  un 
rapport  df reâ  à  (on  objet  ^  &  nous 
finirons  cette  notice  ,  en  diGint  un 
mot  des  firagmcns  d'un  Difcours  de 
M*  Nonal  de  Bonrepos  ,  iur  ies 
fumftes  effets  de  fEgoï/me^  qui  a 
remporté  deux  Prix  d'Eloquence  à 
d'Académie  de  Befançon  en  i  ^80  ^ 
&  par  lefquels  l'Auteur  termine  fa 
Brochure. 

La  fin  de  ce  Difcours  eftimable> 


**  doU  un  cartOirc  pamod 
nâtofefti  ilaimc^.puti 
»  ÙA  P«iples  l«  .èmâions 
K  du  Gouvnqcmçot  »  il  In 
tfhi  i^paitition  des  iinpoi 
I» admet,  pour  aipfi  dire, 
»  mité  de  kt  dilibératiow 
Hcompic  qu'il  leur  tend  di 
wqui  le  dirigent.  C'eft  en 
»»pour  JMtiut  du  milieu  < 
Hn&e*  honteux  de  la  £< 
it  c'cft  cn^fuppiaMnt  1rs  lil^ 
ndo  ik  manon  ,  plutôt  qi| 
t»  prendre  fut  leur  néceflaii 
>»eo  up  nior*  enfemoQi 
M  pèiF ,  qu'il  let  &it  IbuT< 

^.ft   l...rll»i 


Juiu  1781;  103} 

il  ï  la  profpéiiré  de  fou  Empire  • .  •  • 
>»Rien  ne  manqueroir  donc  à  (a 
>f  gloire  ,  Gy  arrachant  du  fond  des 
Clames  Icsgeroies  dépravés  de  Tiu* 
>f  tétèt  perfonntl  j  il  ramenoit  toutes 
liles  volontés  à  l'intérêt  génital , 
>f  Se  renoplaçoit  Tamour  de  loi  par 
>»  l'amour  de  fes  femblables.  La  na-. 
y^  ture  fécheroit  fes  larmes ,  la  fo- 
>^c)été  ne  formeroit  plus  qu'une  fa-^ 
famille  où  le  plainr  tiendroit  la 
H  chaîne  des  devoirs;  la  Patrie  fe 
>»  couronneroit de  lauriers;  &  TÊtre 
I» étemel,  en  abai liant  fes  regards 
I»  fur  Louis  >  fe  complairoit  en  fon 
i>  image.» 

[  Extrait  de  M.  Macquer.  ] 


'V 


Juin.  Prem.  FoU  X,x 


Neumann.  Har  tcJ  M. 
Doreur  de  la  Faculté  d 
cnt  de  Paris ,  ProfelTeur 
inie  ,  &ç.  Première  Parti 
giic  Minéral.  AParis.chi 
Tes  Guillaume  Lcclerc,  \ 
c.uai  des  Augiilliiis  ,  ent 
Gît  -  le  -  Ca'ur  &  la  ri 
1781. m-4**.  de  3j8  pag 
3  liv.  en  feuilles. 

LE  s  (EuvKs  chiniiquet 
nianii ,  cjiii   joiiiiToieni 

tirce  d'uiiE  grande  répi 
avoient  eu  pour  Et^jrcurs.i 
nientatcurs  M,  ^immerma 

JaiàÊàÊiilÊÊÊliUt 


Juin  i78i,  103  j 

^voîcfaic  dçûrçr  une  Edition  fran- 
«joilc  de  ces  Ouvrages  eftimablcs. 
Feu  M.  Baron,  de  l'Académie  des 
Sciences  9  Médecin  de  la  Faculté 
de  Paris  &  Chimiftc  rrcs-didingué  , 
avoic  entrepris  de  donner  cette  Edi- 
rion;  mais  la  mort  l'ayant  furpris 
au  milieu  de  fes  travaux  >  VEdition 
de,  Ncumann  a  été  comme  aban* 
donnée  pendant  plufieurs  années; 
feu  M.  noux  s'en  eft  enfuire  charge 
^  y  travailloit  avec  zèle  lorlque  la 
jnort  nous  Ta  enlevé.  La  deftinée  de 
cet  Ouvrage  fembloit  ctrc  de  palfcr 
en  beaucoup  de  mains  fans  être  ter- 
miné par  aucune  ;  car  M  Bertholet, 
fçavant  Médecin  &  l'un  des  Chi- 
iiîiftcs  de  TAcadémic  des  Sciences, 
4jui  avoir  enfin  enrrepris  de  le  con- 
tinuer après  le  décès  de  M. Roux; 
ayant  fenti  que  les  nonibreufes  clé« 
couvenes  Étires  depuis  Neumann 
fburniroicnt  la  matière  d'un  Livre 
prefque  entièrement  rieuf»  a  pris  le 
parti  de  travailler  daptès  lui  même 
|iu   lieu   de  nôcrç    qu'Editeur    & 

Xxij 


fe"C' 


J 


Juin  l^i^l         i«37 

grand  corps  de  Chimie  com- 
oiC'par  l'hiftoire  d^s  corps  du 
:  minéral.  On  y  trouve  une 
)onî:e  Introduâion  qui  con- 
tes principes  généraux  de  Chi- 
Enluiceune  première  caflj  qui 
me  Jes  terres  &  les  pierres. 
clalTc  cft  diviiéc  en  cinq  fcc- 
Dans  la  première  il  s'agir  des 
&  pierres  de  nature  (îlircufc  , 
[efquelles  M.  Roux  a  place  les 
UY ,  le  crillal  de  roche  ^  les  * 
s  pr^cieuies.  Dans  la  TwCcide, 
aice  des  terres  &  pierres  cal- 
,  on  rrouve  un  art  cle  fur  la 
,  un  fur  l'oftéocolle ,  &  un 
me  fur  les  pi.rrw'S  à   chaux. 

la  troinème  feâion ,  qui   a 
objet  Içs  terres  &  p:errcs  gyp- 

&  fpathiques  ,  on  trouve  lq 
c  d'articles  le  gyple  ou  pierre 
re,  la  pierre  de  Boulogne,  le 
fufible,  U  lapis  la{uU  ôc  la 
d'Arménie  ,  avec  tout  le  dé- 
î  la  préparation  du  lapis  pour 
rc  l'outremer.  La  quatrième 

Xxiij 


1 


1058'  Jouraaidis  ffî$m»  > 
CeCâoii ,  qtii  tenfeioie  làitètiéFft 
jfittra  argiiea&i ,  ttlite  <}ffi*iliintev- 
des  bols ,  Ju  ftipoli  fàtiii  ^tkt 
^  de  11  pierre  tfépfaritiqu*;^.  Enfin 
datii  U  cinqultoK  ^  dernière  fec- 
rion  «ie  cctt^preniièce  cUÛc  ,  (^ui 
renferme  les  tmcilk  pierres  tal- 
qucufcs ,  il  efl  trafté  en  ijuacre  arti- 
cles, du  talc  de  Vetitf: ,  du  raie 
fdlaire ,  de  l'amiuithe  Se  de  la 
pierre- ponce. 

La  féconde  cliffe  jtdlc'^ï^ 
unx  Tubflunce^  métalliques  :' tlté'd^ 
voit  ècre  divifîe'ians  ddiitc  th  ptti* 
£*urs  fcAions,  divifScs  ellesitafrtlÔ 
en 'pfufîeiirs  oïdfet.  .Dànt  ïs'àtfi- 
nliére  Tedlion ,  qlii  l'r&ité  def^tnéniïXT 
&  qiii  n'ÈftptJinf  adlwée';'oàiï6Wçe 
le  premier  ofdrt^tfûjtftlrilirtift  "^^ 
rlicraux  prftfj,its^iavoir';W8c=Vtti- 
genr,&  le  cdmirtchced^^f  dû '^'' 
cond  ordre  renif^rrriant'  liïï  VtètmÊ^ 


Juin  1782.  lo'i^ 

On  voit  par  cctrc  énumération 
de  ce  qui  nous  eft  refté  de  ce  fça- 
vant  Chimifte ,  que  fon  Règne  mi- 
néral (toit  déjà  fort  avancé.  On 
peut  même  regarder  comme  fini 
tout  ce  qui  concerne  les  terres  6c 
j)ierre$  ,  quoi  qu'il  y  manque  beau- 
Cc.up  de  chofes  ;  mats  ces  objets 
font  fi  étendus ,  qu'il  eft  comme  im- 
poffible  de  traiter  chacun  d*eux  c(l 
particulier ,  &  que  dans  les  Ou- 
trages de  Chimie  &  d'Hiftoire-na« 
torcUc,  regardés  même  comme  les 
plus  complets ,  on  trouve  toujours 
beaucoup  de  chofes  à^eûrct  à  cec 
égard. 

Un  des  grands  mérites  de  cet  Ou- 
vrage 9  fie  qui  doit  faire  beaucoup 
rcgreter  qu'il  n'ait  pu  être  achevé , 
c'eft  l'érudition  fnfiniment  utile 
dont  il  tft  rempli.  Nous  difons 
utile  y  parce  qu'il  faut  bien  diftin* 
jguer  celle-ci  de  cette  érudition  de 

f)atade  dont  autrefois  on  grôflifToic 
es  Livres ,  &  dont  on  s*eft  dégoûté 
avec  raifon^  parce  qu'elle  tie  Jahfôic 


ÏO4O  Journal  dtt  Sçavans  ,' 

que   fatiguer  les  Leflcurs  )i  dicieux 
fars  leur  run  apprcn.iic,  lînun  que 
l'Aiiicur  avoir   conlulté   un   grand 
nombie  d'Ouvrages  t^ui    n'avolent 
gucic  dt  lapj  oit  au  lien    Les  cita- 
tions de  M.  Roux  font  d'un  genre 
tou  dilffrcnt&'  que  uousavons  pcur^ 
être  itof  ,ncg!igé  i  elles  confinent  à 
raj']  ortcr  un  giand  nombre  d'cxpé-* 
iknccs   (les  Cliimines  déjà  lia  pctt 
anciens ,  mais  pretque  routts  trè**ci^" 
^^—î/niiflk-s  à  connoîcre  &  ncâtimoÎQ^J 
^^^^op  peu  conoiies  ,  parce  que  la  plo«  1 
^^■farr  de  nos  ClumilU-s  inod;;rncs.' 
^^Bîtjlouis  par  l'eLlac  du  grand  nom*. 
^^Hbie  de  déeouvcnes  qui  if.  font  lue- 
^^jcédé  avec    tapidué  depuis  que   1» 
goût   de  la  Chimie  phylîquc 
cor-fidérablcmcnt    répandu  ,    {ei 
tient  ne  plus  s'occuper  que  de  < 
jppuvcautéi  brillanti-s. 

Après  avoir  donné  à   lOuvraj^ 

M.  Roux   tous   les   éloges  qUÇ^ 

igous  croyons    qu'il   mérite,    nouij 

sommes  fâchés  de  uc  pouvoir  nousj 

Biff  eiifei  d'ca  cicct  un  pafTage  <^ 


Juin  1781.  1041 

tout  le  monde  y  verra  probablemenc 
avec  peine  y  Se  que  le  Cenfeur  àu- 
roic  certainement  confeillé  à  l'Au- 
teur de  (tipprimer»  s'il  en  eut  eu 
connoiflance.  U  s'agit  des  expérien- 
ces de  M;  d'Arcet  fur  le  diamant. 

a  L'attention ,  dit  M.  Roux,  que 
nie  Public  avoit  donnée  aux  expé- 
»rièhces  de  M.  d'Arcet»  en2a;^ea 
»pluueurs  Chimiftes  de  l'Académie 
Ha  les  répéter  ,  moins  ,  il  faut  [a^ 
n  vouer  5  dans  la  vue  dt  découvrir  la 
»  vérité^  que  pour jetter  du  doute  fur 
»  ce  que  f on  travail préfentoit  de  nou* 
»  veau  &  d^intérejfant  ^  &  de  leurs 
»  expériences  J^i^ites  avec  une  précipi^ 
yi  talion  incroyable;  ils  conclurent  ^ 
»  i.*^  que  Ai.  iPArcet  s* était  trompé 
»  lorfqu^il  avoit  avancé  que  le  dia^ 
ornant  fe  détruifoie  dans  les  vaif^ 
y^  féaux  fermés  ;  2.®  &c » 

Les  preuves  qu'un  reproche  tel 
que  celui-là  étoit  bien  fondé ,  ne 
pouvoient  fe  trouver  que  dans  les 
détails  des  expériences  faites  par  les 
Chimiftcs  de  l'Académie  :  M.  Roux 


lAl  Journal  àts  Sçavans  , 
n'c'ri  a  pas  rapporte  une  Icule.  Cotit 
m:    ces   expériences   onc   duré  foi 
iongtciiis  ;    qu'elles    ont   été    très 
noinbrcufes ,    &    nombre    de    f  ' 
réïférées ,     nous    ne    pouvons 
faire   menrioc  ici ,   même  par 
trait.    Mais  ceux  qui  voudront 
prendre  connoitTancs  peuvent  coi 
Ibiccr  l'articb  Diamant  de  la  di 
nière   Edition  du   Dictionnaire  Aj^ 
Chimie  1   ils  y  trouvetont  rhiftori» 
que  de  tous  les  faits  bien  conflit^, 
&   fur   Itfquels  l'Aureuc   lie  ciaiw;, 
point  d  tite  contredit  i  Us  y  vcrfoilQ, 
auûi  l'cxpr:nion  véritgbie  de  toute 
l'cftime  qu'ont  infpiré^aux  Chimi^^ 
tes  de  l'Académie  ainlî  qu'à  joui  {è 
Public,  les  talens  &  Je  raéiitc  An 
Chimjfte  illuftre  au  fujet  duquel  M.. 
Roux  s'ell  permis  de  leur  imputet 
fcntiinens  d'une  efpèce    bien  di 
icnte. 
^k.  [  Extrait  dt  M.  Macquer.  ] 


Juin   X^tli  fo4} 

C 

MkMOIRE  fur  funcienne  vitit  de 
TautOintum,  lu  à  ta  Seanct  pu^ 
Hiqui  dt  t  Académie  de  Marfeitle 

'  k2S  Jvxîl  1781.  ?âitA. Marin, 
de  pkneurS  Académies ^  Ccnrei)r 

'''  Hoydl  &  Lieucetianc-Gcnéral  au 
Siège  de  rAmitàucé  de  la  Ciotac« 

Jâmfibim  fIttiUs  &  patres  rohorc  ttUnci 

'  AJJarati  preffiré  dcmos  &  templadcoratn 

.    Jam  iaffa  tadici  ieneni  ;  at  tôt*  tifan  'ûr 

,    Pefgama  é^nuth  i  êtiam  perùrr  mitik, 

L0Û4  Lib.  IXé 

I^ft£MiÊliE   Partis. 

OK  croui^ ,  non  \  un  quarc  de 
mille  de  ta  Ciocat ,  comme  le 
dit  le  nouvel  Hiftorien  de  Provence , 
niais  \  5  milles  psLr  terre  &  ^.  3  A^ 
moins  par  mer  ,  de^s  ruines  de  md- 
numîus  antiques.  Elles  font  éparfes 
fur  le  rivage  au  fond  du  golfe  ,  dans 
on  lieti  dépendant  de  la  terre  des 
Beaumelles  &  appelle  par  les  habi« 
tans  des  environs  Tarento.  Ct  wôia^ 

Xkv\ 


1044  Journal  des  Sçavans  ; 
lappclle  l'ancienne  vilicde  Taure 

■  L'Académie  m'ayant  chargé  & 
ni   procurer    quelques    éclairciffc-, 
ttiens  fur  cette  colonie  de  Phocéens, 
1^  me  luis  cmpicfTé  de  remplir  cetU 
^»èomniiflîon  honorable,    &  je  va't 
3ùî  rendre  compte  de  mon  travail., 
r    Xai  d'abord  examiné  ce  que  là 
VMutcurs  anciens ,   ceux   du  moyeîl 
:  Se  les  modernes  ont  die  de  cette 
KvUle.   Après  ces  recherches  je  me 
Unis  tranipoicé  tur  les  lieux;  fie  là  « 
Léïfàntt  pendant  plulïciirs  jours,  fiic' 
débris   refpedablcs  de    l'Antî- 
knihé ,   fn   prtnant  les  dimensions 
de  ce  qui  refloit,  j'ai  pu  conjeâurci 
de  la  grandeur  de  ce  quiécoit  dé- 
truit, &  outre  ce  que  le  fol  oiFroit 
à  ma  vue^  dus  fouilles  m'ont  décou- 
ert  une  parnc  de  ce  qu'il  potivoic 
leccler  ;    enfin,   &  par  les  témoi- 
gnages des  Anciens  &  pat  l'inipec- 
tion  des   monumcns,  par  celle  du 
Iitu  où  ils  font  placés  Si.  des  terreins 
^lû  les  AVoifvusuî  ,  )'a.i  cru  pouvoir 


J 


Juin  1781;  104Ç 

établir  mon  opinion,  ranc  fur  le 
port  que  fur  la  ville  &  la  cicacTelle 
de  Tauroentum. 

Les  Auteurs  anciens  qui  ont  parlé 
de  Taurocntum  &  donc  je  ne  itp- 
porte  pas  les  textes  pour  ne  pas  fati« 
guer  1  aflfeniblée  par  l'étalage  d  uoe 
érudition  faftucule  &  facile ,  font  9 
Scymnus  de  Cbio,  Scrabon ,  Qaudc 
Ptolomée,  Jules  Céfar,  Pompo* 
ni  us  Mêla,  Antonin  &  Appollodore 
d*Ephèfe.  Us  marquent ,  bien  ou 
mal  9  le  lieu  où  étoit  iituée  cette 
ville  maritime 9  &  lui  donnent  dif- 
férens  noms  ,  favoit ,  Tauremum  ^ 
Taurentium  ,  Tauroentium  ,  TaU'^ 
rcntinum  ,  Taurois ,  Taurocis ,  Tau^ 
rpentaj  mais  le  plus  commun  & 
celui  que  nous  adoptons ,  eft  Tau^ 
roentum. . 

Les  Ecrivains  poftérieurs  ,  tels 
qu'Etienne  de  Bylance,  Cellarius^ 
Holftenius  »  Ortélius ,  Yoflius  » 
Cluverius  9  ont  commente  ceux  qui 
les  ont  précédés  9  Se  ont  été  corn- 
çicncés  ou  copiés  par  les  Modernes ^ 


^à^  Jôutnat  its  Sçavans  , 
tipirius  iMafTon,  Robert  Ccnalif 
Éenila ,  Monot,  Raymond  Soicti' 
PlPcre  Ifnaid  ,  MmJmc  ,  Samfoit 
iabbc,  Charles  Etienne,  Boachej 
DWn  Martin,  la  Matrinierc,  M 
d'Anvillc  &  le  Pérc  Papon  de  ]'( 
Jaroirc. 

Noits  n'cmplûverons  paî  une  pal 
tic  du  tcms  que  l'Académie  a  fi* 
pour  cccrc  fcancc  ,  à  teiever  quel 

?iucj  crfciirs  dans  Jcr^ucUes  plu 
leurs  de  ces  Géographe?  &  de  CC 
Hifloriens  fon:  rombéî.  On  en  idî 
géra  par  le  rapprochement  des  texte 
que  nouî  placerons  à  ta  fin.  Nûi* 
n'aurons  pas  la  vaniié  de  les  corn 

Ibitre  ici  avec  le^  armes  de  la  critii 
■iCj  armes  inégak-ï ,  parce  qu'a 
pin  d'cu^  n'a  eu ,  comme  nous ,  l'a; 
*«ntage  d'écrire  fur  les  lieux  ,  flc  d 
(iBcer,  pour  aind  dire,  le  CableM 
i*après  le  modèle. 

En  parlant  de  Taurocntum  ,  Ic 

Ecrivains  anciens  défignent  un  port 

l        pertus ,  une  petite  y iMz  ^  oppidum' 


Juin  1782.  1047 

mîer  loin  ,  en  arrivant  fut  les  lieux, 
a  été  de  chercher  h  pondon  du  porc  y 
de  la  ville  &  du  château. 

On  jugcroic  à  rinfpeâtdn  du  cet* 
rein ,  qu  il  n'y  a  jamais  eîi  de  porc 
dan$  cec  ctuiroic,  Ceft  une  plagef 
entièrement  ouvene  ta  fud*oueft  i 
d*où  la  met  fè  retire  chaque  jour , 
par  le  fable  qui  s^amoncîte  fur  1^ 
rivage.  Ott  voit  de-U  un  baflin  fer* 
rilc  furtôuc  en  vignes,  qui  fc  pfo* 
longe  dans  la  longueur  d'une  lieue  4 
fur  dû  mille  ou  un  mille  &  demi 
de  largeur  ^  félon  le  lieu  d'où  YoA 

Îrend  cette  dernière  dimenfîofh 
out  ce  retreiu  n'étoit  pas  occupé 
par  la  mer  s  mais  je  dis  que  fe  port  y 
en  partant  du  Cap  deXauroentum , 
s^étendoit  prefqu'en  ligne  droite  fut 
la  partie  orientale  à  600  toifes  de 
profoudeur ,  oà  eft  aânellemenc  le 
village  de  S.  Cyr,  appelle  vulgairA 
meiit  S.  Cens  ;  que  là  il  recevait 
une  courbure  vers  le  nord^  &  reve^ 
noir ,  par  une  ligne  (inueufe ,  à  ion 
ouverture  qui  avoir  environ  60  ^tx 


I.*"  Puifqu'il  y  a  eu  un  [ 
cet  cnJroit,  il  ne  peut  ave 
que  dans  la  plaine  de  S.  < 
feroic  abfuide  de  le  placer 
Cap  d'Allon  jufqu'à  Tam 
Ce  rivage,  fornié  de  rod 
cxpofè  au  nord-oueft  ,  &  t 
bartu  par  le  fuiicux  venr 
irai,  qu'on  eft  forcé  de  tire. 
icTiddnr  l'hiver ,  les  bare: 
drague  qu'on  a  crablîe 
lieu  le  plus  fût  Çi  ie  (cul  a( 
1."  Cette  plaine  n'ell  \ic. 
forme  paitout;  elle  cft  piei 
plus  élevée  vers  le  nord  ,  5 
à-iorient  par  des  moncicul^ 


Juin  1781»  1049 

pation  faite  fur  les  raux  :  c*eft  le 
fcul  audi  qui  aie  reçu  \ts  travaux  du 
de/Téchement. 

5.^  ,D^ns  cette  étcnJuc  &  à  plus 
de  600  toiles  de  la  mer ,  des  fouilles, 
ont  découvert  une  ancre  de  galère  à. 
quarres  pointes  corrodée  en  très* 
grande  partie  &  du  poids  de  plus  de 
200  liv. 

6.^  Ceft  encore  là  &  à -peu-près 
à  la  même  diflance  du  rivage ,  qu'on 
a  trouvé  fous  te^re  des  murs  laté*» 
raiix  en  forme  de  quii  ,  chareé»; 
d'anneaux,  rouilles  ou  bagues  da*. 
marrage.  Les  vieux  laboureurs  du 
pays  m'ont  artefté  avoir  rencontre 
&  détruit  ,  avec  la  plus  grande 
peine  ,  de  ces  murs  fourerrcîns  qulls 
appélloient  des  aqueducs ,  &  il  en 
exifte  encpre  fous  cette  dénomina- 
tion depuis  le  village  de  S.  Ceris 
jufqai  ia  mer. 

Ce  port  [i],  ouvert  .prefqu'au 

[i]  En  examinant  la  ficua.tiQn  de  cet  an"^. 
iùt^  porc }  la  nature  da  cerreia ,  le  foai 


ïûJO  Journal  des  Sç.xvitns 
midi,  éroit  garanti  'k  l'aiieft  pat  Ul 
pointe  des  Icquct ,  au  nord  oucft"^ 
au  nord ,  aa  nord  eft  &  1  l'onenf 
par  les  terres  qui  s'éicvcnt  à  droio; 
&   à  gauche  &  pat  les   mo 

Î|ui  boiddu  route  la  plaine 
ud-cucll,  par  les  caps  At  ia  Bcdi 
iflic  &  de  Taiiiotntum ,  qui 
tçoicni    beaucoup    plus    vers   ic 
iid  [i]  ,  &  doiii  Je  dernier ,  foi- 

^es  puîis  <ii(1ribii^s  d'crpace  en  cfpice  ,  W  fl 
renfinccitiEac    de  CMe  plrtin; ,   on   peuc''| 
conjcftaret  <^ae  ,  fi  te  Gouvenieinenr  avfj 
bèroiu  d'un  nouveau  poii  dans  U  M^Jité^|| 
zinéi  .  on  pourroit  en  crcufer  un  dins  ^ 
CiiiJroic ,  i^iii  fc  prolon^eruii  i  deux  licu^ 
&  qui  fcioic  &  plus  ficile  &  p!ua  fiSr^us 
plupai'c  àe  ceux  qui  eïillcDt. 
^  [i]  IiidépendammeiiE  des  suircs  preogl 
que  nous  lioiineroiis  ,  dans  ia  fuite,  de  l'iH 
^laiion  violente    tjae    tûiit   le  teirdi  «^ 
éprouvée,  iiouj  remarquerons  ieï  qu'i  t 
feule  inTpcftion  des  lieux,    on  voir* 
^we  la  faitie  îndîndt  an  nont-oft-.-iii  1 


•    Juin  178*,     -    105^ 

fifie  par  Tare  9  en  défcndcic  Tcntréc. 

D'après  les  dimeniîons  que  tient» 
lui  avons  données  ^  on  conçoit  qu'il 
pouvoir  cotitcnit  un  grand  nombro 
de  batimens.  L'hifloire  nous  ap* 
ftttiA  que  dans  une  feule  occaHon  % 
il  reçut  près  de  cinquante  vaifleaui 
armés  [  i  ]. 

• 

ner  dépofe  des  amas  i%  fable  qoe  les  venti 
élévenc  f^r  les  plus  hautes  montagnes  »  9^ 
èoxkx  Us  couvrent  les  ruines  de  Tanrociir 
tum ,  s'eft  aflaiflKe  >  &  que  ces  cooraas  M 
fable  n'exiftoient  point  ancieaaenient  :  !*• 
^e  le  Cap  de  Tauroentum  s'étendoît  beaif* 
coup  plus^anc  versle'norJ  :  3^.  que  celui 
dt  lA  Beaboielle  au  fud ,  brifé  &  fèparé 
dans  pluficurs  de  (es  parties >  pore  lem-' 
preinte  dubouleverfement  qu  ila  eiïuyé  ainf^ 
que  tout  ce  rivage.  , 

•  [f  ]  Pendant leBimeui  (îége  de  Maffcille^ 
par  Jules  Céfar,  L.  Maiîdius /Général  de 
Pompée ,  y  arriva  avec  feize  galères. .  Lea 
Matfeîllois  vinrent' le  joindre  avec  une  flotc% 
plus  ni^mhreitiè.  que  b  précédente.,,  ^oi 


Ojî   Journat  Jts'Sçavam i 

L'écroulement  du  toclicT  fur  1 

ici  la  fottcrcfTc   de  Taiiioeiuui 

aflîlr  ,  a   donné  une   nouvel 

lion  aux  courans,  (}ji  ont  cl 

■  &,'  cnlablé  l'ou^efturc  du  poi 

■s  pluies  y  ont  cnnaîné   les  rctï 

>ncs  voifinci,  11  s'y  ctfl 

"orme  des  ma'aiï  fœciilcs,  c]tii  s* 

tendoicnt  infqu'à  urc  parrîj  du  rc 

tolr  de  la  Cadièie  ,  appelle  ,  cnco 

de  nos  jouts ,  Ja  Palu  .  du  moc  lari 

Palus  y  ii;arais;  enfin  ,  la  maiii  la 

boiituledc  l'hodimc  a  défriché  it 

icnlrblcmenc  Ici  caix  Hagnanres  ,  J 

^■donné  à   l'Agr  cul  urc  le  ïeneî 

lé  la  mci  avoii  abandonné. 

avciic  éti  Je  dJx-fept  galères  Se.  de  plofien 
bar^ues:aiDfi  an  peut  Tupporer  qu'ils  avoiei 
cctie  fois  14  galères.  Ils  équipécenc  I 
Qx  que  ceux  de  Tauroentuoi  le 
[préparés,  &  qu'on  peuimeitres 
e  de  (iï.  De  toures  ces  foramci  rrfH 
il  réfulcera  qu'il  y  avoit  alors  danse 
[>orc  quaran[e-(!x  galères,  ourre  les  baiiju 
it  les  bStimens  propres  au  ceinroeiee^ 


Juin  1781;  10  5  y 

Sierilis  quedià  Puius  aptaque  remis 
Vicinas  urbcs  alit  6;  f^  ave  /enrit  aratrum* 

Ho  H.  de  Ac.  L^cec. 

-  La  YÎlle  oppidum  [1]  étoic  dif- 
tribuée»  partie  lur  le  penchant  d'une 
colme  qui  dominoit  le  port.au  fud- 
oueft  >  partie  au-de-là  fur  la  hauteur 
&  vers  la  Madrague.  Mais  la  madt 

'  [']  Oppidum  locus proprie  mambuj  c§ft' 
clufus,  in  quem  homines  multi  hah'tandi 
caufa  eonveniunu  Malgré  le  témoignage 
de  Scrabon  »  qui  place  Tauroencum  au 
nombre  des  filles  conGdérables  de  la  Pio* 
vince,  c'époic  uoe  ville  dn  fécond  ou  du 
troifiènje  ordre*  On  loi  a  toujours  donné 
le  nom  êi  Oppidum  p  perice  ville ,  5c  jamais 
celui  de  Civitas  ,  par  lequel  les  Romains 
défigaoieoc  une  grande  ciré,  celle  que  Mar- 
Csillc^  Arles ,  &c.  Ces  deui  mots ,  em- 
ployés^quelquefois  indifFëremmenc  pour  va* 
der  le  difcours,  n'éroienc  pas  fy nonimes  ; 
on  difUnguoit  Oppidum  de  Civitas.  Rome 
Ibule  avoir  par  anconomafe  la  dénomina* 
«on  turbs  a  la  ville  pas  excellence ,  wrks 
fer  dntonomifiam* 


.aKf  Journal  dgi  Sçavgns , 

Srinctpale  des  maifons  icoit  «u  n 
tan^  un  icrrem  envahi  par  la  mS 
âinti  qu'autour  &  dans  J'cnccintcdp 
Itxiiadclle,  &  il  y  en  avoit  quel-^ 

unes  fur  le  port. 
-'.La  Ciraddle,  {cafitUum')  fa^j 
^uie  la  première  hiibifacion  4Ï 
Pfaocccns ,  écuil  placée  fur  le  CÀ 
Je  Taufocntum  ,  qui  s'avan^oT 
jDrcfquc  iufqu'à  l'oitvcrcare  du  poi 
Ces  deus    aflcrtions     vont  êtd 

:ouvées    par  les  ruines  i^ue  noa 

Ijpns  interroger. 
A/ant  que  d'en  faire  l'examen- 
j'ai  parcouru  !a  foret  de  pins  JotD 
toute  la  moriragnc  cft  couv.-rif.  J'a?  J 
vu  au  milieu  du  bois ,  daiH  un  liel^a 
fbtr  élcvÉ  ,   deux  ouvettures  circw 
lairej  diilantes  l'une  de   l'autre  i 
quatre   pieds  &   demi  ti   de  dcu^ 
pieds  &  demi  de  diamètre ,  enduites 
d'un  cimrttr  antique.  Après  les  avoîc 
fattvuidcr,  j  ai  trouvé  deux  graodi 
valeK  de  cinq  pieds  de  proiondcuift 
.&  d'dUfâtii  à<  largeur  dans  le  foil4  J 
creulcs  &  maçonnés  fous  tcttC»  T 


(êniblables  à  deux  grandes  jarres 
d'huile  applaries  par  le  bas.  Leur 
capacité  cil,  H  je  ne  me  cronripe  dan) 
mon  calcul  ^  de  5  5  ^  de  pieds  cu- 
bes chacun  ^  &  par  coniéquent  die 
198  5  pintes  f  meiure  de  Paris.  le  ne 
fcais  à  quel  ufage  ils  pouvoienc  erre 
deftinês  >  furcouc  dans  un  lieu  éJbîr 
gné  de  route  habitaâon. 

En  defcendanc  vers  l'orient  9  au 
château  des  fieaumelles,  éloigné 
d'un  mille  de  1  auroentum  ,  j'ai  ap« 
perçu  une  aqueduc  que  j'ai  fuÎTi 
longrems  fur  le  chemin  de  Toulon  ) 
CD  ayant  perdu  la  trace  ,  mais  mar- 
chant fur  la  direûion  qu'il  dévoie 
avoir  ^  je  l'ai  retrouvé  par  des  fouU* 
les  auprès  de  Tauroentum ,  enfevell 
foua  les  fables.  La  terre  s*eft  ici  af« 
taiilée  ,  car  l'aqueduc  perd  fon  ni* 
veau  ;  &  la  caule  de  ce  changement 
doit  avoir  été  bien  violente ,  puif- 

3u*un  énorme  maifif  de  cet  aquc- 
uc  a.  été  arraché  de  fes  fondemens  » 
porté  à  un  grand  élo\gnement ,  8c 
renverie  de  manière  que  le  can^l 


Rbf  £  Tournai  3es  Sçàvgrtt  i      ^H 

Eiionloncal  cil  devenu  parallèle  ^^Ê 
Mlan  d'un  mur.  ^H 

t'     La  plus  grande  partie  dcJa  colire 
I  Kjuc  ctrrc  condurrc  d'eau  ftc^  cntoie 
[  'a  rxé  défrichée  ;  ony  a  trouvé  ,  pat 
[    intervalle,   des  fondcmcns  d'édlâ- 
[  Ves  ,  des  vafcs ,  des  me  tailles  ,  des 
-  'fibula',   des  inltrumcns  de  facrîfîce 
Se  d'aucret  ulknciles  de  fer;  mais 
CCS  travaux  n'ont  point  été  1  ut vciiiés 
par  un  amateur  ;  les  ouvriers ,  livres 
[^eux-mêmes,  ont  brifé  les  vaTes, 
:s  marbres  façonnés  &  peut  être  des 
Sntcriptions  précicufes.   Ils  ont  en- 
file le  tout  pour  former  les  mu- 
feillcs  qui  founennent  les  rcrrcs.  Se 
Won  n'apprendra  pas,  fans  douleur j 
ne  leurs  inllrumens  ayant   heurté 
i  enlevé  une  têce  de  femme  ,  ils  le 
Ibnt  amufés  à  la  mutiler,  au  lieu  de 
Kbercher  les  au;res  parrîci  qui  ref- 
seront  éternellement  enfevelics  foidl] 
Bes  nouvclJes  plantations.  Cette  tête 
d'un  bon  travail ,  rcpréfenrant  ud 
Jtune  perlonne ,  cft  de  marbre  blai 
'èUc  a  ia  prunelle  des  ycui  cceu{^ 


Juin  1781.  1057 

les  cheveux  rrcdcs  &  icparcs  au  mi- 
lieu du  front  avec  un  petit  floccon 
pendant  fut  la  tempe  ;  clic  ne  porte 
aucun  attribut;  fa  hauteur  eft  de 
Icpt  pouces  9  &  la  ftarue  avoit  par 
conlequent  plus  de  quatre  pieds. 

Dans  un  Mémoire  de  M»  Barthe- 
lemi^  exemple  rare  d*ua  Ouvrage 
d*énidition9  qui  joint  aux  penfées 

Î profondes  &  fortement  exprimées  ^ 
e  ftyle  le  plus  noble  9  le  plus  élé- 
gant &  le  plus  corred ,  on  établie 
pour  règle  confiante,  que  les  Sculp- 
teurs n'ont  commencé  à  tracer  des 
prunelles  dans  les  yeux  que  du 
tcms  d*Hadrien.  L'obfervation  de  ce 
Sçavant ,  dont  il  n'cft  pas  permis 
de  sMcartcr ,  prouve  que  cette  ftatuc 
cft  antérieure  au  règnjc  de  cet  Empe- 
reur. Mim.  it  PAcad.  des  Injcrtp. 
Tom.  XXV m  y  p.  453  • 

En  br liant  un  de  ces  muis  anti- 
ques qu'ils  rcncontroient  à  chaque 
pas  ^  ces  barbares  ont  épargné  une 
infcription  qui  nous  apprend  qu  a 
Tauroentum  il  y  avoit  des  femmes 

Juin.  Prtm.  Vol.  Y  y 


1058 .  JùurmëU'iHySfm^Mns  ; 

quit  méntocœt  iPèM  rmméei;  ))to' 
Icucs.niknr  Ow.yiit's  lur  en  nNtir«> 
bce  b|aficiatiiiâtff|^:dc  dirpisWHii  dbi 
kingneuf  fiitin  db  targ^,-:  n'vi';. 


I       ;      ^ 


..-■.?, 


»  '  '. 


I%€AECIMAB 

c  eft-t  dire  ,  .tuiciif  Çiicmm  •  Ijxm 
/?//«  Dênatm  Falu'itis  JPiUa/kr^: 
jfiijffima  com/ugi  hiuiç  mfri^ti  {f ]• 


[  I  j  Les  Romains  aveiept  trob^nopAS^  k 
nom  de  famille,  nonm,  GtjpnGtmm^  Ip 
piénom  &  le  furnom.  Le  premîq:  défignok 
rorigioe  de  la  famille ,  les  cbui  anttes  l^s 
difiRf rentes  branches,  lie  les  perfonnes^- X^ 
prénom  précjédoit  le  nom  qui'-droirXum  Ai 
imnom.  Cajus  JMiiks.Ci/éO*,  id  i««id» 
(prénom,  CcciUa.(ii9M).  Dtàimi  [^àr^ 
nonu)  Lor£]tt-ils  rappeUcikftK  le 4toiiB^iB 
père ,  ils  le  phif oient  tmttWn^  ftfà  lif«. 
nom  f  ou  pimdc,  cooune  le  vtàm  ^  fèk 


.\ 


Juin  1781;  1059 

Cette  înfcription  cft  une  preuve  du 
mélange  des  anciens  Colons  Pho- 
çk^tis  avec  Tes  Romains  devenus 
maîtres  de  la  Provence.  Lucius  C«- 
ùUa  Valtrius  font  des  noms  Ro- 
mains ,  &  PhJdojtta  (ami  de  Junon) 
a  une  origine  grecque.  M.  GrofTon  ,- 
notre  coofirère  \  a  remarqué  fouvenc 
cette  union  de  noms  romains,  grectf 
&  même  gaulois,  dans  pluueurs 
înfcrip.ions  de  Marfeille. 

L'explication  que  nous  venons  de 
donner  de  ce  monument'  conlacré 
à  la  tcndrefle  conjugale  ,  peut  ce- 
pendant n*être    pas    la    véritable. 

le  du  fils  écoic  lè  même,  ijs  ne  meccoîeoc 
que  le  prénom  du  premier.  Marcus  Tullius 
MarcifiUus  Cicero  ,  c*eft-à-djre,  Marcus 
Tullius  Marci  Tulliifilius  ^  &  dans  Iin& 
cti^ûon ^  Lucia  Cecilia  Lucii  {Çeciln) 
jUm  Dojuua  Tous  les  noms  de  familleé 
&  terminaient  eu  ius*  lis  avoienc  trente 
prénoms,  dont  huit  (èalement  avôienr  là 
terminaiibn  en  iui^  du  nombre  d^fqacb 
itoilLuciitSw 

.  Yyij      •  '; 


lOtfo  Journal  des  Sçavans^ 

Comme  il  n  y  a  pas  de  point  aprèt 
Philoftra  ,  &  que  Ti  daiis/ri^  n'ex- 
cède pas  la  lettre  J ,  (car  un  grand* 
I  dans  plufieurs  infcriptîons  ,  indi- 
Que  une  abréviation  &  équivaut  à 
deux  I)  il  faut  probablement  lire 
Philoftrapis ,  ami  de  Scrapis.  Peu 
importe  de  lavoir  (i  CtuUius ,  père 
de  cette  femtne  9  étoit  de  la  noble 
famille  Cwilia ,  ou  un  Grec  & 
niêmeunG^iuloisquipritlenom  foie 
du  mditre  qui  Taffranchit  ,  (bit  du 
Rom^m  qui  l'adopta  ^  fmr  du  Pa- 
tron dont  il  étoit  le  client  9  foit  du 
Proteâcqr  qi|i  lui  procura  le  droit 
de  Citoyen,  On  fait  que  dans  tous 
CCS  cas  5  Tcfclave  4  le  fils  adoptif  ^  le 
client  &  le  protégé,  portoient  f  pac 
TcconnoifTance  >  le  nom  de  leuc 
bienfaiteur.  Quant  au  mari  ,  c'étoic 
certainement  un  Grec  qui ,  pour 
une  des  raifons  que  je  viens  d'indi* 
qucr  9  prit  le  nom  de  Faltrius^  & 
confcrva  le  furnom  de  fa  famille 
dévouée  particulièrement  au  culte 
de  Junon^  Philoftra  ^  0)xàzScta^ 
pis^  PbUofirapu. 


■\ 


Juin  lytt:  \oi\ 

Sur  le  penchant  de  la  même  co- 
line ,  \t%  ouvriers  ont  ouvert  un  ter- 
xein  qui  fervoit  apparemment  de 
cimetière.  Il  étott  plein  de  vafes  ci^ 
néraires ,  de  lacrimateires  &  de  piè«. 
ces  de  monnoies.  Une  particularité 
remarquable  9  c'cft  qu'une  grande 
quantité  de  toiles ,  femblables  i 
celles  de  nos  toîts  %  étotent  rcnver* 
fées  £c  couvroienc  des  cendres  tc 
des  charbons.  C'étoic>  fans  doute» 
félon  le  vœu  des  Anciens ,  pour  que 
la  terre  ne  peflt  pas  fur  la  cendre 
des  morts  ,  fit  tiùi  terra  levis.  Ce 
cimetière  étoit  deftiné  au  bas  peuple  j 

Hoc  mifero  pUhi  fiabat  eommunt  fepul'' 
êkrum» 

puifqu'il  n'y  avoit  aucun  tombeau. 
La  vanité  qui  furvit  à  Thommc  , 
faifoit  dépofer  les  cendres  des  pcr- 
(bnnes  de  confidération  dans  des 
tombeaux  de  briques  ,  qu'on  ren- 
contre fréquemment  dans  tous  les 
environs*  .  • . 


I o6i    JouriHil  dts  Sçàvams  ^ 

N'^us  remarquerons  îct  que  Tu- 
fagc  de  Taurocncum  a  toujours  été 
de  brûler  ies  morts.  On  n  a  décou- 
vert nulle  part  des  oflcmens  entiers  y 
niai^  Toujours  des  os  calcinés,  des 
cepdrcs  ^  des  charbons.  Les  PhO'< 
ccçns  ap.-'ortèrent  de  la  Grèce  cettf 
courume^  qui  s'.ntroduilit  cSes  ies 
Romains  vers  la  an  de  la  Républi^ 
que,  iubfifta  parmi  eux  juiquau 
règne  des  Eippeneuri  Chrétiens^  te 
ne  s'abolic  enûèremenc  qtte  fousc 
Gratien. 

En  montant  de  cet  endroit  a* 
midi ,  on  arrive  fur  une  grande  ^f* 
planade  ,  qui  peur  avoir  été  une 
maifon  de  campagne^  ouunjardiiï 
de  plaifance.  On  y  voit  une  mu- 
raille antique  qui  formoit  unjçrand 
quatre.  Les  défirichemens  fàirs  aux* 
environs  ont  mis  au  jour  beaucouti 
de  vafes  brifés ,  de  médailles  &  d'ul- 
tenciles.  M.  d'Arquicr,  propnéraire 
dc's  Beaumelie^ ,  a  bien  voulu  ajou- 
ter à  la  permiffion  de  t:buUler  à  Tau- 
Tocntumi  UçromeiTe  de  mefiuse 


Juin  1781.  10^3 

affifter  aux  travaux  qu'il  compte 
faire  dans  ce  terrcin  encore  vierge , 
-&  où  Ton  découvrira  peut  -  être 
queiqu  ilDCiquiré  précicufe. 

Je  iuis  deiccndu  de- là  vers  Tau- 
roentum  fur  jdes  monragncs  de  fa- 
ble qui  iurmootenc  quelquefois  lu 
iomm»:é  des  pins  que  la  nature  y  a 
produits.  Il  n  cft  pas  au  pouvoir  de 
l'homme  d'tnlevec  ce  iabie.  mou- 
vant pour  chercher  les  monumens 
qu'il  peut  cacher.  On  auroir  beau  » 
à  f^brce  de  bras  &  par  un  travail 
opiniâtre  ,  faire  des  coupures  ^  le 
premier  vent  de  nord-oueil  comble- 
roit  ces  fodes  profonds,  &  rcmettroic 
le  terrein  de  niveau  [il. 

[î]  J'ai  éprouvé  cet  îaconvénîent  i  Taa- 
foencuiu  ^  quoiqu'il  ne  (bit  pas  dans  la  di- 
reélion  de  ces  courans  de  fable.  Les  exca* 
vations  Eûtes  la  veille  écoienc  fouvenc  rem* 
plies  dans  la  nuit,  &  il  falloic  recommen- 
cer le  lendemain.  Ceux  qui  doucerozenc  de 
la  fidélité  des  Voyageurs  qui  racontent  cane 
de  merveilles  touchant  les'  fables  de  la  Ly 

ÏJW 


\ 


1064  Jéurnal  dis  Sçavâns  f 

Arrive  au  bord  de  la  mer,  com« 
inençons  Texamen  des  tutnes  par 
les  environs  de  Tauroentum  9  avant 
que  d'entrer  dans  Ja  citadelle.  Mais 
on  doit  être  prévenu x}u*onDe  trou* 
vera  point  ici  le  fpeâacle  impofant 
des  ruines  ordinaires^  Tout  eft  dc- 
îiuit;  aucun  édifice  n*a  réHdé  à  la 
fecouiTe  qui  les  a  tous  renverfcs,  U 
ne  nous  refte  que  quelques  fonde- 
mens  ;  ce  font  des  troncs  d'arbres 
morts  &  coupés  à  terre^  dont  nous 

bic,  pourroienc  fc  tranfportér  à  Taurocn- 
rum ,  dans  des  cems  aufli  ofageur  que  ceux 
qui onuégn^ pendant  mon  féjour.Li^  îlsver- 
roient  avec  furprKè  le  fable  partir  du  rirage 
en  forme  de  torrent,  gravir  rapidement  fîir 
les  montagnes  les  plus  élevées ,  former'des 
monticules  partout  ou  il  trouve  un  obfiacle , 
&  cnfevelir  dans  deux  Jieures  un  homme 
qui  auroit  la  confiance  de  Ce  tenir  dans  (à 
direction.  Le  vent  d'cft  fait  defcendre  avec 
la  même  rapidité  ce  (àbic  qui  forme  des 
tmincnccs  différentes  de  celles  qu'il  y  ayjMt 
auparavant.  ..       .;.. 


-  Juin    1781.  X065 

cherchons    à   démêler  rcfpècc    en 
fouillant  jufqu'à  la  racine. 

Sur  le  rivage  au  nord  »  on  voie 
un  rocher  taillé  par  la  main  de 
rhonrme  circulaircmcnc  &  en  gra- 
dins. On  peut  conjci^urer  que  c'cft 
le  refte  d'un  ani|Aichcâtre  ou  plutôt 
d*un  thâtre.  Dans  cette  xlernière  fup*. 
pofition  9  on  nauroit  ici  qu'une 
trè^petite  partie  des  degrés  ic  des 
èfcaiiers  ;  ic  f  orcheftre  9  iz podium  » 
le  profctnium  il  it  pojl  fctnium  fe- 
roicnr  engloutis  dans  it%  eaux*  Il  fc- 
roit  difficile. d'en  chercher  les  dé* 
combres  dans  les  fables  donc  la.  mer 
lésa  con)bié5«  Ce  rocher ,  illlonc 
par  l'air  &  les  pluies ,  -  n*a  pas  con- 
fervé  la  maçonnerie  qui  y  étoit 
jointe  9  &  dont  on  voit  les  débris 
épars.  Il  tient  aux  premiers  édifices 
de  la.  citadelle  9  &  le  théâtre  pou« 
voit  communiquer  j  par  eux  ,  à  la 
colonnade  dont  je  parlerai  bienrôr. 
;  £n  montant  à  l'orieqc  &  en  tbur* 
nant  enfuKc  vers  le  midi  y  on  ne.mar- 
che  que  fur  des  démolitions  ^  &  l'on 


lO^é  JournaldetSçaranSi 

foule  avec  regrec  des  morceaux  Jèr 
marbre  façonnés  pourdes  corniches^ 
pour  despiédeftaux  ou  des .  tables  ^ 
des  débris  de  vafes  chargés  de  figu^' 
les  9  des  verres  antiques  y  de  petits 
cubes  de  pierre  fie  m  marbre  qui 
formoiem  des.  ^w(k  tvt  mo(àiiquc> 
&  furtout  des  peiotmcs  àireique  de 
tomes  couleurs.  Ces  débris  prouvent 
que  coue  cet  arrondrflraienc  ^[toic 
habité  9  &  en  hes  fuivant  fur  la  lb«u- 
teur,  kii- fouilles  m*ont  fait  décou- 
vrir un  fécond  aqueduc  qui  porcoît 
de  l'eau  à  la  partie  de  la  ville  fîtuér 
au  midi.  H  defcend  de  1*  montagne, 
fe  jette- dans  un  réfeivoir  donc  les 
eaux  fe  diftribuoient  dans  la  cita* 
délie  I  &  hors  delà  citadelle  aux  édi* 
fices  placés  au  fud. 

Les  fources  de  ces  deux  aqueducs 
font  encore  fubiiltantes  :;  quoique 
beaucoup  moins- abondantes; -£lks 
font  mouvoir  par  ;intervaite  y  un 
moulin  au-deifous  du  château  des 
Bcaifftitlles ,.  où  commence  le  pre- 
mier aqueduc  ^  Se  en  gravilTanc  les 


Jmm  1782.  1067 

nfonfagnes  qui  dominent  tous  les 
environs  j  j'ai  trouve  fur  la  hauteur  , 
a»  midi  du  château  &  à  l'orient  de 
TanroeiKURi ,  deux  auires  fources 
qtii  fe  perdent  dans  les  tenes  &  qui 
foumilloienc  les  eaux  du  fécond 
aqueduc ,  dont  -j'ai  trouvé  quelques 
débris  prefqtt'au  (ommcr  de  la  mon- 
tagne. 

Mes  recherches  ,  dans  la  partie  la 
plus  élevée  de  Tamoemum  ,  vers  le 
fud  9  m'ont  tait  voir  de  diftance  en 
diftance  >  des  fondemens  de  murail- 
les jufqu'au  près  de  la  Madrague , 
i  un  demi^mille  de  Ja  ciradelie  dans 
laquelle  noi»  allons  entrer. 
''  Elle ^rolt -avoir  éré  feim»;:   Av 
tôiédctefre»  par  «ne  murai 'i.    .'.-. 
viren  cent   ouatre-viniir  :  .:]  ^   '  ' 
pourtour;  ion  apperçuir  ni'.   :' 
f^rient)  \ti  fondemen*  r?c  cj  »- .  j  *' 
tours  ^i  y  écoient  ba*i^*'. 

Ett  pfikécrant  dans  ce**"  ^wj 
pal  te  micK-,  on-roul»- 
ea  fiillie  fc  prêt  a  &'""< 
commencement  d  un  y;mtMkt 

ï  7  n 


]o68  Journal  JUs  Sçayans  , 

qui  d.omuvoit  la  cicadellc.»^ou  qui 
en  faifoicpwiey  Se  q^i  e/l  to,uc-«n« 
tier  tombé  dans  Uinet  ;  cnfuito  une 
partie  de  rocher,  raillé  circulaire- 
xncnc,  &  qui  tenoic  à  des  maiibns 
également  englouties  dans  les  ondes. 

A  quelques  pas  de  U  9  l-'ai  appetç^ 
les  fondemens  d'un  ^difice  régulier 
jk  élégamment  defliiné.  J'y  iifàêOifi 
l'infianc  ,  appliqué  mes  ouv|içi:s^  J'ai 
jugé  par  le, cimenc.dont.il  e^^çpdM|r-> 
que  ce  pouvoir  ê.tr9«un  réfervoir  oit 
une  falle  de  bain  >  &  dès  qu'ij^a  été 
vuidé^  non  fans  beaucoup  de  trsir 
vail,  parce  qu'il  a  fallu  brifer^li^ 
voûte  qui  y  étoit  tombée  cout«  mar 
çonnée  ^  on  a  vu  d^s  un  a9gl(f  8c 
lous  des  degrés^  iouvçrture  ijtfifk. 
tuyau  de  plomb  qui  y  consul foic  .d« 
l'eau. 

Tai  trouvé  danS:  ce(^é4>ficç.ii|i 
petit  bufie  .de^quatra  poi|pe^>ir  4^ 
Dieu  Mars>^.  fans  cêter^V&iljo.^jbas 
d'une  (lacue  de  femme  {c^^téffiî 
d'un  marbre  ,  blanc  9  inf^riei^ 
remier ,  un  chien  place  Air  la  ba(è  ^ 


.    Juin    1781.  ■       ~   1069 

(eroit  conjeâurer  que  c'étoic  Dianr 
CbafTereflè.  Elle  avoic  dix-fcpc  pou- 
ces de  haucoun 

-  Après  deuis  journf e»  de  travaux , 
cette  ialle  de  bain  ^  a  été  entière- 
ment déblayée  il  cinq  pieds  de  pro- 
fondeur >  &  prélème  un  parallelo- 
grame  reâangle  de  14  pieds  fur  dix* 
huit  &  huit  pouces.  Il  eft  terminé 
par  un  demî-cercle  de  cinq  pieds  de 
rayon ,  &  Ton  voit  que  Tautre  extré* 
mité  avoic  la  même. forme.  On  y 
defcendoît  par  des  degrés  placés  à 
Tun  àcs  angles.  Elle  eft  revêtue  êc 
pavée  de  ce  ciment  îndeftrudible , 
formé  de  briques  priées  &  de  chàûx* 
Il  règne  dans  le  bas  &  aux  quatre 
angles ,  lin  cordon  ou  monture  ar- 
rondie de  quatre  pouces  apellée^  dans 
la  langue  de  1  art ,  quart  de  rond. 
Après  les  bains ,  on  voit  une  par* 
tie  d'un  petit  fallon  revêtu  de  mar- 
bre^ &  une  falle  attenante  pavée  en 
U^u,»  avec  des  compartimens  de 
marbre  en  Ibzanges.  Il  y  avoir  le 
bas   d'une  colonne  tofcane^  avec 


tiO  ••  ***^L„  aope«î«*«  '^?*^«tt 
?..«r.*  mon»»»»"*  ?Zll-r  :  t>tofc«« 


^    Juin  17J2:  107^ 

Les  eaux  fe  minent  continuelfement^ 
&  ils  fe  détachent  tous  les  jours  de 
ce  rivage  très-élevé  &  forme  par 
couches  de  rrrre  ^  de  pierres  môUcs 
Se  dures  &  d'argile ,  des  blocs  de 
toutes  Ces  patries  que  la  mer  diviCe 
par  fon  agitation.  A  Tinfpeâion  des 
lieux  i  on  ne  peut  douter  que  la  cita- 
delle commençant  \  la  pointe  qui- 
exifte  encore  y  oe  s'étendit  beaucoup 
an  couchant  &  au  midi.  Un  aqueduc - 
coupé  au  rivage  9  portoir  de  l'eau 
à  des  lieux  qui  ne  ftibfiftent  plus. 

Ici  l'on'  voit  avec  étonnement  ^ 
dans  la  profondeur  de  deux  cent 
quarante  pieds  &  exaâement  fur  la- 
mêmeligne.dc  grandes  pierres  froi«: 
des  ,  donc  les  moindres  ont  plus  de-, 
deux  pieds  en  quarré  [i].  Ellc^  ont 

[i]  Elles ' portent  furie  rocher  i  3  ,  4.. 
oy  5  pieds  de  profondeur  àri  teirein  a£tuel. 
qui  n*eft  pas  unifoime  partout.  Celles  qui 
(ont  entières  ont  environ  fcpt  pieds  de  kaa- 
tear  depuis  leur  !»»&•  Les  unes  font  indt- 
nées,  d'autres  ont  roulé  fur  le  rivage  oa: 


câncDt  en  qufiiriè  loi^.r -4^1  S-Xow 
ycuc  ,  uoe  crtpaiKUiippMipr«  à jçii^ 
tenir  un  pi vor  d<j^-  <loatjùii»|ipBSr^ 
çoit  rcmpreÎDtjÇ..  A  ce  i|pej^k>; 
)'«i  jugé  que  cet  piencs-.df^^^ 
fervir  de  fenclei  à  i|Qe  col90<i%4Ra||ff  t 
gnifique.  Je  fuî$.p«raenii>^  f«?^M9 
recherches,  àtrouimeiifi  wammmwA^ 
colonne  de  imrlirr  }Av»^.PS»9^ 
de  Ç\x  pî/tdsd:  haiit>de  vîa|^:péu<^; 
ces  de  dtao»èrre  «  flrptrdMwqBene 
de  dix  ptmce!:  de;-9iodiileis^OÉ  ^Sea.; 
Ufuppofànt  d'ordre  ^coiîiHhiibftu  ou 
Gomiofite,  elle  aaroittttieizeîpiffds> 
hiiit  poucerdehaorcur^  ficeiiif  ajou^ 
tant  le  prédeftal^  ^  1  archttmve:  »-'  la 
frife  &  la*  comichié  ^-tdf.qne.rexi* 
gcnt  CCS  deux  ordres  »  cette  coloor  ^ 
nade  aurait  eu  vingt-fix  pieds  huit 
pouces  d'élévation  »  &  moics  fi  elle 
étoit  d'ordre  ioniquSe'y  dottquë  oo  ^ 
tolcaii.       •  r  »'-^-    ■•> 


.1 


-  ■-■  I 


-•      *■  ■■    r'.:*-^    '■;  'à 


dans  la  iner^  makiçmtcaeitt  èneoBa  ietn  i 

foademen&fuilamêoielîlpie*      > 


Juin  ijin,.  1073 

Mais^jc  ne  pouvois  concilier  cctrc 
grande  idée  avec  les  diftances  reia* 
tivts  de  ces  loclcs.  \\%  ont  enrr*cux  , 
tantôt ,  ^uze  pieds  d  cloignemeuc  ; 
Tantôt ,  dix.  J'ai  jugé  que  (ï  c'ëtoit 
un  monument  public  ,  il  devoir  être 
régulier  ,  &  quM  y  avoic  un  grand 
ordre  au  milieu ,  &  deux  ba^  côtes. 
Que  fi  deux  ou  trois  particuliers 
avoient  bâti  fur  la  même  ligne ,  cha- 
cun avoic  orné  (a  gallerie  lelon  fa 
licbeiTc  &  Ion  goût.  Je  me  fuis  donc 
opiniâtre  i  chercher  d'autres  colon» 
nés  ;  j'ai  trouvé  dabord  un  morceau 
d'une  colonne  plus  petite  que  la  pr&> 
mlère  ;  &  non  content  de  cette  dé- 
couvettC)  )*ai  continué  mes  fouilles. 
Enfin  y  à  plus  de  quatre  pieds  fous 
forre  ;  j'ai  obtenu  une  colonne  tof- 
•cane  entière  ,  c*eft-à-dire,  le  fuft  de 
•la  colonne)  fansbafe&  (ans  cha- 
piteau  y  dont  le  diamètre  moyen  cil 
de  dix  pouces ,  la  moitié  exaâement 
de  la  première.  Elle  efi:  dans  toutes 
Tes  proportions  y  car  clle-4  fcpc  lois 


w4  ^«rff^ '*'•** 


"^      très  *  t««^'=l^*'*  î    «  «atbi*  *« 


Juin  1782.'  107^ 

hauteur,  &  de  huit  lignes  de  faillie. 

A  l'occafion  de  Cette  colonnade  > 
je  ne  dois  pas  oublier  de  lire  que  j'ai 
rencontré  Ibr  la  hau:eur>  &  fort  ioia 
de  là,  quelquv$«ins  desTocle^  donc 
î'ai  parié  avec  la  même  entaillure  aif 
milieu;  ce  qui  prouve  qu'il  y  avoic 
égalemLntdescoiDnne<;«}*ai  la  preuve 
que  tout  ce  reirtin  é:oic  aucretois 
couvert  de  ces  groffcs  dalts  de  pier- 
res froides  \  quelles  ouvriers  s'y  font 
établis  pour  les  façonner  \  qu'ils  cti 
ont  tait  des  chargement ,  onc  brifé' 
&  enlevé  des  colonnes  \  8c  outre  les 
trois  dont  )'ai  don'né  les  dimendons^ 
un  tronçon  de  fept  pouces  de  dia* 
nièrre  ,  fert  de  borne,  à  une  ba&ide 
voifine  &  un  autre  de  douze  pou« 
CCS  du  même  marbre  que  celui  de. 
vingt ,  a  été  tranfporté  ancienne- 
ment de  Taurocnrum  aux  Leques^ 
&C  des  Leques  à  la  Ciotat.  Voilà  déjà 
cinq  cdiBces  ornés  de  colonnes  de 
différentes  grandeurs,  [i] 

[i]  Prévenons  les  oUjc^lons.  Cesgraa« 


U&j€  Jaurnfldii  Sf^fMM  , 

;  La  galkrie  tenoit  mu  npv4  -y  ^  ^^ 

f'and  édifice  cmKÎgju  au  ib^re  .om 
rampbith^atic.;  oo  f  voât.mi  riè^ 
cond  aqueduc  courbé  vcn  le  %»tcn- 
trion  9  &  qui  aboutiflbît  à  ^dcf^licui^ 
perdus  Touf  le  fable.         ^    ^ 

Dans  rintéricar  dej^eocciate  que- 
fai  dit  être  le  céf^Uum^  me^ff^m^/ 
les  m'ont  découvert  un  graed  H^ecp  ' 
*  voir ,  des  pavés  de  dmoHiai^iquc» 
d'autres  èh  briques  fofécadkÀamp  9 
ou  en  épi  ^  ou  eu  point  4*HoDgrie  1 

des  pierres  froîdas  qu'où  vcMCfti»  le  sivage,  ^ 
peuveoc  n*êcre  pas  d^  fi>cksf  flsfb  dès  fe^* 
(^rnens  «ie  coloMoes.  Oa  ponmtff  débite 
encore  qa'eiles  ont  Ctni  à  fcfaaei  des  ar- 
ceaux ôc  non  à  (buteiiir  des  colôimes^  Dans 
cette  fiippolttion  les  colonnes  âorotem  orAé 
des  édifices  dont  il  né  refie  aa£iià  vèftige: 
c*eft  cependant  auprès  des  pierres  que  f«a 
ai  trouvé  deux  i  quatre  pieds  iGms  téire  »  A 
c*eft  encore  U'qu'étoit  le  tron^of^-dc  flfîngt 
pouces  dediamctre.  A»  reftç»  jejncBsLcQ 
que  j'ai  vu/nuùs  nooauz  conjeâiues.que 
jlcnûrc.        ,      I     ,     ,.:    .  .  • 


Juin   lySii  1077 

d'autres  en    ardoifts ,  d'autres    en 
n^arbre,  un  petit  fragment  de  pavé 
en  mofaïquc ,  qui  ornoic  apparemr 
mcnc  quelque  cabinet  \  car  ces  cu« 
bes  n'ont  que  la  moitié  des  autres  9 
c^e(l-à-dire  9  trois  lignes  au  lieu  de 
{)x  9  des  têtes  de  clous  avec  des  or- 
nemens  circulaires  en  fer  ;  d*autre$ 
avec  des  compartimens  en  couleur  \ 
enfin ,  ma  (atisfkâion  a  été  grande  9 
lorfqu'à  quarre  pieds  de  profondeur  9 
)*at  trouvé  deux  fuperbes  pavés  en 
mofaïque  '  de  marbre. 

Le  premier  e(l  en  marbre  blanc  ,' 
avec  un  double  cordon  bleu  ^  &  le 
fécond  avec  la  même  bordure  ,  a  ^ 
dans  chaque  angle,  un  vafe  élégam« 
xnent  deilîné.  Il  en  fort  une  double 
tige  qui  ferpente  ï  droite  &  à  gau- 
che, ëc  diftrtbue  à  des  diftances  éga- 
les  ,  en  haut  &:  en  bas ,  des  efpèces 
de  tulippes  j  les  unes  armées ,  les 
autres  ouvertes  ;  ce  cordon  de  fleurs 
eft  {butenu  d'un  autre  orné  de  lo- 
sanges bleues  y  partant  de  chaque 
cote  du  vafe ,  &  foutenu  d'un  troi« 


i  07  S  hurnal  4^  5ia¥an$  ; 

£ème  enrichi  de  defleint  .de  couleur 
en  demi'Cerçle*  JLo .  milieu  eft  cou«. 
vert  d'un  eocreliiçsdç  difitraifcsngçi 
chargées  d'autres  0eîirs.. Le'.  £l(>ad  du 
pave  eft  de  marbre  blanc  ;;  mais  les 
vafes ,  les  fleurs  8ç  les  dd&Df  »  font 
en  émaux  de  diverfes  cpùleiiips^  l^* 
voir:  en  bleti  ^^z^t  f.h:^^lÂtu,dc 


que  tout  les  voyageurs  voot  f<mîret 
à  Orange.  Maihcureufemçot^  il  9^ 
été  dégradé  en  partie  ». par.  onei^es 
îaifons  que  )e  dirai  bientôt  Ces 
deux  (allés  pavées  à  la:motaïque»& 
qui  fe  touchent ,  font  encore  reyc  • 
tues  >  lunr d'eau  carubcis  àt  pein- 
ture à  frcfquç  rouge  ^  fautre  de  la 
fnêmc  peinture  bleue. 

Des  fouilles  plus  iulvies  pj^dtUif 
font  9  en  d'autres  temsji  peutrèàrc^ 
des  découvertes  plus.inu&rdÔantcs»' 
Je  les  auxpis  cohtini^écs  >  V^ffk  ^ 
contrariété  des'fables  qiii  couyrcjaCn^ 
en  peu  d'heures  9  Ici çxcayacioof'£ii« 


{^^perfddtft-  pitificiiTs  Jours.  Mais , 
ttâTaîllànt  làhs  atKorttt  dans  ce  lieu 
abandobné*;  fêtois   environné  de 
.fà^ùM-ptitSéti  qoi  jôîgnenf  lavi-" 
liiti  I:  tint  érédolîté  ftopide:  Gaide^ 
fMAt  *dè  ptéteà^m  devins,   ils  ont 
tbtivtnc  'Vs^vtjrf^çe  refteih  pbaV  y. 
chercfaeî  fer 'MfôH  qtfib  'cro3^nt|f 
ètM  eâftiidiV;llsitgitdciitV:dmtnq 
dbfdiAlnitili^ 
A«lè»^ikta5H!.lb  Sàitt  tés  terres';'  & 
iefaTeffatife  léifcécter  à  prix  d^afgenc» 
pour  'ÎMt  |HBtt  ^perdre**  leur  fortuné  ^ 
;  cu'ilf  îmiginéht y ccre atràèhée.  le 
IpèâMcle  d*ûili!i  «btttnmé  muhi  d*utid 
bdttflS>le^j'd'iih'^ajpbdmètre ,  ^*M^ 
ttti  fofhniMeiTS,  fûivild'un  Deffi^ 
iiatettr  ^  d'Un  Arpenteur  &  plufîeurs 
ouvriers.'  exdroit  4eur  curioiîté  6C 
tréveilloît  leurs  efpérances.  Malgré  le 
£iènce^  impofé  à  '  mes  travailleurs  « 
iM^rè  la  ^écauHôn  <^t  je  prenais 
è^  Wfo--combler  de^iêrres-,  dcr^r««- 
V^  «  de4able>  h^'^ 
féJtAigteiStju'on  tftn  Vinrtooiédéi 

l^der  après  moiy  me  eroyant  <FautaS4 


1\ 


loSo  Journal  JUsSçavàns^ 

plus  fondée»  que  tandis  que  )cf  rcnclois 
compre  à  i'Âcadcmie  de  mes  re- 
cherches 3  ces  payfàns  ont  repris  ces^ 
fouilles»  &  en  its  continuant,  ils 
ont  détruit  une  partie  des  anciens 
édifices  y  arraché  &  vendu  à  tout 
prix  des  tuyaux  de  bronze  &  d'au-; 
très  objets  peut-être  précieux. 

Les  habitans  du  yoifinajge ,  dé« 
fert  autrefois  &  très-peuple  ao)our« 
d*bui  9  enlevèrent  fuccefl^vement 
&  les  marbres,  &  les  pierres  de 
CCS  ruines  pour  en  former  des  mu- 
railles. Ils  brilcnt  encore  les  fo« 
clcs  donr  j*ai  parlé,  ^  l'on  parta* 
géra  Tindignation  dont  j'ai  été  pé- 
nétré ,  lorfqu'on  m'a  raconté  qu& 
CCS  barbares  ont  mis  en  mUIe  pièces 
une  grande  piçiie  contenant  une  in(« 
criprion  qu'on  ne  pourra  jamais  lire 

f)dX  la  maçonnerie  qui  couvre  ces  dif^ 
ércps  morceaux  impoflfibles  à  retrou* 
ver  &  à  raHembler.  Le  village  de  S« 
Cvr,  &  les  bafiides  voifincs.  ont 
été  bâties  ,  en  parrie  ,de^  ruines  du 
port  9  des  mailons  qui  y  tenoient  & 

de 


f  •-  ' 


5  cèllif 'de  TauroémUiii.  Dans 
uelqoirs  années  il  ne  fortira  peut* 
Te  Mciin  veftige  de  cette  ville ,  8c 
hn  {HMirrà' difre  avec  Célar ,  cher*» 
iiibt  .inotileinetit  Troye  dans  le 
èi|  flai£iiie.  oà  die  «voit  été  bâtie. 

Itiéfolà  de  ce  ose^  nous  avons  dtr^ 

W  (eecÉe  vUle  n'etoit  pas  paiflante» 
feétdiuv^.^)l«'y  a  que  des  honi« 
les*  Opiilhss ,  qui  embciliiTent  kut 
eirièÉreiaveç  tant  de  fisfte.  Le  porc 
ottirottî^x  babitans  un  commerce 
làriâoteiaVecMarreille.  avec  les 
«(oiomes^St  les  Pays  étrangers.  U  pa« 
ait  qttc  If U]r  comoierce  cf exporrii* 
0Oj^^^)ttfiftoît  principalement  en 
riqiiCy  en  tuHe  &C  en  poterie  de 
nice  éfipièce.  On  ne  peut  ouvrir  la 
rtxz  ;  da^  les  lieux  même  qui  n  ont 
oifot été* habités»  fans  y  trouver  des 
ijnpbotes  Y  de  la  vaiffellc  ii  des  uC« 
nâSles  de  terre  en  tout  genre.  On 
'èviatillàit  avec  plus  dé  foin  utié  p6- 
ïkline  plus  beiieque  notre  fàyance. 
«^CGànbre  de.  débrisde  ces  vafes  eft 
Juin^  Prctn.  FqL  Z  z 


\ 


loSa  Joumi/t4ttt^Siê¥ans^ 

i\ç  iK)irSt  <k  giin  4t  de9aiiaëa-Cenxt:i   ij 
érgicmcifi!  mioice^illÛB  l«pfa»gxidri> 
lie  parue écoit  d'uMicocAcuriîipgiiiflc.   ^ 
Ces  derniers  ktici^lus  épais  &€lui(>   ;| 
gés  d'Qroefnens  tmicitfciiicàc.dcflî- 
nés  y  Se  de  figurtsJMiomrtwm  AT'd'a- 

pima^X'.St  aesifapgmrob  étmiàitgfa- 
yés  ^4^'iMididpt»  pMwéif  sÎBSdiitarA 
expiiqpes  cei  by;erodlfflbc^Jiifiii  m» 
vricrs-  «ttatboieni  dt  la.glèdlj^îîces 
ouvrages  ^  :  ,piii(qtr*ili  tpl«f«iewifnits 
noms  au  ^nd  des  cpûpies|!daBii  l^a) 
pn  1  î  t  en  tfèi  >  bcauk  'caraâènR  C.^m 
iius.Clcfnens^  Dans  d'aiiCftfrydn  voie 
des  .ktjtfcs  ininaJcs  i -trpeçfc.derchif^ 
frc  par;  lequel  clKqii^tffi^gKmM 
défignoic  ion  ouvrâgfiii)>J^*  >^o**^*i 
Ces  fragmens ,  iU|ipaceifl$tit  aVôk 
appartenu  à  des  cwpei»  non^  tap 
peîlcnt  la  magnificeiice  ayeclaqusUf 
les  Grecs  &  les  Jlonrâîn^.oiiloieifC 
ce$  fortes  de  yafes*  Us  y.  tepjr^iciH 
toicnt  en  reliçt^.  comme  flUs»  cet 
morceaux,. des:  traits  bsftoriqfieSi&r 
labuleux*  Us  en  fefoiedt  hiboêm^ 


ipenfc  it  la  valeur  &  àts  taléns.  Là 
le  nom  de  Parhafius,  ici  celui  d'Aï- 
cimedonajou^icrntun  nouveau  prix 
à  l'ouvrage^  &  ces  noms  éroienc 
gravés  furies  coupes.  Vid.Hom.  Vit  g. 
Athcn.  PéUiS.  Plin.  "   ' 

Ce  qui  doit  principalement  iixet 
notre  attention  9  ce  lont  des  mor- 
rcauz  de  peintures  à  frefque,  qu*on 
rencontre  partout.  Il  y  en  a  de  tou« 
tes  les  couleurs  ,  te  principalemenc 
de  rouges  &  de  bleues.  Cette  façon 
de  peindre  des  anciens  nc^us  eft  con* 
nll^.;^mais  rimagination  fe  refufe  à' 
.  penfer-  que  des  débris  de  cette  peinture' 
expofés  depuis  près  de  quinze  (îccles 
à  Taâion  dévorante  de  1  air^  à  cellr 
du  foleil  &  des  pluies  ,  au  (el  corro- 
dant de  la  mer  y  &  aux  frottemens 
du  fable  que  le  vent  agite  conti- 
mxellement  fur  leur  furface  ^  ayenc 
Gonfervé  leurs  couleurs  auifî  frai* 
ches  j  aufli  brillantes  que  C\  elles  for- 
toienc  de  la  main  de  l'ouvrier.  Com- 
ment toutes  ces  caufes  dt  dcftruc- 
tiOiVr -qui  roDgciit.  les  marbres  -des 

Z  zij 


1084  Uurma»^  Sf^f^ans  , 
maifont'^iuicf^jor  le.riVage  de  U 
xncr  ;  çpmnitnf?ct  ftmpm  tdax  n^ 
rum  j  ont-iU  fftrpeâ4  ces  peitAures  ? 
Ces  obfcrvations  nous  forcent  de 
convenir  que  les  Romains 'étoient 
bien  fupéncurs  à  nos^rûftes,  dans 
la  componcion  des  couleur^  dura- 
bles,  aiufi  que:dàps  le  cbcMX.des 
jnaticrçs  propret. à  former  un  enduU 
Ç\  compta  qu'il  pç  foiiffiric  aucune 
alrér^non  de  l'air,  tel  mie  cjleloi 
dont  ils  ^voient  reveta  plufieurs  ou- 
vrages dç  Tauioencum  ^  tel  encora 
que  x:clyi  des  rtfervoirs  &  des  aquc: 
ducs  de9\f  nvjrons  de  Naple^» 

\ 

L  'ifONNÊTB  HoMMEydidlé 
à  Madame  la  Comtefe  d^H*  *♦• 
par  M.  lAbbé  May^dieu^  Cha- 
.  noiçe  de  l'Eglifc  de  Trojres  en 
C^mp^gnç.  A  Paris  >  cbeis  Mé* 
rixor  le  jeune  :&  Bariois  le  jeune  , 
Licràîres  ,  •  quai  des  Augujliiis;  = 
&   Lefciaparr ,    Librairç ,    Po6t' 
Notf e*Damè ,  à  la  Sainte  F^niijie*  t 
1781.  Avec  Aipprobacion  j^Piri-. 


vllége  du  Roi.  i/sMii.  l-irâd.  <le 
607  pag.  en  deux  ^ 


?>. 


L>  tnb-morat ,  dônc^  kj'liérbs  eft 

pàipte.  Ce  Socratc^  M  Muiuh 
lier;  mais  il  ne  cède  ni^  en^liimtêVèif 
ut.  en  verras  au  Socrtice  cPAth^nes  ; 
comme  Socraté  ,  i)  fait  accoucher 
ks.  lM|iiifne^4^  Icui^ipenffes^  tn  les 
nuMÔt  jde  brincjpel  m  'priricipe$  à 
h^^tkêêc  à  la  fuftice  I  cdmnle  SôK 
ctàic  y  .U*  eft  éprouvé  par  uftè  fchv 
me  acariftrre  qui  raime  Se  qui  lou-» 
trage  fans  cède  ;  comnfie'  Socràre  ,  * 
il  ^ft  livré  à  la  }uftk:eibuvem  injufte. 
dci;  hommes  9  il  fuetottfee  â'  la  ca^' 
loRwIe,  &  confarvê'^rfi^Wdcr^^^ 
nîei  mofii4nr  fa  vertu  Ai^fâ  îétéhitf'f 
il'eftî  accule- de- 'Vblî<âi:  i'à([4àn%ï-i'' 
il  eDcftnacmccbn^^àfecuVilcfïcôAM 
damné  au  Chârelcr ,'  il  l-cft  ail  Par^^  ■ 
Icmentyilva  fûbir  fon  fupplice^  it 
cft  Waîné^à  la  Grève;  uftartii^  .^lii: 
Ta  ^(a«*eiliciw  défendu  iiifqtfau  dVI- ^ 


fa  malhfUfiqH^  libifiillç  ^:  bien  oer- 
taine  qu'il  raeurt  innocent.  Ils  arri- 
vât iiXitfcîiHf  j<:Usy  fci«rw(Hh( 
k  vi^HÔlh^t  affiiflSn,  qu*o»  aipènc  g* 

ÇclqiTl4:«!^5  IliTBWçiKC  l^oî  JSoçtefc 
il  fyoi^,U(4s^H^^.X^li}iJi^k^ 

office;  ila)ananceUrcncpftrfe.<}uik 
a  Faite  SfÀ*wE^\yic  prochaine  du  cou^ 
pablc V  QfriitrfçQit  i  l'exkùfîoh  ,  ier 

cpup^W^ .  .♦çf iyp;,,  rtnonvcUfxlf^fi» 

vpy^fA>fôKs ,  ^ti  afnille  taniàP4i«nf 
trioinp1veiaurf4pp,:4e  fa  &niiMlc;ft^'dâr 
fes  anitis  trai^rportés  dé  joie.  Gbtrc&i 
man  l^nir  Dicti.quj  ni^Qiif^iatô&i 
prç^i|e[  oiiraculeufeoleiir  fo^'  imcHh-^ 
cep<;ç  >  ;QCr  ilavoic  co&ftAnaeKiilc  }ut. 


V- 


,  Jtdn^  tj^SÀî^. .     .  10S7 

tificfçsr Juges  qui,  fclon  lui,  n*avoicnc 
pu  fc,  difpenièr  de  le  condamner 
d  apuès  ia  force.des  indices*  Les  ap« 
patciicest  en  efitc  étoienv  toutes  çouJf 
trejluti;  il  avoiteuavec  le  Concierge 
d-ua.cbatbau  :Ofài  il  'étoit  allé  rrd^ 
vaûl^n^itinç  tontéftatioii  qui  a  voit» 
é(è  rcniarquée  de  la  part  d'un  hom«- 
fpe  (r  modéré  ;  1^  nuit  fui  vante  ^  Itf 
Concierge  fift  aflafliné  ;  i  aflai^n ,  en^ 
k^rtrappant ,.  «vdtc  eu  grand  foin  def 
dire  y,  en  imitant  Je- pUus  qu'il  pou<f 
voit  la  ycfcïx  .de  »Goçtcfman  ;  c\ft'* 
ciri^fi  qut'  Gouzfmant  \ft  vcnge^  i.cï 
Concierge  nétoit  pas  mort  fut  le= 
cbahip;  il:av6it  parlé  en  fHréfence» 
df:  témoins  >  &  les  derniers  mots 
aboient  été  :4;A^/;.^ir*tfr«  Gouef» 
mÀ(k  L  mfè  qid,  U  croyais  un  fi  par-- 
^V^^iiff«rc!i0/»/»tfy  De  plus>  on' 
avoit  rrousocldansllds  plis  de  rhabit 
de  Gottefman  1  anneau  du  mort  5c 
diipioùis'que  TafTaffin  avoit  remis  la 
vQiUcaUiConcierge  en  pcéfence  de' 
Gottelnian  »  qu  on  ûivoit  ctre  patci 


io8S  JouraatÈf^Sçmims  i 

de  Paris  fans  afgenr.  C^eftlpar  vnf 
Ihrpragême  à*peà«près  pa^ii,  4qttc 
les  Dtlphicns  firent , .  dir«>oà ,  périr 
£(ope  coitmie:  inilcor:&  commcia- 
Cf  ilégc  ;  GQttcfnian'jpleincnfitfDt  juP 
tifié ,  iiKun  ce^mtanr  des.  maux 
^u'il  a  foufirrts  da»'£a  pTtfQn^l)86 
malgré  Icn  indulgcntcéquité^tn*  h* 
veur  de  Tes  Juges  «  maigre  la  fùtce 
des  apparences  iaiTembUes  comre 
lui  par  un  art^  infectial  9'  nçm  ne 
trouvons  pas  IfS  Juges  abfoiuoienc 
jfréprochaDiIes^roHdus  ne  leur  toyons  ' 
pa|  cette  crainte  iàintetimirjfoperAî- 
lieuie  de  condamner  un  innôa^n^, 
cette  ardeur  à'iuivrc  les  traces  d'ui« 
nocence  qu'on  leur  indique,  devoirs 
iacrés  de  tout iàgc,  furtbUt  lt>rf(^d 
l'accufô  perfiAe  »  nici^^La'^iéfeitfe 
dâ  Got tciman'  ou  de' ion>iiiic4j^iK 
lui,  croit  cdile cKHippbiiecf :- «^   '  :• 

EzAmtnez  ma  vie ,  fit  voyez  qm  je-fiifis  •  •  •  • 

Vn  jour,  feul  ne  fait -point  d'fmJHétSelvtr* 

Un  ptrfidevafiUSil  •  • .  •  &c. 


.    Juin  1781.' .  .       1087 

Nous  ne  voyons  pas  <]uc  les  Juges  • 
fuivcnr  c:rcc  indication;  nous  ne 
voyons  pas  qu  ils  fafTent  une. info:** - 
marions  vie:&  deaicDUisv^lui  <^ût: 
écé^-alors  C\  nécelTaire  s  xat  il  cnna j^^  l 
Toit  i;pfulré  qu'un  homme  d'une pnM»i 
biré  &  ilàlicare  9  d'une  vertu  non- 
feulctne At  Si  pure ,  mais  Ci .  génc^ . 
sçuiê^  .fi  ikëroïque  9  ne  poiivoie  pas  : 
avxxtfipftfîi'bii  un  monienc'  au^voînlc: 
à  i'^liaffinar  y  fans  être  dcTomitCouift 
auqniel  cas  on  n^efl? point  coupables;  j 
&  on  ne  doit  être  ni  fiétrlni  piintf) 
mais  fitulemcQC  fieqaeRrQ  dâ  fai:fo^' 
cséié^r  De  plus^v  ceux  qui  ie^iouHttbi^S 
vcrm  ^  le  reùcénneïit  prenant  tran^^T 

SuÙlement  la  tàurc  de  ]Pàiîs  vils  lé» 
eva^éem  à  Patiî),  jnprenittnt  main*fl 
fbne  &  1er  retcouvenDencore'^uiiJi) 
même  route  où  ils  l'atiiftstç^.  Eft  ce-^ 
là' U  marche  d'un  volcàr  ic  d'un  af*-) 
faffiq  ?  Revient'':ili3iin6  trafvquiHe*> 
merrt  chex  lui  aptes»  fotT:crtaie  par  Je; 
grand  &  droit  ctemin  ?tH  ^y  a&roiÇî 
encore  dans  le  ton  de  Taccufc  com-*  t 
me  dans  piuiîeurs  do^firs.  tcppnfcs^ 


déSidàdtces  d'innocence  qui:  poe- 
voienfcoaibnttfe.  ks  indices  coii'-. 
tntnss;.nunt  bflf  ibdtne  ton^iu»' 
trop  à  ccois&raccuié  coupable  ;:-& 
la  1  flniime.'<i)tte  Vatoèfi  ta  tiputL 

fooTCnc  perdue  de  vue.  Pans  ces! 
avittturdi  lulhcureufeÉient  ntropi 
réelles,  où  l'innocence  «  fiicooaib6'«: 
uÉmméfiient  dans  celicr^  Oftilieu^; 
rçox.!Leliiiin^  les  Juges  n*ontl!  pas', 
érë^.afi^  exempts»  iHk  prévention  y. 
catis'ilf  «voit  de festes apparencet 
ceorcri  lui  ^  ii-^;  en  avoic  auffi  de. 
bien  ^  foeces  icn  (^  £ivei^  ^  jconCihe,  etnj 
peut  ie.^oir  daiisJefiMéinoiile$  me. 
JBârbiec  ?d'f/liicburj  *  fie  pouf  > .iki né*) 

G'^ft  pcm'j&tre:'inenifi  dani  i2e  mèr: 
langé  dTappaéeticcs  fortes. qui  oocdui 
entraîner  ks  Ju^ ,  &  de  négligienr  >. 
cts  ievcirfiiblèfiideJicuri  part  fil:  pctt^  : 
y  en  qtvoif ri)tcacu(àbles  en-jparetU 
ipatière*^  ^ué  con6flrnt:jpkinci^l-!*.> 
ment  lareftJa  moralité  oe  i3etlObf^.' 
yr^gc  ;:îl'  enitfultQSMSiaviBrtiflèéic  v. 


-,\ 


Jmn  i^Sa,  1091; 

utUe  poui: lesi  Juges  & . une  démonf- . 
tii$i.ci^9  r^iu'il;  :Uy  a  rien  à  hégUgct  4 
<)Mp4  ^  ^'^gic  ck  iiifccTnei  le  crime. 

riimpQ^i;e;éj^oucons  touC|  &  ne  négligeoiis 
Lç  ^^iipoîo  J<  plus  vil  >.  ^  Iç9^  iQQÎndrcii. 


•    ■  « 


Nous  montrent  quelquefois  de  grandes  vé-tf 


s.  V* 


Voilà  ce  que  doit  tQUJoyrs  dire  ua 
Juge*'..  -.  •  ■  /.-'•■■ 

•  Cç^Livre  d'aillçuj^  n'eft  pas.  moiss' 
pieux  que  moral  ^J^t^vercu  de  Got-- 
tçfrpap.^^ppur  bajfe^4a  Religion. l'a 
plus  pure  \  il  ny.^ jf^  dans  <îç  Ro;** 
ixia&  jlo^t  un .  hôinii)|S  de  l'ét^  de 
TÂuteur  nç  puiilç^&.ne  doivç  Vap-. 
pUudir.  On  pourra  y  trou^i^^j^ut- 
êcrç  quelques  déclamaûons  à{  lln^s 
cericains>  epdroics  qjuelque$^  jîgèresr> 
rraces  .  4*adulfitiQn  j    on   frouvera  j 
auffii.  &  ç*eft  dommage  ^.  quJp^l|^9 1 
expreOtoos  baiTes»   q^iseiques  <,Oiirfti 

Zzv] 


lojl  Journal  dts  Sçtvans y 
incoTreiis  dans  les  tnfiJfoiM  m|mw 
QU^c'elt  l'Aiiteiir  qui  parle  «  oii  bien 
«juciqiic  perfonnage  noble  ;  par 
exemple  :  ••  ceiu  impTudtntt  fÀàtr- 
n  LIT  ME   COUTER  ch.tr. 

*y  II  fallut  pnndrt  et  malhturtux 
*>bouillon^utji  fus  vingt /oii  unie 
M  de  lui  JETTER    A   LA  FIGURE. 

»UNE  fois  du'il  en  efi fof- 
nfidé.. 

»»  llejldifagréabie  d'avoir  quilqut 
»  chafe  à  démêler  avec  DES  CRABES 
M  de  cette  efpice. 

1  ImagJrjcroie-on  qiiun  kommt  dt- 
itconduton  ,  QV'vjf  MarQUIS 
a  pût  i  oublier  ^  &C.  1 

»Me  RAFPELLAKT  de  ctqut^ 
ttjevenois  delui  dire.  ■  ' 

»  Dan^  le  cas  oà  ces  filUs  EUS- 
»  SEK  T  beaucoup  de  peine.  » 

Mais  ces  taches  fonclégères  &  rares. 

Le  Pbilorophc-Mcnuificr  difcute  ' 
d'une  manière  lumineufe  &  fouvcnc- 
tioqucRre  les  principaux  points  de- 
là morale  pratique  Si  ufucile,  & en^ 
"»iir',    cet/Ouviagc   doJc    occupe»' 


me  jphcé'  tUftiogtrée  paermi  Icis  Li - 

Su'M-iàppffibUia  dt¥(fl€AL(ÈVê' 
■'*  if  Mi  dt'la  Lande  â  Mtfficurs 
'"  bx'^^btàiurs^  du  *  Journal  dis'Sça^ 

l      »  •  •  •  »  .• 


ESSIEURS, 

'  '  Je  ne  croirqis'  pas  qu'il  fut  utile 
fe  vous  tetretenif  des  folles  tentàti- 
^"fM  que  les  hommes  ont  faites  pour 
sWcVer  tn  Tair ,  fi  depuis  un  ànr tout 
P«irif  ii'avqit  été  voir  dans  la  rue 
Taranni;^  un  vki fléau  avec  lequel  le 
Sèur  BlatTchard  promet  de  voler ,  & 
G  le  Journal  de  Paris',  ^d'aillears  (t 
rdifonnable  ,  n*avoic  *  pàîd^  fepf  à 
bùtrfôrj  de '.cette- prétendue  iàpé« 
rànce','  fân^  en  montrtft  ratjfbr^té^ 
^^*ff.  Mêrcîet,  Abté  deYAbbàyc' 
aè^  ae  S;  l^gér  d^  Si[>iiron$ , 
dkJttt^^t  (^oir  cft  cahftu ,  ^îiwnblV  ^ 


\ 


Io94^  Joitriîttt  (/ff  SçofMns  , 
ntêmc  (iifpendre  foD  jugement ,  iaxit,, 
la  feuille  du  4  Avril  17^2;  mais  il., 
fait  à  ce  (ujec  tjiielqucs  remarques 
d'érudition  par  Iciquellcs  je  coni- 
ijic^cciai  mes  léClcxions  lur.Tarr  d^, 
volet.  Roger  Bacon  avoit  eu  l'idce 
dunch»  volanci  qui  a  peut-être 
donné  au  Cbanoinc  d'Ei^ampçs.,  M- 
dcs  MazuTcs ,  l'idée  de  ton  cabnoJec 
volaDt,  donc  on  n'a  plu^  cE^rendu 
parler.  Lp  P.  Honoré  Pa^rj  i'étoic 
occupé  d'un  vaiiTeau  volant,  aullî 
bien  que  plufieurs  aucces  Phylî- 
cieni,  dont  George  l'afcKius  indi-, 
eue  les  noms  &  les  Ouvrages  dans. 
fcs  Inventa  ^çva  jinùqua  ,  cliap. , 
VH ,  pag.  636,  édit.  de  lyoo  ,  , 
1^-4°.  L'on  y  trouve  aulfi  des  obler- 
valions  cuiieules  fut  l'acide  volec, 
dans  les  aifs,  fur  ceux  qui  ont  tenté 
de  voler ,  fur  plultcurs  automates  vo- 
lans ,  tels  que  le  pigeon  de  Bois 
d'Archjitas ,  de  Tarcnte  ,  celui  da  , 
P.  Kirehcr  Jéfuitc;  la  mouche  Se 
l'aigle,  dont  on  attribue  l'invention 
au  céiçbie  Regiomontaaus,  Cetce 


','-  Juirir  iy9%.  1095 

moâchc  de  fer  vola  ,  dit-on  ,  (uc 
plufieurs  pcrfonnes  ,  à  Nuremberg  ; 
Se  i  aigle  9  après  êcre  allé  au-devanc 
de  TEmpercur  Charles  Quttir  à  une, 
diftance  aflèz  conCdérablc  de  cette 
vUle  9  y  rameDa  ce  Prince. 
.  Le  P.  Laoa  »  qui  s'ctoit  fortoc^ 
cupé  de  mécbanique  ,  employé  tout 
k  chapitre  quatrième  de  ioù\  Pror*, 
dromo.  aie  aru  MAtfiraj  à  prpuver  la 
poffîbilité  d'ut^  vaiâcau  qui  iroi( 
dans  Fair ,  cooime  les  bateaux  navîr 
eenc  fur  l'eau  j  ce  vailTeau  devoifi 
ctce  à  mâts  &  à  voiles  \  l'Auteur  en 
donne  la  figure  à  la  fin  de  fon  vo-^ 
lume  i  il  avoir  %  à  la  poupç  &  à  la 
proue  9  deux  montans  de  bois  9  por*; 
tant  chacun  un  globe  de  cuivre  qui 
dcvçit  être  exaâement  purgé  d'air# 
Des  induâions  tirées  de  la  pefan* 
teur  de  l'air  &  de  la  légèreté  qu'acr 
qoicrt  un  vafe  qpi  en  cft  purgé ,  pei<> 
luadèrent  au  P.  Lana ,  que  quatrç 
globes  dont  il  armçroic  fon  vaiiteau  , 
contrébalJMiçant  Tuffifamment  y  p^ 
leur  lé|[èreté  le  poids  de  cette  t^ 


logfi  Journal  des  Sçavans  , 
<:hinc  &  des  homnics  qu'elle  icnfer- 
moit,  ce  valireau  monteroit  ncccf- 
foiremcnt  en  i'âir  dès  Cjuc  l'on  cou- 
peroic  les  cables  qui  le  retciioient 
îurlc  ch3n[iL'r;  qu'il  s'y  foutiendroic 
&  qu'il  vogucroir  en  Tair  aulîi  ta- 
cilcmeni  que  les  bateaux  iur  l'eau. 
L'Auteur  ajoute  que  la  rhéotis  fur^. 
laquelle  il  érablir  la  podibiiiré  de  Ion 
VitilTtait,  ayant  ^té  foigniufcmcnt 
examinée  par  des  perfonnes  habiles, 
elles  n'ont  trouvé  aucune  crrcui  dans 
fcs  calcuN. 

Le  ProdroT.o  du  V.  Lana  étant 
fort  ditStilc  à  iroiivtr  à  Pari',  M. 
dcS.L.  avertit  que  Jean  Chrilioplic 
Sturmius  en  a  traduit  ît  fhiapitre en- 
tier, furJa  confttuaîofcidùyaïfleaa 
volant  ;  cette  fràduâton  qui,  pat  la 
comparaifoti  que  M.  At%.  Legcf  en 
a  bite  avec  l'original  Italien ,  lui  ti 

Êatu-esafte,  efl  réimj^rimée-dâtH  le* 
j»rc  de  Pafchiùs.'    -  '  "■     '  ■- 
■  'Gepeii^ant  tint  -feor'  JuB  1»ftMii. 
ctAip  dé 'calculs  poôt'fenvtrilcrks 
*^s  du  P.  iani.   L'air  ^  huid 


Juin  1781.  1097 

ccBt  foÎJ  plus  léî^cr  que  Tcau  , 
ainfi ,  le  bateau* qui  fc  fourient  dan^ 
l'eau  dcvroir  non-feulcmcnr  erre  vide 
d'air*;  mais  avoir  huir  cent  foisj>l'i$ 
de  volume  pour  la  même  malTc.  Un' 
homnie  a  beloin  d'occuper  environ 
deux  pieds  cubes  dans  l'eau  >  pour^ 
s?y  fourenir  ^  luppofons  que  lebareau 
pèfe  feulement  autant  que  Thomme  ," 
si  faudroir  qu'il  occupât  quatre  pieds 
cubes  dans  x  eau  ,  &  trois  mille  deux 
cens  dans  l'air  ;  ain(i ,  il  lui  FaudroïC 
une  chambre  qui  (ûc  quinze  pieds  en 
fous  fcns-,  qu'elle  tût  vfdée  d'air  ,  & 
qvi'ellcnc  pefârpas  plus  qu'un  hom- 
me j  ce  qui  èft  humauicmcnt  inipo.'- 
fible. 

'^  Oh  a  cherché  à  fuppléer  au  vo-  ' 
lume^  parle  moyen  du  choc  des  aî- 
lës  ,  à  la  manière  des  oifeaux  ;  mais 
ctM  tft  également  împofliblc  ,  à  rai- 
Ion  de  la  foiblcfTe  des  mufcles  et 
l'homme;  relativement  à  là  malle 
qVil  ï'agit  d'élever,  -à  la  quantité 
ifmir  quLÎl    faudroir  '  frapper-,    ic 


{ 


V^^Zj  Jet/maldts  SçMvdnst 
à  la  vircHè  (|ii'U  faudioit  donner  w^ 
mouvement  des  ailes.  - 

M.  Coulomb,  habile  Ingénieur,  ac*; 
lueilcmcnt  de  l'Académie  des  Sçien», 
C|Cs ,  y  a  lu  un  Mémoire  en  17S0,, 
dans  lequel  il  ex3Ri:iic  le  plus  grandi 
cftct  que  les  homnïcs  peuvçni  pro-, 
(luire  pendant  quelques  ftcohdqs.i, 
cn.-conridccant  le  produis  de  la  vÎk. 
tclTe,  du  rçms  j  &  du  poi4s  ;  &  yi 
appliq+i^ni  Ifs  expérience^,  j1  irouviCi 
qu'un  honjine.qui  pèfe  ce(ir  quatanfc, 
livres,  ne  peur  cx.cçer  une  prel-, 
{ioii  cgaj,c  à  cenc  qtiaranre  iivies  *, 
qu'avec  une  yîrellc  de  trois  pieds  pat 
(cconde  ;,  &  qu'il  faudtoïc,  pour  le. 
foutcnir  en  l'air  ,  cjue  îa  furface  des  ^ 
afies,  niUL-savec  ceccc-vîceflp,  fût  de 
4puze  mille  picdj  ;  il  ne  poucroiMa*' 
rnais  augmenter  fa  preflîon  fans  d;-; 
mjnuer  la  vkcIIc;  ainfiiln'ya  au--, 
cun  bras  de  levier  ni  aucune  machine 
qui  puifle  augmenter  cet  cffeu  Mais  ; 
comme  il  y  auroit  niceirfiireïçenc  4* , 
teins  &  des  forç^. perdus  po^r  iç*, 


Juin  l^%^.  ...  loM 
lever  les  aîlcs,  &  pluficurs  autres  ef- 
fets à  déduire  de  ce  réfukaf  y  il  faurf 
droit  peut  être  douj^ler  ou  tripler  les 
ailes.  Or j  il  e(^  yilibJc.ment  impoC- 
(îble  L^u*un  homme  puifTe ,  fa^ns^vpir 
d*autrc  point  d'appui  quelui-niême^ 
foufenir  8e''maficEuA£r  des  plans  de 
ceril  jquatrc  vinjjt;  pieds  de  long»  & 
amant  dclàrge,c'eft-àdjr«,pl'jscten- 
^us  quç  lef  voiles  d'un.v>ii(]cau  ;  cria 
(uffirpour  flirter  qujauçune  tentative 
^ans  içe  ge<vrç.»iiV-fçawroît  jamais 
rèiiffir.  lies  oiicaux  ont  les  mufclcs 
dcs.^l|s%^b|îaïic/pUp  plji^ torts  i:  à  .p'tlo- 
portion  du  poids  de  lair  corps ,  6C 
\\%  'peùVçiH  donner  à  leurs  itîlcs  une 
plus  giandç.viuile  que  celle,  dont  un 
f^ommç.eft  capable  ,  d'après  Tcxpé- 
riencc.  Ainfi ,  rinpnpîlîbiluc  de  te, 
ioutenir  en  frappant  Tair  ed  aulli. 
certaine  ,que  Timportibilité  de  s'cle^i 
ver -par  la  pcfanteur  (péciâque  dcSr 
corps  vidés  d'air« 


^  « 


j^ 


X 100  Journal  dtt  Sçavans , 

TttAtTtdtla  SèJuaion  ,  con- 
Jidirit  dans  tordre  judlciain.  Par 
M.  Fournil  f  Avocac  au  Parle 
icfnt. 

Uitrt^  non  abattre, 

-  A  Paris,  chez  DEmoiiviiie  ,  Im- 

•    primcui-Libiaiie  de   l'Acaiiei:>îe 

.   ï'ran  çoilc,  rue  Chiirine,  lySi» 

Avec  Appoi  acion  &  Pnvii^gc  dit 

Roi.  Un  vol.  ia-ii.  de  461  pag. 

Premier    Extbait. 

CE  T  Ouvrage;  cft  conracré  X 
traircr  de  la  Séduflion  em- 
ployée conrre  les  filles  ou  veuves  , 
pour  parvenir  à  triompher  de  lent 
iagcJIc.  L'objet  de  l'Aiireur  n'cft  pas 
de  confidércr  cet  attcntar  (ouï  les- 
rapports ,  avec  la  reln;;on  ni  la  mo- 
rale ;  mais  feuieinetic  tous  ceux  <]u'it 
peut  avoir  avec  l'ordre  judiciaire  ,  . 
&  de  réunir  en  corps  de  droit  1« 
diâfâens  principes  analogues  à  cette 


Juin  €781.       "   i\o\ 

atîifc.  Ce  traite  eft  d'autant  pljs 
île  qu'il  cft  uniquement  dcftiné  à 
^profoodir  cette  matière ,  &  que 
ux  qui  aarpient  à  la  traiter  .de- 
ut  les  Tribunaux  ^  y  trouveront 
unis )  tous  les  principes,  les.au- 
rites  s  Içs  moyens   &  .  les  déci« 
>ns  des  Tribunaux  fur  une  matière 
iffi  délicate  &-auffî  }ntcre(Ianto 
Hir  les  p/èrcsj3c  mères ,  &  pour  les 
l^  fàges ,  mais  foiblcs  9  que  Tarti» 
:e  des  hommes  audacieux  &  liber- 
91.  parvient  ï  fédgire.  Beaucoup 
Auteurs  ont  traité  c«tte  matièret 
aïs  très*légèrement  &  dans  desOu* 
âges  5  ou  Diâionnaires  j  où  ils  en 
■îtoient  en  pafTant beaucoup, d*au-. 
es;  mais  M.Blondel,  Avocat ,  eft 
premier  qui  l'ait  traité <xprofeffo^ 
;  qui  ait  raiTemblé  dans  un  Teul 
irp«  d'ouvrage  tout  ce  qui  la  confi- 
rme. .  ) 
Nous  allons  tâcher ,  dans  ce  ^re« 
lier  Extrait,  de  donner  une  idée  de 
i  dîvifion  de  cet  Ouvrage ,  fi  im- 
ortaac  pour  ks  famiUes^  &  de  i  oe^. 


i 


«,i..cip«''  ,"'„,  1,  détail  J«  'i*'^. 


par,.»,  q-fo^v'S.  "'*»""■ ';"*■ 

1^,1  pém-i.  »««„•„,  que 

fe«confon'î'=f°"^,a=  «*«*■>," 
«  ™v  cot.l4q>«« '"  f 


TtàTF. 


U  Oédaration  de  17^9  rexpref^ 
fimï  de  ^ommtrct  jlUtucy  pour  déH* 
gaop^qexjuieft  cohmiidans  le^drbic 
>vafinn!Mr  A^motfiapre^  Téfetvant 
Id  tkpe  at^tf/'/  ^  ftduâficMi  pour  un 
délit id^iitie  dmtt  efpèce  ^  6c>qui  dr^^ 
fère^cflciitaiéiyeitilknient'da'  com* 
«lenft  UKsm  :p2»  fod  objet  &  pat 

.  £  lifÂmrtir 'développe  d'une  ina« 
.sière^«rès--daire  dans  ce  chapitre 
.  piaf limmire  5  cette  divifion;  nous 
gUoni  rupponer  fes  propres  e}^pte& 
fioBf  9  <1  après  Iclquelles  le»  ^  \zJsSp^ 
^cecns'J»  pourront  juger  de  fon  ftile  ^ 

de  f*  méthode. 

■\i-  «Lorr4|ue4e  ilupce  eft  Tcffet  de 

->#  la  feule   fymparhie  des    inclitia* 

étions,  &  qu'il n'eft  intervenu  dans 

.  «la  fédudion  exercée  envers  la  frm* 

^«jtie»  d'autre  agent  q^e cette -impui-* 

*iion  catutelle  qui  rapproche  fatis 

V mfltt un  fexe  vers  l'autre^  ceft  ce 

:i»mi  Vappeile    commercé  iUicÎH^ 

èibaifa^  criminelle^    concubinage ^ 

mkaiisudê  chamillc^^^êc-àtiii  biai 


 


1104  journal  Jts  Sçavaas , 
«  douce  fort  grave  aux  yeux  de  li 
m  Religion  ,  puifqu'il  offre  l'mfrac- 
m  tion  de  J'un  de  fcs  préceptes  lis 
■>  plus  tigouTcus  ,  mais  roléré  par 
H  notre  conJtttution  civile  ,  qui  ne 
«s'en  occupe  qu'aurant  qu'il  feroit 
■taccompagaé  de  fcandaie. 

»  Si  le  trioniplic  remporté  fur  1* 
ufàgellc  d'une  femme  n'cll  dû  qu'à 
«des  manœuvres  criminelles  &  à 
••  des  moyens  odieux ,  le  commerce 
willicirc  prend  le  cjraificrc  d'imc 
»  \ti\;fidu3ion,  quiexpofe  lecou^ 
B  pable  à  des  peines  plus  ou  moins 
»>  rigoureufcs ,  fuivanr  les  circonP» 
«  rances  &  la  qualité  des  perfonncba 
«Entin,  (i  ia  fédu£lion  ne  s'tH 
npas  bornée  à  la  ieuic  infiaâ'toa 
H  des  loix  delà  pudeur  ;  H  elle  s'eft. 
»  étendue  jufqii'à  blclfei  la  puifTance 
»  des  parîns  InrJcjrs  enfans  ;  (î  de* 
»  vues  d'intérêt  &:  d'ambition  fc 
»  font  mêlées  au  Héibrdrc  desTcns, 
»alo[S  patoît  le  rupidijiduHion;»' 
Ce  liant  CCS  diflïrens  objet^qul- 
fooc  ttaicéstians  les  trais  paiciES  de 


Juin  I7Î1.  iioy 

cet  Ouvrage,  qui  font  divifccs  par 
chapirrcs  &  les  chapitres  par  para- 
graphes 9  &  on  trouve  avant  l'Ou-^ 
vrage,  une  table  de  ces  chapitres  fc 
de  leurs  paragraphes ,  &  à  la  (in  du* 
Traité  une  table  des  matières  fort 
ample  &  fort  claire,  &  par  c6n(c- 
q  jcnt  tris-utile ,  pour  trouver  fur  le 
champ  refpècc  particulière  que  l'on 
auroit  à  traiter  en  juftice. 

L'Ouvrage  cft  précédé  d'un  aver- 
tKTement  très-court  &  trèi-modeflc , 
dans  lequel  l'Auteur,  en  difantque 
fon  motif  aété,  en  raiTemhlant  dans 
un  Tfaicé  les  principes,  les  déci- 
dons .&  les  autorités  relatives  à  la 
féduâion  des  femmes ,  d'en  former 
im  corps  de  dodrine  auquel  on  pût 
recourir  dans  l'occaiion.  Il  s'excufc 
d'avoir  quelqucifois  combattu  les 
déciftons  d'Auteurs  accrédités  ;  ce 
n'a  point  été ,  dit^il ,  par  le  goût  de 
la  nouveauté  ;  il  a  cxpofé  Tes  rai- 
fons ,  &  il  laide  aux  Juritconfuites 
à  juger  de  l:ur  mérite. 

il  juftiBc  cnfuite  le  titre  de  Tr^iti 
Juin,  Prcm  Fol.  hw 


dû.  Uh  féitftiSidu  qu'il,  a  iwnk  '  &'  fou 
Livre ,  -  que  lu  :4àiecte  de  «cm  lan- 
gue la  iofci^e^véifrer  i  toutAiirrc) 
6c  la.  mêofic  ration ,  dî^il  ^  Ta  dé- 
4écerQii0é  i  introduire  le  terme  d*ao^ 
êiçM  ûfi  ditlaranon  dePaiermté  ^ 
pOMS-  je9pffin]^.raâ!t0O'*0ui  appar*^ 
^enf*  àr-UDc;  fiUe  çpniie  l'auceun  dç 
la  gtqÔkffç^oxiLifm,  timumàùûkmï 
entant  contre  cdui  qu  H.iaècciid^BCfe 
fon  père  HatftreL  *  ' 

On  avoit-^  4ans  -qaelqiiBf  Pro* 
vihces  de  Fnmçe^  appelle  tfoKa^  êii. 
iflgravUtiéi^ffïf  >:  b  tfemaodrf  icjm 
iormje  luiC  6Ue  enceinte  cootfcraa- 
t€ur  de  fa  groflcffe  ;  nais  o^exx- 
preffion  p^oit,  avec  fâi(bo/Jfii« 
projpreà  notre  Aamiri:etle"9econ« 
v^cnt  qu'à  1#  demaslde'fbrnaéepar 
lUie  mio  enceinte»  ic-non  à  celle 
4*^i%e:6iie'âp.ro$  ion  w^nchcEoitnc:: 
en  ^qndi  Upn  %  cUc  àr,  poucrctte 
convenir  à  Ifi  demande  formée  pio^ 
Tenfant  coitfie  ion  père  natotel;  au 
lieu  que  la  demande  en  déclasatioa 
4e  paccmité  le  concilie  avec  toutes 


Juin   1782.  1107 

les  hypothèfcs ,  &  qu  elle  cft  d'ail- 
leurs plus  honnête  &  plus  décf*ntc. 

Voici  comme  i'Auceur  £aic  iba 
AverrifTemirnc.  , 

ce  Je  dcïire^  dic*il ,  que  l*on  ob- 
•»  ferve  %  cecte  occa(îon  Tatrentioa 
^  extrême  que  fai  eue  >  dans  le  cours 
M  de  cet  Ouvrage  >  à  ne  rien  laidèr 
v>  échapper  qui  s'écartâc  de  la  plus 
9»  fcrupuleufe  décence. 

M  Je  m'en  fais  d  aucs^nc  plus  de  gré 
»  que,  d'un  coté  ^  la  nature  de  TOu- 
M  vrage  femblpitautorifer  bien  des  U- 
»>  bertés  à  cet  égard  *,  &  que ,  de  l'au- 
»  tre  coté,  f  avois  fous  les  yeuxlexen)- 
^  pie  de  plufîeurs  Auteurs  graves , 
«»quinonc  pas  ufé  de  la  même  re- 
•'  tenue.  Ceux  qui  font  familiers 
a»  avec  les  Doreurs  ,  favent  avec 
wquel  cynHme  ils  ont  traité  cette 
»  matière  ;  &  il  y  a  tels  paflages 
^  dans  les  Ouvrages  de  Boërius^ 
•3  de  Névifan  ^  de  Menochius ,  qui 
ipne  peuvent  être  honnêtement  ni 
a>  traduits  ni  cités.  » 

Cette  attention  de  TAuteuc  më^ 

Aaaij 


Ijbflf  Journal  ii$i  Sçavans , 

ritefiins  cloute  c)u*on  lut  en. fâche 

gti  ,8c  ajoute  un  pris  à  fon  Ouv  agc, 

ilu  foods  duquel  nous  obu^  occu« 

pcrons  avec  plaifir.dans  un  fécond 

Extrait. 

[Ex.  d€  MiCoquetey  dt  Cbauffipierre,] 

ÉXTRAÎT  des  Obfirvdtions  Mctio^ 

iolé^ques  faites  à  Montmorency  ^ 

par  ordre  du  Roi  ^  pendant   U 

mois  de  Janvier*  ijSx  ,  par  le  R. 

'   P .  ÇotH\  Carre/pondant  de  C Aca* 

-demie  Royale  des  Sciences^ 

L'hiver  ne  s'eft  point  encore 
fait  (èntir;  Taîr  a  toujours  été 
fort  doux^  comme  il  Tavoît  été  en 
Décembre»  afîcz  humide  &  ora- 
geux ;  la  température  étoit  bien  di& 
feremô  en  Suède  y  en  Allemagne, 
en  Ruffie ,  en  Hollande ,  d'où  Ton 
mandoit  que  le  froid  étoit  très- vif 
&  la  tieige  abondante  dès  les  pre- 
it^iers  jour»  de  ce  mois.  Le  1 1 ,  )*at 
entendu  la  grive  ;  les  boutons  de 
jp!u(ie4r5  poiriers  étoienc  très*  gros  ^ 


Juin  1781.      *    11^9 

ceux. de  la  violette  &  des  jacinthes 
éfoient  prêts  à  s'épanouir  j  \qs  pri« 
nievers  des  jardins  fleurifToient  \  on 
yoyoit  des  amandiers  en  deurs.  Les 
abeilles  n*ont  point  été  engourdies» 
Les' blés  étoienr  très-beaux  &  très? 
forts.  Le  •  peu  de  neige  que  nous 
^vons  eu  ,  eft  venue  par  giboulées  ^ 
comme  dans  le  mois  de  Mars  :  mais 
auffi  il'  efl  à  craindre  que  la  tempé- 
rature du  mois  de  Janvier  n'aie  lieu 
en  Mars. 

.  Températures  eorrefpondantes  aux 
différens  pqint^  lunaires  Le  3  ^  (  4.^ 
jour  aprhs  la  P.  L.  )  couvert  >  doux. 
Le  6  >  (  Z>.  Q.  &  équinoxedefcend.  ) 
beau*.  Le  7,  (^périgée)  couvert, 
pluie  9  grand  vent.  Le  ^ ,  (  /{.^  jour 
avant  la  fJ.  L,  )  couvert ,  pluie  ^ 
tempère ,  froid  le  lendemain.  Le  1 2  j 
^lunip'uc  aujlral^  beau  ,  froid.  Le 
13,  (M  £.)  idem.  Le  17,  (4/ 
jour  après  la  N.  I.)  nuages,  pluie, 
vent ,  grêle ,  tonnerre ,  froid.  Le  19 , 
(  équinoxe  afcend.  )  couvert , brouil- 
lard, dégel.  Le  zi ,  (  Z'.  Q  6»  apo* 

A  a  A  \\\ 


II f6  JottfPiâF iis Sçavans f 

géê )  nuages  ^  plutè ,  douis.  Le  ï^'l 
(  4.C  jour  avant  ta  P.  L.  )  nuages  ^ 
pluie  9  grêle  >  tennpête.  Lé  16  j 
(  lunijlice  bùriat  )  couvert  9  pluie  » 
f€mpéte«  Le  19  ^(^P.  L. )  nuages  j 

wit  ftoM.  •■■  '. 

•    Tcrrspbamu'  de  ce  tndis  éani  tes 

annits  de^tapiriàtté-tânàm  totf^pon^ 
Janics  vè  éeilâ'^i,  Quamiié  dtptuitL 
En  1695^,  )5)i*lig.  En'î70^,  S  7  lig; 
¥cw  d'èft.En  *7i  5  v^  5  7  Jf.  En  1744  ^ 
5  ^  îi.  Plus  grand  froid,  à  Pa.rFs/ 8  ^  de 
roiicteifârkft*  4à\4  }  &'  I  Dcriiain- 
villjrsî  9  ^  èïéMtori^firtipn  le  î; 
Plue  grande  éUv^nion  du  iarômètre,. 
«  Paris  .  iS  pb.  7  lig.lç  4.  Tcmpé- 
laturc  froide   &   fçchei  En  176J. 
Gelç  cominuelle  jufqiiau  19.  P/ai 
grande  chaleur ,  9 1 '^  le  29.  iP/w^ 
gfàhd  frûîd^  10*^  de  conddifarîon 
le   i^.  froid  moyen ^  (la  chàlcui^ 
ayant  été  nulle)  i,  i6^de  con-^ 
denfaçien.  Plus  grande  élcyaùon  dt^ 
haromhre  y    17  po.  lO  lig.  Je  15. 
Moindre  ,  t6  po.  1 1  ,  O  lig.  le  31.' 
Moyenne^  17  po*  6  9  o  lig.  Nombrt 


.  tr    JtiiM  1781.  un 

des  jours  de  pluie  ^  4*  De  neige     f. 
De  vent ,    i.  De  brouillard ^  7.    Eft 
178 2m.  VentdominaMy  fud  oued  \  il 
fur  violent  les  3,  5  »  7  ,  9  ,  10  . 
16  9  &  jfurtour  les  15  9 16  ,  17  ,  18 
.&  19;  JNus  grande  chaleur  ^  9'^  8-^ 
Ic'i.à  ^  U.ydir,  le  vene  fuvi.oHeft 
&  Je  ciel  couvert.  Pius  g^and froid  ^ 
1 ,  9  ^  de  cond.nfarion  le  -i  ;  ,  à 
7.^  h.  matin ,  le  vent  nord-ç(l  &  le 
.ciel  couvert ,  avec  brouillard.  Dif- 
férence y  12,  7^.  Chafuirmoy^nne^ 
au  ;n^2///i  ^  1  ,  8  >^  ;  à  m^Vi,  5  ,  !  ^^ 
auyoirr  }  >  5  •'•  Duyo//r,  3,  8   . 

P  lus  grande  élévation  du  meneur  e, 
28  po.  4  ,  8  lig-  le  1 2  ,  à  9  h  /ô/r, 
le  vent  nord  &  le  ciel  couverr. 
Moindre  ,  17  po#  f  ,  4  li  ?^.  le  9  ,  à 
8  KJoir  ,  le  vent  fud  oucft  f^rc ,  & 
le  ciel  roiiverr.  \Diflrcnce^  1 5  , 4  li, 
Elé¥aiion  moyenne  ^  au  matin  ^  27 
po.  10,  I  lig- ;  h  midi ^  17  po. 
10,  2  lig.  ;  ùufoir^  27  po.  10, 
5  lig,  D\x/oury  27  po,  10,  3  lig, 
Marthe  dw  barotnltre.  Le  premier  ^ 
à7^  lu  matin^  27  po.  10,  3  lig. 

A  a  a  iv 


Du  i.^'^  au  4  ^  monte  de  3  ,  j  Kg. 
Du  4  au  5  ,  baiffi  de. 3  ».  €  lignes. 
Du  }  au  ^>  ir»oii//dexV9  lignes. 
Du  6  9tt  ,9^>  ^fi/^  de  i&  »  1  lignes. 
'Du  9.201^.11»  mQwé  de  lî^^lig. 

'th^i^  au  j7,^À^dcc«^9  ïi.ltg. 
Du  17  .au  3iO ,  W^Mr^  dé  4 vT^li^. 
Du  10  au  11  i  baiffi  de  x  »  X  liig. 
Du  XI  au  23  9  montidc  y,  f*  hg« 
Du  X3  au  x6 ,  ^ni^i?'  de  9  *  5  lig. 
Le  16  ^  monié  àc  4»  9  lignes 
Du  x6  au  X9.;  taijjl^  \k^  ii^9  ^^gr 
pu  19  aû.31 1.  momi  d^  9.y~x  lig* 
^^  3  ï  f  à  p  ïi.fpir^X'j  pp.  Jav  *  ï  "• 
On  voir  qu'il  a  prodigieufeitient  va- 
rié furrouc  en  montani  >  les.  3  ,  d  » 
8,  10,  18^ XI»  25  ,  z^»  30&  31  ; 
&  en  defc^ndant  ^  les  7  ,  9  ,  16  , 
26  ,  27  &  29, 

Hygromhre  dc^  Béé  Buijpxru  Plus 
grande  iUvation^.xi  ^  -4^  le  x^,à 
i  h  y^/V,  lèvent  nord-oucft  très- 
fort  &  le  ciel  en  partie  couvert. 
Moindre  y  1,0^  le  21  ,  à  7  -j  h. 
matin  ^  le  vent  liord-oueft  &  ie  ciel 
.couvert  avec  pluie.  Di§innce ,.  204 


,     Jtii/i'iySx,  in^ï 

4^.  Elévation  moyenne  ,  au  matin  ,. 
8  ,  J  ^  ;  à  midi  y  13,  6  '^  5  au  Joir  ,. 

»i',  o^.  Du/our,  If  ,  o^. 

f.  L*bygromècre  de.  M.  i>^/i/c  Terra 
bientôt  réparé  fous  les  yeqx  .niciné 
<}e  fon  inventeur  ^ui  c(l  à  Paris. 

L'aiguille  aimantée  a  été  Aacix^n- 
fitirc  è'20  .^  25  '.Elle  éft  audi  pref- 
que  ftationnairrà  Francker  en  Frife^ 
&;  continue  de  tarier  à  la  Haye»  eu 
Hollande.  Y  auroit-il  des  périodes . 
de  variation  &  de  dation  relatives 
au  tems  &  aux  lieux  ?  C'eft  le  foup» 
çon  que  forme  M.  KdnSwindtn  , 
&  que  Tobfervation  feule  peut  con- 
firmer.' 

Jl  eft  tombé  de  h  pluie  les  i  ,  3  ^ 
5>7>  8,  9, 10, 16, I7,xi,2x 
13,15,  26 ,  27',  28  &  30.  De  la 
neige ,  les  1 8  ,  27  ,  30  &  )  i  ;  & 
de  la  grêle  j  les    j6,  17  ôc  25.   La 

auantité  d*eau  que  j*ai  mefurée  a  cté 
c  iJfy  9  lignes.  Du  27  au  31 ,  il 
en  eft  tombé  12,3  lignes,  plus  en 
nrige  qui  fondoic  auiCtôt ,  qu'en 
pluie.  XJivaporation  a  été  de  i  ^  lig.. 

  a  a"? 


dans  le  vafe  de|  poocos^  9c£kt% 
dans  le  têlk  àc  éfouctê.  J*ai  iieii  <lo 
croire  que  Ici  grwds  vents  on  £iue 
fortir  de  Tcaa  de  ee  Asrniet  fmfc  en 
ragitanr^  fa  furface  iunc  qiUKie 
fois  pins  gfande  que  celle  du  pçtk 

Tâi  encenda  deux  poupe  de  imm 
mrre  éloigné  ie  »7  aptes  «nid»  '  -  -* 
»  Noos  ii*avo»  pout  ett  de  ma» 
hdest 


I.* 


♦ 


Juin  17S2;  f  115 


KOUFELLES  LITTÉRAIRES. 

PROSPECTUS  d*un  Outrage 
inticiilé ,  De  rtladone  mmua  ca» 
paeisaiis  &  ttrminorum  Figurarum 
geomeirUt  confidtraia  :  Seu  dt  Maxi' 
VHS&  Mimmis.  Pars  Prier  elcmenta* 
ris^  C€ft-à*dircy  fur  la  dépendance 
mutuclie  de  la  grandeur  des  figures 
&  de  leurs  limites  conHdérée  géo- 
tnétriqucment  ;  ou  première  partie 
élémentaire  d'un  traité  de  Maxims 
êc  Minima.  Par  Simon  LhuiUiir^ 
choysn  de  Genève.  Cum  Fig.  in-/^^ 
Vétrfàviœ  Liopoli  &  Drefia.  typis  SC 
fumpùbiis,  M.  GrolU 

Ce  Profptôus  a  8  pages  m- 11. 
On  y  voit  que  l'Ouvrage  a  dû  paroî- 
tre  au  mois  de  Février  ^  en  X40  pa- 
ges i«-4^r  avec  6  planches.  Il  elk 
dcftiné  .à  Icrvir  de  fuite  aux  .élé* 
mtn&  de  mathématique ,  que  f  A»- 
tcttf  a  compofés    pour  réducatioa 

A  a  a  ^î 


nié  Joummt dis  SfivéUis f 

.publique  cn.I^logaQ^ ji apt^.rapr 
pcobar^on  8c  l^ovicauiHi  àç  la  f  m»- 
'miffibn  établie  pour  câ  'Vnfi(H>irtànc 
obje^cQl^oiqitç  Qp  witj^ ,  ^>ffl  dans 
fa  totalité  >  ne  piniTc  pas  iervir  de 
b^Çç  «ut  IfiÇ'om  piiblîques.  dsins  le(^ 
jqucU.cs  earoft-  obligé  de  refermer  les 
tobiccs  9  ^  d'infiikx  fiu  o^ux  donjtkf 
^ppUcaum$  (Q|it.lç$i.:pit|j^  fréquciift;^ 

AOkûTSitt,  ^^yx,  ,Maîiîrcrf.  fid vnciii'  '  è 
fou  inlpeâjoo  i  de  regarder  ce  livrç 
<ofniiie^n  rupplénaeot  important  au 
cours  qtii'Jçii/  eft  preicrir  de  fuivre 
fil  ComAfç  mx.fnôyen  diP  f^riifiiêr.dan]^ 
J^4J(q[ien^  &  de  prép«rçf  aUx,  parrit$ 
^lus  di&ilçt,  les'içune9  gea$,^ue 
leurs'  âifpofititiiUs^poc^eToae  ifaiie^ 
.une  .étude  plus  fuivie  des  snathéma-' 
xiques  ^  de  ieujTMppiicacipiis./  .    > 
.    L'P^yîagc,eft  divifc  en  d^uklir 
Xrcs.|dwtJCtt0<:4  Jr^ttf i£  à^Xv4nfir* 
ce^  pikl^siaMjc  iSgur<)s  i6)p4ri^étrcs 
^i'flQc/û^O^lémcntaifç:;  Uicçpfid 
Ijyrcjraicp  de&ioiidçs,  cpn&rinç? 


«> 


'  Juiniyîi.  1117 

ment  à  la  divifion  des  élémcns  de 
TAurcur,  Dans  celui-ci  ronrrouvc 
pat  exemple  TeTpèce  de  cône  droic 
qui  jouit  de  la  pro^priéfé  dii  tnini" 
rhum  •miiiimorum  de  furfacc  avec 
]a  mênfe  folidité.  La  féconde  partie 
traitera  des  Maxima  ù  Minima  j  par 
Je  calcul  intégral,  (i  TAùteur  trouve 
MtCct  de  tems  pour  y  mettre  la  der- 
rière main. 

f  '  Op  trouvera  cet  Ouvrage  à  Paris , 
Éhez  Quillau  aîné  ^  Libraire ,  rue 
Chriftine« 

ITALIE. 
B  E    Rome. 

Del^  origin^  ed  iflituto  dtl  Sacro 
militar  ordinc  di  5.  Giovambattijla 
Gierofilimitano  detio  poi  di  Rodi  y 
pggi^di  Malt  a  Dijftrtatïont  di  Panh 
j^ntonio  Paoli  délia  Congr,  Délia 
Madré  di  Dio^^PreJuUntedell^  Aca^ 
demïa  de  SJgnori  Nnbili  Ecclefiigfikr\ 
m»mà:    îy8i»  Nella  SJûtmf^fiarJi 


\ 


11  tS  Journal  d^  Sfdvàffs , 
Luigi  fatgo  Séibfiom.  itUi  S^^ 

in*/^.  fivçe  5ine  Eptm  di^dioicoiceii 

RomitnU6tJ€  BraJMx  Omê^Aiff^ 
dcUa  Sàathm  4i  Né  S.  Fh  Pmpd 
VP.  Su0  Ma^pmrJêm  «  Ç^éUêm 
dur  OfSn€  Mifofidmih- 

neveu  de  Scbaftièn  Pabli,  viniks  Jiifif 
lortefis  .<Ir  XS^àtt  et  MaIiCc  i  <|«i/cn 

fcnrimenc  fur  rorigine  &  l'éiid^liâc-^ 
ment  de  cet  Ordre  le  diftingue  de 
rous  ceux.^ul  gHr  écrit  uvant  lui; 
nous  eflajerons  de  le  (aire  con* 
ùoitre. 

m  S   F  1  o  A«  W  ex» 

Rtftreuo  iklP  Oprvmiioiu  ittt 
Eclm  Soiéin.M  di  i^.OSohnf 
dm-àntn  tmniut  ty9t,'fatt»»elUi 
yiH».  di  S.  £,  il  JSig.  Cita  Aihtr&  ^ 
iniiiogÊhdtttè  Mt^ifuMHUdit  Aka» 
Jsomuîk  Xitmmt  MatoMiitm  M 


Juin  1781»  1119 

S,  A.  R*  Socio  dcW  Accademia  M 
Pimoburgo  &c.  E  Ridotta  al  tempo 
V€rù  dtl  meridiano  di  detta  viiia  in 
Finn{€.  1781.  16  pag«  in* 4^. 

Gctc'e  Obfenracion  a  été  faite  pat 
le  ?•  lOtncnes ,  Aftronome  célèbre  » 
donc  nous  avons  eu  occaHon  de  par- 
ler plus  dune  fois /fous  le  même 
méridien  que  Florence ,  mais  c]ua« 
%H  minutes  plus  au  midi.  Le  com- 
mencement a  paru  a  7  h.  )  1  '  40  ^^  y. 
&  la  fini  9  k.  i  9  '  45  ^^  On  y  trouve 
24  Obfef varions  des  phaies  de  Té-  > 
cUpfe  merurécs  par  le  moyen  de  l'i- 
mage du  iolcil  ^  re^ue  au  travers^ 
d'une  lunette   achromatic^u;    de  3. 
pieds  9  pouces. 

HOLLANDE. 

B'AMSTXmDAllU 

.   Mémoire  fur   tes   Obfcryatiomg^ 
Mkhiorolagiquts  ,  faites  a 
em  Frife ,  fondant  le  eaurant  de  t 


lil  1D:  Journal  diS  S 
Proftfleur  .le  Phil 
niverlïti  de  Fianckcr  4 
Académies  de  BfuxeUei 
des  Sotiétés  de  HoUi 
oechT',  Cortcfpoi 
luiC'  Royale  des  * 
A  Amfliidaiti , 
Rcy,  I780.  in^\, 
&  (e  trouve  à  Pai 
Libraire ,  cjuai  des  Atq 
4  livres. 

On  trouve  chez  le  mêifé 
les  Burrcs  Ouvrages  du  I 
tcur  fur  !e  froid  de  1 7 
tbermomcctcs. 


Traité  dt  CElafiicîUà 
^autres  Fluides  ; 
rafTcmblé  toutes  tes  esoi 
ïlif<]u'à  prcfent  dans  ce» 
avec:la  dcfcriptiotv  ^ul 
machine  pnut  prouvci  J 
fioD.dcs  fluides  &   dïïl, 
«ux^ellcs  elle  a  fcrvi-  P^ 
Zinimèrmam,  Profcdïr 


tile  a  annoncé ,  en 
Qu'elle  propofoit,  pour 
"»  de  ce  genre  ,  le  fujec 

If&t  Syfiimt  dts  vaifi 
Iptu. 

%aij[eaux  fymphati- 

V'efpèces,  comme  oa 

Wancé?  ^ 

foTÎgmt  6"  la  urmî- 

s  du  corps  enfint: 

tcefvhiffiauxfe  compara 
it  /es  glandes  congloiées  ? 
aiitlle  ejl  la  route  que  fui- 
'   '  irs  troncs  <^ai  peuvent 

roircs  C[ai  lui  onc 
ti-ayanrparu  rem- 
e  s'êtoit  propofi& 
tisfatfattte  ,  elle  3 
c  le  Piix ,  &  pro- 
ï  fois  1=  même  fa-f 

1781, 

iWkU'Çéneoun  n'ayvit 


1,1  1d:  Journal  di$  Sçavans^ 

Ptofëfreûr  de  PKilolàpbié ,  en  l'U- 
niverfiti  de  Frâaeker ,  Mcmbte  des 
Académies  de  Bf  usccllesy  de  Bavière ,  ^ 
des  Sotittéi  de  Hollande  v&r  ^d'U- ^ 
tfechr'y  Carrcfponclant  del'Acadé- 
niie- Royale  des  Sciences  4e- 'Paris,  l 
A  Amftcrdam ,  chez;  Marc^Micbel 
Rey  9  1780.  in.J^9.  de:ij6  pages, 
&  fe  trouve  à  Parts ,  che:^  LecLetc,  * 
Libraire ,  quai  des  Augoiliifs.  Pàx^,  - 
4  livres*! 

On  trouver  chez  le  même  Libraire^ 
les  autres  Ouvrages  du*  même  Au- 
teur fur  le  froid  de  1 776  &  fur  les 
thermomètres* 

Traité  Je  CElafiicuédc  fMau&^ 
Vautres  Fluides  ;  dans  lequel  on  a 
rafTemblé  toutits  lés  expârieocd£aites 
JMfqu'à  préfcnt  dans  cette  recherche, 
avecria  defctiprioa  d'uftè  douvdle 
machine  pour  prouver  là  compte!^ 
fiondes  âui^c9&  dès  expériences 
mixquelles elle. a  feryi*  Par  E*  A.  G:  > 
Zimmérmam ,  Profèdèur  de  Mat  hé»»* 
^Iat^a£â^'d)&PbYfiqlle  &  id'JHrftoive.% 


Juin  1781.  liii 

naturelle ,  au  Collège  Carolin  de- 
Brunfvick  ;  de  rAcadémic  des  Scien- 
ces de  Gotcinguc ,  &  de  la  Sociêcé 
des  curieux  delà  Nature ,  de  Berlin. 
A  Ainft«rdarrt,  'ch<T:  Marc-Michel 
Rcy ,  1780.  i/i-8^.  dç  1x8  pages  & 
lè^  préliminaires  14. 
L  Se  trouve  à  Paris ,  chez  Lcclcrc , 
Libraire  ,  quai  des  Auguftins ,  Se  fc 
vend  3  livres  broché. 

FRANCE. 

D   E      M   O   N  T   A  R   G  I    9. 

Manuel  pratique  ,  ou  ton  traiu 
des  dîfénntes  manières  les  plusfim^ 
pks  &  Us  meilleures  pour  faire  toutes 
Jortes  de  vins  qui  foient  de  qualité  & 
de  garde  ;  sl\'cc  Tare  rnéthodique  de 
les  gôuvcnier ,  joint  à  de  nouveauXt 
l'ccrcrs  pour  les  bonifier  &  les  moyens 
ks  plus  fûrs  pour  les  rétablir.  Par 
M.  Brîdelle  de  Neuillan.  A  Monrar^ 
gis,  chez  P.  P.  Libraire,  près  1^ 
G^ole^  8c  fe  trouve  à  Paris  ^cUtiû. 


1 1 1  (  Journsi  W#i  4ls^^^s , 
Méquigndti ,  Libiçire*  rue^e^CfOf» 
ucliers.    \^tu  BxockulP  i^ix  if. 
lO}  pages, 

DE     P  A  &  I  5i,     ; 

dimU  RpyàU  dL  S<knc€S. 

■         •     ! 

L*  Aca  dé  m  -  e  ^  toujoun;  cmprfc  0^ 
de  concourir  au  progrès  àt\  Sciences^ 
ic  fc  rrouysEicrç^ à ;.pol|c<;  (^  difpo^ct 
d*un  fonds,  propre  à  donnât:  lin.  Prix 
tous  lc>  deux  ans  y  a  lEçiohpt^  .-rcn 
1 777  ,  de  joindre  un  Prix  de  Phy* 
iicjue  aulc  Prix  de  Mathéfliafiqae 
qu'elle  cd  dans  l'afage  <ie  décérnet^ 
annuellement  :  elle  a.propofé  j^it 
conféquençe  )  pour  fujec  decf:  Pri^  ji- 
Téxamen  des  Queflions  ruivan;es  « 
dont  la  foJution  lui  jii  pa^u  devoir 
être  unie  aux  ^rts» 

I  ^.  Diurmintr  par  dts  cara^res 
conjians  f. faciles  à  faèfir  mé/m  /?4f 
ceux  qui  t^ont  pas'jaU  i^^i$sj\^ 

pariUd^Ure  de.  U  Bo^^^rùpu  -,  /(t^^ 


Juin  1782.  IflJ  • 

fcrenccs  qui  exigent  entre  Us  Jive/t 
Cotonniers  (tAfie ,  i^ Afrique  &ctA^ 
mirique. 

2^.  Indiquer  Vitatnaturtl  du  Co^ 
ion  dans  fa  coque  après  la  maturité  » 
fon  adhérence  â  là graim  ^  la  manière 
dont  fis  brinsjtnvtloppênt  Us  graines  ^ 
afin  d*en  déduire  le  meilleur  prociii 
pour  les  en  féparer  dans  leur  pluS 
grande  longueur. 

3*.  Etablir  ,'d après  dïs  épreuves 
fujflfantes^  Us  rapports,  des  degrés  dt 
finiffiy  de  blancheur^  de  longutmf 
&  de  ténacité  qui /ont  proprés  a»si 
brins  de  chaque  efpèce  du  Cotonnier^ 
ainji  que  U rapport  de  ces  qualités  avec 
4a  perfeSlon  dtsfUatufcs. 

L'Acadctuic  ha  reçu  aucune  Pièce 
qui  ait  ircnipli  en  entier  les  vues  du 
Programme  :  en  confccjuence  eilc 
propofc  de  nouveau  le  même  Gijer. 

Elle  a  cru  cependmt  devoir  ac* 
corder  des  éloges  à  la  Piçce,  N.^  I , 
ayant  pour  Devife  î  iXîWi  bonei 
dans  laquelle  elle  a  trouvé  des  détails 
incÊrciUQs.  Elle  invice  TAuteut  à^v 


i]'X4  Jourr^tdis  Sçawans  , 

continuer  fon  traYaîl,^  en;  iniîAsiîrt 
davantage  f ur  la- diftinûion  précife 
des  diffèrenrcs  efpèccs  de  C.orolis 
cultivés  f  fur  les  .procédés  qu'on 
çmploie  pour  lia  .filature  des  divers 
Coton$  dans  les  dtflcfeps  pays  ^  lut 
la  comparaifon  de  ^ces  procédés  9 
relativement  aux  di£Féiens  climats  , 
fur  les  moyens  qu'on  emplcTiè  pout 
le  tilTage  de  ces .  filatures.  Elle 
l'exhorte  futtout  à  tqurnet  Ces  *vues 
vers  lès  moyens  d^améliorer  les  C<>i 
tons  der  nos  Colonies  ^  foit  en  per- 
feâionnant  par  la  culture»  ou  par  le 
choix  des  plants  >  le  Coton  quVUes 
produifcnt^  foit  en  adoptant  -de 
meilleures  méthodes  de  le  préparer 
pour  les  ufages  des  Arcs. 

Les  Mémoires  feront  remis  avant 
le  premier  Janvier  1 784^ 
.  Le  Prix  icra  de  1 500  liv. 

Les  Savans  de  toutes  les  Nations 
font  invités  à  travailler  fur  cç  fujet , 
même  les  Afleciés  étrangers  de  l'A- 
cadémie :  elle  s'cft  fait  une  loi  d*en 
fxclure  les  académiciens  segnicoles. 


Juin  1782.  1115 

Les  Mémoires  Icroiit  écries  en  la- 
tin on  en  françpis.  On  prie  les  Au- 
teurs de  faire  enforte  que  leurs  Ecries 
(oient  linbics. 

Ils  ne  mettront  point  leurs  noms 
à  leurs  Ouvrages,  mais  feulement 
une  fénfence  ou  devife.  Us  pourront^ 
s'ils  veulent,  y  attacha  un   billet 
cacheté ,    qui  contiendra  ,  avec  la 
même  fcritence  3  leur  nom  >  leurs 
qualités ,   Si  leur  demeure  ou  leur 
adrcfle.  Ce  billet  ne  fera  ouvert  pat 
FAcadémie ,  qu'au  cas  que  la  Pièce 
ait  remporté  le  Prix.  Ceux  qui  tra- 
vailleront pour  le  Prix  ,  adrefferonr 
leurs  Ouvrages  ,  francs  de  port,  au 
SecrctjiiredcrAcadémîe,  ou  les  jui 
feroiit  remettre    entre   les    mains. 
Dans  ce  fécond  cas ,  le  Secrétaire 
en  donnera  ibn  récépiflé  à  celui  qui 
les  lui  aura  remis ,  dans  lequel  fera 
marquée  là  feotence  de  rÔuvragc 
&  foii  numéro  ,  félon  Tordre  ou  le 
tems  dans  lequel  il  aura  été  reçu* 
'    L'Acîldérnic.  proclamera  la  Pièce 


iix^  JourMéida  Sçamns  f 
qui  aura  mé/ité  ce  Prix  »  à  fod  Afièm- 
bléc  publique  i!^  '^^^^  9  7^4» 
.  $*il  y  a  un  récif  iui  du  Secricakc 

f*  ôur  la  Pièce  qui  aura  tewfoni  le 
rixy  le  TttSpûcxdc  rAcadémie  dé- 
livrera la  roninie;dtt  Priai- celui. qui 
]ui  rapportera  le  lécépiifi  :  il  11*7 
âiira  à  cela  nulle  autre  .formalité. 
,  S'il  n* y  a  pas  de  léçépiiS  du  Se« 
crécaite>  le.  Tréforier  ne  4^yrera 
ic  Prix  qu^à  TAuteur  même  ,  qui  fe 
fera  connoîcre ,  ou  au  p<»teut  aune 
procuration  de  fa  parc. . 

'^utrc  Prix  de  Pkyfyui  pr^qfl  pat 
la  mime  jicadémUm 

L'Académie  ,  toujours  enpreiiS^e 
de  concourir  au  progrès  des  Scicncesj 
ic  fe  trouvant  à  portée  de  dilfofet 
d'uip  fonds  propre  .à  donner  un  Prix 
tous  les  deux  ans  ^  a  réfolu  ^  en 
1777»  de  joindre  un  PrixdcPby- 
fique  au  Prix  de  Mathématique 
qu  elle  cft  dan^  Tulage  àç  propofcr 


Juin  1782.*  11 27 

anfluellemcnt;  elle  a  annoncé ,  en 
conféqucncc,  qu'elle  propofoir,  pour 
le  premier  Prix  de  ce  genre ,  le  fujec 
fuivanr  i 

LExpoJiHon  du  Syftime  des  vaifi 
ftaux  lymphatiques. 
-  Y  a-Ml  des  vaijfeaux  fymphaii'» 
qaes de'plujîeun  e/pèces,  comme  ou 
fdVM  (Paiord  -avancé  ? 
.  Quelle  en  tfi  P origine  &  la  termi^^ 
naijhn  ? 

Toutes  tes  parties  du  corps  en  font* 
dles  pourvues  ? 

Comment  ces  vaîffeauxfe  compote 
tenê^ilsdanf  les- glandes  conglobées  ? 

Enfin  quelle  eji  la  route  que  fui" 
rent  ceux  de  leurs  troncs  qui  peuvent 
ètrt  rendus  fenfibles  .^ 
=  Aucun  des  Mémoires  qui  \vA  ont 
ith  envoyés ,  ne  lui  ayant  paru  rem- 
f\it  Tôbjet  qu'elle  s'êtoit  propoCS 
«une 'manière  farisfaifanre ,  elle  sr 
éra  devoir  remettre  le  Prix ,  &  pro- 
pôfer  une  fcconrfc  foi^  le  même  fu-" 
jtf  pouf  cette  année  1781L, 

Ce  nouveau  Concours  n'ayant 


14 18,  Journal  du  Sçavuns  ^ 

pioduit  .  aucuQ  Mémoire  qui  ait 
teçipli  les  vues  du  Programme , 
TAcadémie  qui  connoit  toute  Tim- 
porrance  de  ce  fujer,  le  propofê 
pour  larroifième  fois.  Elle  déclare 
de  nouveau  qu  elle  ne  veut  <k  D*a- 
doprera  que  des  faits,  L'Ao^comie 
comparée  pourra  venir  au  îcçoura' 
de  l'ÀnatonMe  .humaine  ;  mais  ii 
jgiudra  furtflvt  s*atci^cher  à  celle-ci  » 
confidérée  dansFéta^de  (améf  Se 
non  dans  celui  de  maladie  f  parce 
que  9  dans  cette  dernière  circonÇ» 
(ance >  locganfiadon  des  parâes 
n'cft  pas  toujours  exaâement  celle 
de  la  Nature. 

.  Comme  l'Académie  eft  dans  Tinr: 
tention  de  vérifier  les  obfervations 
qui  paroicronc neuves,  elle  exige  des 
Auteurs  qu'ils  rendent  compi;|Ç  d<^ 
procédés  qu'ils  auront  fuiyir,  4^  . 
inftrumens  qu'ils  auront  emp|o]çéj|  r' 
6c  des  iubfiances  dont  ils  auront  fait 
ll(age  en  injeâion.  L'Académie  de* 
iîre  aufC  qu  ils  joigneiit  à  leurs  Mé« 
moires  des  deûias  i    ou  |  touf  ^au^ 

nioinSf 


Juin  i7Sa.'         II 19 

moins  >  des  cfquifTes ,  lorfqu*ils  le 
jugeront  ncceflaire. 

Ls  Prix  fera  àt  1 500  livres. 

Les  Sçavans  de  touocs  les  Nations 
font  iovicés  à.  travailler  fur  ce  fujet  » 
&  même  les  Affociés  étrangers  de 
l-Académie.'  Elle  s'eft  fait  une  loi 
d'ta  exclure  les  Académiciens  regni- 
colcs. 

-  Les  Mémoires  ne  feront  reçus  que 
jttfquau  premier  Juillet  1783*  Us 
if roiit  écrits  en  latin  ou  en  François* 
On  prie  les  Auteurs  de  (-aire  enforte 
^e  leurs  Ecrits  foient  lidblcs. 

\\s  ne  mettront  point  leur  nom  à 
leurs  Ouvrages  9  mais  feulement  une 
fenrence  .our  devUe.  Us  pourront , 
il*ils  veulent  ^  y  attacher  un  billet 
cacheté  9  qui  contiendra,  avec  la 
même .  £;ntence  >  leur  nom  »  leurs 
^alités  9  &  leur  demeure  ou  leur 
adrelfe.  Ce  billet  ne  lera  ouvert  par 
VAcadémie ,  qu'au. cas  que  la  Pèce 
ait  remporté  k  Prix.  Ceux  qui  rra- 
VjûUeirom  f pur  le  Prix ,  adrcfllront 

Juin.  Frm.  roi.  Bbb 


iljo  Journal  dis  Sç/tvans  ^ 
leurs  Ouvrages  ,  francs  de  porc ,  au; 
Secrétaire  de  l'Académie,  ou  les  lui; 
feront  remettre  cutrc  les  mains. 
Dans  ce  fécond  cas,  ic  SecrécaJre 
en  donnera  fon  réccpiflé  à  celui  qui 
les  lui  aura  remis,  dans  lequel  lera-' 
marquée  la  Icntcnce  de  1  Ouvrage 
&  fon  numéro ,  f  '  n  l'ordre  ou  le 
tcnis  dans  lequel  i.    ura  é:é  reçu.     ' 

L'Académie  proclamera  la  Pièce 
qui  aura  raétiic  ce  Prix,  à  fon  A/Tcm-i 
blée  publique  de  Novembre  i7i>î. 

S'il  y  a  un  récépiiTe  du  Secrétaire 
pour  la  Pièce  qui  aura  remporté  ie' 
Prix,  le  Trétoricr  de  l'Acaléniic 
délivrera  la  foramc  du  Pris  à  ceiuï' 
qui  lui  rapportera  le  réctpiiTé  :  il' 
n'y  aura  à  cela  nulle  autre  formalité/. 

S'il  n'y  a  pas  de  récépiflc  du  Se»- 
ctérairc.  Je  Tréforicr  ne  délivrera 
le  Prix  qu'à  l'Auteur  même,  qui  Ce 
feraconnoîtrc.ou  au  porteur  d'une 
procuration  de  fa  paît. 

Recuùl  compUi  des  plus  heaux^ 


Juin  1782.  1131 

Morctaux  de  Poejîes  italiennes  lyri'^ 
ques  9  erotiques  &  fugitives  ;  avec 
des  Remarques  critiques  fur  le  gemc 
de  la  Poéjie  italienne.  P«r  M.  BaJ^^ 
Membre  de.  pluficurs  Académies* 
PrQpoftMpar  roufcription. 

On  (e  propofe  dVmbrafler  les 
Poètes  de  tous  les  tems ,  s'attacbanc 
pTtncipalement  aux  modernes  ^  Sc 
de  renfermer  dans  buit  volumes  tout 
ce  ^u*il  y  a  de  mieux  écrit  en  ira- 
lieti  dans  les  genres  lyrique  ,  éroti« 
que  &  fugitif. 

On  n'admettra  en  conféquence 
que  les  feules  Pièces  qui  font  confa- 
crées ,  par  le  fuflprage  de  la  Narion  , 
dans  les  Annales  de  la  Poéfic  ita- 
lienne 3  comnic  les  plus  dignes  de 
paffer  à  la  poftéri^ré. 

Il  y  aura  dans  cbaque  volume  une 
certaine  quantité  de  roélies  dont  le 
rhytbme  peut  être  adapté  aux  phra« 
Tes  RHifîcales. 

A  la  tête  de  TOuvrage ,  on  trou« 
vera  un  Abrégé  de  Thiifloire  de  la 

Bbbij 


113^  Journal  d$s  S fOPéms ^ 
Poéfie  italienne  »  dans  lequel  Icm 
origine  s  Tes  progrès  »  fes  viciffitti- 
des  feront  dilcuiés  avec  autam  de 
précifion  que  de  vérité. 

Cet  Abrégé  fera  fuivi  d*on  EffsA 
fur  la  Piofodie  f  Se  far  le  technique 
delà  V  e  rfification  italienne.     < 

Les  Pièces  des  Auteurs  qui  pnc 
(ait  époque  par  ToriginaUté  de  leuc 
caraâèrc  poétique  ,  ou  qui  font  tti 
gardés  parmi  nous  connpe  ClaOi* 
ques  y  relativement  à  la  pureté  8c  i 
réiégance  de  leur  dii^ion  >  faonc 
précédées  d*un  Précis  de  la  vie  lit- 
téraire de  CCS  Auteurs  >  ^  de  quel* 
qucs  Réflexions  fur  le  genre  dans 
lequel  ils  fe  feront  exerces. 

Deux  dpàces  de  potQS  accom- 
pagneront les  Morceaux  qui  eo  fe- 
ront fufcepcibles.  Les  unes  feront 
des  Hemarqups  critiques  ii  les  autres 
compliqueront  le;  diâ^ultés  qui  tien* 
nenc  a  la  Syntaxe  >  où  à  1  Idiome 
poétique, 

La  $ou(cription  fcjra  "puveicc  dçf, 


'      Juii^  1781,  ÎI3J1 

puis  le  15   Mars  jufcju'à  la  fin  de 
JuiHct  1782. 

On  placera  à  la  fin  du  dernier 
tolume  Ja  lifte  des  per(onnes  qui 
auront  fbufcrit. 

La  feule  formalité  à  obfèrveri 
qui  aura  force  obligatoire  pour  de- 
mander la  livraifon  des  volumes 
d'une  parc,  &  pour  exiger  ,  d'autre 
parc  \  le  prix  convenu  y  confidera  à 
donner  &  i  recevoir  les  noms  des 
Soufcripteurs  dans  le  terme  annoncé 
ci-deffus. 

On  n'exîèera  rîen  des  Soufcrîp- 
-teurs  qu  au  moment  de  lu  diltribu-i 
tion  des  volumes  qui  leur  feront 
fournis  deux  à  deux.  On  payera > 
en  les  recevant ,  6  liv.  pour  chaque 
volume  /V8^.  broché,  &  24  liv. 
pour  chaque  vokittjc  in  4^.  papier 
d'HollaBwie  ,  broché. 

Les  trais  de  port  pour  Tenvoî  des 
volumes  dans  les  Provinces  ou  dans 
les  Pays  étrangers,  feront  à  la  charge 
des  Soufcripccuri. 

B  b  b  ilj 


.  On  foufcrira  l  Putisj  chezM. 
Baflî,ruc  NîûvcdcsPctics.Champs^ 
«naifon  da  grand  Bureaa  de  la  Pofte 
de  Paris ,  à  côri  de  l»rue.dcs  Bons- 
Enfans.  Chez  M.  Lambert  &  F,  J. 
Baudoin  9  lmp>LibraireSf  rue*  de 
la  Harpe ,  pvès  S.  Corne*  Chez  Mo* 
lini  9  bibraire  >  rue  du  J^rdinçc* 

A  Lyon ,  chez  les  Frètes  PcrifTe. 
A  Londres  >  chez  Hclmily,,  Pieice 
Molini.  A  Mc^drid ,  :  chez  Am oine 
de  Sancba.  A  Lisbonne ,  chez  Bo- 
Tel.  A  Atnfterdam  9  chez  J.  Corn. 
Haak.  A  Vienne  9  chez  Bernard , 
Arceria.  A  Hambourg  ,  chez  G. 
Virchaux.  A  Bcriip  ,  chez  Bordeai)*»..^ 
A  Pétersbourg ,  chez  Porcr ,  Di- 
reâeur  de  J'imprimerie  de  l'Acadé- 
fnie.  A  Varfovie,  chez  Groell.  A 
Stockholm  ,  chez  \^lf«  A  Rome , 
chez  Noël  fiarhiellini.  A  Naples  ^ 
chezHDominique  Terres,  A  FilKence» 
chez  Jofeph  Molini.  A  Venife,  chez 
Pafquali ,  &  Remondini.  A  Parme, 
chez  Carmignanit  A  Turin  »  chez 


'     Jtdft  178Î.       ■     1135 

lès Trères  Reyccnds.  A  Milan  ,  chez 
J.  Antoine  Cairoli.  A  Gênes  ^  chez 
Gravier.A  Bologne  j  chez  les  Frères 
Jaruiïî, 

^  Hifioirédi  tEglifê ,  dédiée  au  RoL 
Par  M  J'Abbé  dt  BirauhBtrcafitl  ^ 
Chanoine'  de  TEglife  de  Noyon. 
Tomes  Xllf  &  XIV.  i/i«i2  dé  5  à 
600  pag.  chacun.  A  Paris»  chez  Moa« 
tard  ^  Imprimeur  -  Libraire  de  la 
Reine.  1781.  Avec  Approbation  & 
Privilège  du  Roi. 

ht  Tfifor  des  Laboureurs  dans  Us 
Oijeaux  de  bajfe-cour;  contenant  la 
defcription  de  ces  oifeaux  ^  la  ma- 
nière de  les  élever ,  de  les  multiplier^ 
de  les  nourrir,  de  les  traiter  dans 
leurs  maladies  &  d*en  tirer  profit , 
tant  pour  nos  alimeûs  aue  pour  nos 
médicamens ,  &  les  aifFérens  arts 
&  métiers  *,  Ouvrage  utile  aux  Sei- 
gneurs, aux  Curés,  aux  Cultivateurs 
9i  aux  différçns  babitans  de  la  cam« 

Bbbiv 


11  j6  Joumat  des  Sféiyàns  i 

Signe.  Paï  M.  Bu^ho^^  Méclecin 
oranifte  de  Monsieur-^  )&e.  A 
Paris'»  cbt9s':DoYafKl  Mévcp  ,  rue 
Galandc  ;  la  Porte  9  rue  des  I^oyers. 
A  Rouen ,  chez  le  Boucher  le  jeune  , 
•LîKrairer ,  ibe^abterie.  ij%  %'.  ui^  i  • 
râe46t  pages. 


i     LesDtolr  général  éUtk  France  9  & 
•ft DmtfiMitHlier  à  tato$râihe  & 

titrts  Civiiçs  ;  Ctitninèâc^  Se  ÊcS 
clénafliquesy  &un^^«pl}Câtiôn'n>é^ 
thodicjue  des  difpontions  des  Cou- 
tumes de  Tourainè  &  de  Lodunois  , 
X)ù  le  trouvent  ;les  Notes  de  MM. 
Bernard  i  Dufrcmencei,  Cottereau  ■, 
^ère  jf  &c.  l^ar  M.  Ciieereaiiyûls'y 
Avocat  ,ifli?cc  cette  épigraphe  r 


■  * 


•  •.   L 


Non  mïhi  foïi  LhoravLy  fjud.  omaibus 
quirctuibus difcipUnatiu     EcdL  33.  l6. 

Second'  volume  in-é^^  contenant 
les  Totiies  Ifc,  lllic  IV.  ATours^ 
chez  Vlauquttr  Lambctti  ïiw^rfmeirt- 


Juînijti.  Y1J7 

Libraire 9  grandVuc  ;  &  à  Paris, 
chez  Onfroy,  Libraire,  quai  des 
•Augttfttns.  Prix ,  1 5iiv.  re!.  en  veaib 

TraiU  fur  Us  Droits  Ms  FilUstm 
Normandie;  avec  une  Méthode  Uh 
ciie  &  (ûre  pour  liquider  leur  légi- 
time ou  mariage  aTçnanr.  A  Rouen , 
chez  Lcbouchcr  le  jeune ,  Libraire , 
rue  Ganterie  \  &  fe  trouve  à  Paris  ,^ 
chez  Durand  Neveu ,  Libraire  ,  rue 
Galande.  1 781.  Avec  Approbation 
&  Privilège  du  Roi,  Un  vol.  </t-ii 
de  plus  de  200  pages. 

Traiti  des  Dépôts  volontaires^ 
niceffaires  ^  Judiciains  &  autres^ 
fous  Icfquels  font  compris  les  Ga^ 
pures  9  Us  Epaves ,  Us  Trifors  ù 
les  Effets  perdus  &  retrouvés^  félon 
Us  principes  du  Droit  François  & 
du  Droit  Romain,  Dédié  à  Mbnfei- 
gnear  Je  Garde  des  Sceaux  Pari M« 
AiéUty  Avocat   au  Parlement  dfe 

ris.  A  Paris ,  chez  T Auteur ,  xne 

Bbbv 


«^)8  JcuméU'derSçért^ans i 

ià  Fàur  S.  Honof é.  L.  Ce^ot  »  Int- 
ptkiumr-Libraîre  9  rue  Dauphînç; 
ic  Efprit»  Libraire  ^au  JPa^is  lUirjrai. 
1781.  Avec  ApproDation  &  Privi- 
lège du  Roi,  Un  volame'de  prè$  de 
-500  pag. 

AnHorial  dts  principaUs  Maifons 
d^Franu.  &  àranghres  ,  &  de  plu^ 
fiûurs,  vilUs  du.RcyaièWifi  ;  avec  119 
Abrège  des'diff&reDS  degrés  d'élé^ 
vacion  de  la  plupart  des  anciennes 
Maifens,  :  enrichi  de  près  de  400 
figures  en  taijle-douce  9  pour  i'in- 
tdligence^es  différences  armoiries  ; 
ie  tout  pôiif  fervir  de  (uite  à  la  Col« 
ieâion  des  Etrennes  à  la  Nobleflè 
depuis;  1771  jufquà  préfenr.  Par 
iine  Soclité  de  Gens  de  Lettres  & 
Gèdé^logiftes. 

.    NobUitasfoU  eji  atqut  unica  vîrtus. 

J^  Paris  i  chez  Lèboucher ,  quai  de 
-Gêvres  ;  :  Onfrojr  ic  Lamy ,  ^quài  des 
Aoguftk»^  Libraires.  i7Sz.  Avec 


;  Juin  i78i«  1139 

Approbation  &  Privilège  du  Roi. 
Cina  volumes  /Vi-ii.  non  compris 
un  iixième  volume  contenant  une 
Tuble  alphabétique  de  toutes  \ts 
Familles  donc  il  eft  fait  mention 
dans  \ts  auinze  volumes  des  Etrcn- 
ncs  à  la  NobletTc. 


;•    .'i  \  si'  ' .  ^    j. 


InîToduBion  &  Plan  Jtun  Traite 
finirai  d$  la  ,bi,avigation  intérieure 
&  particuliirement  de  celle  de  la 
France^  &  Conjidirations  fur  les 
Fotéts  ,  Bois  &  autres  objets  fit/'- 
uptibl^  d^umitiorations  y  au  moyen 
de  nouveaux  débouchés  :  avec  .  un 
Traité  des  Péages^  dans  lequel, 
après  avoir  démontré 'les  avantages 

2ui  xéfulteroient  de  la  fuppreflion 
e  ce  droit  »  on  donne  un  plan  de 
liquidation  &  d'indemnité.  Par  M. 
Allemand ,  ancien  Conletvateur  des 
Forets  de  riHe  de  Corfe.  A  P^ris , 
chez  CelloÊ.&  Jombcrt  le  jeunç. 
Libraires  &.Iaipriineurs,  rue  Dau- 
phbe,  1779.  Avec  Approbation  ôc 

B  b  b  vj^ 


II4Ô  Journal  Jet  transi 

Pf Wlégc  •  du*  Roî;  TéL-  Inr^^^  4t 
1^8  pag.  ^-^  ;^      ■■'    r  --^ 

Epreuves  Ja^Seâkkéfti.  PJfl  Al. 
d'Arnaud.  A  9êt\i^  chtt  Moiotârd-, 
Imprimeur^Librâîre  'de  f«- Reine; 
luc  des  Matburin9>£^^i4ks^#Hl^ 
cipaux  Libraires  de  France  de  des 
Pays  étfarigeni'  -^^  •;  '•  V^N-.iul 

Cet  Ouvntgei  im^hit^  coUfbr^ 
mément  w  Prbfp^mtJ  {brrbcra 
douze  volumes  iViideia^gréflrdlt 
de  ceux  de  la  Bibliothèque  des'R<j^ 
mans;  le  TomelX  farcwtafr'pié^ 
miec  Avril ,  ic  ks 'autres  d;6'nîitè  <fe 
nloi*s  m  mois  s  de  «^anièft  ^è  le 
douaièfitie  paroîtrd  en  JhiUtet  l^S'xi 
Chaque  vo)Ume  fera  pl^  ij  foU 
broché.  Ceux  qui  voudront  its  pà^tt 
en  une  feule  &  même  Ibis  ^^  tefront 
parvenir  i  y  iiv«  pdr  lettre  affràAfchfe 
à  M,  Moutard  ^lmprli^}eu^ï.ibraifé 
de  la  Reine  ^  ruedies  Màthurifas,     ^ 

Chaque  volUMe  fmtvitndta,  aixi 
Scufcriptcitti  4e  iPiôvîoéc  ffnUk 


Juin  1781.  1141 

Porte,  &  porc  franc.  On  délivre 
a(îlacllcmenc  les  huit  premiers  vo- 
lumes. 

La  Morte  d'AbelU^  Potma  Te* 
^fto  ,  dcl  Signor  Gefncr.  - 

M*  TAbbé  Mugnozzi  ^  Romain  ^ 
rrofeiT^ur  dç  Langue  Italienne  ^ 
donoe  au  jPublic  la  Traduâidn  de 
ce  Poëoïc  dclirée  depuis  long-cems. 
Le  tableau  qu'it  nous  pré  (ente  des 
mœurs  innocefites  du  premier  âge  » 
te  vend  également  précieux  aux  Ama^ 
tcurs",  éc  aux  Icuiies  Perfonnes  de 
rita  de  de  TaUirc  fei^e.  On  y  trouve 
tous,  ics  mors  ^cce^itucs  pour  fa« 
cilicer  les.  moycBS  .  d'en  acquérij: 
i'exaâe  prononciation^  A  Paris  ^ 
citiez  l'Auteur ,  rue  Montorgueil  ^ 
yi$>à-vis  le  PaiTage  du  Saumon  ^ 
chez  le  Mercier  \  Alexandre  Jomr 
berc  9  rue  Dauphine  ;  Efpric ,  au 
Palais  Royal  >  Molini ,  rue  du  Jar^ 
dioet; 

•   Otftrrationsfur  plufieurs  Mulai 


114^  Journal  des  SçâyanSf 

Mis  d$s  tiftiaux  i  tcilesx|iie  WMa^ 
laJis  rougt  Se  U  MatéutU  dm  faag  ^ 
qui  attaquent  Ici  betes  à  laine  »  celles 
que  caufe  aux  bêtes  à  cornes  &  abx 
chevaux  9  la  conftniâion  vicieufe 
des  érables' &  des  écuries;  ay^ 
le  plan  4'une  étahlé  &  celui  d*ûtfc 
écurie  convenable  aoi'  chevaux  de 
cavalerie  s  des  fermes  ,  dts  pofles  » 
tcc  &cPar  M.  l'Abbé  Teffisr,  Dot> 
teur-Ré«nc  de  la  Faculté  de  Médc* 
cine  de  Faris  «  de  la  Société  Royale 
de  Médecine  8c  de  rAcadémie  dés 
Sciences  &  Beaux- Arts  de  Lyon*  A 
Paris  y  chez  la  veuve  Hériflant  »  Im* 

Erimeur-Libraire  9  rue  neuve  Nocre^^ 
)aihie,  à  la  Croix  d'Or;  &  P.  Théo- 
phile Barrois  ^  jeune  ,  Libraire  >  me 
du  Hurpoix  ^  près  le  Pour  S  MicheU 
1782.  vol.  iii-8^.  de  i'99  pages. 
Prix ,  I  liv.  i^  f.  broché. 

Cet  Ouvrage  eft  d  aurant  plus  re- 
commandabk  qû-ottcrcv  rineéràt  de 
fon  objet  9  on  peut  compter  fiir 
Tcxaâicîide  des  Obferyacions ,  Se 


Juin  1782.  1143 

fur  ks  précautions  que  M.  l'Abbé 
Tedicr  a  prifes  pour  n'être  pas 
tronvpé^la  lincérite  avec  laquelle  il 
convient  de  rimpoffibilité  de  guérie 
ceUts  des  maladies  des  animaux  dont 
il  traite  ,  quand  une  fois  elles  font 
parvenues  |ufquà  un  certain  point, 
eft  bien  propre  à  infpirer  la  plus  en- 
tière confiance  dans  tout  ce  qu*il 
jpropofcj   &  juAifie  la  préférence 

5|u'0n  doit  donner  aux  moyens  pré- 
ervatifs  fur  les  movens  curatiBi  «'& 
fur  laquelle  il  inCfte  beaucoup  avec 

,  grande  raifon ,  les.  moyens  préfer va- 
tifs  (i  effentiels  confident  furtout 
dans  la  propreté  &  la  bonne  conf- 
triiâion  des  érables  &  des  écuries. 
L*Âuteur  arraité  ces  objets  avec  tout 
le  foin  qu*iU  méritent.  On  lira  iur^* 

.  tout  avec  le  plus  grand  intérêt»  dans 
rOuvrage  que  nous  annonçons  ^  les 
détails  dans  lefqtteis  il  entre  au  (u- 

jet  des  foins  qu'on  doit  prendre 
pour  la  conférvation  des  chevaux  de 
la  cavalerie.  Nous  nous  occujKiofis 


XI 44  Journal  dts  Sç4vans  i 
plus  particulièrement  <ie  ce  bon  Oi^* 
vrage  ,  qui  n*cft  encore  que  com- 
mencé 9  8c  donc  la  fuite  eft  libre  4 
Refiler* 

Recueil  itÊvinemens  curieux  & 
intcrtjfans ,  ou  Tableau  politique , 
hiftoriqae&philofopbiquoy  de  Tan- 
née 1781  ;  fuivi  d'un  euai  fut  la  Vlc^ 
d'Hyder  Ali  Khan  >  Rôi  de  Tune  des 
parties  de  la  ptefque  ilè  4^ Tlndc. 

Je  feîois  confcience  de  &chtt  un  hooiiBe 
pour  avoir  dît  la  Térîcé.  AfMX»de  Henri  IF* 

A  Amfterdàro,  &  fe  trouve  à  Paris  , 
chez  Lamy  ,  Libraire  i  quai  des  Au- 
guftins»  1782.  Deux  volumes  peific 
m- 1 2  ;  les  deux  cn&mblc  de  4  iS 
pages.  Prix  ^  3  liv.  les  deux  volumes. 

*  Suite  de  la  Cief  du  SanSuaire 
JPhiloJophique.Pax  Claude  Cheralier^ 
Comte  du  S.  Empire  Romain ,  Cfae- 
de  l'Ordre  mUitahe  de  l'Epe* 


Juin  1782.'  ri4y 

ron  d*Or,  Confcillcr  Médecin  or- 
dinaire du  Roi  &  des  Cent-SuilTes 
de  la  Garde  de  Sa  Majefté ,  &  pro- 
mier  Médecin  du  corps  defon  A.  R. 
£c  Eleâorale  Madame  FEleârice 
Douairière  de  Bavière. Fauxbourg  S; 
Denis ,  près  la  Barrière ,  numéro  30^ 
A  Paris  ,  troifième  volume  ^  périt 
m-i  2  de  40  pages.  Ce  pctir  Ouvrage 
ne  confîfte  qà*cn  une  Préface  dans 
laqueUç  on  fait  l'éloge  du  Grand  œu* 
Vre&^en  une  table  des  charpitres.  Ce 
tf efl:  proprement  qu'un  PrQfpcftu?, 
*  Il  a- déjà  paru  deux  volumes  de 
cet  Ouvrage  ,  qui  fc  vendent  1 1  L 
Le  troifième ,  qui  fera  de  400  pages, 
cft  fur  le  point  de  paroîrrc  ;  ceux 
îjui  foufcriront  pour  ce  volume  ne 
payeront  qiSe  3  liv.  à  condition  qu  ils 
retireront  âéluclîemem  les  deux  prc« 
niicrs  volumes. 

.Abrégé  Je  tHifloin  Romaine ^  I 
rufac^c  des  Elèves  de  l'Ecole  Uovalc 
Militaire^  faifanc  partie  du  cours 


^146  JoKmal'fUs  SçaitMS  ^ 

^études*  rédigé  &  imprimé  par  o^ 
dre  du  Roi.  5ccondc  édition  aug- 
.mcnrée.  A  Pi^ir,  chez  Nyoa  rainé. 
Libraire,  rue  du  Jardmet,  onartier 
S.  André  des  Arcs.  1781.  Un  vol. 
««•Il  de  344  pages.    * 

Ce  volume  cft  ccrminé  par  une 
Table  géographique  aiTsz  détaillée  » 
il  qui  eft  upe  elpèce  de  Diâiont 
naire. 

A  Paris  y  rue  &  h6cel  Serpente.  lySt* 
Avec  Approbation  &  Permiffion* 
394  pages  in  11. 

Cet  Ouviage  eft  divifc  en  onze 
chapitres  qui  traitent  du  pardon  des 
injures  ,  de  la  bienfaiGioce ,  de  l*au* 
mone ,  de  la  reconnoi(ranc&,  de  la 

Sénérodté  ,  du  défintéreiTemcnt  , 
e  la  probité,  du  devoir  de  l'amitié , 
de  la  piété  filiale ,  de  l'amour  côn« 
jugal  &  de  la  chafteté.  - 

Il  y  a  fur  chaque  chapitre  des 
exemples  mémorables  tel  que  çcluî* 


-•    Juin   1781.       ^     1147 

-ci ,  du  Roi  de  Suède.  Quelques  par- 
tifans  de  Tanarchie  parvinrent  à  mec* 
ne  dans  leur  intérêc  un  jeune  boni- 
.me  de -Stockholm  ,  dans  lequel  ils 
.  trouvèrent  de  l'cfpric  &c  du  mérite; 
abufanc  de  la  mifère ,  ils  1  obligà- 
"lenr ,  à  prix  d'argent ,  à  co^poiec 
.plusieurs  fatyres  coqtre  le  Rôi  ;  ct% 
libelles  tombècenc  entre  les  mains 
du  Prince,  il  les  lut;  &  TAuteuc 
ayant  été  découvert  >  il  fe  le  fit  ame* 
Titx.  On  juge  facilement  de  l'inquic* 
tude  de  celui-ci  %  loriquM  païut  aux 
pieds  du  trône  :  mon  ami ,  lui  dit  le 
Roi ,  vous  écrivez  on  ne  peut  mieux  ( 
mais  il  vous  manque  une  chofe  ef- 
fentielte  »  c'efl:  du  pain  s  je  vous  fais 
mon  Bibliothécake  ;  continuez  ^ 
cultiver  vos  talens,  je  vous  pardonne 
.ce  que  vous  avez  écrie  &  ce  <iue 
vous  pourrez  écrite  par  la  (uite  con- 
tre votre  Roi.  £n  général  les  exem- 
{>les  font  bien  choifis  &  il  réfulte  un 
ivre  de  morale  &  d'exemples  propre 
à  faire  fentir  qu'en  effet  le  bonbeuc 
cft  dans  la  vertu. 


Ti4t  Joumil  da  Sça^ns  ; 

L^EcoU  de  la  Mienature^  ou  IVc 
d'apprendre  jk  peindre  fans  Matrre, 
&  les  fecrets  pour  Biire  les  pîus  bel- 
les Couleurs  ;  nouvelle  édition  ^  rc« 
Vue  ^  conigée  &  augmentée.  A  Pa** 
fis ,  chez  J«fi.  G.  Mufier,  Lib.  quai 
des  Auguftins  au  coin  de  la  rue  pavée. 
1782.  Avec  Approbation  &  privi* 
légc  du  Roi.  I  volume  in^ix  de 
177'pagcs.  Prix,  2  liv.  5  f. relié.  '■ 

On  trouve  dans  cette  édition  on* 
tre  la  manière  de  faire  Tor  bruni  & 
For  en  coquille ,  les  mefures  du  corps 
humain,-  la  méthode  pour  éiudicx 
Part  de  la  peinture ,  rant  à  frcfque ,  en 
détrempe,  ^  à  Thuilc,  que  furie 
verre ,  en  émail,  en  mofaïquc  &  da- 
snafquinurc. 

Contes  de  J.  Bocace ,  tradutlion 
nouvelle ,  ornée  de  cent  onze  figures 
en  taille-douce,  10  volumes  i/2. 8^. 
broches,  54  liv.  10 volumes  i/t  12 
avec  figpres ,  26  liv.  ;  le  même  fans 
figure ,  1 5  livres ,  rendu  franc  de 
poit  dans  toutes  les  Villes  du  Royau* 


Juin  ijtù  1149 

me  9  toutes  les  fois  que  Ton  en  adref- 
fera  le  montant  au  Libraire  »  anffi 
franc  de  port.  A  Paris  ^  chez  La* 

Grre,'râe  defNo^eîrs ,  &  chcV  tous 
Libraires  de  France  &  Pays 
JEtrangers. 


.  \ 


V    . 


Itîô^ 


TABLE 

DES    ARTICLES    CONTENUS 

itaps  le  Journal  du  mois  de 

Jmn.iyiz,  fnm^  VoL 

COU  S  I DÈRÂTIOKS  fur 
CEfprit  militairt  du  Germains. 
Par  M.  de  Sigrais.  964 

^necdoea  Graca,  &c.  9S5 

Le  produit  &  le  Droit  des  Com- 
munes. 10 14 

Defcnpiiott  &  txpUcatioa  de  la 
PhUopatrît,  ioi(S 

Hifioire  naturelle  ,  chimique  &• 
médicinale  des  Corps  des  trois  Ri- 
gnes  de  la  Nature,  1 03  4 

Mimoire  fur  Canàeiuu  vHU  de 
Taurotiuum,  104] 


Vhonnéu  Homme.  1084 

Sur  la  pojjîbiliti  de  voUr.  Lettre 

de  M.  de  la  Lande  à  Mejjieurs  les 

Auteurs   du  Journal  des  Sçavans. 

109J 

Traité  de  la  SeducKon»  i  lOO 

Extrait  des  Obfervations  Météo^ 

rologiques.  1108 

Nouvelles  Littéraires.  x  1 1 5 

Fin  de  la  Table* 


L  E 


JOURNAL 


DES 


SÇAVANS, 

P  ou  R 
VANNÉE  M.  DCC.  LXXXÎl, 

3  VI  N.  Second  folume* 


A    PARIS, 

Km  Buireau  du  Joarnal  de  Paris,  rue  .ce  Greneile 
S.  Honoré,  prés  celle  du  Pélican. 


M.  DCC.  LXXXIL 
AVEC  PRIVILEGE  DU  ROI. 


AVIS. 

*  ti  i^abonne  pour  te  JovRyÀÛ 
•  VES  SçjKJyS  au  Sureau  du  /ouri 
nul  de  Paris  ,  rue  de  Grenelle  , 
Honoré  ;  &  c\jl  à  fadrejfe  du  DÛ 
recleur  de  ce  Journal  qt^ il  faut  en- 
voyer lei  ob/eti  relatifs  à  celai  des 
Sçavans.  Le  prix  de  la  SouJ'cripiion 
de  Cannîe  ejl  de  iG  Itv.  pour  Paris  , 
6"  de  10  liv.  ^f.  pour  la  Province  , 
Joii'm-il,  (j«  in-4'*.  Le  JovrHaL 
DES  SÇArjNS  ejl  compofj  de  ^ua. 
tor[e  Cahiers  i  il  en  paraît  un  cha- 
j^^L^Uf  mois ,  £■  dtux  en  Juin  &en  1 


iDUl 


44}»  x*  X*  X*     ^    #/  #x  #x  x:|iî 

T    #K  #>  ^>     j^k,     X#  *«^  x#  u 

Ui^  X»  X»  y»  ^T^  »x  #x  »>  xlft 

LE 

J  O  U  R  N  AL 

DES 

SÇ  A  V  ANS. 


JUIN.  M.  DCC.  LXXXII. 

Mémoires  concernant  Chijloirc  , 
Us  fcicnces  ,  Us  arts ,  /^i[  mœurs  , 
/«  ufagts ,  fi'c.  W«  Chinois.  Par 
les  Miffionnaircs  de  Pckin.  Tom. 
VII  &  VlII.  A  Paris,  chez  Nyon 
Taîné,  Libraire,  rue  du  Ja^^di- 
nct,  vis-à-vis  la  rue  MignonV 
près  de  riniprimeur  du  Parle- 
ment. 1782.  Avec  Approbation 
&  Privilège  du  Roi.  x  volumes 
Juin.  Sec.  FoU         C  c  c  i\ 


:  -fhnrrtal  Aj  Sçavartf , 
■4*.  Le  picmicrde4oo,  le  Ici 
koiitl(1cî75  pages,  avccBgurMj 

'Premier    Extrait. 

Nevs  avons  parle  en  difFérens^ 
tcms  des  volumet  qui  ont  pré^! 
ctcié  cctix  que  nous  annonçoi 
Icait  c)ue  coi  M^moirts  (ont  corn*' 
pofcs  par  Icî  MilTîonnaircï  françois,- 
<^ui  font  aûueilemcnc  à  Pskin.  Lf' 
Libraire ,  en  publiant  ces  deux  nou> 
veaiix  volumes  ,  a  fait  imprimer  en 
iiicme  tcms  un  ProfpcAus  dans  le- 
quel il  dbnne ,  en  peu  de  mors  ,  um' 
îilce  de  ce  qui  cil  contenu  dana  Ici 
fix  pteiiiicr!!.  11  ne  fera  pas  inuiili 
de  nous  y  arrêter  un  moment  poi 
'ippeller  ici  le  fouvcnlr  de  touicSi 
t  différentes  pièces. 
.  Ce  premier  volume  contient  dil 
fientes  recherches  fur  les  Antiqui 
cbinoifts  &:  l'origine  de  ia  m 
■  tion  ,  lii:  fcsratactircs  ou  Ion 
turc  ,  l'explication  d'une  inicnprioi 
dans  laquelle  l'Empereur  Kicn-iong, 


Juin  \i%x.     ■  '   Ï157 

aducllement  régnant,   conftarc  la 
conquête  qu'il  a  faite  du  royaume 
des  Elcuthes ,  en  Tactarie^».&:  celle 
d*une  féconde  infcription  qui  con«t 
cerne  Témigration  des  'TorgQUths, 
en  I77i«  La  traduâion  de  deux  pc^ 
tits  Traites  de  Confuciids,  ioticulés^ 
le  Tahio  &  le  Tchong^yong.        '  [ 
Le  fécond  volume  reixfcrme  ;d<J 
nouvelles  recherches  d«.  P.  ^mior.^  ^ 
fur  les  Antiquités  cbioôifes;  d^  cc-t 
niarques  fur  l'Ouvrage  dft Ml  P/i^ S 
des  Observations  fut*lc$«v.cc5'à;foiiC 
fauvages,  fur  les  coronniçiis,  fur  Iq 
bambou  &  la  tradudion  d'un' périt 
Poème  intitulé  ,  le  Jardin  Je  Sc^^m^z 
kouang. 

On  trouve  dans  le  troifièmc  vof* 
lume  THiftoire  de  cinquanfe-deuX 
perfonnagcs  célèbres  à  ia  Chine  i 
avec  quelques-uns  de  leurs  portraits, 
gxavés.  La  Relation  de  la  conquête 
du  pays  des  Miao^tje  ,  en  1775  >  des 
notices  fur  les  ferres  chinoifes ,  fui; 
quelques  plantes  &  arbriffeaux,  fur 
des  pratiques  de  culture  ,  &  eu&a 

C  c  c  u\ 


11  {8  Jomnâi iès Sçavans ^ 

une  requête  à  l'Empereur  poar  la  cé«  , 
lémoitfc-ckl  labourage.  "^ 

Un  lon^TVaité  fur  la  Piété  filiale 
avec  dÎMerfespetJres  pièces  en  profe  & 
en  vctstdes  Chinois  anciens  &  mo- 
dernes \;  occupe  une  grande  partie  da 
quarrièine  volume  ;  on  y  a  joint  un 
MémoiV6<Ur  rintérêc  dé  Targenti 
IJ 'Chine Vhi  notice  d*dn  Livre  inci* 
tàlêf  Si'TiUH  9  qui  fertde  guide  au« 
Juges V  {>oUr  décider  à  f  intpeâion 
d6lf<:adavMi  4)P'ls^  nature  des  mcui- 
ttéi\Vtutt9kt  d'un  Livre  des  T^o-fe^ 
l?cir¥6rfrnànt  des  moyens  d*opérer  des 
guétifonsr,  àt^  obfcrvations  fur  le 
mufc-fc-fuï  quelques  plantes. 

Dans  le  cinquième  voium?  oti 
donne^tjD(!idée  générale  de  la  Chine 
^'-defes  premières  relations  avec 
TEnrofie  ;  la  fuite  de  rHiftoire  de 
pluHeurs  grands  hommes  du  pays  ; 
des  notices  fur  le  vin  >  Tcau-de-vie 
&  le'viiiaigre  de  la  Chine;  furies 
taifint  fccs  d^  Hami;  fur  difFércns 
temèdcf^  ;  fur  la  teinture  chinoife  ; 
/ur  rabïicoiier  &  lur  larmoife. 


Juin  1781.  II 59 

Le  fixième  volume  préfente  un 
Ouvrage  confidérable  du  P.  Amior^ 
fur  la  Mufique  chinûifct  revu  &  pu- 
blié par  M.  l'Abbé  Rouiller ,  connu 
par  fon  excellent  Mémoire  fur  la 
MuHquc  dés  Anciens.  Il  a  ajouté 
beaucoup  de  notes  à  l'Ouvrage  du 
P.  Âmiot.  Ce  morceau  fe  vend  fé- 
parement  ;  les  pièces  fuivantes  ,  qui 
complettenr  le  (ixième  volume  dâ 
ces  Mémoires,  font  une  nouvelle* 
r^ponfe  à  M.  Pa\^,  des  détails  fut 
difFérens  dénombrcniens  de  la  Chine 
&  lur  les  funésaillcs  de  l'Impératrice 
mère,  morte  en  1777. 

On  peut  juger  par  ce  court  expofc  , 
de  l'importance  &  de  l'utilité  de  ces 
Mémoires ,  dont  la  plus  grande  par- 
tie eil  tirée  des  Ouvrages  mêmes  des 
Chinois  ,  par  dès  Mijlionnaires  qui 
font  fur  les  lieux  ;  &  tous  ces  difré« 
xens  morceaux,  à  quelques  correc** 
tions  de  ftyle  près,  font  imprimés 
en  général,  tels  qu'ils  font  envoyés  , 
méthode  différente  de  celle  qu'on  «^ 
iuivie  dans  ce  qui  a  été  donné  pré* 

C  c  c  w 


iiEio  JourMalJes Sfavans ^ 
cédamment  fur  la  Chine.  Paflbn 
niainicnanc  aux  deux  nouveaux  vo 
lûmes  qui  viennent  de  paroîcre. 

Le  premier  de  ces  deux  volumes, 
ou  le  îcptièmc  de  la  collection ,  reri 
ferme  une  fuire  de  pièces  Concernani 
i'jin  miliialn  des  Chinois.  II  avoi 
été  iniprimé  en  i  yyx,  fous  ce  mêra< 
titre;  niais  l'cditicn  étant  épuifècj 
on  a  cru  devoir  le  faire  réimprinr 
^pourlt  joindre  à  ce  Recueil  ,dont  nai 
turcUement  il  doit  faire  patrie ,  puiC 
qu'il  eft  un  des  premiers  fruiis  de  II 
correlpondancE  crablic  Se  entretenu 
par  la  permiflîon  du  Roi ,  fous  U 
acfpices  de  M-  Bcrrin ,  avec  les  Mil 
iloiinair^s  de  la  Chine.  Cet  Ouvrag 
tll  la  tradii;5tion  de  diftérens  traite 
compolés  par  des  Chinois ,  fur  l' At 
militaire,  faite  par  le  P.  Amioi 
Comme  nous  !n  avons  rendu compi 
dans  le  rems  &  que  d'ailleurs  c( 
Ouvrage  efi  très-connu,  nous  d'cI 
dirons  rien  ici. 

Peu  de  tems  après   qu'il  eijt  été 
mis  au  jour  ,  il  en  patu:  uncanalyi 


Juin  1781;        «.  I  i6i 

critioue   fous  le  titre  à' Etat  aaïul 
de  Curt  &  du  la  fcicnce  militaire  â, 
la  Chine.  Elle  renferme  des  rcmar-^ 
qiies  qui  rendent  à  éclaircir  ou  à  rec- 
riher  divers  endroits  du  livre.  On  a- 
cru  devoir  les  ajouter  à  la  tète  de  ce. 
volume   donc  elles  occupepc .'  huit 
pages  ;  c'eft  la  feule  diffcrepc^  qu'il 
y  au  encre  les  deux  Editions.  Voici 
quelcjucs-unes  de  ces  obfervatipns. 
I  .^  LrEnipereur  die  dans  Tintroduc- 
tion  qu'il  s'cft  toujours  appliqué  à 
acquérir  la  grande  fcUnce.   Le  P.; 
Amior^  dans  une  note,  avpic  ob- 
fervé   que  la  grande  fciencc  ç(k  un 
Ouvrage  compofé  par  Confucips  , 
dans  lequel   ce    Philofopjie  donne 
des  préceptes  pour  régler  fon  coeur 
&   pour  bien  gouverner;  ce  qui  n'a 
pas  empêché  M.  le  Colonel  de  $. 
Leu ,  Auteur  d'une  partie  de  ces  re- 
marques critiques,    de  vouloir-  en 
donner  une  autre  idée  ,  ep  difanc 
que  ce  qa'en  Chine  on  nOjQime'la 
grande  jcience ,  lui  paroîc  ê^re  ce 
^u'cn  France  les  Philofophcs  Eco-^ 

Cccs 


fi6i  Journal  ttes  Sçavans i  ^H 
nomiflcs  appellent  \a.fclence  ;  rtia^H 
cccic  rtmartjuc  clt  abfoliimciiE  fauH^H 
Le  livre  chinois  intitulé  Ta-hio ,  cjufl 
trt  imptimt  dans  le  i.^'  volume^! 
n'a  d'autre  objec  que  de  donner  dcflfl 
préceptes  pout  corriger  fes  padioasa 
^  pour  bien  gouvernctles  lionimeSSl 
Ta-hio  l^gniBc  ta  fcience  à  lac]uel^|H 
les  hommes  faits  doivent  s*app|^| 
<]ucr.  ^Ê 

1."  Quant  àce  que  M.  de  S.  LoH 
dir  cju'on  ne  voit  en  Chine  aucunra 
lerrc  en  triche  ,  l'Editeut  le  renvoi» 
avec  raifon  à  irnc  lettre  qu'oa  trouve  * 

IiUns   te   £•'   volume  ;  mais ,  indé- 
penda.iment  de   cette  lettre  ,  qui 
■'éioir  pas  encore  publique,  M.  de 
Bi  Leit  pouvoir  fe  dcfabufct  fur  i 
bict  en  tifanc  t'Ouvragc  du  P.  dm 
palde. 
i    Les    autres  remarques    crtciquci 
$brtr  de  M.  le  Marquis  de  Puyféguri.'l 
giictqu es-unes  contiennent  deséctaî 
Ciflcmenî  fur  l'art  militaire  ,  &  c" 
pour  but  de  cotrîgerlc  texte  ou  i 
iclev^r  q^uelqucs  mépiircs  appaia 


tes  du  Tradudeur.  Comme  peu  de 
pcrfonnes  font  en  état  de  recourir 
au  texte  que  nous  avons  fous  les 
yeux  ,  nous  nous  faifons  un  plaKîr 
de  voir  fi  ces  aitiqucs  font  fondées. 
Dans  quelques  endroits  le  Tra- 
dudcur ,  dit  M,  de  Puyfégur ,  a 
rendu  par  le  mot  campagna  ce  qu'il 
auroit  dû  rendre  par  le  mot  gutrn  : 
par  exemple  ,  page  66 ,  il  cft  dit  : 
€*eji  pour  prévenir  tous  ces  difafircs 
qu'un  habile  Général  n  oublie  rien 
pour  ahéffhr  les  campagms  &  pour 
pouvoir  vivre  aux  dépens  de  /'e/z- 
nemi  j  &c.  L'Editeur  obfervc  que 
Cette  critique  cft  fondée  ;  que  c^ 
pendant  on  peut  luppofer  que  le 
Icns  n*a  pas  échappé  au  Traduc- 
teur ,  &  qu'en  diîant  dans  cet  en- 
droit abréger  Us  campagnes  ,  on 
comprendroit  aifément  que  cela  fi- 
gnifioif  en  diminuer ,  non  la  durée, 
mais  le  nombre.  Nous  oblerverons 
ici  que  ce  que  le  P.  Amiot  a  tra- 
duit à  l'article  i  des  commence* 
mcm  de  la  campagne,  le  texte  porte; 

C  c  c  y^ 


1X^4  Journal  des  Sçavans', 
faite  la  gt/errc.  En  fécond  lieu ,  qu'i 
a  beaucoup  paraphrafé  Sc  Étendu  i 
tente  ,  cjue  dans  l'cndroir  critiqué 
y  a  fculimcnc:  cejlpourquo'iun  hi 
bile  Général  doit  s'appliquer  à  viv 
fur  l'ennemi. 

Voici  une  autrp  obfetvatJon  t 
M.  de  Ptiylégiir.  Dans  quelque  ht 
taille  que  ctfoit ,  dit  le  P.  Amii 
d'après  le  texic  ,  il  fjut  lou/our. 
lournei  le  dos  au  vent  ,  H  faut  tou- 
jours voir  devant  /oit  quelque  liei 
élevé  don/  on  puifje  ï'tmpaTer  ^  &i 
M.  de  Piiyfégiir  reniari^ue  qu'il  doi 
y  avoii  tint  mcprilè  ,  parce  qit' 
o'cfl  pas  naturel  qu'on  longe  à  ft 
retrancher  en  avant  de  l'endroit  oi 
l'on  fcroit  battu,  tn  effet ,  dans  Ii 
texte  il  y  3  :  dans  un  combat  aye-. 
It  vent  par  derrière ,  ayt^  une  kau< 
Kur  par  derrière  y  é-c,  C'efl  fûrc* 
ment  un  oubli  du  P.  Amiot  ,  qui } 
en  i'icndant  peut-être  un  peu  trop 
Jgn  texte,  s'eil:  écarté  de  l'ori' 
ginal.  On  voie  par-U  que  les  ob- 
JcrvatiOiis    de    Al.    de    Puyfégur; 


Juir^   1782.  II 65 

qui  font  en  petit  nombre,  mén- 
toient  en  efFec  d*êtrc  placées  à  la 
tête  de  ce  volume.  Voilà  à  peu-prcs 
tout  ce  que  nous  pouvons  dire  fut 
ce  tome  VIIL  Mais  nous  croyons 
devoir  rapprocher  dans  cet  Extraie 
un  morceau  confidérable  fur  Tare 
militaire ,  qui  fait  partie  du  tome 
VIII  :  c'cft  un  fupplcment  nouvel- 
lement envoyé  par  le  P.  Amiot.  Il 
eft  accompagné  de  trente  planches 
qui  rcpréfentent  les  diflFércntes  évo- 
lutions des  Chinois.  Le  Libraire 
annonce  qu  il  le  vendra  féparémenc 
en  faveur  de  ceux  qui  ont  la  pre- 
mière édition  de TArt militaire,  aBn 
qu'ils  puifTent  completter  cet  Ou- 
vrage, 

M.  Paw  ,  Auteur  des  Recherches 
philofophiques  fur  les  Egyptiens  & 
jur  les  Chinois ,  avoir  dit ,  en  parlant 
du  premier  volume,  adtucllernent 
le  tome  VII  ,  que  les  exercices  de 
toutes  ces  troupes  relTembloient.  à 
un  jeu  théâtral  ou  à  un  ballet  figuré; 
que  les   Chinois  y  contrefailoienc 


1 1^6  Journal  des  Sçavans  ; 

les  quatre  coins  de  la  terre ,  qui  eft 
fuppofie  quarrcc  ,  &  la  rondeur  du 
ciel ,  en  mêlant  tcllemenr  la  cava- 
lerie avec  les  gen*  de  pied ,  qu'on 
n'y  conçoit  abfolument  rien  ;  &  je 
crois ,  dit  M.  P. ,  que  le  P.  Aniiot 
n'y  a  rrcn  compris  lui-même.  C*eft 
cette  ciitiqiic  qui  a  excité  le  P* 
Amiot  à  faire  de  nouvelles  rechcr- 
vchcs.  Nous  femmes  éloignés  de 
pcnfer  comme  M.  P.  •,  &  quand  l'arc 
militaire  des  Chinois  feroit  abfolu- 
ment impaifair;  quand  il  y  auroit 
même  des  mcprifes  dans  TOuvragc 
du  P.  Ai'niot  ,  nous  croyons  que, 
loin  de  décourager  des  Miflîonnai- 
rcs  qui  font  fi  laborieux  ,  on  doit 
les  exciter  à  continuer  leurs  recher- 
ches &  leurs  traViîux  qui  ne  peuvent 
qu'être  utiles  aux  Sciences  &  aux 
Lettres,  On  peut  faire  des  obferva*^ 
rions  critiv]ucs  lur  Içurs  Mémoires, 
nic>is  non  pas  les  tourner  en  ridicule 
ni  Jes  mèprifen 

Un  ancien  Militaire  de  la  Chine, 
curieux  de  £avotr  tout  ce  qui  s'écoic 


\ 

Juin   1781,  1167 

fait  fur  Tart  de  la  guerre  ,  a  mis  par 
écrit  tour  ce  qui  fc  trouve  dans  les 
Livres  anciens  &  hiQdcrnes  dont  il 
a  pu  fc  procurer  la  ledurc  ;  fon  ma- 
nufcrit  a  été  communiqué  au  P. 
Amioc  ^  qui  y  a  trouvé  quantité  de 
chofès  qui  lui  ont  patu  mériter 
d  être  envoyées  en  France.  Voilà  ce 
qui  forme  ce  nouveau  morceau^  Le 
P.  Amiot  commence  par  nous  don- 
ner une  idée  du  Dil^rours  prélimi- 
naire. 

Ceux  qui  ont  embrafic  la  profcf- 
fion  des  armes,  dit  TAureur  chi- 
nois, doivent  être  inftruits  de  tout 
ce  qui  peut  leur  fournir  des  lumières 
fur  un  art  qu'il  n'eft  malheureu(e- 
ment  que  trop  néceflaire  de  favoir. 
Les  Anciens  ne  combattoient  pas 
comme  on  combat  aujourd'hui  ;  ce« 
pendant  ils  avoient  des  ufages  qui  ^ 
aujourd'hui  même  ,  peuvent  avoir 
leur  utilité.  Je  lésai  extraits  de  tous 
\ç%  Livres  ;  je  rapporterai  les  <liflFc- 
rentes  manières  de  combattre  en 
ufagc  chez  les  Anciens ,  fans  m'a- 


1 1 S8  Journal  des  Sçitvaks , 
vifcr  de  iui;cr  Ç\  elles  ctoicnt  bonne! 
ou  mauvaircs.  Je  parlerai  de  leur! 
armes  &  de  différons  ordrei  de  ba 
[aille  cju'iU  obftTvoient. 

Cet  Aurtiic  remaïqiie  que  dspuis 
lcs/^i]nju(qu'aux  Ming,  c'eft- à-dîtti 
depuis  environ  l'Ere  chréricnne  juti 
quau  16."  lîcclc  de  J,  C, ,  il  n'y  a 
guère  de  Militaires  qui  cncendiiTctit 
.  bisnTiilai;;  des  armes  à  feu.  Il  n^ 
citeque  Ichouko-Uang ,  auciemcnc 
Kong-ming ,  qui  s'en  ;ll  iervi  avec 
fuccês.  Ce;  OfiUier  vivoi[  vers  i'ao 
loo  de  l'Etc  clitcnennc.  Vers  laii 
1600  de  J.  C.  on  employa  des 
nous  dans  un;  guerre  tonire  les  Ja- 
ponois ,  &  peu  après  on  adopta  li 
maniètc  des  Européens ,  &  l'on  fit: 
de  gros  &  de  oetics  canon».  LePèrt 
Aiiuor  dit  à  cette  occafion  que  le* 
armes  à  feu  Croient  connues  très  cer- 
tainement des  Chinois  dès  le  com- 
mencement dci'Ere  chrétienne  ;qu< 
Tckou-ko-Uang  feulement  s'en  icr- 
vit  mieux  que  les  autres  i  que  lei 
Chinois  employoicm  ic  fâlpêtre 


Juiu  1782;  1169 

le  foufrc  &  le  charbon  \  d'où  il  ré- 
fulte,  dit- il ,  qu'ils  favoicnt  faire  la 
poudre  à  tirer  bien  des  fiècles  avanc 
même  qu'on  fe  doutât  en  Europe 
que  cette  invention  cxiftoit.  Pour 
qu'on  ne  le  croie  pas  fur  fa  parole , 
il  va  rapporter  fidèlement  ce  que 
l'Auteur  en  dit  daiis  fou  Traite  fur 
ÏAn  militaire  ,  comme  nous  le  ver- 
rons plus  bas* 

L'Écrivain  chinois  parcourt  en 
peu  de  mots  les  tems  anciens  ^  mê- 
me ceux  que  nous  devons  regarder 
comme  fabuleux;  qu'il  nous  foie 
permis  de  le  dire,  quoique  le  P. 
i^miot  foit  d'un  autre  avis.  Dans  cet 
expofé  l'Auteur  ne  dit  rien  fur  les 
armes  à  feu  ;  il  n'en  parle  qu'en- 
fuite  ;  &  à  l'occafion  du  même 
Tchou '^  ko  '  leang  ijue  nous  venons 
de  cirer ,  on  prétend  que  ce  Gé- 
néral avoir  pris  cet  "fagw  dans  les 
Ecrits  àes  anciens  Guerriers  -,  ce 
qui ,  ftiivant  le  P.  Amiot,  ell  une 
preuve  fans  réplique  que  les  Chi- 
nois connoiflbicnt  la  poudre  ^  ôc 


feiyo  Journal  des  Sçavans  » 

s*cn  firvoicnc  long-rems  avant  les 
Européens  :  mais  nous  croyons  que  > 
pour  décider  cette  queftion ,  i\  fau- 
droit  avoir  fous  les  yeux  les  paflages 
mêmes  des  ancien^  Auteurs  depouil* 
lés  de  tous  les  commentaires  des 
Modernes, ^parcc  que  les  Ancicnr 
fe  font  fervi  de  flèches  enflammées 
&  d'autres  armes  femblablcs  que 
Ton  a  pu  appeller  armes  à  feu* 

Le  P.  Amiot  s'étend  fur  les  diflFé«" 
rentes  cfpèces  de  poudre  employée 
par  les  Chinois  ;  il  donae  la  ma- 
nière dont  ils  la  (ont;  mais  ces  pro- 
céder font-ils  rires  d'anciens  Au- 
teurs qui  vivoicnt  avant  que  la  pou- 
dre fût  connue  parmi  nous  ?  Après 
ces  recherches ,  qui  mérirent  là  plus 
glande  attention  ,  le  Miffionnaire 
parle  des  armées  navales  des  Chi- 
nois. Il  obferve  que  ces  peuples 
n'ont  guèrcs  combattu  que  (ur  le 
grand  fleuve  Kiang  :  anfi  leurs  évo- 
lutions ,  la  forme  de  leurs  navires 
&  toutes  leurs  manœuvres  ,  ne  doi- 
vent  eue  tuvvCag^écs  que   lous  ce 


Juin  1781;  1171 

point  de  vue.  D'après  routes  les 
(çavantes  recherches  du  ?•  Aniioc, 
rafTemblées  dans  ces  deux  volumes  ^ 
on  peut  fc  former  uns  idée  adez 
juftc  de  la  Tadique  chinoife  cane 
ancienne  que  moderne;  c'eil  ce  qu*il 
s'cft  propofé  de  faire.  Il  a  joint  à  ce 
morceau  trente  planches  qui  rcprc- 
fenrent  les  différentes  évolutions  mi- 
nutaires des  chinois ,  leurs  machines 
de  guerre  ^  leurs  armes  ,  leurs  dit- 
férens  navires ,  la  difpîfirion  de 
leurs  armées  nava  es  ;  cnforre  que 
ce  morceau  réuni  au  tome  VII  de- 
vient un  Ouvra-îc  compLt  fur  cette 
marière  dont  nous  n'avions  aucune 
connoidance  avant  le  P.  Amiot.  Il 
fcroiti  defircr  que  les  autres  Miifion- 
naitcs  nous  donnaiT.nt  amfi  des 
Traités  particuliers  lur  les  diâfércns 
arts  &  lur  \ts  (ci^nces  des  Chinois  ; 
qu'ils  en  fuivilTent  le  progrès  depuis 
leur  origine  jufqu  à  prélent ,  mais 
qu'ils  fe  ilépouillafTeut  en  même- 
tems  de  tout  préjugé  pour  ou  conrrc 
les  Chinois,  Ces  peuples  fe  fotvt  a^« 
propriés  quelquefois   des   coïvivovt- 


lljx  Journal  dis  SçaPans 9 

lances  ou^iLs  tcDotcnc  des  étrangers 
avec  lefqucls  ils  ont  été. en  com- 
merce \  &  pour  s'en  fofre  honneur  , 
Us  en  ont  tait  remonter  Torigroe  à 
des  tems  fort  anciens;  c*cft  ce  qu'il 
cft  nçcelTaire  de  bien  diftinguer;" 
[Extrait  dt  Ml  de  Guigna.  ] 

MÉMOîKE  gui  a  remporté  le  prix . 
de  la  Société  Royale  des  Scien- 
ces de  Montpellier  9  en  17869 
igr  cette  queftion  :  Déterminer 
par  vn  moyen  fixt ,  fimplt  &  â 
portée  de  tout  Cultivateur  ^  le  mo» 
m  ment  auquel  le  vin  en  fermentatioit 
dans  la  cuve  y  aura  acquis  toute  la 
force  &  touu  la  qualité  dont  ilefi 
fufceptible.  A  Montpellier ,  de 
rimprimerie  de  Jean  Martel  Taîné, 

.  Imprimeur  ordinaire  du  Boi  >  des 
Etats  de- la  Province  de  Langue- 
doc &  de  la  Société  Royale  des 
Sciences.  288  pages  i/2-4^« 

L' A  c  A  Dé  MIE  de  Montpellier  5 
indépendamment  des  volumes 
de  Mcmouesçfi  tlLadéîà  conimencé 
de  publict ,  àwtvt  c\\^^^  ^^t&^.^Ns.'^ 


Juin  1781.  1173 

Mémoires  de  Rentrées  publi<]iies  Sc 
les  pièces  des  Prix, 

Dans  celle  qui  a  remporte  le  Prix 
de  1780  ,  M.  Bcrcholon  préfcnte  un 
rableau  rapide  &  bien  fait  de  la  fer- 
mcncation  des  raifins  dans  Ja  cuve; 
M.  Mourgue  en  a  donné  un  extrait 
intéreflanc  à  la  tête  du  volume ,  &C 
nous  dllx)ns  en  rapporter  quelques 
traits.   Divers  moyens  ont  été  em- 
ployés pour  connoitrc  le  moment 
auquel  le  moût  eft  converti  en  vin. 
L'Auteur  en  difcutc  fept.  La  couleur 
'  cft  le  premier  de  ces  moyens;  il  en 
démontre  la  futilité  :  &  en  effet ,  un 
vin  peut  être  clair  &c  beau  &  avoir 
d'ailleurs  de  mauvaifes  qualités  qui 
le  feront  rcjetter.  Le  fécond  eil  le 
goût  ;  on  connoic  aifcment  combien 
ce  moyen  eft. variable  &  arbitraire. 
Le  troifièmceft  i'odorst,  qui  mérite 
encore  moins  de  confiance  que  le 
goût.  Le  quatrième  eft  Tàbfence  ou 
la   préfence   d'une  cfpècc  d'écume 
qu'on  remarque  au  bord  d'un  verre 
dans  lequel  on  verfe  du  vin  nouveau  ^ 


1 1 74  '  Journal,  des  Sçàvans  i 
après  l'avoir  fait  filtrer ~à  travers  un 
papier  gris.  La  chaleur ,  indiquée 
par  le  thermomètre ,  cft  un  cinauiè- 
me  moyen  fubordotmé  à  une  inanité 
de  circonllançes  qui  le  rendent  Infi- 
dèle. La  durée  de  la  fermentation  ^ 
qui  eft  le  (ixième  moyen  difcuté  « 
mérite  encore  moins  de  confiance. 
Enfin  9  le  bruit  plus  ou  moins  grand 
quiréiulte  de  la  fermentation  tunaul- 
tucufe ,  eft  encore  un  (èptième  moyen 
très-peu  fur.  M.  Bcrtholon  en  cher- 
che un  qui  foir  plus  cara<5lérife. 

On  apperçoir,  aptes  que  la  fcr- 
menration  eft  établie ,  que  la  liqueur 
s'élève  dans  la  cuve  »  de  même  que 
le  lait  qui  bout  lut  le  feu  :  après  Iba 
maximum  d'élévation,  la  malîe  fer- 
mentante reftc  flationnaire  pcudanc 
quelque  temps  Sa  marche  devient  en- 
fuite  rétrograde  ,  &  clles*afFaiflre  pro- 
grellîvemenr  \  cette  marche  eft  conf- 
iante ;,  on  robferve  partout ,  quelle 
que  foit  la  diverfité  des  climats, 
celle  des  faifons  ,  &  la  différence 
des  raifins.  Il  faut  choifir  parmi  les 


Juin  1781.  I17Ç 

phénomènes  de  cerrc  marche  ,  TinfV 
tant  où  le  vin  doit  ê:rc  tiré  de  la 
cuve.  L*Autcur  trouve  que  ce  mo- 
ment eft  celui  où  5  après  que  la  mafTe 
fermentante  a  été  ftationnairc  ,  elle 
commence  à  baiifer.  Il  en  donne  la 
preuve  ,  &  rcxpérieqcc  cft  venue  à 
fon  (ècours:  Elle  lui  a  prouvé  qu'au 
moment  de  la  plus  grande  éléva- 
tion ,  la  combinaifon  Ats  principes 
qui  doivent    former  le    vin    n'eft 
pas  encore  aflcz  faite  ;  qu'il  eft  trop 
chargé  de  gas  ou  d'air  fixe^  qui  n'a 
pas  eu  le  tems  de  fe  développer  :  que 
i'inftant  du  derniei:  abaiir.mcnt  eft 
encore  moins  celui  qu'il  faut  choi-- 
iir  ;  le  vin  ayant  perdu  alors  trop  de 
fcs  efprits  ,  devient  plat ,  &  peu  gé- 
néreux* Puifque  le  moment  auquel 
le  vin  y  en  fermentation  dans  la  cuve, 
commence  à  s'abaifler  *  cft  Tinftant 
^  qu  il  faut  faifir  pour  le  tirer  de  la 
cuve  ,  il  eft  de  la  plus  grande  nécef- 
(îté  d*en  avoir  une  indication  afllirée 
&  prccife.M,  Bertholon  propofc  ua 


1176  Journal  des  Sçavans^ 

cité;  il  eft  rompofc  dun  tube  cylin- 
drique de  fer  blanc ,  ou  detourc  au- 
tre matière ,  terminé  à  fa  partie  in* 
féricurc''cn  forme  de  cône  renverfè  ; 
ce  tube  fera  percé  de  trous  dans  toute 
fa  Jonguctir ,  pour  que  fie  vin  y  pé- 
nètre librcmerît  (ans  que  le  marc 
puiiTey  cntrcr.Onobfeverade  faire  ce 
tube  d'un  aflez  grand  diamètre  pour 
pouvoir  y  placer  une  jauge  gnt^ 
duée  en  pouces  &  en  lignes.  Cette 
jauge  fera  formée  de  deux  pièces  : 
i.^  un  difque  circulaire  de  liège 
d'un  diamètre  moins  grand  quece- 
lui  du  tube  :  2.^.  une  règle  d*un 
bois  très  léger  graduée  en  pouces  & 
en  lignes,  plantée  perpendiculaire- 
ment dans  ce  difque. 

Lorfquc  le  vin  s'élèvera  dans  la 
cuve  5  il  s'élcvcra  auflî  dans  le  tube^ 
&  cette  verge  ou  jauge  ,  que  l'Au- 
teur nomme  œnomhtrt ,  étant  très- 
légère,  elle  furnagera  la  liqueur,  & 
par  le  moyen  de  la  graduation  on 
verra  fî  la  liqueur  en  fermentation 
continue  à  s'élever,  fi  elle  eft  (la- 

tionnaire  > 


Juin  1781.  1177 

lîonnaire  xui  fi  elle  cft  rétrograde. 

Parmi  les  Mémoires  prélcntés  au 
concours,  rAcadémie  a  diftmgué 
celui  de  M.  le  Gentil ,  Prieur  de  Fon« 
tenet ,  de  l'Ordre  de  Coteaux  ,  Ho- 
noraire. 4p  la  Société  Royale  d'A* 
griculturc  d'Auch9  de  l'Académie 
des  Sciences ,  Arts  &  Belles-Lettres 
de  Dijon  ,  qui  a  .pour  épigraphe  9 
Gcnerofum  &  Une  nquiro  ,  &c»  Ce 
Mémoire  a  paru  un  Traité  complet 
fur  la  fermentation  des  vins  Se  fut 
les  moyens  de  leur  donner  la  m.Ml* 
leure  qualité.  UAcadémie  a  vu  avec 
peine ,  que  la  vraie  quedion  qu'elle 
avoic  propofee ,  avoit  échappé  à 
l'Auteur  au  moment  où  il  alloic 
réunit  tous  les  fuffirages.  Il  veut 
trouver  dans  la  dégudation,  dans 
le  (ens  du  goût ,  le  moyen  fixe  » 
i^ple  &  à  portée  de  tout  cultiva- 
teur ,  que  l'Académie  demandoir. 
Ce  moyen  eft  trop  peu  (ur,  (bus 
quelque  point  de  vue  qu'on  le  tc« 
garde  ;  cependant  l'Académie  a  cru 
devoir  faire  imprimer  ce  Mémoire 

Juin.  Sec.  F0I.  D  d  d 


y 


1 178  Journal  àt$  Sçavans  ^ 

dans  Ton  Recueil  »  comme  pouvant 
inftruire  les  propri^aircs  des  vigno- 
bles ,  &  leur  &ire  connoitre  les 
principes  trop  ignorés  d*un  art  <}ue 
Ton  a  cru  trop  umplc.  M^  Mourgue 
recommande  la  le^re  friquence  ic 
jpéfli^cbie  de  ce  Mémoire  à  tous  ceux 
qui  voudront  faire  de  bon  vin.  Je 
connoi^y  dic^l^  roue  cequi  a  été 
écrie  fur  ctt  objet  pat  les  Anciens 
&  par  les  Modernes  9  &  fe  puis  cer- 
tifier qu'il  y  a  plus  à  profiter  dans  le 
fcul  Mémoire  de  M.  le  Gentil  que 
d^ns  tout  le  refte» 

[  Extrait  de  M*  tk  ia  Landt,  ] 

Tr  AlTÈ  de  la. force  des  BoisjOn' 
vrage  eflcnciel ,  qui  donne  les 
moyens  de  procurer  plus  de  foli* 
dite  aux  édifices  >  de  connoîtrc  la 
bonne  &  la  mauvaifè  qualité  des 
bois ,  de  calculer  leur  force ,  &  de 
ménajger  près  de  moitié  lur  ceux 
quon  emploie  ordinairement  ; 
avec  la  manière  la  plus  âvantar 
geu(è  d-exploicec  les  forêts ,  dxa 


Juin   lySir  XÏ79 

faire,  rcftimation  (ur  pied,  &c. 
Par  M.  le  Camus  de  Mciières  , 
Archicede. 

Eft  modus  in  rcius^funtctni  denique 
fines» 

H  o  R  A  T.  Sac.  L  Lib*  I. 

A  Paris ,  chez  rAutcur  ,  rue  du 
Foin  Saint  Jacques  ,  au  Collège 
de  Maître  Gcrvais  ;  &  chez  Be- 
noît Morin,  Imprimeur-Libraire , 
rue  S.Jacques,  à  la  Vérité,  372 
pages  in  8^-  avec  figures. 

M^  LE  Camus  confidéroît 
•  avec  regrpt  le  peu  de  durée 
&  la  grande  dépenfe  qu'occafion* 
nent  dans  nos  édifices  les  bois  de 
charpente.  Les  poutres  de  1  Ecole 
Militaire ,  qu*on  fe  trouva  obligé  de 
changer  en  176Z)  fix  ou  fept  ans 
après  qu'elles  eurent  été  pofées , 
excitèrent  fes  réflexions  &  l'enga- 
gèrent à  des  recherches.  Il  lut  les 
oifférens  Ouvrages  où  l'on   avoii; 

Dddi)    - 


I  i8o  Journal  its  Sçavans  , 

traité  des  bois.  Les  Mémoires  de 
l'Académie  lui  fervircnc  de  bouflble. 
MM.  Babutiy  Defgodets  &  lui  ^  en 
firent  lobjec  de  différentes  confé<- 
rences.  Ils  cherchèrent  le  moyen  de 
connoitre  lé  vice  du  bois  «  de  le  ten- 
dre fenfible  ic  d'y  remédier.  Dans 
Iç  cours  de  leurs  pblcrvations  »  ils 
examinèrent  Favantage  de  la  refente 
des  bois  \  ils  W  calculèrent  à  l'aide 
des  expériences  de  Parent  >  de  MM* 
Duhamel  &  de  BufFqn.  Ils  ne  purent 
s*empccher  d'en  admirer  les  avan- 
tages &  de  former  des  vœux  pour 
cjue  le  Public  furmoncâc  les  préju« 
^és  &  f  ir  ufage  des  connoiflances 
c]ue  ces  travaux  ont  procurées.  Ot| 
tint  des  aflèmblécs  ;  on  rédigea  un 
Mérnoire  qui  fut  imprimé  dans 
VEjJai  fur  Us  Boif  de  charpente  pu- 
blic en  176}, 

M.  le  Camus  ayant  été  chargé  » 
en  1765,  de  bâtir  la  Caferne  de  la 
rue  MouâFetardy'  imagina  9  par  une 
luke  de  ces  expériences ,  de  faire 
xcfeudre    k$    bois  des    planchers 


Juin  1782.  II 8  r 

qu'on  y  dcvoic  conftruirc.  Il  ne  don- 
noit  que  deux  pouces  d'épaifleur  à 
chaque  folive  9  fît  pouces  de  haiH 
teur ,  neuf  piçds  de  longueur ,  &  il 
les  pofoic  de  champ  ,  de  (or ce  qu'il 
ménageoic  près  des  dcus  tiers  du 
bois.  Les  pourrcs  avoienc  vingr-un 
pieds  de  portée  dans  œuvre  ^  &  il 
fe  fervoit  de  bois  de  douze  à  treize 
pouces  de  gros  refendu  en  deux  : 
conféquemmetlc  its  poiicres  en 
avoienc  fîx  fur  treize*,  elles  étoienc 
pofécs  de  champ ,  &  l'Ârcbired^e 
Jes  avoir -armées  de  lambourdes^de 
chaque  coté  ,  fuivant  Tufage  ;  tous 
les  autres  bois  du  bâtiment  étoienc 
diminués  en  conféquence*  L'écono^ 
mie  fur  k  totalité  devenoic  très- 
confîdérable» 

On  exécutoît  le  projet  ;  mais  les 
Charpentiers 3  qui  n*y  trouvoicncpas 
leur  compte,  prirent  Tallarme;  ils 
donnèrent  des  inquiétudes  aux  Ma- 
giftrats.  On  s'adrcfTa  aux  Acadé- 
mies.   Celle  des  Sciences  nomma 

D  d  d  iij 


Il8l  Journal  dcS  Sçavans i 

MM.  de  Parcicux  &'Pcrfdnet;  celle 
d'Architedure ,   MM*   Camus    & 
Defmaifons.  M.  le  Caitius  rapporte- 
les  procès-verbaux  dcsquàtre  Aca- 
dcmicieniy  &  il  s'en  cft  (crvi  pour 
diriger  fn  nouvelle  méthode  qui  eft 
déjà  adoptée  par  tous  les  gens  éclai- 
rés. M.  It  Camus  fe  fert  des  expé- 
riences de  MV  de  BufFon  pour  faire 
voir  la  forte  ^es  bots  ,  ou  la  force 
que  les  fibre$  lotigitudinales  peuvent 
oppofer  à  la  ffadure  des^piSces  de 
tharptnte  ,  qui  font  le  compofc  & 
raircmblàge  général  de  ces  fibres* 
Il  cft  évident  qu'en  faifant  ufage  de 
ces  principes ,  nos  édififé^  en  feront 
plus  folides  &  qu'on  ménagera  la 
confommation  d^  bois  (urlaqucUe 
M.  de  Réaumur  avoir  femblé  jetter 
Tallarme  par  un  Mémoire  qu'il  fit 
imprimer  en  172 1.  Cet  Académi* 
cien  y  annoncoit  que  les  bois  de 
charpente  étoienr  'déjà  rares  ;  que 
les  bois  de  chauffage  diminuoicnt  , 
6c  qu'il  étoit  à  craindre  que  les 


Juin   1781.  1183 

établiffcmens  des  Forges,  des  Four- 
neaux à  feu  &  des  Verreries  ne  tomr 
baifenc  faute  de  bois. 

M^  Telle  d'Acofta ,  grand  Maître 
àcs  Eaux  &  Forêts  de;  Champagne , 
eiFaye  de  nous  radurc'r  dans  (on  ex* 
ccllentc  ïnjlruclion  fur  Us  Bois  de 
Marine ,  qu'il  vient  de  donner.  Ce- 
pendant ce  bon  Citoyen  fc  croit 
obligé  d*avouer  qu'on  ne  peut  ufct 
de  trop  de  précaution  pour  ne  pas 
prodiguer  les  bois.  L'objet  eft  im- 
portant ;  &  M.  Camus  a  rendu  fer- 
vice  à  la  France  en  s'en  occupant 
aufli  (erieufement  &  avec  autant  de 
fuccès ,  &  en  traitant  fon  fujet  par 
la  voie  des  expériences  &  des  Ma* 
thématiques. 

L'Auteur  confidcre  le  bois  dans 
ion  origine  &  dans  fcs.progrès.  Les 
8  volumes  i72-4^.  qu  a  donné  M.  Du- 
hamel fur  \ts  bois ,  font  analyfés  j  on 
y  voit  ce  que  peut  produire  un 
taillis  ou  une  futaie  ;  ce  que  peu- 
vent porter  des  pièces  de  bois  de 

D  d  d  iv 


11S4  Jomiui  éti  SfmHUU  i 

toatcf  fortes  de  longueur  ft  de  ^oS^ 
feur  dans  difièrebtes  cîrconftaoces 
Oc  dans  différentes  pofitioBS.  L'Au- 
teur établit  les  avincages  dt$  bots 
de  fcfage}'  il  calcule  ce  ou'ont  i 
fupporter  les  plancheft  par  le  poidi 
&  par  le  choc  ^  en  càUmanç  même 
rcffort  des  dafifeurs.  Enfin  il  &îc 
voir  l'excès  de  force  &  de  dépcnfes 
inutiles  dçs  conftruâions  tn  bois 
carré  «  fur  les  conftruâions  te  bois 
méplats  9  en  comparant  leur  téfi£» 
tance,  leur  poids  ic  leur  défrefhfc. 
Ces  principes  font  lumineux ,  iD^^ 
tains  ;  il  ne  s'agit  que  de  les  applt* 
4]uer  &  d'en^irer  parti  :  il  s'en  état 
beaucoup  quon  aie  été  jufqu'ici 
dans  la  bonne  voie  pour  tous  les  bâ* 
timens  faits  depuis  une  foixantaine 
d'années;  on  à  employé  moitié 
plus  de  bois  qu*il  ne  convenoit,  & , 
il  faut  Tavouer  à  notre  honte,  nous 
avons  eu  l'art  de  ks  rendre  beau- 
•  coup  moins  folides ,  foit  par  le  far- 
deau du  bois  inutile ,  foie  par  les 


Juin  1782.  1185 

aflfcmblagcs  avec  raortoiles  qui  dc- 
truifenc  la  force  néceflaire  pour  un 
pJaDchçr. 

On  Yoit  par  ce  que  nous  venons 
de  dire»  que  cet  Ouvrage  eft  un  des 
plus  utiles  qu*ii  fût  poflible  de  faire  » 
&  la  répurarion  de  M.  te  Camus 
fuffic  pour  (aire  juger  de  la  manière 
dont  il  a  rempli  Ton  plan. 

[  Extrait  dcM.àcU  Lande.  ] 

Œuvres  compUtus  de  M.  U 
Chevalier  Hamilton ,  Miniftrcdu. 
Roi  d'Angleterre  à  la  Cour  de 
Naples ,  Qievalicr  de  l'Ordre  du 
Bain,  Membre  de  la  Société 
'Royale  de  France,  &c.  com- 
mentées par  M.  TAbbé  Giraud^ 
Soulavie.  A  Paris ,  chez  Moutard  ^ 
Im^  rimeur-Libraire,  rue  des  Ma* 
thurms^  hôteb  de  Cluni.  ^oS 
pag.  in-S^.  Pt'Up  5  liv.  broché; 
6  liv,  relié. 

L'Ouvrage  de  M.  Hamil- 
ton  fur  le  Mont  Véfuvc  &  fur 
le  Monc  Etna ,  n  ctoit  cncor^connit 

Ddàv 


11 86  Journal  ici  Sçavans  y 

3ae  <)ek  Sçavans;  \t  grand  nombre 
e  planches  tlocft  t1  éroft  iaccfbnipâ- 
gné  le  Tcndoit  extrêmemràt  cnkr^ 
Comme  îl  'renferme  des  obferva- 
tions  nouvelle  &  intèrcflantes  qui 
méritoîent;  ^tre  plus  répandues  , 
M.  l^Abbé  Giraud  -  Soulavic  y  qui 
s'éroic  occupé  de  la  même  ifitirière 
dans  im  ChWràge  intércïTarit  que 
nous  avons  àifmmcé','  s'eft  chargé 
de  cette  ^ditionw  Vi.y^  a  ajouté,  a.iOv 
pages  de  notes  »  danslerquelles il  a 
rapproché  les  phénomènes  ob&rvés 
en  France  lue  les  volcans  éteints;  il 
y  a  ajouté  les  obfervations  faites  par 
M.  Hamilton  pendant  rény^^ciço  de 
1779  >  ^,\^^  defeiiptioiis  ici  vol- 
c^ns  fitu^s  dans  les  environs  À\à, 
Khin  qu'on  a  traduites  de  1'^ nglois 
&  tirées  des  TranJaSions  Philofom 
phiques  ^  de (orte  que  cette  édition 
mérite  avcc'riifon  le  titre  d*<ï«v/-tf5 
compUttes  de  M.  Hamilton  ,  &  Tac- 
quifition  en  cft  égàleniciit -utile  aux 
Amateurs  &  aux  Sçavàni  qui  ^nt 
déjà rédiûon de  Naplescn un grund 
.  volume  î/2-/oiii>%  , 


Jdn  \*j%%.  1187 

Il  rfl:  vrai  que  M.  Hamîlton  « 
encore  ptiblié  un  grand  Ouvrage  fur 
les  vafcs  étrufcjuies  dout  nous  avons 
vu  cbez  lui  ,-à  Naplcs  ,  une  immenfe 
cellcâton;  mais  le  principal  mérite, 
de  CCS  Ouvrages  ttant  celui  des  gra- 
vures t  il  fl'étoit  pas  pollîble  de  les 
joindre  à  cette  petite  édition. 

M.  l'Abbé  G.  a  fait  graver  la 
carre  qui  repréfentc  la  lîtuation  des 
obje»  ,  la  forme  des  volcans  ,  la 
direâion  de  ieurî  coulées  ;  6i  dans 
l'explication  de  cette  carte,,  il  a 
confcrvc  les  dcfctjptions  dt-s  figures 
de  M.  Hamilion ,  &  ce  qu'ont  écrit 
de  plus  curieux  ,  MM.  le  Baron  de 
Dietrich  ,'  Guettard ,  Ferber ,  Foh- 
gcroux  ,  Bridonue  ,  de.  la  Torre  , 
la  Lande.  Cette  explication  ,  pla- 
cée à  LÔté  de  la  carte,  fera  utile 
pour  les  voj'ageurs  I  qui  vetronr, 
dans  un  feul  point  de  vue  8c  dans 
un  volume  portatif,  la  dtftrtburion 
coniparcc  dc,^  volcans  d'Italie  ,  âc 
ici  pays  inondés  de  leurs  laves. 
On  trouve  dans  ces  Lettres  ua 
D  i  d  4\ 


iiSS  Journal  its  Sçavans  f 

détail  complet  fur  \^$  cbangeraens 
du  Mont  Vcfuvc  depuis  le  17  No- 
vembre 1764,  rems  où  M.Hamii- 
ton  arriva  à  Naplcs ,  furtout  ie  dé- 
tail des  éruptions  de  1767  &  17799 
&  une  bifloire  du  Mont  Etna  >  où 
l'Auteur  a  paiTc  plufîcurs  nuits  au 
milieu  des  glaces.  En  1769^  dans 
ia  même  journée ,  il  éprouva  fur 
cette  montagne  les  ciFets  des  quatre 
faifons  de  Tannée  :  la  cbaleur  excef- 
fivc  de  rété  dans  la  région  infé- 
xicure  ',  Tair  tempéré  du  printcms  & 
de  l'automne  dans  la  région  du  mi- 
lieu ,  &  le  froid  extrême  de  Thivcr 
dans  celle  d'en^haut.  A  mefure  qu'il 
approchoit  de  la  dernière ,  il  remar- 
qua que  la  végétation  diminuoic 
par  degrés  ,  depuis  les  plus  grands 
arbres  julqu'aux  plus  petits  arbrif- 
feaux^  &  aux  plantes  des  climats 
feptentiionaux. 

Cela  vient  de  la  grande  hauteur 
de  cette  montagne  ,  (ur  laquelle  les 
Italiens  ont  donné  des  exagérations 
/înguiièrcs.  M,  Hamilton  dit  qu'elle 


Juin    lySl.  11S5 

n'a  jamais  érc  mefurée,  &  cette  né- 
gligence, ajoute-t-il,  couvre  réelle- 
mcnc  de  honrc  l'Acadcmie ,  gui  y 
dans  cet  endroit,  eft  appeliéc  Aca^ 
démit  de  tEtna  ,  dont  le  but  primi« 
tif  étoic  d'étudier  la  nature  &  les 
phénomènes  de  cette  montagne 
étonnante.  M.  Hamilton  avoit  fore 
envie  d'en  calculer  géométrique- 
ment rélévation  ;  mais  fon  baromè* 
ne  fe  cailà ,  &  il  avpue  avec  regrec 
qu'il  n*a  pas  pu  trouver  à  Gatane  un 
quart  de  cercle ,  quoiqu'il  y  ail  une 
Académie  &  une  UniverHté  ;  il  n'i 
pas  même  vu  de  baromètres  dans 
toute  la  Sicile.  Nous  avons  liea 
d'efpérer  que  M.  le  Marquis  de  Car* 
raccioli  ^  aduellement  Vice-Roi  de 
Sicile ,  dont  rcfprit  &  les  connoif- 
fances  Font  fait  admirer  à  Paris  ^ 
pourra  exciter  dans  ce  beau  pays 
quelque  degré  d'émulation  pour 
les  icieDces.  L'Auteur  rapporte  la 
hauteur  du  baromètre,  luivant  M. 
Brydone,  qui  étoit  au  bord  de  la 
01er  de  29  po.  8  lig>  j  >  &  au  fooK*. 


1190  Journal  dês  Sçavans  ^ 

mec  de  l'Etna  de  19  pp.  4  lig.  me- 
fure  d'Angleterre  .^^ous  ajouterons' 

3UC ,  (nivant  robfervation  de  M. 
e  SaulHire  faite  en  177^  9  &  cal^ 
culée  par  M.  Shuckburgh  dans  les 
TranfàSions  Philofoph.  dt  tyyy^ 
la  hauteur  totale  eft  de  17 13  toiles. 
Cela  n'approche  pas  des  Cordelières 
^u  Pérou  qui  vont  au-delà' de  3.100 
foifes»  mais  c*eft  plus  que  le  Cani- 
-gou  qui  na'que  1440  toifês^  - 

M.  Hamiicon  ne  trouva  rien  for 
le. Mont  Ema  (pour  ce  qui  r^arde 
les  maxièrcs  volcaniques.)  que  Je  Ve* 
fuve  ne  ptoduife  \'\\y  a  même  une 
plus  grande  variété  dans  lesstacières 
brûlées  &  \ts  laves  du  VcdTuvt.  Toutes 
les  deux  font  abondantes  en  pyfites 
&  en  criftallifations  j  ou  plutôt  eu 
vitrifications.  Sur  le  rivage  de  la  mer^ 
au  pied  de  l'Etna  ;  on  trouve  quan» 
tité  d'ambise ,  ce  qu'on  ne  trouve  pas 
au  pied  du  Vefuve*  A  prêtent  il  y  s 
aine  plus  grande  quantité  de  fouste 
èc  de  ièls  fur  le  (bnimet  du  Vefuvc^ 
€f^  lux  celui  de  TEtna;  mais'  cette 


Juin    1781;  1191 

drconftance  dépend  de  la  fermen- 
tation interne  ,  &  fon  guide  lui  af- 
(Ura  que  dans  d'autres  tems  >  il  en 
avoit'vu  daraiicagc  fur  l'Ecna* 

M.  l'Abbé  Giraud-Souiaviea  fup« 
pléé  ï  fon  Auteur  relativement  à  Tbif- 
toire  du  mont  Vefuve ,  par  utie  note 
de  M..  Robert  de  Vaugondi%  Ce  vol- 
can agifloit  avant  la  guerre  de  Troye, 
Sr  rentrée  des  Sicdes  enSicile.  Il  eut 
trdis  éruptions  depuis  Tan  771  javanr 
J.  C  îufqu'en.3  88  ;  0tl  en  trouve qua« 
tre  fous  les  Con(uls  Romains ,  dans 
l'eipace-  de  dix-neuf  ans  *,  fçavoir, 
fous  Lelius  9  Tan  140  avant  J.  C; 
fous  Fulvius  Flaccas ,  en  1 3  5  ;  fous 
Aurelius  ,  en  125  ,  8c  foos  Cecilius 
Metellus,  en  i  ii.  CeTotcan  éprouva 
encore  une  éruption  confioémble 
fous  Jules  Céfar ,  en  Tannée  44 avant 
J.  C«;  elle  fut  fi  confîdérable  y  qu'on 
en  Tcflentit  la  fccoufle  à  Rhcgium  ; 
la  Tfier  en  fut  (\  ccbaufice  ^  que  les 
poifTons  en  ntouïorent^  les:  vaiflè&ilX 
des^  iks  Eokcnnos  en  furent  em-* 
bxâfés. 


1 1 91  Journal  dts  Sçavans , 

Caranc  ,  fondée  par  une  colonnie.» 
de  Naxicns,  fou<  la  conduite  d*£* 
vaTchu^'9  72.8  ans  avant  J.C,  eft, 
la  principale  .ville  des  environs  de 
rEcna  :  Tes  habirans  hirent  tranquil- 
les pendant  151  ans.  Hieron  les  en 
chaua  &  mie  à  leur  place  cinq  mille 
Péloponoéfiens  &c  autant  dp  Syra* 
cufains  ^  '  &  changea  le  nom  de  la 
ville  en  celiri  de  rËtna.  Mais  quinze 
ans  après  ,JHieron  étant  more,  les 
anciens  habitans  revinrent  dans  la 
ville  9  chair.rent  les  nouveaux  &  dé- 
truiHrent  le  tombeau  du  Tyran.  Les 
Etnccnsfe  retirèrent  dans  la  contrée 
du  mont  Etna  ,  au  nord  ,  &  y  bâti-, 
renr  une  ville  qu'ils  nommèrenr 
Ineda  ^  à  80  ftades  de  Catane.  Les 
dates  des  éruptions  du  mont  Etna  9 
dont  rhiftoirc  parle ,  font  les  fui- 
vantes.  Avant  TEre  chrétienne ,  qua- 
tre ;  iuivant  M.  l'Abbé  Giraud  »  fi- 
voir  4  les  années  du  monde  9  3  5 ^5  f 
3538,3454*  3843;  il- cite  vmgt- 
kpt  éruptions  après  i.  C.  ;  fçavoir , 

en  1175  >  1185,  1311,  1323, 


Juin  lySi.     119) 
ijij, 1408,  1J30,  155^,  15371 

1540»  M45»  MÎ43  M56,  1566, 
1579,  I6Ii^^l634,  x6}6,  1645, 
1669, 1681,  16899  i69i>  17019 

ï747f  ^755»  1766.  Il  ny  a  que 
Tannée  1^82  &  17^^^  où fe  trouvent 
tomber  en  mênne-tems  des  éruptions 
du  Vefuve ,  ce  qui  n'annonce  pas  de 
correfpondance  interne  entre  ces  deux 
volcans. 

M.  l'Abbé  Girau  d  >  compare  les  ob« 
fervations  de  M.  Hami'iton ,  avec  cel- 
les qu  il  a  faites  lui  même  dans  les 
montagnes  du  Vivarais;  il  en  réfulre 
que  la  matière  donne  des  produits  vol« 
caniques  femblables  fur  les  hauteurs 
foufcilleufes  du  globe  terre(lre&  juf* 
qu'aU'deflbus  des  abîmes  de  la  mer. 

Les  laves  qu'on  a  apportées  des 
volcans  de  rAmériquCy  de  ceux  de 
l'orient,  &  du  nord>  éloignées  la 
plupart  d'un  demi-diamètre  du  globe, 
ofl'rent  encore  la  même  analogie  Sc 
la  même  rcfTeniblance ,  malgré  les 
variétés  que  comportent  ces  diiFérens 
pays,  Ainf] ,  conclud  M.  l'Abbé  Gi* 


i  1 94  Journal  des  Sçavatts ,  - 

faud  9  le  feu  volcanique  donne  des 
produits  analogues  dans  tous  les  lieux 
connus  de  la  lurface  ^du  globe  ;  ces 
laves  fonr  par  roue  ferrugineufes  ^  fit- 
iîbles  ,  artirables  à  Tainiant,  érin- 
celanres  au  briquer.  La  même  caufe 
produit  le  même  efFet  dans  toutes 
les  contrées ,  &  fur  toutes  les  élé» 
valions  terreftres  \  on  trouve  la  même 
analogie  &  la  même  homogenité 
dans  les^  laves  de  toutes  les  lérup* 
tions  de  difFérens  fiècles^  depaii 
celles  qui  avoifînent  la  formation  du 
globe ,  jufqu'à  celles  que  les  volcans 
vomifTcnt  aujourd'hui. 

Une  autre  conclufion  que  M% 
TAbBé  Giraud  tire  de  la  comparai*- 
fon  de  ces  laves  ,  c  eft  que  le  fca  cft 
le  feul  élément  qui  forme  des  pro« 
duits  iemblables  &  analogues  entre 
eux  ;  Téau  a  formé  dans  tous  \çs 
temps  des  roches  hétérogènes ,  8c  le 
feu  des  volcans  a  donné  dans  tous 
les  âges  de  la  nature  des  fubftances 
homogènes^  toujours  femblables  en- 
tre cUes« 


Juin  1781.  I195 

Toutes  les  Uvçs  connues  font  ht* 
ruginculês  ,  le  fer  femblemême  do< 
minci  dans  toutes  les  laves:  les  vol* 
carts  âitCoiroti ,  en  Vivatais ,  pat 
exemple,  &  plufîears  autres  fon;  (i- 
tucsfuiuiierochecalcaireoumarnrure 
où  l'on  ne  trouve  aucun  indice  de  fcrj 
&  cette  roche,  qui  eft  en  pluficuts  en- 
droits coupée  prefquc  à  pic ,  &  fou- 
vent  de  plus  de  cent  toifcs  d'clcva* 
fioii ,  n'cil  fcirdgineufe  dans  aucu- 
ne de  Tes  parties  ;  d'où  l'Auteur  coni 
clud  qu'il  exifte  dans  le  foyer  fou- 
terrain  &  profond  des  volcans  dei 
matières  ferrugincules  qui  leur  fer- 
vent d'aliment. 

M.  l'Abbé  Giraud  croit  que  les' 
volcans  fous-matins  ont  brûlé  fani 
le  concours  de  l'air.  Quoi  qu'il  en 
foit,  de  ce  fyftêmc  ,  il  prouve  que 
la  caufe  des  volcans  aété  plus  aâive 
autrefois ,  i  *.  parce  que  la  mer  cou- 
vroit  une  plus  graiidc  étendue  de 
terres  :  1°.  parce  que  toute  matière 
foruiue ,  environnée  de  matières 
froides ,  s'ctciut  peu  à  peu  ,  le  dil* 


119^  JmnuU  du  SfapMMS  ^ 

triboMt  par  oonfl^ociic  for  la-terrci 
Bon  par loneitiKics ni  pir  Inritodes» 
snis  felon  ks  baffins  &  k  fyftSmt 
des  mcn  :  s'ofiravit  ainfi  (bus^dcs  aC* 
prâs  diffiéfcns  dam  les  environs  da 
f  occan  &  de  la  médicerranée  }  muU 
ripliam  les  booches  ignivomcs  fbr  la 
stvcrs  de  la  chaîne  qui  vedë  dans  Ja 
méditenanée ,  à  caufe  da  VoifinagiB 
des  eaaz  maririines  ;  enfentaw  dies 
Tolcans  plus  rarement  vers  la  c|iaine 
oppoice  ,  a  caufe  ^e  réloignerocrit 
des  eaux  de  Tocéan  ;  agiiTant  d  aîlr 
leurs  fous  l'équateur  comme  dans 
riflande  &  fous  les  tropiques  ,  parce 
que  ce  feu  ne  dépend  point  da  fctt 
extérieur  atmofpbérîque  »  uéptou^ 
Tant  prclque  jamais  des  éruptions 
contemporaines  dans  les  diyers  vol- 
cans  connus,parce  que  la  force  expui* 
five  nVft  déterminée  que  par  1  aâion 
externe  &  locale  de  réiémcnt  liquide 
ui  opère  l'cxplofion  9  éprouvant 
es  éruptions  apr^s  les  tremblemens 
de  terre  »  parce  que  l'eau  de  la  mer 
^rouve  des  iflues  ouvertes,  paries  Ie« 


1 


Juin   1781.  1I97 

coufles  ,  &  combat  aevc  rcléincnc 
tnflammr.  On  peut  voir  à  ce  fujer  , 
dans  les  Mémoires  de  l'Académie 
dn  Sciences ,  les  defcriptions  des 
(blfarares  >  par  M.  de  Fougeroux  de 
Bondaroy  ;  elles  confirment  une  pu- 
lie  de  ces  rj:rultars* 

On  voit  par-là  que  malgré  l'exaçi 
tittide  de  M.  Hamiiron  ,  les  addi- 
tions de  M.  l'Abbé  Gîraud-Soulavie 
étoient  nécedaiies  pour  complciter 
ce  travail  *  il  a  fallu  obfcTver  le*  la- 
ves folides  &  compares  du  Vefiive  , 
&  les  bafakes  de  nos  vieux  volcans 
de  la  France  méridionale ,  pour  ju-  ~ 
ger  que  le  fea  vo]cani<^ue  prrparolt 
dans  fcs  fouccTreinE  une  matière  ana- 
logue  ,  tant  en  Italie  qu'en  France  , 
Se  dans  les  anciens  àges_  de  la  narure 
comme  de  norie  tems.  Il  a  fallu 
obfeiver  des  volcansiteints  >  confîdé- 
ler  comment  cette  lave  balâlticiue 
dommc  paimi  toutes  leurs  produc- 
tions ,  &  comment  la  lave  Jolide  8c 
compare ,  domine  dans  les  effu- 
iions  d'un  des  volcans  modernes  « 


XI 9$  JournaliUs  S$avansi 

{'  içur  juger  que  les  variétés  (ont  ana« 
Qgues  clans  la  quantité  de  la  malle 
vomie.  Ce  qui  fait  ju^er  de  Tunifoc- 
mité  des  opérations-&  des  produits 
d^s  volcans. 

La  carte  des  champs  Flégréens  du 
Mont  Vefuve  &  de  fçs  environs, 
dreflec  pour  Tintelligcncc  de  cet  Ou- 
vrage ,  eft  fore  bien  gravée;  mais 
elle  n*eft  point;  orientée  ;  elle  n'a 
point  d'échelle  ;  elle  s'étend  depuis 
Caftel-à-Mare  jufqu  a  Procida.  On  y 
a  joint  une  courte  defcription  de  ces 
pays  délicieux. 

Les  laves  de  17^0  font,  trcs^p- 
parcntes  dans  cette  carte.  Un  trem- 
blement de  terre  précéda  l'éruption 
de  cette  lave ,  &  fut  fenfible  à  Nar* 
pics ,  quoique  cette  ville  foit  à  huit 
milles  du  lieu  où  fe  fit  l'éruption  ; 
ce  qui  femblc  indiquer  que  le  foyer 
du  Vefuve,  volcan  fupérieut auquel 
appartiennent  ces  mpntiquics  ^  eft 
^ez  profondément  iitué  fous  la  fux- 
face  de  la  terre. 

Avant  cette  éruption  le  fol  étqit 


\  ^  Juin  lySx.  1199 

tarés  -  fertile  ,  garni  de  vignoWes*^ 
L'cruption  commença  par  quinze 
bouches  ignivomes ,  qui  élevèrent 
autant  de  monticules»  Les  matières 
fis  réunirent  &  en  formèrent  fept  » 
qui  fe  réduintent  enfuite  à  quatre 
leulemenr* 

Quand  on  creufe  dans  les  envi-* 
rons  du  Véfuve  9  on  trouve  fit  à 
fept  coucher  de  matière  volcanique  »  " 
féparées  |)ar  une  couche  végétale* 
I.e  Chanoine  Recupero ,  Auteur  de 
rOu^rage  dont  M.  Ferber  fait  mcn* 
tion  en  parlant  de  l'Etna  dans  fa 
dixième  Lettre,  dit  que  ,  s*il  étoic 
permis  de  juger  par  analogie  de  Tan^* 
tiquité  de  la  plus  baffe  des  laves 
connues  vomies  par  TEtna ,  elle  au- 
roit  14000  ans.  On  peut  confulter  à 
ce  fujet  le  Voyage  de  Brydone. 

L'Ouvrage  de  M.  Hamilton  con» 
tient  auflî  une.dcfcription  de  la  fol- 
fatarc.  Ce  volcan  éprouva  une  érup- 
tion en  1 198  ,  fous  le  règne  deTré- 
déric  II  ;  la  couche  de  matière  vol- 
canique fur  les  ruines  du  temple  de 


1 100   Journal  dis  SçavanS  » 

Sérapis  près  de  Pouz2ol  »  cft  fant 
douce  le  produit  de  cette  éruption  ; 
les  eaàx  phiviales  paroi  (Tent  avoir 
formé,  fous  la  plaine  de  la  Solfa« 
tare ,  un  lac  que  des  reftes  de  feu 
volcanique  au-^deflous^de  ce  lac  font 
bouillir  La  vapeur  de  cette  eau  fore 
continuellement  &  avec  effort  en 
plufîcurs  endroits»  &  Ton  en  pro*» 
fite  pour  en  extraire  environ  173 
quinraux  de  foufre  par  an ,  37  qum* 
raux  d'alun  Se  deux  de  M  ammo« 
niac.  Ce  que  nous  venons  d:  rap« 

{>orrer  peut  faire  juger  du  mérite  de 
'Ouvrage  de  M.  Hamilton  &  de 
rurilité  des  Additions  que  M.  PAbbé 
Giraud  y  a  faites* 
[  Extrait  de  M.  de  la  Lande.  ] 


"V 


LEfOMS 


Juin  tj%u  tvM 

Leçons  iUmcm^i^is  ^^^  I^-;*^ 

naturelle  &  de  Ck.mu  ^  ^jes^  ^ti^ 

des  coDOoiffinK»  €ttriK-jiaK9  ic> 
quifcs  ;tt(€|ia*i  et  fotfr  r  x^.  <f^A^ 
fiir  un  rablrao  ea^tBjpjg*  <^  Sa  ikg^ 
raoe  H?  SiéM  8c  ^itty^B  t:^  nr;.  Mv 
demes  ;  pcwr  icrrir  Jic  't:*b-tkt  i 
un  Omiis  compjft  <&  :t^  cS  -^ 
fcicoccs.  Par  M*  i!?  F^strcr^  ^ 
Doâear  de  la  Faca!!cé  «sk  Mé^^ 
cine  ds  Par  %^  te  àt\^  %f:d^s 
Rovac  de  M&bc:^^  A  P«5j$^ 
rue  &  faofd  $rT|Ki5^.  17  ¥x.  t 

pages ,  &  ks  f  rKaniaaii-'f?^  7^  ^ 
le  fécond  de  ^ 


P&£MI£m   ExTftAir^ 

L£  s  Ouvrages  éitmes^aift^  iïbof  ^ 
fans  contrtdir  ^  les  flm  é^iBcu 
les  à  bien  faire  9  &  cependant  ies 
plus  utiles.  Si  Ton  a  de  giandet  o&ii« 


I  loi  Journal  dei  Sçavans  , 

gâtions  aux  Sçavans  qui  s'occupent 
dé  rccbe'rcbes  partkrulières  propres  à 
avancer  les  fciences ,  on  doit  en  avoir 
de  plus  grandes,  encore  â  ceux  donc 
le  génie  embrafTe  tout  l'enrembls  , 
.&.  quii.de  font  point  effrayés  de  la 
longueur  &.  de  la  difficulté  da  (ra« 
. vail  qu'ils  entreprennent.  La  Chimie 
.eft  plus  que  toutes  ïts  aurres  fcten^ 
ces  expofée  à  être  traitée  très-légé* 
rcmenc  par  ceux  qui  s'y  adonnenr. 
Le  nombre  des  amateurs  de  cette 
bejle  fcietlce  efl  très  confidétable  ; 
mais  ceux  qui  en  pcnètrenc  les  pro- 
fondeurs di  qui  contribuent  à  fon 
avancement ,  font  très-rares  en  corn* 
paraifon.  C'eft  cependant  à  ces  der- 
niers feuls  qu'il  elt  permis  d'en  con- 
'  noîtrc  l'étendue ,  d'en  fixer  les  li- 
mites ,  d'en  rapprocher  les  princi* 
pes ,  &  enfin  d*en  offrir  les  élémens» 
C'eft  cette  tâche  que  M.  de  Four*» 
croy  vient  de  remplir  en  publiant 
les  Leçons  élémentaires  d'Hiftoire* 
naturelle  &  de  Chimie.  Quoiqu'il 
exiflâr  plufieurs  cxcellens  Ouvrages 


Juin  1781.  iioj 

en  ce  genre  avant  le  fien  ,  Textraic 
que  nous  allons  en  pré(cnrcr  fera 
connoître  retendue,  l'utilité  &  le 
mérite  de  celui  eu 

La  manière  dont  TAotcur  s*ex* 
prime  dans  fa  Préface  y  annonce  al^ 
ïtt  que  ion  but  a  été ,  i  ^.  de  réunir 
le  plus  grand  nombre  de  fkirs  chi« 
iniques  :  2^.  de  le  faire  tous  je  plus 

{)crit  volume  poffible  :  j  ^.  de  lier 
*Hiftoire- naturelle  &  la  Chimie: 
4^.  d'offrir  tous  les  fairs  chimiques 
les  plus  nouvellement  découverts: 
5^.  de  comparer  la  théorie  de  Stahl 
ou  du  pblogtftique  j  avec  celle  de 
quelques  Modernes,  qui  croyenc 
pouvoir  fe  pafler  de  ce  principe  pour 
expliquer  les  phénomènes  chimi* 
ques  :  6".  enfin  de  prélenrcr  ces  dif- 
ferens  objets  dans  l'ordre  le  plus 
méthodique  ,  afin  de  faciliter  Téiude 
&  d'aider  la  mémoire.  Pour  faire 
connoître  fi  ce  but  cH  bien  rempli  » 
nous  croyons  devoir  donner  un  cx-> 
trait  détaillé  des  divers  objets  trai* 
cé^  dans  cet  Ouvrage. 

Ec  c»^ 


l  *  l  ■    ■ 

1104  Journal  des  s çàv ans  ^ 

Il  Cûrtimence  jpar'une  tntrocluc- 
non  donc  robjér  cft  de  crairer  âes 
généralités  àt  la  Chimie  ,  des  a(E« 
nitcs  chimiques ,  dés  principesi  des 
Chihiiftcs,  &  des  ({Uacre  corps>cle- 
hicntatres.  Dans  les  généralités  ^  M« 
de  Fourcroy  s  occupe ,  i^,  de  la 
définition  de  la  Chimie  qu'il  regarde 
comme  unefcicnu  q^Uî  APPREND 
à  connaître  C action  intime  &  rcci^ 
proquc  de  tous  les  corps  df  la  na» 
ture,  les  uns  fur  tes  autres  :  x®.  de 
l'objet  de  la  Chimie  \  il  comprend 
tous  ïç%  corps  naturels  :  3^.  ae  fês 
moyens  qui  font  Tanalyfe  &  la  (yn- 
thèfc  :  4^.  de  la  fin  de  la  Chimie  : 
5  '^.  de  Tutilité  de  cette  fciençc  :  6^* 
enfin  de  Ton  hiiloire. 

Ce  qu'il  y  a  de  plus  important 
dans  ces  généralités  ^  c'eft  la  dif- 
tinâion  de  l'analyfe  en  deux  ePpè* 
ces.  La  première  eft  appcUée  par 
TAutcur  Vanalyfi  vraie  oufimpU  \ 
elle  a  Heu  toutes  les  fois  qu'on  pb«. 
tient)  en  analyfant Un  Corps,  les  prin^ 
cipes  c^ui  le  compoleac  »  fatis  qu^ils 


Juin  1781.  1105 

ayent  fiibi  d'altération  ;  &  de  ma- 
nière qu'en  Tes  unifiant  par  la  fyn-* 
thèfe  ,  ils  puiflcnt  reformer  le  com- 
pofé  tel  qu'il  ctoit.  avant  fa  dccom- 
pofîtion,  L'analyfe  fauife  ou  çom« 
pliqucecft'au  contraire  celle  par  lar 
quelle  on  (epare  d'un  corps  fcs  prin* 
Cipès  altérés  &  tels  qu'ils  n'exiftoîent 
pas  dans  fa  comporïrion  ;  aufli,, 
après  cette  féconde  forte  d'analyfc|^ 
ne  pcut-oh  pas  reproduire  le  com- 
pofè  en  recombmant  les  produits 
de  la  déconipontioni  Çet:e  dillinc* 
tion  eillumineùte  &  très  utile  pour 
Tinrelligence  des  phénomènes  cbi« 
iniques* 

Laifticlc  des  affinité^î  chimiques , 
qui  fuît  les  généralités  ,  préfente 
l'extrait  d  une  Uiflerrarion  fur  le 
même  objet  placée  après  la  Prétacc. 
On  trouve  dans  c^tce  DiiTertation 
le  fondement  de  toute  la  théorie 
chimique  de  l'Auteur  II  a  conddéré 
les  phénomènes  condans  des  corn* 
bïnaifbns  &  des  décompofîtions 
comme  des  loix  déterminées  qu'il 
'  Eeeiij 


lao^  Journal  àé$  SçâVMns^ 

eft  de  la  plus  grande  importance  de 
bien  connoitre  ;  &  il  a  prefenti, 
d'après  Inerte  idée,  dix  loix  dont  il 
a  démontré  rexiftcn/e  par  des  ^ifs 
bien  choifis.  Cette  DifTercation  doit 
c're  tue  avec  attention  par  ceux  qui 
veulent  étudier  la  Chimie  à  fond  ; 
nous  la  croyons  très^propre  à  don- 
ner des  idées  nettes  &  à  fixer  Us  * 
connoi (Tances  déjll  açquifes. 

L'hifloire  des  quatre  corps  élé- 
mentaires ,  quoique'  très  •  courte  ^ 
contient  cependant  tout  ce  qu'il  eft 
edçntiel  de  (avoir  fur  leurs  proprié- 
tés phyfiqucs  &  chimiques.  Celle 
de  Tair  offre  une  théorie .  nouvelle 
fur  la  corhbuftion^  donc  tious  avons 
rendu  compte.  L'Aureur  croit  qu'on 
peut  confidércr  ce  phénomène  com- 
me une  Hinple*  combinaifm  du 
corps  combuflible  ^vec  la  portion 
d'air  pur  contenue  dans  l*atmo- 
fphère.;le  phlogiftiquc  deSrahl  n*y 
joue  aucun  rôle  iûivant  cette  opi* 
nion  ;  la- chaleur  n'y  eft  néceffairc 
que  coiiime   (ervant  à    diriger   U 


Juin  1781.  1107 

Corps  combuftible ,  à.  dérrnire  Ton 
aggrégarion  ,  &  à  favorifcr  confé- 
qucmmenc  (a  combioailbn  avec  Tait 
pur.  On  pourroit  peut-être  croire  9 
d'après  Tidée  que  nous  venons  de 
donnrr  de  cette  doârine  ,  que  M« 
de  Fourcroy  re  être  entièrement  le 
phlogiftique  ,  à  Texemple  de  quel-* 
qucs  Phyfîciens  modernes  ;  mais 
nous  avcrtiifons  le  Lrâcur  qu*il  n'a 
pas  pris  ce  parti  violent ,  &  qu*il  a 
eu  l'attention  de  faire  voir  dans  uq 
grand,  nombre  dendroirs  de  fon 
Ouvrage  j  qu'on  ne  pouvoir  pas  fe 
pafler  de  la  théorie  de  Sthal ,  fc 
qu'il  étoit  plus  fage  de  lier  ccttft 
dernière  avec  celle  des  gas>  comme 
on  l'a  fait  dans  le  nouveau.  Dic« 
tionnaire  de  Chimie.  L'Auteur  da 
ce  dernier  Ouvrage ,  pour  le  dire 
ici  en  deux  mots ,  croit  avec  Stahl 
que  la  matière  du  feu  ou  de  la  lu« 
mière  entre  comme  partie  confti- 
tuante  dans  la  composition  de  tous 
les  corps  combuftibies;  &  pour  ex* 
pliquer  les  très-nombreux  &  très« 

£  eciv 


^10^  Journal  dis  Sçavans  ^ 

iin  port  ans  phénomènes  que  nous  ont 
fait  connoicre  les  découvertes  mo* 
dernes  iur  Tair ,  fans  rien  changer  à 
la  fublime  théorie  de  ce  profond 
Chimide  i  il  ajoute  Simplement  que 
dans  toute  combuftion ,  c'eft  lair 
pur  &  proprement  dit  9  qui  peut 
ieul. dégager  la  matière  du  feu  des 
liens  de  ia  combinaifon  ,  &  qui , 
comme  tous  les  autres  précipitant 
ou  décompofans^  fe  fubflitue  à  la 
place  de  cette  même  matière  du 
îieu  ,  dans  le  nouveau  compofé  in- 
combuftible  qui  réfulte  de  toute  ef- 
pèce  dcconibuftion.  La  fuite  tera 
connoître  lac]ucl]c  des  opinions  mo- 
dernes furvivra  enfin  à  la  deftruc-^ 
tien  de  toutes  les  autres  ;  car  tous 
les  lyftêmcs  imaginables  fur  la  na- 
ture des  corps  combqftibles  paroii- 
Icttf  mainrcnant  avoir  été  imagi- 
nés ;  &  â  caufc  de  leurs  contrariétés  » 
il  n*y  en  aura  qu'un  enfin  qui  pourra 
fubliftcr,  apiès  avoir  fait  écrouler 
tous  les  autres. 

M.  de  Fourcroy ,  après  avoir  exar 


Juin  1782.  1109 

miné  les  éJcmcns ,  entre  dans  les 
détails  de  tous  les  corps  qui  corn- 
pofenc  ou  habitent  notre  globe. 
Touteis  les  fubilances  naturelles 
qu'il  fe  propofc  de  confidèrer  en 
Phyficien  ,  en  Naturalifte  y  en  Chi- 
mifte,  &  même  en  Médecin,  fonç 
i^iyi'fées  en  trois  règnes.  Les  miné- 
raux font  les  premiers  dans  fon  exa- 
men ,  parce  qu'ils  font  plus  fimples  , 
plus  faciles  à  connoître  &  à  analyfeç 
que  les  végétaux  &  les  animaux.  La 
Minéralogie ,  .dopt  les  divi fions  fonc 
établies  fur  fcf  propriétés  chimi- 
ques ,  eft  partagée  en  trois  bran- 
ches ;  la  première  comprend  les 
terres  &  les~"pierr,es ,  la  féconde  les 
matières  falines ,  &  la  rroifièmc  les 
fubftances  combuftibles  :  chacune  de 
CCS  trois  clafles  de  corps  çft  fubdi- 
vifee.en  plu.<;  ou  moins  grand  nom- 

.pr.ç  degetv?es.  .  ^   ^  •  ^   .>     . 

;.  ;  L^s  fubûânces^' tetrcufes  &  piçr- 
icufes  ïonticUes  dqfit  fbifto  re  e(l 
Ija  plus  courte ,  i)arceque  leurs  pro- 
priétés chimiques  font  très  peu  con^ 

E  c  c  V 


lito  Journal  dis  Sçavans  9 

fidéirables  oo  au  iiioins  aflez  peu 
Connues.  L*Auteur'  en  établit  lc% 
caraâ^ères  généraiit  &  pafle  enfutte 
à  leur  éuuniéiatiôn/Ii  ptéfenre  d'a- 
bord un  extrait  de  la  méthode  Àt 
M.  Daubenron  ^  qu'il  regarde ,  avec 
taifon ,  comme  la  meilleure  ;  il  la 
fait  fuivre  d'une  autre  mcthôde  fur 
laquelle  it  infifte beaucoup  plus, & 
qui  eft  fondée  lur  les  propriccés  chi- 
miques des  terres  &  des  pierfcs.  Ces 
fubiknces  font,  partagées  enjrrois 
fcdions.  La  première,  comprend  les 
pierres  (impies  \  la.  féconde  les  terres 
&  pierres  compcrfée?,  &  la  troifièrac 
les  terres  &  les  pi^rrts  mélangées* 
Les  tetres  Çl  pierres  Simples  y  dont 
le  caraâère'  chimique  efjl  d  être  for- 
mées d'une  feule  &  unique  matière, 
font  diviiécs  en  quatre  ordres.  Le 
^irértiitr  renferme  les  pieices  vitreu- 
iès  dom  la  chaleur  n'attère  ni  lana^ 
tuîféni  râggcégatiôh  ;  il  a  fooç  lui 
deux  genres  9  lavoir ,  le  criftai  de 
roche  &  les  pienes  précieufes  inal- 
térables au  feu.   Le  fécond  ordre 


Juin    17S1.  llit 

rontietit  les  pierres  quaraciifes  con- 
Fondues  jufqu'à  préicnc  pat  les  Na- 
ruraliftcs  avec  les  premières.  L'Au- 
:c[tr  ,  d'après  les  expcricnces  de  M. 
d'Arcct  &  les  fiennes,  cro  t  devoir 
les  didini^uer  des  pierres' vicreufas, 
parce  qu'expofces  au  feu  elles  per* 
dent  leur  tranfparence  &  leur  aggré- 

tation  )  effet  que  l'on  ne  peut  atcrî- 
uer  qu'à  un  commencement  d'al- 
téiacion  fcnfiblc.  Le  leccnd  ordre 
contient  cinq  genres,  qui  lont,!c 
i^uaiiz  ,  le  caillou  &  l'agatbe,  les 
matières  organiques  filiciâées,  le 
jafpc  H  le  grès. 

Le  troifleme  ordre  des  pierrci 
impies  eft  dciliné  aux  terres  Se 
pierres  argilcules  ;  leurs  caractères 
di(linûits  font  de  fc  délayer  dans 
l'eau  &  de  f;  durcir  au  feu  ;  les  ar- 
giles molles  ou  diiâîies  ,  les  argiles 
teches  ou  tripolis  ,  les  fclnftes  ou 
ardoifes  tS;  le  fcldc-fpath,  font  Ici 
quatre:  geiiteS  qui  compofent  cet  or- 
dre. A  l'égard  du  feldc-lpach  ,  M. 
de  Foutcrcy  avertit  qu  il  ne  le  rawijji 

E  t  ci\ 


I X I X  Journal  dts  Sçifvans  9 

avec  les  sugiles  que  .d'après  Texpir 
xîençc  I  q^e  feu  M.  Bucquet  lui  a 
communiquée  9^  dans  laquelle  ce 
dernier  Çhimifte  avoir  reriré  ane 
grande  quantité  d'argile  de  cette 
pierre.  Cependant  lé  fcidc-fpath  eft 
cbaioyanc.^  il  fait  feu  avec  le-  bri- 
quer 1^  il.fe  fond  au  teu  iS^  ne  fe  dé« 
i^ye,  point  dans  Veau  ,  eataélère^  qui 
lléioigft.çfitfiDgulièremcnc  des  argt<»- 
Içs  9i>il  Mto^t  peut  être  été  mieux', 
fuivacxç  la  rcmarqiJe  deJVl.deJFoùr^ 
croy  ,{de  iç  rapprocher  des  pierres 
yitreufes  çqoînaç  l'a  fait  M.  Dau- 
bcnton  9  ou  des  pierres  compofées 
^  Cfiife  dçfla  fMfibihté,. 

LiP  quatriè,me  ordre  des  pierres 
iunplçsr.  eft  eâtièremeht  neuf;  & 
difiinâion  eil  ^ûe  à  M.  Bucquet;  il 
a  donné  aux  pierres  qui  le  confti- 
çucjnfrlc  nom  de  faujjes  argiles  ^ 
parce.  ;qj|'avçc  la .  forme  exréricure 
des  argileSf>  leuritifiu  gras  &  feuil- 
Iqcéy  elles,  c^  diffèrent  beaucoup 
en  ce  qu'ell<es  font  la  plupart  fufî- 
blcsj  ne  font  point  de  pâte  avec 


Jain  lyZil  III) 

l'eau  y  &  futtout  ne  donnent  poînc 
avec  l'acide  vitiioliquc  un  fct  fënii 
bJable  à  l'alun.  Crtie  dernière  pro- 
prifté  cfl:  la  plus  fingulièiei  elle 
femble  annoncer  une  .terre  paiticu* 
lière  comme  le  cio^oit  M.  Bucquec , 
&C  elle  tnéiite  bien  un  examen  delà 
part  des  Chîmiftcs.  M.  de  Pouicroy 
a  placé>  d'après. les  expériences  de 
M.  Bucquet ,  quatre  genres  de  pier- 
res dans  ce  detnici  ordre  des  pierres 
iîmples.  Ces  quatre  genres  font ,  les 

f)ierres  oUaires  dures ,  les  pierres  ol- 
aires  tendres  ou   (lcatites>  le  talc 
ou  mica,  &  Tamyanthe  ;  l'asbeAe 
fait  paitic  de  ce  dernier  genre. 
La  féconde  feâion  rcnteruK  les 

Eierres  compolécs,  qui  réfultent  de 
I  combioaifon  natuieUe  de  plu- 
Heurs  fubllanccs  terreuleSj  falmes 
Se  combuftibles.  Cette  fedion  con-; 
tient  dis  genres  ;  les  ochres ,  comme 
matières  argilleufes  colorées  par  des 
cliaux  métalliques ,  tunnent  le  pre- 
mier  ran^;  ;   on  trouve    enfuite  la 


I 

1114  Journal  des  Sçavani  , 

nue  t  mais  manîfêftemenr  compoSe 
<}'aprè$  les  expériences  de  M.  Berg* 
man^  le  fchorl^  les  macles  ,  4e 
trapp  9  la  pierre  d'azur  ,  toures  îoï* 
mècs  par  largile  combiné  au  fer; 
les  pierres  précieules  ou  gemmes  fu« 
iibles  9  dans  Icfquelles  Ni.  Bergman 
a  trouvé ,  par  t  analyfe  chimique  ^ 
des  terres  quartzcufes^  argileufes  & 
calcaifes  unies  à  qutlcjues  fubiUn* 
ces  métalliques  ;  les  cnftaux  de  vol* 
cans  compofés  de  diyerfes  matières 
par  raâion  du  feu  \  les  pierres^pon* 
CCS  &  les  verres  que  le  feu  des  vol- 
cans (orme  en  unifiant  plufieurs 
corps  fimples.  Il  s  en  faut  de  beau- 
coup 9  comme  le  fait  remarquer  M. 
de  Fourcroy^  que  l'analyfe  de  ces 
dix  genres  de  pierres  ait  été  faite 
avec  alTcz  d^exaâitude  pour  qu'on 
les  connoiffe  8c  qu'on  puifle  Ici 
clalTer  avec  précifion  ;  les  travaux 
des  Cbimiftes  ne  font  qu'ébauchés 
(ùr  cet  objet  s  &  fi  l'on  en  excepte 
ce  que  M.  Bayen  a  taie  fur  la  fer* 
pentiac  8c  fut  les  marbres  y  M.  Berg* 


Juin  178t.        m  5 

mai)  y  fur  'Uzéolite ,  les  ptenes  pr£' 
cicufcs  &  quelques  produits  de  vol- 
cans ;  M.  le  Duc  (le  la  Rochcfôu- 
caulr ,  fur  la  zéolite  ,  le  fchorl  ^ 
les  macics  ,  &c.  on  n'a  abfolumeni 
aucune  rechercbc  fuivic  fur  cet  objeC 
important. 

La  troiftème  fe£Hon  des  pierres 
comprend  celles  qui  fontmèlaogécs 
des  précédentes.  Ëtle  cil  divifce  en 
deux  ordres;  le  premier  renferme 
les  pierres  ■  mélangées  par  -  l'eau  ^ 
telles  que  le  petro-lîlexi  le  poud- 
ding ,  le  granit,  le  porpbyre  8c 
l'ophire.  Ces  cinq  genres  de  pierres 
paroifTent  en  etfei  avoir  été  mélan- 
gées par  l*eau.  Leur  nature  chimi- 
que cft  encore  moins  connae  que 
celle  des  précédentes  ;  il  n'y  a  prel^ 

Sue  rien  de  fait  fur  leur  analyfe. 
►ans  le  fécond  ordre  des  pierres 
mélangées  font  rangées  celles  dont 
le  mélange  paroît  être  dû  au  feu  des 
volcans.  Ces  demicres  forment  qua- 
tre genres,  les  cendres  de  volcans. 


m  6  Journal  dtsSçavans^ 

les  lavifSj  le  baialte  ^,  les  fcoric$ 
dç  laves.  ,    ^ 

Quoique  ces'  détails  (br  les  terres 
&  les  pierres  foient.aflez  cionfidéra* 
blés  >  ils  ne  fopt  gas  à  beaucoup 
près  aufli  étendus  gué  ceux  qui  ap- 
partiennent aux  matiéresf^iinps.  M. 
oc  Fourcroy  ^  en  exainifianç  cette  fe* 
conde  jclafle  de  corps  minéraux  ^ 
commence  par  les  conûdérer  eh  g^ 
i^raLIi-donne  quatre  cara'ûères  aux 
fubllances  falincs ,  layoi/jla^laveury 
la  diiToiubilité  dans  Teau  y  la  ten- 
dance à  la  coinbinaifon  ^  &\j[^in« 
combuftibifité*  Cette  dernière  pro- 
priété tiî  trop  failJanre&  trop  neuve 
pour  que  nous  ne  préfentions  pas 
les  détails  qui  la  développent»  Nous 
croyons  ne  pouvoir  mieux  faire  pour 
cela  que  de  rapporter  ici  les  propres 
paroles  de  TAuceur..!!  eft.dcmop- 
tré^  diç.  M.  de.FpurcKoy,  par  les 
w'1>clles  expériences  de  M.  Lavoi- 
»(\tx^  que  les  matfères  co^nbufti- 
V  blés  laifTent  pour  réfidu  ^  après  la 


Juin  1781.  t%i% 

M  combuftion  ,  un  acide  d'une  na- 
»tuic  paiticulièrC'  La  combuftlon 
••  n'eft  autre  chofe,  comnic  nous 
»  l'avons  npliqué  plus  haut ,  i^u'uno 
«°  combinai  Ion  de  l'air  pur  avec  les 
»  corps  combuftibles.  Tout  corps 
»qui  a  brûlé,  c'cll- à-dire  qui  s'cft 
»  combiné  avec  l'air  pur,  rentre  dans 
»  la  clafle  des  corps  incombullibles , 
»  ou  ,  ce  qui  efl  la  même  chofe ,  fa 
»  tendance  à  fc  combiner  av.c  l'ait 
wpur  eft  fatisfaite  ,  &  il  n'efl  plus 
M Tufceptible  de  s'y  unir  de  nouveau. 
K  Ces  principes  étant  une  fois  prou- 
■«  vés ,  lî  d'une  pan  on  trouve  que 
wpluficurs  tels  font  les  réiîdus  de 
»  d.ffcrentes  matières  combuHibles  > 
•>  &  fi  d'une  autre  part  tous  les  fels 
»  paroilTent  contenir  de  l'ait  pur  ÔC 
«tclTemblcr  à  des  fubftanccs  brû- 
"Iccs  ,  on  conçoit  comment  ils  na 
n  poureont  plus  être  combuftibles^ 
»  Or ,  ces  analogies  lonc  fondées 
"fur  un  grand  nombre  de  faits, 
"  comme  on  le  verra  plus  bas  1  &  il 
>=  cil  clair  (Qu'elles  dciiiontttn:  que 


BiiS  Journal  du  S§âVétns  ^ 

m  les  fels  font  des  êtres  très  compo* 
•>  fts  9  ic  la  plupart  formés  par  Tu- 
m  nion  de  certains  corps  combufti- 
M  bies  avec  l'air  pur.  il  eft  très*fa« 
»»  cile  d  entendre,  d  après  cela^  com- 
j*ment  ce  caraâère  d'incombufti* 
•»  biiité  eft  le  plus  certain  &  le  plus 
••conftanc  des  matières  (àliues.'* 
L'Auteur  divife  les  fels  en  deux 
ordres;  le  premier  renferme  les  felt 
/impies  ou  primitifs  ;  le  fécond  »  les 
fels  neutres ,  compotes  ou  fécondai- 
res.  On  ne  doit  point  entendre  pat 
le  nom  de  fels  fimples»  des  iubftan* 
ces  falines  indécompofables ,  mais 
feulement  moins  compofées  qui  coni^ 
tituent  le  fécond  ordre.  Les  fels  (im« 
iimples  font  de  trois  genres.  Le  pre* 
micrxomprend  les  fubftances  faiino* 
terrcufes  \  M.  de  Fourcroy  donne  ce 
jiom  à  des  matières  que  la  plupart 
des  Naturaliftcs  &  des  Cbimiflits  ont  ' 
legardées  comme  terreufes,  &  qui  y 
cependant,  ont  des  propriétés  falines 
très- marquées.  Elles  font  au  nombre 
de^trois,  la  terre  pefante  9  la  magné" 


Juin  i7S2«  m 9 

fie  &  la  chaux ,  toutes  trois  fuppo- 
fccs  dans  leur  état  de  pureté  ou  de 
caufticiré.  La  première  de  ces  fubf- 
tadcés  n'efl:  pas  encore  généralement 
reconnue  par  tous  les  Chimifles  ; 
c'eA  à  MM.  Scheèle  &  Bergman  » 
que  Ton  doit  de  lavoir  didinguée 
des  autres  terres  ;  ils  Ton  trouvée 
dans  le  fpatb  pefant ,  &  la  différence 
dé  fes  affinités  y  ainfi  que  celle  qui 
exifie  entrelesfels  qu*elle  forme  avec 
les  acides,  &  ceux  qui  forment  la 
chaux  &  la  magnéfie  exigent  en  effet 
qu'on  la  diftingue  avec  fom.  Le  fe« 
cond  genre  des  fels  fimples  eft  diP» 
tinéaux  alkalis  dont  l'Auteur  recon- 
noit  trois  fortes  avec  les  Chimiftes  ; 
fçavoir  ,  Talkali  fixe  véeétai ,  Tal- 
kali  fixe  minéral,  &  raïkali  volatil* 
Il  faut  obferver  qu'il  n'admet  dans 
cette  nomenclature  que  les  alkalis 
fixes,  cauiliques  ou  pierres  à  cautère, 
&  lalkali  volatil  cauflique,  &  en 
effet  ce  que  Ton  a  appelle  juiqu  ï 
préfenc ,  alkal  i  fixe  &  dont  on  a  donné 
pour  caraâère  la  propriété  de  taire 


J 119  JoumfU  dpt  Sgavans  , . 

cffrrvcfccnce  avec  les  ack}es ,  n'eft 
point  de  l'alkaii  fixe,  pur ,  tp^is  bieii 
une  combinaiionialine  neutre  de  et 
ici  j  avec  un  acide  <}ue  les  Chimiftes 
modernes  ont  défigpé  ious.  le  nom 
d*acide  crayeux.  Enai)  dans-  e  tpi- 
fîème  genre  des  Tels  (impies  9  Ml^  de 
Fourcioy  a  placé  les  acides.  Cesr 
fels  lent  au  nombre  de .  fepr  :  l'a^^ 
cide  crayeux  ^  Tacide  niarin  ,  Tacide 
iparhiaue  9  l'acide  nltreux  ^  l'eau  ré* 
gale  9  i  acide  vitriolique  &  l'acide 
du  borax  au  <el  iédatiF  de  ces  fepc 
acides  ^  il  y  en  a  quatre  (impies  Sc 
un  niixre  bien  reconnus  de  tous  les 
Chimiiles  ;  quant  à  Tacid^  fparique  9 
lc«  uns  d'après  MM.  Sceèie  &  Berg-» 
man  ,  le  regardent  comme  un  acide 
patciculier  au  fpath  vi  reux ,  ou  fiu:r 
Ipathique  ;  M.  Bcrgmcm  le  défignc 
ious  le  nom  à^acidum  jluoris  minc" 
ralis.  Les  autres  croyent  que  ce  n'cft 
que  Tacide  manp  mo  Jifié  9  telle  eft 
1  opinion  des  Chimi(le$  qui  ont 
donné  une  fort  bonne  analyfe.  du 
ipach  yitceiix  9  fous  le  nom  de  BouU 


Juin     1781  •  1111 

langer  y  cepenriant  comme  Tacidc  de 
ce  Iparh  jouir  de  pîufieurs  propricrcs 
trcs-difFérences  de  celles  de  l'acide 
marin  ,  telle  ,  par  exemple  ,  que  la 
propriété  de  mcrcre  la  terre  quarteufe 
dans  rérat  invi(ible  &  aëriforme; 
celle  de  diflbudre  le  verre,  &  de  for- 
mer avec  lesalkalis  des  (els  très  dif- 
férens  du  fel  fébrifuge  &  du  fel  ma- 
rin ,  comme  d'un  autre  côfc  ont  n'a 
point  encore  pu  faire  pafTer  cet  acide 
à  rétat  d'efprit  de  fel  pur,  &  réci-: 
proquemep.c  ce  dernier  4  Térat  d'à-: 
cide  fpathique,  on  a  jufqu'à  préfenc 
d'aiTcz  forces  raifons  de  le  regardet 
comme  un  acideyî^i  gcncris. 

Quant  à  Ta  ci  de  du  borax  ou  fel 
fédatif,  quoiqu'un  Chimifte  trè?- 
cpnnn  penfe  qu'il  n'exide  point  dans 
le  borax  &  qu'il  eft  toujours  formé 
aux  dépens  des  acides,  à  Taide  dcf^ 
quels  on  le  préparc  ,  plùfieùrs  Chir 
miftes  étant  encore  d'une  opinion 
contraire,  furtout  depuis»  qtie  M. 
tio'éfcr  a  trouve  cet  acide  pur  diffous 
dans  les  eaux  de  plaHeiirs  lacs  de' 


tiil  J&Êmidl  iUs  Sçéivans p 

Tofcane,  M.  de  Fourcroy  a  cm  de* 
voir,  comme  Hiftoiicn  des  connoif- 
(ânces  èlfmentabes  de  Chimie  ,  le 
regarder  comme  un  acide  parcicti- 
lier. 

L'Auteur,  dans  Tordre  qu'il  a  éca« 
bli  pour  les  acides ,  commence  pat 
ceux  qui  ont  la  propriété  d  erre  aèri* 
formes  dans  leur  état  de  pureté.  Il 
range  Tacide  crayeux  le  premier  » 
parce  <]u*il  cft  le  plus  généralement 
répandu  &  le  plus  abondant  dans 
la  nature  ;  l'acide  mann  &  l'acide 
fpacbique  viennent  cnfuite  comme 
plus  énergiques  ,  &  en  même-tcms 
rrès-fufccpciblcs  de  prendre  la  forme 
gazeufe.  L'acide  nitrcux  occupe  ie 
quatrième  rang  ;  c'ed  celui  de  tous 
qui  eft  le  plus  manifellemcnt  dccom» 
fable,  où  Ton  démontre  le  plus  faci- 
lement la  ptéfence  de  l'air  pur.  M. 
de  Fourcroy  a  retint  dans  fon  hit 
toire  ,  tout  ce  qu'il  y  a  de  plus  neuf 
&  de  plus  important  dans  les  décou- 
vertes des  modernes  fur  cet  aci  Je»  Il 
a  prélenré  iur  l'eau  régale  la  doc<- 


Juin  \ytxi  I22| 

trinc  adoptée  par  les  Chimiftcs  fuv» 
dois  ,  &  il  y  eu  a  joint  une  nouvelle 
d*après  la  théorie  pneumatique  des 
modernes.  La  première  confiée  à  re- 
garder cet  acide  comme  un  acide 
marin  déphiogifliqué  par  celui  du 
nitrc  Y  &  (uiceptible  de  dilToudre  Toc 
par  cette  modification.  Suivant  celle 
de  TAuteur»  qui  eft  rmverfe  de  la 
précédente ,  Tacide  marin  de  Teau 
régale  eft  furchargé  d*air  par  l'acide 
nitreux^  &c  devient  par-là   capable 
de  c^fToudre  &  de  calciner  Tor  ^  à 
Faide  de  la  grande  quantité  d  air  que 
ctt  acide  contient.  M.  de  Fourcroy 
ne  donne  cette  oponion  que  comme 
une  bypothèfc  qui  fera  ou  vérifiée  ou 
détruite  par  rexpériencc.  Dans  l'hif- 
toire  de  Tacide  vitriolique ,  il  eft  dé* 
montié  par  des  expériences»  dues  à 
MM  Lavoifîcr  ,  Bucquet  &  à  TAu* 
teur  lui-même,  que  cet  acide  cft  vé- 
ritablement compofé  &  qu'il  con« 
tient  une  grande  quantité  d'air* 

Avec  les  Tels  nt^u  res  ou  compofiFs 
qui  conduucnc  le  2."^  ordre  des  fubf- 


1 114  Tournai  des  Sfavans  , 
tances  rilineSyfontfattgée^'Ofi  grand 
nombre  de  corps  que  ks  N«tuT«li£» 
tes  ont  jdfqa'ici  regiitdés  comme  des 
terres' ou  des  pierres.  M.  de  Four^ 
croy  1  cru  pouvoir  fiiire  cette  efpèce 
de  pas  que  plufieurs  Chimiftes  n  a- 
voient  point  encore  o(è  (aire  ;  mais 
il  ne  ne  fà  pas  poufiè  au-delà  de  ce 
^e  rexpérience  a  démontré»  &  il 
n'a  pas  fait  comme  certaines  perfen* 
nés,  fans  doute  trop  hardies ^  qui 
rangent  le  criftal  de  roche  avec  la 
tartre  vitriole  \  les  (els  neutres  font 
panagés  en  û%  genres. 

Le  premier  genre  comprend  douze 
fortes;  fçavoir ,  le  tartre  vitriolé  » 
le  fel  de  glaubtr^  le  nitre  ,  le  nitre 
rhomboidal,  le  iel  fébrifuge  àçfyU 
vus ,  le  fel  marin ,  le  borax ,  le  borax 
végétai  ou  combinaifon  de  Tacide 
(edatU  avec  i'alkaii  fixe  végétal  ,  le 
tartre  fpatbique,ia  foude  fpathique  ou 
les  combinaifonsde  l'acide  fpathique 
avec  les  alkalis  du  tartre  &  de  la 
foude  ,  le  tartre  crayeux  &  là  foude 
crayéufe  ou  lef  combinaifons  de  l'a* 

cidc 


^ 


/ 


Juin   178X.  121; 

c'iJç  crayeux  ,  avec  les  deux  alkaiit 
faxes.  Tous  CCS  fels  (ont  examinés  en 
détait  &  avec  beaucoup  d'ordre. 
Nous  avons  furtout  TCtnaicjué  l'ar- 
ticle du  nitre,  dans  lequel  l'Auteut 
doone  une  théorie  nouvelle  fur  la 
dctonaiîon  de  ce  fel.  11  pcnfc  qu'elle 
n'eft  due  qu'à  ce  quel'ait  pur ,  dégagé 
de  niire  chauffé ,  comme  il  cft  prouvé 
par  la  diAiUacion  Uiie  avec  l'appa- 
reil pncumato-chimique,  facilite  &Z 
hâte.  finguUciemcnt  la  combuftion 
du  coips  combustible  que  l'on  pio- 
jette  avec  le  fel  dans  un  creulet  lougc. 
Cette  théorie  eft  fbuienue  par  un  . 
grand  nombre  de  faits,  dans  un  Mé* 
moire  que  M.  ds  Fourcroy  a  lus  à 
l'Académie  ,&quc  cette  Compagnie 
fe  proporc  de  publier,  dans  l'un  de 
fcs  volumes  des  Sçavans  étrangers. 
L'Aûteut  a  donné  des  noms  nou- 
veaux à  quatre  Tels  neutres  fur  let^ 
quels  il  eft  important  de  dire  un 
mot.  Il  a  appliqué  celui  de  tartre 
J'pathiqmh  l'union  de  l'acide  fpaciii-- 
que  avec  l'uilcali  végétal,  d'après  la 
Juin.  Sec.  Foi.  F  fi 


1 2 16  Journal  des  Sçavans ,  - 

dénomination  du  tartre-  virriolé;  xc 
fcl  n'a  encore  été  apperçu  que  pat 
MM.  Schecle ,  Bergman  &  Boullan^ 
gcr,  La  combinaifon  chimique  •  du 
même  acide  avec  Talkali  de  la  foude , 
cft  appclléc  /budefpathiquei  elle  eft 
aufli  peu  connue,  que  la  précédente  » 
&  elle  n'a  encore  été  obfervée  que  par 
les  Chimiftes  que  nous  venons  de  ci- 
ter. Quant  au  tartre  crayeux  &  à  Ja 
fou/Jt  xrayeu/ey  ces  noms  nous  pa- 
ïoiflent  d'aurant  mieux  imaginés, 
qu'il  cft  néccflaire  pour  ceux  qui  le  li- 
vrent à  récude  de  la  Chimie  de  bien 
diftinguer  ces  alkalis  fixes  faturcs  dia- 
cide crayeux  &  appelles  aires  par  M. 
Bergman  9  des  alkalis  purs  de  caufti* 
qucs.  D'ailleurs ,  ces  fçjs  font  vcrita» 
blement  neutres  ,  &  refFervcfcencc 
qu'on  avoir  préfentée  autrefois  com- 
me un  caraâèrc  propre  aux  alkalis  , 
démontre  elle-même  qu'ils  (ont  corn- 
pofrîs ,  puifqu'eUc  n'eft  due  qu'à 
leur  décompoiition  &  au  dégage- 
ment de  Vadd^  cta^eux  c^ui  les  neu- 
tialife  9  opètb  ç^x  àt:^  ^cv^^^  \W 


Juin  1781.  1117 

forts  que  lui.  Les  travaux  du  Doc- 
teur Black  ,  de  Pricftlcy  ,  du  Duc 
de  Chaulnes  ;  les  détails  exaôs  & 
bien  préfcntés  de  M.  de  Fourcroy 
fur  c^s  deux  efpèces  de  fels  neutres 
âlkalins^  enBn  les  ex|>ériences  répé- 
tées de  tous  les  Chimiftes  ont  bien 
développé  cette  vénré  ,  &  il  eft  dif-, 
ficilc  d*y  retufer  fa  confiance. 

Le  fécond  genre  de^  fcls  neutres 
renferme  les  iels  ammoniacaux*  Ils 
font  au  nombre  de  fix  ;  le  fcl  am- 
moniacal vitriolique ,  ,1e  fel  ammo- 
niacal nitreux»  le  tel  ammoniac,  le 
fel  ammoniacal  fédatif ,  le  fel  ammo- 
niacal fpathique,  &  le  (el  ammo« 
niacal  crayeux.  L'hiftoirede  chacun 
de  ces  fcls  oflFre  un  grand  nombre 
de  faits  ;  elle  y  eft.  plus  détaillée 
que  dans  aucun  autre  Livre  de  Chi- 
mie. On  y  trouve  p'uHeurs  faits 
neufs  fiir  la  volatlité  du  fel  ammo- 
niacal vitriolique ,  fur  le  fel  ammo* 
hiacàl  lédatif  y  &c.  Il  èft  aufli  trés« 
important  pour  les  Etudiatv^  à*t\$wBL 
ihivre  les  différences  o^uv  t.'tt&RSvt 


iiaS  Joumaî des SçavoTts', 
cntic  le  fcl   ammoniacal   crayeux 
appelle  alkali  voUtil  concret  par  Ici' 
Chimilles,  &  l'alkalî  volacU  cauf.' 
liqiic. 

Dans  le  troifitmc  genre  des  tels 
neutres  font  rangés  les fels  calcaires; 
le  vitriol  de  chaux  ou  félénitc,  le 
nicre  calcaiic  ,  le  fel  marin  calcaire 
le  botax  calcaire  ,  le  fpatb  fluoc  otl 
vitreux  ,  ou  fluor  fpachJcjue  ,  &  U 
fpaih  calcaire  ,  font  les  (ix  fortes  de 
fels  qui  compofent  ce  troifièmc 
genre.  Parmi  ces  Icis  féiéniteux 
le  fpath  vitreux  &  les  matières  cal 
caircs-ne  jouifTenc  de  caïaâèies  là- 
lins  (]ue  dans  un  degré  très-foible* 
Cependant,  comme  ils  font  com^ 
poIés  d'acides  particuliers  faturél- 
de  chaux,  on  ne  peut  les  regarder; 
que  comme  des  fels  neutres.  LeuE 
hilloire,  [rès- détaillée  danî  rOu-> 
vragc  dont  nous  nous  occupons- 
offre  ce  qu'il  y  a  de  plus  neuf  lur  les 
diffcrenies  fubflances  ,  furtout  fiit 
Je  nitic  ,  it  îd  u\a.tln  calcaire,   le 


Juin   1781.  1119 

L'article  de  ce  dernier  contient  Thif- 
toire-nacurelle  des  fubftances  cal- 
caires en  général,  depuis  la  pierre 
coquillère  la  plus  brute  jufqu'au 
fpath  calcaire  le  plus  tranfparenc  iC 
le  plus  régulier. 

Le  quatrième  genre  des  fcls  neu- 
tres eft  formé  des  fels  à  bafc  de 
magnéfie;  on -y  lit  fucceffivemenr 
riiiftoire  du  vitriol  de  magncfie  ou 
Ici  d'epfom  ,  du  nitre  &  du  Ici  ma- 
rin à  bafe  de  magnéiie  ,  du  borax 
à  bafc  de  magnéfie,  de  la  magnéfie 
fpachique  &  de  la  magnéfie  crayeufe. 
La  plupart  de  ces  fcls ,  fi  l'on  en 
excepte  le  fel  d'cpfom  &  la  magné- 
fie crayeufe  fur  laquelle  M.  Bunni ,  ' 
Ciroven  de  Genève,  a  donné  il  y  a 
q.'elque-tems  une  bonne  Diflcrta- 
tion 'dont  les  dé:ouvctces  font  con- 
fignées  dans  1  Ouvrage  de  M.  de 
Fourcroy,.  ne  font  que  très  -  peu 
connues  ,  &  il  n'y  a  que  deux  ou 
trois  Chiniiftes  qui  âyent  commencé 
à  \^s  examiner. 


1 1  j  o  Journal  des  Sstnfans  , 
fcls  à  ba(c  d'argile  ;"  l'alun  ou  vi- 
tiiûl  d'ar^il;  ,  le  nicrc  arçjiicux  ,  ie 
Ici  marin  argjlciiï,  le  borax  argi-r 
Icux,  i'argïic  fpathique  8c  l'argile 
crayciife  ,  font  les  fix  cfpêces  de  lels 
neutres  qui  conlHtuenc  ce  genre.  Il 
n'y  a  [tanni  eux  que  l'alun  qui  coni' 
mence  à  être  bien  connu  ;  le  T(]tt-  , 
ie  kl  marin  argileux  ,  Se  l'argile 
fpatliiquc  ,  ne  k  fonr  en  aucun;  ma: 
nière.  M.  de  Fourcroy  a  cejcndant 
Tcuni  le  peu  de  connoilTdnces  ac- 
quile^  fur  ces  objets,  Se  il  l.s  a  pré- 
tcntL-es  avec  fa  m^cliode  ordinaire* 
Quant  au  borax  argik-ux  &  à  l'ar-f 
gilc  crayeufe ,  il  d'cA  rien  moJns 
que  décidé  qu'ils  Exiflfnr  &  que  les 
acides  Icdatit  &  crayeujc  puiflenj 
s'unit  à  rari;ile. 

Enfin  le  iîxième  &  dernier  genre 
des  Icis  neutres  comprend  ceux  à 
bafc  de  terre  pcfanfc;  d.'S  fix  fcls 
qui  forment  ce  genre,  il  n'y  en  », 
gue  deux  fur  lefquels  on  a  quelques 
j  coîinoilTan.es  eiaft«  ;  ce  font  la 
v^ath    pelant   ou   cawNava'î^^^'i»- 


Juin   1781.    '•        1131 

Tacidc  vîtrioliquc  avec  la  terre  pc- 
fante,  &  la  terre  pefantc  crayeufe 
ou  neiitra  ifée  par  Tacicie  crayeux  ; 
encore  les  connoiflances  acquifes 
fur  ces  deux  fels  ne  for>t'-ellcs  ducs 
qu'à  un  fcul  Chimifte,  M.  Berg- 
man ,  puifqu'il  n'y  a  que  lui  qui 
s*en  foit  occupé  :  quant  au  nitre  » 
âu  fel  marin  à  bafe  de  terre  pefanre , 
&  aux  fels  formes  par  cette  dernière 
aycc  les  acides  fcdatif  &  (pathique, 
ils  n*ont  point  encore  été  examinés. 
On  pourroit  augmenter  encore  beaU* 
xoup  le  nombre  de  ces  nouveaux 
fcls ,  en  y  joignant  ceux  que  doi- 
vent former  avec  ces  diflFérentes 
ba  fes  ,  tMcidt  dufucre  &  t acide  ar- 
fénical  de  M.  Bergman. 

Il  réfulte  de  ce  rélumé  fur  les  tels: 
i^.  que  rOuvrage  de  M.  de  Four- 
croy  en  contient  en  tout  cinquante- 
cinq  fortes,  dont  treize  de  fclsfim- 
pies  ,  &  quarante-^eux  de  fels  neu« 
très  :  i^.  que  des  treize  fels  (impies 
la   plupart  font  bien  connus  da5\<& 


Iijl  JoitrrtaîdesSçavaasi 
leurs  proprittcs  :  ;*".  qtie  des  qua 
rante-Heux  fels  neutres  il  n'y 
pas  la  moirié   de  bien  connus  :  4' 
que  l'ordre  établi  pat  l'Auteur,  eé| 
mêmc-tîms  pu'tl    cxpofe  les  con' 
noilTanccs  acquifcî  ,  indique  cclli 
q»ii  font   encore   à    acquetit  :   j' 
qu'il  y  a  un  gtaud  noinbte  d'objci 
de  rcehcàclies  (ur  les  matières  fali 
iicî,  qui  toutes  promectcnt  des 
couveicts  nouvelles  St  importante** 
6°.  enfin  ,    que  c'cft   fpccialcmchl 
fur  les  acides  fjiarhique  ^  Icdatîf', 
fur  la  terre  pefance  &i  Icsfels  qui  f&' 
liiltent  de  fon  union  avec  les  acides { 
que   les  pcrfonufs   auxquelles  leu' 
loifir  pcrnifE  de  fe  livrer  à  des  tc 
cherrhîs  chimiques  iVotvent  dirigi 
leurs  ttavaux  ;  &  qu'ils  itndronr  u 
trê'i.jiraiid  fcrvjcc  à    la  Gltimia'c 
fiulanr  connokre   les  réfultïïs'di 
taitli  nouveaux  que  ce;  feciicrchw 

Iavec  foin  8i  fàgdché  J  ne  pei 
lanqtKt  de  ptélenttT. 
is  reviendrons  (\it  ziz   Ot 


Juin  1781'.'  iijj 

vrage  tntérelTanc  de  M.  de  Fourcroy 
dans  d'aticics  Extraies  qui  fuivioac 
celui-ci. 

[Extrait 'de  M.  Macquer.'\ 

MÉMOIRE  fur  ^ancienne  vilU  dt 
Tauroenfum,  Par  M.  Marin,  ô-c. 

Seconde    Paktis. 

JE  vais  répondre ,  dans  cette  fé- 
conde Parcie,  à  cjuatre  quellions 
^uon  cft  en  droit  de  me  faire. 

i^.  QjcHe  ed  lécymoln^e  du 
nom  de  Tauroinrum}  1^.  sn  qiiel 
tcms  fut-eije  bàtieî  3*.  à  quelle  euo; 
que  tefla  t'clle  d'exiftcr  i  4.''.  enfin  , 
quelle  fut  la  caufe  de  la  deltruction  î 

<".  Appollodore  d'Epticlc  ,  après 
Itii  Erienne  de  Bylance  ,  &c  avant  lui 
d'autres  Géographes  d.fent  que  le 
vaiITeau  qui  porta  les  Phocctns  fur 
cette  côte  ,  avoit  pour  cnicignc  uri 
taureau  ,  &  que  cette  coloniiic  en 
prit  le  nom  ;  ainfi  Tauroenium ,  vient; 
de  Tacpo,-,  voilà  pourquoi  dans  \s& 


IXÎ4  Journal  des  S^avans  t 
livres  grecs  on  lit  Taupaiç,  Tctup^tii'î 
T«i/ffrr(ov,  Tnv^jfrriev.Lrs  Romains 
Mdittcs  dci  Gaules  ,  donnèrent  à  c 
nom  uitc  terminaifon  larine ,  &  icà 
virent  Taurenitim ,  Tauraentum  Tat 
rotncium. 

1°.  Les  Aurcnrs  que  j'ai  ciréfr 
ajoucenr  cjue  les  Phocéens  chafTèrei; 
de  Icor'floire  ,  &  cmbaitjtièrcnc  ft 
une  galère ^  ceux  dont  ilsécoienc  vai 
conrciis  ^:  que  ces  derniers  abordj 
lenr  fur  la  côte  &  y  bârîrtnt  une  vill) 
AppoUodorns  fcriblt  conditorts 
jiii  urbis  ^Tauroi^  )  viclos  ejfc  nai^ 
cujui  injïgiie  craiTaurus  <juL  à  t*ko 
ctnjtum  cldjfe  reje&i  ad  terran 
apptlUntts  urbtm  indt  nomiiiarunt, 

Nous  nc'nous  avilirons  pas  à  ta* 
conter  avec  Juflin  &  Arhcnée,  i 
mcmcà  réfuter  l'hiftoirc  merveiUcuf 
de  cette  fille  de  Roi ,  qui  ptéfcnc 
une  coupe  &  fa  main  à  un  inconni 
tombé  pour  aînfi  dire  des  nues  ,  d 
ce  père  qui  a  la  complailancc  d'ac 
plaudir  à  ce  choix,  (ans  examen 
Se  de  tous  «s  tOTVCurrens ,  qui  fup.' 


N 


Juin  ijtu  1135 

portent  cet  affront  fans  le  venger  ; 
[i]  mais  ce  n'cft  pas  aux  Marfeil- 

[ij  Tous  les  Hiftoriens  de  Provence  & 
de  Marfeille  ont  la  bonne  foi  de  faire  ,  d'a- 
près Judin  &  Athénée ,  le   récîc  fuivant. 
Les  Phocéens ,  débarqués  dans  le  Golfe  de 
Marfeille ,  députèrent  Protis  9  un  de  leurs 
chefs ,  auprès  du  Roi  de  la  contrée ,  pour 
lui  demander  azile  &  proteâîon.Il  marioic 
Jaiis  ce  tems  -la  fa  fille  Gy ptls  ^  &  fuivanc 
i'u&ge  du  pays ,  on  avoit  aflèmblé  les  jeu- 
nes Princes  des  environs  9  parmi  lefquels 
cette  fille  dévoie  choifir  un  époux  en  lui 
préfentant  une  coupe  remplie  d'eau.  Protis 
arrive  a»  milieu  de  cette  cérémonie  y   Se 
voilâ  que  Gyptis  9  éprife  tout- â  coup  de  la 
bonne  mine  de  cet  étianger ,  lui  donne  la 
coupe.  Le  père ,  enchanté  de  ce  choix  , 
cède  aux  Phocéens  un  cerrein  pour  y  bâtir 
une  ville  \  &  cous  les  Princes  qui  ptéten* 
doient  à  la  main  de  Gyptis,  approuvèrent 
ce  mariage  fans  réclamation ,  &  retournè- 
.  rent  tranquillement  dans  leurs  Etats.  Dans 
U  Fable  de  Virgile  au  moins  trouvc-t'oa 


m 


1136  JoumaideiSçavansi 
lois  iju'it  faur  apprsntJrc  que  tapM 
itiièrc  année  de  In  4^'"'^.  Oiympii^i 
l'an   jy?  avant  J.  C.  les  Pboc« 
viircnrcn  grjiiil  nombre  former 
ColonnJc  cil  Provence  .  fous  la  con-'l 
diiicc  de  Simo'i  ft;  de  Piotjs;  qu'en- 
viron  un   demi-IJccIe  aprèf;    Icmï 
Cômpairioccs  ,   pour  le   (onftraire  \ 
la  cruauré  d'Hatpagiis ,  GénÉral  de 
Cyrus,  qui  les  [ciioir  affiégés  ,  aprèj 
avoir  fait  les  lermens  les  ptus  borrf"J 
bles    de   ne  |amais  rctoutnci  .dAifij 
Icnr  parric  ,  scmbartjuèrent  pour'àl^ 
icr  s'établir  en  d'autres  cliiuars. 


^tiui  profagit 

Urti  patri»i  Aàt'uantia^ 

If  ris  iclijtiii  &  rofacièus  lupît. 

tioK, 


oncReme  Amatf .  unTumuî,  ini  î 

&  plufieun  Rois  du  voUînagc  ,  (jii 

Cen:  au  nuriagede  talîUctiij  Roi-Lacnil 

avec  le  Ttoyeu  fugitif;  &  ce  ne  fut  quV 

pièt  bien  du  fon^  répandn  que  le  pjea 


"/f/Z/z  iy?i:  1137 

Ce  dcT/Rvr  (-"ur  une  fuite  Se  non  uni 
j  voyage,  hnibarqucs  pîccipitainmcnr  i 
^  fans'ordre,  ians  difcipline,  \\\th 
à  eux-mêmes, ■&  diftribuésenfamil-i 
les,  tes  Phocéens'  av^oicnc  le  droFc 
de  fe  fixer  où  ils  vouloicnt ,  &t 
eh  ufèfent,  puifque  les  uns  abor- 
dèrent en  Corfe,  d'autres  en  diiFé* 
rens  endroirs  de  riralie ,  d'autres  à 
Marfeille,  Il  ne  pouvojt  y  avoir  àt 
rebelles  parce  qu'il  n'y  avoir  aucune 
loi  airttviffante  à  Tunion.  Mais  le 
premier  voyage  fat  fait  avec  (olcni- 
nité.  Les  Dieux  furent  confiilrés  ;  la 
colonie  formée  d'une  partie  des  ci- 
toyens lc«i  plus  diftmgucs  ,  ne  pou- 
vant fc' défunir  fan^î  s'afFoiblir,  fans 
doute  cUe  s'afTujettit  à  obéir  aux 
C  helSé  Or,  il  paroît  par  le  rextc  que 
nous  venons  de  cirer,  qu'après  avoir 
vifiré  te  tempb  d'Ephefe ,  &  tandis 
que  nos  ancêtres  erroitnt  fur  une  mer 
inconftantc,  il  s'éleva  parmi  eux  dès 
murmures  touchant  une  (î  longue  na- 
vigation ,  &  que  pour  prévenir  Tet- 
fct  d'une  fcduion  5  les  Chefs  embar-r 


cher 


11)8  JournaL  dti  Sçavans  y 
barquèrenr  les  mutins  lur  un  vaî 
fcau  de  la  flotte  &  leuf  ordonnèTci 
de  fe  léparer  d'euï.  Nous  venons 
voir  qu'ils  prirenc  terre  dans  ic  Goll 
de  la  Ciotar  :  il  réfuhc  de  là  que  1 
fondation  de  Tauro^nrum  cil  ann 
rieure  à  ccîle  de  Marfeillc;  &  (î  ce(l 
opinion  pouvoir  offcnfer  la  gloire 
cette  cité  cclù'bre  ,  nous  nous  retr: 
çhcrioni  à  dire  que  les  dcus  viUi 
:cnt  bâties  en  même-tcms. 
En  fe  féparanc  de  leurs  comp; 
iC£S ,  CCS  Phocccns  ne  rompîrei 
nt  les  liens  fâcccs  qui  le;  attf 
cliotcnt  à  eux.  C'étoient  des  cnf^i 
ingrats,  que  la  nature  &  le  befoj 
rappellèrcnr  bientôt  à  leurs  prcmiei 
fentimens  pour  leur  mère  commun 
Ils  reflètent  unis  au  corps  de  la  nj 
lion ,  fe  rcgardcrenc  comme  une  c* 
lonic  dépendante  de  la  Métropoli 
ils  ouvrirent  aux  Maifcillois  »  Ici 
poit ,  leur  ville,  leur  citadelle  . 
le  firent  une  gloire  de  prendre  Ici 
nom.  Auffi  ,  U  mot  dç  Taiiroentuin 
,ns  les  Kùtcu^s  ■»  ^^  T.Q«i\'û\\i.'i 


Juin   1781.  1139 

compagne  de  ceux  de  Ponus  Maf* 
Jilienjium  ;  Oppidum  Maffilicnjium  , 
Caftdliim  Majfilicnjium,  Fidèle  à  la 
mère  patrie  ,  cette  ville  fécourut , 
félon  Ion  pouvoir,  Marfeille  »  dans 
le  (lège  qu'elle  eut  à  foutenir  conrre 
Céfar.  Elle  équippa  des  vaifTeaux  , 
reçut  Nalidius  dans  ion  fein  (  avertit 
de  Ton  arrivée ,  les  MarfeiUois ,  qui , 
animés  d'un  nouvel  cfpoir,  profirent 
du  premier  vent  favorable ,  voguent 
vcxsTauroenmmy  arment  les  vaifleaux 
préparés  pour  eux^  &  fe  difpofent  de 
nouveau  au  combat.  Adventus  JL. 
Najidiifummafpe  &  voluntate  civi^ 
tatcm  compUverat  ;  nacli  idoneum 
ventum ,  ex  porta  txtunt  &  Tau^ 
rocntam  quodtft  Cafiellum  Majji- 
lienjîum  j  ad  Nafidium  ptrvtniunt  ^ 
ibiquc  navts  txptdiunt^  rurfufquc  ad 
conJUgcndum  anima  confirmant. 

3^.  Mais  fera-t'il  auflî  facile  de 
fixer  répoque  de  la  deflruâion  de 
Tauroenrum  ?  En  vain  fcroit  on  des 
recherches  laborieufcs  Se  daxv^  l*K\& 


k 


140  Journal  des  Sçavans  , 
e  Romaine  &  dah«  celle  deî  Gac 

?i  dans  cclic  de  la  Provence? 
n  n'indqiie  la  rçvt^lurion  qiii 
léaiuitccrte  colonie  J^  n'ai  qu'une 
(cnprion  funs  datie.  Les  cdificdjl 
Tonr  cnlevélis  dans  les  Ubles  &  da« 
er.  Des  tombtajx  ,  dci  vafcs  c 
nérairts  ,  des  aqucHuLS,  des  ïiiftd 
mens  de  lacnfice  ,  de^  lampes  , 
pavés  à  la  niolaVque  ,  des  ptintuïl 
à  Irclf^iic  ,  ainonct^nr  des  tems  al 
ciens  Si  ne  déterminent  aucun  tell 
fixe;  mais  le  flambirau  de  la  CH 
tique  pouna  nous  éclairer  au  die 
faut  des  lumières  qi!inou^mani.]UCiirl 
J'examine  l:s  MéilailK'sdcTau 
lum.  Je  voi-s  des  ViitUms ,  des  Vc£ 
pb/îens,  de;  Traj^ns ,  des.  Ani 
iirns ,  des  iMarc-Aurèlc,  des  Faul^ 
Unes  Se  des  Alexandres  Sévères  ; 
ne  m'en  prcfente  point  des  lègn^ 
luivans.  Ces  dernières  font  en  gtanj 
nombre  &  les  mieux  conlervécs  ^ 
je  conclus  que  Tauroentum  a  ic^ 
détruit  dans  le  commencement  dl 


Juin  ïySi.  li\\  ■" 

troifième  (ïècle  de  l'Ere  chrétienn", 
foiis  Alcxahâre  SévÈrc   [i].    Cçctc 

■  [tj  Paiîni  toutes  les  médailles  que  j'ai  pu 
me-procucer  ou  que  l'on  m'a  inontrée'î ,  il 
i)*y.  en  a  aucune  par  iculière  i  ce  Prîôce.  On 
pourtoit 'cepeni^ant  'en  troviïer  lïes'  ràgiies 
Caivws,  Tans  oue  cela  détruisît  mon  opi- 
nion. Je  dira!  bicnrô:,"  (ju'apiès  la  dellruc- 
tion  de  Tauroïntuni,  ïl  refla  Tut  les  lieux 
quelques  habitaus  ljuî  doive^it  avoir  vu  let 
ouvrages  du  tcms.  M.  A  Guion.  homme 
tiès'écUird,  qui  polTède  auHi  des  luiuïs^ 
uue  maifon  <Ie  campagne  qu'il  linbite  un« 
[tariieJeraiinée-,  m'a  attelle  n'avoir  vuati- 
cuu;  médaille  poilcriçure  à  Alexandre  Sé- 
yère;  que -celles  de  CM  Empereur  ibm  le» 
mieux  coolèf  ïécs ,  &  en-  (î  grand  nombre, 
que  le.  propriétaire-  des  Bauioalles  :ui  en 
avoic  mniitrà'un  Tac  einièrenien;  plein  ;  cela 
ne  prouveriiit  rieti  fi  ou  iss  eiî,-  trouvées  en 
tas  (td'dans  qliclques  Vâleii  liiais  elles  ont 


t 


.  |ï4t  Journal  dif  S çitvans  ^ 
opinion  ne  pourra  ccre  cumbattue. 
que  par  dïs  monumcTS  pcftci^icurs. 
Je  (çais  qu  on  pourra  m'objeflct 
qucdcsAnnalcsmanofcriteSatccftînt 
quelous  le  tègncdcGoniran,  vers  le 
iilicudu(îxième  fièclc,  un  ttciTibJc- 
lent  de  terre  renverfa  la    vilic  de 
'autodinum.  On  obfervera  queTau- 
(tocntum  ayant  reçu  [anr   aalcéra- 
;ions  dans  Ion  nom ,  peut  bien  avoir 
lorcé  ce  dernier.  Je  répondrai,    i". 
juc  quand  jnèmc  on  Iitoit  dans  ce 
.jnaiiulcrit ,   Tiiurotnmm  f  cette  co- 
lonie ne  peut  avoir  (ubfiftc  jufqu'aa 
(îxièiiic  (îècic ,   puifquc  les  fouilli:! 
n'ont  offtrt   aucune  monoyc  de  ce 
tems  :  i°.  que  ces  Annales  difcni  que 
cette  vilic  étoit  fituée  fur  le  bord  du 
Bhonr.  Or,  il  y  a  loin  de  ce  ficjvc 
au  goKc  de  la  Cio'at, 

4".  On  a  écrit  que  les  Sarrazim 
'Hvoicn:  détruit  Tautoentum  :  cefî* 
roic   un  fingulict  anachromrmc  de 

Îilacei  desMuTulmans,  plu^  de  troii 
ièdes  avant  la  naiilancc  de  Maho- 
met.  L'Auteur  cliiniMble   {  le  l'ttc 


Juin  17S2.  IM) 

Papon  )  gui  avance  ce  fait  8t  2  (]ui 
il  n'ellpas  pcimis  d'imputer  des  fau- 
tes aum  graves,  a  cru  cjue  ceuevitic 
«voit  ciifté  plus  long-tcms  ;  maii 
s'il  fe  [ut  tranfporcc  fui  Us  lieui,  il 
auroît  fû  nue  ces  Sanazim  dcvaf^ 
teurs  n'avQi:nt  pas  des  Icviets  allez 
pullFans  pour  fane  écrouler  dans  la 
mer,  une  montagne  &  la  viile  qu'elle 
ibutenoit. 

Des  aqueduc;  rompus  fur  le  n- 
vage ,  diiigés  au  midi  Si  au  cou- 
chant, 8c  qui  poitoient  de  i'eau  k 
des  habitations  >  envahis  par  la  mer  ; 
des  murailles  d'une  épailleuc  énor- 
me ,  lenveilécs  ;  des  débrjs  cpars  de 
tous  côtés  ;  aucun  édifice  fubllllant  i 
des  fondemens  qui  ont  perdu  leur 
à-plomb  ;  des  pavés  qui  ne  lunt  plus 
de  niveau,  &  plus  que  [oucceia  , 
,des  murs  liés  cncoie  par  un  ciment 
indedruâiblc ,  engloutis  dans  les 
ondes  ;  tout  annonce  dans  ces  lieux 
un  bouleverlemcnr  caufé  [lar  quel- 
que fecoufic  violente.  Ajoiiton'iqu'il 
eut  cet  linpoiribli;  l^u.  ctite  viUc  eût 


I 


i 


Yi^4  fourtilttià  Sfhdm 
été  bâtie  dans  le  tcrrcin  a<^LicI  ;  cUé 
|tût  c:é  entertce  fous  le  fable  à  cha- 
que vtrt  noni-oueft,  &  le  futicin 
de  miilral  eût  doniit  lut  la  ca- 
fornàde  &  les  autres  tdificcs,  s'il( 
'culîènt  été  couverts   du   cô:é  du 
lord  par  des  cmirif  nces  (jui  n'cxifteiiC 
pkis.    Peut-être  Taurociiti. 
anéanti'  par  un  tremblement  de  tenii 
ptur-étii;  (ans  recourir  à  ces  tctrib) 
esplofions  des  ftux   fo.itcrrcins, 
cap  (jui  s'avaiiçoît  à  l'ocfidcnt  ^  an 
noTilétoit  miné  dans  fa  baf:, comme 
,ie  font  lapIusgtanJeparri:  deî  mon- 
tagnes qui  bordent  vers  l'oueft  la  côts' 
ne  la   Ciotat.  L'aftion  continuelle 
vagues  qui|le  battoicnt  en  riiin^' 
leutavoii  ébrdnlé,  pat  fesfecouffti» 
fair  écronicr  cnlîn  les  piilîcrs  qlù 
fouteroicnt,  &  avoir  cnnaîné,^ 
lahs  la  profondeur  des  eaux  ,  &  lïl 
Ltificei  &  une  partie  des  habicaliJ. 
MarleilLc    donna  fans   doute  dB 
lîilc  is;  des  fecoiits  à  ceilx  qui  fu^■ 
à  cet  cvènemcm.  Il  eft  pro- 
bable "0^1!  en  rcfta  dans  le  pays  |ut 


^^^■" 


Juin   1781;  114J 

ju'à  es  que  le  port  eût  été  comble  , 
Se  que  les  Sanazirs  &  d'aucics  piia- 
;es  comniencèicnt  à  infeftcr  ks  câtcï 
le  la  Ptoyencc.  Cts  d:;tnieis  fc  retî- 
:èfent  ou  à  Citkarijla  (Ceircftc),ou 
fuc  une  hauteur  voiÇçe  ,  où  elî  au- 
jouid'hui  le  village  de  la  CadJère. 
On  y  voit  encote  des  cavités  aea- 
fées  par  la  nature,  &  les  murst^uç 
ces  malheureux  élevèrent  pour,  le 
garantir  du  vent  du  nord. 
.  A  une  grande  didancc  d:  là  ,  Sc 
\  deui  lieues  de  Taucoentum ,  il 
(xiilc  un  monument  an[ique  que 
j'ai  cru  devoir  vifitcr  &  dccciie  , 
parce  que  }c  doute  que  cerfonne  en 
^it  parlé  avant  moi.  On  l'appelle 
"dans  le  pays  Us  belles  pierres ,  pat 
la  laifon  qu'il  ell  compofé  de  gref- 
fes pierres  froides  qu'on  enlève  fuc- 
ceffivemcnt  pour  les  emplo .  et  à  dif- 
férens  ulages^  c'cftun  tombeau  ro» 
main  ;  fi  l'infcription  gravée  lur  la 
pierre  du  milieu  ,  ruiij^ce  par  le  ccms 
&  où  l'on  voit  It  cadre  qui  la  rcn- 
fcrmoit ,    6i   quelques  ornemeiis  jj 


R 


-"^     ti\^S  foiirnàt  des  Sç avons  t 

(uKlfioit  encore,  ou  t^n'cllc  eût  ri 
Copite ,    elle     nous    autoit    appiis 
quel  ptoic  k-  pctfonnage  coiiGdcn- 
ble  qu'on  y  avoir  enfermé. 
^^_         Ce  tombeau  foimc  un  parallelo- 
^^^b    ^ramc  tcdlangle,  dont  deux   ch^i^ 
^^^H    tint  environ  fcize  pjeds  ?<.  demi  ;  Ici 
^^"    rfcux  autres  dtx  neuf  pierls  ;  les  niuiSi 
'd'une  frulc  pierre  ,  ont  deux  piedî 
d'cpaifTcur ,   &   font   compofés  de 
grolics  dalcs  de  pierres  froides,  les 
unes  de  fiois  ,  Ic^  autres  de  (^lurrc 
pieds  de  longueur  unies   fans  à 
ment.   Ils   paioiffcnc   avoir  eu  dïi 
pieds  d'élévation.    Ils  étoient  ter-  ' 
minés  par  un  couronnement  des  me*  ' 
^^^    mes  pierres  taillées  en  drmj  Cîtdt  | 
^^^B   rjui  affleuroic  les  murs  en  dcdaiii, 
^^^^  &-  qui,  en  répondant  en  dehors  au  I 
^^^g   plan  de  Ja  muraille  ,  étoit  lurmoiiti 
I  pat  une  efpéce  d'encablcmcnt  corn-  1 

ptifé  d'un  hftrau  de  deux  poucw, 
d'un  filer  larmier  d'un  pouce  >  Sc  I 
d'un  larmier  crculc  en  demi- cercle 
en  deiïous  de  quatre  pouces  :  ce 
<jui  fcroic  fiippolcr  que  I  édiâcc  n*c> 


Juin  1781;  îi47 

toîr  poinr  couverr.  En  face  du  che- 
min où  croit  rinfcription ,  il  y 
avoir  une  pJatte-formc  ,  qui  ,  en 
partant  d'un  des  angles  ,  avoit 
quatre  pieds  &  demi  de  largeur  en 
avant,  fur  dix  pieds  &  demi  de 
longueur.  Cette  plattc-forme  éroic 
terminée  vers  les  deux  angles  par 
une  pierre  de  même  largeur  que  les 
autres  ^  de  quinze  pouces  de  hau- 
teur, au  bout  le  plus  éloigné  du 
mur ,  &  de  deux  piîds  dix  pouces 
où  elle  lejoignoit.  Elle  avoit  pour 
moulures  un  congé  ,  un. filet  ,  une 
doucine  &  une  pLnre.  A  trois  pieds 
environ  de  hauteur ,  il  règne  au- 
tour de  rédificeun  rebord.de  quatre 
pouces  de  faillie.  Les  murs  polis  en 
dehors  font  bruttçs  en  dedans  ;  ce 
qui  prouve  qu'il  éfoic  fermé. 

On  jugeroit  par  la  fimplicité  ,  la 
forme  &  la  foliditc  de  cet  édifice  , 
qu'if  remonte  au  tems  de  la  Repu» 
blique.  Les  premiers  monumcns  des 
"Romains  éroient  bâtis  comme  un 
tombeau  ,   de  groifes  pierres  unie* 


&~jointcs  fâtiïcimenr.  Cette  nation; 

cm  vouloit  rappcUcr  à  la  polléiirff 

le  ncm   &:    les  vertuî   dcî    gtanM 

tommes,  pUijoit  leurs  cendres  fut 

^^^les  grand,-,  tlicmiiis,  &  (e  fuis  pir- 

^^^Upuadi:  <\ùé  des  renh^rcbcs  découvri- 

^^^woicni  peut  erre   dans  ce    lieu  UM 

^^^f^o'iQ  romaine  [i],  ni'igTiocance  des 

I  peuples  ne   l'a  pas  biilcc  /ans  en 

coni'crver  le  louvenîr  ,  comme  elle 

a  lâilTé   péi'ic  rinl'cilpdon  (ans  U 

copier.  ( 

La  pcrfonnequi  repdfoîc  daDïce   j 

irauloiée  n'avoir  pas  feule  terminé 

fa  vie  dans  ce  lieu.  Les  travaux  dcS 

délrichcmtns  ont  détoiivccc  aucotir 

de  l'édifice,    &  dans  touic    celte 

plaine,  une  quantité  immcnfe  d'of* 

femcns ,  un  très-grand  nombre  de 

tombeaux  de  btiçCucs,  quelques-uns 


% 


r  (i]  La  voie  Aurélia,  qui  commeojbitjfc 

alloii  à  Nice,  fuivoicde-Ià  les  a 
de  la  PiQvence  &  aboutilToitcn  C 
pouvoit  paOer  devant  ce  ioinbeaul&  coa- 

CitliariAa,  Ceireile  k  ailleurs. 


Juin  1781.  1149 

^e  pierre,  &  beaucoup  de  vafes  ci- 
néraires. Ces  triftes  monumcns  at- 
teftenc  que  ce  rerrein  ,  éloigné  de 
toute  habitation^  a  été  arrofé   dô 
fang  humain*  L'Hi0oire  ne  nous  a 
point  appris  quelles  furent  les  na« 
tions  qui  ehoifïrent  ce   champ  de 
bataille    pour    s'entr'égorgcr  ,    en 
quel  tems  elles  furent  maicrifées  pac 
cette  frénéfie ,  &  quelles  font  les 
viiïlimes  cnfevelies  dans  ces  tom- 
beaux.   Au    défaut  de    documens 
écrits  f  j'ai  interrogé  la  tradition  du 
pays.  Le  peuple  ,   qui  ne  connoic 
pour  auteur  des  monumens  anciens 
que  Ccfar,   &  pour  leurs  dcftruc- 
teurs  que  les  SarraHns,  en  confon- 
dant Içs  conquêtes   de   ce   Prince 
avec  les  de  vacations  de  ces  barbares  , 
ne  m'a  répondu  que  par  des  fables 
abltirdes. 

A  toutes  les  preuves  réunies  dans 
cet  Ecrit ,  fai  à  me  féliciter  de 
pouvoir  en  ajouter  une  ,  la  feule 
qui  flatte  mon  amour-propre ,  & 
que  per(onne  ne  pourra  contefter» 
Juin.  Sec.  Fol.  G  g  g 


ii^o  Journal  *tf  Sçavaat- y 

^près  avoirlucc  Mémoire  dans  une 
aflemblct  particubcrc  de  l'Acade- 
uiic  ,  M.  le  Commiirdire  du  Roi  Se 
plulleurs  autre'  M  mbrc!  de  cette 
Compajijnie ,  qui  ont ,  auili  que  lui , 
le  talent  rate  tneore  de  voir  ce  qut 
doit  être  par  ce  qui  cft ,  le  Ibnt 
trarfpotcés  avec  moi  lur  iês  lieuxi 
Si  lï  ils  ont  jugé  comnie  ]'avois  jiige  ■ 
nioi-inême. 

Voilà  toutes  les  ohfervafions  que 
je  puis  prélenter  à  l' Acadénue  fiir  la 
ville  de  Taurocncum ,  dont  elle' 
m'avoit  charge  ^cle  chercher  les  veC- 
titjts.  Si  elle  ne  trouve  pas  ddns  ce 
Mémoire  toutes  les  lumières  qu'elle 
pouvoir  attendre,  c'efl  la  taute  de 
la  nature  boulevetlce ,  c'ell  ta  faute 
du  tenis  deAtuâcttr  qui  n'a  confervé 
aucun  édifice  :  l'Hiftoiré  ne  nous  a 
ttanlmis  que  le  nom  de  cette  ville; 
peut  être  des  manulcrits  prccîcuz 
ont  péri  avec  elle  i  pèuc  ctie,  li  e  le 
eût  lubnilé  plus  long  tcms  ,  des 
.  Ecrivains  qu'elle  eût  produits  au-^ 
loicnt  porté  aux'  fièclcs  poftéricurs 


.■  I 


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ce.-.crr; .  r.iin  tu.-:    .  ;.-  ^  .r-  ■    : 

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Z51  Journal  des  S çavans  i 

me  «1  rimprimcrie  Royale.  17S0; 
A  Pariy ,  chez  TAutcur ,  rue  & 
vis-à-vis  le  cui-de-fac  du  Paon; 
chez  Mcrigot  le  jeune ,  &  Didoc 
le  jeune  y  Méquignon  l'aîné,  Li- 
braires f  rue  des  Corçdliers. 

CE  Livre ,  que  l'abondance  des 
matières  nous  a  empêché ,  à 
îotre  grand  regret  I  de  faire  connoî«: 
Te  plutôt,  eu  la  continuation  de 
{Hiftoire  de  la  Chirurgie ,  &c.  dont 
lyt^Dujardin  ,  mort  à  la  fleur  de  Ton 
igc,  a  publié  le  premier  volume  en 
774.  M,  Pcyrilhe  ,  ami  particulier 
te  M.  Dujardin^  a  pris  TOuvragQ 
ù  celui-ci  lavoit  laifle,  &ç  il  nous 
flurc  qu'il  s'efl:  fait  un  devoir  de 
cfpcdcr  le  plan  qu'on   avoir  fuivi 
ans  le  premier.  Si  cela  cft ,  le  Cou- 
inuatcur  Ta  mieux  fait  lentir  que 
;  premier  Auteur  :  «marquer  tous 
les  pas  que  l'art. a  faits',  loit  qu'ils 
'  le  rapprochent  ou  qu'ils  l'éloignent 
'  de  la  perfcâion  ;  annoncer  en  quel 
cems  &par  qui  il  fût  hâté  ou  retardé 


Juin  lySi*  1^53 

>>  dans  fa  marche  ;  prefenter  les  dé- 
^»  couvertes  vcritàblemenr  originales, 
»  les  vues  propres  de  chaque  Auteur, 
»avec  les  indudlions  les  plus  remar-; 
>>  qiiablcs  qu  il  tire  de  fcs  principes 
»  &  de  ceux  de  (es  prédéccflcurs  ; 
»»  difpofei  les  inventions  dans  TordrQ 
^  de  leur  naiflance  ;  en  donner  une 
»idée  plus  ou  moins  étendue  ;  indi- 
»qucr  où  elles  fe  trouvent,  afin  d'é- 
»  pargner  au  ledeur  qui  fçairqu  elles 
»  exiftcnt ,  la  peine  de  les  chercher  ,  ' 
»  &  à  celui  qui  l'ignore ,  la  peine  de 
»  les  inventer  ;  tapporcer  les  inven- 
»  tions  de  tout  genre  à  leurs  vérira- 
>>bles  Auteurs ,  déterminer  le  tems, 
»  le  lieu  &  les  circonftances  où  ils 
»  vécurent ,  &  recueillir  les  traits  les 
»plus  inrércflans  de  leur  vie  :  voilà 
»qucl  fut  le  deffein  de  M#  Dujar- 
»  din  ,  &  quel  cft  celui  de  M.  Pey- 
»rilhe.  » 

On  trouve  réunies  dans  ctt  Ou- 
vrage xleux  chofes  fort  intéreffantes^ 
Thilloire  de  Tart ,  lur  laquelle  nous 
avions  déjà  quelques  {o\\At.s  *^^»^r:^ 


I1J4  Journal  des  Sçavans  , 

ches  ,  mats  partielles  ;   &  Thiftoire 

de  la  protcÛion»   prefoue  entière^ 

ment  neuve*  L'hiftoire  de  Tart  con* 

tient  i«  toutes  les  vérités  Se  toutes  les 

ff  erreurs  q\xt  le  rems  a  vu  naitre^& 

Mmourir  :    c'eft-à-dire ,  tous  les 

>>  dogmes  qui  ont  régné  fucccflîvc- 

»  ment  en  Chirurgie,  avec  les  fait'S 

»&  les  raifonnemens  qui  leur  fcr- 

»  voient  de  ba^e,  &:  forme  ainfi  la 

>»bibliothè(^ue  la  plus  utile  qu'un 

n  Chirurgien  forrant  des  mains  de  feS 

M  mftituteurs  pniiïe  lire,  &  peut-être 

>»  la  Iculc  dont  il  air  befoin.  En  un 

♦>  mot ,  cette  partie  de  Thiftoire  prc- 

yf  lente  une  forte  de  Code  chirurgical ^ 

»  où  lont  réunies  &  les  loix  abro* 

f>  gécs  &  celles  qui  font  encore  en 

>^  vigueur.  » 

Contre  Topinion  commune  ,  M, 
Peyrilhc  entreprend  de  prouver  que 
la  Médecine  ne  fut  pomt  partagée 
avant  le  quinzième  âècle ,  que  juf» 
quà  cette  époque,  c*cft-à  dire,  )uf* 
qu'au  tems  où  Ic^  loix  affignèrent  au 
Médciûn  ,  au  Chitur^^ien  ,  au  Phar* 


Juin  1782,  1255 

macten  ,  «le  champ  qu'il  dévoie 
»  cultiver  \  il  n'y  eut  ,  entre  le 
»  Médecin,  diététique  ou  non-opé- 
»rant  &fc^  Médecin  vulnéraire  ou 
»  opérant,  d'autre  diftinâion  que 
»  celle  que  met  entre  des  ptrlonnes 
»  de  la  niême  profedion ,  la  mefure 
»  différente  de  connoiflances  &  d*ha- 
»biliré.  v^ 

M  peyrilhe  rapporte,  i  Tappuî 
de  fon  ientiment ,  à^  preuves  mul- 
tipliées ,  que  nous  ne  discuterons  pas 
&  qu'il  faut  voir  dans  l'Ouvrage 


même. 


L'hiftoire  de  la  profcffion  doit 
dçnc  être  la  même  pour  la  Mccle- 
cine  &  pour  la  Chirurgie,  jufqu'au 
quinzièqic  fiècle ,  &  c'cft  a\iflî  fous  ce 
point  de  vue  qu'elle  cft  traitée  ici. 
On  y  voit  le  rang  que  fa  Médecine  a 
tenu  parmi  les  autres  arts^,  le  degré 
d'eftime  accordé  à  ceux  qui  Tont 
profcflée ,  les  immunités ,  les  privilè- 
ges ,  les  honneurs  dont  ils  ont  joui , 
leur  mérite  perfonncl ,  &c. 

M.  Pcj^riihe  difcutc  \  ^otvài%  ^ 


115^  JotUTuUdesSgavans;        < 

d'après  les  inonilnicos  originaux  9 
pluGcurs  quefiions  à  peine  ébauchées 
ailleurs  ^  comme  i'étac  &  les  fonc* 
fions  des  Archiacres ,  qu  il  diftingue 
en  palatins  &  populaires  ;  il  fait 
connoître  Tefpèce  de  comitivc  dont 
ilsétoicnc  fou  vent  honorés  par  les 
Empereurs  d'Orient,  ic  di(cute& 
apprécie  la  formule  peu  connue  du 
Cornu  des  Archiatrts  9  &t* 

L'Aurcur  a  fait  des  recherches 
caricùfes  fur  les  hôpitaux  ^  tant  mi- 
litaires que  civils  chez  les  Anciens , 
fur  les  funérailles,  fur  rexpofition 
des  cnfans  &  desefclaves  chez  les 
difFcrens  peuples ,  &c.  Enfin  il 
donne  un  Précis  de  la  vie  des  grands 
Hommes  qui  ont  illuftrc  Tare  dont 
il  écrit  Thifloire;  Précis  qui  mérite 
d*2urant  plus  de  confiance  queTAu- 
reur  renvoyé  toujours  aux  monu- 
mcns  originaux  dans  kfquels  il 
puife. 

Parmi  un  très-grand  nombre  de 
notices  biographiques  ,  on  trouve 
un  Elo^c  cûÙQ^^  à^t,V3*!^\^^^Q^^\îw 


Juin  1781;  1157 

lit  avec  d'autant  plus  de  plaiCr , 
que  le  Lcâ^ur  croie  être  à  Rome  ou 
à  l'ergamc  témoin  des  évèncmcns 
que  1  Auteur  décrit,  &  qui  foDC 
prclquc  tous  également  curieux  SC 
inrércflàn';.  On  trouve  même  ici  une 
peinture  des  Gsns  de  Lettres  Ro- 
mains,  tirée  de  Galien  lui-même  a 
que  nos  Littérateurs  modernes  ne 
liroient  pas  laiis  quelque  iniétêt* 
£nfin  ,  M.  P.  termme  ce  giand 
morceau  par  un  patailèle  d'Hippo- 
crate  &  de  Galicn  ,  dans  lequel  il  (e 
montre  lupéricur  à  Sevcrrini  qui  l'ar 
voit  ébauché  avant  lui. 

Quelque! OIS  l'Auti  ur  éclaircitdes 
qiicltions  relatives  a  l'hliloire  poli- 
■  tique ,  comme  lorfqu'il  nous  ap- 
prend que  Tibère  ,  en  dctendani 
aux  Romains  de  fc  donner  les  bai' 
fers  d'iilage  &  de  cêiémonic ,  dé- 
fenle  dont  on  lui  a  fait  un  crime  , 
n'avoit  en  vue  que  d'attêitt  W  tota- 
iiiudicarion  de  la  me'itag'-e,  ^■^.^x.'^ç. 
çwmeulc  du  mtnton  ,  i.\v.\e  «^-i^  "^vs 


txyî  Journal  des  SçMéuis  f 

iers  avoienc  répandue  &    entrete- 
uoien;.. 

Les  loix  pénales  portées  par  les 
Romains  contre   ceux  qui   prati- 

3uoient  l'art  de  guérir ,  font  bien 
ifcutées  dans  cet  Ouvrage  ;  &  Ton 
y  montre ,  avec  la  dernière  évidence  , 
que  )  quoique  juftes  &  fages  en  elles- 
mêmes  9  kur  application  pôurroic 
aujourd'hui  bleflcr  les  loix  de  Té- 
qui  ré. 

Ce  qui  regarde  les  Lépreux  p  les 
Nourrices ,  les  Hermaphrodites  ^  les 
Hypofpadcs ,  les  Veftales  malades  ^ 
pour  ierquellcs  TEcat'  (lipendioit  un 
Archiatre  populaire  ,  les  bains  pu- 
blics &  privés  9  leur  forme  9  les 
fondions  des  diverfes  perfonnes  qui 
y  étoicnt  employées  ,  les  différentes 
fortes  de  bains  médicamenteux  y  eft 
ici  traité  d'une  manière  fçavante  6c 
utile. 

A  Toccaiion  des  bains  publics , 
M.  p.  parle  des  onâions,  û  ufîtées 
chez  les  Romains  >  &  il  penfe  qu'on 


Juin  1781.  1159 

poiirrolt  les  renouveller  avec  fruit 
dans  certaines  ciiconftançes.  Frappe 
de  voir  les  armées  françoifes  traîner 
après  elles  ,  dès  qu'elles  pâiTent  it 
Rhin  ou  les  Alpes,  des  maladies 
épidéniiques  par  lefqueiles  elles  fe 
fondent  en  une  campagne  fans  avoir 
combattu ,  tandis  que  les  armées 
romaines  le  maintenoient  en  fanré 
au  mîJieu  des  fatigues  les  plus  excef- 
fivcs ,  quoiqu'elles  paATaÛcnt ,  fans 
autre  préparation  que  la  longueur 
même  du  voyage  y  des  climats  brû<« 
lans  de  l'Afie  dans  les  maraijî  glacés 
du  nord  ,  &c.  Il  cherche  ce  d'où  peut 
«venir  ce  principe  de  mortalité' 
>^dan$  les  armées  françoifes  ;  c\Qi 
**  une  vérité  reconnue,  dit  M.  P., 
»  que  le  moyen  le  plus  efficace  pour 
•>  le  prcferver  de  la  maladie  des  îles, 
«  preique  toujours  la  même  pour  tes 
»  étrangers  ,  cohfifte  ,  avec  le  bon 
régimctL  à  fe  garantir  des  alterna- 
tives d!r chaud  &  du  froid.  Qui- 
»>  conquç  a  fréquenté  nos  arinccs  en 
»5  Allemagne  ^  a   du  fe  convamct^ 


2i6o  Journal  des  s çav ans  "i 

99au{Ii,   que  la    maladie   régnante 
»»  parmi  les  troupes  ,  tire  fa  fource  y 
«0  en  été  9  de   la  chaleur  du  jour, 
^»con^raftant  avec  la    fraîcheur   & 
93  quelquefois  le  froid  réel  de  la  nuit  ; 
M  en  hiver ,   du  froid  rigouicux  de 
•>  Tatmofphère  ,  mis  en  oppofition 
9>  avec  la  chaleur  modérée  &  quel- 
»>  quefois   exceflive  des  poêles  ,   on 
,  »»  pourroit  dire  des  tournaifes  ,  où 
•»  les  Allemands  aiment  à  fé  renfer- 
>»  mer.  Or  ,  ces  alternatives  produi«i 
»>  f(  nt  dans  l'un  &  l'autre  climat  des 
93  variations  confidérables  &  prompt 
»3  tes  dans  les  évacuations  cutanées  ; 
«  &  de  celles-ci ,  rcicnues  ou  réper- 
••  cutces ,  naifllnt  les  maladies  in- 
»>  flammatoircs ,  putrides ,  malignes  , 
»»&c.  qui  conftituent  le  tonds  de 
«»  ces  épidémies.  »3 

w  Ccs  caufes  croient  les  mêmes 
wpour  les  ioldats  romains  que  pour 
«  les  fran^ois  ,  &  ils  en  éludoient 
•5  l'aâivicé.  Seroit^il  permis^dc  cher- 
«5  cher  dansVts  onçlions  fecVs  JrU- 
9*  lions  ,  doux.  V^  ^Vu^^^x.  èt^xxvC^v». 


Juin  lySz,  1261 

•'commençoienc  à  faire  ufage  ea 
»>  prenant  les  armes ,  le  principal 
w  agent  de  leur  confervacion ,  flC 
»>  d*e(pércif  que  ces  moyens,  rappel- 
•>  lés  dans  nos  troupes ,  avec  les  mo- 
«  dificarions  qu'cxigeroic  la  difFé- 
*>  rence  des  lieux  ,  des  mœurs ,  des 
«  habitudes  ,  des  conftitutions ,  &c. 
«>  y  déploycroient  la  mêmî  énergie 
*»  &  la  même  efficacité. 

Quan4:  aux  Européens  qui  paflent 
>3  dans  les  climats  brûlans  de  l*Amé- 
^>rlquc,  ne  doii-on.pas  préfumet 
w  aullî  ,  que  tes  onHions  leroienc 
»  d'autant  plus  falutaires,  que  pref- 
w  que  tous  les  peuples  Heftmés  par  la 
3»  nature  à  vivre  entre  les  tropiques, 
w  ont  la  peau  huileufc  \  qu'ils  lan- 

^  >3  guiflènc  quand  elle  ceffe  Je  lêrre, 
*9  &  que  le  plus  fur  moyen  de  leuc 
93  rendre  la  vigueur  ou  la  fan  é ,  c*cft 
»>  de  les  oindre  avec  de- l'huile  de 
93  palmier.  » 

i'hiftoire  de  l'art  n'eft  ç^s  ^xkca- 
téeavcc  oioins  de  foin  c^ut  ccWe  Ôl^ 

la  profç0ion  5  &  Ton  pevxi  àvt^  o^^ 


Ki6i  Journal  dis  Sçavans  ^ 
l'Auteur  n'a  rien  promis  à  cet  égard 
dans  la  Piéfacc  ,  que  ce  cjuM'avoïC 
hcureufemtnt  exécuté.  On  y  voit 
d'un  coup-d'oeil  tout  ce  qu'on  a  fait 
fur  une  maladie  cLirurgicatc  quel- 
conque, jufqu'au  7.S  fièclc.  Par 
conléqueni  ccrtehinoire ,  qui ,  corn* 
me  l'Auteur  Je  dit  lui-même,  con- 
tient la  fiibftance  d'une  bibliothè- 
que urivtriclle  ^  critique  de  la 
Chirurgie,  eft  égi.J.-menc  ptojjrc  à 
celui  qui  V(.ur  apprendic  cet  atc  & 
à  celui  qui  viur  fe  japjel  cr  ce  qu'il 
a  {il.-  Le  Ctirii^ue  ,  chargé  par  état 
de  rendre  compte  des  Livres  nou- 
veaux,  trouvera  fans  peine  dans 
celui  ci  les  fccours  nécelTaircs  pour 
apprécier fûremem  une  touic  de  pré- 
tendues découvertes ,  qui  n'ont  rien 
de  remarquable  que  l'alTuiance  avec 
laquelle  leurs  Auteurs  çn^garantir- 
fcnt  la  nouveauté.  A  cet  égard  M, 
Pcyrilhc  eft  un  guide  d'autai^f^plus 
fur,  f^u'il  çuifc  toujours  dans  les 
premières  îo\itc«  ,  <\^v\  \a.\\  ■^q'ci- 


Juin  178Z.  1165 

autorites,  qu'il  ne  fe  difpenfe  ja- 
mais d'y  renvoyer,  &  que  le  plus 
fouvenc  il  les  tranfcric  au  bas  des 

Eages  ,  afin  que ,  fans  parcourir 
eaucoup  de  Livres,  les  Leâeurs^ 
puifTenc  difcuter  fcs  décifions  &  les 
réformer  s'il  lui  arrive  de  fc  tromper. 
On  voit  par  lexpofë  fommairc 
que  nous  venons  de  faire  de  la  con« 
tinoation  de  l'hiftoire  de  la  Chirur- 
gie ,  que  M.  Peyrilhé  »  à  Timitation 
de  fon  prédécefTeur ,  a  donné  la 
plus  grande  étendue  à  fon  fujet; 
qu'il  l'a  traité  dans  fa  plus  grande 
généralité  en  liant  toute  la  Méde- 
cine avec  la  Chirurgie ,  &  en  ag- 
grandiffant  ainfi  Tune  par  raucrer  le 
plus  poflible*  Comme  TAuteur  s'eft 
donné  tous  les  foins  que  dcmandoic 
un  pareil  travail ,  il  en  rélulte  que 
'  celui-ci  eft  beaucoup  plus  curieux  , 
plus  fçavant  &  plus  inilruâit ,  que 
s'il  eût  été  limité  à  l'hiftoire  des 
opérations  de  la  main ,  nécelfaires  à 
la  guérifon  des  maladies  ^  c*t&A* 


1164  Journal  des  Sçavans  ; 

dire  à   Thiftoire  de  la  Chirurgie 
proprement  dire. 

[  Extrait  dt  M.  Macqtut.  ] 

Oryctogkaphia  Carnîolica ,  ou 
Géographie  Phyfique  du  Duché 
de  Carniole,  de  i'iftrie  &  des 
Pays  adjacens» 

C'est  dans  la  Carriole  fupc- 
ricure  que  fe  trouvent  les  mi- 
nes les  plus  riches  en  mercure;  on 
n'en  avoir  eu  jufqu'ici  que  des  rela- 
tions pleines  d'erreurs  &  de  tau& 
ierés. 

l/Aureur  de  cet  Ouvrage  curieut 
eft  entré  dans  le<j  plus  grands  détails 
fur  les  mmcs  A'Hydria  ,  qui  furpaf- 
fent  toutes  celles  de  l'Europe  pour 
la  beauré  du  minerai ,  Tordre  qui 
règne  dans  (on  adminiftrarion  y  Sc 
Tart  a^tc  \tc^vx^VfoTacoiv6.tuites  les 
ea\^.T\cs  Voux^xiivcv^^*    '\^>ax^^  \^ 


)>âi 


Juin  1781."  1165 

elle  de  Carniole  font  déciites  auflî 

avec  le  plus  grand  foin. 

Sflpnla  manière  de  voit  de  l'E- 
diteur ,  le  kalotricum  de  fcopali 
n'efl  qu'un  victiol  calcaire  argtU. 
leux. 

En  crcufant  on  a  trouvé  fur  une 
baute  montagne  un  morceau  de  vi- 
triol martial  capillaire  d'un  rouge 
foncé.  Ce  phénomène  niéticc  de 
fixer  l'attention  des  Sçavatis. 

Parmi  le  grand  nombre  de  va- 
riétés que  produifent  les  mines  de 
mercure,  le  irandsri  bu  minéral 
charbonneux  paroît  être  le  plus  re- 
marquable. Il  refTcmbie  au  charbon 
de  terre  &  ne  donne  que  fix  livres 
au  quintal.  L"Autcur  en  a  fait  plu- 
(îeurs  cflais  dont  il  rend  compte. 

Le  vif-argent  natif  n'cft  [las  auflî 
commun  que  plufieuts  Sçavanî  l'ont 
affirmé.  Une  année  potcaut  i'auTe 
on  n'en  retire  tout  au  plus  d'hydria 
que  trois  quintaux  par  les  procèdes 
cliiiiiiq-ics  ,  Ôi  à-p.uçïc^  a\\xa.wt. 
?ar  k  Uvd^z  ac  les  buCAïiXi. 


î' 


li66  Joujnal des  Sçavans  ^ 

A  la  paQ,c  i  }6  le  rrouvc  la  dcw 
crii'ticn  d'une  nouvelle  préparaiion] 
dont  on  lett  pour  les  cordages  era- 
lovfs  3  la  niéihanique  des  minci.' 
cordes  léfilknr  plus  lon^j-tcmi 
pournrurt:  en  le'-  end.:ifi<nt  avct 
une  compolition  niélanj»ée  de  jO, 
livres  de  rércbtntinc  ,  dt-  30  livret' 
d'huile  de  lin,  de  140  livres  de  : 
iuif ,  &  de  17^  iivre'i  de  yoix. 

Depuis  17)0  OR  a  (u[  primé  l'ao-  . 
cienne  maiii^rc  f  our  l'ciploitarion  , 
des  mines  de  mitcure,  &  on  y  a 
fubftirué  les  fourneaux  à  l'cfpa-  I 
gnolc  décrirs  par  M-  de  JuUlcU). 
au^Lqucls  cependant  on  a  fait  de 
grands  rhangcniens. 

A  la  page  148  fe  rrouve  une 
defcripcion  détaillée  delà  manière 
de  contenir  le  vif-argent  dans  des 
pcaus  de  moutons  ou  de  chèvres 
préparées  ave  ds  l'alun. 

Les  HoUandois  enlèvent  tout  le 
produit  des  mines  de  mercure  c[ui 
ne  fe  monte  pas  à  plus  de  1000 
qumt&ui.  Oq  ■çici.tuii.  *^^  i-ias  les 


Juin  ij%x,  1167 

15.*  Se  i6.°  fiècles,  Hydria  ne 
apportoic  annuellement  que  600 
jiitiuaux  de  cinnabre. 

La  plus  ancienne  mine  eft  à 
Scheleilenkc  ou  Eifcm  ,  fuc  la  li- 
rière  de  Sora.  Il  y  a  aiftu  llcmenc 
J4  forges,  où  l'on  ne  fabrique  p^i 
10  que  44)  809  livres  de  ter  en 
bdrres,  donc  la  plus  grande  parcie 
[ft  employée  à  faire  d:s  clous.    ' 

Ceux  qui  voudront  chercher  la 
tbéorie  de  la  foimation  des  pierres, 
irouveronc  dans  cet  Ouvrais  d<;s 
>bfervations  îinporcantcs  lut  le 
hangcmcnc  det  pierres  calcaires  en 
ierres  vitiifîablcs. 

Outre  la  topographie  de  Hydria 
C  les  gravure^  de  quelques  crif- 
lux  ,  les  Curieux  y  trouveront  avec 
lailîc  plufieuri  planches  bien  (aiics 
ni  rcprcfentent  les  plans  de  Calé- 
es fouterraines  &(.  des  fourncauK 
eHydiia,&c. 

A'.  B.  L'Auteur  promet  d:  don- 
tr  le  dcfTcui  du  lac  d;  Lwkiwti  Sit 


1268   Journal  des  S çavans  i 

la  defcription  du  refte  de  la  C 
niole  fupérieure  &  de  la  Garni 
inférieure* 

[  ExîraU  communiqué.  ]  ' 

E  S  s  AI  de  Traduction  en  vu 
Roland  Furieux  de  CAriojtù 

On  le  peut;  je  TeATaje  \  tin  plô 
TancIcMèw 

LaFunuLALI 

A  Paris  ,  chez  Alexandre  J 
bcrr  jeune  ^  Libraire  ,  rue  ] 
phîne,  près  du  Pont  Neuf,  i 
Avec  Approbation  &  Priv 
duRoi.  i/2  8^.  75  p3g# 

«  jT^  o  M  M  E  N  T ,  dit  l'Autci 
^  V^  cette  1  radudion  en  vei 
I.^^  Livre  feulement  de  TAric 
»  M.  le  Conuruc  TrefTan  ,  qui 
»dcs  vers  picMis  de  ^^racc  ,  a*t'; 
VI  fe  tcioudrç  à  contriiler  les  n 
yth,z\  Kt\o^^  ^  ^^  vv'i  \^  w^4s 


Juin  1782^    .      1169 

Vf.  de  Treflfah,  regrettant  un 
de  n'avoir  pu  s^cmpêcber  de 
iblir  en  le  mettant  en  profê^ 
urroucé  de  me  le  voir  peuc- 
marcyrifer  en  vers  ,  m'arra* 
i  la  trompette ,  la  lyre  6c  le 
imeau  ,  &  plongera  cet  Eflai 
l'oubli  par  une  véritable  Ttar 
ion  du  Koland  Furieux.  >t 
défaut  de  M.  de  TrelTan,  qui 
ouloir  fe  borner  à  fa  Traduc- 
1  profe  j  pourquoi  le  nouveau 
dcur  n'acheveroit-il  pas  ce 
i  fi  bien  commencé?  Pour- 
e  Leâeur  ne  Ty  inviteroitU 

autres  Traduiflions  avoienc 
diâPérens  caraâères  de  l'oci' 
»  aucune  n'en  avoir  faifi  la 
piquante.  Le  nouveau  Trâ- 
ir  nous  paroîc  le  premier  qui 
joué  j  comme  l'Auteur ,  du  fa- 
3  du  pathétique ,  de  fon  {u- 
p  fon  Ledcur,  fuivant  Tcx- 
ti  de  M.  l'Abbé  de  Lille, 
i  gaîté ,  le  Tradudeur  joint  de. 


1 17°  Journal  Jts  Sçavairs  , 
Ja  fiacilité ,  de  la  oracc  &  de  Ja  pi 
Ce  tlans  les  endroits  qui  en  loiu  la 
,çtptibles.  On  en  peur  juger  pari 
morceaux  que  nous  allons  cirer,) 
métrant,  comme  le  Traduâcur 
Ole  le  faire  &  comme  il  a  pu  ?t  ^i 
impunément  1  l'original  à  côré  de 
copie. 

Dcfcription  du  combat  de  SaO 
pam  &  de  Bradamante  : 

Non  s!  vanoo  i  Leani ,  i  Tori  in  falto 
A  ilar  iji  pet[o,  cd  a  cozzat  fi  crudi 
Corne  que!  duo  gueriicri  al  fiero  afTalto 
Clie  paiiinentc  û  pjiîâr  gli  fcudi. 
Fèlo  fcnniro  tremar  dal  bafTo  ail*  alto 
L'  e^bortc  valli  inlîno  a  i  poggi  ignudi  ! 
.    Eben  giovà,  chefurbuoiiii  peifetù 
Gli  usber^hi  i  si  cht  lor  Ctlvaro  in  petd.' 

Giinon&roicavallîuncorreT  rorto> 
Anzi  cozzaio  a  gulû  di  raonioni. 
Quel  del  guetiier  Pagan  moti  di  coito 
CV  en  wenio  Wwwnwo  &  liuanî. 
QueU'  aluo  caiift  ««."il  ,'ŒiÀ^\ARKwi 


Juin   1781;  1171 

cli'al  fianco  fi  (êati  gIi{proni. 
e!  Re^^àtacin  tefto  àïî^Ca 
~o  al  fuo  SigDor  comatto  îl  pefo. 

vigueur  des  iJcux  pan;  Te  déploie  : 
leuï  lions  l'ëJaneent  fur  leur  proie  } 
comre  l'autre  enflammas,  furieux, 
îers  caureaux  font  moins  impéiueui. 
ciemble  au  loin,  du  plus_cieux  des 

au  fommec  des  moncagnes  pelées. 
n  des  dcuï  perce  l'épais  écu 
bras  robufte  j  Ton  effbit  prifente; 
i  des  deux ,  fans  la  trempe  excellente 
k  haubert ,  n'edt  plus  long-iems  vécu, 
deittiers ,  fecotid^at  leur  furie  , 
ités  tous  dcuï  fiont  contre  fiont, 
entenfemblc.&l'uDd'euxcftfansïic: 
c  celui  du  Roi  de  Circaflie , 
er  liiperbe  &  d'un  nés-grand  tenota. 
îval  blanc  preffé  de  l'éperon 
■élevé;  l'autre  fur  la  pouiîîcre 
immobile  ,  &  Ton  corps  en  tomliant 
-,  la  iiiaflï;  en^gé  Sacnpam  -, 
éivic  de  Aoncc  Se  de  coicie. 


<  271  Journal  des  Sçavans  ; 

Qaal'  iftordito  e  fbpido  aracore» 
Poich'  è  paflato  il  fulmine ,  fi  letra  ^ 
Di  la'  y  dove  l' altiffimo  fragore 
Preflb  agli  uccifî  buoi  ftefo  T  averHi  ; 
Cbe  mira  fenza  fronde  &  fenza  onore 
Il  Pin ,  che  di  loncan  veder  foleva  : 
Tal  fi  levoil  Pagano  a  piè  rimafb  , 
Angelica  prefbote  al  daro  cafb* 

Ainfi  qu'après  un  horrible  tonnerre 
Un  Laboureur  fe  relève  éperdu 
Du  lieu  fatal,  où  £ice  contre  terre 
A  demi-mort  fous  les  foudres  brûlàns,' 
Il  fut  jette  près  de  Tes  bœu£»  mourans  ; 
Et  voit  au  loin  fans  feuille  &  fans  branchage 
L'antique  Pin  dont  il  aimoît  l'ombrage  : 
Tel  Sacripant  dans  un  morne  chagrin , 
Près  d'Angélique  ,  à  pied ,  fe  lève  enfin. 

Après  avoir  dit  que  Roland  ,  en 
voyageant  avec  Angélique  ,  avoit 
toujours  défendu ,  &  qui  plus  eft, 
refpedé  fon  honneur  ,  TArioftc 
ajoute  : 

Foife  «a  N  tt  ï  m\  xi^ti  ^^\^  cx^dibile 


Juin  1781;  117J 

A  cUi  del  fcnfo  fuo  foflS  fignore^ 

iA.\  paive  tâcilmenie  a  lui  poâîbile  , 
Çli  era  peiduta  in  vie  piiï  grave  eriore. 
Quel  ciie  l' nom  vede,  ainor  glj  fi  invïfibilc, 
E  l'iiivifibiirà  vedere  Amoie. 
Qucflo  credato  fu  :  che  '1  mifec  fuole 
Ddr  facil  ctedcnza  a  quel  cbe  viiole. 

La  choIê  ^toit  peuc-êcte  v^iiiablc. 

Le  vrai  n'eft  pas  toujours  três-vraifctnbla- 

ble: 
Les  gens  bien  froids ,  bien  calmes ,  bien 

lafTis 
Doutent  de  tout  :  mais  un  ccear  bien  épris 
Doit  croire  tout  de  la  bouche  qu'il  aime. 
Quoi  !  tout  \  fans  doute ,   &   l'impodible 

Amour,  Amour,  ce  font  tes  moindres  jem! 
Tu  fiis  douter  de  ce  qu'ont  vu  nos  yeui. 
Et  (00  flambeau  fait  voit  ce  qu'on  délire. 

On  fait  à  préfcnt  que  cette  Tta-. 
^udlion  eft  de  M.  Diiponr. 

r  Extrait  de  M.  Gaillard.  ] 

Juin,  Sec.  Fol,  \\.W 


1 174  Journal  des  Sçavans  ;   - 

Œvv  RE  s  de  Lucien  y  Traduâi  on 
nouvelle.  Par  M.  TAbbè  MaJJUn. 
A  Paris ,  chez  Moutard  y  Impii- 
xneur  •  Libraire  de  la  Reine  ,  (b 
Madame  ,  &  de  Madame  la  CoiiH 
tcflfe  d'Artois,  rue  des  Mathurios, 
"■hôtel  de  Cluny.  1781.  Avec  Ap- 
probation &  Privilège  du  Roi.  } 
voh  in  iz. 

QV  '  I L  nous  foit  permis  de  has^ 
zarder  ici  un  paradoxe  i  les  ju- 
ges naturels  des  traductions  des  An- 
ciens, font  pcutiçtrç  hs  ignorans  & 
Içs  gens  du  monde  ;  ç'eft  pour  eux 
qu'elles  font  faites,  &  c'cft  fur  eux 
qu'il  s'agit  d'en  eflayer  TefFct  ;  ils  ne 
connoiuenr  point  l'original ,  mais  ils 
contioiffcnt  le  jugement  que  les  favai\$ 
en  ont  portée  la  juftice  de  ce  jugement 
eft  le  théorème  dont  la  démonftra- 
tion  doit  fe  trouver  dans  la  traduç* 
tioQ  même.  Les  Sçavans  y  amoureux 
des  moindres  expreflions  d*un  ori- 


Juin  1781.  1175 

tudlei  la  langue,  vculeot  qu'on  rende 
chacunedc,cesexprelTîons;  rtiaisune 
traduâion  trop  littérale  eft  n^eflai- 
renicDCCrès-inâiièIc;c'c(lle  fc]uelctte 
de  l'Auteur  ;  ce  ne  font  ni  fc^  traits 
ni  les  couleurs  ,  ni  là  physionomie, 
ni  Ton  attitude  ,  nï'fes  mourcmens. 
Ce  qui  eft  vif  &  ligcr  dans  l'otigî- 
ginai,  devient  lourd  &  traînant  dans 
ia  copie.  Les  ennemis  les  plus  fu- 
jitftes  des  Anciens,  ne  font  pas  leurs  . 
dctraâeurs  connus  ;  ce  font  leurs 
admirateurs  fans  goût  >  &  furtouc 
leur  mauvais  traducteurs  ;  ce  ne  font 
pas  les  Perrault  &  les  la  Motte  ; 
ofons  le  dire  ,  ce  font  les  Daciers  SC 
leurs  femblables.  Quand  M.  Dacicr, 
après  s'çtte  cxiaué  fur  des  beautés, 
iuï  des  fincffes,  peut-être  chiméri- 
ques ,  d'Horace,  qui  a  Ci  peu  belbia 
qu'on  lui  en  prête,  le  traduit  d'une 
manièic  lï  innpide  ,  fi  lourde  ,  Cï  dé< 
nuée  de  giaces  ;  quand  Madame 
0acier  elle-même ,  apiè^  avoir  divi- 
nilé  Homère,  le  rmd  d'une  manière 
C\  intérieure  à  l'idée  qu'cUc  \;\.\t.  li'sx 


'yi*fè' Journal  Jis  Sçavansi 

donner;  les  ignoraiis  ont-ils  cortiJt 

e'écricT  !  «Voilà  donc  l'objet  devû- 

*>  tre  cuire  ;  voilà  comme  vous  con* 

«cevez  i  Ecrivain  pour  lequel  voui 

»  réclamez  mon  admiration.  ■>  Sut 

cette  apparence  ,   on  juge  l'ot-iginal 

-    -fans  beautés,  &  le  iraduffieur  l'ani 

gofir.  Depuis  que  M.  l'Abbé  de  Lille 

nous  a  donné  fa  i  radiidion  des  Gcor* 

gicjiies  I  les  gens  du  monde  ont  corn* 

^^^  niencé  à   comprendre  que  les  Sçs* 

^^^Uvant  qui  parloicnt  ranr  des  charme» 

^^^ne  ta  poÉfïc  de   Virgile  ,  n'êtuient 

^^^nas  des  vilîonnairesi  toutes  les  tra- 

^^^^Wuiflions  précédentes  lailloicnt  fub* 

^^^Kller  de  viotcns  Toupçons  contre  U 

^^Bifîiiccrité,  ou  du  moins  la  juAiccdet 

éloges  prodigués  à   Virgile. 

Il  faiirdonc,  pour  qu'une  traduiSion 

foit  fidèic  ,  i°.  qu'on  y  retrouve, 

non  pas  toui  les  mots ,  toutes  les  pat- 

Bcticules  de  l'original ,  mais  tous  les 

"traits    cffcntiels    &   carafléri (tiques 

l'iVo'i  le  diftinguin:  :  z"*.  qu'elle  con- 

•^JçTve  la  facilité,  la   grâce,  la  dé- 


Ja'm  i-jZtl  1177 

que  rien  n'y  fente  la  contrainte  d!un 
cfptit  Icrviic  qui  fc  traîne  fur  les  tra-. 
ces  tl'un  autre;  il  fatrt  que  le  traduci 
teut  foit  citaâemcnt  l'Auteur  tra- 
duit, &  que  cependant  il  pf^roilTe» 
être  lui-mêm;. 

Le  nouveau  traduâeur  de  Lucien 
n'a  tien  3  redouter  de  ces  principes  •, 
il  s'efl;  fouvent  rendu  propres ,  la  va*' 
vacité  piquante,  la  gait6  pliilofo- 
phit]ucdc-i'orij;inal;  tous  les  pcrfon- 
nages  des  Dialogues  conltrvcnc 
bien  Its  traits  qui  les  diftinguenc 
dans  Lucien,  &  on  lit  plulîcurs  de 
ces  Dialogues  avec  le  même  plaifîr 
que  s'ils.avoicnt  été  conçus  &  écrits 
originairement  eu  François  $  le  (ra- 
duâeur  n'a  rien  à  ctuindre  non 
plui  de  la  coniparai'on  qu'on  jioitr- 
roit  faire  de  fa  traJuilton  avec  celle 
de  Perrot  d'Ablancourt.  Les  tr:id«c- 
tions  de  d'Ablancourt,  qui  ont 
eu  de  la  célc'biilé  dans  leur  tcms,  ont 
toujours  t ré  ta'(L':s  d'uifiJélitc;  on 
U^  ii^-'^M<i\x.\ci  BdUi  irtJidtU!.  ■,d.i~ 
}ou[dhùi  que  Je  tems  a  'ioa  a.Vvt.'i)^ 


XI 78   Journal  dts  s çav ans  ^ 

le  mérite  d'élégance  &  d'agrément 
qu*on  y  trouvoir ,  les  Belles  ne  (ont 
plus  qu*infidhUs. 

M.  l'Abbé  Maflieu  a  tiré  principt- 
Icmcnt  des  Ouvrages  de  Lucien ,  di- 
verfes  particularirés  dont  il  corn» 
pofe  la  vie  de  ce  Philofophe- 

Lucien  naquit  à  Samofate  ,  fur 
les  bords  de  TEuphrate,  dans  la 
Coniagcne  ;  Tannée  de  fa  naiffance 
n'eft  pas  connue  ;  il  a  vécu  ibus  le 
règne  des  deux  Anronnins  &  de 
Commode-  Ses  parens  écoicnt  pau- 
vres &  de  condition  médiocre.  Il  fut 
d'abord  deftiné  à  Tétat  de  Sculpteur, 
il  avoir  un  oncle  Statuaire,  chez  le- 
quel  il  fut  mis  en  apprentiflage. 
Vont  fon  début ,  il  brila  un  n|;>dèlc 
qu'on  lui  avoic  donné  à  dégrollîr} 
Ion  oncle  l'en  punit  avec  une  ri- 
gueur qui  dégoûta  le  jeune  Lucien 
de  la  Sculpture  ,  &  le  tourna  entiè- 
rement du  côté  des  Lettres,  pour 
lefquclles  il  avoir  toujours  eu  du 
penchant.  Il  fut  d  abord  Avocat  à 
Antioc\^^  '^  \V  ç,tï^x^*&và,  ^TvWw^  W 


Juin  1781.  1179 

pfofcflîon  de  Rhéteur ,  &  voyagea 
dans  les  principales  villes  de  TAiic 
min;  ure  ,  de  l'Ionic  &  de  TAchaïe  ; 
il  s'arrêta  long-tems  dans  Athènes. 
Il  arriva,  jeune  encore,  dans  la  Gaule  > 
alors  excellente  école  d'éloquence  & 
pépinière  féconde  d'Orateurs»  Il  vou- 
lut connoîtreritalie  &  Rome.  Marc- 
Aurèle  lui  donna  une  Préfecture  en 
Egypte.  Il  fut  marié  ;  il  eut  un  fils. 
On  a  prétendu  que  Lucien  avoic 
(té  d'abord  chrétien  &  qu'il  avoit 
apoftafié-,  M.  l'Abbé  Maflîcu  le  lave 
de  ccttt  accufation,,  ainfi  que  de 
celle  d'Athéifme  ,  de  dépravation 
de  mœurs  &  de  licence  dans  fes  écrits. 
i%  Lucien  ,  dit- il ,  eft  un  Philofophc 
»  ennemi  de  -coûtes  les  (câes  ;  mais 
»non  pas  un  facrilége  :  c'ert:  un  Ecri- 
»vain  Superficiel  &  mal  inftruir , 
»  quand  il  parle  des  Chrétiens ,  mais 
»  non  pas  un  vil  Apoftat.  S'il  n'a  vu 
wdans  lesDifciplesdc  J.  C,  cju'une 
»  feâe  particulière  de  Cyniques  nou-- 
M  veaux, . . ,  •  il  n'eil  pas  plus  cou-. 
»pable  à    cet  égaxd  C3^v\^  T'^ws.'» 


liSo  Journal  iiS  Sça^anS  y 
»  Pline,  &  d'autres  Ecrivains,  quU 
w  comme  lui  ,  ort  prétendu  jtigM 
«les  Cbréfiens  fans  les  ccnnoîirc.l 
Quant  ?i  l'accufalion  d'Aihéiima 
l'Abbé  Maflicu  tourne  à  l'avan 
[e  de  l-ucien  j  ce  quia  donné  lin 
ÇL-  acciiiation  ;  il  cft  certain  qi^ 
icicn  ftoir  un  indévoc  duPaganifl 
me  ;  en  cela  même  ,  dic  M.  l'AbÈT 
Manîcu,  4t  Lucien  à  foninf^u  Se  fall 
\z  vouloir,  a  miciTs  fervi  la  Rel3 
chiîricnne  hors  de  fon  Ici» 
ne  l'cûr  fair  peut-être  pai  1 
lul  exemple  de  fa  croyance, s'ilJcT 
itt  Chrétien,  Ce  futdafein  mctil 
le  l'idolàrrie  cjue  s'éleva  le  pl« 
idourable  adverfuiie  des  idoles  jf 

dcftruclcur  des  fables  du  PagI 
lifme.  n  M.  l'Abbé  MalÏÏeu  cit^ 
fujet,  de  l'Emile  de  M.  KouOni) 
-morceau  élocjttcnc,  dont  rousf 

nent  dectt  Extrair,  coifi^ 
ic  M.  l'Abbé  Maifieu  en  a  fait  l'oq 
remcnr  de  fa  Préface. 

<i  L'anci:n    Paganifme  ,    dit 
Roulfeau,  cnfiintK  des  Dieus  al» 


Juin  1781;         -  1281^ 

»  minables  ,  qu'on  eût  punis  ici  bas 
^  comme  des  fcclérats  ,  &  qui  n*of- 
»  froient^pour  tableau  du  bonheur  fu* 
>>  prême ,  que  des  forfaits  à  commct- 
»  tre  &  des  paffions  à  contenter.  Mais- 
»  le  vice,  armé  d'une  autorité  facré^ 
>»  defcendoit  en  vain  du  féjour  écer-. 
»nel ,  Tinftinâ:  moral  le  repouiToit 
»  du  cœur  des  humains.  En  célébrant 
»  Us  débauches  de  Jupiter ,  on  ad- 
»  miroi t  la  continence  de  Xcnocrate ; 
»  la  chade  Lucrèce  adoroit  Timpu- 
»  dique  Venus ,  Tintrcpidc  Romain 
»  facrifioit  à  la  peur  ;  il  invoquoic 
»le  Dieu  qui  mutila  fon  père^  SC 
»  mouroit  fans  murmure  de  la  main 
»  du  fîen»  Les  plus  méorifablês  Di« 
»  vinités  furent  fervies  par  les  plus- 
»  grands  hommes.  La  fainte  voix  de. 
»  la  Nature ,  plus  forte  que  celle  des 
»  Dieux,  fe  taifoit  refpcder^fur  la 
»  terre  ,  &  fembloit  reléguer  dans 
M  le  ciel ,  le  crime  avec  les  coupa*. 
»  blés.  » 

p   Quant  aux  mœurs  de  Lucien  i 
les  avis  ont  été  partagés  fur  ce  poini; 


E — ~ 

^^K|«St  Journal  det  Sçavans  , 

^^Hfncocc  plu,s  que  fur  Tes  opinions.  Un 

^^Bpe  les  Editeurs,   BourdeloE, 

^H^fitîr  un  modelé  de  vercu  :  Ùnicnm 

conitruniut    txemplum    Lucianus  , 

viciorum  omnium    in'tm'iciis ,,   unius 

virtutis  &  ptifeélis  Phiiofophia  fec~ 

^^^tator ,  cui  nie  viget  quidijuam  fimilt 

^^jubit  fuundum. 

^^P"  Voilà  ccttaincmcnc  rn  beau  zèle 
d'Edirair  ,  &  M.  l'Abbé  Mafltcu , 
qu'on  ne  peur  pas  accufer  de  man- 
quer rlu  lèle  de  rraduiSeur ,  fc  nxo- 
qiieavee  raifon  d'un  tel  excès. 

uOx\  ne  ^:ut  fe  didiniuJer  ,  die4 
»il  ,  (]uc  Lucien  puilc  queiquetblt 
»avec  une  coupable  complaifance,^ 
wd'un  penchant  intâme  qui  révoLtei 
M  la  Nature Il  faudroic  l'aban-T 

»  adonner  à  tout  l'opprobre  dontl 
i^tl  fi-  fcroit  couvert  lui-même,  s'iij 
wétotr  l'Auteur  du  Dialogue  d(à\ 
)*  amours ,  où  l'on  trouve  l'éloge  d#  J 
»  cette  abomination  ;  mais  M.lfAbo 
bé  Maflieu  pcnfe,  ainiique  d'habild 
critiques,  qu'ona  faullcmenc  attt 
^  ■  hué  cet    Ouvrage  à    Lucien  , 


Juin  1781.  1285 

qu'on  n'y  reconnoîc  ni  Ton  ftyle  ni 
fa  manière.  »  Ce  qu'il  die  de  cette 
»  turpitude  dans  quelques  autres  de 
»  fes  écrits  ,  ne  peut-être  plus  préju- 
»  diciable  à  fa  réputation,  que  Téglo- 
>f  gue  de  Coridon  (  c*eft-à  dire  d'A- 
lexis) ne  Ta  été  à  celle  du  charte  Vir- 
H  gile.  >>  Le  Traduâeur  conclut  en- 
core que  les  obfcénités  font  beau- 
coup plus  rares  dans  les  Ouvrages 
de  1-ucien  qu'on  ne  le  croit  com- 
munément, &  que  la  haine  du  vice 
&  Tamour  de  la  vertu  y  éclatent 
pjcfque  partout, 

,  On  ptut  lui  patTer  ces  propoG- 
tions,  mais  certainement  il  fe  livre 
trop  à  Ibn^  zèJe  de  Traducteur  ,  & 
il  rcffemble  trop  à  Bourdelot ,  lorf- 
qu'il  prétend  que  le  Dialogue  du 
genre  de  Lucien  eft  plus  utile  aux 
mœurs  que  la  Comédie  9  lorfqu  il 
dit  :  «<  quel  bien  pour  les  mœurs 
»  produit  un  chef-d'œuvre  dans  le 
»  genre  de  Molière  ,  que  ne  puiffe 
Mpas  également  produire  un  Dia- 
»iogueaniulant,  tel,  par  exemple, 

HhV^^î\ 


•i 


ilG4  Journal  des  S^avans  ,' 
nquc  la  pluparT  6e%  Fables  de 
»Fonrainc?>»     Quel    bien?  cdl 
de  Taire  une  imprcflïon    plus  [iri 
fonde  &:  de  laifTer  un  long  fotivcnîi 
tandis   qu'une   jolie    Fable  ou 
Dialogue  ingénieux  effleure  à  pci 
la  fup\ificie  de  l'ame. 

«  L^'Fable  du  Chat  &  du  vit 
wRar,  continue  M.  l'Abbé  Mal 
fîeu,  ne  me  prémunit-elle  pas  ci 
»  cvc  les  hypocrites  de  mœurs,  ai 
«bien  que  les  cinq  aâes  du  Tariuj^ 
»  contre  les  hypocrites  de  ReU 
»gion.î» 

A  cela  on  peut  répondre  har< 
iHcnt,  non  ,  Hc  aiTurer  qu'il  y 
entre  ces  diffcrcns  Ouvrages,  co 

lérés  rclaiivemciir  à  leur  objet, 
lÉme  différence  qui  fe  trouve  cnti 
une  vérité  foiblenient  indiquée, 
peine  apperçuc,  Se  une  vérité  faifî 
îbus  tous  les  points  de  vue  ."confit 
déréc  attentivement  dans  toutes  fi 
faces,  di,veIoppce  dans  tous  fes  ra' 

ts,&  profondément  gravée  dam 
i6  CM  l'ait'ioci ,  car  i'inccrêt  di 


Juin  I78î,  128^ 

/îtuarîcHi? ,  par  le  choc  cle<î  carac- 
tères ,  par  le  jeu  des  refTorts  drama- 
tiques, enfin  par  coures  les  reflbur- 
ccs  d'un  grand  genre. 

ce  J'admire ,  c*eft  encore  M  Ma(^ 
ficu  qui  parle,  j'admire  le  génie 
9>de  Molière  dans  l'invenrion  poé- 
•^ tique  &  les  dérails  de  la  Pièce; 
»  mais  je  n'en  ai  pas  moins  le  droit 
«  de  penfcr  que  la  Comédie  ,  toute 
»  excellente  qu'elle  eft  ,  ne  m'ap- 
>»  prend  à  beaucoup  dé  frais  qu'une 
«  feule  vérité.  Le  Dialogue  ,  au 
w  contraire,  tel  que  l'a  imaginé  Lu- 
»»  cien,  eft  fufceptible  de  plufieurs 
»  vérités  ainfi  que  de  plufieurs  ac- 
»>  tions.  » 

Oui ,  mais  de  vérités  &  d'aftions 
fugitives ,  au  lieu  que  la  vérité ,  uni- 
que^ fi  ion  veut,  que  le  Tartuffe^ 
m'apprend ,  ne  s'effacera  jamais  de 
mon  ame  ;  &  puifque  le  Traduc- 
teur fait  tant  de  cas  des  Dialogues 
&  des  Fables ,  on  peut  lui  té^o^\- 
are  ici  pat  une  joUé  Ça\>V^  àivv^m 
DcsbiUonsi   di^  xi ^^  y^^^X^"^"^^ ^ 


\x%€  Journal  des.  S  favans  j 

&  elle  peuc  terminer  agréablecncnc 
cet  Extrait* 

Fecundafus  Leana  vcrtebat proho 
Cambim  quhdunum  quolibet  partu  edtrct  ; 
Unum ,  at  Leomm ,  rettula  indignans  fera* 
Res  dignuate  prcevaUnt ,  non  copiâm 

La  Fontaine  peut  encore  répon- 
dre lui-même  à  M.  TÂbbé  Maliieù  : 

Qu'un  rat  nejl  pas  un  éléphant,    . 

Nous  ne  prétendons  point  par4à 
rabaider  le  genre  de  Lucien  ^  qui 
conferve  dans  la  Traduâion  une 
grande  partie  de  idn  ntcrite  ,  mais 
feulement  rétablir  les  proportions 
connues  entre  les  divers  genres  ,  & 
réfuter  les  exagérations  d'un  Tra- 
duâeur  trop  zélé.  ^ 

[  Extrait  de  M.  Gaillard.  ] 


-  / 


Juin   1781.  1187 

Dl^COVKS  fur  la  Vit  Rdigitufc  , 
fuivis  dis  Ùijçours  fur  f  amour 
di  Dieu  &fur  CO ration  Domini" 
iCaU  ;  dédiés  à  Madame  LouisK 
DE  France,  par  M.  l'Abbé 
Ajjtlin^  ancien  Vicaire-Général 
de  Glandèvcs.  2  volumes  in-iz.. 
A  Paris  ,  chez  TAuceur ,  rue  des 
Poules,  quartier  de  TEftrapadc. 

IL  paroît  par l'EpItre  dédicatoirc 
que  la  pieufe  Princeffe  ^  qui  en 
eftlobjet,  a  vu  le  manufcrit  de  ces 
JDifcours,  &  que  fon  fufFrage  a 
prévenu  le  jugement  qu'en  ont  déj^ 
porté  quelques  Journaliftes  &  d'au- 
tres perfonnes  éclairées.  Il  y  a  de 
refprit  &  de  la  précifîon  dans  cette 
Epitre.  M.  l'Abbé  Afielin,  à  qui 
Madame  Louise  avoit  interdit  tout 
compliment  jSexprimc  ainfi  :  a  Ofc- 
«  rois  je  cependant  le  dire  ?  Quelle 
»9  louange  mieux  méritée  que  ccll^ 
**  où  je  n  ai  rf'autre  ccufcwt  \  ctivcv^, 
*»  dre  que  vous-même.  Li^n*^û^^^«^^^ 


ia88  Journal  de%  Sçavans  j  J 

«  didoir  un  hommage  ,  votre  hun 

«niiiu^  me  Hemandc  un  facrifîce  ^ 
»•  elle  m'inrcrJit  un  iloge  ,  &  cllcl 
«  nou';  offre  un  modèle.  •■  Cette  mail 
n'cre  de  louer  la  Priticcde,  en  coaJ 
cilianc  le  vœu  de  Ta  niodcflie  aveci 
les  droits  de  lavériré,  nous  a  paTlH 
délicate  &ingcnieuf;.  I 

Le  premiei  volume  contient  qui*J 
tûize  Difcours,  fur  l'elptit  de  K-1 
connoiirance  ,  fur  l'oubli  delà  voJ 
cation,  liir  le  vœu  &:  la  gloire  dd 
l'obêilïancc  ;  fur  le  vceu  &  le  zthA 
for  de  la  pauvretés  fur  le  vœu  3c la 
bonheur  de  ia  ehalietf  ;  fur  la  fo-j 
licude,  l'tfprit  intérieur,  l'orailon  J 
la  mortihcation  ;  la  nécefliié  délai 
pettVdtion,  &  la  fidélité  aux  pcritw 
choies.  Le  ietrond  en  comptentfl 
buii.  Les  abus  de  la  dtiedion  ^  Je|l 
dangers  de  la  tiédeur ,  l'excellcnca 
de  ia  vocation  à  l'état  religieux  ,  Itl 
iacnfîce  de  lame  religieule  ,  la  iwm 
geflc  de  l'âme  loUtaiie  dans  Ton  SA 
avec  le  monde ,  la  fidélité  dg 
X)ictt  eavtK  (^s  4^ou(es ,  cq  fotlq 


^|)ict 


Juin  1781;  1185 

les  objets  relatifs  à  Tétat  religieux. 
Les  deux  derniers  traitent  une  ma- 
tière qui  convient  à  tous  les  états  , 
Tamour  de  Dieu  &  TOraifon  dôi 
minicalc. 

Quoique    ceux    qui    précèdent 
foient  particulièrement   deftinés  à 
des  perfonnes  engagées  dans  la  vie 
religieufe  ,  &  propres ,  comme  le 
dit  le  Cenfeur ,  à  entretenir  la  fer- 
veur dans  les  maifons  qui  lui  font 
confacrées  ,  les  perfonnes  qui  vi-  ^ 
vent  dans  le   monde  y  trouveront  • 
bien  des  traits  qu'il  leur  f2ra  facile 
de  s'appliquer,  &  de  faire  fervir  à" 
leur  progrès  dans  la  vertu. 

On  remarque  dans  les  Difcours- 
de  M.  l'Abbé  Affelin  de  l'élévacion 
avec  de  la  (implicite  ,  de  la  cha- 
leur, de  1  élégance  ,  beaucoup 
d'ondiori  &  de  fcntimcnr.  Nous 
nous  bornerons  à  quelques  exeiil- 
plcs.     '^ 

Dans  le  Difcours  fur  la  gloire  de 
robéiffance,  l'Oiateur,  en  rappcl- 
lant  le  lacrificc  de  Madame  Louise, 


ll^O  Journal  des  Sçavans  f 

employé  un  ftvle  analogue  à'  la  di« 
goité  de  la  viâime.  a  AinH  9  nous 
»  avons  vu  i  augùftc  Prlnceife  fe  dé- 
»  rober  à  Tèclat  du  ^Trône  >  pour 
»vi\re  à  lombre  du  Sanéluaire  ;. 
n  courber  fous  le  fceprre  de  la  Reli- 
»  gion  unevolonté  qui  pouvoir  don- 
Mner  des  loix;  facrifier  ce  que  le 
>»  monde  a  de  plus  grand  ,  &  choi- 
nCit  ce  que  la  folitude  a'  de  plus 
>»  caché  :  obfcurité  vénérable  qui 
M  voile  fa  grandeur  8c  fcs  vertus 
M  mêmes,  &  laille  à  norre.admi- 
»  ration  ce  qu'elle  fouftrait  à  nos  rc- 
»gards.  Siècle  pervers ,  ccnfeur  au- 

f>  dacieux  de  la  pieté un  il 

H  grand  nom  dans  les  faftcs  de  la 
»vie  folitaire  en  eft  Tapologie  la 
»  plus  éloquente. .  Si  un  exemple  fi 
»3  rouchant  ne  peut  obtenir  de  roi 
»  des  vcrtjs ,  il  peut  du  moins  te 
»  faire  rougir ,  &  tu  lui  dois  un 
»  hommage ,  la  honre  Se  le  filcnce,  » 
Dans  le  Difcours  fur  la  nècedirc 
de  Va  çttfc&xow^M,  TAb^é  AflTclin 
peint  Vc  \>ow\\ç.\xt  iilwvkR,  î^wnr.  S^^<\s. 


z' 


Juin  17S1.  tiçfl 

qui  jouit  de  Ton  Dieu  aprèt  les  (a^- 
CTJiîces  qu'élis  lui  a^its.  Tout  pa-^ 
tliétique  qu'cft  ce  morceau,  trouve- 
la-ron  beaucoup  dames  capables: 
de  le  bien  fcntii?  «  Un  Dieu  fe  faic 
y*  gourer  ;  c'eft  alors ,  ame  fervente  , 
»que  vous  pourries  nous  dire  de 
»  quelles  confola^ions  il  a  coutume 
»dc  payer  ics  plus  légers  facrifices. 
»  C'ell  alors  qu=  vous  vérifiez  "par  la 
»plus  heureufe  expérience»  com- 
»bicn  un  feul  jour  dans  la  maifon 
»du  Seif^ncut.  eft  préférable  à  mille- 
»  autres  dans  les  tentes  des  pécheurs. 
»Dicu  de  bonté'  non,  vous  ne 
ï>nous  trompez  pas,  torCque  vouS' 
»  nous  dites ,  que  votre  joug  efl  un 
M  Fardeau  léger.  Liens  factés  ,  vous 
>inouS  attachez  à  un  fi  bon  Maître  ! 
»  Ceux  que  donne  le  monde  pro- 
"duifcnt  li  fouvenr  la  douleur  &  le 
«repentir!  Mais  les  vôtres,  S;i- 
wgneiir,  font  des  marquas  d  hon- 
»  neur  $i  di;s  preuve?  de  liberté.  Ea- 


11^1  Joarnal  du  Sçavans  , 
Mvoiidroit  Toot  rcnouvcllcr  mïll 
»tfoislcjouf.  FâOt-ilcn  être  fuf pria 
M  Dieu  patlc,  &  fc  communiqui 
ML'Epoule  anciidne  k  réjouit  i  i 
»>  voix  de  l'Epoux.  C'cft  lui-même 
t»tc  clic  oe  peut  s'y  mcpicmlre.  L 
M  c<rur ,  aU'  trait  qui  l'a  frappé ,  nt 
Mcotinoiiun  Dieu.  11  tepolc  litrl 
»  tnain  qui  le  blelTc  ,  &  dcmaiid 
>*de  nouvelles  blcfTiifes.  5on  biet 
ftcll  l'intïni  y  la  jouilfance  uti  tranl 
Mport.  Si  l'objet  tjiti  l'enllamms  I 
«  preiTe  de  tcfondic ,  fa  r£pon(ê  d 
•  »  le  cri  du  bonheur.  Souvent  foi 
«langage  eft  le  fiicncc;  il  ne  di 
»  rien ,  parce  qu'il  a  tout.  ». 

On  pourioi;  rappclUi  ici  ce  qit 
dit  1  AuftUT  dans  Ion  Dîfcours  (li 
J'amour  de  Dieu  ,  en  pdilam  de  )i 
dignicc  d'une  ame  unif  par  U  cbft 
ïué  à  fon  Ctcareiir.  <•  Elle  particip 
»à  Tes  pcrleâions ,  à  Ton  pouvoif 
«à  la  nature.  •'  A  quoi  il  aioutc 
"J.illc!  qui  m'écou[er,  vous  cnrei 
■>  dez  ce  iangat;e ....  Et  vous  cœi 
«•mondains ,  cceins  plongés  dans 


s/«rfl    1781  ;  119J 

•  chair  f  enfcvelis  dans  les  ombres 

•  de  la  mort ,  je  demande  pour  vous 
M  que  laiumière  fc  faffe.  Pour  m'cn- 

•  tendre,  percez  le  chaos  q.m  vous 
t>  envicoiuie,  &  foriez  du  néant.» 

Le  Difcours  iur  l'cxceUencc  de  la 
vocation  à-i'étai  Religieux,  &  ceux 
qui  le  fuivcnc  y  font  pleins  de  traies 
IncérefTans.  Nous  cirerons  du  pre- 
mier Difcours  un  endroit  qui  nous 
a  paiti  très-bien  écrit-  L'Orateur  y 
fait  parler  l'ame  leligieufc  fur  la  va-* 
nité  du  monde.  «J^ai  vu  l'Ambir 
»ticux  dans  ces  places  érainentes 
»  où  l'orgueil  afpire,  &  fes  projets 
»  montent  encore  plus  haut.  Dans 
»cet  éclat  impuilTant  où  fan  ame 
»»  s'agite  au  fein  des  grandeurs ,  les 
M  honneurs  irritent  fon  ambition; 
»  le  feu  qui  nous  éblouit ,  le  dévore  ; 
f>  &  j'ai  dit ,  la  gloire  n'eft  qu'un 
n-  fonge.  J'ai  vu  le  Riche  au  milieu 
M  des  tréfors  &  des  commodités  de 
«'l'abondaiicc.  J'ai  cm  que  les  rî- 
»  chefles  éreindroicnt  les  delirs ,  $c 
»  les  àeHis  le  multiplient.  Lg,  fortuiiç 


1194  Journal  des  S çav ans  9 
I»  réunit  autour  de  lui  les  homma» 
Hgcs  \  elle  (emcles  agrémens  iur  fes 
nçzsj  &  il  fe  plaint  !    Au  lieu  de 
H  jouir  5  il  efpère;  &  j'ai  dit  >  Topu- 
n  lence  n  eft  qu'un  nom.  J*ai  vu  le 
»  voluptueux   dans  les  bras  de   la 
H  molleflè  i    les   fens    enivras  ,    le 
H  firont  couronné  de  rofes.    Que  le 
iycœur  reflemble  peu  aux  apparences! 
»  Flétri  par  le  dégoût ,  il  is  trahie 
H  par  fes  foupirs  ;  il  venge  par  (es 
^  remords  le  Dieu  Saint  qu'il  ou- 
»rrage-,  &  j'ai  dit,  le  plaifit  n'eft 
itqu'unc  erreur.  » 

Nous  citerons  pour  exemple  de 
la  beauté  des  images  6c  de  l'éié^^ance 
du  ftyie  ,  cette  comparaifon  qui  ter- 
mine le  dernier  Difcours  fur  la  vie 
rtligieufe.  w  Que  l'homme  religieux  , 
>»  femblable  dans  fescommencemens 
>»  à  un  rendre  arbrifleau  qui  déployoic 
»peu  à- peu  fes  jeunes  ramaux^devienr 
»  ne  cet  arbre  majeftueux  qui  s'élève , 
détend  fes  branches^embellit le  jardin 
>»  de  l'époux  par  une  fécondité  qui  en 
j»  fait  rorncmcnc  Se  la  gloire  ;  Se 


'  Juin  1781.  .  ilpÇ.  ■ 
»»(!am  le.momenc  oà  le  foufïle  de 
»  lamort  viendra  le  rcnverfcr ,  que  ce 
»b£liarbie>  en  toiubanr,  lépande 
tt  la  bonne  odeur  des  vertus ,  &  cou- 
M  vrc  la  terre  de  fes  fruits,  » 

La  nobieffe  d^s  idées  &  le  ton  du 
fentimcnt  cara^iérifcnc  1»  deux  Dil* 
cours  que  l'Aureur  a  ajoutés  à  ceux 
qui  traitent  de  la  vie  rciigeulè.  Le 
morceau  fuivanr,  que  nous  rirons 
du  premier  t  nout  patoît  propic  à 
en  làire  jugci.  «  Connoijîances  hu- 
»  maines ,  dit-il  j'connoilfanccs  vai- 
»  nés ,  frivoles ,  fouvcnE  dangereufes* 
M  Science  du  monde ,  elle  apprend  ce 
«(  qu'on  pourcoit  ignorer ,  latlfe  igno- 
»ier  tour  ce  qu'il  taudroitfavbir.  Etu* 
^descu-iieules,  ecllcs  dillîpeni  l'cf- 
^lit ,  le  c<Eur  efl  vide  &  fans  goûc 
»»  pour  les  chofes  de  Dieu.  Connott- 
vt  fance  des  Artsi  elle  introduit  dans  la 
)*  Société  le  luxe,  la  mollene,&  ta  cot- 
Mruption.  Lumières  philofonhiqucs. 
»  quel  en  eft  le  fruitî  Venez  &  voyez. 
M  Des  hommes  fans  foi ,  des  clirc- 
»  tiens  fans  moeurs ,  une  jeunelFe 


M  fans  frein,  un  fexe  fans  pudeur.' 

H  Que  ilirai-jc  encore  ?  Livres  pro- 

»  fanes,  qii'om-ils  appris  à  l'un  & 

»tà  l'autre  fexe  ?  Le  talent  de  la  fé- 

wdudion,  le  tilTti  d'une  intrigue , 

»  les  moyens  impurs  de  conduire  un 

wniyrtère  d'iniquité-.  Si  après  s'crrc 

*>annifé  de  ia  table,  de  réalifct  la 

»  fiifiion  pat  un  crime.  Du  moins  ils 

«ont  amolli   le  cœut,  infpiré  une 

ttfaufle  tcndrefic,  laiflé  des  fouve- 

*t  nits  qui  fetonc  pour  tel  qui  m'é- 

■»*  coûte ,   des  râlions  éternelles  de 

»  gémir  &  de  combattre.  Heurculcs 

»flrs  mains  pures  que  ces  livres  fu- 

«ricftes  n'ont  jamais  profanées.  Li- 

wvrcs  fi  d  uflcuts  ,    6i  je  donne  ce 

^^■«nom  à  ceux  qui  paroiflcnt  oiFrii 

^^^b moins  de  pièges  pour  la  pudeur, 

^^^■<&  qui  pourroicnt  en  impofer  pat 

^^Hp  quelques  maximes  qui  lailTant  fub- 

^^Ktufler  les  paOlons ,  en  corrigent  les 

^^^wiidicuics  ;  livres  féduifïeurs,  qui^ 

^^E»  mêlant  à  quL'lques  lueurs  de    rai- 

^^K)  Gsn  ,  les  images  8c  le  tableau  de 

^HSllct  volupté  ,  f  lércntetiï  ,  avec  un 

^^  wappiÊtJ 


Juin  lySx.  1x97 

»  apprêt  dangereux  qvroh  faifit,  de 
»  ftcriks  leçons  qu'on  abandonne  ^ 
>>  &  Tous  l'enveloppe  infidicufe  d'une 
»  moialicé^  metccnr  la  vertu  en  pa^ 
»>  rôles ,  &  le  vie:  en  aâion. 

»  Ames  pieulçs.. ..  Vous  pouvez 

>>.direau  Sçavanr  fuperbe  ,  au  Scru- 

>> 'areur  éternel   dcr  la  nature  9  qui 

»dunŒil  inani^able  en  (onde  les 

>>myftcrcs,  tan  il-»  qu'il  néglige  fon 

>»anie  ,  vous  pouvez  dire  au  Philo* 

»lophe  O  i.rvar.ur  ,    qui   caiculç 

,  »  les  mouv.nuns  &  les  rcvolurions 

»  dei  aftrcs,  prcvoi'^^  un  échplc,  lorf- 

>>  qu'elle  ;.li  éloignée  ,  di:  S.  Auguf- 

»  tin ,  is:  ne  voir.pa>  la  (îenne,  lorf- 

»  qu!ellw  elt  préUnce  :  vous  pouvez 

»  dirj  aux  A|  ôtrcs  de   1  In^icdulicc 

»&   à   ku-'S  cor.paliîcs  a.iulajcurs; 

»  aux  Ecrvains  ro  nanel  jiics  ,  ^  à 

»  tes  kctcuis  ,  à  c>s  Icdtiiccs ,  a    01- 

»  nées  qui  dcv;  r  nt.  kUiS.pioduc- 

»  tions  ;  aux    Mai  rcs  p.o*an^s  qui 

»  donnant  la   IC'^nce  du  nu:n  i;* ,  6c 

>»à    kur    ti'vo  wS  rl.:ve>  ;  à  ct>  eC- 

»  pri»s  lî  fc'a   es ,   li  orn     ,   Cfv  qui 

J^ir.m  S,v.  /-'«/Z.  1  i  1 


Yl^fS  Journdl  ia  Sçavans  ^ 

H-conneyîflent  t»ut  excepté  la  yeito  ; 
M  vom  pouvez  leur  dire  :  je  vous 
i^larfle  vos  coimoiflances  avec  vorre 
n  orgueil  >  vos  talensatvec  vos  vices; 
H  j'ignore  ce  que  vous  lave2  j  mais 
f»)e  connois  Dieu;  >» 

Nous  nous  bornons  à  ces  échan- 
tfUons  du  X{yh  8c  du  genre  d^éto- 
cjuence  de  M.  TAbbé  Afiêlin;  8c 
nous  dirons  en  général  que  fes  fu- 
)ets  nous  ont  paru  bien  choifis  »  les 
divifions  &  iondivifions  claires  ft 
naturelles  j  la  niorale  exaâe«  les 
preuves  folides  ,  la  dicS^ion  pure  ; 
que  TAuteur  y  montre  une  connoif- 
lance  profonde  des  devoirs  de  l'état 
Religieux  &  des  fecrets  de  la  vie  fpi- 
rituelle  \  qu'il  a  fait  fervir  refprit 
même  à  la  fageflè  de  fes  vues  ^  & 
qu'il  ofire  à  les  Leétcurs  des  traits 
iaillans ,  des  applications  ingénieu- 
fes  y  des  conrraftes  heureux  ,  des 
comparaifpns  toujours  juftes,  fou** 
vent  agréables.  En  un  mot,  les  prin* 
ciçes  cnctlVtt»  <\ue  renferme    cet 


Juin  lySx.  .  %%^ 
bornée  i  l'enccinrc  d'un  cloître  •  Im 
détails  lumineux  Se  inftiudifi  qu'il 
piélcntCi  doivent  en  alTurci  le  luc- 
cès.  Nous  pouvons  même  ajouter, 
qu'aptes  tant  de  Livres  afcériques 
qui  ont  paru,  celui'û  eft  oeuf  pcr 
la  manière  intérellante  donc  l'Âu- 
leur  a  fu  traiter  les  mêmes  fujets, 
[  Extrait  dt  M-  Dupuy,  ] 


SOVVELL&S  UTTÉRAIRES, 

A  N  G  LE!t  E  R  R  E. 

D£    Londres. 

JTp  ELIQVIM  ffou^ortlanafiu 
j\,-Plamarttm  in  America  merî- 
dioaali  colUclarum  a  GuUelmo 
Houfioun  M.  D.  R.  S.  S.  Iconts 
manu  propria  areinciftXy  cum  dtf- 
criptionibus  e  fckedis  tjufdem  in 
Bibliocheca  Joftphi  Banks  Baro- 
atii  R.  S.  P>  ajfirvatis.  Londini. 


1300  Journal  des- SçavanSj 

■         •  •  • 

1781.  //2'4^.   26   planches  &    12 
pages  d'explications. 

FRANCE. 

i>E  Strasbourg. 

Boneri  Gemma  ^five  Boricrs  EitU 
Jlein  Fabulai  C  e  Phonajcomm  acvo 
compiexa  ex  inclyta  Bibliotheca  Or^ 
dinis  S.  Joh.  HieroJoL  Argzntora-- 
tenjis  SuppUmtntum  ai  Joh.  Gto^ 
gii^  Sc/icriH  Philofophiû^  Mirais 
Gxrm,  medii  atvi  fpzcïniirta'  unde» 
cim  ,  cdidit  Jtrtmïas  Jacobus  Obcr^ 
Lïnus  ThiUf.  D.  &  P.  P.  O.  Acad. 
Heg.  In  fer.  ad  Epift.  Comm.  ad" 
fcriptuSy  Rotnmag.  Cortonens  ^  Pa* 
normitauus  Academicus  ,  &c.  Ar- 
gentorati.  1781.  Apud  Joh:  Frid. 
Suin.  in  4^.  36  pag. 

DE      NaRBONNE. 

A%is  pour  ncutralifer  à  ptu  de 


frais  les  fo§is  tTaifancc ,  afin  d'en, 
fjirt  la  vidange  fans  inconvénient  & 
Jnns  danger.  Par  M.  de  MarcortlU , 
Batoii  dEtcale  ,  àt  l'Académie 
Royale  des  Sciences  &  Bcii.-s  Ler- 
tVes  'deTiiuloufc,  ancien  Sccrctaira 
de  cccre  Sociéré,  Correlpondunc  de 
l'Acadcciiie  Royale  des  Sciences  de 
Paiis.  A  Narbonne-,  de  l'imprime- 
lie  de  J.  Befiè,  Imprimeur  du  Roi 
^  des  Etats  de  Languedoc.  Mats 
1781.  Brochure  in  11  de  11  pa^es. 
■  Le  priiKipal  moyen  que  M.  Mar- 
corelic  employé  pour  neurralKcc 
à  pcH  de  frais  les  foiTts  d  aifancc  & 
en  faire  la  vidange  (ans  danger, 
c'cft  la  chaux  ,  donc  i'tifage  écoic 
connu  &  établi  déjà  depuis  luni;^ 
tems  en'pUif^curs  endroits,  &  t|uc 
MM.  Laboric ,  Parmvnticr  &  Cailct 
de  Vaux  ont  recommandé  avçc  ru.- 
£bn  &  employé  avec  fucçès  pour  ic 
nicmeobiet. 

M.  Marcofclic  ajoute  à  la  cbiux 
diîl'alkdli  fiAii  caufiii]iiï  ,  tr^s-bjn 
iiiiij 


1304  Journal  dts  Sçavans  » 

»  Le  Piix  eft  une  Médaille  d'or 
»  de  trois  cens  livres,  » 

Depuis  cette  prqpofîtion  puhjiéc 
en  S.'prembrc  &  Octobre  lyîfi  » 
rAcadémie  a  reçu  p  u(îeurs  lettres 
anonimes  ,  pat  hfc|UilUs  clic  cft 
priée  d'accorder  aux'Concurrcns  un 
délai  pour  pcrfeftionncr  leurs  tra- 
vaux &  mulriplier  leurs  expériences. 

Ft  VÛ  rimporrancc*  majeure  de 
robjet ,  elle  fc  détermine  à  lâiffcr 
le  concours  ouvert  ju  qu'au  premier 
jour  de  Juin  1783*,  palfé  lequel 
îcms  aucun  Ouvrage  ny  fera  admis. 

Prix  txtraordlnain pour  tyS^m 

Un  Amateur  des  Sciences  ,  q^i 
dt(irc  rclter  inconnu  ,  a  vu  avec  in- 
térêt combien  la  quell;on  fur  les 
terres  calcaires,  propofèc  en  1780, 
avoir  donné  lieu  à  TAuteur  cou- 
ronné de  s'étendre  en  applications  à 
TAgriculture  &  aux  Arts. 
•  L)ans  refpoir  qu*il  pourroir  rc* 
luhvr  autant  d'avantagvS'  d*un  cra- 


Juin-   178Z.  1305 

vail  ffmblahlc  fur-lps  lerresvJcrifia.- 
dIcs  ,  il  a  fait  oifîir  une  fDjiime,.id^ 

trois  cens  l/vrespoat  un  ï*^ix  C]X- 
traqrdinairc  ,  à  déccriter  au.  moi» 

à'PCo^tij^.  ..,;■■■    '-y  .     .; 

L'Acailimic,  de  Rouen  .accepte 
fss  offres  géntrcuiesàvecrcconnoif. 
fan«  ;,&  autant- p.our  ep  accélérer 
le  tsinoij^nagc ,  que  pnur'y^iénagcp 
plus  tic. fems  aux^çavansqâ;  dcûW 
ront  ^i^iKTourir ,  .cHe  annonce  dèsr 
a-préruK'^iie  ,  dans  fa  Séance  pu^ 
Wique.  de  1781 ,  :11e  propofera  ce 
Prix 'de  trois-ceiis  livres,  pour  ct^ 
a.djl)5é^  au  tyipi^  d'AflAÉ  17§3;»À*'I' 
Mé^QÎcedw  l'objet"  fB[/â,:,^. 
,  «',Pjétatij|ir'.c!es  .ç^rà^'èrps  diC- 
».pn4'f!''.|tVî'ic,  les  .dV'î'ïêVrcrt.çs,, 

jfpc  afittes,  jq^Lic' les.  Chii;ni(les  on'c 
»)ulqù'à  prérenE'*ciînfonifu'loyi"'i  Is 

jj,<jyc  aé.'cfs,  'dlhin4[o,ns  priy|f^it« 
»r&.chnai"quc^  liienTrahlics ,  rc'tîi- 
»  tco:'  di.s  'c6nrioinai'.i".is    "iLiUs"  a 


S306  JournalJes Sçavans p 

>»  TAgriculture  &  à  difitrens  Arts^ 
»»  tels  que  la  Foulcrie ,  la  Poccrie  > 
»^la  Faycncerie,  la  Porcelaine  ^  ta 
»  Verrerie ,  &c.  dont  plufîears  font 
f>  cultivés  avec  fuccès  à  Rouen  »  8t 
9f  font  une  partie  du  commerce  4e 
ncette  ville.  »» 

Les  Mémoires  liiiblemeof'  écrit! 
en  François  on  en  latin ,  feront 
adrcfles ,  francs  de  port ,  avant  U 
{MTcmier  de  Juin  178  j ,  à  M.  L.  A. 
I^ambourney  »  Négociant  à  Rouen , 
Secrétaire  perpétuel  pour  là  partie 
des  Sciences. 

Cette  époque  exclufive  du  pte^ 
mier  jour  de  Juin  ,  a  été  jugée  né« 
cefTaire  >  pour  laiflèr  aux  Commit 
faircs  de  rAcadémie  te  tenis  de  ré« 
péter  les  expérietlcts  indiquée^  9  oU 
d'en  faire  de  relatives  >  s^ils  le  jur 
gent  convenable. 

Les  Concurrens  font  avertis  d'é* 
éviter  tout  ce  qui  pourroit  les  iaire 
Cbnnoitre  9  mais  de  ]àmdte  un  bil- 
let cacbetc  >  coûtènatit  leur  Aom^ 


Jim  178  ifr^.        1307 

\pgf  ^^fSkt   &.U  <*pÉtitioB  de 
l'épigraphe  ipft^tf  «n  içc^  ^e  leu^ 

lat  p  *  »  I  S' 

pçjjl  par.  fAeifSmiif  Rqy/^f  4v 

r  Ct  Prix  f^ra  anhutl,  ] 
Un  Citc^cf)  diftiagué  qui  d<(îie 
de  refUl  incimnu  »  «  &it  préleaMc 
à  l'Acid^mte  un  Mémoire  dass  1»- 
quel  il  fe  plaint  de  çf  qv'eu  travail' 
bttt  M  progrès  du  arts  ,  &  en  ad- 
micaoc  le«  ptodigct  tiQ^v^aux  doat 
iljt  cn^UifTctit  <ï  «nriEbUffint  jouv- 
wU^ipçnt  Ifi  Société  ^  ou  igtiont , 
eu  plutôt  ea  oublie ,  qiic  prcfqitc 
tQticç»  leurs  poératioDf  ^nt  mal  bir 
net  Qf  pipurtncrci.  Ilt'enËtut  pot, 
dit* il*  que  le  dénombrement  des  dif- 
rentes  clalTcs  d'Quviicrs  ne  foit  une 
lifte  lie  viftimcs. 

CumsTi  Plérierf  Chaufournier, 


'  I  508  Journal  des  Sfavans , 

Sriijt/eirr'j  Tuilier^'  Tnilleur de pUr* 
'*refj-  f^crrhr\  Mirohkr;X)U  du  moins., 
Oui  Fier  qui  met  au  tain  ,  ^Doreur fur 
met  aux  ^  Peintre  y  Broyeur  de  coU' 
Lufs^  &€,*■  Foulon  y  C ardeur ,  Tifft" 
rand  y   Tanneur, ^  Co^royeur  ^  Cher 
*pclier  ,    Buandhr  j  ■  &c.    Cribleur , 
-Bluiier\    Sauritr  y''  Brejfkur\^    &c, 
^nHdonnit^-'CChandthefy  Poikr  de 
Terre  ^  j&c.  Ouvriers  qui  creufent  les 
puits  *,  Vident  leïfaffei  'd*aifance^  en* 
"terrent  les  fnorts  y  &c:Tous  les  Ou" 
vriers  en.j^Icyis  à  lir^r  les  mii-aux  des 
mines  ,  t"  la  plupart  de  ceux  qui  les 
travaillent  ,y  6'c.  •.    :  .    .    . 

■  lâans  foufos  ces  profciTiçTiM, la  matiè- 
re extraire  ou  febriqucc  s-attenueou  fe 
•volariJife ,  s'infinuc  dans  le  corps  bu- 
-marrn  ,  &  v  porte  des  parcicules  ar- 
Icnicaics,  Ailfureufcs,  mcralliqucs, 
vciicncmc'J ,  (kc.  ou  des  molécules 
incilîvc^,  ou  une  poulÏÏère  qui  atta- 
que les  polinwns, -ou   un   air  cbr- 
;iompu  ,.:èfj>ècc   de  mouffette  arti- 
ficielle. -  -  ' 
t   Qu'on    fupplee  les  hommes  par 


Jiùn  1782,  1309 

mnchlnei/  qu'on  les  remplacé 
des  anirnaux  ,  qu'on  éloigne  le 
vaillsur  de Tobjcc  qu'on  facilite 
action  par  des  inftrunK'ns ,  qu'on 

foie  des  préfcrVatifs  tonrtc  des 
rcinoni!  maliaines  ou  des  acci- 
;  funtn:es;  après  quelques  frais 
iielqiie  urms  cdnfaeVisà  t'invcn^ 

;  à^rcllai ,  à  Ih  pcffëâlciri  àz 
hodes  nouvelles ,  oti  vëria  lé  dàti- 
de  pluOeurs  Profcflîo^is  èclTer, 
du  moins  diminuer  j  pcut-êtrt: 
ne,  fi  des  intércr*^fcrortdall'es 
«nt  être  comptes  après  dd  fi 
ids  inrétÈts,  pctiMerre  bkHcôc 
>uvragcïftronrpii«  finis S'-f^oitis 
■endicux.  En  corilèquencé'j  TA- 
ymea  propofc  de  tqndti-unPrix 
uel  en  taveur  d'un  Mémoire  du 
le  Expérience  qui  rtrtdîtlesopé- 
ons  des  Ans  méchaniques  moins 
.laincs'x)u  moin*  dangcre>ilcs.'  ' 
1  a'd«ftitiil'  à  cette  fondation  urie 
i;uc.  de  licoo  livres,  qui  (cra 
;ci:"dans  1.    noiiv;!  emprunt  en 

c  viii:'èr;; ,  lu:  la  tc:c  du  Uoi  & 


1)19  Journal  élis  Sçavans  i 

fur  ccUf  de  Monfeigneur  le  Dm^ 
phin  «  &  les  iiuirêts  fcrviionc  à  payer 
une  Médaille  qui  formera  le  Pri<« 

L'Académie  ayant  i^ccepté  avec  la 
pcrmiflîon  du  Roi  ^  &  d*uiic  voii^ 
unanime ,  la  donatiop  du  citoyen 
•ftimable  j  Auf cHir  de  gb  Mémoire» 

Elle  propofo  f  B  co&féquccics  pour 
le  premier  rrii  de  ce  getue  t  ^u'eUe 
donnera  laenée  prochaine  178)  t 
confiftanc  en  une  Médaille  de  1 080  û 
le  fujet  fuivasK  ;  fçavoir  ."  D€  déuf' 
miner  h  nawp  6*  Icf  caufts  des  ma- 
ladi$s  auxquelles  fi^$  expafés  Us 
JPçreurs  au  feu  ou  fur  pté faux  ;&l^ 
meilleure  mamire  de  les  préferver  de 
ces  maladies  ,  /çit  par  des  moyens 
phyji^flu^ ,  foif  par  des  moyens  mi* 
^ani^ues^ 

Ceux  ç^\  rravaiUcvonr  pour  le 
Friy»  adreiTeroQC  leurs  Ouvrages  à 
Paris  9  au  Secrétaire  Perpéruel  de 
rAcadéonie»  ou  les  lui  feroac  remet- 
ue  ci»rre  Jes  maios»  Dans  ce  Cecond 
Cjsis^   U  Sçct^^vit  tci  dcttiQcra  en 


marquée  la  featence  de  fOurrage  2c 
fon  numéro ,  ftlon  Tordre  ou  le  tenu 
dans  lequel  il  aura  M  reçn. 

Les  Ouvrages  ne  fcronc  re^us  <fue 
infia'ftu  I  j  de  Février  1785  ,  cxelu- 
fivemenr  ;  ce  rerme  cft  de  rigururb 

L'Académie,  i  (on  Aflèntolée  piï» 
btiquc  (Taprès  Pâques  178)  .  pro* 
^«nera  la  Pièce  <]uî  aura  râéntè  ce  . 
Priic 

S'il  7  a  on  réeépiflî  Aa  Secrétaire , 
poat  la  Pièce  qui  aura  remporté  la. 
Prix  ,  le  Tréfoïicr  délivrera  la  Mé» 
ida^lle  do  Prix  à  celai  qui  lui  rappoi* 
tcra  Ce  lécépifll  i  il  n'7  aura  a  cela 
tta\h  autre  formalité. 

S'il  n'f  a  pas  de  réccpifK  du  Sc^ 
crétaire ,  icTTéforier  ne  détivret«  la 
Médaille  du  Prix ,  qu'à  l'Autcut 
mcme  qui  ic  fera  fait  connoiire,  ou 
au  potteut  d'une  procuiatioo  de  fa 
paît. 

L'Académie  donnera  tous  les  ans 
un  Prix  fcmbiable ,  dont  le  fuj«  fera 
indiqué  par  un  Programme  ■,  4c  «VW 
pabhea  incel^aament  tà'4\  à»^*»^ 


tcUigeoc»  toutes  forces  d*A^s 
de  contrats  ;  avec  dea  Form 
dreflècs  fur  ces  mêmea  principes. 

In  nulle  peecartf  divînitatis  mégis  ^ 
mûrtaliiads  eJL 
Lege  taoca  a*  Cod.  de  veien  Jqm 
cleaiidob 

Nouvelle  Eêitïotkj  ^  vol*  in- 12 
Paris  ^  cbcz  Nyon  l'aîeé  5  Libn 
rue  du  Jardiner  >  quartier  S«  An 
des--Ârt$.  17&1.  Avec  Af^prd^ 
&  Privilège  du  Roi.  Prix  >  x  y 
les  cioq  vol»  reliés* 

de  Verg^nes,  ComiDi^ii^eur  ém 
dres  du  Roi ,  MiniAre  d'Etat  Sc 
AfFaircsérrangèrc5,  Pfcnj*  Livrai 
Par  M.  Msniellc ,  Hiftorioîgf  aph 
M,  le  Conuç  d'Artois.^  A,  P« 
chez  TAurcur ,  près  le  Notaire , 
tel  de  May^uce  >  v^  de  Sçinç  k 
bourg  S.,  G^tivvaJLi»  ^  &  ebe«  les  i 


OcffcMBMmF  wrainnti dtmtttinv 

raKrefla!r,«ffCaRtt  «ci-'jnc»)» 

Monde  ,  JfEanspe  y  tfonn  (Ejrw^V 

tRi  assenas^  nPtnir  yiTAi^tsnn  i  V^ 
l'Eoodê  ft  JTbbnfa^  ^j&'imr  £«tv 
da  guelfe  Jb  iUcmiiK^  itnw  (Arlli 
Flonie  &  «nr  de  lU  CasllHKft  ct^ 

KGCVnKC  WKC^à&f  êoR  Qsf&if^ 

les  évèoeaKw  aâwd»  fttmAsRr  tWHb- 

pnf(|iie  hiJi^wK&fetiiS^  s  ««v  '-^ 

il  la  avoK  «MwmràfT  p«>w  es  pv^ 
bKcr  quclqart-VK»  et  tkmhf:^»:. 
Ces  cartes  (00c  pw&i<iMKiK  »■» 

csccMccs  At  covHsodtfv  ^  en  crfl'i  cl' 
kl  ne  fboc  pas  Xun  tn^  gnoil  fec- 

mar.  L'Aifrar  o^-t  dî  !?-'  -^t:  paf» 
fer  :u  ProviTîc:  am  Soi  C.'^*-";  i'-i  ^ 
mo/:nnan%  dix  fois  a  lU^tï^r-v.i'Àoa 


13-1:^  Journal  lies  Sf'av\^ns^ 

par  .cbao,ucr  livraifon.  Elles. fe 
rendues  promptcmenr  ^  roulées  l 
vcloppées  de  toile  cirée.  La  1 
cnpnon  cft  de  14  livres-  pou 
Cartes,  de  9  liy.  pour  les'.riai 
villes.  On  donne  de  plus  14  liv« 
recevoir  cette,  première  Jivra 
Les  féconde  &  troifièriie  feront 
yïccs  gratis  félon  les  condicioQ 
soncées  dans  le  Prorpçâus. 

£iat  de  la  Noblejje  ,  annc^  1 
contenant,  i^,  r  tac  a(fluel 
Maifon  Royale  de  Bciubori  5 
Princes  de  fonSang:  z^  les  C 
tics  nobles  daiisli.i<]i!cls  la  No 
peut  ctre  adjTiile  :  3.^.  l'origir 
Familles;  :  4^,  leur  crai  ;aâue] 
leurs  AlUancesiô^.  rcxplicaq 
leurs  Armes,  pour  lervir  de-Si 
ment  à  tous  les  Ouvrages  \i\ 
qucs ,  chronologiques  ,  ghnk 
ques  &  de  iuitc  à  la  coUcâJI 
Lrrennes  de  la  Noble/Tj^r.K^ 

une  Socvîttc  è.ti  Ci'^tfc^^èh* 


Myit  Journal Ms S f ayons i 

S.  Ambrogio  Maggian  ^  ean  Apff^ 
va^iont;  &  à  Paris,  che£  Barroii 
aîné»  Libraire,  quai  des  Aaguftinst 
du  côté  du  ponc  S.  Michel»  Dent 
volumes  in-j^. 

Satires  de  Juvcnal  ^  traduites  pu 
M.  Dufaulxj  ancien  Commiûàiie 
de  la  Gendarmerie  ,  de  l'Académie 
des  Infcriprions  &  fielles-Lecoces  |  & 
de  celle  de  Nancy. 

Vefirarei  apt». 

Seconde  édition.  A  Paris ,  chez  Mt 
Lamber  &  F.  J»  Baudoin  ,  Impri- 
meurs-Libraires,  près  S.  Cômc 


Recueil  de  Jmif prudence  fiadaU  % 
on  9  nouvelles  Inftruâions  fur  les 
Domaines  corporels  9  fixes ,  cafuelsi 
cens  &  rentes  9  Droits  delods  &  ven* 
tes  9  de  relief  ou  de  rachapc  ,d*eDfiu« 
(innemenc  ou  autres  droits  doma* 
niaux  réunis  par  Edit  du  mois  d*Aouc 
1777 1  ^°  ^^  Adoûmftraâon  »  feus 


I 


Juin   1781;  1319 

fc  nom  de  Jean- Vincent  René ,  fui vi 
cJ*iîn  Traité  fur  les  Bois  du  Roi ,  pat 
un  Employé  fapéricar  de  la  Ferme 
Générale  ^cs  Domah|cs  idu  Roi ,  & 
4e  ladite  Adminfftration.  Tomcpre- 
mier.  A  Amiens ,  chez  J.  B.  Caroti 
fils,  Libraite-Imprimeur  da  Roi, 
tncS.  Martin ,  &  à  Paris ,  thcz  On- 
firoy  9  Ltbrasre ,  quati  A$  Aaguftins. 
17Î2.  Avec  Approbation  &  Privi- 
lège du  Rok  Volume  //z-8^.  de  près 
de  600  pages,  4  liv,  10  f.  broché. 

Mémoire  fur  le  Paffagc  par  le 
îfordj  qui  contient  auffi  des  ré- 
flexions fut  les  Glaces.  Par  le  Duc 
4c  Croy.  A  Paris  ,  chez  Valade  , 
Libtaire-Imprtm. ,  rue  des  Noyers. 
1781.  23  pages  i/ï-4**. 

L'Acadénrre  a  trouvé  qu'il  réful- 
tort  des  Réflexions  de  M.  le  Duc  de 
Croy ,  auxquelles  on  peut  joindre 
Cdles  qu'on  trouve  dans  un  Mé- 
moire de  M.  le  Gentil,  amiéc  1771 , 
ptemiière  Partfe ,  que  ce  paflage  , 
s'il  exiftc ,  ne  peut  être  utik  ni  pottt 


1310  Journal  d^Sçavans  y 

le  Commerce  ni  pour  la  Navîga-' 
tion.  Les  Rullcs  dorvent  cherchera, 
bien  guetter  les  momens  pourdou*» 
bler  un  cap,  pour  pecfvâionner  les 
cabotages  ,  à  l'effec  de  doubler  à 
propos  une  pointe  ou  l'autre;  mais 
quand  ils  y  parviehdroient  cela  ue 
ïerviroir  qu'A  prouver  ,  par  le  récit 
même  des  d;fficulrés  ,  que  tout  paf« 
fageurilej^'  d'u  âge,  ed  impoŒble 
pui-là  pour  les  glandes  pavigations. 

Détail  des  fucch  de  rEtabV(ft* 
mens  que  la  ville  de  taris  a  fait  en 
faveur  des  Pcrlonnts  noyées^  lequel 
a  ete  adopte  di^ns  toute  la  France , 
&  n.énie  du^  [* Etranger.  Septième 
Partie  Anr  ées  tyyc^  ,  V^'°  &  lySi, 
On  y  a  )o  n  des  Kappi>r  s  pditicu- 
licrs  envoyés  d.s  d  ffcr.  n  es  Tro- 
vipces ,  ou'  letuci"  is  des  Pa^iicrs 
publics;  ^  dts  Ol  lervationA  rela- 
tives, noîi-ftu'enunt  à  la  lubiuti- 
(lon  ,  iT;aîS  à  rcii  cr.  \c'-  e.pcce'.s  d  iif- 
phiM  s  cont  uc''  iu  c[riA  ce  jOur.  Far 
M.  Pta  ^  VJtiv^NAvv.\  4c  LCJtdrc  du 


Juin   lyS^z.  'iiï 

Roi ,  ancien  Echcvin  de  Ja  ville  de 
Paris ,  &c.  A  Paris  ,  lue  S.  Jacques , 
au  Coq  &  au  Livre  d'or ,  chez  Au- 
guflin-Maitin  Lottin  l'aîné,  Imptï- 
mcui-Libraiic  du  Roi  &  ordinaire 
de  la  Ville.  1781.  in-ix  de  169 
pages. 

Vie  du  Dauphin  ,  Pire  de  Louis 
XV ,  écrite  fur  Us  Mémoires  de  la 
Cour ,  enrichie  des  Ecrits  du  même 
Prince.  Par  M.  l'Abbé  Proyart,  des 
Académies  d'Angers  ,  de  Montau- 
ban,  d'Offcmbourg  &  de  Rome, 
Principal  du  Collège  R.  val  du 
Puy.  Aux  dépens  de  l'Auteur  ;  H 
it  vend  à  Paris ,  cour  des  Capucine , 
lue  S,  Honoré  ;  &  chez  la  Veuve 
Hériiïanc,  Imprimeur-Libraire,  rue 
Neuve  No-re  Dame  ,  à  la  Cioix 
d'or;  &  Théoph  Barrois,  jeune  , 
Libraiie  ,  rue  du  tlurcpoix  ,  à  l'en- 
trée du  quai  des  Augiift  n^.  Avec 
Appio.  arion  i^'  l'rwi.cqe  du  Roi. 
%  vol.m-11,  l'un  de  4, fi  v-iv.% -i 

Jmn.Seç.  Fol.  VvW' 


1 3  l-i  Journal  dtS  Sç'àvaiiï'f 
l'autre  de  }^a.  Prix,    e  iiv.  idiis 
let  1  vol. 


£/ftge  htfîor'ique  de  M.  U  Cornet 
dt  Maurepas  ,  MiniAre  iTEtat , 
fias  Louis  Xy  &  Louis  X^l.  Pat 
M.  l'Abbc  Ciiyot ,  Prédicateur  or- 
dinaire du  Roi.  a  Pans ,  chez  Di- 
doi  l'aîné,  Inijr  miur  du  Cldgc 
en  furvivanci- ,  riiL  l'avée  S  Andrcj 
6f  AkiiaiiJrc  J'imbcit  ,  jeune,  luc 
Dati)  hint-.  1781.  Biochure,  [>ctit 
M-Ji°.  dï  30  pages. 

OJt  fur  U  Naipnct  de  Mon/Ù- 
gneur  le  Oat-phin ,  fuivic  d'une 
Pièce  intitol'e  ;  yènm  dupt  trois 
fais.  Par  un  Emdiant ,  âgée  de  dix- 
ncutans,  Aiutur  di-  lEpicaphcdc 
M    'le    Maurepaî ,  iniérée  darn  le 

E Mercure  de  Décembre  1781.  N»* 
«1.  Brochure  r'/i  4*.  de  11  pj^ 
C'eft  atnli  uue  l'Imprimé  dcfigao 
l'Auteur  tiès-)eune  des  vers  «ès- 
ïeuncs  t^iic  nous  annonçons.  Tels 
j 


1 


Juin   ,7$j^ 


*5"i''^*  ^onr ,  CCS  '3î3 

'°"'- Une  no'^  "  ^'?  ^^  WÏn 
P'"'^"^  que  rn^  "'«nu^crirc  nous  ao 

Col/'       r'""'anf   en  PI,  r  •'^*  * 
^°^^<^g=  de  Monra.gu!       ^  '^"^  «« 

ffymne  à  P  ^  ' 

O'ié   /ur    l'r,""''*  ^"'vi  d'une 

«*  '«Pafîeocc  que  /e  J;,?^     '  "«^  "«  ^tte 

:Î^^^  a./aûg„  \  r '' «^P^^'S 

''«f  daPaJais;    &!'    '■""^• 
''cndciir  des  /V,.,         *^""  «ux  qui 


ijÏ4   ^afaAtitrSçavffiti'j 

L  pouf  la  prrmlcrc  fois  lui  le  Th 

de  Covt:nr.Gai<lcn  ,  le  lO  Dél 

bre  1777.  Tiadiiitc  de  l'aagli 

Tut  U  tcccndc   Ctitîon,  en    1 

A  PaiiS,  cfcc2  Biun.-t,  Libt 

I  Tue  Maucoofcil  ,  à  cô:é  de  U 

I  iTKdic   Itai'cnne,  5c  i:h;z    les 

I  Juiiretauj  vendent  dci  Nauvci 

j  .ï7Sl,BiocbuieMi-8°.  de  107' 

I  Pnx ,  3P  lois. 

Vlnnoanu  Ju  pranier   tig 

\  fr^act^    ou   kifioift    anui^nof 

I  Pierre  U-Loag  &  de  BUttcht  Â 

'  fuicte  de  U  Rofe  ou  U  Fàt  di 

I  ^«0".  NoBTcLe  Ediioa,  coq 

tabicmcnt    au^m:  a'cc.     A     I 

1778    Avec  Apptoba'ioo  Jl 

I  Icgc-do  RoL  ûi-S°.  xjS  pz^e 

CcT  Oinrta»e  .  qut  toDtr  é  t 

1  ce»  {ourcnu  te  nwntCt  fe  t. 

danï.  ron^ne,  cbcj   ^' 

bratre  ,  rue  d:la  H;irpe. 

'  au;outdhui  chez  i'Ai 

Sauvion^r  '^  nie  de* 


É 


poui  la  prcniicce  Tois  lu:  le  Tbéâtfç 
de  Covent- Gatdcn  .  I?  lo  Déceni- 
brc  i777>  Traduite  de  l'anglc^is 
fut  la  Iccondc   Edition,  en    17S1* 
A  Patiî,  chci  Bnmct,  Libraire 
1U7  Mauconfeil  >  à  côié  de  la  O 
icdic   Italienne,  &  chez   tes   L 
;rt$quî  vendeur  des  Nouveaarci 
Btocburc  ia-$°.  de  107  paj 
30  lois, 

Vînnoctnet  du  premier  Agt  t 
Fr.nctf  ou  hijloi't  Jinoureufi  , 
Piirre  ie-Long  &  de  BUacht  Èa^s 
fuivjc  de  ta  Mofe  oa  la  Fétt  Je  Si 
Itai^y.  NourcLe  Edi-ton  1  confîd 
nbkmcnt  augmrn'éc.  A  Pari 
'8  Avec  Appfobn'ion  &  Privi 
-du  Roi.  *rt  S°.  17a  pages. 
!et  Ouvtagc ,  qui  |ouir  a  un  fui 
ces  ("outcnu  &  méri[c,fe  vcndoi 
dans  l'origine,  chci  l'oault,  Li 
braire  ,  rue  dï  Ja  Harpe,  Urettouw 
aujourd'hui  chez  l'Auicur,  (M.  d 
SauvigDy)  rue  des  Bun^-En'an^,  U 
lott;  CQS.\it;c'*\và-"«\.s  ^a,Caat  dcj 


nott; 

1. 


Juin    1781.  15  ij 

Hiflolre  du  grand  Duché  de  Tof" 
cane  fous  le  Gouvernement  des  M^- 
dicis ,  traduire  de  riralicn  de  M. 
Riguccio  Gallui^i  .A  Paris ,  rue  & 
hôtel  Serpente,  1782.  Avec  Appro- 
bation &  Privilège  du  Roi.  in  12. 
Tomes  III  &  IV. 

VHïver  ^   Epitre  à    mes  Livres. 

Par  M.  Berenger,  Profcflcur  d'Elo* 
cjuencc  au  Collège  Royal  d'Or- 
léans ,  des  Académies  de  Marleilie 
&  d'Arras  ;  couronnée  à  rAcadémic 
de  rimmaculce  Conception  ,  à 
Rouen  ,    le    jeudi    20    Décembre 

1781. 

Non  y  je  ne  prouve  point  de  fatigue  plus 

lude, 

Que  rennuyeux  loifir  d'un   Mortel  fans 

étude. 

B  0 1  L  E  A  u. 

A  Paris,  chez  les  Marchands  de 
Nouveautés.  1782. 

Hijfôirc  de  l^ AJhonomxt  mod^mt  ^ 

K  k  V  \\\ 


1 3*16  Jouraat  its  SîâvànS  , 
JtpiiU  la  fonHaiion  tic  l'Ecole  d'A- 
Uxandite  julqn'i  l'épotjuc  de  1781, 
Par  M.  B^i./yy  Garde  des  Ta^ 
bleaux  du  Roi  ,  de  l'Académie  du 
Sciences,  de  l'InOitut  de  Bologi 
&  de  l'Acadcmic  de  Scockulnii 


€ 


Magni  tinmi  rts  fuit  rttum  mil 
tth'ti  Jlmoxft ,  née  contintiim  m 
tju4  confptftu  int'vfpicire ,  £■  in  DtoA\ 
na  dtfctndrit. 
Scneca ,  Q^jcfl.  Nai.  Lib.  6.  c.  j. 


Paris,  clica  les  Ftcrcs  Dcbate 
quai  dc"!  Aupuftins,  près  la  rue  Pj 
vfe.   1781.    Avec    A['protarîon 
PrivilégL-duRoi.  lonie  \\\.  in- 

Pi'o'ièr^  à  la  nouviUe  Saf/e , 
les  /iiidicnas  de  Tkalu ,   ComMi 
<n  un  aftc  &  tn  ver-  libres  ;  rcpi 
fcntéc  pour  la  prcmictc  fois  par  li 
Comcditns   François,   fut  le  noi 
vcanThcâtrc  du  Fauïbouig  S.  G. 


Juin   1781.  IÎ17 

main,  le  \x  Avril  1781.  Pat  une 
Société  de  Gens  de-Letcies. 

Di^ciU  tffi  proprii  communâ  dUtra, 

HOR. 

A  Paris ,  de  l'Imptimcric  de  M. 
Lambcrc  bc  F.  J.  Raiidouin  ,  Imp.- 
Libraires ,  ni:  de  la  Harpe,  près  S. 
Côme.  1781.  ;n  8".  j 8  pages ,  3c 
les  Piéli  mina  ires  16. 

.  Shuktfpeafc ,  traduit  de  l'anglais , 
dé^ii  au  Roi.  Par  M.  ie  Tourntur, 
A  Paris,  chez  l'Auteur,  cul  de-lac 
S.  Domintquejpicsic  Luxembourg; . 
&  Métigoc  jeune.  Libraire,  quai 
des  Auguflins.  1781  &  17S1.  Avec 
Approbation  &  l'riviiégc  du  Roi, 
ï•/ï-è^  Tomes  XIV,  XV  &  XVI  : 
contenant  Cw,  Comédies,  favoir  : 
Btaucoup  di  bruit  pour  rien  ;  Co.n- 
me  vous  taime:^;  h  Marchand  de 
Venife;  le  Songe  d'Eté-;  Les  AU- 
prifes  &  la  Méchante  Femme. 

Or.iijbn  Furùin  ^c   Mn!ff.:i".itur 


ijlS  TffUtndtdei  S^afans; 
Cfinjloph:  de  Btaumont ,  Comte  de 
J.yoti ,  Atchevènuï  de  Paris,  Duc 
de  S.  Cloiiil ,  Pdirde  France, Coni- 
niandctit  dâ  l'Ordre  du  S.  Efpiir, 
Provifcur  de  Sorbonne,  S;c.  Pu 
M.  l'Abbé  Thtiec,  Prêtre  du  Dio- 
cèlcde  Novon  ,  &"  premier  Vicaire 
de  S.  Médard.  A  la  Haye;  &  le 
trouve  à  Paris,  chez  l'Aurcur  ,  au 
Vicariar  de  S.  MéLlafi],  nie  d'Or* 
,  Icans  ,fausbourj;S.  Marcel  ;&  chez 
"Charles- Pi  erre  lierton,  rui:  S.  Vic- 
T,  vis  à-vis  le  Scminairc  S.  Nico- 
:  du  Chardonn.'t  ,  au  Solcil-Lc- 
JBHt.  178:.  Petit  in-S".  î8  pages. 

L'Aventurier  François  ,  ou  Mi- 
Y,poires  de  Gré«çire  MtrvtU. 

Vtniniiis. 

ViRG. 

■A  Londres;  &  fc  trouve  à   Parij, 

rcliFï  Quillmi  l'aîné,  rue  Chridinej 

la  Veuve  Duch:fne ,  rue  S.  Jac:^u;s  \ 


-^fi^E^ 


Juin   1782.  1319 

&  les  Libraires  fjuî  vendent  des 
Nouveautés,  1781.  Deux  Parries. 
Deux  vol.  de  1  à  }Oo  pag.  chacun. 
Le  ton  de  ce  Roman  eft  vif  & 
gai  ,  &  le  fond  a  de  l'ini^Têr.  Ceft 
lout  ce  que  la  mulritudc  des  Ou- 
vrages plu;  (cneux  dont  nous  avons 
à  icndre  compte ,  nous  permet  de 
dire  de  celui-ci. 

Nouve  le  Analyfe  de  B^y!e ,  où 
lui-même  j[  réture,  par  des  alTcr- 
lions  po(i[ivcs  &  par  lc\  plus  folides 
arguminf,  tout  ce  qir'ij  a  écrrc 
conTc  les  Mœurs  Si  la  Religion". 
Par  M.  I  Abbé  Datais  de  Launay. 
On  a  io:nr  à  cette  Analyfe  une  DiP- 
fetta'ion  fui  e  Suicide  ,  intitulée  , 
le  Suicide  condamné  au  Tribunal  de 
la  Raifon  ,  par  te  même  Auteur. 
A  Pans,  ch-.z  Mérigot  le  jeune  , 
Libraire,  &c.  1782,  Avec  Appro- 
batici[i  &  Privilège  du  Roî.  2  vol. 
in-ii.  le  i^rcnî  Cf  de  }J9  pa[;cs, 
fum  !al'r;ia_e.  l.c  fcc.iul  d;  jn. 
0,1  u  vui.c;   AiulvH-  ,!■  li.jle. 


>}J0  Journal  Jtt  Sçavans  f 
ai  l'Auteur  s'étoir  arraché  »  ce  feni- 
blc,   painculicrement   à   rccuciUifJ 
intic  le  [>oifon  épars  Hans  les  OuvraM 
ges  de  cet  Ecrivain. M.  l'Abbé  D»^ 
bois  de  Lauiiay  s'cft  piopolé  u 
)«  plus  louable  &  plus  urilr.  Apii 
seoir  tracé  ,  dans  fa  Prétacc ,  le  c 
I  JUairc  Se  Vdçt'n  de  Baylc  ,  il  mon 
ItK  roiTtbcn  on  s'eft  mcpijs  fur  fi 
[ftais  fcntimcm.  Quand  on  l'a  lu, 
fe{\  ililtitili:  de  ne  pas    reconnovci 
le  loiivint  il  (c  piaîcà  cmbartallî 
s  DoiiTTia  îilei  qui   fc  croyciit  ( 
■(état  de  (cni^r?  taiion  de  rout,  pi 
Tl^cs  artjtimens,  qu'il  ed  bi^n  lo! 
J^dc  fcgarier  comme   corvdincant 
Ijnais  dont  la  folutiou  furpalTc  i< 
l^umicrcs  naturelles.  C'cftainfi  qu'il 
l  f'cfl:  condiiic   daas    [a    qucllîon  àl 
f  .deux    principes    fs:   dans  braucoQ 
i  d'auttcs.  Celles  dont* s'occupe  V 
trAbbé  Dubois  dans  les  deux  vois 
|jtt»de  cette  Analyre,ont  pourotl 
■jet  rcxiftencc  de  Dieu, 'fa  Provj 
f  ijer-cc  ,  Va  Vvî.\S'yc-i\  ,  'iVuliVS.-^cm 
l'Ectiluit  SiWt  ^  \«  Ws.\a^ 


!■■_'.  ■  ■    I    •      ■      # 


Juin  îygi.  iiii 

la  fpirîtualité  &  rimniortalitc  de 
l'ame  ,  la  conicicnce ,  la  verru  ^ 
les  padions  ,  la  liberté  ,  le  péché 
originel ,  la  prédeftination,  la  conr 
cupifcetice»  les  tentations  ,^'la  pièce  , 
l'éducation  ^  la  modeftic ,  la  pu- 
deur, la  néceffiré  d'un  Tribunal 
Eccléfiaftique ,  &  la  tolérance.  Il 
termine  fon  Analyfe  par  une  Pro- 
feilion  de  toi  tirée  des  Ecrits  de 
Bayle  ,  &  faite  pour  écarter  les  re- 
proches d'impiété  Se  d'jrréltgion 
qu'on  lui  faifoit  de  toutes  parts.  Si 
elle  n'cft  pas  le  langage  de  fon 
cœur,  on  ne  peut  plus  voir  en  lui 
qu'un  impoftcur  qui  ne  mérite  que 
le  mépris,  &  qui  a  perdu  tout  droit 
à  i'eftime  &  à  la  confiance  des  honf 
nêtes  gens. 

Dans  la  DifTcrtation  qui  fuir, 
TAuteur  fc  borne  à  combatte  le  fui- 
cide  avec  les  feules  armes  de  la  rai- 
fon  ,  ôc  entreprend  de  montrer  qU« 
c'cft  une  adion  plus  atxoce  de  f« 
tuer  foi  -  même  que  de  dowTv^'t  \^ 
mocc  à  un  autre,*  l'homvw^  v\^>\^^^ 


3 1   Journal  dei  Sçavans , 

t  le  domaine  de  ioi-mêm:  ;  Sc 

Dir  par  mantrer  i]ue  tous  les  Phi- 

Dt<  [>hti  ai  ciciiî,  à    la  tcltrvc  tl« 

I  Stoïciens  ,oni  condamne  le  fuicide. 

HyniMi  nouvelles  pour  la  FtU 
du  bitnhtureux  Pierre  Fourrier , 
Cvri  de  Maiiaincour  en  Lorrain! , 
Infliluieur  des  Chûnoineffes-  Kégu- 
Hères  dt  /j  Lonzngation  de  Noire- 
Dan.e  ,  Rcformaieur  dcS  Chanoines- 
Réguliers  de  la  Congrégation  de  noue 
Sauveur  Par  M.  l'AbSé  Jannet. 
— Hymnes  noiivtlles  pour  la  Fite 
de  S.  Léonard,  Solitaire,  Patron 
de  tEgUfe  Paroijjia  e  de  Lai  à  deux 
iieues  ac  Paris  ,  p-ès  du  Bourg  la- 
Reine.  &c  _E[  frofe  nouvelle 
pour  la  Fêie  de  S.  Léonard.  Par  Je 
\çméme. 

Toutes  CCS  Pièces  latines,  afr- 
rampagnées  d  une  traHui;)inn  fraa* 
Efoile,  le  trouvtnr  chiz  Fourmer^ 
■ïiibraire,  rue  du  Hurcpoix.  Feu  M.  i 
VdcBcaHmort,  AichcwèqucdcPafii,, 
'  a  doii'ié  Ja  pcrniiHion  di:  les  icciiec 


Juin  1781.  IÎ33 

&  de  les  chanrer  dans   les  O^Tices 
Propres   pour  lefqiiels  elles  ont  été 
..faites.  Elle«    ont   la  gravité.    Té- 
/  légance  \  ronâion  de  ce  genre  de 
.^  çompofïrion,  Pierre  Foiiriier,  né  à 
,.,  Âlirecour  en  Lorra  ne  en  1565  ,  & 
Curé  de  Mattaincotir ,  bourg  voi- 
£n ,  mort  en    Franche  -  Comré  en 
,'.[%6/^0^    a  été  mis  au  nombre   des 
Bienheureux    par   Benoîc  XIII    en 
;    1730 ,  &  la  Fête  eft  fixée  au  7  Juil. 
Celle  de  S.  Léonard,  baptife  par 
S.  Rcmi ,  arrive  le  6  Novembre. 
I.a  feue  Reine  ayant  fait,  avant 
fon  mariage  avec  Louis  XV  ,  une 
Retraite  chez  les  Rcligicufes  de  la 
Congregation.de  Notre-Dame  delà 
vill^  de  Strasbourg  ,   fut  fi  édifiée 
de  leur  conduite ,  qu'elle  forma  de- 
puis le  projet  d'établir  à  Verlailles 
une  Communauté  du  même  Ordre 
inftiiuée  par  Pierre  Fourrier.  Ce  pro- 
jet ,  interrompu  par  la  mort  de  la 
Reine,  a  été  exécuté  par  Madame 
■  AdéJai'dcion  auguftc  ¥vVV^»^^s^^- 
JigicuCcs  ricnncnt  a^udV^rcvccw\.  ^^^ 


I)}4  Journal  JtsSçavans , 
Ecole»  giatuitcs  pour  Us  Externes 
&  prennent  des  PcnliopaaJ ces. 

letms  lié  M.  Bâcher^  Dofteui 
Rci;cnt.de  U  Faculté  de  Mèdccir 
Paris,  Ji  M.  Boitfa't ,  Doflcur  Ré 
gcnt  de  la  même  Faculté.  Entraitci 
du  Journal  de  Médecine  Aa  mois  d 
Janvitf  1781,  de  l'Imprimerie  1 
la  Vcuvt  Tliibout.  Brochure  in-\ 
de  1 1 1  f  âges. 

Nûui  tcrons  connoîtic  ces  Lettre 
parce  que  l'Auteur  y  traite  d'uni 
(jdcftion  de  Médecine  des  plus  dîffi* 
ciics  lC  des  plus  intéretrantcs. 

Canis  des  lies  ÂniilUs  &  du  golji 
du  Mcxiijue,  avec  la  majeure  partie 
de  la  nouvelle  Efpa^ne.  Pat  M. 
Bonne  ,  h;j;énicur  Hydrographe  ^ 
la  Marine.  Dédiées  &  ptéfcntées  a 
Roi  ,  par  Lattre  ,  Graveur  de  S.  M, 
lue  S.  Jacques ,  près  la  rue  du  Plârr», 

Cette  Cai  te  ,  en  trois  feuilles, 8" 
dont  lecheile  cft  d'un  pouce  cntiel 
pat  dtgté  >  contient  les  îles  de  1'^ 


Juta  1781.  1335 

mérique,  la  Floride , la Louilîane ,  la 
Californie  ,  la  Terre-Ferme ,  la 
Guyanne ,  jufqu'aux  boilches  de  l'O- 
fcnoquc  On  y  vaic  la  dircâion  des 
vents  généraux  :  la  rcpurarion  de  M. 
Bonne  &  la  place  qu'il  occup:  au 
Dépôt  de  la  Macin^  ,  fufEfcnt  pour 
inipitcr  de  la  confiance ,  &  cette 
nouvelle  piodui^ion  d'un  de  nos  plus 
habiles  Géographes,  doit  être  regar- 
dée comme  ce  qu'il  y  a  de.  mieux 
pour  cctlc  partie  du  monde ,  elle  a 
même  été  corrigée  cette  année  fur 
de  très-bons  Mémoires. 

Théâtre  de  la  Guerre ,  dans  l'île 
de  SAinorque  ,  dédiée  à  M.  le  Diic  de 
Crillon  y  Commandant  Général  des 
Arméeî  de  Sv  M.  Catholique,  pat 
J.  P.  Sarrasin  ,  (on  Ingénieur.  A  Pa- 
ris,  chez  [^ctrc,- Graveur  du  Roi. 

Ce  plan  ,  qui  cft  fur  une  échelle 
d'un  pouce  pour  200  toifcs  a  été 
lo'à.iit  d'après  rori.^inal  d'atra- 
tjiic  di-  M.  le  Duc  de  CiiUon  ;  on  y 
voie  lu  Port  Mahon  [ou:  encier,  la 


po 


5  j5  Journal  des  Sçavans  , 
polirion  du  Camp  des  l:rpai>noK  & 
Camp  des  François ,  Us  baiitncs 
le  Foit  S  Philippe,  rendu  le  S 
'fvricr  I78i,apièt  tin  mois  de  ttaLi- 
■h6c  oiiwenc.  L'explication  dus  un- 
vois  cft  tn  hançois  &  en  elpagnol, 
ccqi'i  cn\iTJlc  pour  l'cuadtitudc  dss 
noms  popris, 

La  Ci-gt  fymhollqut f  Efiampe 
d'apiès  Ciiaric  le  Ptintic,  Pcîniie 
de  M.  le  Duc  de  Chartres,  giavée 
par  Mann  Ftjfard.  A  Paris ,  cliea 
l'Auteur ,  me  N:  île  S.  Louis  ,  maî- 
fi'ii  du  Chaion. 

Cette  Lllampc  eonricnt  trois  figii' 
les  ttès-gracieufes ,  cù  it  y  a  de  i'cx- 
pieffion ,  &  un  chat  angora ,  aoi 
îcinbie  dévorer  des  yeux  l'oilcau 
qu'un  jeune  homme  préfente  pour  la 
Wgc 

(Suvres  d'Etiinne  FaUontt  Su 

tuaire  ;   contenant    pljlïcurs   écrite 

latifs  aus   BL-aux  Atts.   A   ~    "   ' 


ff?^'-: 


Juin  Ï781.  1357 

M.  Falconct,  Sculpteur  célèbre  , 
après  avoir  pafle  plufieurs  années  à 
Pcrersbourg ,  pour  la  ftatue  équeftre 
de  Czar  Pierre  ,  revenu  dans  fa  pa- 
trie depuis  deux  ans  ,  s*cft  occupé  à 
lédiger  différcns  Mémoires  qu'il 
avoir  compofés  de  tems  à  autres  fur 
Thiftoire  ,  la  théorie  &  la  pratique 
de  la  Scuipture  ;  il  difcure  furtouc 
beaucoup  les  divers  pafTagcs  de  Pline , 
où  il  s  agic  des  Beaux- Arts  ;  il  mar- 
que dans  fo  écries  autiilic  d  érudition 
que  de  goût. 

Hifloirt  de  Charlcniagne  y  précé- 
dée decoDfidcrations(ur  la  première 
Race  &  fuivic  de  confidérations  fur 
la  féconde.  Par  M.  Gaillard  ^  de 
l'Académie  Françoifc,  &  de  TAca- 
dcmic  des  Infcriptions  &  Belles- Let- 
tres. A  Paris,  chez  Moutard,  Impri- 
meur-Libcaire  de  la  Reine  ,  de  Ma- 
dame ,  &  de  Madame  la  ComtcfTe 
d'Arrois  ,  rue  des  Mathurins,  hôtel 
de  Cluny.  1782.  Avec  Apçrobatioa 
ScPriviiégi:  du  Ro\,  ^NoV/m-vi.* 


13)9  Journal  Jts  Sçàvan's  ,' 

On  a  imprimé  ï  ta  fin  du  quatriâ 
jne  vnliiinc,  un  aune  Ouvrage  i" 
mcmc  Auffuri  i'el>uneVie  de  R 
le  Pîcluicnt  de  Lamoi^non  , 
d'npTÔ  les  Mimoifcs  di  tciiis  &  la 
papiers  de  Ia  tamiilc.  On  jf  r 
io>nifa  léfiitMrion  de  l'ancrdote  J 
Fafgues,  cf^nceinanc  M,  «Je  Lamq 
gnon,  une  hltoiie  détaillée  de  i 
de  Fargues ,  bonime  tràs-fîngulinf 
asanturitr  dii;ne  d'être  connu  , 

!5  pièces  juliincatives  fur  ie  rné<tl 


CaUt  àt    CÀminqat  fepttHtn^ 
\aU,  pour  fervirà  i'inrclligcnce  a 
DpéradoiK  de  la  guerre  aâuclle, 
**      a  différencié  par  des  coulcurt'H 
sdivifuns  dc^  Provirccî  qui  comaT 
«fcnr  tes  rrciw  Erar^-Uiiisdc  VAâ^ 
nquc  feptcntrjona!:.  Par   M. 
raliiT  de  Beaarain  ,  GéograptM 
Il  Roi ,  rue  Gît-lc-cœur,  Prix ,  6  livS 
_'  CcHf  Carre  cft  une  des  plus  d&3[ 
ÈwWèïs  o^vït  Voti  a.\ï.  faites  dans  l'é-' 


Juin   1782.  '359 

Carte  du  détroit  d:  Gibraltar  ^  avec 
Ja  vue  &  le  plan  parricaiier  de  la 
-ville  &  du  rcirein,  depuis  la  pointe 
d'Europe ,  jufqu'au  pont  de  Ma'orea; 
On  a  joinr  à  cttrc  Carte  \ts  plans 
de  Cadix  6i  Ccuraen  petit.  L'éctielle 
de  Gibraltar  eft  de  40  lignes  pour 
mille  toiles ,  en  forte  que  cette  Carre 
fuflira  pour  (uivre  les  opérations  du 
Jîége^  qui  fe  prépare.  Prix,  3  liv.  A 
Paris ,  chez  M.  le^  Chevalier  Beau- 
rain  ,  Géographe  du  Roi  ,  rue  Gic- 
le cœur. 

Obfcrvations  faites  en  Syrie. 

M.  de  Bauchamp  ,  Vicaire  Géné- 
tal  de  TEvcchc  de  Babylonc,  en 
partant  pour  fa  deftinaiion,  a  reçu 
de  M.  le  Marquis  de  Caftries  ,  des 
inftrumens  d'Aftronomie  ,  à  la  folli- 
citation  de  M.  de  la  Lande.  Arrivé  à 
Alep,  il  a  obCervé  Técliplc  de  foleil 
du  17  Octobre*,  commcccmcnr  à  *) 
heures  15'  3  2.  .'S  la  fin  à  10  heures  » 
54   -'P- 


1340  Journatiîes  Sç'avant  t        ^H 
La  déclinaifon  de  l'aiguiile  v^ 
\  Diantéc  ,  12  degrés  30  à  l'oucft.  ^M 
Il  ;)  fait  sufTi  (tes  remarques  furj^J 
Riala>!ic  ajipelice  le  bouton  J'Altf^M 
Vtd  iiiic  [>c:iiTC  tumeur  qui  mûrit  ^H 
ir;  quatre  mois  en  lii|>^'iir<icia^| 
%IU  fc  manifcdc  (ans  douleur  ;  il^| 
^ut  neuf  niiiis  en  coût  ['our  crHe^H 
hnU  elle  lailTc  fur  la  peau  une  mat^ 
ijue  de  I;i  laTç;eut  d'une  pîè.'e  de  1^9 
IlIbU  ;  tuii%  Us  h^biuns  d'Alcp  i^M 
nônc  marqué; ,  Se  com.tiuii<-aienc^| 
~Ji(ïl3!^c  ,  lutiouc  les  frmmcs  ,  ce  (^H 
Mes  dclîgure  un  peu.  I.cs  Fiancs  loliH 
jiui  (ouwcntiur  la  maui ,  &  en  fotrt" 
flpclmictois  exempts.  Ce  boutofi  cft 
e'pècc  de  virus  vanolique,  &  on 
jné  l'a  qu'u.ie  fois.  On  uc  le  connoît 
_^       ji  qu  à  Alep  &  à  liallbra  IL  Cédé- 
rclarc  quelquefois  dix  ans  apicî  qu'on 
a  quitté  Alcp.  On  ctoit ,   dans  le 
pays  ,  qu'il  vient  de  la  qualité  ilcs 
eaux  ,  mais  cela  ne  paroît  pas  vrai- 
^^^fîmblable  à  M.  Beauchamp, 
^^V<    Aa  tAc  oft  ^^utvoir  à  ce  fujec 


3  ce  lujec     ' 

u 


en  aa^l-riï  ,  -î.-  '-L  7.  ^  I^.:  ,.--'' 
<7Î3  par  M.  5-=:--.  M^à  r:  z^z 

fervanocî  !i  z.i  :-2  =rrT  :r  Aj:. 
LaI»:irj=;cA.;p;::i;  :i  -  II  ;  5C 
fa  Icngir^ii ,  34  '  j  i  s  .  jr,:=:  is 
Parif. 

Le  baromirr; ,  «ia=î  1:«  r'  *ï  ':  's Jt 
tenu  ,  r;  :T:or::  pii  «^  C'-î^î  i;  17 
pouces]  iiar.tï,i;  :h::~rri;;r:  i;t 
ccrd  jufcaà  1  ■ ,  c';t;-a-c:r:  ,  pr:f- 
que  i  ia  cor-gciârio-  ,  &.  .T,or:;  j::P. 
qu'à  jo^  :r.ér.-.  L'u.ag:  .i'ï:t  jâsd'y 
faire  du  t:u,  ntâis  sn  >  po::?  j-j:i]Ja 
deux  ou  trois  fojnurc;. 

Lalivre ou ror:cl  d'Ai.'p  .  contient 
12  onces,  don:  chaJiin:  pife  60 
drachmes  de  France.  Loche  eH  de 
400  drachmes  de  France. 


«}4» 


TABLE 

DES    ARTICLES    CONTENUS 

dans  le  Journal  du  mois  de 
Juin  ijii.  Sec.  VoL 

Tk^i  M  o  l  R  ES  concernant 
Ji  y  M  fhijloire  ,  Us  fciences ,  Us 
arts ,  Us  maurSj  Us  ujages  ,  &c,  des 
Chinois,  1^5 

Mémoire  qui  a  remporté  U  Prix 
de  la  Société  RoyaU  des  Sciences 
de  MontpcLl  tr.  1 171 

Traite  de  la  force  de<  Bois.  Par 
M,  le  Camus  de  Aubères.  1 1 78 

Œuvres  cornpla.es  de  M.  U  Chc" 
y  aller  Hamilton.  1 1 8  J 

Leçons  élémentaires  d^ Hijtoire-na* 
turelle  &  de  Lhimie.  Par  M,  de  Four* 
croy,  IIOI 

Aîcmoirt  Çmx  CancUnne  ville  de 
Tawrocatum.  vvl^ 


\ 


»343 

HLjtOl''c  1i  .Ji  Ç'.-.rU'Z  '    'C'.:.   ^  /  1 

nard  i^eyrûac.  l  i  5  I 

O^ySographia  Caniollca.  1164 
£JJai  de  Traduclion  en  vers  du  Ro' 

land  Furieux  de  CArin^e,  iioi 

Œuvres  de  Lucien.  Fur  M,  CAobi 

MjJJiiU.  I  i'"4 

Di( cours  fur  la    Vie  P.eL^le.je. 

Par  M.  CAbbi  AjeUn.  1 .  ^7 

Nouvelles  Lureraire:.  ^  *■>> 

Fin  delà  T?:b!t»